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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:42

Pourim cours 8b (1979)

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_8

337 02

Durée : 46,5 minutes
Face B

 

…/…

 

Josué apparait en tant que successeur de Moïse et, dans le sujet qui nous concerne en particulier, il est celui qui mène la guerre contre Amaleq.

 

Chapitre 17.5

D’abord quelques mots sur la personne de Josué. Il s’appelait Hoshéah Bin Noun, de la tribu d’Efraïm. Au moment de l’affaire des explorateurs : lorsque le peuple a demandé l’envoi d’espions pour espionner le pays pour savoir s’il correspondait vraiment à la promesse et savoir si on était capable de l’occuper, alors Moïse envoie finalement un représentant par tribu. Et Hoshéa Bin Noun était le représentant de sa tribu, Ephraïm. C’est la tribu de Joseph. Kalev Ben Yefouneh était le représentant de la tribu de Yehoudah. Or, ce sont les deux seuls qui, en revenant de l’exploration, vont faire un rapport positif pour monter en Eretz Kenaan pour accomplir la promesse. Les dix autres se rebellent. Nous retrouvons chaque fois à peu près la même proportion. Un cinquième était sorti d’Egypte et ici un cinquième des représentants (2/12èmesoit 1/6ème) du peuple qui était sorti d’Egypte sont pour Eretz Israël ! Seuls Josué et Caleb vont entrer en Eretz Israël et toute la génération qui avait refusé n’entre pas.  

Au moment de l’affaire des explorateurs Moïse a changé le nom de Hoshéa Bin Noun en Yehoshoua Bin Noun par l’ajout d’un Youd.

Le sens du nom change un peu mais dans tous les cas la racine est la même : le sauveur.

Suivant la tradition, quand Saraï a dû changer son nom en Sarah, le Youd du nom de Saraï attendait de savoir où il irait se mettre. Et c’est ce Youd de Saraï qui est venu s’ajouter à Hoshéa. Ce que cela veut dire, vous le comprendrez dans quarante ans ! Retenez simplement que les choses sont liées déjà avec Sarah.

 

Voyez le lien qui va s’établir : c’est Josué qui prendra la succession de Moïse pour donner à Israël la terre d’Israël. Et c’est Josué qui est chargé de faire la guerre contre Amaleq.

Cela veut dire que c’est lié dans le principe. Josué est responsable de ces deux choses à la fois et d’une troisième aussi que je vais ajouter plus tard. La Guémara établit que ce sont ces trois choses-là qu’il faudra faire d’abord lorsqu’on reviendra à la fin des temps en Eretz Israël :

-la guerre contre Amaleq

-la conquête d’Eretz Israël.

-la construction du temple.

 

Josué n’a pas pu faire la troisième chose, il faudra attendre le fils de David, Salomon.

Tout ceci est un problème pour lui-même que les Poskim ont étudié, en particulier Maïmonide. Il y a trois mitzvot importantes au moment où l’on rentre dans le pays : détruire Amaleq, assurer la souveraineté israélienne sur Eretz Israël, et la construction du temple.

 

Vous remarquez que nous sommes occupés aux deux premières, il faut préparer la troisième.

Et Maïmonide, en rabbin de la galout, ne pourra pas être taxé de sioniste, mais il a codifié cela de façon très claire…

 

En tout cas le lien apparaissant ici nous éclaire sur notre sujet. Josué en tant que successur de Moïse va être chargé de ces deux points : la guerre contre Amaleq et la conquête d’Eretz Israël.

 

17.5

Vayabo Amaleq… et Amaleq vint…

 

Au verset précédent, il y avait un doute en Israël. A chaque fois qu’il y a un doute, Amaleq intervient. Amaleq = Safeq en gématria.

 

 

17.5

Vayabo Amaleq… et Amaleq vint et fit la guerre à Réfidim

 

A Réfidim il y a eu une contestation contre Moïse qui a résulté en une perte d’assurance et la création de doutes. Le midrash dit sur Réfidim : Rifionadayim devenir faible, lâche.

 

Et Moïse dit à Josué : choisis pour nous des hommes et sort en guerre contre Amaleq, demain, je me tiendrais sur le haut de la colline avec le bâton de Dieu dans ma main. Et Josué fit comme il lui avait dit pour faire la guerre contre Amaleq, et Moïse, Aharon et ‘Hour sont montés en haut de la colline. Et il arriva lorsque Mosheh levait les mains, Israël était plus fort.

 

Tant que le zekhout de Moïse est présent en Israël, Amaleq ne peut rien contre lui. Et Moïse signifie la fidélité à la Torah. Cf. le sort différent des deux royaumes d’Israël. Le royaume du nord sans la Torah se perd. Et le royaume du sud, Yehouda, qui a gardé la Torah, survit. Cf. les deux boucs de Kipour… etc. Tout cela se relie…

 

« Et lorsqu’il baissait les mains, Amaleq surmontait,

Or les mains de Mosheh étaient lourdes.

Ils prirent une pierre et l’ont mise sous Moïse, il s’assit dessus

Et Aharon et ‘Hour soutenaient ces mains, l’un de chaque côté.

Et ses mains étaient émounah jusqu’au coucher du soleil.

Et Josué affaiblit Amaleq et son peuple par l’épée ».   

 

L’idée qui apparait là est très importante : la force pour lutter contre Amaleq s’appelle la émounah. Une émounah qui vient de Torat Mosheh. Ce n’est pas plus compliqué que cela à comprendre : c’est la émounah qui s’oppose au safeq. Le safek, le doute, fait venir Amaleq, et la émounah, la foi, fait surmonter sur Amaleq.

 

Les deux mains, ce sont les deux midot ‘Hessed et Gvourah de Mosheh Rabénou.

 

« Et Hashem dit à Mosheh : écris cela en souvenir dans le livre, et place-le comme consigne aux oreilles de Josué car j’effacerai le souvenir d’Amaleq de dessous le ciel, et Moïse construisit un autel et en nomma le nom : Hashem Nissi - Dieu est mon miracle/ ma bannière, mon étendard.

Et Il dit : car une main a été portée sur le trône de Yah, Mil’hamah Lashem BaAmaleq midor dor guerre pour Hashem contre Amaleq de génération en génération.

 

Il y a donc dès le début de la sortie d’Egypte et la constitution d’Israël comme nation la guerre contre Amaleq qui durera de génération en génération jusqu’à la fin des temps où finalement ce souvenir de Amaleq sera effacé.

 

Je vous donne simplement les grandes étapes : au moment de la sortie d’Egypte, ensuite lorsque le peuple est entré dans le pays, le premier roi qui a été choisi était Shaoul qui devait faire la guerre totale contre Amaleq mais qui l’a laissé survivre. Ensuite, on retrouve ce même problème avec Mardochée et Aman au temps des événements de Pourim que raconte la Méguila d’Esther.   

D’époque en époque, chaque fois qu’Israël se constitue en nation, apparait de nouveau Amaleq comme antagoniste, et avec le même programme.

 

A la génération précédente avec le nazisme, et à la génération contemporaine avec la prétention pratiquement universelle de remplacer Israël par la Palestine, cela semble être deux étapes différentes mais je crois qu’il s’agit de deux sous-étapes de la même guerre qui a commencé avec les Russes dans les grands pogroms de la fin du siècle dernier (au 19èmesiècle). Finalement, le grand conflit est avec les Russes, et l’étape allemande est une étape dans ce grand conflit qui commence avec les Russes.

 

Quand vous étudierez très attentivement l’histoire juive des dernières périodes et l’histoire d’Israël depuis sa fondation, il est bien évident que sans la Russie derrière tous ces conflits cela aurait pu être résorbé à l’échelle locale. Mais il n’y a pas de doute que tout le mouvement de la constitution de la nation d’Israël du dedans du peuple juif dispersé commence avec les persécutions de Russie avant les persécutions en Allemagne. Et l’alliance entre Hitler et la Russie est un mystère pour les historiens mais fait partie de ce problème. Finalement, aujourd’hui c’est la Russie qui est derrière. C’est au temps de la guerre de Kipour que cela est devenu évident que sans la volonté russe le conflit local aurait été résorbé depuis lontemps.

 

Chaque fois qu’une culture dans le monde prétend être ce qu’Israël est censé être, alors il y a ce conflit avec Amaleq. Il y a un messianisme russe que vous apprendrez d’autre part mais qui est évident pour ceux qui connaissent la culture russe et l’âme russe, qui finalement est placé devant cette alternative : soit eux, soit nous. Et ils le savent très bien.

 

De la même manière que pourrait paraitre étonnant et disproportionné au temps de la propagande hitlérienne le fait qu’un pays aussi colossal que l’Allemagne ne voie comme ennemi du genre humain ce tout petit peuple, quelques centaines de milliers de Juifs en Allemagne, alors qu’il y en avait des millions en Pologne ou en Russie. De la même manière, le grand slogan de la politique russe est de voir Israël comme la cause de tous les malheurs du monde ! C’est également disproportionné.

 

Il y a là quelque chose d’extrêmement profond. Il y a un messianisme de la nation russe qui apparait dans l’impérialisme soviétique et a pris comme véhicule l’idéologie socialiste, mais qui est très profondément russe en tant que tel. Et évidemment, comme cela a été le cas du nazisme et comme cela a été le cas dans les civilisations précédentes, ils se désignent chaque fois chacun comme ennemi de l’identité Israël.

 

Résumé :

On va reporter la période des événements du temps d’Assuérus bien avant, au temps de Josué.

Les éléments qui apparaissent c’est qu’effectivement c’est Josué qui commence la guerre contre Amaleq et qui est chargé d’ailleurs de la conquête d’Eretz Israël.

 

L’idée est maintenant très simple : dès qu’Israël à la sortie d’Egypte se constitue comme nation, le problème d’Amaleq surgit. Mais il surgit d’une mise en doute par Israël même de sa propre vocation, de sa propre identité. Chaque faiblesse à ce niveau-là constitue chaque fois la force d’Amaleq.

 

Le texte que je viens de vous lire n’est pas facile à comprendre sans l’étude de la kabbalah pour en voir le sens de chaque détail de la forme du texte. Mais l’idée générale est très simple, c’est ce que représente Moïse et la foi d’Israël au nom de la Torah de Moïse qui est la lutte contre Amaleq.

 

Q : D’où vient l’importance des murailles ?

R : L’analogie vient ainsi : c’est qu’à Shoushane la capitale il y eut affirmation plus forte du miracle que dans toutes les autres villes. Et donc la définition de ville entourée de muraille se relie au fait que Suse était la capitale de cet empire. Mais la guémara va transposer cette définition aux villes d’Israël entourées de murailles au temps de la sortie d’Egypte, c'est-à-dire au temps de Josué. Une ville entourée de murailles, cela veut dire une ville fortifiée, c'est-à-dire une ville vraiment. Les autres étaient des villages.

Il faut penser cela au temps de la féodalité, avec les villes entourées de murailles. A l’intérieur des villes, la souveraineté des peuples. Toutes les autres villes étaient des villages. Lorsqu’il y avait danger tous les habitants des villages rentraient dans les murailles de la ville…

 

Q : L’identité d’Amaleq n’a toujours qu’un seul représentant à chaque époque?

R : En réalité, peu importe le nombre, c’est le même qui apparait sous des visages divers.

Par exemple, il n’y a pas beaucoup d’effort à faire pour identifier la force de Ashaf, la prétention de remplacer Israël. Je ne veux pas imputer cela à tous les Palestiniens, je veux dire les habitants du pays d’Israël qu’on appelle la Palestine. Ce sont ceux qui ont pour objectif d’annuler Israël pour se mettre à sa place. Parce que je suppose qu’il y a énormément d’arabes ou de chrétiens ou musulmans habitants Israël qui envisageraient une solution différente de coexistence avec les Juifs. Mais cette volonté de remplacer Israël perçu comme usurpateur c’est Amaleq.

On la trouve dans un autre style chez les Allemands du temps d’Hitler. Et cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas beaucoup d’Allemands qui envisageraient une coexistence pacifique avec les Juifs. Mais le nazisme chez les Allemands a le visage d’Amaleq. L’obsession de détruire les Juifs et de prendre leur place. Pour que l’avenir du monde pendant mille ans appartienne à l’Allemagne. La Russie c’est la même chose.

 

Ce sont des choses qui ont été étudiées pendant des siècles. 

Un tossefot, un des commentaires de Rashi dans la Guémara, interroge : où sont les Cananéens du temps de Josué aujourd’hui ? Et Tossefot répond : les Russes ! Il dit que Kenaan c’est Moskova !

C’est écrit en toutes lettres dans Tossefot.

Un des commentateurs postérieur a expliqué cela de la manière suivante :

La malédiction sur ‘Ham lorsque Noa’h s’est réveillé de son jour de Pourim pour constaté ce que son fils lui avait fait mettant en question sa paternité, il a maudit sa descendance. C’est important parce qu’Israël est fondé sur l’enchainement des générations, alors que ‘Ham se fonde sur le refus de la génération précédente et la rupture des générations. Il veut rendre stérile son père. Il y a là deux options de l’histoire radicalement opposées. De ‘Ham sortira Kenaan. La malédiction sur Kènaan est qu’il sera esclave. Or, les Slaves se nomment Slaves. Et Slaves cela veut dire esclaves. L’étymologie vient du latin. C’est leur identité.

 

Ainsi Tossefot tranquillement identifie Kenaan chez les Slaves. La surprise est que finalement la réalité dévoile que c’est vrai. On ne sait pas de quoi il faut le plus s’étonner. Que les textes aient prévu la réalité ? Ou que la réalité s’entête à donner raison aux textes ?

 

Q : Pourtant c’est la descendance de Yafet ?

R : D’après la Guémara non ! Il faut voir les choses fondamentalement. C’est la situation d’identité qui est diagnostiquée. D’autant plus que les soi-disant « races », d’après la Torah ce n’est pas biologiques mais cela passe par les langues qui sont soit ‘hamitique, soit japhétique, soit sémitique.

Il y a ce que disent les linguistes et ce que la Torah dit en faisant le diagnostic de la situation d’identité. On voit très bien que c’est la Russie qui a adopté la thèse des Cananéens. Et l’histoire dévoile que c’est finalement avec eux qu’on est en guerre, par armées arabes interposées. D’ailleurs nous le savons maintenant, c’est eux qui ont donné à Nasser la date de Kipour pour attaquer Israël. et vous verrez toujours qu’Amaleq qu’il soit perse, allemand, ou russe, choisit toujours les jours de fête pour les attaquer. D’après le Midrash, ils ont attendu Pourim pour les attaquer à Pourim !

 

Q : Haman a tiré au sort seulement le mois ou le jour du mois ?

R : Il a tiré au sort le mois, le jour du mois, et le jour de la semaine.

Q : Mosheh nait et meurt le 7 Adar et Pourim c’est le 13 ?

R : Chaque fois qu’il tirait au sort le jour, il y avait un mérite, que ce soit le jour de la semaine ou le jour du mois. Et quand il a tiré les mois, il  a vu que dans le mois de Adar Moïse était mort. Cela lui a suffit pour penser à une vulnérabilité d’Israël dans le mois de Adar, mais il a oublié que le mois de Adar, Moïse était né le même jour. Le 7 adar finalement est devenu un jour commémoré dans le calendrier israélien : tous ceux dont on ne connait pas la tombe. C’est également le jour d’anniversaire de tous ceux dont on ne sait pas quand et où ils sont morts. C’est relié à l’histoire de Moïse.

 

Je referme la parenthèse, c’est la première explication que je voulais vous donner : pourquoi on ramène cela au temps de Josué. Le fond du problème c’est parce que Josué est relié à la guerre contre Amaleq.

 

Deuxième approche du problème :

Deuxième explication de la fixation du Shoushane Pourim à partir du temps de Josué plutôt qu’à partir du temps d’Assuérus.

C’est relié à une toute autre dimension qui n’est plus celle de la lutte contre Amaleq reliée avec  d’Eretz Israël, mais la fin de la période de la révélation.

Un enseignement indique que sans la chute morale du Am Israël au temps du premier temple qui a conduit à ce que les prophètes s’adressent à lui pour l’exhorter à la Torah, nous n’aurions eu comme livre de la révélation dans le Tanakh que les 5 livres de Moïse et le livre de Josué. On aurait eu l’héxateuque ! Après le temps de Josué ce n’est pas le temps des prophètes mais les Zqenim qui sont les Shoftim. Les Neviim viennent après le temps des Zqénim. La prophétie va reprendre après le temps des Zqénim avec un prophète nommé Hoshéa, Osée.

La capacité de prophétie qui s’attache au Tsélem Elohim ne disparait pas d’Israël, même quand Israël est en galout, c’est enfoui mais cela reste. Mais le fait que des paroles de prophétie sont données pour rester par écrit cela aurait dû s’arrêter, nous dit la Guémara, avec Josué.

C’est parce que l’état du peuple nécessitait l’exhortation des prophètes que nous avons également les autres livres.

 

De même, dans les références citées à propos de Pourim : « tous les livres du Tanakh sont destinés à ne plus être par écrit sauf la Méguila d’Esther ».

C'est-à-dire qu’aux temps messianiques, la connaissance sera révélée de façon tellement expérimentale qu’on n’aura plus besoin de se référer à des livres !

On s’approche de ces temps donc il faut vous habituer à cela. Pour le moment vous avez besoin des livres... Un passage du prophète qui le dit très clairement. « La connaissance de Dieu sera dévoilée comme l’eau sur le fond de la mer. Plus personne n’aura besoin de dire à une autre : apprend-moi ! » Parce qu’on verra. Un peu comme au temps du premier homme avant la faute…

Aujourd’hui on est encore à ce stade où on a besoin de prophètes.

 

On n’est plus au temps de la prophétie dévoilée et on a besoin de quelqu'un qui nous explique ce que les choses signifient.

 

Mais viendra un temps où il suffira d’exister pour être ! On n’aura plus besoin de quelqu'un d’autre pour être.  

 

A ce propos, la guémara nous apprend que tous les livres deviendront inutiles, sauf la Méguilat Ester qui est le livre où se dévoile l’éternité d’Israël. On aura une capacité de lire véritablement ce que contient la Méguila de Pourim.

 

Je reviens à cette guémara : normallement, le temps de la révélation  c’est le temps de la génération de la sortie d’Egypte. C’est un temps exceptionnel de dévoilement. Comme un temps messianique avant la lettre. Qui aurait pu l’être définitivement sans la faute du veau d’or. C’est un temps de dévoilement. Remarquer que toutes les mitzvot et la Torah auxquelles on se réfère sont celles données à cette génération-là. Si tout était allé comme il fallait, après ce temps de dévoilement où Israël est invité à l’expérience de la connaissance profonde qui se cache derrière les apparences, l’histoire aurait commencé déjà donc au temps de Josué. Pas au temps de Moïse car la génération du désert n’est pas entrée en Eretz Israël. Donc c’est la génération de Josué qui la remplace.

Et la capacité prophétique reste l’apanage de l’identité d’Israël mais les livres de la prophétie n’auraient pas existé.

Nous n’avons dans le Tanakh que quelques enseignements des prophètes. L’immense majorité de la prophétie qui a été prophétisée est restée orale. Et le Tanakh est une sorte de décision du Sanédrine de mettre ces textes-là par écrit pour la postérité. Mais il y a eu énormément plus de prophètes et prophétesses que ceux mentionnés dans le Tanakh !

 

Et toute une quantité de prophétie qui n’a pas encore été formulée est mise sous le nom de Tana de BéÉliyahou – l’enseignement de Eliyahou Hanavi.

Effectivement, la prophétie de Eliyahou est la seule qui n’ait pas de livre dans le Tanakh !

Chaque fois qu’un ‘hidoush de la Torah apparait, on le transmet sous le nom d’enseignement de l’école de Eliyahou Hanavi. En particulier lorsqu’on a étudié et qu’une connaissance nouvelle est apparue sans qu’on puisse en identifier la source. On se demande qui a dit cela, et on ne sait pas ! C’est sorti de l’étude ! C’est alors un enseignement que l’on rattache à l’enseignement de Eliyahou HaNavi. Chaque fois qu’il y a une Beraïta qui commence ainsi cela vient de là. C’est lorsque la machine à ‘hidoushim fonctionne… Et elle ne s’est jamais arrêtée !

 

Historiquement nous savons que la prophétie s’est arrêtée au temps de la Méguilat Ester, mais en principe elle aurait dû s’arrêtée déjà au temps de Josué ! Mais, l’occultation de la prophétie n’est pas l’occultation de l’occultation. Cf. le « Aster Astir Panaï ».

 

Nous allons étudier une mishna sur ce problème et vous en comprendrez par vous-mêmes le lien.

 

Pirqey Avot :

Dix choses ont été créées la veille de Shabat, bein hashémashot entre les soleils...

 

C’est une expression dont on se sert pour dire le crépuscule le soir.

Le coucher du soleil et le commencement de Bein Hashémashot et l’apparition des étoiles est la fin de cette période de Bein Hashémashot. Cette période-là la nuit commence au coucher du soleil, alors qu’en réalité elle devrait commencer à la sortie des étoiles. Le jour s’arrête à la sortie des étoiles alors qu’en réalité il devrait s’arrêter au coucher du soleil. Cette période qui s’appelle Erev en hébreu, le crépuscule le soir, est appelé par la Halakha « Bein Hashémashot ». Entre le soleil qui se couche et le soleil qui se lève. Vous voyez la difficulté, normalement Bein Hashémashot devrait durer toute la nuit ! Puisque le soleil ne se lève que le lendemain matin ! Alors on rattache à la lumière du soleil qui réapparait le lendemain matin la lumière des étoiles qui laisse deviner que la lumière est là bien que ce soit la nuit vraiment. L’apparition des étoiles est pour la Halakha le signe que la lumière du soleil du jour précédent a vraiment quitté le ciel puisque les étoiles sont visibles. Nous avons cette période de Safeq si c’est le jour vraiment : Yom Safeq Laïlah. Il y a doute si c’est le jour encore, ou doute si c’est la nuit vraiment ! Et suivant les mitzvot on tranchera pour commencer le temps de la mitzvah soit au temps du coucher du soleil soit à la sortie des étoiles.

 

Par exemple, étant donné la gravité de la pratique du shabat, on commence au coucher du soleil et on termine à la sortie des étoiles : on décide d’après la ‘houmkha. Mais pour d’autres mitzvot tel que le qriat shémâ du soir, il y a des raisons pour lesquelles on décide que c’est à partir de l’apparition des étoiles que c’est la nuit pour le qriat shémâ du soir…

 

Et ainsi, chaque fois qu’il y a une mitzvah dont le temps est à partir du soir, cela occasionne une discussion dans la Guémara pour savoir si pour telle mitzvah particulière le soir commence au coucher du soleil ou à la sortie des étoiles.

 

La Halakha est différente pour les Ashkénazim et les Séfardim.

Par exemple, si vous allez au Kotel vous remarquez que les minianim des Sefardim commencent la prière du vendredi soir très tôt. Alors que les Ashkénazim attendent l’apparition des étoiles pour la commencer pour dire le qriat shémâ après l’apparition des étoiles.

Ce qu’on cherche à propos du qriat shémâ c’est le moment de passage entre le jour et la nuit. Parce que c’est ce moment de passage qui est le moment de la mitzvah qui est l’affirmation que Dieu est Un bien qu’il y ait la dualité du jour et de la nuit dans le monde. Par conséquent, dans le jour, il n’y a pas d’objet de cette mitzvah. L’objet de cette mitzvah commence dans le passage entre le jour et la nuit. Si je suis encore dans le jour, dire que Dieu est Un c’est dire une vérité de la Torah, mais la mitzvah du Qriat Shémâ, qui est d’affirmer que Dieu est Un malgré les apparences, n’a force de mitzvah qu’au moment précisément où ces apparences font que c’est une mitzvah.

On a ainsi décidé du temps du Qriat Shémâ depuis le soir jusqu’à minuit. Si on a laissé passé minuit, à postériori, il faut encore le dire jusqu’au matin. Mais à priori, il ne faut pas laisser passer minuit. Parce que l’objet du Qriat Shémâ est de lutter contre deux souverainetés. Le monde de notre représentation ne nous renvoie pas pas du tout à l’idée du Dieu unique Un, mais à l’idée de plusieurs absolus. L’absolu du jour et l’absiolu de la nuit.

Il y a des religions entières qui ont toujours pensé leur expérience religieuse par rapport à deux absolus de divinités. Le dieu du bien et le dieu du mal, le dieu de lumière et le dieu de l’obscurité. Le ‘hidoush de la Torah est que malgré ces apparences Dieu est Un au-delà de cette dualité.

Ce dout apparait précisément au moment d’expérience du passage de l’un à l’autre. C’est pourquoi la Torah institue que le Qriat Shémâ doit être dit chaque fois qu’il y a expérience de passage d’un monde à un autre, et à la limite au moment de la mort.

Dans ce cas le critère de la Halakha se centralise sur le moment de ce passage du jour à la nuit. Est-ce déjà au coucher du soleil ou bien à l’apparition des étoiles ?

Or, pour le Qriat Shémâ, il y a d’autres raisons plus profondes, mais en première approche, on établira que c’est à partir de l’apparition des étoiles parc que tant qu’on ne voit pas les étoiles c’est le signe que la clarté du soleil du jour précédent est encore là.

Or, comme le Shabat commence au coucher du soleil, dans la Halakha de tradition séfadite on considère que puisque le Shabat a commencé au coucher du soleil c’est valable aussi pour le Qriat Shémâ. Dés le coucher du soleil on est déjà dans le jour suivant parce que c’est Shabat ! Et donc dès le coucher du soleil on dit la Tefilah de Arvit avec le Qriat Shémâ. On doit répéter le Qriat Shémâ la nuit Al Hamitah la nuit après l’apparition des étoiles bien sûr.

Tandis que les Ashkénazim considèrent qu’il faut garder la même règle pour les jours de ‘Hol et pour les jours de Shabat. Retenez que dans la Halakha des Séfardim tous les jours de la semaine il faut quand même attendre la sortie des étoiles, mais la règle pour le jour de fête et Shabat est la même puisque la…

…/…

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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web site design 19/09/2014 10:01

The next Purim party will be conducted on March 4th. Purim is not celebrated widely as it was used to. In early days, the celebrations lasted for weeks, but now it is restricted to two days. Thanks for the share.

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