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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:41

Pourim cours 8a (1979)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pourim/cours_8

337 01

Durée : 46,5 minutes
Face A

 

…/…

 

Pourquoi cet indice de paroxysme, d’absolu ? Cette identité d’Israël, hébraïque et puis juive est traquée de toutes les manières.

 

Un midrash raconte que lorsque Dieu a voulu créer l’homme, les anges s'y sont opposés. Première étapte. Deuxième étape, lorsque veut créer Israël, tous les hommes s’y opposent. Quel en est le sens ?  

A partir du moment où une mutation apparait quelque part, elle se heurte à l’opposition radicale de tout ce qui la précède qui risque de se trouver disqualifier ´par la mutation qui apparait.

C’est l’indice que l’être qui apparait à travers l’identité Israël est bien ce que l’histoire cherche. Cet indice est la coalition de rivalité qui l’entoure.


La société israélienne apparait dans cette prétention qu’un peuple dispersé pendant 2000 ans s’érige en nation et cela déclenche 32 ans après, c'est-à-dire une demi-seconde après à l’échelle de l’histoire entière, une coalition universelle de refus.

 

Vous apprenez en biologie comment se fait la fécondation de l’ovule pour donner la première cellule : il y a des milliers de spermatozoïdes en compétition pour féconder l’ovule. Une fois la fécondation commencée, l’ovule devient imperméable à tous les autres qui disparaissent…

 

C’est ce drame-là qui se joue à l’échelle de toute l’humanité.

 

Q : Au niveau de Loth on a l’impression de cette même structure qui se développe mais pas au même niveau ?

R : Cette descendance de Loth n’est pas n’importe laquelle dans cette compétition contre Israël, c’est l’identité la plus éloignée de la sainteté d’Israël parce qu’elle était dans le principe la plus proche mais qui a échoué. Elle a d’emblée l’aspect d’une identité défigurée, impure, avec une signification messianique négative. Et lorsque Ruth vient en Israël, ce n’est pas n’importe qui. C’est cette identité là qui aurait pu réussir à partir de Loth. A l’origine ils étaient comme des frères Loth et Abraham. Les plus proches qui finalement deviennent les plus éloignés. Par conséquent, Ruth n’est pas n’importe quelle convertie en Israël. Elle est ce cas particulier de la limite de l’éloignement, qui lorsqu’elle revient en Israël a une portée universelle messianique. C'est-à-dire que pour que l’identité messianique naisse, il faut qu’elle récapitule l’universel humain. Or, la région la plus périphérique et extérieure de cette sainteté de la matrice d’Israël c’est précisément Moav et Ammon, qui dans la racine était le plus proche devenu le plus loin. Et lorsque Ruth revient ce n’est donc pas n’importe quel convertie mais celle qui peut être l’ancêtre du Mashia’h. La rédemption de l’identité Ruth a donc une toute autre portée que n’importe quelle autre neshamah rentrant en Israël. C’est un cas à part, il faut l’entendre à la racine. 

Que voulaient faire les filles de Loth ? Sauver l’humanité ! Mais ce comportement d’engendrement messianique s’est fait dans l’impureté. Et lorsqu’il y a épuration (birour) de cette quantité de sainteté enfouie et cachée dans l’impureté en question, alors il y a un moment messianique.

 

Cela se relie au problème de l’exil. Il y a nécessité d’aller là où la neshamah de Ruth se trouve pour aller la délivrer.

 

Il y a un enseignement dans la kaballah :

Mashia’h et Na’hash ont même guématria 358. Cela veut dire qu’il y a une équivalence. Le calcul est très simple mais l’équivalence s’apprend par la tradition, on ne peut pas l’inventer. C’est pour cela qu’il est interdit de faire des guématriot seul. Les raisonnements seuls sont autorisés car vérifiables par les lois de la raison. Comme les qal va’homer les raisonnements à fortiori par exemple. Parce qu’on peut vérifier seul l’authenticité d’un raisonnement. La raison vérifie. Mais l’analogie est arbitraire. C’est pourquoi la règle est « qal va’homer adam dam meatsmo » un homme peut faire un raisonnement à fortiori par lui-même. Et s’il est authentique il s’intègre dans l’enseignement de la Torah au niveau de la Torah shébéal peh.  Mais gzeira shavah, le raisonnement par analogie, faire équivaloir une notion à une autre, ein adam dam meatsmo. C’est interdit. Et là : Ein qibel merabo. C'est-à-dire que si on a reçu par tradition le sens d’une analogie alors on l’intègre dans sa Torah mais si on l’a découvre par soi-même formellement il faut toujours se méfier, on ne sait pas ce qu’elle comporte.

 

Alors je vous donne l’explication et j’espère que vous allez la comprendre : tant que la quantité d’âmes qui doit être le Mashia’h est prisonnière de l’impureté, elle devient nocive en tant que Na’hash.

 

Qu’est-il arrivé entre le premier homme et le Na’hash que l’on traduit par serpent ? Ce Na’hash en question était l’être le plus évolué avant que l’homme n’apparaisse, et une fois l’homme apparu il se trouve disqualifié ! Par conséquent, tout le processus de l’histoire humaine va commencer avec une rivalité à priori entre les forces du Na’hash et les forces de Adam.

 

Par exemple on rencontre un midrash qui nous dit tranquillement que lorsque Esaü est né il avait le sceau du na’hash marqué sur la hanche !

Un verset, ensuite intégré dans les piyoutim de la Havdalah : « Ki Lo Na’hash BeYaaqov – car il n’y a pas de Na’hash dans Yaaqov ! »

 

Cela veut dire qu’il y a une capacité d’être authentique, mais lorsqu’elle est inauthentique, elle devient rivale et antagoniste celle qui est authentique. Il y a tout un tiqoun possible, un processus historique de sauver cette quantité de sainteté devenue la plus grande impureté en la ratachant à sa source. Mais pour cela il faut qu’elle soit épurée.

En voilà un exemple avec Ruth : une étincelle de l’âme du Mashia’h qui était dans l’identité du Na’hash. Il y a alors tout un processus historique de transfiguration de cette quantité d’âmes.

 

Lorsque quelqu'un vient en Israël en disant : « c’est moi ! ».

Il y a alors deux possibilités : Timna ou Ruth.

 

La manière la plus simple de l’identifier est toujours par le biais du processus psychologique que je vous ai décrit : il y a un tiqoun au complexe Amaleq, c’est la sublimation des passions. Lorsqu’une passion est autonomisée, elle est dévastatrice, mais si on arrive à la sublimer elle s’incorpore aux côtés du bien et de la sainteté.

 

En ce qui concerne l’histoire de Ruth, je vous la décris à partir d’un verset tiré du dernier chapitre de Ruth. La méguilah de Ruth est lue à Shavouot. Le nom de Rout comprend trois des lettres du mot Torah : Resh-Vav-Tav.

 

Lorsque Naomie revient de Moav avec Ruth, la bénédiction qu’elle reçoit du peuple d’Israël qui l’accueille :

 

4.11

« Et tout le peuple qui se trouvait à la porte de la ville ainsi que les anciens du peuple (qui étaient témoins de l’arrivée de Ruth) dirent : que Dieu fasse de la femme qui est entrée dans ta maison comme Rachel et Léa qui ont construit toutes deux la maison d’Israël... »

 

On voit de suite le niveau auquel Ruth est accueillie.

 

« Et réussit à Efrat et tu auras un nom à Beit-Le’hem ».

 

Et finalement, cela annonce la naissance de David qui est le dernier nom du livre de Ruth.

 

4.12

« Et que ta maison soit comme celle de Peretz que Tamar a enfanté à Yehoudah de la semence que Dieu te donne de cette jeune fille ».

 

Dans certaines communautés, en particulier d’Afrique du Nord, on lit ces versets au moment de chaque mariage.

 

La référence à Rachel et Léa est très claire : elles ont été la matrice d’Israël à partir de Jacob. Mais pourquoi la référence à Tamar et Juda ?

 

C’est que nous avons dans l’histoire de Tamar et Juda un épisode analogue à celui des filles de Loth.

 

A partir du moment où les Toladot sont bloquées et que l’on croit qu’il y a impasse, sans suite possible, alors il y a une initiative qui est prise par la femme.

 

L’initiative prise par les filles de Loth a été dans l’impureté. Mais l’initiative prise par Tamar est du côté de la sainteté. Et cette initiative est la même que celle prise par Ruth avec Boaz.

Lorsque Naomie, sans fils à lui donner, lui parle de son parent Boaz assez âgé qui pourrait être un goel (un terme messianique qui apparait) qui pourrait la délivrer de son veuvage. C’est toute l’histoire d’Israël : Boaz et Routh. Mais il faut que la rencontre se fasse, et Boaz ne prendra pas l’initiative de la rencontre. Naomie invite alors sa belle-fille rout à prendre l’initiative.

Celle des filles de Loth est dans l’impureté absolue, on en a un modèle dans la sainteté avec Tamar et Juda. Et Ruth descendante de Moav va prendre cette initiative dans la pureté absolue, et le mashia’h pourra naitre.

 

Au niveau des enfants de Jacob, il y a deux tentatives différentes pour continuer les Toladot. Et le problème est très difficile : Jacob a eu ses enfants et maintenant les enfants d’Israël étant là, avec qui doivent-ils se marier pour que les Toladot d’Israël continuent ?

Joseph va à l’extérieur d’Israël, et Juda va lui à l’antérieur d’Israël.

On a là déjà la cristallisation en prototype du phénomène diaspora-Israël. Jospeh va à l’extérieur. Comment faire souche ? Il risque de tomber entre les mains de la femme de Putiphar.

Juda quant à lui va prendre une cananénne qui lui donne trois enfants qui ne peuvent pas avoir d’enfant ! Il y a une sorte de blocage, une impasse. Tamar prend l’initiative de s’allier à Juda et il en naitra Peretz. 

 

Le texte relie tous ces thèmes d’identités.

Nous en revenons à notre conclusion :

Si c’est Timnâ, alors il en sort Amaleq, mais si c’est Rout, il en sort le roi David ! 

Quel est finalement le critère différentiel entre Timnâ et Rout ? Timnâ veut imposer son identité alors que Rout veut adopter l’identité d’Israël. Et avec le retour de Ruth c’est la lignée de Loth qui est sauvée. Pourquoi David sera-t-il l’ancêtre du mashia’h ? Parce qu’il procède de cette alliance entre l’identité humaine qui représente l’universel absolu le plus loin d’Israël, mais qui à la racine était le plus proche par Loth. Ce n’est pas de n’importe quelle convertie (giyoret) que peut naitre le mashia’h, mais de Ruth seulement. Et cela prend le temps que cela prend, et les données du problème sont mises en place.  

 

Il faudra éclaircir cela par les données de Juda et de Tamar mais vous remarquez l’importance du fait que la bénédiction donnée à Ruth se réfère à Tamar et Juda, parce qu’effectivement, Ruth a pris la même initiative. Relisez le livre de Ruth, on y voit Boaz stupéfait de ce qui arrive. Elle existe. De la même manière qu’Eliezer était stupéfait lorsqu’il voit Rivqah. Elle existe. Chaque fois il y a cette attente et cette inquiétuide et cette stupéfaction que finalement cela va pouvoir continuer.

 

Selonle midrash Tamar était la fille de shem, la racine la plus indifférenciée de la lignée d’où sort Abraham. Juda dans sa première tentative archaïque s’allie avec l’antérieur d’Israël à l’intérieur des frontières d’Eretz Israël, mais étant un produit déjà élaboré il est stérile. Il faut revenir à l’antérieur le plus indifférenciée pour qu’il y ait fécondité. Effectivement, cette histoire se dénoue dans le livre de Bereshit qui nous parle de l’histoire du mariage de Jospeh interrompue par l’histoire du mariage de Juda pour oppsoer les deux tentatives. Celle de l’extérieur avec Joseph qui est le prototype du juif de diaspora avec tout son problème – et celle de l’interieur avec Juda qui est le prototype de l’identité hébraïque à l’intérieur des frontières d’Israël. Cette lutte des deux tendances Joseph-Juda continue jusqu’à nous. Toutes ces tendances contraires au projet Juda viennent de l’identité Joseph.

Jusqu’à ce que cela se dénoue. Nous connaissons la solution de ce conflit dont nous sommes probablement en train d’en vivre les derniers moments.

Quand finalement il se dévoile que Tamar va être enceinte de Yehoudah alors il dit :

« Tsadeqah mimeni » que l’on traduit par « elle est plus juste que moi ».

Cela veut dire tout à fait autre chose :

« Tsadeqah mimeni » c’est de moi qu’elle est devenue tsadeqah (tsadeqet) !

Et vous savez que dans le langage de la Torah, le tsadiq a pur totem le palmier.

« Tsadiq kitamar Riffla’h » Pour dire le tsadiq on prend l’image du palmier, il y a des raisons pour cela. Le verset est très clair. Elle s’appelle Tamar, et Juda la déclare tsadiq grâce à lui : elle n’a pas pu avoir d’enfant avec son premier.né er, ensuite avec Onane le deuxième, et le troisième nous sommes averti par la Torah que sans être marié il ne peut pas avoir d’enfant – c’est la stérilité qui vient du mariage avec la cananéenne. Les enfants ont eu pour femme Tamar, alors finalement Juda a pris l’initiative de faire lui l’enfant de la suite des engendrements. Mais cela n’aurait pas abouti si Tamar n’avait, elle, pris l’initative. Il attend qu’elle prennen l’initiative, personne d’extérieur à la scène ne comprend rien à ce qui se passe. Finalement va naitre Peretz ancêtre de Boaz qui attend que Ruth revienne de l’extérieur…

 

Cela se rattache à un grand thème : à chaque étape des mutations d’identité menant jusqu’au mashia’h, l’initiative vient des femmes qu’on appelle « nashim tsadqaniot ». Et l’histoire de Tamar en est l’histoire la plus exemplaire.

 

Par exemple, lors de la sortie d’Egypte la persécution était telle que les chefs d’Israël ont décidé de ne plus enfanter. Amram père de Moïse à venir décide le suicide cosmique. Si l’histoire devient invivable on l’arrête. (En général, cela débloque quelque chose là-haut et cela continue…)

Alors il y a une initiative de Amram, chef de la tribu de Lévi, de se séparer de sa femme et d’arrêter les engendrements. Il avait sa fille Myriam et son fils Aharon, qui était dit le midrash A’haron, le dernier des enfants d’Israël. Myriam a un rêve qu’elle raconte à son père : le mashi’ah doit naitre mais son père l’empêche de naitre par sa décision ! Paro n’enlève aux Bnei Israël que ce monde-ci et non le monde à venir. Mais Amram qui les empêche de naitre dans ce monde-ci leur enlève également le monde à venir !  

Amram en fut convaincu, reprit sa femme en mariage. C’est pourquoi le texte dit :

Shémot 2.1

א וַיֵּלֶךְ אִישׁ, מִבֵּית לֵוִי; וַיִּקַּח, אֶת-בַּת-לֵוִי  

« Vayelekh Ish MiBeit Lévi Vayiqa’h et Bat Lévi… »

Et Moïse est né.

L’initiative vient de Myriam. Comme l’initiative est venue des filles de Moav dans l’impureté, de Tamar dans la sainteté et de Ruth dans la messianité.   

 

D’autre part, un texte très clair du début de l’Exode :

Il y avait le décret de Paro selon lequel tout enfant hébreu serait jeté dans le Nil, mais les sages-femmes d’Israël sont parvenues à les sauver. D’après le midrash ces sages-femmes étaient la mère et la sœur de Moïse. A chaque fois les intiatives viennent des nashim tsadqaniot.

 

Un dernier midrash :

Au moment de la construction des ustensiles du tabernacle, Dieu demande à ce que le bassin des ablutions de purification des prêtres avant les sacrifices temples soit fabriqué à partir des miroirs des femmes.  Moïse est étonné ! Hamarot Hatsorot ? Cet instrument du diable (le maquillage) !?

Dieu lui répond : c’est grâce à ces miroirs qu’il y a encore le peuple d’Israël. Lorsque les hommes hébreux revenaient des travaux forcés, leurs femmes se faisaient belles pour eux dans ses miroirs et il y avait des enfants… Sans ces miroirs, il n’y aurait pas eu d’Israël. Donc c’est avec ces miroirs de l’initiative des femmes que fut fabriqué le kiyor…

 

***

 

Nous avions parlé d’Amaleq. Je vous avais cité la source dans Bereshit, l’origine de l’identité d’Amaleq. Il y a bien sûr un peupe historique bien pecis, descendant d’Essav et qui est Amaleq.

Ce mot d’Amaleq, au-delà de la définition proprement géographique ou géopolitico-historique du peuple précis qu’étaient les Amaléçites, a fini par servir pour désigner tout ennemi extrême d’Israël. Nous sommes à une époque où il n’est pas nécessaire que les identités typologiques désignées de cette manière soient les descendants historiques directs des peuples concernés, puisque c’est leur équation d’identité qui est ainsi désigné. Par exemple, si vous entendez dire des Allemands ou des ennemis d’Israël que c’est Amaleq, cela dépasse la définition proprement géopolitique. Malgré tout, on apprend d’autre part que quelque soit les changements d’identité des peuples à travers les siècles et les millénaires, c’est finalement concrétement cette même identité-là qui se trouve camouflée derrière telle ou telle apparence politique.

 

Il faut surtout retenir qu’Israël depuis le début de son histoire est soumis à toute une série de rivalités, mais il y a une rivalité particulière qui est la plus grave et la plus dangereuse et la plus radicale, celle qui a pour objectif l’anéantissement d’Israël avec le projet d’en prendre la place. Il est bien évident que la premiére souche de cette rivalité c’est Essav. Nous l’avons rencontré dans l’histoire de différentes manières avec Rome dans les deux niveaux de son histoire, Rome païenne et Rome chrétienne.

 

Dans le livre de Bereshit, l’étude de l’identité d’Ishmaël et le problème de la rivalité d’identité entre Ishmaël et Its’haq, l’identification est très claire. Il est bien évident pour tous, quelque soit les péripéties très particulières que cela a pris dans l’histoire, que Ishmaël va donner la civilisation de l’islam. Et la rivalité de l’islam par rapport à Israël est une donnée historique très claire.

 

La rvalité de l’islam n’a pas été tellement théologique mais surtout politique vis-à-vis d’israël, avec comme objet de rivalité la terre d’Israël. Ishmaël n’a jamais denié à Israël son identité d’Israël, au niveau théologique les élites de l’islam ont toujours respecté la théologie d’Israël comme supérieure à la leur puisque lui ayant donné naissance. On retrouve cela en particulier dans certaines époques de l’âge d’or espagnol où il y avait des contacts entre les élites musulmanes et juives, dans une relation de respect des premiers pour les seconds. Cela a été une rivalité d’ordre politique, en particulier avec ce qui se dévoile de notre temps et que la Torah déjà raconte avec la contestation de l’héritage de la terre promise à Abraham, entre Ishmaël et Its’haq.

 

A travers les siècles, dès l’apparition de l’islam, l’islam a toujours refusé aux juifs, où que ce soit qu’ils aient vécu, en particulier en Israël, l’indépendance (ou l’égalité) politique. Mais toujours dans cette situation de respect au niveau théologique. C’est une légende de croire qu’il n’y a pas eu de persécutions politiques des Juifs dans le monde de l’islam.

 

Alors que dans le monde chrétien, la rivalité de Essav par rapport à Israël est dans un autre sens. A la limite il peut avoir reconnaissance des droits politiques des Juifs. C’est arrivé finalement vers les derniers siècles de l’histoire de la civilisation occidentale. Les pays de civilisation chrétienne ont finalement donné l’égalité politique aux Juifs, mais la contestation est au niveau théologique, au niveau de l’identité « Israël ».  Il a fallu bien sûr que les pays occidentaux se déchristianisent pour arriver à l’égalité des droits civiques donnés aux Juifs par exemple. La première fois où un pays occidental s’est déchristianisé et où la conscience chrétienne n’était plus souveraine politiquement que les droits d’égalité ont été donnés aux Juifs et cela s’est passé en France d’abord.

 

Mais finalement, on voit que la contestation de la part de Essav est plus une contestation d’identité pour savoir qui est Israël plutôt qu’une contestation d’ordre politique. C’est bien partagé : d’un côté on nous refuse la terre, et de l’autre on nous refuse le ciel… Il nous reste donc l’horizon.

Ce qui a d’ailleurs donné aux Juifs sa capacité de prospective.

 

La souche de cette rivalité Amaleq prend racine dans l’identité d’Essav. Amaleq est un descendant d’Essav. Fils d’Elifaz fils d’Essav. Avec pour particularité que l’objectif d’Amaleq est d’éliminer Israël, l’annuler et se mettre à sa place.

 

Je vous donne une phrase de Mein Kampf qui m’a frappée où il dit très clairement que l’avenir de l’Allemagne ne peut ëtre fondée sur 1000 ans que si elle se met à la place d’Israël et que le peuple juif soit annulé.

 

Chaque fois que nous rencontrons cette identité dans l’histoire et dont le programme est d’annuler Israël pour se mettre à sa place, il y a résurgence de l’identité Amaleq. Or, la première fois qu’Amaleq apparait dans l’histoire d’Israël en tant que peuple c’est au moment de la sortie d’Egypte, et c’est le passage qui est lue en tant que parashah de Pourim. La guerre avec Amaleq est menée par Yehoshoua.

 

Vous avez appris dans les dinim que Pourim à Jérusalem se fait le 15 et non pas le 14. Il y a eu jour de fête le 14 Adar dans toutes les villes mais à Shoushane la capitale la fête a continué le lendemain. L’expression de la guémara pour dire que dans toutes les villes entourées de murailles au temps de ces événements, on adoptera le même statut que à Shoushane (Pourim le 15 et non pas le 14)

Normallement la formule employée par la Halakha pour désigner ces villes ‘Hakhim Moukafim : les villes fortifiées, normallement la formule est  « Bimei A’hashverosh - au temps de A’hashverosh ».

 

Mais pourtant dans la mishna nous avons « moukafim be’homa bimei yehoshoua bin noun ». Retenez bien ce problème. La formule traditionnelle des villes entourées de murailles c’est au temps de Josué. Alors qu’historiquement la formule devrait être – on la trouve dans certaines beraïtot – au temps d’Assuérus. On va étudier ce premier point, pourquoi on a changé de formule.

C’est d’abord un problème d’étude pure : la mishna nous parle du Shoushane Pourim et donc Jérusalem est dans ce cas avec d’autres villes considérées comme entourées de murailles déjà au temps de Josué. Je n’étudierais pas avec vous le détail de la discussion de la Guémara qui nous prendrait trop de temps dans le detail, mais je vous schématise le problème :

 La formule est les villes entourées de murailles au temps de Yehoshoua Bin Noun. Or, on s’attendrait à ce que ce soit les villes entourées de murailles au temps de A’hashverosh !

 

La Mishna dit « Bimei Yehoshoua Bin Noun » et la Beraïta dit au nom de Rabi Yehoshoua Ben Kor’ha : « Bimei A’hashverosh ». Il y a toute une discussion. On trouve effectivement dans le livre de Dévarim qui parle des problèmes de la préparation de la rentrée dans le pays sous la direction de Josué un verset qui indique la présence en ce temps-là de villes fortifiées et entourées de murailles en Eretz Kenaan. Puisque le même mot est employé dans la Meguilat Ester et dans le livre de Dévarim à propos de Josué pour dire les villes entourées de murailles on fait donc une analogie et puis on établit que la formule doit être : les villes entourées de murailles au temps de Josué.

Et si dans le monde entier il y a une ville qui était entourée de muraille au temps de Josué on fait Shoushane Pourim au lieu du Pourim habituel.

 

La raison essentielle donnée par la Guémara au sujet de changement de formule ne faveur de Yehoshoua Bin Noun: « Pour donner la préseance à Eretz Israël. »

Et cette discussion se trouve dans le Talmud Babli, c’est-à-dire les descendants des communautés qui déjà en ce temps-là n’étaient pas rentrées en Israël.

 

Lorsque nous avions étudié la guémara de Ketouvot je vous l’avais signalé parce que c’est une question qui vous préoccupe mais c’est uniquement la familiarité avec les textes qui vous permettra de le voir par vous-mêmes, l’honnêteté du Talmud de Babylone qui reconnait la préséance d’Eretz Israël. La question vous préoccupe puisque comment se fait-il que ceux-là mêmes qui étaient restés à Babel et n’avaient pas voulu monter en Eretz Israël reconnaissent-ils que c’est en Eretz Israël qu’il faudrait être ?

 

La raison global donnée c’est « Latet kavod leEretz Israel ». C’est encore une formule très générale.

J’ajoute deux points :

Le premier point est que cela se rattache à Yehoshoua Bin Noun qui commence la guerre contre Amaleq. Par conséquent, en réalité ce problème que raconte le livre d’Esther de la lutte et de la délivrance contre Amaleq c’est déjà au temps de Yehoshoua Bin Noun, ou que d’une certaine manière ces événements auraient pu se passer au temps de Yehoshoua Bin Noun. C’est un problème qui commence en réalité à ce temps-là.

 

Livre de Shémot - Beshala’h au chapitre 17 :

.../...

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Published by Phil O'Semith - dans CALENDRIER & FÊTES
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