Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 16:15

Mishpatim (1996)

 

Mishpatim (1996) 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/michpatim_serie_1996/cours_1

Face A

 

Nous avons une Parashah très dense et impossible à étudier vraiment si on ne le fait pas à travers le Talmud, et en particulier les trois traités Baba Qamah, Baba Metsiah et Baba Batra qui se basent sur cette Parashah.

 

J’ai choisi une Mishnah à l’étude sur un des sujets principaux de la Parashah.

 

La Parashah de Mishpatim  est le 1er texte de jurisprudence que l’on va trouver dans la Torah après les 10 commandements dans les grands principes de conduite selon la Torah.

 

Tout de suite le texte va donner un exemple de la législation propre à la Torah sous forme de jurisprudence, une sorte de jugement porté sur l’état de la société d’Israël au moment de la sortie d’Egypte et qui va lui permettre d’induire les différents cas qui peuvent se produire dans la société où la Torah va légiférer.   

 

Donc cette législation sous forme de jurisprudence s’appelle Mishpatim. Le mot Mishpat signifiant « jugement». C’est très littéralement la manière dont le tribunal juge un problème qui s’est posé dans le quotidien de la société où d’une constitution qui est la Torah.

 

La Torah est le principe de la constitution de la société d’Israël, et les lois qui sont déduites et induites véhiculées par cette constitution. Ce qui est frappant, c’est de voir que la Torah a jugé nécessaire de les formuler sous forme de jurisprudences.

 

C’est un très grand principe de la tradition talmudique pharisienne : chaque fois qu’un cas important se pose dans l’histoire de la société il arrive que le cas soit porté devant les tribunaux qui jugent comment il doit être jugé. On retrouve la notion de casuistique. Le problème moral se pose toujours sous forme de cas à résoudre.

 

La véritable science de la morale, l’éthique, est une philosophie de l’idéal moral, et dans la civilisation contemporaine on a tendance à préférer le terme de « éthique » plutôt que celui de morale pour précisément évacuer la morale.

 

La véritable difficulté du problème moral dans son application des solutions à trouver dans la vie en société, c’est lorsque deux devoirs sont en conflits. Si cela consistait à choisir entre le mal et le bien ce serait trop simple. Mais s’il faut choisir entre 2 maux ou entre deux biens cela devient difficile. Il faut vraiment une législation modèle. C’est pourquoi j’ai parlé de jurisprudence.

 

C’est à deux niveaux. La Torah à partir de la sortie d’Egypte formule d’abord les grands principes de la loi – les dix commandements de la Parashah de Yitro - et ensuite ce premier modèle des jugements portés sur l’état de la société d’Israël à cette époque. Dans cette Parashah on est effaré de voir ce que la Torah prévoit comme cas à résoudre.

 

Pourquoi, alors qu’on se trouve dans les hauteurs de l’idéal des 10 commandements, va-t’on de suite retomber dans le quotidien du problème moral concret tel qu’il doit être résolu dans la casuistique – la science des cas – mais pourquoi en est-il ainsi ?

 

Enseignement de Rashi sur le 1er verset :

Importance que la Torah va donner aux Mishpatim par rapport aux dix commandements : c’est le fameux thème « Af elou MiSinaï ». Il ne faut pas croire qu’ils soient de dignité différente.

(Rashi sur « VéEleh » : Mah Eilu MiSinai Af Eilu MiSinai)

 

Terme de casuisitique :

Il faut bien comprendre comment se pose le problème par rapport à la Torah, c’est toujours lorsque  deux plaideurs viennent devant le tribunal c’est toujours deux Tsadikim potentiels qui viennent plaider leur querelle. Dans cette législation il s’agit de querelle de Tsadikim. Il y a deux bonnes fois qui se heurtent. La Torah Shebikhtav - la Torah écrite - ne parle que pour des Tsadikim c’est-à-dire des personnes qui acceptent en bonne foi la souveraineté de la loi. C’est cela un Tzaddik, parce qu’il n’y a de faute vraiment que de fautes de Tsadikim, dans la bonne foi du Tzaddik. La Rashah c’est un autre cas, le Rasha est hors la loi. C’est pire.  Mais la faute est la faute du Tsadik au niveau de la Torah Shébikhtav.

 

La Torah shébéalpeh, tient du compte du fait qu’il y a trois catégories de gens dans la société:

ð  Tsadikim,

ð  Reshaïm,

ð  Bénonim.  

 

C’est une des raisons pour laquelle le Talmud est en araméen alors que la Torah est hébreu. En  Lashon Haqodesh il n’y a que la bonne foi des Tsadikim.

 

Et c’est la difficulté du problème : comment deux Tsadikim peuvent être en controverse pour la même vérité de bonne foi. Il est bien évident que dans la Torah Shébikhtav il en est ainsi, c’est dans la Torah shebéalpeh que l’on tient compte de la mauvaise foi éventuelle des plaideurs. 

Mais dans la Torah shebikhtav, un Mishpat est toujours un Mishpat entre deux Tsadikim.

 

Lorsqu’on fait appel à un Din Torah, la règle est que chacun des deux plaideurs choisissent un juge et les 2 juges se mettent d’accord pour choisir un 3ème 

En principe on est dans la bonne foi absolue.

 

Il y a beaucoup de Mishnayot dans le Pirqey Avot qui en parle.  

Mishnah : lorsque les plaideurs viennent devant le tribunal, les considérer « kiReshayim », comme des coupables. Il y en a au moins un des deux qui s’est trompé. Mais dans la bonne foi, ils sont persuadés que chacun a raison, sinon il n’y aurait pas de tribunal.

 

Tous deux « ki reshayim » pour éviter d’ôter le principe de l’égalité devant la justice et pour éviter un préjugé parce que le juge sait apriori qu’un des deux arguments est moins valable que l’autre.

Et puis quand ils sortent du tribunal : qu’ils soient à tes yeux des innocents parce qu’ils ont accepté sur eux le principe du jugement. 

  

Objection sur la forme de la Mishnah : « dan et kol haadam le kaf zekhout »

Et juge tout homme du point de vue du mérite d’abord. Du côté du mérite d’abord.

« Ki Reshayim » : comme si .

Comme s’ils étaient des Reshayim => une nuance qui cette fois désigne une bonne foi du juge. Ce Kaf de Ki Reshayaim est le Kaf Zekhout.

 

La balance du jugement est constitué de deux plateaux - Kaf du mérite et Kaf du démérite.

Il faut juger d’abord en mettant les arguments dans le plateau du mérite. Et si le juge ne trouve pas des excuses du point de vue du mérite pour le cas présenté alors seulement on commence à chercher le mal.

 

Alors les Mishnayot sont en contradiction. Sauf à considérer ce Kaf Zekhout comme le Kaf de Ki Reshayim.

 

Je reviens sur cette notion importante de casuistique: la grande sagesse des Dayanim est d’arriver à évaluer suivant le cas considéré parce que cela peut changer si c’est une autre personne, c’est pourquoi c’est très difficile si les tribunaux jugent en généralisant. Hévou metounim badin - « Soyez circonspect dans le jugement » Soyez patients modérés dans le jugement.

Un des commentaires : comprendre comme s’il y avait écrit : toi le juge, juge toi toi-même dans ce jugement : mettez-vous dans le jugement.

 

Lorsqu’il y a Dinéi Nefashot lorsque la décision du tribunal risque d’être la condamnation à mort, le tribunal devait jeûner avant de siéger pour éviter une erreur judiciaire. Parce que si jamais le Dayan se trompe il est assassin.

 

J’ai été l’élève d’un grand Rav qui était Dayan fondateur du Beit Din de Paris et qui avait mal au cœur à chaque fois que le téléphone sonnait.

 

La difficulté de la casuistique c’est la compétition de deux devoirs entre eux. Choisir entre le bien et le mal lorsqu’on est en bonne santé morale cela va de soi.

 

Une des parties de ces Mishpatim porte sur les dommages que l’objet appartenant à un propriétaire peut causer. Où est la responsabilité et où est la culpabilité du propriétaire ? C’est intentionnellement qu je dis ces deux termes responsabilité et culpabilité. On va trouver des exemple dans la Parashat Mishpatim.

 

Je lis et traduis la Mishnah rapidement.

 

נזיקין אבות ארבעה

Il y a 4 principes de dommages.

Le mot de Nezikim signifie le dommage en tant que dommage du côté de l’endommagé et non pas de l’endommageur Mazikim. Ici il ne s’agit pas dupropriétaire qui va causer un dommage mais du fait que le dommage vienne d’un objet qui est la propriété de ce propriétaire.

 

ð  1- HaShor השור le dommage causé par un animal qui est en ma possession : dans quelle mesure je suis responsable ou coupable en cas de dol. C’est le taureau qui est pris comme exemple : un animal doté de conduite autonome et qui possède des instincts des tendances, des appétits, qui a une autonomie d’identité et qui est la propriété d’un propriétaire… Quel est le niveau de sa responsabilité si jamais le taureau, le bœuf est « Nagar », dont on a témoigné déjà par deux fois qu’il était dangereux, alors la 3ème fois la responsabilité du propriétaire est engagée. Mais en général, le Shor est réputée « Tam » c’est à dire paisible. Il y a là toute une philosophie de la biologie qu’un animal par sa nature est paisible, même les animaux sauvages. Ils sont dangereux mais pas méchants. C’est au contact de l’homme qu’ils le deviennent. C’est au contact de l’homme qu’un Shor n’est plus « Tam » mais peut être « Nagar ». C’est important de découvrir comment la Torah pense ce lien de la responsabilité entre l’animal et son propriétaire : l’animal dépend de son maître. Tel est le maître tel est l’animal. Dans le Talmud : On savait qu’untel était Tsadik parce que son bœuf était très paisible. C’est tout le travail de la domestication qui a été perdu et que les hommes de premières générations maitrisaient. On ne sait plus faire que des animaux de cirque. Cela explique d’ailleurs cette grande prophétie d’Isaie : « le loup dormira avec l’agneau et un petit enfant le conduira ». Le loup ami de l’agneau c’est le chien du troupeau, et il suffit d’un petit enfant pour le conduire. Ce n’est donc pas tellement utopique cette histoire-là. C’est une pastorale que l’on voit tous les jours lorsque le berger est un petit enfant et qu’il conduit un troupeau accompagné par un chien… On voit pourquoi dans la Torah, Dieu cherche celui qui est capable d’être berger depuis son enfance. C’est toute la série depuis les Patriarches jusqu’au roi David. Si on trouve le berger on contracte l’alliance avec lui. Dans le Nouveau Testament on cherche les pêcheurs à la ligne. Dans le Miqra on cherche le berger.

   

ð  HaBor הבור le puits. Un propriétaire a creusé un puits, et il arrive que quelqu’un tombe dedans et en meurt ou se blesse... Alors quels sont les attendus de la responsabilité du propriétaire ? C’est un autre cas, parce que le Shor est vivant, le puits est immobile, inerte et n’a pas d’autonomie. C’est une autre maniére de protection qu’il faut prévoir de la part du propriétaire.

 

ð  Hamavêh המבעה (ce qui endommage). Si un troupeau que j’ai mis au pâturage déborde la haie et va faire des dégâts dans le champ du voisin.

 

ð  Hahévêr ההבער (ce qui incendie) un feu s’est allumé dans mon domaine et va faire des dégâts dans le domaine du voisin...

 

La Mishnah explique que ce sont 4 catégories différentes. Elle les appelle Avot. Des principes de cas. Cela a le sens logique de Av, ici père signifie ici les principes. Les cas de principe - et puis les cas déduits par déduction, induction ou analogie, s’appellent des Toladot. On voit la cohérence du vocabulaire : Toladot= la progéniture de ces Avot.

 

Baba Qama 2a

מסכת בבא קמא פרק א
דף ב,א משנה 

 ארבעה אבות נזיקין השור והבור והמבעה וההבער לא הרי השור כהרי המבעה ולא הרי המבעה כהרי השור ולא זה וזה שיש בהן רוח חיים כהרי האש שאין בו רוח חיים ולא זה וזה שדרכן לילך ולהזיק כהרי הבור שאין דרכו לילך ולהזיק הצד השוה שבהן שדרכן להזיק ושמירתן עליך וכשהזיק חב המזיק לשלם תשלומי נזק במיטב הארץ:

 

Arbaâ avote néziqim
quatre principes de fauteurs de dommages ;
le chor ou taureau, le bor ou puits, le  mav'éh à définir plus tard comme dent ou autre concept, le hévêr à définir plus tard comme incendiaire ou autre concept ;

lo haré ha chor kaharé ha  mav'éh
pas semblable au chor ce qui est semblable au mavêh

vé lo haré mav'éh kaharé ha chor
et pas semblable au mav'éh ce qui est semblable au chor

vélo zé vazé, ché yéche bahén roua'h 'hayim, kaharé
et pas l'un et l'autre qui ont en eux le souffle de vie ce qui est semblable

haéche chééïne ba roua'h 'hayim ; vélo zé vazé,
au feu qui n'a pas en soi le souffle de vie et pas ceux-là 

chédarkane lélékh ouléhaziq , kaharé ha bor chééïne
dont la voie est d'aller et de causer des dommages ce qui est semblable au bor dont n'est pas 

darko lélékh ouléhaziq. Hatsad hachavé chébahén
la voie d'aller et de nuire le côté semblable qui est en eux 

ché darko léhaziq ouchémiratane âlékha, 
est que leur voie est de créer des dommages et s'en garder est un devoir

oukhéchéhiziq

et quand il a causé dommage 

'hav hamaziq léchalém tashloumé nézéq
a l'obligation celui qui nuit de payer les prix du dommage

bémétav haaréts
du meilleur de la terre."

 

ché darko léhaziq

Dans leur nature ils sont dangereux (voilà ce qu’il y a de commun dans ces 4 cas)

Et surtout le fait de les surveiller (tu dois les surveiller : on s’adresse au propriétaire)

Et lorsqu’il y a eu dommage, celui qui a causé le dommage (nous avons là le substantif du mot maziq qui renvoie au propriétaire, alors que les Neziquin ne sont pas imputés au propriétaire, mais les Neziquin désigne les dommages qui existent dans le monde parce qu’ils sont causés, quand on parlé de ‘Hav, de la responsabilité, alors on parle du Maziq.

bémétav haaréts  au plus haut court : par exemple en évaluant une récolte au plus haut court du marché. Quelque soit l’état des épis de blés il doit lui payer le prix des meilleurs blés sur le marché.

 

Voilà la Mishna : 4 catégories de Neziquin et on nous a donné les catégories qui les définissent ensemble.

Avant d’aller plus loin dans la Guémara pour étudier la conception de cette question des dommages et de la responsabilité du propriétaire des objets dans un monde où ces objets causent des torts - il faut bien qu’il y ait un responsable on verra comment la Guémara considère le niveau précis de responsabilité, ni plus ni moins.

 

Sur ce mot de ‘Hav, ce que dit la Guémara.

Tout un niveau d’analyse purement grammaticale : différents dialectes en ce temps-là en Israël, on disait par exemple ‘Hav et non ‘Hayav.

 

Page 6b Vav Beit de la Guémara :

Il est écrit « ‘hav Hamaziq » il aurait du dire « ‘Hayav hamaziq ».

Rav enseigne : ce Tana qui a enseigné …« ‘hav Hamaziq » c’est un juif de Yeroushalmi. Il enseigne, il formule, il parle bien.

 

En fait ce qu’il faut comprendre c’est qu’il y a une différence entre responsabilité et culpabilité.

‘Hayav c’est coupable. L’opposé c’est Zakaï - innocent.

Mais en hébreu il y a parallèlement deux autres sens.

‘Hayav a le sens de soumis à une obligation. Ani ‘Hayav non pas « je suis coupable de » mais « je dois accomplir un devoir ». Et tant que je ne l’ai pas accompli, je suis coupable de ne pas l’avoir accompli. Voilà pourquoi on dit « coupable » pour dire « soumis à une obligation ». Coupable de ne pas l’avoir encore accompli… Cela veut dire que je suis responsable mais pas de le sens de culpabilité, je n’ai pas fait de mal. Cela concerne plusieurs disciplines : la pédagogie, la morale la jurisprudence… Très souvent les juifs sont tentés de se considérer comme coupables de crimes qu’ils n’ont pas commis. D’où cela provient-il ? Cela vient d’une erreur, d’un raté de la conscience. Alors qu’on est responsable on n’est pas coupable. Ce sont deux niveaux de la conscience complètement différents.  

 

C’est très important en pédagogie. Très souvent les jeunes parents s’arrangent pour que les enfants se sentent coupables alors qu’ils n’ont rien fait de mal. On devrait les éduquer à être responsables et on les culpabilise ! Et ce sont des maladies très difficiles à soigner après, les enfants grandissent et des traumatismes qui s’avèrent très graves et qui ne se dévoilent que plus tard. Je crois que cela concerne le profil anthropologique des Juifs en particuliers. C’est le résultat de leur longue histoire de l’exil, et de leur longue histoire de l’antisémitisme. Il y a une tendance connaturelle à l’identité juive de la Galout de se considérer comme coupable de choses dont à la limite on est responsable mais pas coupable. Je crois que c’est ce qui s’est passé avec l’assassinat de Its’haq Rabin. Il s’est dévoilé une espèce de profil d’identité « galoutique » en Israël. Je crois que les Français à la mort de Mitterrand ne sont pas arrivés au dixième de ce niveau de complexe de culpabilité. Le deuil des Français pour Mitterrand ont révélé quelque chose d’assez analogue de ce qui s’est passé ici pour Its’haq Rabin. Il faut réfléchir ici à l’origine des mythes. Nous les Juifs nous sommes anti ce mythe…  

 

Retour au sujet :

Il y a là une indication très importante.

Le propriétaire de l’objet qui a causé un dommage est responsable mais en aucun cas il n’est coupable. Cela veut dire qu’il faut pour manier la loi, un peu d’humour. 

Ce que dit la Gemara d’autre part: Quand deux Talmidei ‘Hakhamim se rencontrent s’ils ne commencent pas par éclater de rire ils sont passibles de mort. Si on se prend au sérieux avec la loi c’est très dangereux.

 

Enfant au talmud Torah on étudiait le Shoulkhan Aroukh dans les anciennes éditions d’Amsterdam et la page de garde comportait trois lettres : Alef Tav Shin. Un mystère bibliographique ! Le professeur nous avait enseigné cela veut dire : « Al Téhi Shoté » « Ne sois pas fou ! ».

 

Ces lettres Alef Tav Shin forment l’acrostiche de « Al Téhi Choté », littéralement « ne sois pas fou ! » : Tu vas ouvrir le code, ne sois pas assez fou pour te prendre au sérieux ! Ne manque pas d’humour ! Parce que sinon c’est la fin du monde. Avec le code on peut assassiner n’importe qui.

 

***

 

Je vous donne les références pour les différents cas :

 

Pour le Shor la référence principale c’est chapitre 21 verset 28.

 

21:28

וְכִי-יִגַּח שׁוֹר אֶת-אִישׁ אוֹ אֶת-אִשָּׁה, וָמֵת--סָקוֹל יִסָּקֵל הַשּׁוֹר, וְלֹא יֵאָכֵל אֶת-בְּשָׂרוֹ, וּבַעַל הַשּׁוֹר, נָקִי

Si un boeuf heurte un homme ou une femme et qu'ils en meurent, ce boeuf doit être lapidé et il ne sera point permis d'en manger la chair; mais le propriétaire du boeuf sera absous…

 

Pour le Bôor c’est chapitre 21 verset 33. 

 

21:33

וְכִי-יִפְתַּח אִישׁ בּוֹר, אוֹ כִּי-יִכְרֶה אִישׁ בֹּר--וְלֹא יְכַסֶּנּוּ; וְנָפַל-שָׁמָּה שּׁוֹר, אוֹ חֲמוֹר

Si quelqu'un découvre un puits, ou si, en ayant creusé un, il ne le couvre point et qu'un boeuf ou un âne y tombe

בַּעַל הַבּוֹר יְשַׁלֵּם, כֶּסֶף יָשִׁיב לִבְעָלָיו; וְהַמֵּת, יִהְיֶה-לּוֹ

le propriétaire du puits doit payer: il remboursera la valeur au maître et l'animal mort lui restera.

 

Je ne résiste pas à vous raconter une blague des Yeshivot sur le début du verset וְכִי-יִפְתַּח אִישׁ בּוֹר

Parce que nous avons un proverbe qui dit: Yifta’h bédoro KiShmouel bédoro.

Cela veut dire Jephté était un Âm Haarets Gamour, un chef de brigands qui s’est retrouvé chef d’Israël. Le verset dit : « Jephté en son temps comme Samuel en son temps ».

 

Les générations a les leaders qu’elle mérite et les leaders ont les générations qu’ils méritent. 

Les rabbins ont les communautés qu’ils méritent et les communautés ont les rabbins qu’elles méritent.

Les juifs ont les Goyims qu’ils méritent et les Goyim ont les juifs qu’ils méritent.

 

Retour au sujet :

Lorsqu’un étranger vient à la synagogue on le met à côté du rabbin après avoir vérifier s’il avait des question à poser un peu de ‘Hokhmah pour que la conversation soit intéressante… L’étranger a cité ce proverbe  Yifta’h bédoro KiShmouel bédoro et le rabbin lui a répondu par notre verset :

Yékhi Yifta’h Ish Bour ?

 וְכִי-יִפְתַּח אִישׁ בּוֹר

Est-ce que Jephté était un imbécile ?

 

Pour le Hamaveh c’est chapitre 22 verset 4 :

22 :4

כִּי יַבְעֶר-אִישׁ, שָׂדֶה אוֹ-כֶרֶם, וְשִׁלַּח אֶת-בְּעִירֹה, וּבִעֵר בִּשְׂדֵה אַחֵר--מֵיטַב שָׂדֵהוּ וּמֵיטַב כַּרְמוֹ, יְשַׁלֵּם

Si un homme fourrage un champ ou un vignoble en faisant pâturer son bétail sur les terres d'autrui, il paiera le dégât du meilleur de son champ ou de sa vigne.

 

Pour le Hahever le feu, c’est le chapitre 22 verset 5

כִּי-תֵצֵא אֵשׁ וּמָצְאָה קֹצִים, וְנֶאֱכַל גָּדִישׁ, אוֹ הַקָּמָה, אוֹ הַשָּׂדֶה--שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם, הַמַּבְעִר אֶת-הַבְּעֵרָה

Si le feu, en s'étendant, gagne des buissons et dévore une meule de blé, ou la moisson ou le champ d'autrui, l'auteur de l'incendie sera tenu de payer.

 

Retour à la Guémara :

Je vais vous traduire la question de la Guémara comme on la traduit habituellement dans les Yeshivot et je poserais ensuite une question de grammaire qui va nous ouvrir d’autres horizons, surtout pour arriver à comprendre quelle est la conception du Talmud donc de la Torah sur ce problème responsabilité-culpabilité.

 

Je n’ai pas terminé l’analyse grammaticale :

‘Hayav signifie simultanément « coupable » et « soumis à obligation ».

Etre soumis à une obligation que l’on n’a pas encore accompli et dont on est coupable de ne pas avoir accompli… C’est une culpabilité innocente. Il y a là une grande réflexion surtout pour les pédagogues. Beaucoup d’enfants ont été victimes du manque de sérieux des parents ou pédagogues.

 

Zakaï signifie simultanément : innocent et méritant « avoir un Zkhout - mériter de – être Zakaï ». Une catégorie qui n’existe pas exactement en français. Etre Zakaï signifie avoir un certain mérite.

…/…

lire la suite

 

*****

Partager cet article

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche