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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:17

Pourim Cours 4 (1979)

 

Pourim (1979) - Cours 4 – 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_4

Durée : 19,4 minutes
Face B

 

…/…

Deux thèmes :

-le 1erà propos de la relation entre l’événement de Pourim et la révélation de la Torah.

-et une deuxième référence dans le Sefer Devarim.

 

Parashah de Vaéra au chapitre 6:

Au moment où l’évenement de Guéoula va se produire les persécutions s’accentuent, l’asservissement devient de plus en plus difficile et Moïse interroge Dieu pour savoir pourquoi c’est si difficile. Je ne reviens pas en détail sur ce que nous avons vu à ce sujet. Le principe qui apparait de l’ensemble des commentaires à ce sujet c’est que précisément si la Torah nous raconte la manière dont cela s’est passé c’est pour que cela nous serve d’enseignement. Etant donné que c’est la 1ère fois qu’un épisode important du point de vue du récit de la Torah se passe, nous découvrons pour la première fois comment cette épisode fonctionne.

 

Or, du point de vue d’une sagesse théorique on pourrait se dire que à priori Moïse lui-même pourrait comprendre qu’au moment même où l’événement devait se réaliser les difficultés commencent. C’est ce thème de la différence entre l’espérance et la réalité. Tant que l’espérance est au niveau de l’espérance elle est parfaite en elle-même, il n’y a pas de place pour le doute. Lorsqu’on a une foi et une espérance, elle est authentique et totale ; il n’y a donc aucun problème de la foi des hébreux qui était totale. C’est au moment de la réalisation de cette espérance que les dfficultés commencent et que le doute peu à peu risque d’apparaitre.

 

Je vous avais alors citer ce Midrash où les hébreux sont nommés par le Midrash Maaminim Bnei Maaminim, dans tout ce thème de l’être-père et de l’être fils.

L’être-père est un être de promesse, et donc il n’y a pas de place pour le doute de celui qui adhère à une promesse. Mais c’est la foi des pères : la foi qu’une promesse s’accomplira. Tant qu’on est encore au niveau de relation de la promesse comme promesse la foi est absolue. Les difficultés commencent quand la réalisation va commencer. L’erreur de cette génération n’était pas d’être croyants maaminim mais c’était d’être maaminim bnei maaminim.

Ne vous trompez pas, le pschat c’est qu’ils sont « croyants fils de croyants » et donc c’est dans l’atavisme hébreu d’être capable de foi. Cela veut dire que cela se perpétuera toujours. C’est une identité capable de emounah qui se perpétue de génération en génération.

 

Mais le drash que je vous ai cité c’est qu’ils étaient maaminim de la manière dont il était normal et authentique d’être maaminim à l’époque de leurs pères.

 

C’est pourquoi nous avons fait le diagnostic pour notre temps. La comparaison est très facile à faire. Aujourd’hui, si nous admettons comme postulat que la réalisation a commencé, alors cette foi qui consiste encore à croire dans la promesse est une foi erronée. Mais cela ne veut pas dire qu’en elle-même elle n’était pas authentique au temps des pères.

 

Cela nous donne un peu la définition de la gravité d’une hérésie. C’est beaucoup plus grave de se tromper de foi que de ne pas avoir la foi. Sans la foi en un projet historique donné, cela ne nous concerne pas. Mais si on se relie à ce projet historique dans une erreur de la foi c’est beaucoup plus grave !

 

Du point de vue des critères de théologie générale, la relation à l’infidèle - dans le sens étymologique de celui qui n’a pas la même foi -  en français cela a changé de sens : celui qui est en faute vis-à-vis d’une fidélité – a toujours été moins grave que la relation à l’hérétique. Car l’hérétique c’est l’homme d’une foi dans l’erreur. D’une autre manière, l’infidèle est celui qui pourrait avoir la foi mais ne l’a pas. Tandis que l’hérétique est celui qui a la foi, mais il est plus dangereux car sa manière de se relier à cette foi porte et met en question, en danger, cette foi même.

 

Retour au sujet :

C’est la première fois qu’on rencontre cette difficulté. Nous allons lire ce texte pour nous rattacher à notre sujet. Dieu va répondre à Moïse pour lui indiquer le pourquoi de cette difficulté. Le temps de la réalisation a commencé. Rappelez-vous l’image de l’accouchement.

Et dans tout ce programme il n’est pas du tout prévu que Israël doive passer au Sinaï recevoir la Torah. C’est la raison pour laquelle j’ai posé la question de la manière suivante.

Il faut relire le chapitre 19 dans Yitro pour comprendre ce qui s’est passé vraiment au Sinaï et se déshabituer des idées reçues.

On l’a étudié lors de l’étude du Qriat Shémâ au sujet de la troisième lecture: qui s’adresse à qui pour dire Shémâ Israël ?

C’est Moïse qui s’adresse à Israël pour lui dire : Shemâ Israël Hashem Elokeinou Hashem E’had.

Parce qu’il y avait précisément une contestation entre Israël et Moïse par rapport à la Torah. Et c’est la raison pour laquelle il a fallu que Dieu se révèle aux yeux du peuple pour habiliter la mission de Moïse. C’est à postériori que la révélation du Sinaï a été nécessaire parce que les Hébreux n’étaient pas au stade où ils auraient pu directement - depuis l’Egypte en prenant le chemin de la côte nommé Derekh Eretz Pelishtim - se rendre en Israël. Les colonies des Phillistins étaient installées sur la côte depuis l’Egypte jusqu’en Israël. Les Pelishtim cela signifie les envahisseurs. Liflosh conquérir, envahir. Ce n’est pas un hasard que les Palestiniens aient pris ce nom-là. En prenant ce chemin-là, il aurait suffit de onze jours de marche dit le texte. Mais voilà qu’on a fait un immense détour par le sud, et finalement ce détour va durer 40 ans.

 

Voyez la surprise, on est tellement habitué que cela va de soi : la sortie d’Egypte pour arriver au Sinaï pour recevoir la Torah… Mais ce n’est pas du tout prévu au programme ! C’est à postériori qu’il y a eu cette nécessité. A postériori, c’est donc très important, et on étudie pourquoi. Mais pas à priori.

 

Je vous le répète parce que ce problème est au fond un des conflits fondamentaux dans le monde contemporain.

 

On pourrait le formuler de la manière suivante : quel est l’objectif de la sortie d’Egypte ?

 

1-       Les non-sionistes répondraient : c’est de recevoir la Torah ! Et ceci dit, si on mérite que le messie vienne, alors il nous donne Eretz Israël en prime, mais sinon l’essentiel c’est la Torah qu’il faut pratiquer n’importe où, à partir du désert… La Torah a été donnée au désert pour qu’elle soit universelle et donc praticable partout…   Vous devinez que ce n’est pas ma thèse. J’essie de vous la plaider le moins ironiquement possible, mais cette position-là est tellement assurée d’elle-même qu’elle ne se rend pas compte qu’elle contredit même le texte de la Torah.

 

2-       La 2èmethèse c’est que la sortie d’Egypte est en vue de rentrer en Eretz Israël. Et pour y recevoir la Torah ! Pourquoi a-t’elle été donnée au Sinaï ? Parce qu’on n’a pas été à la hauteur du premier objectif ! Alors un programme de remplacement est arrivé…

 

 C’est cette deuxième thèse qu’on apprend de la Torah elle-même. L’autre c’est une idéologie, un opinion dérivée. Et quand ces deux thèses se cristallisent, il n’y a plus de dialogue possible entre les deux, et c’est ce qui est dramatique. Un partisan de la 1èrethèse est tellement persuadé que c’est la Torah qui est essentielle qu’il ne peut plus voir le rôle d’Eretz Israël dans cette Torah ! Cela ne fait plus partie de ce qu’était le projet originel de la Torah qui nous est décrit de façon tellement claire qu’on se demande comment les partisans de la 1èrethèse fonctionnent ! L’objectif de la sortie d’Egypte n’a jamais été d’aller au Sinaï pour recevoir la Torah. Cela a été de rentrer en Erets Israël.

 

La vraie raison qui les arrête dans cette erreur c’est qu’à l’apparition du sionisme, le sionisme s’est opposé à la communauté religieuse. Et donc les chefs de la communauté religieuse se sont opposés au sionisme. Il a fallu qu’apparaisse un mouvement sioniste politique qui décroche de la communauté juive traditionnelle installée dans une symbiose judéo-goï très bien adaptée à travers 2000 ans pour pouvoir dégager les juifs de cet engluement. Il fallait détruire ce type de communautés pour pouvoir sauver les juifs. Je schématise, mais c’est ce qui s’est passé. Cela a été la position du sionisme politique à l’origine. Les sionistes sont ceux qui ont perçu que sans un décrochage de la civilisation européenne une catastrophe arriverait. Vous transposez avec Moïse lors de la sortie d’Egypte. Et elle est arrivée !

 

Ensuite ces juifs orthodoxes qui ont assisté à ce mouvement étrange avec un Moïse venant leur dire qu’Israël est une nation ! Alors qu’il avait entendu dire par Moïse pendant 2000 ans qu’Israël était une religion ! Ce mouvement étrange qui s’oppose à la tradition juive pour sauver les juifs a sucité une réaction très violente des rabbins d’opposition sioniste. Aujourd’hui les rabbins qui ont cette position-là l’ont parce qu’il sont fidèles à leurs maitres, et qu’il y a une telle force dans ce Klal de Emounat ‘Hakhamim dans la tradition juive, ils ne peuvent pas, même s’ils le voient de leurs yeux, qu’il faut réadapter une position différente vis-à-vis du sionisme et de l’état d’Israël, à cause de leur fidélité à leurs maîtres. Et comme ces maitres ne sont plus sur terre pour s’expliquer avec eux alors il y a blocage et impasse. Et leur position est dramatique. J’en connais beaucoup qui avec leurs yeux voient qu’il y a eu une erreur à l’origine qu’il faut corriger mais qu’ils ne le peuvent pas par fidélité au souvenir de leurs maîtres.

 

Admettons qu’il y avait dans les apparences de quoi se tromper à l’apparition du sionisme. Seuls les rabbins kabalistes ont diagnostiqué que l’apparition du sionisme c’était Mashia’h Ben Yossef. On a beau leur citer des maîtres du calibre du Gaon de Vilna cela ne sert à rien. Parce qu’il y a eu une passion. C’est une situation dramatique. Lorsque quelqu’un sait qu’il se trompe mais qu’il est obligé pour d’autres raisons que la vérité de perpétuer dans cette erreur il est très malheureux. Un cœur humain ne supporte pas une contradiction aussi grave. Ils sont tous cardiaques.

 

J’ai eu moi-même un maitre européen farouchement antisioniste pour cette raison-là que le sionisme politique apparaissait avec comme objectif de détruire la tradition pour pouvoir sauver les juifs. Moi, il m’a fallu des années pour arriver à comprendre l’évidence de ce fait qu’effectivement c’est ce qu’il fallait faire. Parce que c’était la symbiose de la communauté juive traditionnelle qui avait fait prendre ses juifs dans un piège. Le piège de ce qui est arrivé en Europe avec le nazisme. J’aimerais vous montrer jusqu’où va la ruse de la malignité de la conscience dans ce chemin tordu. Dans cette thèse-là antisioniste, la shoah est la punition du sionisme parce que le peuple juif a voulu être traitre à la Torah et voulu revenir en Eretz Israël avant la fin des temps et la venue du Messie ! Alors Dieu a puni le peuple juif par la shoah qui serait alors la sanction du sionisme ! Alors qu’il est bien évident que la shoah a été la conséquence du fait qu’on n’a pas suivi la déclaration Balfour.

 

J’essaie de vous décrire à quel point une conscience sous l’emprise d’une passion ne peut plus raisonner normellement. J’ai mis longtemps à m’apercevoir qu’il y a un poids affectif très puissant : le souvenir de leur maître. On ne peut le comprendre qu’en milieu orthodoxe.

 

Je vous donne un exemple :

Un des hommes à la tête de Ohr Yossef ,non pas le Rosh Yeshiva qui est le Rav Lieberman venant de la yeshiva de Novardok, avec toute une équipe des éclaireurs qui étaient des Baalei Tshouvah que j’ai eu moi l’imprudence d’envoyer à Guetsel pour qu’ils se forment et c’est là-bas qu’ils sont devenus comme ça ! A l’époque, naïf, arrivant d’Afrique, je croyais que toute yeshivah était une yeshivah normale et je ne pouvais pas m’imaginer à l’époque qu’il pouvait y avoir derrière la même Torah des idéologies si différentes par rapport à l’essentiel.

 

C’est le rav Rotnemer maintenant qui est un des principaux chefs de la Yeshivah de Ohr Yossef qui a donné cette dimension là à la yeshivah …

   

…/…   

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Published by Rav Léon Askénazy - dans CALENDRIER & FÊTES
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