Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 15:08

Nasso (1993)

 

Nasso (1993) 1ère Partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/nasso/cours_1

Face A

 

Ce Shabbat nous avons la Parashah de Nasso qui est la 2ème Parasha du livre de Bemidbar.

La 1ère Parashah était consacrée au dénombrement et celui-ci continue dans notre Parashah par le décompte de la tribu.

 

.../...

 

Q : Au temps de la révélation, est que pour les autres nations autour d’Israël, les 7 lois noachides étaient toujours valables ?

R : elles étaient toujours valables.

Q : est-ce que cela a changé qlq chose pour les peuples ce fait que les Hébreux aient reçu la Torah ?

R : Nous avons étudié la question de Jéthro. A propos de l’histoire de Jethro dans la Parashah Yitro au chapitre 19, pendant tout le temps où Moïse était chez Yitro (40 ans à Midiane), Moïse s’est initié à toutes les sagesses de l’antiquité avant la révélation de la Torah. Et Jéthro est l’un des descendants de l’une des lignées d’Abraham qui a eu la même expérience qu’Abraham, et il a recherché la vérité à travers toutes les religions de l’époque. Le Midrash dit : « toutes les idolâtries de l’époque, les religions païennes ».

 

Toutes les lignées de la descendance d’Abraham se sont très rapidement perdues dans le paganisme des religions sauf la lignée passant par Yits’haq. On sait qu’Abraham a eu deux fils, Ishmaël de Hagar et Isaac de Sarah. A la fin de sa vie, il a eu encore d’autres enfants dont Midian. Cette peuplade de Midiane qui est reliée à l’Israël biblique de manière très directe dans une rivalité d’identité, elle aussi, est devenue une peuplade païenne. Jethro était le grand prêtre de Midiane.

 

Cette histoire que raconte le Midrash qui ressemble en préfiguration beaucoup à la préface de Juda Halévi dans son Kouzari avec le roi des Kazars à la recherche de la vérité. Le roi rassemble toutes les grandes doctrines de son temps pour tenter de comprendre laquelle est la plus proche de la vérité. La peuplade des Kazars finit par se convertir au judaïsme, elle avait à choisir entre le Christianisme et l’Islam. Il y a d’ailleurs des raisons historiques et politiques à tout cela. Le royaume des Kazars est tartare et se rattache à l’identité turque. Ils étaient coincé entre l’empire chrétien du nord et l’empire musulman du sud. Et pour des raisons politiques très importantes ils avaient à choisir soit l’alliance avec les chrétiens soit l’alliance avec les musulmans ; et finalement ils choisissent de devenir juifs. Cela  a duré quelques temps et ensuite ce royaume des Kazars a été conquis par l’Islam. La plupars des Kazars se sont convertis à l’Islam. Enormèment de Kazars sont restés juifs. J’en ai connu quelques uns. Ils sont très autarciques et ne pratique pas l’exogamie. En Israël il y en a énormément. Ils commencent à se mélanger avec les Juifs, mais pendant des années ils ont gardé leur identité tartare d’origine. Ce sont des juifs à 100 %. 

 

Le Midrash explique que Jéthro a essayé toutes les idolâtries de son temps et les a rejeté l’une après l’autre, y compris celle de Midiane. Donc son peuple l’avait mis en ’Hérem, en quarantaine. On l’apprend du fait que c’est une des filles de Jethro qui faisait paître le troupeau.

Le Midrash pose la question : Yitro grand prêtre de Midiane n’a pas de berger au service de son troupeau ? Et le Midrash explique alors la quarantaine qu’il subit...

 

Il faut comprendre que Jéthro se trouve dans la situation même d’Abraham qui a répudié toutes les idolâtries et qui était disponible pour la révélation de vérité.

 

Cependant, Jéthro était encore au stade d’avoir répudié toutes les idolâtries : Moïse n’était pas arriver à le convaincre de la vérité de la révélation à Abraham.

 

J’ouvre une parenthèse pour préciser cela :

Il y a eu une religion naturelle, depuis le 1er homme, qui est une religion de la reconnaissance d’un Dieu unique, créateur du monde, mais connu à travers les lois de la nature.  Il y avait les paganismes du polythéisme mais il y avait une tradition monothéiste des initiés au monothéisme du Dieu unique, mais reconnu comme créateur du monde et gérant l’histoire du monde à travers les lois de la nature. C’est en particulier le monothéisme qui sera gardé jusqu’au temps de Melkitsedek que rencontrera Abraham.

 

Pour ceux qui sont un peu habitués aux textes, dans le dialogue entre Melkitsedek et Abraham  apparait cette différence.

 

Il y a un monothéisme naturel, un monothéisme de la nature, avec un Dieu créateur mais dont la providence s’effectue uniquement par les lois de la nature.

C’est d’ailleurs le déisme des philosophes. C’est très proche comme expérience.

  

La révélation à Abraham est au-delà de la révélation de Elohim, ce Dieu créateur gérant le monde d’après les lois de la nature. C’est la révélation de Hashem qui révèle des valeurs morales en vue du Monde-à-Venir. Il y a donc une différence de nature entre ces 2 monothéismes.

 

Melkitsedek reconnait El Elyon que l’on traduit « Dieu suprême » « Dieu le plus élevé » (à ne pas confondre avec « l’Être suprême » des révolutionnaires dont le sens est très différent et dont concept très tardif qui était la Raison érigée en divinité).

 

Dans ce monothéisme on reconnait que le Créateur a institué toute une hiérarchie de médiations divines pour gérer le monde à travers les lois de la nature, mais qu’il y a « El Elyion » le Dieu supérieur qui était reconnu par les grands initiés du monothéisme. Les polythéistes avaient un culte de toutes les divinités médiatrices alors que ces initiés ne reconnaissaient que le culte du « El haElyon ». Et c’est défini à propos de Melkitsedek « Qoné shamayim vaarets. ».

 

C’est la reconnaissance de la souveraineté du Dieu Créateur mais à travers les lois de la nature. Vous comprenez pourquoi cela bascule perpétuellement dans le paganisme, dans le « naturisme» si j’ose dire. C’est la nature qui est érigée en divinité. C’est le risque perpétuel de ce monothéisme naturel. Dieu connu comme créant le monde mais le gérant à travers les lois de la nature.

 

Pour nous les modernes, c’est évident, comme acquis de la conscience de culture romaine, que les lois de la nature renvoient au déterminisme. Elles sont aveugles et impersonnelles. Par conséquent  ce déisme de Dieu gérant le monde à travers les lois de la nature risque perpétuellement d’identifier la nature avec Dieu. A l’horizon se profile la religion de Spinoza.

 

C’est dire la perte de la perception du lien individuel entre le Créateur du monde et chaque individu de l’homme qui est une conscience libre et et individuelle. Vous comprenez comment ce genre de déisme monothéiste naturiste bascule dans le paganisme de manière systématique.

 

Cependant, à travers toutes les générations il y a des grands initiés de ce monothéisme-là qui ont gardés la pureté de relation avec le Dieu unique El haElyon, « le Dieu des dieux » en langage païen.

 

Dans la rencontre avec Abraham on voit la formule que Abraham oppose à Melkitsedek : c’est

« Hashem El haElyon Qoné Shmayaim Vaarets »

 

Ce monothéisme que je viens de décrire ne reconnait Dieu que Dieu de ce Monde-ci. Dieu qui a créé ce Monde-ci. Alors que dans la révélation à Abraham, le Dieu qui a créé ce Monde-ci est en réalité Celui qui a voulu un Monde à Venir. Et lorsque le nom de Hashem se dévoile dans la révélation, c’est en vue du Monde à Venir. Alors que Elohim c’est en vue de ce Monde-ci.

 

La grande différence Torat Eloqim, Torat Hashem, expression auxquelles vous êtes familiers. Ce qui caractérise la révèlation à Israël, c’est Dieu se reliant à chaque personne individuelle en vue du Monde-à-Venir. Alors que le monothéisme ambiant autour d’Israël c’est le monothéisme sémite qui reconnait un Dieu unique, Créateur du Monde, et gérant le monde à travers les lois de la nature.

 

Ces deux monothéisme n’ont rien à voir entre eux.

L’un c’est le monothéisme de l’unicité de Dieu. On le retrouve dans l’Islam que si il y a un Dieu, il y en a un seul, unique. L’autre est le monothéisme du Dieu Un « Hashem E’had » passant par la triple lignée « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob ». « Hashem E’had » et pas simplement « Hashem Ya’hid ». Je referme cette parenthèse.

 

***

 

Dans cette rencontre entre Moïse et Jethro :

Jethro a cette même expérience que Abraham qui brise les idôles et répudie toutes les idolâtries et devient disponible à la révélation de Hashem.

 

On apprend qu’en 40 ans, Moïse à Midian chez Jethro n’est pas arrivé à « convertir », ou convaincre Yitro, au monothéisme de Hashem: Alors que lors de la révélation du Sinaï, Jethro se rend compte qu’il y a autre chose que le monothéisme naturiste et c’est là que Jethro est venu rejoindre Moïse et se convertir à l’identité Israël.

 

Cela se rattache au noachisme que j’ai beaucoup étudié dans l’oeuvre de Elie Benamozegh (1822-1900).

 

Lorsque Jethro découvre qu’il y a une vérité au-delà du monothéisme naturel il ne peut plus rester au-dehors.

 

L’intention de Benamozeg lorsqu’il a fondé le mouvement noa’hide c’était précisément de pouvoir répondre aux besoins spirituels de ceux qui avaient répudié l’idolâtrie mais qui n’arrivaient pas à la révélation à Israël.

 

Or, l’exemple de Jethro,  que l’on apprend du 1er verset de la parashah de Yitro :

 

Yitro 18:1 :

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ כֹהֵן מִדְיָן, חֹתֵן מֹשֶׁה, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה אֱלֹהִים לְמֹשֶׁה, וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ:  כִּי-הוֹצִיא יְהוָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Vayishma Yitro khohen Midyan ‘hoten Moshe et kol-asher assah Elohim le-Moshe oule-Yisra'el amo ki-hotsi Adonay et-Yisra'el miMitsrayim.

« Vayishmah Yitro » tout de que Dieu avait fait à Israël... » 

 

Et Rashi pose la question : « Qu’a t-il entendu depuis Midian pour venir....

 

Voilà ce qu’il a entendu, compris, après tous les événements de la sortie d’Egypte, ce que Dieu Elohim comme Créateur du monde à travers les lois de la nature a fait en agissant en faveur de Moïse et des enfants d’Israël .

Et la Torah dit : כִּי-הוֹצִיא יְהוָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

ki-hotsi Adonay et-Yisra'el miMitsrayim

lorsque Hashem avait fait sortir Israël d’Egypte.

Voyez ce décalage dans le verset.

 

Nous allons voir tout de suite ce que nous dit le texte pour nous faire comprendre que après ces événements de la sortie d’Egypte, la traversée de la mer rouge, la guerre contre Amaleq et le Maamad har Sinaï et donc la révélation de la Torah au Sinaï, (la source se trouve dans la Guémara) Jethro s’est rendu compte qu’il y a quelque chose au-delà.

 

Verset 8 :

18:8

וַיְסַפֵּר מֹשֶׁה, לְחֹתְנוֹ, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה יְהוָה לְפַרְעֹה וּלְמִצְרַיִם, עַל אוֹדֹת יִשְׂרָאֵל:  אֵת כָּל-הַתְּלָאָה אֲשֶׁר מְצָאָתַם בַּדֶּרֶךְ, וַיַּצִּלֵם יְהוָה

Vayesaper Moshe le’hoteno

et kol-asher assah Adonay le-Far'oh oul-Mitsrayim

al odot Yisra'el et kol-hatla'ah asher metsa'atam baderekh vayatsilem Adonay.

« Et Moïse raconta expliqua à son beau-père,

tout ce que Hashem a fait pour Pharaon et pour l’Egypte.

 au sujet d’Israël des tribulations que Israël a rencontré dans le chemin de la sortie d’Egypte, que HM les  a délivré »

 

Il y a une tendance chez certains à expliquer les événements de la sortie d’Egypte par le fonctionnement des mécanismes naturels des lois de la nature.

C’est l’attitude de Jethro qui prend acte d’un événement important mais cela ne dépasse pas pour lui une certaine péripétie du fonctionnement des lois naturelles.

 

Par exemple, beaucoup de Juifs admettent l’intervention divine lors de la sortie d’Egypte, mais c’est à travers les lois naturelles. J’ai souvent entendu des gens très pieux qui n’arrivent pas à cette foi en « Hashem Dieu d’Abraham » et s’arrêtent à « Elohim Dieu Créateur », disant que Moïse grand savant, connaissait les dates d’éclipses de lune permettant la connaissance des marées et le passage à gué de la mer rouge... C’est le raisonnement de la mentalité naturiste...

 

Le verset nous explique que Moïse a fini par raconter à son beau-père ce que Hashem a accompli, une intervention au-delà des lois de la nature, qui fait qu’il y a eu cette expérience dans l’histoire d’Israël qui va rester le modéle de la foi pour tous les croyants se réclamant de la Bible en dehors d’Israël :  le fait qu’il y ait la possibilité du salut et dêtre sauvé de l’aliénation aux lois de la nature.

C’est le commencement de la foi monothéiste hébraïque biblique telle qu’elle va se diffuser ensuite chez les autres peuples.

 

אֵת כָּל-הַתְּלָאָה אֲשֶׁר מְצָאָתַם בַּדֶּרֶךְ, וַיַּצִּלֵם יְהוָה

« au sujet d’Israël des tribulations que Israël a rencontré dans le chemin de la sortie d’Egypte, et que HM les  a délivré »

 

verset 9

וַיִּחַדְּ יִתְרוֹ--עַל כָּל-הַטּוֹבָה, אֲשֶׁר-עָשָׂה יְהוָה לְיִשְׂרָאֵל:  אֲשֶׁר הִצִּילוֹ, מִיַּד מִצְרָיִם

Vayichad Yitro al kol-hatovah asher-assah Adonay le-Yisra'el

asher hitsilo miyad Mitsrayim.

Yitro a tremblé (de joie ou de crainte) et il découvre ce que signifie ‘Hashem est un’ pour Israël, en ce qu’il l’a délivré de la main de l’Egypte.

 

Verset 10

18:10

וַיֹּאמֶר, יִתְרוֹ, בָּרוּךְ יְהוָה, אֲשֶׁר הִצִּיל אֶתְכֶם מִיַּד מִצְרַיִם וּמִיַּד פַּרְעֹה:  אֲשֶׁר הִצִּיל אֶת-הָעָם, מִתַּחַת יַד-מִצְרָיִם

Vayomer Yitro baroukh Adonay asher hitsil etchem miyad Mitsrayim oumiyad Par'oh asher hitsil et-ha'am mitachat yad-Mitsrayim.

« Yitro dit : Baroukh Hashem qui ... »

Il reconnait enfin Hashem au-delà de Elohim.

 

Voilà la question : la possibilité d’être monothéiste, à travers les lois noa’hiques, à la manière de Jethro jusqu’à la rencontre avec Moïse. Mais à partir du moment où Jethro a rencontré l’événement de la révélation de Hashem, la source de la Guémara donne trois illustrations de cette expérience de Jethro :

ð   Qriat Yam Souf – le passage de la mer rouge

ð   La guerre contre Amaleq

ð   Matan Torah – la révélation de la Torah

 

A partir de ce moment où Jethro a cette expérience de la réalité qui lui fait comprendre qu’il y a quelque chose au-delà des lois de la nature, il ne peut plus rester en dehors et alors il vient rejoindre Moïse.

 

C’est ce qui est arrivé au mouvement noa’hide qu’a voulu refonder Elie Benamozeg, grand rabbin d’Italie du siècle dernier, originaire du Maroc. Un séminariste français nommé Aimée Balière à Lyon rencontrait des problèmes dans ses études théologiques au sujet de peuple juif a voulu se rapprocher de la communauté juive : il rentra dans la synagogue de Lyon au moment de Kol Nidrei à Yom Kipour. Il a eu un choc et sa recherche l’a conduit jusqu’au Rav Benamozeg. Il voulait se convertir au judaïsme mais le Rav l’a persuadé de fonder un mouvement noa’hide pour les non-Juifs.

 

Parce qu’il y a énormèment de non-Juifs qui sont déjà dans cette expérience d’avoir répudié l’idolâtrie, fût-elle celle de leur religion d’origine, et qui savent de plus que la vérité est en Israël mais qui ne peuvent pas entrer en Israël parce que leur anthropos, leur manière d’être homme n’est pas compatible avec cette manière d’être homme. C’est un drame ces membres des nations qui savent que la vérité est en Israël, qui rejettent les idolâtrie de leur nation mais qui ne peuvent pas rentrer en Israël.

 

La cas de Jethro est le cas particulier de ces Goyim qui découvrent la vérité et ne peuvent pas rester en dehors.

J’ai l’impression que c’est ce qui est arrivé à Aimée Balière.

Benamozeg est à l’origine de ce mouvement pour ces chrétiens déchristianisés qui ne peuvent pas se convertir pour différentes raisons. A la fin de sa vie il était très malheureux. Il a été l’inspirateur de la communauté de la rue Copernic. Il faisait les meilleurs sermons chez le Rabbin  Louis Germain Lévi. A la fin de sa vie il a demandé à être enterré d’après le rite catholique et le rite juif. Il est resté au milieu.

 

Normalement, autour du judaïsme, il y aurait dû y avoir le noa’hisme pour les nations non-juives.

La réaction du polythéisme a été d’inventer une pseudo-identité israélienne pour Goyim.

 

J’ai beaucoup parlé de cela avec des chrétiens qui me disent : « nous sommes Israël, nous sommes les vrais juifs !» Chez eux c’est symbolique, c’est mystique : c’est ce que Saint Paul leur a donné : restez Goy et on vous bâtisera Israël.

3 manière d’être possibles :

ð   Juif de la Torah,

ð   Ben Noa’h,

ð   ou païen

 

Il semble bien qu’il y ait dans la nature humaine un refus de rester sur le seuil. Le noa’hisme n’a jamais réussi sociologiquement jusqu’à notre temps sans doute à cause de ce ressort de la nature humaine, sorte d’orgueil narcissique, qui se refuse à rester sur le seuil et de la difficulté à admettre de ne pas être dans la maison. Il existe de très fortes communautés noa’hides aux USA, ex-chrétiens, qui se comptent par dizaines de milliers, principalement animées par des rabbins Loubavitch, qui ne sont plus chrétiens. Les tentatives françaises n’ont pas pris.

 

Pourquoi ces trois catégories évoquées pour Yitro ?

ð   Qriat yam souf

ð   Amaleq

ð   Matan Tora

 

Cela se rattache à ce mystère de la permanence d’Israël.  Le monde entier se déchaine contre Israël depuis l’origine : 4000 ans d’acharnement sur Israël depuis l’origine à travers tous les Amaleq de l’histoire, et malgré tout Israël sort victorieux. Cela ne peut pas ne pas frapper les gens de bonne foi.

 

Ce sont trois expériences différentes :

ð   Ben Adam la maqom

ð   Ben Adam la’havero

ð   Ben Adam laatsmo

 

ð   Les uns sont sensibles au fait qu’on peut être sauvé de l’aliénation des lois de la nature => Qriat Yam Souf.

ð   Les autres sont sensibles au salut de l’antisémitisme => Amaleq

ð   ou sensibles à la révélation de Dieu parlant aux hommes => Matan Torah

 

La mentalité païenne traduit ce fait que Dieu a parlé à l’homme par la croyance que Dieu s’est fait homme. Pour un Goy, un Dieu qui parle à l’homme doit forcément être un dieu-homme.

 

.../...

 

Yitro verset 17 chapitre 19

19:17

וַיּוֹצֵא מֹשֶׁה אֶת-הָעָם לִקְרַאת הָאֱלֹהִים, מִן-הַמַּחֲנֶה; וַיִּתְיַצְּבוּ, בְּתַחְתִּית הָהָר

Vayotse Moshe et-ha'am likrat ha'Elohim min-hama’haneh vayityatsvou beta’htit hahar.

 

On va étudier une Guemara sur le problème suivant :

Israël arrive au pied de la montagne du Sinaï et Dieu va se révéler à Israël.

 

L’événement est d’un autre ordre que simplement celui de la prophétie car les théologiens utilisent le nom de « théophanie » pour dire la révélation de Dieu, mais qui transcende la prophétie à proprement parler : c’est Dieu qui se révèle à une collectivité humaine.

Or, il y a là quelque chose de beaucoup plus haut que la prophétie.

Dans la parole prophétique, Dieu se révèle aux hommes capables d’être prophètes.

Mais au Sinaï il y a quelque chose de plus.

Si le peuple avait besoin de Moïse comme prophète, c’est que ce peuple n’était pas à la hauteur d’être prophète comme Moïse. Et voilà que Dieu se révéle à tous quand même. Donc cette révélation de Dieu à la collectivité d’Israël, alors même qu’elle n’est pas au niveau de Moïse, c’est un événement de théophanie qui dépasse le fait de prophétie quand même.

 

Entre autres, pendant cet événement théophanique, de la révélation de Dieu au Sinaï, tous les hébreux ont été prophètes au moment des 10 commandements. Mais il y a quelque chose de plus.

C’est le fait que Dieu se révèle au peuple tout entier et pas seulement à Moïse.

 

On a appris d’autre part que, la raison pour laquelle Dieu s’est révélé sur le Sinaï, c’est pour habiliter la mission de Moïse comme prophète de la Torah. On l’apprend du chapitre 19.

 

Mais la question est la suivante :

Où se trouve, à quel niveau est le mérite d’Israël, d’avoir accepté la révélation du Sinaï ? Car si on comprend bien de quoi il s’agit, il ne pouvait pas faire autrement ! Si Dieu se révèle, la liberté disparait. Où se trouve le mérite d’Israël d’avoir accepté quand Dieu propose la Torah ?

Puisque quand Dieu propose la Torah Il se révèle à Israël et cette révélation supprime la liberté de l’homme ! Où est alors le mérite ?

 

19:17

וַיּוֹצֵא מֹשֶׁה אֶת-הָעָם לִקְרַאת הָאֱלֹהִים, מִן-הַמַּחֲנֶה; וַיִּתְיַצְּבוּ, בְּתַחְתִּית הָהָר

Vayotse Moshe et-ha'am

likrat ha'Elohim

min-hama’haneh

vayityatsvou beta’htit hahar.

« Et Moïse fit sortir le peuple

à la rencontre de Dieu

à partir du camp

et ils se tinrent au pied de la montagne »

 

Le verset 3 se rattache à l’analyse précédente =>

Yitro 19:3

וּמֹשֶׁה עָלָה, אֶל-הָאֱלֹהִים; וַיִּקְרָא אֵלָיו יְהוָה, מִן-הָהָר לֵאמֹר, כֹּה תֹאמַר לְבֵית יַעֲקֹב, וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל

OuMoshe alah el-ha'Elohim

vayikra elav Adonay min-hahar lemor koh

tomar leveyt-Ya'akov vetageyd livney Yisra'el.

« et  Moïse monta vers Elohim,

et Hashem l’appella du haut de la montagne pour dire...»

 

Ce verset définit très exactement tout ce qu’on a appris précédemment. Moïse a été capable de s’élever jusqu’au nom Elohim, alors Hashem l’a appelé depuis la montagne...

 

Dans le rite des Sfardim durant les Psaumes de Shavouot, il y a le verset suivant

« La montagne que Dieu Elohim a choisi pour y résider, même Hashem y résidera » 

Cela veut dire : Il faut arriver jusqu’au niveau Elohim pour être appelé par Hashem.

 

Voilà notre verset 17 à propos de l’expression de la fin de notre verset

« Et il se tinrent au pied de la montagne »  

La Guémara va lire le mot veta’htit dans un sens plus profond que le sens habituelle comme si il y avait écrit « ta’hat hahar » en dessous de la montagne.

 

Un enseignement très important à la suite du verset « ils s’assemblèrent au pied de la montagne » Pourquoi ai-je besoin de savoir qu’ils s’assemblèrent au pied de la montagne ?

 

C’est qu’en réalité, il s’est passé un événement surnaturel  que la montagne a été levée « au-dessus  d’eux » et qu’ils se sont tenus « sous la montagne ». Voilà ce qu’enseigne Rabbi... (?) Bar Ama : « Cela nous apprend que Dieu a renversé sur eux la montagne comme une chappe et leur a dit : si vous acceptez la Torah c’est bien sinon là sera votre tombe ! »  Un couvercle de bassine

 

Objection => Comment est-ce possible ? En quoi était-ce nécessaire ? Ils ne pouvaient pas faire autrement !

 

Une explication très profonde du Maharal nous dit ceci :

La Torah n’est pas de l’ordre du refus ou de l’acceptation, c’est la condition même de notre identité.

Cela signifie : Si on coïncide avec la Torah qui est notre essence, c’est bien, sinon on disparait.

 

Et l’histoire a montré que ne sont restés, à travers les siècles et les civilisations, que les membres d’Israël fidèles à la Torah.

 

Toutes les parties d’Israël qui, d’une manière ou d’une autre, ont été séparées de la Torah, ont fini par disparaître. La Halakhah décide que tous les Juifs sont juifs, mais au niveau historique, tous les juifs qui ont quittés la Torah ont disparu.

 

C’est la 1ère explication du Maharal. Il y a une impossibilité de dire « non ».

C’est clairement exprimé par la formule du Talmud. Soit vous acceptez la Torah soit vous disparaissez... D’où notre question : où est le mérite ?

…/…

lire la suite

 

*******

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche