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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:09

Pessah (1993) Quatre manières de délivrance Maharal

 

Pessah 1993 Quatre manières de délivrance Maharal

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pessah_quatre_modes_de_delivrance/cours_1

Face A

 

Début de Parashat Vaéra.

 

Pour ce soir j’ai envisagé d’étudier un enseignement du Maharal sur les 4 coupes de Pessa’h

La prochaine fois j’ai pensé étudier le problème de la 5ème coupe ou peut-être les 4 enfants de Passa’h ?

 

Nous allons voir d’abord la source dans la Torah de l’enseignement le plus classique du Midrash portant sur la raison pour laquelle le soir du Seder de Pessa’h on prend 4 coupes de vin. On étudiera, si on y arrive, pourquoi en réalité il y en a 5. La raison pour laquelle, pendant le temps de l’exil, on ne buvait plus que 4 coupes mais on laissait une 5ème coupe sur la table qu’on appellait la coupe d’Eliyahou Hanavi que le chef de famille buvait à la fin du Séder.

Je vous parlerais si on y arrive de la réinstauration de la Halakhah de la 5ème coupe et à quoi cela correspond. On le verra déjà dans le texte.

 

Bien que ce soit un enseignement classique, ce n’est qu’une des réfèrences qui expliquent pourquoi il y a 4 coupes de vin au Séder de Pessa’h. Nous verrons dans la 2ème partie de l’étude qu’il y a d’autres enseignements à ce sujet.

 

La référence principale se trouve dans Shémot Vaéra au chapitre 6 :

Je lis rapidement les 1er versets pour arriver au texte qui nous concerne et on étudiera directement ensuite sur le texte du Maharal.

 

Vaera 6:2

וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֶל-מֹשֶׁה; וַיֹּאמֶר אֵלָיו, אֲנִי יְהוָה

Vayedaber Elohim el-Moshe vayomer elav ani Adonay

Et Dieu parla à Mosheh et Il lui dit Je suis Hashem. 

 

On pourrait étudier ce verset mais il ne fait pas partie de notre sujet. Simplement je rappelle d’une façon trés générale que jusqu’au temps de la sortie d’Egypte, il y a une tradition depuis le 1er homme de la reconnaissance d’un Dieu UN et Unique, Créateur du monde, et qui est désigné par le terme de Elohim dans le récit biblique. Ce n’est qu’au moment de la génération de la sortie d’Egypte que le Dieu Créateur se révèle en tant que maître de l’histoire sous le nom de Hashem (Youd-Ké-Vav-Ké). Nous avons ici un des versets centralement important où cela est rappelé. Ce n’est pas un sujet simple. Il y a différents termes pour désigner la manière dont Dieu est dénommé dans le Miqra – dix noms différents. Les deux plus connus sont Hashem et Elohim. 

C’est un verset lu de la Haftarah du dernier Shabat dans le livre des Rois. Au moment de la controverse entre Elie le prophète et les prophètes de Baal. Le verset qui cloture cet épisode est « Hashem hou haElohim ». Il faudrait étudier ici pourquoi il devient nécessaire au moment de la sortie d’Egypte que Dieu s’adresse à Moïse en tant que Elohim pour lui dire : « Sache que Je suis Hashem ». C’est un verset très caractéristique parce qu’il semble qu’ici l’ordre de la formule soit l’inverse : c’est Elohim qui dit Je suis Hashem. Alors que l’affirmation biblique claissque c’est que c’est Hashem qui est Elohim. Je n’ai rien expliqué sauf à signaler toute une série de problèmes en hébreu.Il y a ici un sujet d’étude. C’est relié au problème de l’accélération des souffrances de l’exil au moment précisément où Moïse vient annoncer la délivrance. Alors Moïse interroge Dieu.

 

Shemot 5.22:

וַיָּשָׁב מֹשֶׁה אֶל-יְהוָה, וַיֹּאמַר:  אֲדֹנָי, לָמָה הֲרֵעֹתָה לָעָם הַזֶּה--לָמָּה זֶּה, שְׁלַחְתָּנִי

Vayashav Moshe el-Adonay vayomar

Et Moïse revint vers Hashem et lui dit

Adonay lamah hare'otah la'am hazeh lamah zeh shlachtani.

Seigneur pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple-là ?Pourquoi m’as-Tu envoyé ?

 

C’est une formule difficile, terrible de Moïse qui semble s’insurger.

 

וּמֵאָז בָּאתִי אֶל-פַּרְעֹה, לְדַבֵּר בִּשְׁמֶךָ, הֵרַע, לָעָם הַזֶּה; וְהַצֵּל לֹא-הִצַּלְתָּ, אֶת-עַמֶּךָ

Ume'az bati el-Par'oh ledaber bishmekha hera la'am hazeh vehatsel lo-hitsalta et-amecha.

Et depuis que je suis venu chez le Pharaon pour parler en ton Nom ce peuple a eu du mal et délivrer Tu n’a pas délivré ton peuple.

 

On voit à quel point cela correspond schématiquement aux événements qui ont entouré la fin de l’exil actuel et les débuts de l’état d’Israël. Au moment de la délivrance tout se passe comme s’il y a une accélération de ce que l’exil représente qui était dilué pour nous pendant 2000 ans, et dilué là pendant 410 ans. Et Moïse lui-même se fait le porte-parole de cette interrogation. Interrogation que peu de Juifs pieux ont le courage d’oser se formuler. Mais que beaucoup de Juifs non pieux ont le courage de formuler pour les Juifs pieux. Et c’est Moïse qui la formule. 

La réponse basée aussi sur l’enseignement du Maharal, mais d’abord sur Judah Halévi dans le Kouzari, en schématisant, c’est que c’est au moment de la délivrance que les douleurs de l’enfantement se font les plus fortes. On sait à quel point la fin de l’exil est appelée dans la tradition:  ‘Hévlei lédah = les douleurs de l’enfantements. On trouve aussi l’expression ‘Hevlei Mashia’h. C’est la même chose. Il y a semble-t’il une intensification du Shiaboud, de l’asservissement de l’exil, précisément au moment où va arriver la délivrance. Les implications de ce problème sont très importantes.

 

Je me souviens d’un enseignement d’Edmond Fleg qui nous disait : à la fin de la nuit, il y a un moment où il fait très noir et très froid. Il a d’ailleurs écrit dessus un vers très beau : « car la nuit la plus noire est une aube qui vient… ». Il y a un peu cette idée-là dans cette idée de Shiaboud de l’accélération de l’asservissement au moment de la Guéoula.  

 

Vaera 6.2:

וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֶל-מֹשֶׁה; וַיֹּאמֶר אֵלָיו, אֲנִי יְהוָה

Vayedaber Elohim el-Moshe vayomer elav ani Adonay

Et Dieu parla à Mosheh, et Il lui dit Je suis Hashem. 

וָאֵרָא, אֶל-אַבְרָהָם אֶל-יִצְחָק וְאֶל-יַעֲקֹב--בְּאֵל שַׁדָּי; וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

Va'era el-Avraham el-Yitschak ve'el-Ya'akov be'El Shaday

Et Je me suis montré-révélé à Abraham, Isaac et Jacob, en tant que Dieu Tout-puissant.

 

Rashi nous aide à comprendre : en tant que Dieu qui promet. Il y a un lien entre la Toute-Puissance et la capacité de promesse. Seul celui qui peut, peut promettre.

 

וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

oushmi Adonay

Et Mon Nom de Hashem

lo nodati lahem.

Je ne me suis pas fait connaître par ce nom-là à eux.

 

C’est dire je me suis fait connaître comme Dieu de la promesse mais pas comme Dieu qui réalise.

C’est parce que le moment de la réalisation vient qu’il y a ces ‘Hévlei Lédah ces souffrances de l’enfantement dont j’ai parlé précédemment.

 

On reprend briévement le 1er verset : vbous comprenez ce que signifie « Elohim dit à Moïse Ani Hashem ». Et parce que le temps est venu où Je me révèle comme Hashem c’est la raison pour laquelle la réalisation améne les difficultés de la réalisation. Tant qu’il y a un projet c’est un projet et la fidélité au projet peut être totale, elle n’engage qu’à l’espérance. Tandis que dès qu’il y a le processus de réalisation, c’est là que l’épreuve commence. L’érpeuve de la foi est un des niveaux de l’épreuve, une épreuve de la capacité d’espérance. Mais l’épreuve de la réalisation  est une épreuve d’identité. On sait à quel point le peuple juif, en ces moments-là, n’est pas toujours capable de réagir comme il faut ! Ceux qui sont restés les rescapés de la fidélité ne sont pas forcément ceux qui savent réagir aux difficultés de la réalisation. Vous voyez toutes les implications de cela…

 

וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

oushmi Adonay

Et Mon Nom de Hashem

lo nodati lahem.

Je ne me suis pas fait connaître par ce nom-là à eux.

 

La traduction est difficile. Je vous cite l’enseignement de Ibn Ezra, j’ai traduit comme s’il y avait écrit oubishmi Hashem lo nodati lahem et « par Mon Nom de Hashem Je ne me suis pas fait connaître à eux ».

Mais ceux qui savent lire les Taamim

Va'era el-Avraham el-Yitschak ve'el-Ya'akov be'El Shaday

Et Je me suis révélé (dans le sens de montré dans un promesse) à Abraham Isaac et Jacob, en tant que Dieu Tout-puissant

oushmi Hashem 

Mais Mon Nom c’est Hashem

lo nodati lahem.

Donc il en résulte que Je ne me suis pas fait connaître à eux en tant que Hashem.

 

C’est la différence entre Vaéra et Nodâti. C’est un sujet pour lui même. Je referme la parenthèse.

 

וְגַם הֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתָּם, לָתֵת לָהֶם אֶת-אֶרֶץ כְּנָעַן--אֵת אֶרֶץ מְגֻרֵיהֶם, אֲשֶׁר-גָּרוּ בָהּ

Vegam hakimoti et-briti itam latet lahem et-erets Kena'an et erets megureyhem asher garu vah

Et même J’ai maintenu-réalisé fait duré, ma promesse jusqu’à ce que vienne le temps de la réalisation... mon alliance avec eux pour leur donner le pays de Kenaan, le pays où ils étaient en pérégrination (littéralement « en séjour d’étranger ») où ils ont voyagé comme étrangers. (Il s’agit des Patriarches)

 

Vaera 6.5:

וְגַם אֲנִי שָׁמַעְתִּי, אֶת-נַאֲקַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אֲשֶׁר מִצְרַיִם, מַעֲבִדִים אֹתָם; וָאֶזְכֹּר, אֶת-בְּרִיתִי

Vegam ani shamati et-na'akat beney Yisra'el asher Mitsrayim ma'avidim otam va'ezkor et-briti.

Et même quant á Moi j’ai entendu la plainte des enfants d’Israël dans le fait que les Egyptiens les ont asservi, et J’ai fait venir devant Moi le souvenir d’eux – Mon alliance.

 

On commence là : je vous conseille pour ce texte-là les Méfarshim habituels mais surtout le Or Ha’Hayim. Je vous en donnerai en passant l’essentiel de son commentaire. C’est une des commentaires principaux de la Torah. En particulier, citant un enseignement du Talmud il met en évidence que le terme Lakhen introduit toujours un serment.

 

Vaera 6.6:

לָכֵן אֱמֹר לִבְנֵי-יִשְׂרָאֵל, אֲנִי יְהוָה, וְהוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלֹת מִצְרַיִם, וְהִצַּלְתִּי אֶתְכֶם מֵעֲבֹדָתָם; וְגָאַלְתִּי אֶתְכֶם בִּזְרוֹעַ נְטוּיָה, וּבִשְׁפָטִים גְּדֹלִים

Lakhen  emor livney-Yisra'el ani Adonay

vehotseti etkhem mita’hat sivlot Mitsrayim

vehitsalti etkhem me'avodatam

vega'alti etkhem bizroa netouyah ouvishfatim gedolim.

C’est pourquoi (dans le sens irréversible comme Shvouah) dis aux enfants d’Israël

Je suis Hashem et je vous ferais sortir de dessous (Sivlot de Sivel) les fardeaux de l’Egypte – 1er verbe qui correspondra au 1er Kos 1er verre de Pessa’h.

Et Je  les sauverai de leur servitude – c’est le 2ème verbe 2ème Kos

Et Je les délivrerai par un bras étendu et par de grands prodiges (Shfatim : prodiges, catastrophes, qui sont des jugements : même racine que Mishpatim avec le sens de punition parce qu’il y a un jugement)

 

Vaera 6.7 :

וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם, וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים; וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

Velakachti etchem li le'am vehayiti lachem le'Elohim

Et je vous prendrai pour Moi comme peuple et Je serais pour vous Elohim.

 

[Cela va ensemble -  Dans le Miqra deux formules différentes : soit « Je vous prendrai pour Moi comme peuple et alors Je serais votre Dieu. Soit « Je serais votre Dieu et alors vous serez Mon peuple ». Je ne vous dis pas la différence maintenant parce qu’il me faudrait ¼ d’heure. Si vous trouvez la formule inversée, regardez les commentateurs, cela ne s’adresse pas à la même partie d’Israël.]

 

vidatem ki ani Adonay Eloheychem hamotsi etchem mitachat sivlot Mitsrayim.

Et vous saurez que je suis Hashem votre Dieu qui vous fait sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte.

 

Tout cela est indexé au 4ème verbe : Velakakhti.

 

Et puis il y a un 5ème verbe :

Vaéra 6.8:

 וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר נָשָׂאתִי אֶת-יָדִי, לָתֵת אֹתָהּ לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב; וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה, אֲנִי יְהוָה

Veheveti etchem el-ha'arets

Et Je vous emmenerai au pays

asher nasati et-yadi

pour lequel J’ai juré (littér. J’ai élevé Ma main pour le serment)

latet otah le-Avraham le-Yitschak oule-Ya'akov

de le donner à Abraham à Isaac et à Jacob

venatati otah lachem morashah ani Adonay

Et je le donnerais à vous comme héritage, Je suis Hashem.

 

Vous comprenez tout de suite pourquoi pendant l’exil, on ne buvait plus la 5ème coupe qui correspond à ce 5ème verbe. On étudiera plus en détail le problème de la 5ème coupe.

Il y a donc là un test : La 5ème coupe est bue de notre temps uniquement par ceux qui reconnaissent que ce 5ème verbe s’est réalisé, que c’est vraiment Dieu qui nous a ramené ! Ceux qui ne reconnaissent pas que c’est Dieu qui nous a ramené ne boivent pas la 5ème coupe. Ce que je vous dit là est terrible ! Cela veut dire que ceux qui ne boivent pas la 5ème coupe ne reconnaissent pas que c’est Dieu qui nous a ramené. Et qui nous a ramené si ce n’est pas Dieu ? Qui nous aurait ramené ? Les sionistes ? C’est comme si nous disions que c’est Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte ! 

Alors que la Torah répète et répète : Sachez que c’est Moi, Dieu, qui vous ai fait sortir d’Egypte ! Grâce à Moïse bien sûr, mais cela c’est secondaire. On voit à quel point cette religion non-sioniste c’est déjà une autre religion !!!

Gaon de Vilna : Au point que le nom de Moïse n’apparaîtra pas dans la Hagadah, pour pas qu’on croit que c’est Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte. Or, c’est Moïse qui nous a faity sortir d’Egypte…

Le Gaon l’explique à propos du verset :« Ani velo Malakh : Moi et pas un envoyé », et il dit :

« Ani velo Malakh ? Zeh Mosheh Rabénou !» Cela veut dire qu’on va jusqu’à risquer l’ingratitude vis-à-vis de Moïse, on ne le cite pas dans la Hagadah de Pessa’h pour pas tomber dans l’erreur de croire que c’est Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte.

 

Or Ha’Hayim a posé la question suivante :

Puisque Lakhen est un serment, comment se fait-il que pour la génération de la sortie d’Egypte elle-mëme, il n’y a que les 4 premiers verbes qui se soient réalisés et pas le 5ème ? Ici, nous sommes avant la sortie d’Egypte. Or, Lakhen veut dire « voilà ce que Je vais faire pour vous... » :

Vehotseti- vehitsalti - vega'alti – Velakakhti – Veheveti.

 

Et commence cela se fait-il que le Vehévéti ne se soit pas réalisé pour la sortie d’Egypte ?

 

Relisez le verset 7 , c’est là que se trouve la réponse nous dit le Or ha’hayim.

Les grands commentateurs, leur génie est dans la simplicité. C’est là qu’est la réponse pour laquelle le 5ème verbe ne s’est pas réalisé pour la génération de la sortie d’Egypte.

 

Vaera 6:7

וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם, וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים; וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

Velakachti etkhem li le'am

Et Je vous prendrai pour Moi comme peuple

vehayiti lakhem le'Elohim

Et Je serais pour vous Elohim

vidatem ki ani Adonay Eloheykhem

hamotsi etkhem mitachat sivlot Mitsrayim.

Et vous saurez que Je suis Hashem votre Dieu

Qui vous fait sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte.

 

Vaéra 6.8:

וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר נָשָׂאתִי אֶת-יָדִי, לָתֵת אֹתָהּ לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב; וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה, אֲנִי יְהוָה

Veheveti etkhem el-ha'arets…

Et Je vous emmenerai au pays...

 

Voilà la réponse : c’est-à-dire que à partir du moment où l’on ne sait pas que c’est Dieu qui nous a fait sortir d’Egypte.

Il y a Atnaï pour le 5ème verbe, le 5ème niveau de délivrance, il y a une condition : 

וִידַעְתֶּם, כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם, מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם

vidatem ki ani Adonay Eloheykhem

hamotsi etkhem mitachat sivlot Mitsrayim.

Et vous saurez que je suis Hashem votre Dieu

qui vous fait sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte…

Vaéra 6:8

וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר נָשָׂאתִי אֶת-יָדִי, לָתֵת אֹתָהּ לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב; וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה, אֲנִי יְהוָה

Veheveti etkhem el-ha'arets…

Alors Je vous emmenerai au pays...

 

Vous voyez à quel point la ‘Hokhmah d’Israël est indépendamment du temps des générations. Ce commentaire du Or Ha’hayim nous explique ce qui s’est passé au temps de la sortie d’Egypte, mais en réalité parle pour nous. Vous voyez à quel genre de croyants je fais allusion : ceux qui n’arrivent pas à se rendre compte que c’est Dieu qui nous ramène en Erets Israël et c’est la  raison pour laquelle ils n’y viennent pas. Par piété faussée parce qu’il craindrait à une impiété de suivre Herzl. Comme cette génération de la sortie d’Egypte a craint à une impiété de suivre Josué. 

 

Q : Cela implique-t’il que Herzl et les 1ers sionistes aient reconnu le Dieu d’Israël ?

R : Bien si un curé avait demandé à Herzl s’il croyait en son dieu Herzl aurait dit non !

Cela m’évoque l’histoire d’un Rosh Yeshivah de Aix-les Bains. Un de ses élèves en dépression a été convoqué. L’élève lui dit prenant son courage à deux mains : je crois que je ne crois pas en Dieu. Le Rav lui a répondu : tu sais le Dieu auquel tu penses, moi non plus je n’y crois pas. Cela l’a rassuré... Avec ce genre de question, il faut tout de suite demander de quoi on parle ? Fallait-il que Herzl croit dans le Dieu d’Israël pour faire ce qu’il a fait pour Israël ? Avec Moïse c’est la même chose. Quand Moïse est venu dire à cette généraiton de la sortie d’Egypte, la même chose qu’Herzl est venu dire aux Juifs de son temps, il lui ont répondu de la même maniére : tu bégayes !

C’est ce qu’a entendu Herzl.

 

Q : Qu’est-ce qui nous dit que Herzl a été inspiré au même niveau que Moïse ?

R : Pas au même niveau.  On est au niveau où l’on est. Il y a différents nivaux de réponses d’ailleurs. Herzl est né dans une famille Séfarade qui était des fidèles du Rav Alkalaï, l’inspirateur du sionisme religieux dans le monde séfarade, avant Herzl par définition ! Rendez-vous compte d’où cela sort ! Et je vous conseille d’ailleurs d’étudier les oeuvres du Rav d’Alkalaï. C’est impressionant de voir qu’énormément d’enseignements dont nous avons besoin pour la constitution de l’état d’Israël d’aujourd’hui se trouvent chez le Rav Alkalaï, et pas seulement l’état juif. Corellairement et à peu près à la même époque, chez les Ashkénazim c’était le Rav Kalisher. Bien après est venu le Rav Kook.

Par conséquent, il faut savoir de quoi on parle, mais ces questions sont importantes. Il faut être très prudents dans la qualification des gens. Aujourd’hui la piété est devenue monnaie courante alors nous avos des qualifications à l’emporte-pièce : Celui-là est croyant, celui-ci est apikoros, religieux, pieux, celui-là est Gaon...

 

Je vous raconte une anecdocte de mes études avec le Rav Kouk dans les Mishnei Torah sur les renégats. Qui appelle-t’on Apikoros ?

Rav Kouk : peut-être que de notre temps, il y a un Apikoros. Après il nous a expliqué le peut-être mais sans nous dire qui. Pour être Apikoros il faut être Talmid ‘Hakham. Seul un Talmid ‘Hakham peut être Apikoros, sinon il s’agit d’un ignorant.

 

J’ai lu « l’état juif » de Herzl, c’est mal traduit. Il a parlé de l’état des Juifs et il n’a jamais parlé de « l’état juif ». C’est d’un niveau primaire, cela ne dépasse pas le niveau de la 3ème . Et pourtant c’est de là qu’est sorti l’état des Juifs ! Il faut être prudent en disant d’Herzl qu’il n’a pas la foi. A quoi a-t’ilréagi en disant qu’il n’avait pas la foi ? A l’église ! Il ne connaissait que l’église et non pas la synagogue. Pourquoi ? Parce qu’il a fallu que les Juifs d’Europe parviennent à ce degré d’assimilation pour que le sionisme apparaisse. Devant le risque de la disparition de l’identité juive, alors le sionisme est apparu. Et l’assimilation n’est pas une catégorie religieuse, c’est une catégorie nationale. La preuve c’est qu’il a existé au temps de Herzl énormément de Juifs très religieux mais qui étaient assimilés. Herzl a fondé le sionisme mais eux sont restés des Allemands des Britaniques, des Français, des Italiens...etc.

Je connais énormément de Juifs très pieux et très croyants (et je ne sais pas en quoi ils croient puisqu’ils vivent en dehors d’Israël) qui sont complétement assimilés. La situation existentielle des Juifs de diaspora est très compliquée.

 

Je connais des rabbins authentiquement rabbins mais qui se prennent pour des Français. L’un s’appelle d’ailleurs « le grand rabbin de France ». Il n’arrive pas à se rendre compte qu’être français c’est être goy ! C’est cela l’assimilation !

 

Il faut en parler avec beaucoup de pudeur, et de doigté, parce que c’est dangereux. Mais c’était la situation des Hébreux en Egypte qui se prennaient pour des Égyptiens. D’où la réaction des Égyptiens... « On va vous montrer ce que c’est qu’un égyptien ! »

 

Essayer d’imaginez, juste par l’imagination, le drame de Moïse confronté à cette génération des Hébreux et à l’ensemble des Ziknei Israël de ce temps-là, les chefs du peuple qui représentaient la tradition d’Israël de ce temps-là et qui l’ont refusé. En ce temps-là, des Hébreux on dit exactement ce que vous avez dit : Il y en a d’ailleurs eu trois dans la Torah, Datan, Abiram et Qorah.

 

Q : Le verset guimel, avec lo nodati lahem.

Je ne me suis pas fait connaître par ce nom-là à eux

Quelle est la différence avec lo hodarti ?

R : C’est très simple : c’est une question de grammaire : lo hodarti je n’ai pas fais connaître c’est un Hif’hil - lo nodati je ne me suis pas fait connaître c’est un Nifâl

Oushmi Hashem lo hodarti : Et mon nom de Hashem Je ne leur ai pas fait connaître .

Mais il y a écrit : Oushmi Hashem lo nodati Et mon nom de Hashem Je ne me suis pas fait connaître.

Grammaticalement cela ne marche pas. C’est pourquoi Ibn Ezra dit : il faut lire comme s’il y avait   écrit : Oubishmi Hashem lo nodati : et par Mon Nom de Hashem Je ne me suis pas fait connaître.

Je vous ai indiqué que d’après la Kaballah avec les Taamim il n’y a aucun mystère.

Oushmi Hashem: “lo nodati lahem”

Ce qu’il faut comprendre c’est la différence entre « je me suis montré » et « je me suis fait connaître ». Le verbe de Rao c’est promettre. C’est une révélation qui promet. Une prémonition si vous voulez. Tandis que le verbe de Véodatikha veshem, ça c’est pour Moïse : c’est « faire connaître la réalité de » et non pas « l’intuition que ». Entre voir et savoir c’est très différent.

Alors la génération de la sortie d’Egypte est appelée Dor Déa : la génération de la connaissance. Alors que les générations précédentes, il y a eu des visionnaires. Mais cela a un tout autre sens en hébreu : ceux qui ont vu, pas en imagination, ils ont vu ! Mais ils ont vu un projet. Tandis que Moïse annonce la réalisation. C’est cela la grande différence. Vous voyez que derrière des problèmes apparemment grammaticaux, il y a des problèmes de fond.

 

Enseignement du Shla’h :

C’est à la 26ème génération de l’humanité, la génération de Moïse que le nom de Hashem a été révélé. Il ne le pouvait pas avant parce que la valeur de Shem Havayah est 26 !

Il y a un thème à étudier : il faut 26 étape du développement de l’histoire de l’humanité pour que le nom d‘Hashem soit révélé. Cela ne veut pas dire que les Patriarches ne savaient pas qui était Hashem mais il ne l’ont pas connu comme cela, mais ils l’ont connu comme El Shadaï.

 

***

 

Maharal

 

Lakhen

 

« Ces 4 formules de la délivrance, Vehotseti- vehitsalti - vega'alti – Velakakhti – par rapport à ces 4 formules, ‘hazal ont institué 4 coupes comme cela va ëtre epxliqué plus en détail. Et Il faut expliquer ces 4 choses par rapport au verset (l’annonce de l’éventualité de l’exil qui a été faite à Abraham) : Yadoakh Tedakh Savoir tu sauras que Guer étrangère sera ta descendance, dans un pays qui ne leur appartient pas, et on les asservirra, et on les persécutera, 400 ans, et même la nation qui les aura asservi Je la jugerai ensuite de quoi ils sortiront avec un grand butin ».

 

On ne va pas étudier le verset, mais le Maharal va citer que ces 4 niveaux de la Guéoula, et nous savons qu’il y en a un cinquième, correspondent aux 4 niveaux de l’asservissement qui sont annoncés dans ce verset qui indique l’éventualité de l’exil, déjà à Abraham.

 

                               

« L’explication de cela : trois choses essentielles à retenir :

Te’hilah guerout : d’abord le fait d’être étranger. Même si un étranger n’est pas asservi à quelqu’un d’autre, par le seul fait d’être étranger, il n’a pas de force comme le résident, puisqu’il est sous la domination d’autres. (1er niveau le fait d’être guér).

Et ensuite, niveau supplémentaire, Shiaboud l’asservissement. (Non seulement il est étranger mais il est asservi. En fait nous avons d’autres explicaitons un peu plus fine avec un degré supplémentaires. Vous avez remarqué qu’il en a cité trois mais il y en a 4. Guer Beerets lo lahem : étranger dans un pays qui n’est pas le leur, c’est deux choses différentes. On peut aussi être étranger chez soi mais être étranger dans un pays qui n’est pas le sien c’est encore autre chose.) L’aliénation de la même manière que l’esclave est aliéné. Et ensuite 3ème niveau, hinouï, c’est plus encore que le niveau où l’esclave est asservi, la persécution c’est ce qu’on appelle le hinouï. (Cela va jusqu’à la torture d’ailleurs.)

Et déjà cela a été éclairci plus haut dans l’épisode de Brit bein habetarim (l’épisode de la vision prémonitoire d’Abraham des 4 exils successifs dont l’exil d’Egypte était le modèle). 

 

Et lorsque Dieu est venu les délivrer, Il commence par le dernier degré (hinouï) le plus dur.

Vehotseti correspond au niveau du Hinouï c’est-à-dire le dernier degré de l’asservissement qui est le plus dur, et c’est de ce degré-là qu’Il les a fait sortir d’abord. Et c’est ce qu’il dit : je vous ferai sortir Sivlot Mitsraïm.. C’est ce qui est dit sur la souffrance: lorsque quelqu’un éprouve une souffrance plus forte que la force de résistance de l’homme cela s’appelle Sevel. (Vous voyez ce qu’est la Savlanout!)

Et ensuite, il dit : vehitsalti Et je vous sauverai de leur asservissement. C’est que même du travail des camps Il les a délivré et ensuite par rapport à ”Savoir tu sauras qu’étrangère sera ta postérité”, Il a dit vega'alti – Et Je les délivrerai pour que vous ne soyez pas sous la souveraineté d’autrui.

 

Par conséquent, comprenez bien que dès qu’un juif n’est plus sous la souveraineté d’un goy ou d’un juif, la Guéoula a commencé, c’est le terme qui est employé. La différence entre un israélien et un juif français c’est que la Guéoula a joué. Parce qu’un juif français est asservi à une souveraineté étrangère, alors qu’un israélien est citoyen de son propre pays. Tous ceux qui demandent où se trouve la Guéoula ne savent pas de quoi ils parlent ! Renvoyez-les au Maharal !

 

Et là Je vous délivrerai d’être en leur sein. Puisque jusque-là bien qu’Il les ai déjà fait sortir de la souveraineté d’autrui et qu’ils étaient dans 

 

…/…

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