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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:45

 

Pourim cours 9c (1979)

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_9

338 03 ?

Durée : 35,1 minutes
Face C

 

…/…

… De la même manière pour l’hébreu, il y a le lashone haqodesh et l’hébreu de la communication des consciences, l’hébreu de la rue, l’ivrit comme on dit en hebreu moderne. La parole exprime l’âme, et l’intelligence est une des fonctions de l’être vivant mais celui qui parle n’est pas l’intelligence.

 

Q : Comment se fait-il que le lashone haqodesh soit si imagé ?

R : C’est un langage concret, mais la signification du langage elle est abstraite.

Barekh signifie bénir. Mais le même mot peut servir pour dire maudire. C’est au niveau du langage concret. Pour comprende ce que signifie bénir et ce que signifie maudire avec le même terme concret il faut s’élever au niveau de la signification de cette racine qui elle est absolument abstraite et qui peut avoir deux exposants. On était arrivé à l’idée de densité de l’être et fécondité. Et lorsque la densité est adaptée au véhicule qui la reçoit alors il y a bénédiction, mais lorsqu’elle est mal adaptée il y a malédiction. Un courant trop fort passant dans une ampoule la fait éclater. On a donné trop. Le trop est une malédiction.  

Il faut arriver à la notion absolument abstraite. Tant qu’on reste au niveau des images cela crée des passions. L’image est la source des mythes. L’image est la source de violence.

 

Q : Vous aviez dit au début de l’année sur Bereshit que la différence entre l’homme et l’animal ne se faisait pas sur la parole mais sur le problème moral. La prise de conscience chez l’homme d’une certaine pudeur, le dialogue avec le Na’hash ?

R : Non, je vais essayer de te mettre cela en ordre, il y a les cassettes tu les réécouteras, je  n’ai pas pu dire que la différence entre l’homme et l’animal ne se fait pas par la parole ! 

Enfant au Talmud Torah un de mes maitres m’a donné une consigne que j’ai essayé de pratiquer toute ma vie. Ne jamais s’endormir sans avoir appris une connaissance nouvelle. Au moins une idée nouvelle. Il y a des nuits bénies où l’on apprend des milliers de choses nouvelles. Essayer de le faire : ne jamais vous endormir sans avoir acquis quelque chose de nouveau. Mais vraiment acquise qui reste dans la mémoire et non pas qui s’envole… Sinon on se réveille le lendemain un peu plus vieux que la veille. Tandis qu’avoir acquis une idée nouvelle avant de s’endormir permet de se lever le lendemain matin plus jeune que la veille.

Et deuxième consigne : savoir ce que je dis parce qu’en général je ne dis que ce que je sais.

Et comme je sais que la différence entre l’animal et l’homme c’est la parole je n’ai jamais pu dire que ce n’est pas la parole. Donc c’est mal cité. Je vous avais dit que le commencement de la conscience morale c’est la pudeur. La différence entre l’homme et l’animal c’est la conscience morale, et le commencement de la conscience morale c’est la pudeur.

Le premier être que la Bible nomme Adam est le premier être capable de conscience morale. Le signe en est l’expérience de la pudeur. Tous les éthnologues sont d’accord. Quelque soit la civilisation la plus rudimentaire chez l’homme, dès que le signe de la pudeur apparait on sait que ce n’est pas un animal. On ne trouve chez aucun animal un signe ressemblant à l’expression de la pudeur. Et le signe de la pudeur c’est le vêtement. C'est un fait que l’éthnographie a établi depuis longtemps.

Par exemple, des sociétés dont les membres vivent tout nu, à l'exception d'un fil autour de la ceinture. Lorsqu’on veut déchoir quelqu'un on lui ôte ce fil et il se sent tellement nu qu’il se suicide à cause du déshonneur. Comme quoi la vie ne tient qu’à un fil…

Cf. l’étymologie du mot vêtement en hébreu.

L’hébreu connait deux mots pour désigner le vêtement : le mot de Bégued qui se rattache à la racine Bagod qui signifie trahir. Bogued : un traitre. Bégued est donc le vêtement de travestissement. On s’habille pour se cacher, se déguiser.

Le mot de Lévoush qui se rattache à la racine Boushâ la honte. Le lévoush est le vêtement que l’on met à cause de la honte. C’est le Lévoush qui exprime l’expérience de pudeur, alors que le Bégued c’est l’habillement dont on s’habille pour se cacher.

En hébreu pratique courant on emploie l’un comme l’autre.

 

Retenez cela que la différence spécifique de l’homme par rapport à l’animal c’est la parole.

Je vous le montrerais dans le texte de Beréshit.

Vous voyez le lien entre la parole et le problème moral.

Et d’autre part, l’identité humaine se caractérise par la conscience morale. Et l’apparition de la conscience morale c’est l’expérience de la pudeur.

 

Q : Pourquoi l’animal Na’hash est-il doué de parole ?

R : C’est parce que c’est l’animal le plus évolué qui aurait pu être un homme. La différence entre ce Na’hash quasi-homme. Je vous en ai parlé par allusion. L’humanité est pleine de descendants de ce Na’hash qui sont parmi les hommes et se font prendre pour des hommes. La configuration physique n’a aucune importance dans le problème. C’est l’identité profonde de la personne qui est derrière qui appartient soit à Adam, soit au Na’hash.

La difference c’est que l’homme est doué de sagesse ‘Hokhmah, alors que la pensée chez le Na’hash est Ôrmah c'est-à-dire la ruse. Quelle est la différence entre la ruse et la sagesse ? Encore une fois c’est le critère moral ! La pensée la plus élaborée en absence de conscience morale devient dévastatrice ! Et on voit que ce n’est pas l’intelligence qui définit l’identité humaine fondamentale profonde, c’est la moralité. L’être que la Bible nomme Adam c’est l’être humain doué de conscience morale. Il a des problèmes avec le Na’hash. Le Na’hash est un animal évolué qui aurait pu être homme et qui est très intelligent mais qui n’est que rusé et qui n’a pas accédé à cela.

 

Et le fait que lorsque j’ai posé la question à mon rabbin il m’a répondu : l’étonnant n’est pas que l’ânesse de Bilaam ait parlé, c’est le fait que les autres ne parlent pas !

Cela veut dire que tout vivant était donné à la possibilité d’être vivant doué de parole. Mais un seul a realisé cela en acte, c’est l’homme. Et dans des conditions exceptionnelles, la bouche des autres êtres vivants peut s’ouvrir. D’après la tradition, le roi Salomon comprennait le langage de tous les animaux, les plantes, les arbres et même les pierres. Cela veut dire que finalement sous forme cachée et endormie, cet être de la parole est dans toute la réalité, seulement il ne s’exprime que chez l’homme.

 

Q :

R : C’est le problème du langage qui est beaucoup plus large que la parole. Le problème du langage est que beaucoup de comportements sont des langages par signes. 

On ne peut pas tromper quelqu'un qui possède la sagesse, quelque soit la manière dont quelqu'un essaie de se déguiser dans sa parole. Aujourd’hui la psychologie moderne à travers Freud a découvert ce qu’on appelle le non-dit. Avec par exemple le problème du lapsus…

Toute la guémara de Pessa’him commence par là avec dix pages sur ce problème : comment connaitre quelqu'un d’après la manière dont il parle. Par excellence c’est la parole qui exprime l’être profond. Et c’est la raison pour laquelle la communication est si difficile parce qu’on a peur de parler. On ne peut vraiment parler qu’à quelqu'un qui est en paix.  Il n’y a que lorsque la relation de paix s’est installée que la parole est possible. A la limite, il n’y a qu’une seule parole, c’est la parole de paix.

La première chose que le Rav Tsvi Yehoudah Kook enseigne lors de la première rencontre c’est comment en hébreu on se dit bonjour : shalom !

Partout ailleurs, il y a des souhaits honorables : en français bonjour, en latin salve…

Mais le mot de la rencontre complet c’est Shalom. Les Arabes l’ont aussi et le tiennent d’Abraham avec Salam. Ils ont trois mots différents pour la paix. En tout cas du point de vue de l’enseignement de la Torah, il est clair que la différence specifique de l’homme par rapport à tout être vivant c’est donc la parole.

 

Bereshit 2.7

2.7

וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה.

Et Hashem Elohim forma l’homme à partir du humus de la terre et Il aniam son visage de l’âme de vie et l’homme devint personne vivante Nefesh ‘Hayah.

Ce mot Nefesh c’est d’abord le souffle, le souffle qui fait parler. Roua’h le souffle que l’on inspire et Nefesh le souffle que l’on expire. Je vous ai donné une fois tous les sens du mot Nefesh.

Nefesh veut dire le souffle, ensuite la parole, ensuite la personne, le cadavre, la tombe…

 

Rashi sur Nefesh ‘Hayah:

Af Behémah ve’Hayah Tiqreou Nefesh ‘Hayah… même la bête domestique et sauvage ont été nommées par le verset Nefesh ‘Hayah personne vivante. Mais celle de l’homme est la plus vivante de toutes, parce que lui fut ajoutée Daat veDibour connaissance et parole.

 

Targoum :

Et l’âme de vie est devenue en lh’omme Roua’h Memalelah souffle de parole/souffle parlant.

 

Il y a une différence entre le Targoum et l’hébreu. L’hébreu dit que c’est l’homme qui devint Nefesh ‘Hayah personne vivante et le Targoum dit que c’est son âme en lui qui est devenue Roua’h Memalélah.

Mais enfin, on voit ici que la différence entree l’homme est l’animal est la capacité de parole.  C’est parce que cela implique que la parole renvoie au quelqu'un que chacun est. C’est dans la parole de chacun qu’on sait qui il est…

 

A l’écoute attentive du discours que quelqu'un on sait rapidement quelles sont ses tendances morales, ses croyances, parce qu’il dit ce qu’il est. Il y a pour cela cette pudeur de l aparole qu’on appelle psytacisme. On parle beaucoup précisément pour ne rien dire et surtout pour ne pas parler réellement car c’est se livrer. 

 

Q : Dans le verset 30 du perek alef, il est écrit Hashem Bo Nefesh ‘Hayah…

R : Nakhon, cela veur dire que dans la création toute entière il y a Nefesh ‘Hayah mais finalement elle ne s’exprime qu’à travers la personne de l’homme. C’est ce que dit Rashi : tout être vivant est appelé Nefesh ‘Hayah. Mais le Nefesh ‘Hayah est le plus vivant parce que porteur de parole ou inversèment.

 

Il nous reste 5 minutes et je voudrais finir sur le Maamar que l’on a vu.

Je vous cite un enseignement de la Kaballah sur le Maamar en question.

La paroile une fois émise est findalement détachée de celui qui l’a émise. Or, la source de cette parole c’est la personne de celui qui l’a dite. Et par conséquent, toute parole dite, une fois dite, est en situation d’exil. Et par conséquent, le monde de la parole est un monde d’exil. Citer quelque chose au nom de celui qui l’a dit c’est ramener cette parole exilée à sa source et c’est donc amener la délivrance… Cela va nous servir de transition avec l’étude de Pessa’h : Israël est descendu en exil pour y délivrer les paroles prisonnières. L’exil est d’abord l’exil de la parole. Monsieur Néher a pris cela comme titre d’un de ses livres. Peut-être a-t-il pris ce midrash comme base. Le midrash nous enseigne que Dieu a créé le monde par Sa parole. Depuis la création du monde la parole de Dieu est en exil dans le monde. En påarticulier dans la Hagadah de Pessa’h, on trouve l’explication que dans tous les cas il était nécessaire qu’Israël descende en exil là où la parole est. En français on a l’expression de « délivrer un message ». Il y a un message qui ne peut pas être délivré, alors il faut aller délivrer le message…

Il y a une parole qui se tait dans l’élaboration de chaque civilisation et qui n’arrive pas à s’exprimer, alors il faut aller la libérer.

 

Dans la Hagada de Pessa’h, Jacob était destiné dans tous les cas à descendre en Egypte. Il y a deux manières de descendre en Egypte, dans la gloire et dans la persécution, selon le mérite.  Et pour que l’exil de Jacob soit honnorable alors Joseph est descendu avant pour le préparer et le recevoir comme le roi reçoit le roi. Et la Hagada dit : Melamed Al Nouss Al Pih Hadibour – forcé par la parole.  L’explication habituelle c’est qu’il s’agit de la parole de Hashem à Avraham que sa derscendance serait exilée 400 ans. L’explication de la Kaballah est que Jacob a été appelé et forcé par cette parole prisonnière de venir la délivrer. Effectivement, la révélation de la parole s’est faite à la sortie d’Egypte. Jusqu’à la sortie d’Egypte, la révélation ne peut pas se faire. Moïse n’arrive pas à parler, il bégaye. Et dès la sortie d’Egypte, c’est Moïse qui est le porte-parole.

 

On interprète le mot de Pessa’h de la manière suivante : Pessa’h suivant l’étyologie cela veut dire l’examen de passage passer d’un monde à l’autre, passer au-delà. La Kaballah indique que c’est Peh Sa’h c'est-à-dire la bouche pure. Alors que Paro, on entend les lettres de Peh râ.

Cette parole qu’il s’agit de délivrer est en exil, et il faut descendre là où elle est pour ouvrir la bouche. 

 

Retenez pour Pourim:

 

Massekhet Meguila 15a :

Kol HaOmer Davar BeShem Omro Mévi Geoula LaOlam.

Tout celui qui dit quelque chose au nom de celui qui l’a dit amène la délivrance au monde.

Shénéemar « Vatomer Ester BeShem Mordekhaï ».

Comme il est dit : « Et Esther le dit au nom de Mardochée ».

 

Et cela a été enseigné pour les paroles de Torah en général. Il n’y a pas de Din qui oblige à dire quelque chose au nom de celui qui l’a dite parce que la Torah appartient à tous. C’est seulement une vertu de citer une parole au nom de celui qui l’a dite. Parce que tant qu’on ne sait pas qui a dit quoi on ne sait pas vraiment ce qui est dit. Cela dépend de qui a dit ce qui a été dit. On a vraiment dit une parole de vérité que si on sait qui l’a dite. Une même phrase dite par des hommes différents prend un sens différent.

 

Kol HaOmer Davar BeShem Omro Mévi Geoula LaOlam.

Celui qui non seulement dit une parole de vérité, mais qui la dit au nom de celui qui l’a dite, celui là amène la délivrance dans le monde, parce que c’est à cette seule condition que cette parole qui a été dite est vraie et a son sens.

C’est enseigné à propos de toute parole de Torah ou de sagesse.

Je vous ajoute encore un enseignement à ce sujet. A la limite, la délivrance ne pourra venir dans le monde que si on reconnait que celui qui a dit la parole à l’origine dans le monde c’est celui qui l’a dite, c'est-à-dire Dieu Lui-même ! Si on ramène la sagesse à celui qui l’a dite alors la guéoula peut venir. C’est la limite.

 

Cela se rattache à un principe important, dans l’enseignement de la Kaballah : le mal est quelque chose qui aurait pu être bien mais qui a été coupé de sa source, qui s’est autonomisé et qui fonctionne par lui-même et devient le mal. La seule redemption possible est de le rattacher à l’unité des valeurs. Alors il perd son visage de mal et il redevient le bien absolu.

C'est-à-dire que toute parole coupée de sa source peut devenir dévastatrice. Et elle n’est bénéfique que reliée à celui qui l’a dite. Il y a là une consigne de surveillance absolue de la parole. Au fond au jugement dernier on sera jugé sur ce qu’on a dit. 

Un Maamar dans la Guémara dit qu’au moment de la mort on revoit tout ce qu’on a vécu et qu’on entend tout ce qu’on a dit. Même les paroles secrètes entre un homme et sa femme. Tout est répété car tout est gardé dans la mémoire. Vous voyez à quel point il faut surveiller ce qu’on dit.

Un mishnah très jolie de Avot: 

Toute ma vie j’ai grandi entre les sages et je n’ai pas trouvé pour le corps meilleur chose que le silence.

Que veut-on nous dire ici ? Qu’il vaut mieux se taire ?

Mais pour le dire il faut bien parler !

Rabi Na’hman de Braslav sur cette mishna explique :

Bein Ha’Hakhamim entre les sages il y a la controverse ! ,

Et il a compris que la meilleure des choses est de se taire.    

On apprend de la Guémara que celui qui calomnie quelqu'un qui ne le mérite pas est frappé dans son corps. Il faut donc se garder des paroles de controverse. C’est l’enseignement de cette mishna.

C’est à ce moment-là un tout autre langage : à travers le silence passe une connaissance.

Martin Buber nous avait dit un jour qu’il y a des silences vides et des silences pleins.

Ceux vides de rien du tout, et ceux plein d’enseignements. Plus haut que la parole qui parle, il y a la parole qui se tait. Et du silence on apprend plus parfois que de la parole.

 

Q : Dieu continue à parler aux prophètes, est-ce que cette parole est quand même en exil même si elle est reçue par des êtres de vérité ?

R : Nakhon, elle est quand même en exil ! Jusqu’au moment de la guéoula !

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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commentaires

Garcinia Cambogia Reviews 28/04/2014 08:58

Your explanation of the use of Hebrew language in various contexts was very informative. I was able to familiarize the meaning of various words used in different instances and I am so happy that I am more confident in using it now. Thanks very much.

clovis simard 29/10/2012 00:55


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.9 - THÉORÈME OSÉE. - La fin d'une civilisation.

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