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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 11:42

Parshat Noah 92 - Suite & fin.


 
http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/noah_serie_1992/cours_1

Face B

…/…

 

La volonté de Dieu qui fait exister le Ratson leqabel, la volonté de recevoir, à la racine c’est un bien absolu : c’est la condition même de l’existence que d’être doué de Yetser Harâ.

Il y a beaucoup de Midrashim : dire de quelqu’un qu’il est mort alors qu’il est encore vivant on veut dire par là que le Yetser Hara est mort en lui alors on l’appelle mort. Il me vient un petit ‘hidoush :

En hébreu pour dire mort et mortel c’est le même mot. Or, le texte dit c’est « avec peut de gens » que Jacob est descendu en Egypte - Bimtéi meat -  il faudrait traduire littéralement avec peu de mortel. Metim = mortel ou mort.

C’est le même mot, parce que notre nature est d’être mort à moins d’être donner à la vie. Si je me définis par moi-même, je suis mortel c’est-à-dire déjà mort. Si un jour – Dieu préserve je dois mourir, c’est déjà fait devant l’éternité, - si je me connais par ma nature hors de Dieu qui me ressucite à chaque instant je suis mort, puisque mortel. Mortel signifie donné à la mort. Or, une fois que je suis arrivé ce à quoi je suis donné c’est fini. Mais par rapport à l’éternité que sont 70 ans de vie ? C’est rien ! En hébreu être mortel signifie être mort, à moins de ressuciter.   

 

Midrash : Les Tsadikim sont appelés « ‘Hayim - vivant » même dans la mort et les Reshayim sont appelés « Métim - mort » même dans la vie.

 

Le texte dit que Jacob est ses fils sont descendus bimtei meat – avec peu de gens – il a fallu qu’ils tuent le Yester Harâ en eux pour avoir le courage de descendre en Egypte.

 

Il y a 3 catégories de personnes qui sont déclarées mortes même de leur vie : l’une de ces catégories c’est celle de celui qui n’a plus de Yestser Hara... Exemple du Tsadik Gamour : il est appellé Met. « Hou émit et itsro » Il a tué son Yetser HaRa, il est appellé mort.

 

***

Le Shoresh du Yestser Hara c’est le Ratson Léqabel.

Il y a donc une contradiction suprême dans l’identité humaine condamné par un côté à vouloir recevoir tout en sachant que le bien c’est vouloir donner, c’est à dire condamné à l’égoïsme. Et il faut donc réhabiliter l’égoïsme : Si je ne m’occupe pas de moi qui va s’occuper de moi ? Si je ne m’occupe pas de moi c’est du suicide. Cf. Hillel : Eïn ani li mi ? si je ne suis pas pour moi qui le sera ? ), tout en sachant que le bien c’est vouloir s’occuper d’autrui... c’est toute une dialectique de l’égoïsme et de l’altruïsme qu’il s’agit de mettre en ordre.

 

Je vous donne un exemple de l’analyse du Rav Ashlag :

 

=> Le 1er âge de la créature qui veut recevoir pour recevoir : le stade de l’enfance à l’abri de la faute car c’est le stade de l’apprentissage du recevoir. Le métier d’enfant c’est d’avoir envie de manger des bonbons. Il faut le protéger de l’indigestion mais lui refuser un bonbon c’est lui refuser d’être enfant... (Il faut acheter des bonbons sans sucre !) Leqabel al menat Léqabel. C’est jusqu’à la Bar Mitsvah.

 

=> S’en suit une révolution dans la conscience morale : on commence à pressentir que recevoir sans avoir mérité c’est mal, alors on ne veut plus recevoir : c’est la que se dessine les crises que l’on appelle d’anorexie. On ne veut pas manger pour ne pas recevoir de celui qui donne, il y a une espèce de raté de la conscience morale. Cela se soigne, mais il faut savoir que c’est c’est un processus naturel : c’est est en fait le réveil de la conscience morale. Les adolescents vont donner toutes les statégies de réponses possibles et imaginable (pour garder la ligne...) Mais en réalité, c’est cette impression de n’avoir pas le droit de prendre sans l’avoir mérité. Dans les familles traditionnelles juives on procède ainsi pour les soigner.  L’enfant anoréxique ne veut pas manger chez ses parents, alors on l’envoie chez la cousine, la tante, parce que ce n’est pas elle qui est censé donner. C’est la mère. C’est le goût de la viande de la mère qui est amer. Il y a un refus de recevoir de celui qui donne, probablement parce qu’il y a une manière de donner qui était inefficace. On va alors chez la cousine, la tante, la grand-mère. Comme il n’y a plus de cousine, plus de tante, ni plus de grand-mère, il y a des médecins… C’est la crise mystique de l’adolescence : recevoir c’est mal, le bien c’est donner. C’est l’altruïsme pour l’altruïsme, de l’altruïsme gratuit. Je donne pour donner, dans l’illusion de ne rien recevoir. En généal, c’est un moment très très vulnérable. C’est la crise de l’adolescence où l’on se prend pour Dieu. En général, cela passe assez vite.

 

=> On arrive au stade de la prématurité : donner pour recevoir. C’est dans l’ordre de la religion naturelle : donner afin de recevoir : donner sa vertu (les mitsvot) pour avoir le paradis. Formulé par les latins par l’expression « Do ut des » – « je donne afin que tu donnes ». C’est le stade de la religion intermédiaire.

 

=> La maturité de la sagesse : recevoir en vue de donner. C’est la formule de la Torah : recevoir, alors je suis au service du Créateur qui donne, mais en vue de donner à mon tour : je suis au service du Créateur qui donne. Alors les deux tendances sont dans leur ordre normal et il y a le bonheur d’être. J’ai le droit de recevoir puisque c’est en vue de donner et je desire recevoir le plus possible pour donner le plus possible. Dans les autres stades la conscience est malade. Recevoir et que recevoir sans mérite on est gêné, donner et que donner on est fou... etc. C’est Halakhah : celui qui donne plus que la dîme c’est qu’il est fou.

 

La Guemara établit 3 critères de diagnostic de la folie :

- Celui qui donne plus que le Maasser est fou (il a le droit de faire des cadeaux mais pas le droit de considérer que c’est son Maasser privé, 1/5ème plutôt qu’1/10ème )

- Celui qui aime se ballader dans les cimetières la nuit… 

- Celui qui va nu dehors lorsqu’il fait froid... 


Je referme cette parenthèse.

La racine du Yetser Harâ c’est la motivation du Yester Tov : Dieu m’a fait capacité de recevoir parce qu’il veut me donner. La racine de ma capacité de recevoir c’est Son désir de donner. La racine du mal en haut est un bien absolu. Une fois en bas, du côté de celui qui reçoit, c’est mal.

Le Talmud dit : « Eïn râ yored mi hashamayim » : « aucun mal ne descend du ciel ».

C’est la manière dont celui qui reçoit reçoit qui fait que c’est bien ou mal.

Le secret de la Torah c’est la notion de mérite. Si ce que j’ai à recevoir je le mérite c’est bien, si je ne le mérite pas c’est mal.

 

***

 

Chapitre 11 verset 1

Préface de l’épisode de la tour de Babel : l’humanité une va éclater en nations

וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ, שָׂפָה אֶחָת, וּדְבָרִים, אֲחָדִים

Vayehi kol-ha'arets safah e’hat

oudevarim a’hadim.

Et il arriva que toute la terre était langue une –

Safah dans le sens de langage : toute la terre parlait la même langue.

וּדְבָרִים, אֲחָדִים

oudevarim a’hadim

 

Pour ces deux mots-là, les traducteurs ne s’en sortent jamais et font des pléonasmes.

Une traduction française : Et des paroles semblables 

Il est évident que la Torah ne dépense pas des lettres pour dire des choses semblables.

 

Talmud Yeroushalmi Massekhet Meguila 1er chapitre Halakhah 9 (Dans le Yeroushalmi les chapitres sont divisés en halakhot) :

 

«  Safah E’hat – il y a double enseignement de Rabbi Eliezer et Rabbi Yo’hanan : l’un a enseigné qu’ils parlaient les 70 langues… »

 

Le verset signifie que toute la terre était « langue unique » et qu’il y avait des « dialectes particuliers » (devarim a’hadim) « des paroles particulières spécifiques » :

 

L’idée étant que l’humanité disposait premiérement d’une langue commune à tous les peuples et que chaque peuple avait la sienne propre. Voilà ce que dit ce verset et pas du tout ce pléonasme lu précédemment en français.

 

« et l’autre a enseigné qu’ils parlaient la langue de l’Unique du monde : Lashon haqodesh la langue qui parle la sainteté »

 

Voilà quelle était la situation et l’état de l’humanité: une langue commune à tous, et des dialectes particuliers à chaque peuple. C’est là la description de l’universel absolu.

 

Deux remarques à étudier rapidement:

=> pourquoi l’universel s’exprime-t‘il au niveau du langage ?

=> quelle en est la définition ?

 

Il y a en français 2 termes différents : universel et universaliste.

 

Un exemple :

Le Christianisme (comme l’Islam) s’est prétendu être une religion universelle : c’est-à-dire une religion qui doit concerner tout l’universel humain. La formule classique « hors de l’Eglise point de salut », tous les autres sont des infidèles et des hérétiques (pour infidèle cf. le terme moyen-âgeux de « perfides » (per-fides) en dehors de la foi – appliqué aux Juifs) et des hérétiques.

Ce sont des religions qui sont censées concerner tout le monde : Il y a donc un parti-pris impérialiste. C’est la définition de l’impérialisme : c’est ma manière d’être qui doit s’imposer à tous. C’est pour tous, mais c’est ma manière : c’est le contraire de l’universalisme vrai.

 

L’universaliste renvoie à une toute autre doctrine : c’est une doctrine où il y a une place pour tous, comme ils sont, à certaines conditions communes. Le judaïsme est universaliste, mais n’est pas universel. La grande erreur des théoriciens juifs de la diaspora, c’est de se prendre  pour une religion universelle. On arrive alors à des incongruïtés.

 

Le judaïsme est la religion d’Israël et elle est universaliste : il y a une place pour les Français même chrétiens. C’est normal pour un français d’être chrétiens et c’est normal pour un goy d’être goy.

Il y a un raté de la pensée juive en diaspora qui se prend pour une religion universelle.

 

L’universalisme dont parle ce verset est un universalisme cohérent : l’humanité dispose de la même langue, et donc tous les hommes sont frères (il faut se demander pourquoi c’est au niveau de la langue)  mais chacun est lui-même : il n’y a pas d’uniformité dans cette universalité : chaque visage est un génie pour lui-même. C’est un génie défiguré mais un génie pour lui-même.

 

Ce qui est arrivé c’est que la langue unique a disparu parce qu’il y a eu révolte contre le principe d’unité à tous les niveaux. La langue unique a disparu et il n’est resté que les langages particuliers et les hommes ne se sont plus compris. C’est le schéma de l’enseignement de la Bible et non pas l’inverse, non pas cette idée que l’humanité parlait tous la même langue dans une uniformité et puis magiquement chacun se serait mis à parler une langue différente, source d’incompréhension.

 

L’exemple familier de la langue française : la France a construit son unité de langage autour du dialecte de l’Ile de France, le français : c’était une toute petite province qui parlait ainsi. L’académie française a imposé par impérialisme des franciliens à tous les habitants du territoire de la France... C’est une langue littéraire qui par rapport aux autres français est une langue artificielle.  

Safah E’hat le français -  devarim a’hadim les patois et dialectes. Imaginons que le français disparaisse et qu’ils ne restent que les patois…     

 

Pourquoi cette unité doit–elle être au niveau du langage ?

 

Bereshit Chapitre 2 verset 7:

La Torah décrit la formation de l’homme, et le définit comme étant Nefesh ‘Hayah.

 

וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה

Vayyitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah vayipa’h pe'apav nishmat ‘hayim

Et Hashem Elohim forma l’homme poussière prise de la terre et inssuffla dans ses narines (visage) une âme de vie,

vayehi ha'adam lenefesh ‘hayah.

Et l’homme devint Nefesh ‘Hayah.

 

Nefesh est traduit habituellement par âme ce qui n’est pas exact. Il y a toute une doctrine sur l’âme humaine. Selon la tradition, il y a 5 niveaux dans l’âme, dont Nefesh est le niveau inférieur : ce qui fait qu’un corps est animé. Vous voyez d’où vient l’erreur : le mot âme traduit le latin animus-esprit ou anima-âme qui font que le corps est animé. Cela en hébreu c’est le Nefesh, la partie inférieure qui assure les fonctions vitales biologiques. Ce qui fait que l’homme devient le résultat d’une synthèse entre un corps et une âme c’est-à-dire une personne, c’est cela Nefesh ‘Hayah.

 

Le terme hébreu Nefesh a plusieurs définitions :

 

=>  Nefesh = souffle de l’expiration, Roua’h c’est l’inspiration, qui donne en français le mot de esprit. Nefesh est le souffle expiré. C’est le souffle où s’exprime l’identité de la personne en la faisant parler. C’est pourquoi va s’attacher au terme de Nefesh la notion de l’être doué de parole.

 

=>  Nefesh désigne la personne dans sa responsabilité morale. La Torah pour dire lorsqu’il arrivera qu’un homme a fait une faute… La Torah emploie le terme de Nefesh. Nefesh ki Te’heta : lorsque le Nefesh aura fauté… Le corps n’est pas soumis à la responsabilité morale : il fonctione bien ou mal, c’est un problème biologique pour médecin et non pour les moralistes. L’âme n’est pas soumise à la responsabilité morale, elle est pure et reste pure. C’est la personne qui résulte de l’union entre l’âme et le corps qui est soumise au problème moral et donc à la notion de responsabilité : le Nefesh. Par conséquent cela veut dire d’abord ce sens de Nefesh-souffle qui est attesté dans toutes les langues sémitiques. Phéniciens araméen arabe... Ensuite la personne… Ensuite…

 

=>  Nefesh : le cadavre : ce qui reste de la personne lorsque la personne s’en est allée.

 

=>  Nefesh : la tombe : l’endroit qu’occupait la personne lorsqu’elle était personne. Ce qu’il reste et une tombe.

 

=>  Nefesh : la pierre tombale.

 

Ici nous sommes occupés à ce que l’homme est devenu lorsque son corps a été animé par l’âme de vie Nefesh ‘Hayah = personne vivante.

 

Bereshit chapitre 1 verset 24 :

Ici la Torah va nous formuler le projet du Créateur pour le 6ème jour : Nefesh ‘Hayah.

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה לְמִינָהּ, בְּהֵמָה וָרֶמֶשׂ וְחַיְתוֹ-אֶרֶץ, לְמִינָהּ; וַיְהִי-כֵן

Vayomer Elohim totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah

Et Dieu dit: que la terre produise-sorte d’elle même personne vivante suivant son espèce

behemah varemes ve’hayeto-erets leminah vayehi-khen.

La bête les reptiles et les bêtes sauvages selon leurs espéces

 

LE 6ème jour dans sa contribution à la créaiton est de produire une créature qui soit « personne vivante ». Il y a donc dans ce projet Nefesh ‘Hayah – Béhémah – Rémes – Vé’hayto Erets.

Or, qu’y a t’il eu dans la réalisation ?

 

Verset 25 :

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת-חַיַּת הָאָרֶץ לְמִינָהּ, וְאֶת-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ, וְאֵת כָּל-רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב

Vaya'as Elohim et ‘hayat ha'arets leminah

Et Dieu fit les bêtes de la terre (cela correspond à ve’hayeto-erets) selon leur espèce

ve'et habehemah leminah

et la bête selon son espèce

ve'et kol-remes ha'adamah leminehou

et tous les reptiles selon leur espèces

 vayar Elohim ki-tov.

Et Dieu vit que c’était bien.

 

Il manque clairement Nefesh ‘Hayah !

Vous voyez qu’il y a projet, mais dans la réalisation du projet du 6ème jour il y a un décalage : la partie essentielle du projet, la « personne vivante » dans les différents termes explicités : la personne douée de responsabilité morale qui fonctionne comme sujet de la moralité. Et la terre n’a pas réussi à sortir cela d’elle-même.

 

J’ouvre ici une petite parenthèse :

Il y a là une grande querelle entre les évolutionnistes et la Bible. Les évolutionnistes nous montrent l’homme comme le dernier stade d’une évolution menant de l’animal à l’homme. Que ce soit par le mutationnisme, le darwinisme, le lamarckisme… Mais en fin de compte l’homme serait ainsi un animal devenu homme. En fait, la terre aurait d’abord produit des amibes qui se sont modifiées pour finir par faire un homme... La Torah est d’accord avec cette doctrine pour toutes les créatures sauf pour l’homme : Cf. verset 24 : la terre n’a pas réussi à sortir d’elle-même. La nature n’a pas réussi à faire l’homme mais seulement les animaux les plus évolués, il manque le Nefesh ‘Hayah.

 

Verset 26

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ; וְיִרְדּוּ בִדְגַת הַיָּם וּבְעוֹף הַשָּׁמַיִם, וּבַבְּהֵמָה וּבְכָל-הָאָרֶץ, וּבְכָל-הָרֶמֶשׂ, הָרֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ

Vayomer Elohim na'aseh Adam betsalmenou

Et dit Elohim - faisons / a été fait - l’homme à notre image

(Puisque la terre n’y est pas arrivé, Je vais le faire Moi…)

 

et il faut attendre notre verset 7 du chapitre 2 pour que le terme de Nefesh ‘Hayah apparaisse. Et quand Dieu a formé l’homme alors il y a eu Nefesh ‘Hayah dans le monde. La terre n’a réussi qu’à donner le corps de l’homme, mais il fallait que ce corps soit animé pour devenir un homme. Tant que le corps n‘est pas animé par la Nishmat ‘Hayim, en terme talmudique c’est un Golem, une sorte d’être biologique sans âme. Le seul exemple que nous en ayons est le somnambule qui fonctionne comme un homme sans présence à soi. Le Nefesh ‘Hayah du projet n’apparaît qu’avec l’homme.

 

Bereshit verset 7 du chapitre 2

וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה

Vayitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah vayipa’h pe'apav nishmat ‘hayim vayehi ha'adam lenefesh ‘hayah.

 

Rashi sur lenefesh ‘hayah:

לְנֶפֶשׁ חַיָּה

אַף בְּהֵמָה וְחַיָּה נִקְרְאוּ נֶפֶשׁ חַיָּה אַךְ זוֹ שֶׁל אָדָם חַיָּה שֶׁבְּכֻלָּן שֶׁנִּתּוֹסֵף בּוֹ דֵּעָה וְדִבּוּר

Et l’homme fut une âme vivante : Les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Cependant, celle de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.

Il va mettre en évidence que même les animaux sont appelés Nefesh, mais pas Nefesh ‘Hayah. L’être de nature est comme une sorte d’asymptote à l’identité humaine mais n’arrive jamais à la coordonnée homme. Alors Dieu intervient et fait partir la courbe de l’homme à partir du niveau parallèle du sommet de l’asymptote animale. C’est pourquoi il y a analogie entre le point de départ de l’histoire de l’homme avec le point d’arrivée de l’histoire animale. Mais il y a une solution de continuité. Ce n’est pas un animal qui est devenu un homme. L’animal est un être vivant qui n’a pas réussi à être un homme ! Et non l’inverse. Cela explique pourquoi en embryologie, les stades embryonnaires du phoetus humain passe d’abord par ces différents stades mais vont au-delà. Alors que l’embryon de l’animal s’arrête là où il s’arrête. Dit sous forme poétique : l’animal est un homme qui était bête qui n’a pas eu le courage de devenir un homme et qui est resté un animal. Vous voyez que le récit de la Bible n’est ni fixiste ni évolutionniste. C’est tout à fait autre chose.

 

Rashi :

même la bête et l’animal sauvage sont appelés Nefesh mais ce qu’on voulait nous dire ici c’est que le Nefesh de l’homme est la plus vivante de tous, parce qu’elle posséde en plus connaissance et parole.  Nefesh ‘Hayah signifie donc personne vivante douée de parole.

 

Pour la bible, la caractéristique de l’homme n’est pas d’être l’être-pensant mais c’est d’être l’être-parlant. Il y a chez l’animal des conduites asymptotique à la parole, il y a des signaux, des systèmes de signes par lesquels l’animal communique au niveau naturel mais qui n’ont rien à voir avec la parole.

 

C’est le privilège d’Israël d’avoir garder cette langue qui peut parler des choses de la sainteté qu’on appelle Lashon haqodesh.

 

Adam harishon parlait le Lashon haqodesh « l’hébreu des prophètes » qui est différent de l’hébreu commun du Oulpan bien qu’étant la même langue. L’une pour expliquer la vérité et l’autre est un langage de communication des consciences.  

 

Que signifie que la lignée hébraïque ait gardé cette langue unique indépendament de son dialecte propre qui était l’araméen. Nous l’apprendrons par la suite. « Arami oved avi » L’araméen est restée une sorte de langue folklorique.

 

Il est important de comprendre que le caractère spécifique de l’homme pour la Torah c’est d’être capable de parole.

 

Si la Torah nous dit que les hommes avaient la même langue cela veut dire réellement que l’universalité de l’humanité était absolue.   

 

Vous avez remarqué cela, ceux qui suivent un peu la littérature générale, la fascination qu’exerce les problèmes de langage et la communication chez les intellectuels contemporains. C’est un problème de civilisation contemporaine, en particulier la communication entre les générations, ce qui est indiqué par le dernier verset de la Prophétie (Malakhi) : « et il raménera le coeur de pères vers le coeur des fils, et le coeur des fils vers les coeur des pères.... »

Effectivement, il est bien évident que le grand problème de communication est surtout celui entre les pères et les fils. C’est le problème qui obsède les psychologues et les linguistes contemporains parmi lesquels les Juifs sont sur-représentés.

 

On arrive au fait que le caractère spécifique de l’homme pour la Torah c’est beaucoup plus d’être vivant-parlant ‘Haï Hamédaber que le vivant-pensant ‘Haï Hamaskil. Les deux formules sont connues des rabbins. Au moyen-âge est survenue une controverse dans laquelle les philosophes ont préféré le vivant pensant. Descartes disait påar exemple : « Res cogitans -  animal raisonnable – chose pensante ». Les rabbins ont préféré à cette expression ‘Hay Hamaskil - vivant doué d’intelligence - qu’ils connaissent aussi l’expression ‘Haï Hamédaber - le vivant parlant.

 

Je termine en expliquant pourquoi ce choix est important.

Dans la culture moderne on a suffisament d’élément pour le comprendre. On sait maintenant que la pensée peut être impersonnelle. Il suffity de mentionner ce qui se passe dans le monde des ordinateurs. La pensée peut être impersonnelle. La pensée c’est le rapport entre deux notions. Penser signifie peser ensemble - pondérer. Le miskal en hébreu et le sekhel sont deux racines très proches. Je pèse deux notions ensemble, je pense le rapport entre deux notions. Or, la pensée peut être impersonnelle. Je peux mettre la pensée en cage, alors que la parole exprime la présence de quelqu’un, la volonté de quelqu’un. Alors que la pensée n’exprime que le fonctionnement de quelqu’un, et la pensée peut être impersonnelle.

 

L’importance de cette remarque c’est que le fondement de la morale dépend de cette option de définition.

 

Dire de l’homme qu’il est le vivant-pensant c’est dire que il n’y a pas de fondement à la spécificité de chaque sujet, à la dignité de chaque personne comme sujet singulier. Parce qu’il s’agit d’un fonctionnement impersonnel : ça pense, ça vit, et il y a une illusion de quelqu’un que je crois être. Le quelqu’un n’a pas de fondement dans une philosophie où la caractéristique de l’homme c’est la pensée. C’est le drame de l’éthique de la philosophie occidentale qui s’est substituée à la morale.

 

Dans la civilisaiton occidentale contemporaine, on y est féru d’éthique. L’éthique ce sont des conventions de légalité des corporations de métiers. Par exemple, les médecins ont une éthique qui est une convention légale de médecine, ce n’est pas la morale. Les juristes ont une éthique qui sont des conventions légales de juristes...etc. La morale c’est autre chose.

 

C’est un grand débat chez les juristes contemporain, cela veut dire qu’il y a tout une mouvement de juristes français, des Goyim, qui vont fonder une communauté noa’hide pour se grouper autour des 7 Mitsvot de la loi de Noa’h parce qu’ils sont déçus de l’éthique telle qu’elle est comprise dans les corps constitués. Je coris que les médecins suivront par la suite…

<Fin>

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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