Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 16:10

Pessah. La Hagada, l'être père et l'être fils (1987)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pessah_la_hagada_l_etre_pere_et_l_etre_fils/cours_2

Face D

.../... 


 

Parce que « tous les jours de ta vie » et « les jours de ta vie » équivalent au même nombre de jours ! Et cependant le verset emploie apparemment un mot supplémntaire, un mot de trop (kol), il a dit : « tous les jours de ta vie ». C’est donc par conséquent pour inclure quelque chose de l’ordre du jour bien que n’étant pas le jour, et il ne peut y avoir qu’une seule réponse, cela ne peut être que la nuit aussi. Et voilà donc le Drash de Ben Zoma :

Puisque le verset porte : kol yemey ‘hayeykha, et pas seulement yemei ‘hayeykha alors nous pouvons dire de la manière suivante :

yemey ‘hayeykha, ce serait les jours et donc la liturgie du jour , mais  kol yemey ‘hayeykha tous les jours pour y inclure aussi les nuits.

 

Le raisonnement est absolument irréfutable du point de vue de la méthode talmudique. Chaque emploi d’un mot qui semble inutile pour le sens direct du verset est employé pour inclure quelque chose de plus. Mais ce qui est inclus ne peut pas être d’une autre nature que l’ensemble dans lequel il s’inclut. Par conséquent, kol yemey ‘hayeykha signifie bien évidemment tous les jours de ta vie, les nuits y compris. 

 

Voilà donc comment Ben Zoma met en évidence la base de cette décision de la  Torah shébe alpeh que l’on mentionne la sortie d’Egypte non pas seulement pendant la journée mais aussi pendant la nuif.

 

Je reprends l’explication du début :

Que signifie ce fait de décider de mentionner un événement de délivrance du passage de la nuit au jour dans le temps exactement inverse du passage du jour à la nuit ? C’est au niveau de l’expérience spirituelle un acte de foi, c’est un engagement qui est de la nature de l’acte de foi : bien que nous sommes dans un temps où il semblerait que la sortie d’Egypte a perdu son importance, sa conséquence, son effectivité, qui a consisté à faire accéder Israël à l’indépendance et la liberté, bien que nous sommes de nouveau entrés dans un temps qui est un temps de la nuit, il faut mentionner l’impotance de l’événement lui-même. C’est dire que quelque soit les apparences il n’a pas perdu son effectivité.

 

La Mishnah poursuit :

‘Hakhamim omrim : l’ensemble des sages interprêtaient ce verset de la manière suivante :

yemey ‘hayeykha les jours de ta vie c’est Olam Hazeh. Si le verset avait comporté uniquement yemey ‘hayeykha les jours de ta vie c’est pour nous enseigner que pendant tout le temps du monde présent Olam Hazeh qui s’achève aux temps messianiques, il faut mentionner la sortie d’Egypte. Et kol yemey ‘hayeykha tous les jours de ta vie, c’est pour nous enseigner que même après le temps de la venue du Messie, même après la délivrance des temps messianiques, et la venue du Messie, il faudra aussi mentionner aussi la sortie d’Egypte.

 

Nous avons donc-là deux systèmes d’explications qui ne se recoupent pas du tout. Nous n’aurons pas le temps d’essayer de les faire se coïncider vraiment. Je mets simplement en évidence comment ces deux ensembles de significations se recoupent quand même en partie. 

 

D’après les ‘Hakhamim pour qui il faut faire la mention de la sortie d’Egypte pendant tout le temps de Olam Hazeh, cela veut dire tous le temps de l’exil présent. Par conséquent, la signification profonde de l’enseignement des ‘Hakhamim renferme et implique un peu l’enseignement de Ben Zoma qui a dit : pendant tout le temps du Olam Hazeh, il faut mentionner le jour et la nuit. Tandis que les ‘Hakhamim disent : pendant tout le temps du Olam Hazeh il faut mentionner le jour, pendant tout le temps où nous sommes encore dans ce monde-ci en exil, jusqu’aux temps où le Messie arrive. Mais les ‘Hakhamim ont ajouté : et aussi après.  

 

C’est pourquoi la Guémara veut mettre en évidence qu’en réalité la controverse entre eux est ailleurs !

 

Ben Zoma pense que le caractére important de la mention de la sortie d’Egypte ne porte que pendant tout le temps de ce monde-ci et qu’à partir du moment où le Messie viendra à la fin des temps de l’exil, de ce monde-ci, alors l’importance de la sortie d’Egypte sera annulée ipso facto. On sera occupé à une liturgie de commémoration beaucoup plus importante. C’est-à-dire la commémoraiton de la délivrance de tous les 2000 ans du temps de l’exil du temps de Jacob.

 

Effectivement, c’est là que nous alllons aborder la Guémara.

On enseigne :

Voici ce que Ben Zoma a objecté aux ‘Hakhamim :

« Pensez vous vraiment qu’on va encore se souvenir de la sortie d’Egypte après la venue du Messie ? » N’est-il pas écrit (dans Jérémie 23.7-8 qui est cité à l’appui de cette thèse):

לָכֵן הִנֵּה-יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יְהוָה; וְלֹא-יֹאמְרוּ עוֹד חַי-יְהוָה, אֲשֶׁר הֶעֱלָה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

כִּי אִם-חַי-יְהוָה, אֲשֶׁר הֶעֱלָה וַאֲשֶׁר הֵבִיא אֶת-זֶרַע בֵּית יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ צָפוֹנָה, וּמִכֹּל הָאֲרָצוֹת

« Hineh Yamim Ba'im... v'Lo Yomru Od... Asher He'elah Benei Yisrael me'Eretz Mitzrayim Ki Im... Asher He'elah... me'Eretz Tzafonah umi'Kol ha'Aratzos"! »

 « voici des temps viennent », c’est confirmé par la révélation d’Hashem, et on ne dira plus « ‘Hay Hashem Vivant est le Seigneur qui a fait monté  la maison d’Israël du pays d’Egypte, mais on dira : Vivant est Hashem  qui a fait venir la maison d’Israël meEretsTsafonah du pays du Nord oumikol laaratsot et de tous les pays du monde ? »

 

[En ce temps-là le pays du Nord il s’agisait de Babel et de tous les pays ie. tous les pays de la diaspora de l’époque. Mais très rapidement la dimension géographique de cette aire de la diaspora s’est étendue et dans la tradition postérieure on a attribuée cette prophétie d’Isaïe dans les limites les plus extrêmes. Les pays du nord : les pays du nord et mikol laaratsot es autres pays.

Tout se passe comme si nous sommes en train de vivre un peu cette expérience qu’ont eu les prophètes que, dans tous les cas, l’exil d’un des pays qui se trouve au nord est plus difficile à obtenir et réaliser que ceux de tous les autres pays à la fois. C’est un secret pour personne que la tradition contemporaine, les rabbins contemporais lisent ce verset des pays du nord comme se référeant aux pays du nord de l’Europe, d’où la fin de l’exil semble être si difficile à obtenir, oumikol laaratsot et de tous les autres pays, ce sont les autres pays]

 

Là où Je les ai exilé.

 

Voici donc la thèse de Ben Zoma : Déjà les prophètes ont prophétisé qu’il arriverait un temps où l’impact de la délivrance serait tel que la mention de la sortie d’Egypte deviendrait mineure par rapport à l’importance de l’événement qui serait vécu en fin des temps. C’est au fond par le fait que nous sommes en train de vivre certains événements, nous croyons qu’ils sont moins importants que les événements qui nous semblent vénérables par le temps du passé ou par le temps de la mémoire. Mais très probablement, si nous vivons ces événements évoqués par les prophètes et ici Jérémie, cela signifie que ces événements que nous sommes en train de vivre ont une importance liturgique plus grande que les événements de la sortie d’Egypte.

 

Opourrait aussi d’ailleurs inverser la remarque : Ces événements terribles que nous avons vécu depuis une génération, et dont nous sommes en train de vivre les conséquences avec toutes leurs péripéties, se sont aussi déjà passés une fois dans un autre moment de passage d’un temps à un autre temps, c’est-à-dire au moment du Pessa’h de l’Egypte. C’est la distance considérable qui nous sépare de cet événement qui nous a fait oublier  qu’il s’agissait véritablement d’événements historiques et non pas seulement des événements mythiques, comme trop souvent on l’a pensé jusqu’à la période d’expérimentation dans laquelle nous sommes ou nous voyons de nouveau que des événements de cet ordre se passent. Et que par conséquent, la première fois non plus, il ne s’agissait pas d’événements d’ordre mythique, mais bien d’événements d’ordre historique.

 

Je crois que les 2 manières de voir le problème se complètent l’une l’autre.

 

De la même manière que nous expérimentons maintenant que la sortie d’Egypte a vraiment été de l’histoire, de la même maniére nous devons voir maintenant que les événements que nous vivons ont aussi la signification de ce qui s’était passé au temps de la sortie d’Egypte. Mais lorsque l’on vit l’événement alors on a tendance à ne pas s’en rendre compte.

 

Réponse des ‘Hakhamim à l’argument de Ben Zoma :

 

«Cela ne signifie pas que l’événement de la sortie d’Egypte sera arrachée (de là où elle se trouve comme importance liturgique - ce n’est pas qu’on n’annulera pas l’importance liturgique de la sortie d’Egype) mais c’est que Shiaboud malkhoyiot l’expérimentation de la délivrance des impérialismes (sur Israël et des nations entre elles) sera telle que l’essentiel de la commémoraiton de la délivrance sera des événements plus récents et que la référence à la sortie d’Egypte deviendra seconde par rapport à cet événement nouveau... »

 

Nous avons ici une Guémara – un texte trés ancien - qui déjà prévoit que Israël aura à vivre un événement de délivrance non seulement du même ordre que celui de la sortie d’Egypte mais encore d’une portée plus considérable. C’est ainsi que les ‘Hakhamim remettent le problème en place dans leur réponse à Ben Zoma.

 

Au niveau de la Guémara il faut bien comprendre l’accent mis sur le fait que l’événement de la sortie d’Egypte a une importance telle que même après la venue du Messie on se le rappellera encore. Alors que dans l’enseignement de Ben Zoma, l’événement de la sortie d’Egypte ne semble avoir de portée que tout le temps de ce Monde-ci ; et pour la même raison par conséquent, il a à être commémorer dans le temps de la nuit, dans le sens un peu de l’explication citée précédemment : c’est que revenus dans le temps de l’exil on aurait pu croire que le caractère effectif de cet événement se serait estompé, et on nous répond négativement : la sortie d’Egypte est irréversible quelque soit les apparences dans les péripéties historiques postérieures.

 

C’est là que la Guémara va reprendre le sujet général :

En effet, les ‘Hakhamim vont citer une comparaison de cette proposition que il arrivera un temps où une commémoration postérieure prendra le pas sur une commémoration antérieure. Et que lorsque le prophète dit « on ne dira plus... » cela ne veut pas dire « on ne dira plus du tout... » mais cela signifie qu’on mettra l’accent sur l’événement postérieur et non plus sur l’événement antérieur.

 

Je reprend le verset de Jérémie pour que vous puissiez entendre tout à l’heure la force du raisonnement qui sera cité par le cas analogue que cite les ‘Hakhamim. Le verset de Jérémie dit :

« Lo yomrou od ‘hay Hashem » « On ne dira plus encore vivant Hashem » retenez ce terme de Od.

‘Hazal citent le verset 35.10:

 לֹא-יִקָּרֵא שִׁמְךָ עוֹד יַעֲקֹב, כִּי אִם-יִשְׂרָאֵל יִהְיֶה שְׁמֶךָ

Lo Yikarei Shimkha Ôod Yaaqov Ki Im-Israël Yihyeh Shimekha

« ton nom ne sera plus Jacob Od Yaaqov mais Yisraël sera ton  nom »

 

Et nous retrouvons notre sujet de base de toute cette Souguia qui était la référence à la personalité du patriarche Jacob. Effectivement, quand Jacob a changé de nom, le verset dit ceci de Jacob:

« ton nom ne sera plus Jacob - Od Yaaqov - mais Yisraël sera ton  nom »

 

‘Hazal continuent dans leur explication:

 

«  Cela ne signifie pas que le nom de Jacob sera arraché-annulé mais que le nom Yisraël deviendra le nom essentiel et le nom de Jacob deviendra mineur par rapport au nom d’Israël.

 

On voit de suite la comparaison du raisonnement et surtout l’analogie des contenus, parce que nous allons apprendre un peu plus loin par un autre verset que cite la Guémara que Israël ne s’appelle Israël que lorsqu’il n’est plus en exil, et que lorsqu’il est en exil de nouveau il s’appelle Jacob.

 

Le verset en parlant de l’identité de Jacob nous annonce une mutation d’identité qui se réalise par le changement de nom : Jacob devient Israël mais voilà que le texte l’appelle encore Jacob. Et cela ne signifie pas que le nom de Jacob disparait complétement. Jacob est devenu Israël mais il peut arriver qu’il redevienne Jacob.

 

Le raisonnement dans la forme mais surtout dans son contenu nous donne la signification même de l’enseignement que voulait nous donner la Mishnah déjà et la Guemraha ensuite :

 

Bien que nous soyons retournés dans la nuit et dans l’exil, malgré tout le nom que nous avons à la sortie d’Egypte est acquis de façon définitive bien qu’il y ait une sorte de chute, une sorte de retombée au niveau Jacob.

 

En effet, plus loin le verset (Gn. 46.2) que cite la Guémara dite pour cela:

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְיִשְׂרָאֵל בְּמַרְאֹת הַלַּיְלָה, וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב יַעֲקֹב

Vayomer Elohim léYisraël Bémaréot Halaïlah Vayomer Yaaqov Yaaqov

Et Dieu dit à Israël dans les visions de la nuit et il dit Yaaqov, Yaaqov »

 

Le verset par lequel nous apprenons que Israël peut de nouveau être appellé Jacob n’est pas n’importe quel verset. La Guémara cite un verset très précis. C’est lorsque Dieu s’adresse à Israël dans la nuit. Et Israël dans la nuit c’est Jacob, et Israël dans le jour c’est Israël.

 

Voilá quel est le 1er enseignement. Et la Guémara va encore aller beaucoup plus loin : elle nous dit

Et il y a aussi un autre enseignement dans les prophètes. Cette fois dans le prophète Isaïe 43.18 :

אַל-תִּזְכְּרוּ, רִאשֹׁנוֹת; וְקַדְמֹנִיּוֹת, אַל-תִּתְבֹּנָנוּ

Al-tikrou rishonot VéQadmoniot al-tidbonénou : Ne vous souvenez plus des premiers événements et ne réfléchissez plus aux événements antérieurs. »

La Guémara dit : Al-tikrou rishonot  Voici dans quel temps Isaïe se situe, dans un temps beaucoup plus postérieur encore: ne vous souvenez plus des premières choses – Zeh Shiabud Malkhouyiot -  c’est-à-dire la fin de l’oppression des nations – les temps messianiques. Il arrivera un temps que le prophète prévoit et où cela sera tellement dépassé par les événements qui viendront après la venue du Messie que le prophète nous dit : « Al-tikrou rishonot : « et nous vous souvenez plus du temps où le Messie était arrivé : 5728 ! » VéQadmoniot al-tidbonénou - Et les choses antérieures n’y réfléchissez plus - Zeh Yetsiat Mitsraïm - C’est la sortie d’Égypte. ».

 

Suite du verset de Isaïe (43.19):

הִנְנִי עֹשֶׂה חֲדָשָׁה עַתָּה תִצְמָח

Hinéni Aasseh ‘Hadashah Âtah Titsma’h

«Voici que je fais encore une chose nouvelle » :

 

C’est déjà depuis maintenant qu’elle est en train de germer dit Isaïe. Et la Guémara (Brakhot 13b) enseigne : il s’agit de la guerre de Gog et Magog.

 

Rav Yossef - Beraïta:

"Hinéni ôsseh ‘Hadashah âtah Titsma’h" – ceci se réfère à la guerre de Gog et Magog.

 

On voit donc les différentes étapes :

 

1-      Il y a eu d’abord la sortie d’Egypte. Yetsitat Mitsraïm. « Il était une fois la sortie d’Egypte… » Et nous sommes dans tout le temps de Olam Hazeh où l’événement de la sortie d’Egypte est le souvenir focal  et dominant. Et puis viendra un temps de la délivrance lors de l’achèvement du Olam Hazeh qui est…

 

2-       La délivrance de l’oppression des nations. Yémot Hamashia’h. Au temps de Yemot Hamashia’h  on sera occupé à commémorer Yemot Hamashia’h et la sortie d’Egypte on s’en rappelera quand même mais plus avec autant de référence directe. Cette fois le deuxième verset d’Isaïe va encore beaucoup plus loin. Après le temps du Messie, il va arriver…

 

3-      La délivrance d’un danger plus grand. tel que à postériori mêmes ces événements que nous auront eu à vivre au temps du Messie s’estomperont, et à plus forte raison l’événement de la sortie d’Egypte. Et la Guémara tranquillement mentionne la guerre de Gog ouMagog

 

(a)   Et voilà l’exemple qu’elle nous donne :

« A quel processus cela ressemble-t’il ? A un homme qui se promenait sur le chemin, et il a rencontré un loup. Il a été sauvé du loup, alors il racontait l’histoire du loup. Un lion l’a rencontré, iI a été sauvé de lui, alors il racontait l’histoire du lion et non plus l’histoire du loup. Un serpent l’a rencontré, il a été sauvé de lui, alors il a oublié le lion et le loup et racontait l’histoire du serpent.

De même Israël. Les derniers malheurs font oublier les premiers. »

 

C’est la 1ère partie de la Guemara :

Le souvenir de la sortie d’Egypte garde son effectivité même lorsque dans le temps de ce monde-ci on est revenu à la nuit. C’est la force de l’opinion de Ben Zoma. Mais nous disent les ‘Hakhamim: sachez que vont arriver des événements de salut tels que le souvenir de la sortie d’Egypte ne sera pas complétmeent oublié mais deviendra mineur par rapport à l’importance des événement que nous auront à vivre. Et le postulat d’explication que nous avons pris c’est que nous y sommes, nous vivons en plein ces événements. Or, la Guémara va encore plus loin et dit : même aussi encore après cela, il arrivera des événements encore plus important de telle sorte que même ce temps que nous appelons l’arrivée du Messie deviendra lui-même aussi mineur. 

 

(b) "Avram Hou Avraham - Avram c’est Avraham » – au début il était Av (patriarche) de Aram (où il est né) ; ensuite, il est devenu Av du monde entier ("AV HaMon Goyim");

(c) "Sarai" (singulier) – au début, elle était princesse de sa nation; ensuite, elle est appelée "Sarah", princesse du monde entier.

(d) (Bar Kapara - Beraïta): Celui qui apelle Avraham "Avram" transgresse un Asseh -- "v'Hayah Shimkha Avraham".

(e) R. Eliezer a dit : il transgresse une loi: "v'Lo Yikarei Od Et Shimkha Avram."
(f) Objection: S’il en est ainsi, celui qui appelle Sarah "Sarai" transgresse aussi!
(g) Réponse: Hashem seul a ordonné Avraham (mais pas nous) de l’appeller "Sarah" et non "Sarai" ("Sarai Ishtekha Lo Sikra Et Shemah...").

(h) Objection: S’il en est ainsi, il devrait être interdit de nommer Yaaqov "Yaaqov"!
(i) Réponse: Ce n’est pas le cas, car la Torah elle-même [parfois] appelle Yaaqov par la suite : "va'Yomer Elohim... Yakov Yakov."

(j) Objection (R. Yossi bar Avin): On trouve "Avram" plus tard dans le Tanakh -- "Ata Hou Hashem Elohim Asher Bacharta b'Avram"!

(k) Réponse: Ici, le Navi loue Hashem pour avoir choisi [Avraham tandis qu’il était toujours appelé] Avram et changer son nom.

 

2ème partie de la Guémara :

La Guémara va revenir sur ce problème de la mutation qui fait qu’il y a eu un seuil irréversible et que malgré tout la référence à l’état ancien est comme nous allons le voir soit possible et souhaitable, soit  impossible et non souhaitable. La Guémara va nous faire comprendre qu’il a deux ordres d’événements dans cette dialectique qu’il a entre le nom nouveau et le nom ancien, entre l’événement ancien et l’événement nouveau.

 

1er enseignement :

« Abram hou Avraham ». Abraham c’est lui-même qui est Avraham, mais d’abord il était le père d’une nation en particulier, la nation de Aram, à laquelle se réfère l’identité familiale de la famille d’Israël. Arami ôved avi : nous sommes si vous voulez de floklore araméen d’abord. Donc Abraham était d’abord le père de Aram et par la suite il est devenu Av lekhol Haolam koulo le père de l’humanité toute entière. Par conséquent, il y a là une mutation extrêmement importante.

Voici quelle est la logique de la Guémara : nous parlons de ces mutations qui nous mènent par exemple du stade Jacob au stade Israël. Et puis nous avons appris qu’il est possible de redevenir Jacob tout en restant Israël, bien qu’il y ait une différence de niveau. Est-ce vrai dans tous les cas des mutations qui ont données lieu à l’identité d’Israël ? Alors reprenons les choses par leur commencement semble nous dire la Guémara : premiérement le cas Abraham.

Dans le cas d’Abraham : il était d’abord le père d’une nation particulière – nationaliste strict si vous voulez - et ensuite il est devenu Abraham à l’échelle universelle.

 

De la même manière Saraï c’est Sarah. D’abord elle était la princesse de son propre peuple.

« Saraï » signifie « ma princesse ». Et ensuite elle a été faite « la princesse » pour l’humanité toute entiére. Les versets sont cités por aboutir à la mise au point suivante.

 

« Bar Qapara enseigne : tout celui qui va nommer Avraham de nouveau Avram transgresse une obligation de la Torah ».

 

Il y a avait tout d’abord l’identité d’Avram à une échelle spécifique, singulière. Uniquement notre Abram à nous. Et puis maintenant ce même Avram est devenu Avraham à l’échelle de l’humanité en général, dans un élargissement à l’universel. Et la Guémara nous dit : celui qui revient en arrière transgresse la loi. Il est interdit de restreindre l’envergure du nom de Avraham de nouveau au nom de Avram seulement.

 

Il y a deux opinions :

Bar Qapara dit qu’on transgresse un commandement positif puisqu’il y a écrit : « Et sera ton nom Avraham ». Rabbi Eleazar dit : on transgresse un commandmeent négatif puisqu’il est dit : « Et ton nom ne sera plus Avram... »

Alors on pourrait se dire que pour Saraï et Sarah c’est aussi la même chose ? C’est un autre ordre de mutation : Saraï qui et devenue Sarah. Et celui qui nommerait de nouveau Sarah Saraï serait aussi en transgression de la loi ?

Réponse : c’est un autre cas. C’est autre chose : là le texte est très clair. Il est interdit à Abraham de dire Saraï de Sarah. Mais pas pour les autres.

 

Pour Abraham qui est l’identité historique d’Israël, cet élargissement à l’échelle universelle est irréversible. Et deuxièment Abraham, lui n’a plus le droit lui de nommer « Sarah La princesse » par le nom de « Saraï - Ma princesse ». Mais les autres peuvent nommer de nouveau Sarah par Saraï.

 

On peut l’expliquer de la manière suivante : les autres peuvent désigner l’identité d’Israël comme spécifique mais cela nous est interdit à nous. Le commandement porte très exactement sur Abraham qui ne doit pas nommer sa société au niveau antérieur purement singulier et spécifique.

 

On arrive ainsi à la question que la Guémara voulait poser :

S’il en est ainsi nous devrions dire la même chose de Jacob ?

« Celui qui nomme Jacob, Jacob transgresse-t’il  aussi la loi ? »

« Réponse : Non puisque la Torah elle-même nomme de nouveau Israël par le nom de Jacob ».

Et c’est le verset (Gn. 46.2) lorsque Dieu s’adresse à Israël dans la vision de la nuit alors il le nomme Jacob.

 

Conclusion :

Je voudrais mettre en évidence une difficulté de lecture.

Le texte dit : « Celui qui nommerait Jacob, Jacob, serait en faute... »

Le texte aurait dû porter : « Celui qui nomme Israël, Jacob, serait en faute... »

Réponse : bien entendu Israël redevient Jacob en fait, dans l’événement. Par exemple, lorsque le temple est détruit et qu’Israël va de nouveau en exil ! Alors ce n’est plus Israël vraiment - béGadlout - dans son envergure d’Israël. Il y a Tsimtsoum diminition d’envergure cela devient Jacob. Donc on peut de nouveau nommer Israël, Jacob !

 

L’inquiétude de la Guémara porte en fait sur celui qui nomme Jacob « Jacob » sans savoir qu’il se nomme aussi Israël : c’est lui qui en réalité serait en faute. Et c’est la raison pour laquelle elle n’a pas dit : Celui qui nommerait Israël « Jacob », parce que lá il n’y a pas de problème. La Torah elle-même nomme de nouveau ISraël « Jacob ». Mais la question est de savoir au sujet de celui qui nomme Jacob « Jacob ».

 

Nous revenons finalement á notre quesiton d’ensemble.

En règle stricte, la liturgie de la nuit ne devrait pas comporter la commémoration des événements du jour. C’est-à-dire si nous nous sommes retombés au niveau de Jaocb, en principe nous ne devrions pas nous réclamer de l’être d’Israël. Mais il y a eu une option de la Torah shébealpeh : en dépit de tout, bien que revenus dans la nuit,  nous allons vivre comme si nous étions dans le jour parce que nous savons que nous allons retrouver le jour. Et de la même manière, bien que revenus dans l’identité de l’exil de Jacob, nous allons nous comporter comme si nous étions destinés au salut et à la fin de cet exil.

 

Tout ceci s’est récapitulé dans l’élaboration du détail du rite. Mais l’analyse de ces problèmes du détail du rite nous mène aux problèmes d’identités d’il y a 2000 ans où une sorte de consigne a été donnée par Israël quant à sa propre identité : Nous allons entrer dans un temps anormal de l’existence, tout le temps de la nuit, tout le temps de l’exil ; et ce temps n’est habilité au niveau de la liturgie et donc au niveau de l’identité, qu’en vue de cette option qui consiste à se vouloir être Israël en dépit du fait qu’on est redevenu Beit Yaaqov et pas seulement Benei Israël et c’est cela peut-être qui nous permet de mieux relire l’enseignement des ‘Hakhamim de la fin de la Mishnah. J’avais laissé là en fin de Mishnah une difficulté que je reprends :

 

« ‘Hakhamim omrim « yemei ‘hayeykha » Olam Hazeh « kol yemei ‘hayeykha » lehavi liyemot Hamashia’h » 

“léhavi liyemot Hamashia’h »: on traduit généralement: « pour mener jusqu’au temps du Mashia’h ». Mais en hébreu cela veut dire quelque chose d’un peu différent : il faudrait qu’il y  ait léhavi yémot hamashia’h - pour introduire les temps du Messie dans le klal de la Mitsvah.  

Alors on a donc l’habitude de donner l’explication suivante : Celui qui non seulement pendant le jour mais aussi pendant la nuit de Olam Hazeh, se souvient de la sortie d’Egypte, comme l’a enseigné Ben Zoma, ce mérite-là  le ménera, lui l’homme, jusqu’aux temps messianiques.

Kol yemei ‘hayeykha lehavi liyemot Hamashia’h : 

C’est-à-dire tous les jours de ta vie du point de vue de la mention de l’importance de l’événement pour que cela puisse te mener jusqu’au temps du Messie....

 

[Ndlr. : Léhavi, traduit par "qui inclue" signifie littéralement "amener". La phrase kol yemei ‘hayeykha lehavi liyemot Hamashia’h tirée de son contexte talmudique peut être interprêtée comme une  directive : Tous les jours de ta vie doive être remplis d’une seule intention: amener la venue de l’ère du Mashia’h.]

 

***

 

Questions :

Q : ?

R : Il y a une prophétie de Isaïe (Yeshayahou 40:4) qui est très claire :

וְהָיָה הֶעָקֹב לְמִישׁוֹר

vehayah Haaqov lemishor

Et Israël c’est l’effort pour transformer Jacob en Yeshouroun. 



< fin >

*****

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans CALENDRIER & FÊTES
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche