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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:22

Morale et Cataclysme Naturel

(Peri Tsadik Voyant de Lublin sur Genèse) 1981

 

Cours 4

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/morale_et_cataclysme_naturel/cours_4

Durée : 30,4 minutes - Face C - 151 03

…/…

(Manitou) : D’après cette symbolique, l’eau se rattache à la midat ha’hessed, c'est-à-dire un effacement doux, alors que le feu se rattache à la midat hadin, c’est un effacement dur.

 

R : (David Messas) : L’eau et le feu c’est Israël. Esh oumayim c’est Shamayim. Et le trône de Dieu c’est Shamayim.

Yeshayahou 66.1 :

הַשָּׁמַיִם כִּסְאִי, וְהָאָרֶץ הֲדֹם רַגְלָי  

« Shamayim Kissi veHaAretz Hadom Raglaï »

« Le ciel est mon trône et la terre mon marchepied »

Le trône de Dieu c’est la rencontre des eaux avec le feu : c’est le feu qui peut être en contact avec l’eau sans s’éteindre et l’eau qui est chauffée par le feu sans s’évaporer. C'est-à-dire un monde dans lequel les éléments ne vont plus s’opposer et s’autodétruire mais coexister en devenant féconds.

On dit ainsi :

« Osseh Shalom Biromav ou Ya’asseh Shalom Aleinou » 

Que Celui qui fait la paix dans Ses hauteurs fasse la paix sur nous.

C'est-à-dire que de même que les contraires inconciliables arrivent à se rencontrer et devenir féconds, on demande que le peuple juif qui vit dans les contradictions les plus grandes comme l’eau et le feu mélangés puisse vivre au sein de ces contradictions qui coexistent et deviennent fécondent.

Maharal va un peu plus loin et dit que le feu représente Israël et Mayim représente les peuples. La rencontre entre Israël et les peuples doit être celle de la proximité du feu avec l’eau. Non la séparation sans aucun effet l’un sur l’autre, non le mélange détruisant les deux, mais la proximité de telle sorte que l’un reçoive de l’autre. L’eau reçoit plus car elle se chauffe au contact du feu qui reste identique. Le feu qu’est Israël doit se rapprocher au maximum des eaux des nations sans se confondre et disparaitre. Se rapprocher pour les chauffer sans disparaitre : Esh oumayim.

Ceci dit, si la promesse a été faite de ne pas détruire le monde par l’eau, cela signifie que la promesse nous est faite pour que l’enseignement du déluge nous aide à éviter ce deuxième déluge. Un enseignement qui nous préviendra quoiqu’il arrive de ne plus jamais aller à cet extrême. La même situation que les premières et les secondes tables de la loi. Les premières tables de la loi ont été brisées, cela correspond exactement au déluge, mais les deuxièmes tables de la loi ne pourront jamais être brisées car elles furent données à Yom Kipour. Il y a en elles en même temps une dimension nouvelle qui est Kipour qui introduit un élément nouveau qui n’est pas simplement la connaissance. Mais cela demanderait une autre étude.

 

Manitou : je faisais allusion à quelque chose d’un peu différent. C'est-à-dire qu’il y a une promesse et c’est l’alliance de Noa’h, qu’un déluge d’eau ne reviendrait pas. Mais il n’y a pas de promesse qu’un déluge de feu ne vienne pas. Or, les hommes aujourd’hui ont tout préparé pour ce risque du déluge de feu.

 

Q : inaudible.

R : David Messas : Le déluge a duré 40 jours et non pas une année.     

Manitou : Vous voulez dire que l’année dans laquelle a eu lieu le déluge n’est pas comptée dans la chronologie ?

David Messas : C’est un temps entre parenthèse.

 

Q : inaudible.

R : oui il y a une controverse, mais la guémara conclut tout de même qu’on ne doit pas faire de calcul. Parce qu’en réalité on sait compter les comptes, mais on peut seulement dire que ce temps-là est un temps messianique possible : un temps dans lesquelles toutes les conditions sont présentes pour l’arrivée du Mashia’h. Mais il peut ne pas arriver quand même, par manque de mérite…

 

Sanhédrine 98a :

Rabbi Yehoshoua ben Levi, se promenant, rencontra adossé à l'entrée d'une caverne, le prophète Élie, à l'endroit où était enterré Rabbi Shimon bar Yo'haï.
Il lui demanda : Ai-je une part dans le monde à venir?
Il (Élie) répondit : si le Maître le veut.

Rabbi Yéhoshoua ben Lévi dit : "J'en ai vu deux, mais j'ai entendu la voix d'un troisième"

Il lui demanda ensuite : Quand viendra le Messie?
Il répondit - Vas et demande-lui.
Où le trouverai-je?, s'enquit le Rabbi.
A la porte de Rome
Et comment je vais le reconnaître?

Il est assis avec les pauvres affectés de toutes sortes de maladies. Tous défont et refont leurs pansements en seule fois, mais lui, il fait et refait ses pansements, les uns après les autres, en disant ceci: 'Lorsque je devrai amener la Délivrance, il ne faut pas que je sois retardé à refaire tous mes pansements!'

Il (Rabbi Yehoshoua ben Levi) alla donc, et le salua :

-Paix sur toi, mon maître et professeur !
-Paix sur toi, fils de Levi (Ben Levi) !
-Quand viendras-tu, Maître?
-Aujourd'hui !
A son retour auprès d'Élie, Élie s'enquit :
que t'a-t-il dit ?
-Paix sur toi, fils de Levi !
Par cela, il t'a assuré, ainsi qu'à ton père, une portion du monde à venir.
Il ne m'a pas parlé vrai, il a dit qu'il viendrait aujourd'hui, mais il ne l'a pas fait!
Il (Élie) lui répondit :
C'est ce qu'il t'a dit : « aujourd'hui, si vous entendez Sa voix » (Psaumes 95:7)

 

Le Mashia’h désire venir et il hurle chaque jour mais il n’y a pas d’oreille pour l’entendre.

 

R. (Manitou) : Un enseignement du Maguid de Douvno à propos de votre question. A l’époque à la grande foire de Leipzig un marchand emmena avec lui son petit-fils. Le petit-fils s’impatienta de la longueur de la route et demandait sans cesse quand il arriverait. Son père excédé, lui interdit de demander le moment d’arrivée, il verra bien quand cela se passera. Vers la fin du voyage le père demanda au cocher quand ils arriveraient. Son fils s’en étonna. « Tu m’interdis de demander et tu demandes toi-même ? » Son père lui répondit : « Quand la fin est lointaine c’est interdit de compter pour savoir quand on arrive, mais quand la fin est toute proche, alors il faut demander… »

 

Q : inaudible.

R : (David Messas) :

Je pense qu’ils ont vécu ce temps-là avec une intensité extraordinaire.

« Vatisha’het HaAretz - ils se sont pourris » dit le texte. C’est effectivement un moment de problème, un moment de choix et ils ont choisi. Il ne restait que Noa’h. Noa’h seul est resté, et ils ont basculé le monde tout entier vers la déliquescence, le monde a fondu. Il n’y avait plus de consistance dans le monde. Non par laisser-aller mais par décision. C’est quelque chose de fondamental dans la Bible, la méchanceté ou le mal ne tombe pas du ciel, c’est l’homme qui a choisi de se détruire en détruisant le monde. Il a choisi. 

Je ne crois pas qu’il puisse y avoir discussion. Qu’en penses-tu Manitou ?

R : Non, le verset que David a cité est très clair : « Vatisha’het HaArets », c’est la terre qui s’est détruite elle-même ».

 

Q : inaudible

R : (Manitou) : La destruction du temple a eu lieu mais le temple peut être reconstruit. Il est important de noter que la guémara établit la définition du travail par rapport aux travaux qui étaient nécessaire précisément pour la construction du temple. Ce sont ces travaux qui sont d’ailleurs interdit le Shabat.

« Goy sheshabat ‘hayav mita ».

Etudiant on étudiait en ethnologie une enquête faite à Chicago à la fin du siècle dernier sur la demande de la mairie intriguée par le fait suivant : le jour du dimanche était le jour où il y avait le plus de travail pour la police dans tous les quartiers, alors que le jour du Shabat dans les quartiers juifs de Chicago la police faisait elle aussi Shabat ! La mairie a convoqué une commission de psychologues, sociologues et ethnologues et de théologiens pour essayer de comprendre. Cela m’a aidé à comprendre cette phrase de la guémara. Celui qui n’a pas accepté la loi morale et qui n’occupe pas son temps au travail reste disponible pour toutes fautes possibles et se met lui-même en situation de danger de mort. Par conséquent, il y a un lien entre la notion du Shabat telle qu’elle a été expliquée et ce thème de la disponibilité du temps de l’homme pour la vie humaine. Puisque tant que nous ne sommes pas libérés des contraintes économiques, le temps de l’homme est investi dans un niveau inférieur. On pourrait dire qu’on passe son temps à gagner sa vie et qu’on n’a pas de temps pour exister, sauf le temps du Shabat où on existe comme homme.

D’une certaine manière on peut dire que la pratique du Shabat est de l’ordre du Beit Hamiqdash. Mais je ne vois pas en quoi l’existence physique du temple de Jérusalem empêcherait ce processus de libération des contraintes économiques, sinon sur un point peut-être : toutes les conduites économiques entrainent des fautes, des fautes non voulues expressément, mais les rapports économiques compromettent l’homme dans tout un système. Cette analyse morale recoupe l’analyse marxiste, chaque produit de consommation est contaminée par une faute d’exploitation. Par conséquent, le seul fait que nous soyons donnés au problème économique nous met en situation de culpabilité. Et la fonction du temple de Jérusalem est une fonction de déculpabilisation par le culte des sacrifices. Le caractère de chute du problème économique est aggravé par la situation d’absence du temple, mais il y a d’autres fonctions d’expiation de la faute.

 

Q : inaudible

R : Justement, il avait 120 ans pour le faire, mais le reproche qu’on peut lui faire c’est qu’il ne l’a pas fait. Le texte dit :

6.9

ט אֵלֶּה, תּוֹלְדֹת נֹחַ--נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה, בְּדֹרֹתָיו:

 

Dans sa génération : Certains de nos maîtres y voient un éloge : à plus forte raison, s’il avait appartenu à une génération de justes, aurait-il été encore plus juste. D’autres y voient un blâme : il était un juste dans sa propre génération, mais s’il avait appartenu à celle d’Avraham, il n’aurait compté pour rien (V. Sanhèdrin 108a, Beréchith raba 30, 9).

Et Rashi nous dit qu’il était tsadiq, et il le compare à Avraham pour lequel il est dit : « Hitalekh lefanaï veyiyheh tsadiq ». De Noa’h on dit qu’il était tsadiq au passé, tsadiq à l’intérieur d’un cadre dans lequel il s’est enfermé.

…/…

 Tandis qu’Avraham et son peuple n’est jamais à l’intérieur d’un cadre, dans une identité fermée : Hitalekh Lefanaï : marche devant Moi, c’est donc lui qui fait marcher Dieu qui suit sa démarche. Et il doit devenir un tsadiq. Avraham a lui un chemin à parcourir et à faire parcourir à Dieu, alors que Noa’h est celui qui a reçu et qui s’enferme à l’intérieur de ce qu’il a reçu. Il le réussit très bien pour lui-même mais il ne sait pas que sa vocation et sa mission est d’être pour les autres. Il n’a pas réussi, et il a fait tout ce qu’il a pu.

 

La 2ème explication :

Si Noa’h avait été dans la génération d’Avraham il n’aurait pas compté comme tsadiq.

Le texte est important dans sa conclusion : que signifie être fils d’Avraham ? C’est marcher de tel sorte que Dieu suive. Faire en sorte d’être continuellement responsable de l’autre. Etre juif c’est être responsable. Ne pas assumer complètement cette responsabilité vis-à-vis de l’autre c’est être noachiste plutôt que abrahamiste. Avraham par définition s’appelle Av Amon Goyim - père de la multitude des nations. Il n’est Avraham que dans la mesure où il est père de quelqu’un, parce qu’il est père de la communauté humaine toute entière, tandis que Noa’h s’est enfermé à l’intérieur de cette arche.

Après la faute du veau d’or et la décision de Dieu de détruire le peuple, Mosheh fait du chantage. Il demande à être effacé lui plutôt qu’Israël.

Shemot - Ki Tissa 32.32

לב וְעַתָּה, אִם-תִּשָּׂא חַטָּאתָם; וְאִם-אַיִן--מְחֵנִי נָא, מִסִּפְרְךָ אֲשֶׁר כָּתָבְתָּ.

  32 et maintenant, si tu voulais pardonner à leur faute!... Sinon efface-moi du livre que tu as écrit."

 

Cela veut dire qu’il y a deux conduites de HQBH : soit le face à face panim el panim soit c’est ayin.

Ve-Im aïn mé’héni na misifrekha asher katavta…

Manitou : Et c’est le même mot : mé’héni na cela fait aïn.

 

(David Messas) : Et le texte nous dit que Dieu a consenti à la demande de Moïse et il est revenu. Cela prouve la force de l’homme. Le talmud paraphrase tout cela en disant :

Tzadiq Gozer, VeHaQadosh Baroukh Hou Mikayem - le tsadiq décide et Dieu exécute. Voyez jusqu’où peut aller la responsabilité juive et le sens de l’engagement du judaïsme, non pas seulement recevoir et se soumettre, mais il s’agit de provoquer.

 

(Manitou) : Pour terminer avec cette question, je citerais deux commentaires. Effectivement, l’idée générale est que Noa’h a essayé pendant 120 ans de faire revenir sa génération dans le chemin du bien. Mais précisément le fait qu’il n’ait pas réussi est suspect.

Le père du Shlah dans son commentaire sur la Torah à propos d’un verset qui raconte l’histoire de l’entrée de Noa’h dans l’arche : « rentre dans l’arche parce que je t’ai vu toi tsadiq devant moi ».

 

 7.1

וַיֹּאמֶר יְהוָה לְנֹחַ, בֹּא-אַתָּה וְכָל-בֵּיתְךָ אֶל-הַתֵּבָה: כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי, בַּדּוֹר הַזֶּה

Et Hashem dit à Noé: "Entre, toi et toute ta famille, dans l'arche; car toi Je t’ai vu juste devant Moi dans cette génération.

 

7.5

וַיַּעַשׂ, נֹחַ, כְּכֹל אֲשֶׁר-צִוָּהוּ, יְהוָה

Noa’h fit tout ce que lui avait ordonné l'Éternel.

 

Le père du Shlah explique que Noa’h aurait dû refuser. Le verset semble de trop, comme pour nous indiquer qu’il aurait dû refuser pour empêcher le déluge de survenir et provoquer un sursis supplémentaire puisque Noa’h ne pouvait pas être détruit. 

 

Le 2ème commentaire à propos du verset qui nous dit que Noa’h a été sauvé :

6.8

ח וְנֹחַ, מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְהוָה.

Littéralement cela veut dire : Noa’h a trouvé grâce aux yeux de Dieu.

Et le Midrash ajoute : Aval bé-einei Noa’h mais dans les yeux de Noa’h, HQBH lo matsa kloum afilou dimâ - Dieu n’a rien trouvé même pas une larme.

Dieu annonce l’effacement de l’humanité entière et Noa’h ne pleure pas ! Et donc il y a ici la définition d’un juste qui au fond ne se sauve que lui-même. Et par conséquent, son mérite n’a ainsi aucune commune mesure avec celui d’Abraham ou de Moïse.

 

Q : inaudible.

R. Manitou: Il y a des justes aux yeux secs.

David Messas: Et les yeux sont l’ouverture du cœur.

Le midrash du midrash explique : Dimâh (dalet mem ayin hé) qui veut dire une larme a les mêmes lettres que le mot Madouâ (mem dalet vav ayin) qui signifie pourquoi ? Noa’h n’a pas eu le courage de demander à Dieu pourquoi ?

 

Q : inaudible

R : (David Messas) : C'est-à-dire que pour pouvoir évacuer le problème de Adam HaRishone il fallait que sur le plan du développement de l’histoire de l’humanité cela passe par dix personnes, dix générations, car ces dix générations ensembles auraient constituées l’unité humaine à travers laquelle et autour de laquelle ce problème pouvait être évacué. Et il fallait absolument qu’il y ait dix générations pour avoir conscience de cette shlémout. Si la Torah a parlé de 10 générations c’est qu’on ne peut évacuer un problème que dans la mesure où il y a conscience de shlémout. Et les chiffres ont leurs symboles vécus et vivants, c’est à ce stade et ce moment seulement que ce problème pouvait être évacué.

R : (Manitou): C'est-à-dire qu’il y a une identité humaine qui a été mise en jeu dans l’histoire. Par conséquent,  un sursis est donné jusqu’à ce que tous les visages et les possibilités de cette identité aient été mis en jeu, et donc c’est à la fin que le jugement se fait.

 

Q : inaudible

R : Je vous propose de parler de Métoushéla’h mardi soir lorsque je parlerai du même sujet. Simplement, pour répondre, il est mort le jour où le déluge devait avoir lieu, et un sursis supplémentaire de 7 jours a été donné à l’humanité pour le deuil de la mort de Métoushéla’h. 7 jours supplémentaires de sursis où l’humanité aurait pu prendre conscience qu’il se passait quelque chose et aurait pu se repentir. Mais même cela n’a pas servi. 

En fait, l’idée développée, c’est que le sursis a été donné jusqu’au bout, et lorsque le temps de sursis est arrivé au bout et que le qets, la limite est apparue, alors le temps du bilan apparait avec.

Une mishna au chapitre 5 des Pirqey Avot dit : la preuve de la patience infinie de Dieu est que le déluge n’est survenu qu’après dix générations. Cela semble contradictoire. Si la patience est infinie pourquoi dix générations seulement ? Cela veut dire que la patience est infinie mais il y a un rendez-vous fixé jusqu’à l’épuisement du sursis donné à l’identité humaine. Dans le terme de shlémout, la notion de plénitude : l’histoire de cette manière d’être homme qu’on appelle le premier homme, va jusqu’à sa plénitude, et c’est à ce moment-là que le bilan est fait.

 

(David Messas) : Une idée sur la mort de Métoushéla’h : effectivement 7 jours après, le déluge a commencé. La mort d’un juste de la dimension de Métoushéla’h peut être comparée à la mort d’un autre juste qui est Avraham. Il y a quelque chose de frappant : le jour de la mort d’Avraham survient quelque chose de très grave. Ce jour-là Essav a blasphémé. Il aimait beaucoup son grand-père et le voilà d’un coup confronté à l’idée de la mort. Il abandonne tout.      

 

 25.29

וַיָּזֶד יַעֲקֹב, נָזִיד; וַיָּבֹא עֵשָׂו מִן-הַשָּׂדֶה, וְהוּא עָיֵף.

Yaaqov cuisina un plat et Éssav vint des champs, il était fatigué.

 

Fatigué, las de vivre car confronté à l’idée et à la vision concrète de la mort. Il avait tout abandonné. Ce jour-là Yaaqov préparait des lentilles. Selon le midrash c’est le repas des endeuillés. C’était le décès d’Avraham. La mort ici, au lieu de provoquer une réflexion, a provoqué une révolte.

Je pense que c’est exactement pareil pour Métoushéla’h. Sa mort au lieu de pousser à la téshouvah a poussé les hommes à aller encore plus loin, car confrontés à la mort et au néant, il y a la rencontre tragique avec le temps qui conduit soit à la réussite soit au grand échec. Donc la mort de Métoushéla’h pouvait être considérée comme un élément d’épreuve supplémentaire. .../...

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Published by Phil O'Semith - dans PENSÉE JUIVE
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