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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 12:27

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Les 5 verbes - les 5 phases de la délivrance :

 

6.6

לָכֵן אֱמֹר לִבְנֵי-יִשְׂרָאֵל, אֲנִי יְהוָה, וְהוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלֹת מִצְרַיִם, וְהִצַּלְתִּי אֶתְכֶם מֵעֲבֹדָתָם; וְגָאַלְתִּי אֶתְכֶם בִּזְרוֹעַ נְטוּיָה, וּבִשְׁפָטִים גְּדֹלִים

Lachen emor livney-Yisra'el ani Hashem

vehotseti etchem mitachat sivlot Mitsrayim

vehitsalti etchem me'avodatam

vega'alti etchem bizroa netuyah uvishfatim gedolim.

C’est pourquoi va dire aux Bnei Israël : Ani Hashem

et Je vous ferai sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte,

et Je vous délivrerai de leur servitude

et Je vous sauverai avec un bras étendu et de grands châtiments

6.7

וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם, וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים; וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

VéLaqarti Et’hem Li LéÂm

Et Je vous prendrai pour moi comme peuple…

 

Et là l’essentiel de ce qu’ensuite on va retrouver à postériori au Sinaï, mais il n’y a pas d’allusion au Sinaï, est ce « J’en ferai un peuple », alors que jusque-là c’était des familles. C’était les Qehilot, les communautés de l’exil. « J’en ferai un peuple. Et ils seront mon peuple… » Et cela s’est fait au Sinaï. A postériori de l’événement, mais sans allusion aucune qu’il fallait aller au Sinaï pour cela sous forme de promulgation de la Torah. D’après ce programme décrit ici, si on situe l’événement du Sinaï après la Guéoula d’Egypte, l’essentiel de Maamad Har Sinaï, c’est qu’Israël devienne un peuple dont la constitution est la Torah. Mais « Asher Ba’har Banou MiKol HaAmim » et après VéNatan Lanou Et Torato » ! Il y a d’abord la dimension de peuple qui apparait, c’est évident.

 

[Bénédiction avant la lecture de la Torah : Baroukh ata Adonaï Éloheinou Melekh haolam, ashère ba’har banou mikol haamim, vénatane lanou ète torato. Baroukh ata Adonaï, notène haTorah. Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a choisis parmi toutes les nations et nous a donné Sa Torah. Béni sois-Tu Éternel, qui donne la Torah.]

 

Q : Il ne consituait pas un peuple avant ?

R : Non, c’était un peuple en gestation. La famille de Jacob et ses enfants : un ensemble de familles, un tribu faite de tribus. Exactement la situation aujourd’hui du peuple juif dans l’exil ! C’est un ensemble de communautés. Ce n’est pas une nation organique. Toutes les analyses théoriques du sionisme commencent par cela. Le peuple juif en exil est dans une situation anormale pour un peuple. Lorsqu’on dit « peuple juif » c’est par façon de parler. Le peuple juif de l’exil, c’est l’ensemble des communautés, cela veut dire l’ensemble des familles. Mais ce n’est pas un peuple. Il le devient en tant qu’il devient une nation.  Regardez comment très dangereusement, il y a une sorte de glissement de concept, puisqu’on s’habitue à parler du peuple juif comme d’une peuple qui a sa religion. Alors ce n’est plus un peuple mais c’est une synagogue, comme une église.

Rambam dans son Code nous dit : Le Klal Israël est en Erets Israël même s’il n’y a que dix juifs en Erets Israël ! En ‘Houts Laarets il n’y a pas de Klal Israël. Il y a un ensemble de communautés. Des Qéhilot. Mais le Klal c’est le peuple de ce pays !

 

Q : Et dans ce peuple il y a douze tribus ?

R : Où se dévoile le fait que dans ce peuple ces douze tribus sont vraiment le même peuple ? Ici ! Parce que partout ailleurs ce sont uniquement des tribus qui se pensent chacune comme étant le peuple juif, mais c’est ici que toutes les tribus forment ensemble un peuple.

 

Et nous avons un verset très clair que vous chantez dans le Atah E’had du Shabat après-midi :

Oumi keamekha kéISraël goï e’had baarets

Et qui est comme ton peuple comme Israël nation une sur la terre ?

 

[De la Amidah : Atah Echad, v'shimcha Echad, u'mi k'Amcha Yisra'el, goi echad ba'aretz]

 

C’est Baarets que Israël est Goï E’had. En ‘Houts Laarets il n’est pas E’had !

 

4ème niveau :

 

6.7

וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם, וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים

VéLaqarti Et’hem Li LéÂm Ve Hayiti Lakhem LeElohim

Et Je vous prendraipour moi comme peuple,et Je serais pour vous pour Elohim

וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

VéYidaatem Ki Ani Hashem Eloheikhem

Et vous saurais que Je suis Hashem votre Dieu

HaMotsi Etkhem MiTa’hat Sivlot Mitzraïm

Qui vous fait sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte.

 

Et enfin 5ème verset et 5ème niveau :

 

6.8

וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר נָשָׂאתִי אֶת-יָדִי, לָתֵת אֹתָהּ לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב; וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה, אֲנִי יְהוָה

VeHévéti Etkhem El HaAretz Asher Nassati Et Yadi Latet Otah

Et Je vous aménerai au pays que j'ai juré de la donner à Abraham, à Isaac et à Jacob;

et je vous la donnerai comme héritage, Je suis Hashem.

 

Vous avez dans ces cinq niveaux tout le programme de la sortie d’Egypte.

Vehotseti – Vehitsalti - Vega'alti – Velaqarti - VeHeveti

 

Il n’y a pas allusion au Sinaï que nous découvrons à posteriori: dans la réalité de l’histoire:

 

VéLaqarti Et’hem Li LéÂm Ve Hayiti Lakhem LeElohim

Et Je vous prendrai pour moi comme peuple,et Je serais pour vous pour Elohim…

 

Entre temps il y a eu Maamad Har Sinaï. C’est à postériori qu’il va se dévoiler que cela s’est passé comme ça ! Entre temps il s’est passé quelque chose : c’est parce que le peuple n’est pas capable de rentrer directement en Israël qu’il a fallu faire un voyage dans le désert.

 

La 5ème coupe :

 

J’ouvre ici une paranthèse que l’on retrouvera au moment de l’analyse de la Hagada :

Dans le Seder de Pessa’h on boit 4 coupes de vin. En rapport aux 4 premiers verbes. Puis on prépare une 5ème coupe qui est celle de Eliyahou Hanavi. Or, ce n’est que de notre temps que la 5ème coupe de vin a repris force de loi.

 

On savait depuis toujours depuis le temps de la Mishna qu’au temple on buvait une 5ème coupe instituée par Rabbi Tarfon dans la Mishna. Vous comprenez que dans la Galout elle était restée en désuétude, parce que le VéHévéti : Je vous aménerais sur la terre n’était pas réalisé. On buvait les 4 verres de vin mais pas le dernier le 5ème réservée à la venue de Eliyahou HaNavi.

 

Ce qui est arrivé de notre temps, comme d’ailleurs pour toutes les règles concernant les événements de l’histoire israélienne, harabanout harashit prend une décision mais ne lui donne pas une force d’ultimatum si j’ose dire, car cela risquerait d’excommunier ceux qui ne la font pas. Par exemple, à Yom Haatsmaout il faut dire le Hallel avec Brakha. Des Juifs ont un doute : est-ce que vraiment Yom Haatsmaout c’est Yom Haatsmaout, alors ils ne disent pas le Hallel, ou alors sans Brakha. Mais si la rabanout harashit lui donnait force de loi cela disqualifierait tous ceux qui ne veulent pas obéir.

 

Pour le Pessa’h qui a suivi la guerre de Kipour, quelques heures avant que ne commence la fête j’entendais à la radio le programme de la Rabanout et je donnais les consignes de la fête, et une communication particulière du Rav Goren disant qu’étant donné l’issue de la guerre de Kipour donnant la preuve du salut par miracle, par conséquent, à postériori nous devons réaliser que depuis 1948 tout ce qui concerne les dispositions concernant telle ou telle mitsvah qui doivent tenir compte d’Erets Israël prend force de loi. Il dit en d’autres termes qu’il n’y a maintenant plus aucune place pour le doute. Et par conséquent, à partir de ce Pessa’h il a indiqué l’endroit de la Hagada où boire la 5ème coupe. Et donc, depuis le Pessa’h qui a suivi la guerre de Kipour on boit donc les 5 coupes. Qui ? Ceux qui comprennent que le Rav Goren a raison ! Et les autres commencent à discuter des livres écrits, des doutes… etc.

 

Par définition, puisque le Rav Goren a dit qu’il fallait boire la 5èmecoupe, le Rav Ovadia Yossef le lendemain a fait une déclaration disant qu’il ne fallait pas la boire ! Il suffit que l’un dise blanc pour que l’autre dise noir.

 

Depuis les sombres histoires politiques ils ont fait officiellement la paix pour se liguer ensemble contre cette disposition du HaEd Medinah qui est épouvantable en Israël : quand quelqu’un a trempé dans une affaire louche et que la police a besoin d’un témoin pour faire accuser le principal accusé, alors on promet l’impunité au comparse en échange de son temoignage. Il devient Ed Medinah témoin au nom de l’état. C’est immoral et interdit par la Halakha. On a demandé l’avis aux deux grands rabbins qui ont pour la première fois dit la même chose, alors ils se sont rencontrés et se sont serrés la main. Je ne sais pas laquelle…

 

Cette rivalité entre les deux grands rabbins séfarade et ashkénaze cela dépasse leurs personnes. C’est l’indice que derrière il y a un problème grave de tentative d’unification de la nation qui n’est pas encore terminé. Et cela se dévoile à ce niveau-là. Dans un verset des prophètes au moment du rassemblement des exilés du peuple juif, il y aura ce problème du rassemblement pour faire l’assemblée.

 

Quelques temps après on m’a demandé de m’occuper de l’édition d’une Hagada illustrée par Raymond Moretti, un italien non-juif mais qui s’intéresse de près au judaïsme, qui m’a demandé d’y participer. Je l’ai rencontré, et finalement elle a été éditée l’année dernière. J’ai eu l’idée de téléphoner au Rav Goren pour lui dire : « on va préparer l’édition d’une Hagadah, est-ce que tu accepterais de faire le psak, la décision officielle et la raison, de la 5ème coupe ? »

Il a dit que c’était une excellente idée, et a donc rédigé le psak, la décision rabbinique.

C’est un événement historique : depuis la destruction du 2ndtemple, c’est la 1ère fois qu’un grand rabbin d’Israël donne une décision rabbinique que le temps est venu d’instituer la 5ème coupe ! C’est pourquoi l’ouvrage s’appelle « la Hagadah de la 5èmecoupe ».

 

Jusque-là on savait cela que dans beaucoup de communautés c’était un minhag de boire la 5ème coupe. En général dans les communautés d’Afrique. Nous avons toute une histoire de la Halakha de ce point-là que le Rav Goren rappelle dans son introduction à la Hagada. En particulier, le Maharal avait institué que non seulement c’est une Mitvsah mais une ‘Hovah. C’est la différence entre Mitsvah et ‘Hovah. C’était facultatif puisque l’événement correspondant n’était pas là, ce serait contradictoire de boire la 5èmecoupe correspondant à VeHévéti - Je vous aménerai alors qu’on se trouve en dehors ! Le raisonnement du Rav Goren est très simple. Elève du Rav Kook, il fait partie des rabbins pour lesquels cela va de soi que Yom Haatsmaout est le commencement de la Gueoula. Mais compte tenu de la division dans la communauté, on n’obligeait pas. Mais après la guerre de Kipour, il a déclaré qu’on a dépassé un seuil. Parce qu’il a été évident pour tous les croyants qu’on a été sauvé par miracle ! Dès les premières heures, le pays aurait pu être envahi sans problème. C’est grâce à une dizaine de tankistes qui ont arrêté les colonnes de tank syriennes plus haut que Tibériade. On ne sait pas pourquoi les Syriens se sont arrêtés ! Ils étaient arrivés à un certain point où ils auraient pu envahir le pays complétement, il n’y avait rien devant. Mais ils se sont arrêtés et repliés en direction du Golan. Lisez les récits de la guerre de Kipour vous verrez que de l’avis des experts militaires du monde entier, c’est la plus grande bataille de l’histoire qui a été gagné par Israël. La quantité d’armes et de munition qui ont été engouffrées sur ce petit territoire dépassait tout ce qui avait été tiré en obus durant la deuxième guerre mondiale par toutes les armées qui se battaient. Et il y avait plus de tanks que pendant les 5 ans de la dernière mondiale ! C’est évident qu’on a été sauvé par miracle ! Donc le Rav Goren dit : Il est alors évident que Dieu a voulu nous rendre ce pays. Donc ce 5ème verset prend force de loi : « Et Je vous raménerai… »

   

Q: Pourquoi 1948 ne suffisait-il pas ?

R: Parce que 1948 cela suffisait pour ceux qui étaient croyants. Mais pour ceux qui doutaient, même après 1948 le doute restait permis. Mais plus après la guerre de Kipour ! A la guerre des 6 jours, le monde entier croyait Israël en danger mais l’état-major savait le contraire. Les Israéliens savaient qu’ils n’étaient pas en danger. Tandis qu’en 1973 vraiment on était en danger de disparaître ! Par conséquent, il y a un dévoilement de l’événement tel que ceux qui ne veulent pas voir c’est qu’ils ne verront plus jamais ! Alors on promulgue la loi ! Celui qui la suit la suit, et celui qui ne la suit pas ne la suit pas… !     

 

Je vous donne un exemple. Le Sidour Peta’h Eliyahou est très bien fait. C’est édité par Sharbit chez Colbo, un de mes anciens élèves aux EEI. J’ai passé deux heures avec lui sur la raison de l’absence de la prière pour l’état d’Israël ! Il y a la prière pour le gouvernement français mais pas pour Eretz Israël ! Il m’a dit que c’était parce qu’un de ses maitres de la Yeshivah d’Aix-les-Bains lui a dit qu’il y avait un doute… alors on ne le met pas...  C’est le même problème. Je me suis rendu compte alors que ce n’est pas la peine de discuter avec lui.

 

…/…

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