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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:56

Moral et Cataclysme Naturel

(Peri Tsadik Voyant de Lublin sur Genèse)

1981

 

COURS 2

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/morale_et_cataclysme_naturel/cours_2

Durée : 44,5 minutes - Face A - 149-01

 

La Neshamah est constitué des 5 niveaux :

Nefesh – Roua’h – Neshamah – Hayah – Ye’hidah.

 

La première difficulté c’est qu’un des niveaux de la neshamah s’appelle neshamah. Mais c’est tout l’ensemble qui constitue les cinq niveaux d’identité de la neshamah.

La neshamah, que l’on traduit par âme en français, c’est le sujet que chaque personne est tel que Dieu l’a créé et qui se trouve insérée dans la vie du monde à travers le corps.

Nous avons là deux réalités radicalement différentes : l’âme et le corps. L’âme c’est le quelqu'un de chacun, qui est incarné dans le monde à travers le corps.

Deux mots apparaissent : gouf - le corps, et neshamah - l’âme.

Gouf - le corps, c’est déjà un être animé, d’où le mot étymologiquement parlant, de « animal », au sens non de bête mais de « être animé, être vivant ». Le gouf dont nous parlons n’est pas un cadavre mais un être vivant qui va devenir le véhicule d’une neshamah. Et le résultat de cette synthèse, si j’ose dire, entre la neshamah et le gouf, s’appelle premièrement un nefesh.

 

Le mot de nefesh va ainsi désigner la personne de chacun (chaque un), mais au niveau le plus inférieur, au niveau des tendances des instincts des conduites de la vie purement corporelle. C’est la neshamah qui se trouve dans le nefesh mais au niveau le plus inférieur.

Plus haut, le niveau supérieur de la neshamah qui s’appelle roua’h et qui n’est déjà plus la vie instinctive, mais c’est déjà la vie spirituelle. Et dans la catégorie hébraïque, cette vie spirituelle commence par la vie affective. La conscience d’être quelqu'un apparait déjà au niveau du nefesh mais à une échelle très collective : tous les hommes sont des individus de l’espèce humaine. Et chaque personne est donc premièrement un individu de l’espèce humaine. Et cela fonctionne de manière analogue via la psychologie ou l’anthropologie et d’autres sciences (cf. la neurophysiologie) qui nous aident à comprendre comment la neshamah devient nefesh au niveau de la vie corporelle. C’est le monde des tendances des instincts. Roua’h c’est déjà supérieur, le monde de la vie spirituelle. Neshamah c’est un niveau encore supérieur, le monde de la vie intellectuelle. Et puis ‘Hayah, c’est le monde où la conscience est la conscience des valeurs, au-delà des idées. C’est si vous voulez le niveau de la sagesse plus haut que l’intelligence de la vie intellectuelle à proprement parler. C’est déjà la vie morale. 

   

Il y a apparemment un paradoxe de la vie intellectuelle (neshamah) qui est supérieure à la vie spirituelle (roua’h), mais c’est parce que la vie spirituelle du roua’h c’est encore le monde des émotions. Et même les émotions les plus subtiles et les plus sublimes sont entre la vie instinctive et la vie intellectuelle.

 

Et plus haut, ‘Hayah c’est ce qui fait la vie de la vie,‘Hayah, la « vivante », c’est ce qui fait la vie de la vie. C’est la conscience des valeurs, c’est à ce niveau là qu’est la sagesse.

Et Yé’hidah c’est le mystère de l’individuation de chacun, l’infini que chaque personne est et qu’elle est la seule à être. Ye’hidah signifie « l’unique », le niveau où chaque personne est unique, c'est-à-dire « uniquement elle-même ».

 

Pour comprendre l’ensemble : C’est ce qui fait que les valeurs sont des valeurs, que l’on peut comprendre au niveau des idées, que l’on peut vivre au niveau de la vie spirituelle, et que l’on peut agir au niveau de la vie corporelle.

 

L’effort que nous devons faire est d’identifier ces manières de la conduite humaine au niveau d’une société, avec ces forces de la yéhid’ah, de la ‘hayah et de la neshamah, du roua’h, du nefesh… avec une espèce de spécialisation par vocation des fonctions de chaque personne à l’échelle collective de la société. Et lorsque l’occurrence historique de la confrontation à l’expérience de la foi survient, la réaction des différentes couches de la société se trouve être différente.

 

Q : Et le situation du langage ?

R : Il apparait avec le nefesh. Il y a deux niveaux de nefesh. Le nefesh bahamit le nefesh animal, ce qui ne signifie par une bête mais ce qui est animé. Les instincts de l’espèce en chaque individu. Et le deuxième niveau qu’on appelle le nefesh shemit. Ce même nefesh tel qu’il est spécifié pour chaque individu. Premièrement nous sommes tous humains, et la nature humaine fonctionne de la même manière au niveau du nefesh bahamit. Et deuxièmement au niveau de la vie instinctive elle-même, chacun d’entre nous a son équation personnelle qu’on appelle le nefesh shémit.      

 

Au fur et à mesure que l’on monte dans ces niveaux de la neshamah, la spécification l’individuation de chacun s’affine, ou se dévoile, de façon de plus en plus grande.

 

Le deuxième principe c’est que chacun de ces niveaux contient les cinq autres. C'est-à-dire que vous avez ces niveaux à chaque étage :

Le nefesh du nefesh, le roua’h du nefesh, la neshamah du nefesh, la ‘hayah du nefesh, la yéhidah du nefesh…

On voit que la vie morale peut déjà apparaitre au niveau du nefesh avec le niveau de ‘hayah du nefesh. Mais elle est pleinement elle-même au niveau de ‘hayah à proprement parler. 

Il en résulte que chaque néshamah a 25 niveaux.

Et le sens général de la destinée de chacun est d’acquérir en tant que créature le mérite d’être à chacun des niveaux. C’est une ascension du mérite d’être de niveau en niveau.

C’est l’allusion que l’on retrouve chaque fois qu’une promesse est donnée à l’homme, elle commence par le mot « Koh – ainsi » de guématria 25.

« Koh Tevarekhou LeBnei Israel - Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël ».

« Koh Tomar LeBeit Yaaqov – Ainsi tu parles à la maison de Jacob ».

C’est chaque nous l’allusion à ces 5x5 niveaux.

 

Troisième principe :

Au fur et à mesure de l’ascension dans le mérite d’être, le gouf qui est le véhicule de la personne de chacun incarne plus de neshamah.

Il n’y a pas équivalence entre les individus et leurs situations en tant que personne.

Il y a inégalité totale entre les individus par rapport à l’acquis de leur personne. C’est suivant la capacité de mérite d’être de chacun que le gouf, véhicule terrestre corporel de l’insertion dans le monde de chaque neshamah peut inclure plus de niveau de la neshamah.

 

Il en résulte que chacun se trouve dans une situation particulière de sa propre histoire personnelle. Et pour certains c’est le niveau nefesh, pour d’autres le niveau roua’h ou neshamah…

 

C’est un schéma formel mais en réalité il y a infinité de niveaux. Pour chaque conduite, il y a confrontation avec l’épreuve du mérite d’être si ce niveau est incarné. Et le niveau ultime est au-delà. Après 25, il y a 26, valeur du nom divin.

 

Ce schéma éclaire notre midrash de la Mekhilta puisque ce schéma est valable pour la destinée individuelle de chacun comme pour toute entité collective, peuple ou nation.

Par conséquent, lorsqu’un événement historique total de confrontation de la manière d’être homme que représente chaque peuple arrive, alors les différents niveaux de l’être de cette entité collective réagissent à chacun des niveaux.

 

Je reprends la question posée précédemment : il y aurait un mécanisme aveugle et impersonnel et fatal dans le cas d’une abdication de la volonté. Cela fonctionnerait ainsi, et inévitablement lorsque l’événement arrive dans l’histoire l’unité du peuple éclate dans ces quatre niveaux qui sont cinq. Mais s’il y a assomption de la liberté, ceci est maitrisé et dépassé. C’est une dialectique entre liberté et conditionnement que nous retrouverons dans une autre analyse ultérieure.

 

Voilà donc la signification de ces correspondances.

Dans les trois niveaux premiers, l’ensemble Israël s’appelle âm le peuple.

L’étymologie du mot âm se rattache au mot îm qui veut dire « ceux qui sont ensembles ». Îm, avec, le fait d’être l’un avec l’autre. 

Ce n’est qu’au 4èmeet 5èmeniveau que l’identité de la personnalité de la personne du groupe dont on parle apparait dans sa personne même, et non plus dans un agrégat, une somme d’individus qui s’appelle Âm, c’est pourquoi le nom de Bnei Israël apparait dans le texte.

D’un point de vue formel, ces thèmes du midrash se retrouvent dans la structure même récit biblique. Ce n’est pas par hasard que le récit utilise ces appellations de Âm au trois premiers niveaux et de Bnei Israël au 4èmeet 5èmeniveaux. On voit les différents niveaux de libération des conditionnements psychiques, instinctifs, sociopolitiques, la libération d’esclaves pour arriver au 5èmeniveau du verset 14.8 :

וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל, יֹצְאִים בְּיָד רָמָה

ouvnei Israël Yotsim BeYad Ramah 

« et les enfants d’Israël Bnei Israël sortaient avec une main élevée »

Complètement libérés au-delà de tout conditionnement.

Principe corollaire : Il est bien évident que tant que l’unité et la synthèse de ces différentes forces nécessaires à la présence de chaque neshamah dans le monde de la nature et des conditionnements naturels, et que ces forces ne sont pas rendues compatibles, organisées, unifiées à la limite, elles luttent entre elles.

Le nefesh ne voit pas plus loin que le nefesh, le roua’h ne voit pas plus loin que le roua’h…

Et donc il y a une lutte du nefesh contre le roua’h et une lutte du roua’h contre la neshamah qui est en lutte contre la ‘hayah… etc. tant que l’unité n’est pas réalisée. C’est vrai à l’échelle de la synthèse personnelle comme à l’échelle de la synthèse sociale.

 

Vous voyez ainsi à travers quelle structure le récit formule ce qu’il a à nous dire. Devant le même événement de la sortie d’Egypte et de l’impasse devant la mer rouge se produisent quatre réactions différentes qui sont cinq au niveau ultime avec les nominations qui changent.   

 

Pour comprendre la logique de la signification de l’histoire d’Israël comme entité humaine, il faut la comprendre à travers la signification d’une destinée individuelle. Dans cette comparaison entre un individu une personne unique et d’autre part un peuple dans on ensemble, et les différents étages de l’expression de cette identité à chaque péripétie.

Ce n’est que lorsque l’unité de l’ensemble apparait qu’il y a cohérence.

Tant que cette unité n’est pas construite, alors il y a conflit des différentes tendances.

 

Q : Au niveau de la famille le dialogue parfois difficile car chacun appartient à un niveau différent ?

R : Nous sommes dans un temps de la destinée humaine où il y a un état de chaos. Tout est simultané et mélangé. Au temps de la prophétie, de la révélation, on pouvait s’identifier. Chacun savait qui il était. Cf. la formule de Socrate : « connais-toi toi-même ». Chacun sait qui il est et à quel niveau il se situe, avec une possibilité d’harmonie beaucoup plus offerte. Mais nous sommes dans un temps qu’on appelle Olam HaTohou. Un temps de pêle-mêle, un temps de chaos. On le remarque aussi dans les études de la Torah où tous les niveaux sont donnés à la fois. Comment entrer dans la connaissance que la Torah nous donne ? Alors que la Torah a une structure par niveaux et par problèmes, mais tout est donné en simultané, en état de chaos. N’importe quel étudiant de Torah, même dans les écoles organisées, se trouve confronté à cet univers qui met tous les niveaux sur le même plan. Il faut énormément de temps pour arriver à organiser une constellation cohérente des niveaux de connaissance. C’est Olam HaTohou. De même dans la génération et dans la société, des personnes de niveaux de mérite d’être très différents sont mis ensembles simultanément.

Un jour le monde sortira de cet état de chaos pour entrer dans un monde d’harmonie cohérent. D’après beaucoup des traditions anciennes ce qu’on appelle « le temps du verseau » où la connaissance sera cohérente. Mais pour le moment nous sommes toujours à la fin du temps des poissons.

 

Q :  inaudible

R : à l’échelle individuelle, il y avait une sorte de figure de prou, une réussite de l’identité d’Israël qui sert de modèle ou de « guide ». A l’échelle individuelle, il y avait un Israël réalisé en individu. C’était Moïse et sa famille. « Mosheh rabénou shakoul keneged kol Israël koulo ».

Je pense que cela peut s’expliquer par ce principe là de cette simultanéité de tous les niveaux, et il y a chaos.

A l’intérieur de cet ensemble en chaos, il y a quand même le milieu privilégié des talmidei ‘hakhamim où il y a un accord, un sous-entendu, où cette hiérarchie prend sa valeur. Mais c’est une sorte de connivence, c’est nistar. Mais dans le niglei c’est un monde chaotique, où tout est au même niveau de façon simultanée, alors que dans le monde de l’esprit la notion d’égalité n’a pas sa place. En hébreu le mot égal se dit shavé qui ressemble beaucoup au mot shave avec alef qui signifie vain. Le raisonnement est très simple : si deux choses sont égales absolument, il y en a une de trop. En réalité, rien n’est égal. Cela est d’autant plus vrai dans le monde du nefesh. Aucun nefesh n’est au même niveau. Cela nous renvoie donc à un monde caché où les choses sont en ordre, mais un ordre théorique, un ordre de principe. Dans la réalité extérieure, c’est la continuation d’un monde de chaos qu’on appelle Olam HaTohou.

En particulier, on voit, c’est un problème de notre temps, pourquoi la communication est difficile : parce qu’on n’a pas de langage commun étant donné que chaque parole est à un niveau différent. C’est l’obstacle auquel se heurte la communication à proprement parler. On est obligé d’employer des implications de sens conventionnels à un niveau de discours de dictionnaire, avec des implications de significations qui peuvent être communs à tous ces niveaux différents, et c’est très formel. Alors que la connaissance à proprement parler est renvoyée à ce monde du nistar où chaque chose est à sa place et où on comprend exactement de quoi on parle. (La même réalité qui se trouve au niveau du nefesh de ‘hayah ne peut pas avoir le même sens que si elle se trouve au niveau ‘hayah du nefesh.)

 

Q : inaudible

R : De façon immédiate, l’expression Bnei Israël désigne les tribus d’Israël descendants de la famille de Yaaqov. Ceux qui avaient l’identité hébraïque par identité. Et donc entre le temps d’Abraham qui commence la sélection d’identité Israël et le temps de Moïse se trouve 6 générations d’éducation d’identité propre aux tribus d’Israël qui s’appelle les Bnei Israël. Or, le peuple sortant d’Egypte n’est pas seulement le peuple descendant des tribus d’Israël, c’est tout un peuple qui s’est adjoint à ses descendants des tribus d’Israël. Le chapitre 32 au verset 7 dans le contexte de la faute du veau d’or parle de ce Erev Rav : un grand mélange de populations qui est sorti d’Egypte en même temps que les tribus d’Israël et sur initiative de Moïse. Le mot de Âm est péjoratif. Alors que le mot Bnei Israël est la définition positive d’identité. Am est ce qui est venu avec.  La faute du veau d’or provient non pas des Bnei Israël mais de ce Âm.

32.7

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  לֶךְ-רֵד--כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ, אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Vayedaber Adonay el-Moshe lekh-red ki shi’het amekha…

Et Hashem dit à Moïse : va, descend, car ton peuple a fauté…

 

Le principe qui apparait c’est que l’option de Moïse était que les Bnei Israël ne peuvent pas sortir d’Egypte s’il ne sort pas avec eux tous ces individus de quelques origines que ce soit des autres peuples qui ont eu la même expérience, et qui vont venir s’adjoindre à l’identité d’Israël. 

Il s’agit de l’expérience de la dialectique galout et géoula.

aliénation dans l’exil,

délivrance.

Ce sont là les deux dimensions de définition de la foi d’Israël.

Pour le dire avec un verset éminent :

« Anokhi Hashem Eloheikha Asher Lotse Ti'kha Mérets Mitsraïm”

Quel est l’objet de la foi en Dieu dans l’identité hébraïque ? C’est que la géoula est possible, c’est que la délivrance des conditionnements est possible, c’est que la libération du déterminisme est possible. C’est une foi utopique pour la pensée naturelle. Cette utopie commence avec Abraham. Cela n’a rien à voir avec la définition théologique philosophique classique de la foi qui serait de croire que Dieu existe.

L’option de la émounah c’est le titre que la Torah se donne à elle-même : Qui te parle et te donne la loi ? Celui qui te fait sortir de l’esclavage !

 

Donc apparait ici une structure de l’histoire très schématique qui est premièrement l’aliénation aux conditionnements du monde et deuxièmement l’expérience de libération. Une dialectique en deux moments : galout et géoula.

Par conséquent, tous les hommes qui ont eu cette expérience là en Egypte, dans le principe, sont de l’identité d’Israël. Parce qu’ils sont eu cette expérience galout – géoula.

Ils ont demandé à Moïse de sortir avec Israël parce que dans le principe ils ont l’identité d’Israël. Par conséquent, Moïse régularise. En l’absence des six générations depuis Abraham jusqu’à Moïse, ils ont un handicap.

On ne pouvait pas les laisser en Egypte. Parce que si l’histoire d’Israël a un sens : vivre et témoigner de cette expérience  l’expérience galout-géoula, (Israël devait tout naturellement intégrer ce Erev Rav).

 

Dès que Moïse intègre ces hommes à l’intérieur de l’identité d’Israël ils deviennent Israël. Dans chaque Israël il y a ces niveaux-là de Âm et Bnei Israël… Il y a quand même une différence bien qu’il y ait une même destinée dans le principe et la finalité, parce que l’identité Israël a commencé ainsi avec Abraham, puisque les descendants des tribus avaient derrière eux six générations de tradition hébraïque. Et les autres sont donc handicapés. Mais la sortie d’Egypte ne pouvait pas se faire sans intégrer cet érev rav.

 

Tout se passe comme si Israël prend sur lui la destinée de l’universel humain à travers le érev rav, et c’est un pari, une option, un risque colossal, et commence son histoire avec cela.

C’est une sorte de résumé de toute l’identité humaine. Il me faudra expliquer qui se trouvait en Egypte et qui sort avec les tribus d’Israël pour former le peuple d’Israël : « Âm Bnei Israël », dans tous ces niveaux à la fois.

Et ce pari gigantesque a été pris par Moïse qui avait des raisons de savoir que si Israël n’emmenait pas avec lui le érev rav, il ne pouvait pas sortir d’Egypte. Parce que cela privait de sens la descente en exil et la géoula !

 

 

Dans cette situation égyptienne il n’y avait pas qu’Israël qui était en esclavage, tous les peuples de la civilisation de ce temps étaient des avadim, des asservis et aliénés de l’identité égyptienne. Il y aune espèce de convergence entre l’expérience individuelle de chaque individu de ce érev rav, et ceux qui étaient déjà au niveau de l’identité collective des Bnei Israël.

 

D’où vient la difficulté ?

 

Si l’intégration du érev rav s’était faite d’individu à individu, il n’y aurait pas eu le handicap, mais c’est une foule, assafsouf, un ensemble numériquement très grand à la fois qui entre dans l’identité collective d’Israël. C’est de là que vient le handicap.

 

D’ailleurs la halakha va retenir comme principe : quiconque a des raisons de dire, et donc de savoir, qu’il est en train d’expérimenter la vie d’Israël dans sa vie individuelle de goy et qui demande à s’adjoindre à l’identité d’Israël  est accepté. (Sous conditions précises d’authenticité). Mais si un groupe ou une entité collective demandait en bloc cette intégration c’est refusé. Parce cette intégration possible au niveau individuelle ne peut pas être faite au niveau collectif.

 

 

J’ai eu à m’occuper d’un cas de ce genre. Quatre tribus du Kenya et trois de Madagascar ont demandé la conversion collective et la aliah en Eretz Israël. La question a été étudiée pendant des années, et finalement il leur fut répondu qu’individuellement chacun pouvait s’intégrer à Israël, mais en tant qu’entité collective ce n’était pas possible. Cela dénaturerait l’identité d’Israël.

 

 

 

C’est là qu’est le handicap historique.

 

Nous voyons que Moïse a raison de les accueillir chacun pour lui-même, mais la catastrophe vient de ce qu’il fut obligé à cause du déroulement des événements de les accueillir en bloc.

 

 

 

On pourra étudier la question soujacente : pourquoi est-il absolument nécessaire pour que la fin de la galout de l’Egypte se réalise que le érev rav soit intégré.

 

 

En tout cas, et retenez bien le contexte du chapitre 32 au verset 7, cette expression « Am Qésheh Oref : peuple à la nuque raide » pour définir les Juifs en tant qu’ils sont du peuple d’Israël, c’est une calomnie ! Le texte emploie précisément cette expression pour définir le érev rav.

 

Mais à partir du moment où Israël a accepté le érev rav, alors il intègre en lui cette midah de rébellion, de nuque raide. Et il devient ce « Am Qésheh Oref ». 

 

Mais c’est parce qu’Israël a choisi de prendre sur soi la destinée universelle, avec tous les handicaps et les risques que cela représente. Israël se constitue comme identité et dès qu’il a constitué cette identité, il s’ouvre à un résumé de l’universel humain qui introduit en lui la mise à l’épreuve d’identité de tous les autres qui n’étaient pas de l’histoire d’Abraham. C’est cela le érev rav. Il en résulte qu’aujourd’hui, à part des exceptions que je ne précise pas pour éviter d’entrer dans les détails maintenant, aucun juif vivant ne peut savoir s’il est descendant d’hébreu ou du Érev rav.

 

Mais ce qui se décèle à l’échelle collective, et dans cette difficulté de cet état de chaos ou de pêle-mêle, où tout est au même niveau, c’est les tendances différentes dans la société d’Israël. Il y a des tendances érev rav, et des tendances Israël. Et toutes, ensembles, elles forment ce « Am Bnei Israël ». 

 

Il en résulte que dans chaque événement  crucial ces réactions se dévoilent.

 

Si Israël ne devait qu’atteindre son propre salut les six générations d’Abraham à Mosheh auraient suffit ! Mais au moment du salut d’Israël, Moïse prend une décision « messianique » si j’ose dire, il décide d’intégrer le érev rav. Alors tout est différé encore. Mais à une toute autre échelle de l’histoire qui a commencé au 1erhomme.

 

Parce que si vous comprenez bien, ce qui se passe au niveau du peuple d’Israël sortant d’Egypte est une sorte de faute originelle à l’échelle collective, en introduisant cette prise en charge de ce qui était advenue de l’humanité antérieure.

 

 

 

Maharal nous en donne un principe explicatif de manière très claire :

 

Moïse prend cette décision parce qu’il connaissait le sens de la destinée d’Israël au niveau historique, et parce que quiconque et quelque soit la manière dont cela est exprimé, dès qu’un homme fait cette expérience galout-géoula alors il est candidat aux dix commandements, à l’identité de la Torah.

 

Dans tous les cas c’est ainsi que ça a commencé avec Abraham.    

 

J’y reviendrais à partir de demain.

 

 

 

Q : inaudible

 

R : Dans l’entité collective de cette société d’Israël, il y a des fonctions différentes, et les trois niveaux-fonctions qui s’appellent âm viennent du érev rav. L’identité d’Israël n’apparait qu’à partir du 4èmeet du 5èmeniveau d’identité.

 

 

 

J’ajoute une explication :

 

Lorsque la faute du veau d’or a lieu, il y a deux catégories de responsabilité différentes : l’acte et l’initiative de la faute vient du érev rav, mais la culpabilité d’Israël réside dans son incapacité à l’empêcher. Il y a donc eu finalement une coresponsabilité. Ce qui est frappant, c’est que dans toutes notre histoire jusqu’aux temps messianiques, nous voyons que quelque soit le problème qui divise le peuple Israël c’est grosso-modo toujours divisé en deux. Cet équilibre des deux forces contraires 50-50 est toujours là quelque soit les problèmes d’identité auxquels Israël est confronté.

 

 

 

Nous étudierons ce verset où ceux qui ont fait le veau d’or disent à Israël :

 

« Eleh Eloheikha Israël Asher…

 

« Voici tes dieux Israël qui nous ont faits monter du pays d’Egypte »

 

Qui s’adresse à Israël pour lui dire « Voici tes dieux Israël », c’est bien évidemment le érev rav !

 

Mais il n’y a pas de doute qu’il y a une co-responsabilité.

 

Dans le résultat, fin de chapitre 32, c’est l’entité collective qui introduit en elle cette midah de « âm qésheh oref ».

 

 

 

Nous étudierons ce passage du veau d’or.

 

Et l’explication du Maharal sur les midrashim concernant le passage de la mer rouge.

 

Les quatre réactions et la cinquième à l’événement.    

 

…/…

 

 

 

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Published by Phil O'Semith - dans PENSÉE JUIVE
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