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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 12:39

La Teshouvah dans la parashah Nitsvavim  (1988) 2ème partie

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/la_teshouva_dans_parachat_nitsavim/cours_1

Face B - Durée : 35,4 minutes

 

…/…

C’est l’exil qui est la faute et c’est le retour qui est la Teshouvah. Cf. Parshat Nitsavim.

C’est dire que l’expérience de l’exil fait qu’il fera Teshouvah.

 

Alors donc, nous dit la suite du Midrash, Adam harishon a connu la réalité de la Teshouvah et puis cela a été oublié, jusqu’à ce que Moïse vienne et renouvelle ce Psaume sous son propre nom Moïse.

Shéneemar Mizmor shir le yom ha shabat.

 

Ce Psaume fait partie des 10 Psaumes attribués à Moïse et qui se trouve dans le 4ème livre des Psaumes.. Cela commence par « Tefilah lémosheh ish ha Elohim »  et les 10 psaumes suivant sont attribués à Moïse.

En réalité donc le Midrash nous dit que la premiére expérience c’est le premier homme qui l’a eu corrolairement au sursis de Caïn mais que cela s’est oublié qu’on pouvait faire Teshouvah.

Et Moïse l’a restauré.

 

Nous avons déjà beaucoup de données que je vais clore de la manière suivante : La Teshouvah correspond au jour du Shabat. D’après le lien que nous avons vu entre les deux Midrashim. Lorsque Adam harishone a vu qu’on pouvait faire Teshouvah alors il a dit le Psaume du Shabat.

 

L’explication est très simple : C’est que l’alliance du Shabat c’est de reconnaître l’existence du Créateur. Et par conséquent c’est le principe même de toute Teshouvah.

 

Si je décris le comportement de la faute, quelque qu’elle soit, je trouverais à la racine le comportement de celui qui refuse un souverain : « la loi c’est moi qui la dicte ». A la limite, c’est celui qui considère qu’il n’a pas de Créateur. Même si intellectuellement je le sais, mon comportement le nie. Par conséquent, reconnaître de nouveau que je suis sous la souveraineté du Créateur c’est le comportement d’expiation de la faute, c’est le comportement du repentir. C’est le lien entre Teshouvah et Shabat.   

 

Un des chapitres des Tiqounei HaZohar lit le mot de Bereshit sans les lettres de Shabat ce qui donne Yirah. Yirat Shabat. Dès le principe il y a une allusion au Shabat.

 

Le raisonnement est finalement très simple. Le comportement de la faute signifie que c’est moi qui dit ce qu’est la loi : je me conduis suivant ma loi. Cela veut dire que la situation de faute témoigne de ce que je ne reconnais pas la souveraineté du Créateur.

 

Donc reconnaître de nouveau, attester de la souverainté du Créateur, c’est la conduite de la Teshouvah.

 

Reste à expliquer en quoi l’alliance du Shabat consiste essentiellement en la reconnaissance de la souverainté du Créateur.

 

D’après l’enseignement de la Torah, les données sont très simples. La Torah nous dit que le monde a été créé, mais lorsque nous nous confrontons avec le monde tel que nous le connaissons, le monde nous suggère exactement le contraire. Le monde suggère qu’il existe par lui-même et qu’il fonctionne de par lui-même. Le monde ne suggère pas qu’il a un Créateur. Et je pense que de ce point de vue les modernes sont devant une problématique très claire. La pensée scientifique a toute une imprégnation culturelle scientiste qui est que le monde fonctionne d’après des lois déterminées et que c’est du délire de dire que cela a été créé puisque nous voyons que cela fonctionne tout seul...

 

Plus exactement, le monde ne peut suggérer de façon catégorique l’idée qu’il a été créé et l’idée qu’il fonctionne de par lui-même qu’à une conscience déjà convaincue de ce principe. Déjà informée d’autre part. Celui qui a des raisons de croire que le monde est créé, il voit qu’il est créé. Celui qui a des raisons de croire que le monde fonctionne par lui-même, il voit que cela fonctionne par soi-même…

 

Le monde ne dit pas son identité, nous la lisons d’après nos propres options. Rien dans la perception du monde ne peut trancher. Le monde est-il créé ou pas ? Or, la Torah sait cela puisqu’elle nous dit que le monde a été créé. C’est le premier verset. C’est donc que notre perception du monde nous renvoie à une hypothèse différente. Et c’est en particulier le cas de la modernité. Là, le moderne ne peut pas ne pas percevoir cette contradiction, entre l’enseignement de la Bible dans son premier verset et sa représentation du monde. Il ne peut pas esquiver. Remarquez qu’on esquive tout cela.

La familiarité fait que l’on croit pouvoir s’arranger avec des contradictions.

 

Par exemple, les deux premiers versets dont personne ne se rend compte de ce qu’il disent : Au commencement Dieu créa les cieux et la terre : et la terre était en état de chaos ? Elle est chaos mais c’est Dieu qui la crée et elle devrait être O.K. !

Mais le premier étonnement d’abord celui-là : qu’est-ce que cela signifie ? Et d’abord un étonnement préalable : que signifie « Dieu a créé le monde » ? Cela ne se voit nul part. Seul le voit celui qui est informé d’autre part et qui le voit.

 

Exemple : le contenu de l’observation dépend du point de vue de l’observateur. Si un coucher de soleil est perçu et représenté par un peintre, il y voit des nuances de couleurs enchanteresses. Si c’est perçu par un physicien, il se met à calculer les longueur d’ondes des différentes vibrations...

Cela dépend de qui observe. Un croyant devant la beauté du coucher de soleil y verra la preuve de l’existence de Dieu. Si un positiviste observe un coucher de soleil il verra la preuve que cela marche tout seul… etc.

 

Cela veut dire que rien dans la représentation du monde ne tranche. La Torah le sait qui nous dit qu’Au commencement Dieu créa...

 

L’objet du premier chapitre c’est précisément de nous identifier le monde dans lequel nous nous trouvons. Et ce récit nous raconte que Dieu a créé le monde mais au bout d’une certain stade de l’organisation du monde qu’il a créé, il a cessé  d’intervenir et il a transformé le monde dans ce que nous appelons, nous, la nature. C’est ce qui s’appelle dans la Bible le Shabat du Créateur. Dieu cesse d’intervenir et la trace de cette cessation d’intervention transforme le monde de création en nature.

 

Cela veut dire qu’on nous identifie d’abord le monde dans lequel nous sommes. Et le récit de la Torah fait éclater cette contradiction. L’identité du monde c’est une création devenue nature. Et il y a des raisons pour cela. Essentiellement, l’histoire de l’homme devant commencer. Il faut que la création  soit stabilisée en nature, déterminée en nature, pour que l’homme puisse être libre. Parce que si le monde n’était pas régularisé par des lois, la liberté s’évanouirait.

 

Pour que la liberté puisse être effective, il faut qu’elle s’appuie sur un monde de représentations stabilisées. Si je ne sais pas qu’elle est l’état des molécules dans l’instant qui suit je ne peux pas prévoir mon comportement pour l’instant qui suit…

 

C’est très schématique mais voilà ce que cela signifie :

Reconnaître que le monde est dans l’état de Shabat c’est reconnaître qu’il a été créé.

C’est pourquoi tous les textes qui parlent du Shabat reviennent à cela.

 

L’alliance du Shabat c’est l’attestation de l’existence du Créateur, caché derrière l’apparence de la nature. Le jour du Shabat, je me relie au monde en tant qu’il est création. Alors que les 6 jours de la semaine, je me relie au monde avec permission de l’utiliser comme étant nature. Mais cette permission de l’utiliser comme étant nature va me faire oublier qu’il est création.

Alors survient la Mitsvah-commandement : Zakhor et Yom HaShabat :

Le  7ème jour je récupère la relation avec le monde de la création. Et donc je suis dans la position de l’invité chez quelqu’un : le Maître du monde. Alors que pendant les 6 jours je fais comme si c’était moi le Baal Ha-Bayit, le maître du monde. 

 

Donc nous avons la réponse à notre question : le Psaume de la Teshouvah c’est le Psaume du Shabat, parce que c’est l’expérience du Shabat qui est l’expérience de la Teshouvah.

 

Il y a 3 moments dans ce raisonnement :

ð   La faute c’est nier le Créateur.

ð   Le Shabat c’est le reconnaître.

ð   La reconnaissance du Shabat c’est la Teshouvah.

 

Et donc lorsque Adam HaRishone comprend que la Teshouvah est possible, il dit Mizmor Shir LéYom haShabat !

 

Seulement, depuis le temps du premier homme on avait oublié, et Moïse a renouvellé cela. Il ne pouvait donner la Torah qu’avec la clause préalable que la Teshouvah est possible.

 

Je vous monterais précisément qu’au temps de la sortie d’Egypte - dans le récit de la faute du veau d’or plus exactement - la Torah nous donne l’enseignement de la différence de nature entre la mentalité hébraïque qui est prête à accepter la Torah parce qu’elle connait la possibilité de la Teshouvah, et d’autre part la mentalité non-hébraïque dans le cas le plus privilégié : toute cette foule de population sortie d’Egypte avec les Hébreux (Erev Rav) pour participer à l’histoire des Hébreux mais qui encore de mentalité non-hébraïque, ne pouvant pas envisager l’éventualité de la Teshouvah, finalement tombe dans la faute du veau d’or.

 

Je le signale pour ceux qui l’ont déjà étudié : c’est en particulier ce que signifie l’expression « peuple à la nuque raide » : Am Qasheh Oref. On croit, mais c’est une calomnie, que la Torah dit cela du peuple des Bnei Israël. La Torah le dit de ceux qui se sont adjoints à Israël sans connaître ni admettre l´éventualité de la Teshouvah. Je vous donne brièvement les principaux commentaires à ce sujet, en particulier Rashi et Sforno. Rashi dit qu’ils tournent leur nuque à ceux qui leur font de la morale. Sforno ajoute : de telle sorte qu’il n’y a plus aucune chance qu’ils fassent Teshouvah.

 

Lorsque Dieu dit à Moïse : « J’ai vu ton peuple que tu as fais sortir d’Egypte », il ne s’agit pas d’Israël mais de ceux que Moïse a fait sortir avec Israël. « Et voici, c’est un peuple à la nuque raide ». Rashi sur « peuple à la nuque raide » : « qui n’ont pas de chance de faire Teshouvah parce qu’il tournent leur dureté de la nuque à ceux qui les exortent à la moralité »

 

Il y a quelque chose de plus profond dans le sémantisme même des mots, ce défaut d’entêtement  s’est finalement intégrée à Israël avec le Erev Rav  - la population sortie d’Egypte en même temps qu’Israël - mais il faut savoir que d’après la Torah cela ne définit pas Israël mais les Goyim.

 

Je reprends les données de départ :

 

ð   il y a une impossibilité du fonctionnement de la pensée naturelle parce que le temps est irréversible. La seule langue au monde qui connait la réversibilité du temps, c’est l’hébreu. Il y a une expérience de l’être hébraïque que le temps peut être réversible. En tout cas le temps intérieur, le temps moral.

 

ð   D’autre part, la difficulté du point de vue légaliste de la moralité : si la loi c’est les principes impersonnelles, il y a injustice dans la notion de Teshouvah et la réponse est que nous sommes devant quelqu’un avec qui il peut y avoir Pshakhah-compromis. Cf. le texte du Midrash sur Caïn à ce sujet. Avec la loi on ne discute pas mais avec Celui qui a voulu que la loi soit ce qu’elle est et qui a voulu que nous nous soyons comme nous sommes, on peut discuter. C’est cela la possibilité de la Teshouvah.

 

D’une autre façon, on retrouve les intuitions du début : c’est que le commencement de l’expérience religieuse, c’est d’être devant quelqu’un. C’est cette intuition que la Teshouvah est possible. La religion commence là. Le reste c’est de la philosophie. De la philosophie religieuse derrière la loi morale. Et c’est cette espèce de tonalité d’atmosphère pessimiste désespérée qui définit la civilisation humaine lorsqu’elle se situe en dehors de l’espérance des prophètes hébreux.

 

Voilà pour le premier thème que je voulais toucher.

 

***

 

Dans cette exposé vous avez eu tout un ensemble de notions, de termes, de principes. Vos questions, et je terminerais en vous lisant un texte des ‘Hassidim sur la Teshouvah 

 

Q : Psharah ?

R : le mot français compromis est peut-être un peu négatif. On est arrivé après un débat à se mettre d’accord sur les conditions d’un sursis. Mais pour cela il faut qu’il y ait quelqu’un, devant quelqu’un avec quelqu’un. Devant la loi on ne discute pas tant qu’on est encore avec la conception de la moralité, qu’il s’agisse de la transcendance de principe impersonnelle, la notion de Teshouvah est impossible et impensable.

 

Il y a eu cette hypothèse invraisemeblable : je regrette et je fais Tshouvah mais dans l’idée que c’est impossible. Mais il y a l’exigence, l’élan. Et voilà que je rencontre quelqu’un qui parle avec moi...

 

J’ai surtout parlé sur ce point pour ceux qui ont suivi le 2ème exposé de Shmouel Wigoda. Il a analysé longuement une petite Guémara du Yeroushalmi sur la Tshouvah que je vous rappelle brièvement :

 

On a interrogé la sagesse sur le statut du fauteur :

Elle a répondu :

« les pécheurs seront poursuivis par le mal ! »

La prophétie ? La personne qui a fauté mourra ! La Torah ? « Qu’il apporte un sacrifice il sera expié ! »

Dieu ? « Qu’il fasse Teshouvah et il sera pardonné ».

 

L’essentiel de cette Guémara c’est cela : il faut découvrir pour que la Teshouvah soit possible que l’on est devant quelqu’un. Tant qu’on est confronté avec la loi impersonnelle, l’idée de Teshouvah est impensable et renvoie à la désespérance de la mauvaise conscience.

 

Alors, il est évident qu’en dehors des Hébreux d’aujourd’hui beaucoup d’hommes effectuent le comportement de Teshouvah, mais c’est parce qu’ils hébraïsent.

 

J’ai par exemple fait allusion à la position originelle de la théologie chrétienne que l’on peut lire surtout dans les textes de Paul par exemple – et il n’y a aucun compromis possible entre la vision juive et la chrétienne dès l’origine sur ce point. Le refus de la loi vient d’un athéisme profond parce qu’on se mesure à la loi comme s’il s’agissait de la loi romaine ou grecque et non la loi hébraïque dite par quelqu’un. Je sais que je choquerais n’importe quel croyant du christianisme en disant cela mais au bout d’un certain temps, 6000 ans, on arriverait à se comprendre. C’est que le christianisme a été fondé du dedans d’un athéisme radical.

 

C’est un ‘Hidoush de la Torah. Or, il ne pouvait être donné qu’à Israël. Je veux dire qu’Israël est déjà une certaine manière d’être homme capable de percevoir cela. Il y a une nature humaine capable de cela. Cela s’exprime dans sa langue avec le Vav conversif. La capacité d’inverser le temps. Et notre histoire en est la preuve c’est l’histoire d’un Vav conversif. Ce qui a été un passé révolu est devenu un futur absolu, ce qui n’est arrivé dans l’histoire d’aucun peuple. Je pense que c’est clair. Je me souviens à votre âge qu’à l’université on parlait de l’hébreu comme d’une langue morte… Le professeur ne savait pas que dans la salle un petit juif le regardait comme un être préhistorique... Et subitement ce passé décomposé redevient un futur inconditionnel. Et le peuple juif avait un passé hébraïque. Voilà que tout d’un coup il a un futur hébraïque !

Notre histoire est comme cela la preuve que la Teshouvah est possible. Si la Torah s’est adressée à Israël c’est parce qu’il n’y avait qu’Israël qui comprenait l’hébreu !

 

La Torah a été révélée à l’humanité mais elle a été entendue par Israël. L’émission a été captée en direct en Israël et en différé chez les Goyim. Il y avait une manière d’être homme qui était appropriée à la Torah, alors c’est pourquoi Dieu s’adresse à  elle. Les Juifs eux-mêmes ne se rendent pas toujours compte que ce n’est pas par hasard que la Torah est en hébreu.  

 

Une autre question ?

 

Q : inaudible

R : Cela veut dire d’une certaine manière que cela implique qu’il va y avoir des fautes et qu’il faut une soupape de sécurité qui est la Teshouvah. Rappelez-vous ce que j’ai dit de la difficulté des philosophes d’entendre l’idée de création. Il est évident que tant que le monde ne s’est pas mérité, il est en imperfection. L’histoire du monde est l’histoire d’un monde condamné à être imparfait jusqu’à ce qu’il se perfectibilise. Et par conséquent, tant que le monde n’arrive pas à être bien, il est mal. Etant donné qu’il en est ainsi, il faut donc que la Teshouvah soit une des conditions préalables de possibilité.

La Torah nous dit que Dieu a créé un homme. Et par conséquent, dès ce fait-là nous savons qu’il va fauter. Simplement, il y a une atmosphére radicalement différente dans le registre chrétien lisant la bible et le registre hébreu.

 

Quoique du point de vue de l’histoire et du sort individuel des sujets et des personnes, la première faute faite est toujours une catastrophe, assez irréversible.

 

Le terme de « péché originel » peut voir deux sens :

ð   Le premier péché commis, la première faute.

ð   Le péché qui a eu lieu à l’origine et qui pèse sur l’humanité entière.    

 

C’est très différent.

Toute faute commence par ce péché-là. Et ce péché-là c’est parce que lorsque Dieu édicte la loi morale, l’homme choisit lui-même quelle est la loi morale. C’est cela le commencement de toute faute. « Je fais ce que je veux ! »

 

L’atmosphère est tout à fait différente. Pour la tradition juive, quelque soit les conséquences catatstrophiques, l’événement lui-même est une faute de métier, un raté d’identité humaine. Tandis que dans le registre de lecture non-juive, dont chrétienne, de la bible, c’est une tragédie, une malédiction quii n’a pas de réparation. Il faut que d’une certaine manière Dieu lui-même prenne sur lui cette faute pour qu’elle soit levée. C’est la magie.

Ce même texte lu par un non hébreu ou un hébreu a une résultante radicalement différente.

 

Un joli Midrash très profond dit ceci : chaque fois qu’un homme, une femme, meurt Adam harishone vient à son chevet pour lui dire : « mon fils, ma fille, c’est pour ta faute que tu vas mourir pas pour la mienne, que les choses soient bien claires ! »

 

Là aussi il faut démystifier le pathétique de l’idée du mal nécessaire qui s’attache au fonctionnement du monde. Le monde est en apprentissage, donc il n’est pas encore sage. Tant que ce n’est pas abouti c’est encore en chantier.

Tant que le monde est en brouillon il est en brouillon. L’histoire va donc aussi être celle des fautes. Comble de l’humour cela commence comme cela avec un raté. Mais il suffit de réparer.

 

***

 

Rav Kook

 

Paragraphe 6 du Chapitre 5 de Orot haTeshouvah

L’homme se définit par une exigence d’absolu. Or, l’homme est relatif. Il ne peut donc pas être heureux. Il y a une impossibilité du bonheur moral parce que cette exigence d’être parfait se heurte à l’imperfection congénitale de l’homme. La solution est dans l’effort de perfectibilité. Etre constamment en Teshouvah c’est être parfait, alors qu’on est imparfait.

 

C’est là que le Rav Kook donne la solution de la controverse entre Rambam et Ramban en disant que la Teshouvah est un comportement naturel de restauration de la perfection. Cela va dans le sens de Maïmonide : on ne peut pas dire qu’il y ait une Mitsvah qui légifère sur un comportement naturel. La Mitsvah légifère sur la forme du comportement naturel. Il n’y a aucune Mitvah qui dira : « mange ! » mais une Mitsvah qui dira : « voilà comment on mange !»

 

On ne peut pas avoir une Mitsvah qui dise : « Fais Teshouvah ! » Parce qu’à qui s’adresse-t’elle ? A quelqu’un qui a connu l’évidence de la loi. Alors on retrouve l’aristocratie de Maïmonide. On fait confiance à cette personne qu’elle reviendra à son exigence de la loi. C’est inévitable, elle reviendra à sa pureté  originelle. Si elle est authentique et normale. C’est un comportement naturelle, c’est une promesse : « en fin de compte tu reviendras !» Alors quand tu reviens, authentifie en avouant. Cela c’est Maïmonide.

 

Le Rav Kook élargit le principe : un juste, un Tsadik, c’est quelqu’un qui est perpétuellement en Teshouvah, et c’est la conditon de la conscience heureuse. Je veux dire que c’est dans l’effort de perfectibilité qu’est resolue cette contradiction entre l’imperfection et la perfection.

 

En cas de mal commis envers autrui, il faut qu’avec deux témoins j’aille lui dire ce que je lui ai fait et lui demande pardon. Sinon c’est une formalité. Le tort causé à quelqu’un ne peut être pardonné que si on lui demande pardon à lui, pas à moi par pitié de moi-même... 

 

Il faut avoir le courage de dire ce qu’on a fait. Le point le plus difficile de la Teshouvah c’est l’aveu. Quand on est capable de reconnaître en le disant ce qu’on a fait en l’avouant on est guéri. C’est la différence entre le remord et le repentir. Le remord est le signe qu’on n’a pas encore fait repentir. Le repentir est le signe de la guérison. Tant qu’on est dans le remord on est encore malade de ce qu’on a fait.

 

Si on a fait du mal à quelqu’un qui entretemps est mort, comment faire ?

D’après la Halakhah on fait venir un Miniane de 10 personnes devant la tombe pour avouer ce qu’on a fait. Sinon on n’est pas guéri.

 

S’il n’y a pas d’autre question je vais vous lire un texte des ‘Hassidim. Il s’agit d’un enseignement de Rabi Bounam…

.../...

 

< fin >

******

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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