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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:10

Pessah (1993) Quatre manières de délivrance Maharal

 

Pessah (1993) Quatre manières de délivrance Maharal 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/pessah_quatre_modes_de_delivrance/cours_1

Face B

…/…

 

Ils doivent devenir sous la souveraineté de Dieu

 

Et d’ailleurs on apprendra d’autre part que pour Israël il n’y a que deux possibilités, deux éventualités : Êved de Paro ou Ôved de Hashem, soit l’un soit l’autre.

Et nous avons énormément de versets qui disent : « Je vous ai fait sortir de la Âvdout d’Egypte pour que vous soyez mes Âvadim ». C’est la différence entre Avdout et Avodah.

Dans la Âvdout on est Êved, et dans la Âvodah on est Ôved.

 

« Et ils ne seront pas comme les autres nations, et c’est ce que dit le verset : « Velakakhti … Et Je vous prendrais pour Moi comme peuple. Et aussi, une autre explication de ces 4 niveaux qui sont dit ici : c’est parce que Israël se trouvait en Egypte, il était inévitable qu’ils soient asservis.

 

Le seul fait d’être en Egypte, nous dit Maharal, rendait inévitable le fait qu’il soit asservi !       

En s’appuyant sur Maïmonide dans les Shmoneh Prakim : il y a un phénomène de saturation, et surtout le fait de s’entêter à rester juif. Ceux qui s’entêtent le plus à rester juifs sont ceux qui sont le plus déjudaïsés !

J’ai vécu 20 ans en Algérie. Nous étions chez nous en Afrique du Nord, comme en Tunisie au Maroc, on avait des villes juives, on n’était pas chez les Goyim. Ils étaient chez nous ! D’ailleurs les Juifs étaient en Afrique du Nord bien avant les Arabes à fortiori avant les Français, qui le savaient d’ailleurs.

J’ai vécu 20 ans en France, j’ai remaqué cela : les Goyim qui étaient antijuifs ne l’étaient pas vis-´vis des Juifs authentiques. Les Juifs authentiques n’étaient pas ces Juifs des ghettos qui étaient des caricatures de Juifs à leurs yeux. Les Juifs authentiques étaient ceux qui se réclamaient de l’identité nationale juive. Preuve en est donnée par la communauté juive à Paris qui n’est pas regardée du tout de la manière que la communauté israélienne. Je me rappelle du temps où il était marqué dans les  métro parisiens : « Vive Israël à bas les Juifs ! »

 

Maïmonide l’a expliqué : phénomène de saturation qui vient de cet entêtement à rester un corps étranger. Alors c’est inévitable. Il y a un mécanisme sociologique de rejet qui joue. Le Maharal l’indique allusivement. La source est dans Rambam aux Shmoneh Prakim chapitre 8 : lorsqu’il pose la question : puisque Dieu a endurci le coeur du Pharaon pourquoi le punir ensuite d’avoir été méchant avec les Hébreux ? Il revient alors à ce verset qu’on a lu tout à l’heure. Dieu annonce à Abraham : « Savoir tu sauras que ta descendance sera étrangère et donc c’est inévitable qu’on les persécutera. Saches-le ! »

 

Rambam l’explique ainsi : ce n’est pas Dieu qui a décidé que les Égyptiens allaient persécuter les Hébreux, mais Dieu révèle à Abraham une loi des sociétés humaines : une minorité étrangère qui s’entête dans sa différence est cause de la persécution xénophobe. 

 

C’est ce qu’on voit en Europe actuellement, pas seulement avec les minorités juives qui sont des cas particuliers à mon sens, mais avec les autres minorités étrangères dès qu’il y a un phénomène de saturation du nombre. 

Il y a une particularité juive agravante : les Juifs avec une naïveté extraordinaire et une maestra respectable se prétendent plus autochtones que les indigènes.

Un Turc en Allemagne c’est un turc en Allemagne alors qu’un Juif en Allemagne c’est un Allemand plus allemand que l’Allemand !

 

Ce problème ne se réfère pas à une catégorie religieuse mais nationale. Les sociologues parleraient de problèmes ethniques, de minorité éthniques.

Et les problèmes contemporains actuels sont des problèmes de minorité éthniques plus que des problèmes religieux. Par exemple, entre Serbes et Croates la différence orthodoxe et catholique vient d’une différence ethnique et non pas religieuse. De la même manière qu’entre Portugais et Espagnols…

Retour au Maharal :

 

« Puiqu’il n’y avait (en ce temps-là) en Israël aucun lieu de résidence particulier. Ils n’avaient pas de pays particulier comme il y a pour toute nation, et ils sont nés dans un pays qui n’est pas le leur. »

 

C’est ce cas particulier d’Israël qui se constitue en nation d’abord, à l’étranger. C’est du jamais vu dans l’histoire de l’humanité ! Nation au dedans d’une autre nation. Il faut donc retenir que l’Egypte a été la matrice d’engendrement de la nation hébraïque comme nation. De la même manière que je dirais en schématisant : l’Europe a été la matrice d’engendrement de la nation israélienne comme nation. Plus que cela la mère tout court. C’est devenu l’amertume par la suite, c’est devenu une marâtre. On le ressent : bien que tout les juifs du monde ont rejoint Israël, il y a toujours une marque de coquetterie européenne à l’anglo-saxone, économiquement américaine, mais en réalité britannique, qui grève encore le pays. C’est un autre thème mais il faut avoir à l’esprit que Israël c’est l’Israël de l’humanité, et l’humanité engendre Israël. Et les moments de fin d’exil sont des moments d’accouchement. Et c’est ainsi que le Midrash en parle.

L’accouchement de la sortie d’Egypte a été un accouchement au forceps. Pourquoi ? Parce que l’enfant le voulait pas naître et la mére ne voulait pas le laisser naître.  Et ce’est ce qui est arrivé en Europe : ‘Hévlei Leidah.  

 

Judah Halévi l’explique à sa manière : lorsque le temps de la délivrance survient, si l’enfant ne veut pas naître et la mère ne veut pas laisser naître l’enfant : l’un empoisonne l’autre et réciroquement : l’enfant empoisonne la mère qui empoisonne l’enfant... etc. Cela s’appelle l’antisémitisme.

 

Vous voyez pourquoi le Midrash choisit ces images-là qui sont beaucoup plus que des images. Un Midrash célèbre décrit la sortie d’Egypte exactement comme un accouchement avec le passage par les eaux…

 

Et il fallait qu’Israël ait la sagacité de décrocher lorsque les premiers signes arrivent, ie. lorsque la symbiose arrive, il faut décrocher. Malheureusement, chaque fois que la symbiose a réussi on s’est entêté à s’incruster. Il faudrait dire à s’inchrister.  A s’enkister.

 

Ex. dans le temps contemporain : la symbiose judéo-espagnole a été une réussite absolue. Les séfarades espagnols peuvent en témoigner. Au point qu’il y a une fidélité au judéo-espagnol chez les juifs qui ont connu cette civilisation qui est extraordinaire. Cela a vraiment été une réussite comme symbiose. C’est le signe du décrochage nécessaire. Beaucoup de sources en particulier dans Torat Temimah. Au lieu de décrocher et de revenir être Israël pour l’humanité entière - et la messianité d’Israël aurait eu le visage culturel espagnol - on s’est entêté à être espagnol. D’où la réaction espagnole : l’inquisition. Les Juifs espagnols sont allés vitalisés Amsterdam, Salonique, Casablanca , Tunis...etc… délaissant Jérusalem pour la venue du Messie…

Et les grands rabbins d’Espagne comme Rambam, Judah Halévi, et beaucoup d’autres, et surtout Na’hmanide ont eu beau leur dire d’aller à Jérusalem, ils n’ont pas été suivi !

 

Le 2ème exemple de la symbiose réussie et de laquelle il aurait fallu décrocher c’est l’Allemagne : Au siècle dernier la symbiose judéo-allemande fut au siècle dernier une réussite culturelle fantastique. On fait semblant de ne pas s’en rendre compte mais c’est cette symbiose qui s’est entêtée à rester sur place qui a déclenché le nazisme. Les nazis ne se sont pas gênés pour le dire à leur manière.Il y a eu dans tous les domaines cette réussite. La philosophie, la littérature…etc.  Des livres parlent de la pensée judéo-allemande de la fin du 19ème siècle... Comme Heine qui était très allemand….

 

Or, aujourd’hui la synthèse judéo-goy est en train de réussir en particulier en France. Il y a en France un phénomène de pensée judéo-française faramineux ! Les grands penseurs français sont Juifs et les Français le savent : toute cette bande des « nouveaux philosophes ».  Et aux USA, il y a un phénomène en tout cas au niveau de la littérature. La symbiose judéo-américaine a pris de manière telle qu’énormément de mots juifs à travers le yiddish beaucoup plus que l’hébreu d’ailleurs sont passés dans l’américain…

 

A partir du moment où une symbiose de ce type est en train de prendre, il faut se méfier. Et chose paradoxale, ce sont les noirs d’Amérique qui ont tiré la sonnette d’alarme…

 

Rambam :

pourquoi punir les Égyptiens si c’est un mécanisme « naturel » ? C’est parce qu’ils ont frappé trop fort. Ils ont exagérés ! La réaction de xénophobie est naturelle mais pas la méchanceté ! C’est pour cela qu’ils ont été punis. Rambam cite d’ailleurs un verset des prophètes à propos de Babel qui est comme une verge dans la main de Dieu pour frapper Israël, mais la verge sera brisée parce qu’elle a frappé trop fort...

 

Je me suis posé une question sur ce Rambam qui est restée sans réponse :

Le raisonnement de Maïmonide est très beau mais cela concernerait des anges. Les Égyptiens ne sont que des Égyptiens. Quand une minorité étrangère étrange qui s’entête à rester égyptienne, ils réagissent comme des hommes et non comme des anges.

 

Je me permets donc de dire que l’explication de Rambam est très forte mais insuffisante à régler le probléme parce qu’il reste que les Égyptiens ne sont que des Égyptiens.  

 

Il y a eu différentes occasions où Israël aurait dû décrocher de l’Egypte mais s’est entêté à rester en Egypte à se prétendre égyptien. On a d’une certaine maniére râté le coche.

 

Il est bien clair que ce shéma explique la situation en Europe antérieure à la Shoah.

On s’est entêté à une symbiose caduque préhistorique qui avait déjà réussie à peu près au 11ème siècle. 

 

Enseignement de Torat Temimah sur Devarim :

Le Torat Temimah ne va pas situer cela au 11ème siècle mais on pourrait le situer-là parce que c’est la réussite de la symbiose judéo-européenne avant le moyen-âge.

 

Q : Peut-on dire de Babel qu’il fait partie des epuples oppresseurs qui n’ont pas été trop loin ?

R : Au contraire ! Nous avons des Psaumes terribles sur Babel.

Q : Quel peuple n’est pas allé trop loin ?

R : Tous ont été trop loin, il n’y a pas d’exception. C’est pourquoi je suis très inquiet pour les Juifs de l’étranger. Ils sont assis sur un volcan.

Q : S’il y a une universalité sociologique de la minorité qui apparait comme corps étranger dans le corps majoritaire : quelle est la spécificité d’Israël ?

R : C’est l’entêtement à être étranger tout en se prétendant plus autochtone que les indigênes. C’est parce qu’en fait l’identité Israël est universelle. En réalité profondément nous sommes chez nous partout. C’est ce que les Goyim ne seront jamais. Ce n’est pas un mystère, et Dieu l’a dit dans la Torah: « ki li kol haarets » ce n’est pas seulement Erets Israël c’est toute la terre !

D’ailleurs relisez le premier Rashi sur Bereshit.

 כֹּחַ מַעֲשָׂיו הִגִּיד לְעַמּוֹ לָתֵת לָהֶם נַחֲלַת גּוֹיִם

« La puissance de Ses hauts faits, Il l’a révélée à Son peuple, en lui donnant l’héritage des nations » (Tehilim 111, 6).

Il y a vraiment dans l’identité israël une dimension de l’universel qui est réelle, mais malheureusement chez les Juifs de diaspora elle se transforme en cosmopolitisme. Il y a très peu de juifs qui sont réellement universalistes. Pour cela il faut être membre de sa propre nation pour être capable d’être universel à l’échelle de l’universel.  Cosmopolite c’est tout á fait autre chose. Il y a une analyse marxiste sur l’anti-cosmopolitisme juif. Et les marxistes ont raison. Les Juifs qui prétendent ne pas être une nation ne sont donc par universels mais cosmopolites.

 

En fait, l’identité Israël est une identité universelle. Ce n’est pas pour rien que chaque fois qu’un juif va n’importe où il est chez lui. Il le ressent. Ce n’est pas qu’une façon de parler.

J’ai compris cela avec deux types de juifs que j’ai connu : les Alsaciens et les Algériens. Il n’y a pas plus alsacien qu’un juif alsacien et il n’y a pas plus algérien qu’un juif algérien. C’est vrai aussi pour les autres. Mais il est bien évident que dès qu’un hébreu se trouve quelque part, les gènes correspondant au paysage prennent le dessus. Et les Juifs français sont fronçais jusqu’aux sourcils !

 

C’est vrai parce qu’il y a dans l’identité juive parce qu’hébraïque une dimension de l’universel qui est réelle. Raison pour laquelle quand cela fonctione il peut y avoir des râtés.

 

Le fond du problème ce n’est pas tellement de savoir qui a raison, juif de diaspora ou juif israëlien, mais le problème est de savoir dans quel temps on se trouve. Se trouve-t’on dans le temps de Joseph alors c’est Joseph qui a raison ! Se trouve-t’on dans le temps de Moïse alors c’est Moïse qui a raison ! Mais Joseph et Moïse c’est le même homme en inversé: Yossef est un hébreu qui s’habille en égyptien et Moïse est cet hébreu habillé en égyptien qui enléve l’habit égyptien. Mais tous les deux sont à leur place en leur temps. C’est pourquoi Moïse ne peut pas quitter l’Egypte sans emporter avec lui les ossements de Yossef, sinon il disqualifie l’identité de Yossef et il ne peut plus sortir.

 

A retenir :

La dimension universelle de l’identité juive est réelle et lui vient de son identité hébraïque. Mais la plupart du temps, au moment des sorties d’exil, elle devient cosmopolite et c’est très grave.

 

Ce qui se passe en ISraël en ce moment. C’est un tournant historique pour Israël. Il y a un rassemblement de Juifs qui a fait l’état d’Israël. Et jusqu’à la semaine dernière de Pourim, il y avait 2 facteurs ont masqué le fait qu’il y avait différentes motivations derrière ce rassemblement qui sont incompatibles l’une avec l’autre. et qu’on appelle le sionisme mais cela a des dimensions très différentes. Cela s’est dévoilé grâce aux  Arabes israéliens. C’était une société israélienne qui était une société assiégée et la solidarité masque les différences. Et il y avait la jubilation de se retrouver 2000 après ensemble rescapés des différents exils. Cela a joué de manière telle que l’on ne s’est pas rendu compte des différences de motivations du mouvement sionisme.

 

ð  les principaux fondateurs du mouvement sioniste politique diagnostique que l’assimilation, lémancipation ne pouvait pas sauver l’identité juive. Il on fait l’analyse que pour sauver l’identité nationale juive, il fallait se déjudaïser en hébreu. Cest l’analyse du sionisme ‘Hiloni.

ð  Les sionistes religieux : raseemblés en Israël pour pouvoir être enfin vraiment juifs : non pour se déjudaïser mais pour s’hébraïser.

ð  les ‘Harédim qui refusent le sionisme de l’état juif mais vivent la vie israélienne à leur manière pour le privilège qu’elle donne d’habiter la terre sainte. Ils ne s’en cache pas avec un cynisme total.

ð  Les Juifs cosmopolites qui ont pris le pouvoir aux dernières élections, avec la complicité des 3 autres.

 

Ce qui s’est dévoilé c’est qu’en fait on a camouflé le fait que c’est un état bi-national et pas du tout un état juif. Présence de la culture arabe officielle qui démasque cela. Par conséquent, on est au bord d’une nouvelle période du sionisme.  

 

Très grosso modo cela se branche sur la définition de l’identité juive cosmopolite qui était latente, souterraine, dans la société israélienne, qui a été fondée pour expulser cela de l’identité juive. Et ce sont finalement les Juifs cosmopolites qui ont pris le pouvoir…

 

Maharal :

« tout se passe comme si l’intitulé ‘esclavage’ était sur Israël depuis le début de leur naissance, comme l’esclave qui est appelé  « né de la maison », ainsi Israël qui sont nés dans le pays d’Egypte, était donc destinés inévitablement à être asservis, et il était donc inévitable que la charge de l’Egypte soit sur eux. Et ceci vient du côté d’Israël par eux-même qui étaient comme des domestiques de l’Egypte. Par rapport à cela Il a dit : « Et Je vous ferai sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte ». Il veut dire en disant Sivlot, Massah la charge (Pour dire de la même manière qu’un esclave est chargé de son maître) qui leur était dévolue Et en plus de cela, les Égyptiens les ont asservis par force (travaux forcés) et cela venaient des Egyptiens eux-mêmes (c’est leur méchanceté- même question : ce sont des Égyptiens et pas des anges. Il faut vraiment être des ‘Hassidei HaOlam pour pas tomber dans l’anti-sémitisme.) Par rapport à cela Il a dit : « Et je vous délivrerai » Cela ressemble à un homme par rapport à qui quelqu’un d’autre vient avec force et quelqu’un d’autre vient pour délivrer (un prionnier ne peut pas se délivrer tout seul) comme pour dire : Je vous sauverais de dessous la main mise de l’Egypte, mais Je vous délivrerai. Il veut dire que même si l’asservissement avait déjà cessé, ils ne sont pas encore libres de faire ce qu’ils veulent, puisqu’ils sont sous la dépendance d’autres. Et c’est pourquoi il dit : « Je vous délivrerai ». Et là encore, bien qu’ils aient été délivrés, ils n’ont pas le niveau d’être un peuple pour Hashem, c’est pourquoi Il dit : Et Je vous prendrais pour Moi comme peuple.

 

C’est expliqué plus loin encore plus en détail. Prenez la feuille pour l’étudier.

    

33   

Q : Comment peut-on être universel sur la terre d’Israël entre Juifs si notre identité est celle du monde ? Comment être universels entre Juifs sans être cosmopolites ?

R : D’une part dans le rassemblement des exilés on ramène les différentes manières d’être homme.

Et puis le résultat c’est la reconstruction de l’identité hébraïque. Et l’identité hébraïque est à l’origine une identité universelle. Je vous ai dit à contrario comment cela se perçoit dans l’exil quant cette identité hébraïque, quand elle éclate, elle réalise l’identité mixte judéo quelqu’un d’autre à l’échelle de l’universel

Mais les Juifs risquent de devenir cosmopolites parce qu’ils ne retiennent que l’équation personelle judéo quelqu’un d’autre, la leur. L’israélien comme tel est censé être un homme universel. Pour cela il doit se déjudaïser dans le sens socio-politique et pas dans le sens religieux. S’il reste tribal, il est cosmopolite tout en étant israélien. Il y a trop de Juifs encore en Israël et pas assez d’Hébreux.

 

Q : Ce risque du cosmopolitisme, n’est-ce pas plus qu’un risque puisque cela c’est passé à chaque fois ? N’est-ce pas presque inéluctable ?

R : Alors je reprends l’image de l’accouchement. A un certain stade du processus il y a une distinction entre l’embryon et le placenta. Il y a des Juifs de type placentaire, ils cherchent une place en terre. Il y a une fonction du placenta et c’est ça. C’est énorme mais cela nous est dit en clair dans les sources. La même cellule peut choisir, et c’est un mystère, d’être celle de l’enfant qui va naitre ou de rester une cellule du placenta. Il y a une proportion inéluctable (c’est le fameux 1/5) lorsqu’on se laisse aller aux événements. C’est malheureusement ce qui a l’apparence de fatalité. A partir du moment où le peuple juif se laisse aller aux événements: cela  fonctionne. C’est ce qui est arrivé à la sortie d’Egypte et c’est ce qui est arrivé à la sortie d’Europe : on s’est laissé aller aux événements, on a démissionné de la liberté hébraïque et on a été juifs des Goyim alors cela a fonctionné de cette manière-là. Nous sommes encore au stade où il y a une vocation du « juif placentaire » qui nous encombre. Moi je suis admiratif devant la patience des Goyim. Si les Juifs ont la science les Goyim ont la patience.

 

Un verset des Psaumes me revient toujours à l’esprit dans l’enseignement du Rav Kook :

Psaume : « Sauve-moi d’un goy qui ne serait pas ‘hassid et délivre moi d’un homme de perversité » 

Rav Kouk explique: si on a à faire a un Goy il faut se méfier : s’il n’est pas ‘Hassid on est perdu. C’est pour cela qu’on parle des ‘Hassidei HaOlam. Mais par rapport aux Juifs ce sont des « hommes de ruses et d’iniquités ». C’est là le problème. Si on se laisse aller.

 

Vous voyez le sesn des événements que nous sommes en train de vivre. Il y a énormément de sources et le Rav Kook les a rassemblé de son temps, avant que l’état d’Israël n’existe où il y a toute une tendance de la société israélienne qui est d’une cruauté absolue pour les Juifs et d’une complaisance absolue pour les ennemis des Juifs. C’est ce verset qui fonctionne.

 

Verset met en lumière cette tendance de la société israëlienne qui est d’une cruauté absolue pour les juifs et d’une complaisance absolue pour les ennemis des Juifs.

 

Cela ressemble à de la fatalité, mais l’histoire d‘Israël n’est pas une histoire grecque. Mais c’est que les Juifs ont abdiqués et se sont laisser aller aux mécanismes des événements et alors les mécanismes des événements jouent.

 

Ce que nous savons d’après les textes c’est qu’on s’en sortira. Mais à quel prix ?

Il y a actuellement un mécanisme qui est mis en place et qui fonctionne… jusqu’au moment où cela va éclater, et cela va éclater.

 

Q : A chaque sortie il a fallu un Manig ?

R : Et qui vous dit qu’il n’y a pas un Manig ?

A force de se méfier des idolâtries de la manière des Goyim d’être croyant, les Juifs finissent par être athées, mais il y a un chef d’orchestre !

J’ai connu de grands penseurs juifs qui craignaient de croire parce que croire pour eux signifiaient croire à la manière des Goyim. Cela veut dire qu’il a très peu de juifs croyant du Dieu d’Israël : il y a une véritable peur de croire pour ne pas croire comme les goyim : il y a beaucoup de juifs athées des idoles ! Le peuple juif a inventé toutes les hérésies du monde. C’est sorti de nous. Tous les « ismes » sont sortis de chez nous.

 

 

< fin >

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