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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:18

Mishpatim (1995)

 

 

Mishpatim (1995) 2ème Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/michpatim_serie_1995/cours_1

Face B

 

Pourquoi ne pas commencer par là ? Si on cherche les forces qui nous permettent de résoudre le problème moral - faire triompher l’instinct du bien sur l’instinct du mal - pourquoi ai-je besoin de toutes ces étapes ? Je n’ai qu’à avoir conscience que je suis mortel et j’aurais peur de la mort et de ce qu’il y a après et je me conduirais bien... Pourquoi passer par ces étapes ?

En réalité la Guémara fait ici allusion à 4 types d’énergies ou de forces qui sont nécessaires pour que le problème morale soit résolu :

 

ð  la bonne volonté,

ð  la connaissance du bien et du mal, 

ð  l’unité de la transcendance de Dieu sur la dualité bien et mal,

ð  la destinée personnelle.

 

Ces 4 forces sont nécessaires pour me donner la force de faire triompher le bien sur le mal.

 

Si cela ne réussit pas, dans l’ordre ce qui a manqué, le facteur important dans l’ordre des vertus c’est la bonne volonté. C’est donc la première qu’il faut mettre en évidence. Si malgré la bonne volonté il y a eu échec, c’est qu’il a manqué la connaissance... etc.

 

Très souvent une conscience échoue dans le problème moral non pas par manque de bonne volonté mais parce qu’on ne sait pas comment décider. On vourdrait bien décider le bien mais on ne sait pas où est le bien.

 

La difficulté du problème moral n’est pas tellement de choisir entre le bien et le mal. Lorsque je vois avec évidence où est le bien et où est le mal, la bonne volonté c’est de choisir évidemment le bien que je vois avec évidence. La difficulté du problème moral c’est le cas de conscience. Pas tellement le choix entre le bien et le mal, mais le choix entre 2 biens, différents et incompatibles. C’est ce qu’on appelle le cas de conscience. Par conséquent, pour pouvoir résoudre les cas de conscience il faut une sagesse qui s’appelle étymologiquement la casuistique, « l’étude des cas ». Ce mot est devenu péjoratif en Occident, mais tout le Shoulkhan Aroukh, c’est l’étude des cas de conscience. Lorsque j’ai deux devoirs en compétition, lequel des deux choisir ?

 

Vous voyez que c’est le drame de la Knesset. Un dialogue de sourd : chacun parle d’une chose différente sans comprendre qu’il faut trouver la solution qui résout les deux nécessités à la fois.

 

Le drame de l’homme de bonne volonté, c’est quand il lui manque la connaissance.

Par conséquent, si malgré la bonne volonté il y a échec, de quoi faut-il s’occuper ? De Torah !

C’est qu’on n’a pas appris suffisamment de Torah…

 

Et si on s’est occupé de Torah (c’est-à-dire savoir distinguer entre le bien et le mal) et malgré cette connaissance, cela mène au renoncement à l’effort moral, quel est alors le remède ?

C’est ce qui est indiqué par le Qriat Shema : savoir que Dieu est Un.  

 

Le mal et le bien sont tellement différents que l’étude de la Torah qui montre avec évidence que dans la réalité il y a deux côtés incompatibles que cela renvoie aux Shtéi Reshouyiot : combien y a t’il d’absolus qui gouverne le monde ? Au minimum deux ! Parce que le bien et le mal n’ont rien à voir, c’est tellement différent le jour et la nuit qu’au moment du crépuscule je me demande : combien y a-t-il de dieux ? Je me le demande de deux manières : le soir et le matin ce n’est pas le même crépuscule.

Cela est étudié surtout dans la Kaballah : le fait d’étudier la Torah sans dire les Qriat Shema cela mène à l’échec de la bonne volonté, et à travers même la connaissance. Et davka ceux qui ont plus de connaissance, s’ils n’ont pas cette foi de l’unité de Dieu au-delà du bien et du mal, échouent.

 

1-      la force de la bonne volonté

2-      la connaissance

3-      la foi en l’unité de Dieu (la foi monothéiste est la foi la plus invraisemblable à la raison humaine).

 

Il y a un danger de celui qui n’est pas capable de bonne volonté. C’est le Derekh Erets : L’exercice de la morale avant de s’occuper de la loi qui donne ce Roguez dont on parle ici...

 

[Je suis en train de penser à un verset important lorsque Joseph a envoyé ses frères chez Jacob en leur disant : « c’est moi Joseph je suis vivant venez me rejoindre… », il leur donne comme consigne : Al tirguezou badarekh : ne vous mettez pas en colère sur le chemin. Rashi explique : ne vous occupez pas de Halakha sur le chemin. Explication : l’étude du cas Joseph au niveau de la Halakha conduira de nouveau à le condamner à mort et cela risque d’être la division totale entre tous les frères à cause de ce cas.]

 

On a vu déjà 3 niveaux : La bonne volonté, la connaissance, la foi.

Vous voyez que dans l’ordre des valeurs, la foi est au-dessus de la connaissance. La connaissance ne mène pas forcément au monothéisme. Surtout, la connaissance éthique que le mal ce n’est pas le bien et le bien ce n’est pas le mal, n’a jamais mené au monothéisme mais a toujours mené à l’athéisme.  

 

[Il suffit de voir Spinoza. C’est pire que de l’athéisme d’ailleurs. L’œuvre majeure de Spinoza c’est l’Ethique. Aucun historien de la philosophie n’a jamais résolu l’énigme Spinoza : il reprend les catégories de Descartes en affirmant en tant que d’origine juive un acte de foi qui fait prendre pour une évidence de la raison  que la pensée et l’étendue sont deux modalités de la même substance alors que pour Descartes ce sont deux substances différentes. Descartes est dualiste. ]

 

C’est donc l’éthique qui risque de mener à l’échec de la morale.

Observez bien : tout ceux qui parlent d’ « éthique » sont en dehors de la morale. Surtout au niveau de l’éthique médicale. On s’est emparé d’un mot qui veut dire le contraire de ce qu’on fait semblant qu’il veut dire. L’éthique est une philosophie d’une morale inapplicable. C’est la perception grecque du probléme du bien et du mal. Je refemre la parenthèse.

 

On a eu toutes ces forces-là et et même le Qriat Shéma de la nuit et cela peut échouer…

Alors on dit :

 

Qu’il se rappelle le jour de la mort, puisqu’il est dit « Selah soyez silencieux »

 

Rashi : le jour du silence, c’est le jour de la mort qui est un silence éternel, (jusqu’à la résurrection)

Une seule différence entre un vivant et un mort : le mort ne parle pas. Pour tout le reste aucune différence. C’est pourquoi c’est une grande vertu de citer le défunt parce qu’on fait « murmurer les lèvres de ceux qui dorment ».

 

On pourrait se demander, il y a :

 

1-      la force de la bonne volonté

2-      la connaissance

3-      la foi en l’unité de Dieu…

 Mais que puis-je moi faire pour cela au-delà du bien et du mal ? Il n’y a que Dieu qui peut faire cela ! Alors la fin du verset ajoute : Il y aura le jour de ton jugement, c’est ta destinée qui est en jeu.

4-      la responsabilité personnelle.

 

Il y a une Guémara dans Kidoushin : toujours se considérer comme moitié méritant et moitié déméritant. Cela ne vaut pas seulement pour le Tsadik lui-même et sa destinée mais cela vaut pour le monde entier. Chaque geste d’un Tsadik peut faire basculer pour le monde entier d’un côté ou de l’autre.

 

Vous avez dû remarquer pour ceux qui sont déjà arrive à l’âge de la maturité : Il y a une première période de la vie  où l’on est à l’abri de quelque chose, on ne pense pas au bilan à faire entre les mérites et démérites. A un certain stade de la vie on s’aperçoit qu’on n’est à l’abri de rien du tout et que chaque acte peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Parfois on ne se rend pas compte qu’un acte anodin peut avoir des conséquences considérables qui n’ont aucun rapport avec l’acte lui-même. Et pour soi-même, pour l’entourage et le monde entier.

 

C’est l’expérience de la sagesse qui le montre : il y a une solidarité totale de tous les individus sur la planète. Et en fin de compte, le sort du monde dépend de la décision de chacun à chaque moment.

C’est une Guémara de Kidoushin

 

C’est cette expression concernant la Torah Yaassof  baTorah : cela nous amène au verset que nous allons étudier sur un enseignement de Rabbi Shimon Ben Laqish. On verra que ce n’est pas par association d’idée qu’on est passé du verset de Rabbi Yehoshouah Ben Lévi  à l’enseignement de Rabbi Shimon Ben Laqish sur un mot du verset. Et à un autre enseignement de Rabbi Shimon Ben Laqish sur un mot du verset.

 

Mishpatim Chapitre 24 verset 12 :

24:12

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, עֲלֵה אֵלַי הָהָרָה--וֶהְיֵה-שָׁם; וְאֶתְּנָה לְךָ אֶת-לֻחֹת הָאֶבֶן, וְהַתּוֹרָה וְהַמִּצְוָה, אֲשֶׁר כָּתַבְתִּי, לְהוֹרֹתָם

Vayomer Adonaï el-Moshe

Et Hashem dit à Moïse

aleh elay haharah

Monte vers Moi en direction de la montagne

vehyeh-sham

Et sois-là-bas

 

Rashi : sois là-bas le temps que Je te transmettrais toute la Torah que j’ai à te transmettre pour Israël. Et on apprend par la suite qu’il s’agit de 40 jours donc Rashi dit : Et sois là-bas pendant 40 jours.

 

ve'etnah lekha et-lou’hot ha'even

et Je te donnerai les tables de pierre

 vehatorah

et la Torah

vehamitsvah

et la Mitsvah

asher katavti / lehorotam.

que j’ai écrites pour leur enseigner.

 

Le sujet de la fin du verset n’est pas Dieu mais Moïse : pour que tu leur enseignes.

Cf. l’accent disjonctif sous asher katavti.

Il peut y avoir les deux lectures d’aillleurs, mais d’après les commentaires que j’ai étudiés c’est lehorotam pour que tu leur enseignes.

 

Enseignement de la Guémara sur ce verset qui porte sur le mot de Torah.

 

Rabbi Shimon Ben Laqish  enseigne : que signifie pourquoi est-il écrit : Et Je te donnerai les tables de pierre et la Torah et la Mitsvah que j’ai écrites pour leur enseigner ? Lou’hot eleh asserot hadiberot - Les tables ce sont les 10 commandements. Torah zeh Miqra.  La Torah c’est le Miqra - le ‘Houmash ie. le texte de la Torah parce que c’est une Mitsvah de lire la Torah – ve haMitsvah zeh Mishnah.

 

Or, jusque-là on croyait que la Torah c’est la Mitsvah et que la Mitsvah c’est la Torah. Non, la Guémara vient nous dire « La Torah c’est le Miqra » et la Mitsvah c’est la Mishnah. »

 

Asher katavti que j’ai écrites– Eloh hou Neviim vé ketouvim - c’est les texte des Prophétes et des Hagiographes dans le Miqra, / lehorotam pour leur enseigner – c’est la Guemarah et le Talmud. Melamed, cela nous apprend que toutes ont été donnée à Moïse à partir du Sinaï.

 

Voici le sujet de ce texte :

Tout l’ensemble c’est Torah MiSinaï.  Cf. Rashi sur le 1er verset de notre Parashah.

וְאֵלֶּה, הַמִּשְׁפָּטִים, אֲשֶׁר תָּשִׂים, לִפְנֵיהֶם

Ve'eleh hamishpatim asher tassim lifneyhem

Et voici les principes de modéles de jurisprudence que tu placeras devant eux

 

Rashi :

וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים

כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר אֵלֶּה פָּסַל אֶת הָרִאשׁוֹנִים וְאֵלֶּה מוֹסִיף עַל הָרִאשׁוֹנִים מַה הָרִאשׁוֹנִים מִסִּינַי אַף אֵלּוּ מִסִינַי

Et celles-ci sont les ordonnances Partout où il est écrit : élè (« ceux-ci sont »), le texte implique une rupture avec ce qui précède. Et lorsqu’il est écrit : weélè (« et ceux-ci sont »), il implique un ajout à ce qui précède. De même que ce qui précède a été proclamé au Sinaï, de même « celles-ci » ont-elles été proclamées au Sinaï… (Chemoth raba).

 

Le terme Vééléh relie ce qu’on va lire à ce qui va précéder

Le terme Eleh sépare ce qui précède de ce qui va suivre.

Véeleh : les principe qui vont suivre sont de même nature que les précédents.

Rashi cite la Me’hiltah : Eleh disqualifie ce qui s’est passé avant, tandis que véeleh ajoute à ce qui avait précédé. Il donne comme exemple : la 1ère fois qu’il y avait Eleh dans le récit de la Torah : Eleh toldot hashamayim vehaarets, c’est après les 6 jours du commencement. Cela renvoie à la préhistoire, le Tohou vaBohou du commencement qui est en cours d’organisation et qui est remplacé par l’histoire du  monde déjà organisé. Le passage entre Maassé Bereshit et Toldot hashamayim vehaerets béhibaream, au verset 4 du chapitre 2.

 

Il y a là un problème très important : énormément de gens accordent respect aux principes des dix commandements et considèrent les autres Mitsvot d’un autre niveau. Cette Guémara remet en évidence que c’est tout un ensemble. On le lit dans le verset :  

 

24:12

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, עֲלֵה אֵלַי הָהָרָה--וֶהְיֵה-שָׁם; וְאֶתְּנָה לְךָ אֶת-לֻחֹת הָאֶבֶן, וְהַתּוֹרָה וְהַמִּצְוָה, אֲשֶׁר כָּתַבְתִּי, לְהוֹרֹתָם

…ve'etnah lekha et-lou’hot ha'even

et Je te donnerai les tables de pierre

 vehatorah

et la Torah

vehamitsvah

et la Mitsvah

asher katavti / lehorotam.

que j’ai écrites pour leur enseigner

 

Toutes ces définitions supplémentaires sont de trop puisqu’il s’agit des tables de pierre ! Cela veut dire qu’en même temps que les 10 commandements écrit sur les tables de pierre, pendant ces 40 jours, Moïse s’est initié à l’ensemble de la Torah.  

 

Je reviens sur ces définitions :

 ve'etnah lekha et-lou’hot ha'even :

et Je te donnerai les tables de pierre => les 10 commandmeents

 vehatorah

et la Torah => le Miqra

vehamitsvah

et la Mitsvah => la Mishnah.

asher katavti

que J’ai écrites => le reste du Tanakh : Neviim et Ktouvim 

 lehorotam.

pour leur enseigner => le Talmud.

 

Vous reprendrez le raisonnement en détail.

La question du point de vue de la méthode de l’étude c’est de savoir pourquoi la Guémara nous a cité ce 2ème enseignement de Reish  Laqish après le 1er ? La réponse est très importante :

 

C’est pour nous expliquer le sens du mot « Torah » dans la Beraïtah précédente qui dit :

« Et s’il n’a pas réussi après la bonne volonté, qu’il s’occupe de Torah ... »

 

La Guémara veut dire : lorsque tu dis « Torah » de quoi veux tu parler ? On l’apprend de l’enseignement de ce même Rav d’après un autre verset, où l’on voit que « Torah » doit avoir un autre sens que « Mitsvah » puisqu’il y a mentionné « Torah » et « Mitsvah » séparément.

 

Je vais donc expliquer ce qu’est ce terme « Miqra » :

Miqra c’est le texte de la Torah. Le Miqra c’est le texte de ce récit qui nous raconte que Dieu a donné à Moïse telle ou telle Mitsvah... Mais ces Mitsvot ne peuvent être étudiées d’après le récit, il faut les étudier dans le Talmud.

 

Un exemple simple que j’ai l’habitude de citer à ce propos : Il y a un verset qui est une Mitsvah :

« Véahavtah léreakhah kamokha... Tu aimeras ton prochain comme toi-même... »

Dans la lecture de la Torah on apprend que Dieu a dit à Moïse de transmettre cette Mitsvah importante aux Bnei Israël. Mais comment se réalise-t’elle ? D’après ce récit on ne le sait pas ! Où va-t’on l’apprendre ? Dans le Talmud et sa casuistique ! Pour savoir dans chaque cas comment cela s’applique... !

 

Cela veut dire que les versets qui nous donnent les Mitsvot font partie du Miqra, mais les Mitsvot elles-mêmes s’étudient dans le Talmud.

 

Or, cette Mitsvah dont parle Rashi « she Mitsvah liqro baTorah - c’est une Mitsvah de lire la Torah » n’est pas la Mitsvah de l’étude de Torah. La Mitsvah de Talmud Torah c’est dans le Talmoud. La Mitsvah de lire la Torah s’est perdue avec le temps.  

 

Dans le temps contemporain, c’est le Maharal de Prague qui a réinstitué l’étude du Miqra qui s’était perdue avec le temps, je parle surtout dans le judaïsme européen. Parce que chez les Séfardim c’était différent.

 

[J’ouvre une petite parenthèse. Le phénomène Yeshivah dans le monde ashkénaze est très récent. Dans le monde séfarade on l’appelait la Metiftah – mot araméen pour dire Yeshivah. Or, la Métiftah c’était l’école des élèves du Dayan pour se former à être Dayan. A part cela, il y avait le Talmoud Torah. Or, dans le monde ashkénazi, il y a eu dans les derniers siècles une poussée démographique énorme, et les rabbins devant le problème d’école juive ont transformé la Yeshivah en école juive. Alors que c’était à l’origine pour les Dayanim. Cela montre la différence de ces deux judaïsmes : les Ashkénazim fonctionnent comme Juifs comme si c’étaient des Dayanim, alors que chez les Séfardim, Talmoud Torah et Métiftah sont différents. Cela provient d’un phénomène socio-historique très important. Ce n’est que dans les siècles récents, il y a des raisons historiques très connues, l’un d’entre elles c’est le fait que la civilisation est passé en Europe et donc que le monde juif d’Europe s’est développé beaucoup plus que le monde juif de l’islam qui est rentré en sommeil. Et puis le fait qu’il y ait eu à cette époque énormément d’épidémies et de maladies dans les communautés séfarades du monde de l’islam. Jusqu’à il y a 300 ans il y avait plus de Séfardim que d’Ashkénazim. Depuis trois siècles à peu près, cela s’inverse considérablement. Il y a plus d’Ashkénazim dans le monde que de Séfardim. En Israël c’est moitié-moitié. Ce qui explique nombres de différences entre ces communautés et en particulier l’école juive. C’est la méthode de formation des juges qui est devenu le Talmoud-Torah. Alors que le Talmoud Torah c’est l’étude de la Torah, c’est à dire du Miqra. Alors que l’étude de la Mitsvah se fait dans la Guémara pour former les Dayanim. Les Dayanaim qui savent lire et interprêter le Shoulkhan Aroukh pour les Juifs. On comprend les implications de ces différences de ces deux mondes dès aujourd’hui dans le phénomène des Yeshivot. Il est bien évident qu’il y a une éclipse totale de la Shitah Séfardite et que c’est la Shitah Askhénazite qui a prédominé. Il en résulte une mentalité du juif ’harédi qui est comme s’il était un dayan, préoccupé de problèmes de dayanim d’ailleurs. Dans le monde ‘Harédi l’éclatement de l’unité se fait sur des problèmes de Halakha, sur des problèmes de juges. Le phénomène des sectes c’est le phénomène de jurisprudences différentes qui induisent des types de Juifs différents. C’est le Maharal dans le monde ashkénaze qui a réinstitué la Parashat Hashavouah.

Cela commence par là ! Il dit lui-même dans un des chapitres de Derekh ’Hayim que c’est en connaissant la Yeshivah Séfardi d’Amsterdam qu’il s’est rendu compte qu’il fallait d’abord apprendre le Miqra et ensuite, la Mishnah.

Une blague à ce sujet dans le monde des Yeshivot : si on demande à un Barour Yeshivah où est écrit « Bereshit Barah Elohim » ? Il répond Brakhot chapitre 12 !]

 

On revient à l’enseignement précédent.

Cela va nous éclairer sur ce que Rabbi Shimon ben Laqish avait dit en disant : Yaassof  baTorah.

C’est le 2ème Rabbi Yehoshouah ben Levi qui explique ce que le 1er voulait dire.

Or quel était notre problème ? Il avait la bonne volonté mais pas la connaissance, alors il a échoué !

Et bien qu’il apprenne Torah, et cela va l’aider ! Et la premiére lecture c’est la casuistique : davoir où est le bien et où est le mal, dans le Shoulkhan Aroukh!

On s’aperçoit que ce n’est pas du tout cela : il s’agit d’étudier le Miqra !

 

Quelle différence entre ces deux Mitsvot ?

ð  La Mitsvah du Talmud Torah en tant qu’étude de la loi dans le Talmud, la Guémara.

ð  La Mitsvah de lire la Torah.

 

Un de mes maîtres, le Rav Shneerson, cousin du Rabbi de Loubavitch, m’avait dit un jour: « celui qui ne connait pas la Kaballah ce n’est pas un homme, mais celui qui ne connait pas la Guémara ce n’est pas un juif. Laquelle des deux choses est la plus grave ? » Vous voyez le piège !

 

Il faut savoir que tous les kabbalistes sont talmudistes mais pas tous les talmudistes sont kabbalistes. Seulement on n’arrive jamais à la Kaballah sans passer par la Guémara.Et c’est Talmud Torah. Et ceux qui font de la Guémara savent que pour vraiment faire de la Guémara il faut en faire 24 h/24.  

 

D’autre part nous dit Rashi, à part la Mitsvah du Talmoud Torah « Yesh Mitsvah liqro baTorah » : c’est-à-dire de comprendre dans le texte de la Torah.

 

Et qu’est-ce qu’on apprend dans le texte de la Torah qui n’est pas Mishnah, ni Shoulkhan Aroukh, ni Guémara ? C’est l’histoire d’Israël, et surtout l’histoire des Avot les Pères d’Israël !

 

La Torah est donnée aux Bnei Israël mais elle possède une préface qui raconte l’identité des Avot d’Israël. Et ceux qui n’ont pas étudié comment les Avot agissait pour savoir où est le bien et le mal, ne sauront jamais où est le bien où est le mal, quelque soit la quantité de Soulkhan Aroukh qu’ils ont en tête.

 

La preuve :

Nous sommes interpellés par des questions décisives : un plein désarroi des personnes connaissent le Shoulkhan Aroukh mais parce qu’ils n’ont pas étudié la Torah. Ils ne savent pas comment Abraham Isaac, Jacob, Moïse, réagissent dans l’histoire de leur peuple. Ils savent comment on sépare le lait de la viande avec un scrupule extraordinaire, qui est respectable en soi mais souvent excessif. ( Si une fourchette de viande a rencontré une cuillère de lait cela risque de déclencher une déflagration atomique... )

 

C’est ce qui est important ici.

Lorsque Reish Laqish parle de la connaissance de la Torah qui est nécessaire pour résoudre le problème moral, il ne parle pas de la Mitsvah. Il parle du Miqra. C’est ce que je voulais mettre en évidence.

    

C’est cette connaissance-là qui a été mise en éclipse lors de la dominance de la Shitah de la Yeshivah qui a pris le pas sur la Shitah du Talmud Torah. Ceci dit il faut nuancer. Il y a beaucoup de Talmud Torah autour des Yeshivah. Et énormément de Rabanim des Yeshivot enseigne la Torah. Mais la définition des catégories doit être très claires.

 

Je voudrais dédier la prochaine étude à la mémoire de Jean Vassal qui vient de nous quitter, il est décédé à la sortie de Parashat Yitro. Ce qui est une extraordinaire coïncidence avec le personnage de Yotro héros de la parashah. Il était guer toshav et donc il n’a pas pu être enterré dans un cimetière juif. Cela nous obligera de poser la quesiton à la rabanout de trouver une solution pour les guérim qui ne sont pas guerei tsedek. Nous ferons donc un limoud à sa mémoire.

 

< fin >

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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