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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:46

Les Conflits des Fins des Temps (1991) - Talmud et Midrash

 

Catégorie : Messianisme

Les conflits de la fin des temps à la lumière du Talmud – 1ère partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/les_conflicts_de_la_fin_des_temps_a_la_lumiere_talmud_et_du_midrash/cours_1

Face A - Durée : 46,3 minutes

 

Présentation par Richard Darmon :

 

Un texte de E.Lévinas datant de l’automne 1980 au colloque des intellectuels juifs.

Dans le contexte de la crise entre l’Iran du khoménisme et des Ayatolas avec les Etats-Unis á l’occasion de la prise en otage du personnel d’ambassade américaine à Téhéran.

 

Titre du texte de Lévinas : « Qui joue le dernier ? » qui commente en 20 pages un extrait de la Guémara Yoma 10a :

 

« Dans le cours extrait du traité Yoma 10a que je me propose de commenter il est question de la Perse et de Rome. Il est question de la guerre éventuelle qui devrait terminer l’histoire et qui se jouerait, si les guerres se jouent, entre ces deux empires. Quelque soit les réflexions de l’actualité peut provoquer dans vos esprit en contrepoint de mon exposé, je vous pris de croire que ce n’est pas à cette actualité que je pensais. Mon texte a été choisi il y a quelques mois bien avant le conflit actuel qui emplit les journaux et les bulletins d’information à la radio, j’ai pensé que tout cela n’était pas une raison suffisante pour changer de sujet, ni pour refaire dans un autre esprit un exposé déjà esquissé. »

 

Levinas, 20 pages après, conclut cette étude en disant ceci :

« Rome c’est le grand ordre antisémite qui a régné dans la Méditerranée et qui s’est fait Occident. Occident politique sur lequel aucune illusion n’est certes permise. Mais la venue du fils de David demande peut-être qu’au préalable l’union se fasse, l’union occidentale, on pas d’emblée selon la loi d’amour inspiré de l’autre homme, mais déjà à titre préparatoire selon la loi où le mal se sera donner les allures du bien. Monde organisé déjà tout autour de la loi, laquelle aura politiquement prise sur lui. »

 

Et cette phrase pour conclure :

« Nécessité d’un occident planétaire pour la venue du messie ».    

 

Je crois que les événements que nous vivons sont encore d’une plus grande gravité encore que ceux d’il y a 10 ans. Ne serait-ce que parce qu’entretemps il y a eu la guerre Iran-Irak. La politique mercantile de l’Europe et notamment de la France qui a vendu les armes que vous savez à l’Irak. Mais aussi et surtout parce que Israël peut être touché directement. Et parce qu’aussi il s’agit d’un affrontement entre l’Occident et une partie du monde arabe avec justement de part et d’autre des capacités de destruction formidable voire apocalyptique.

Chacun par ailleurs a pu prendre note  de l’action rassurante du Rabbi de Loubavitch qui expliquait qu’en cette fameuse année 5750 les habitants d’Israël n’avait aucun risque et n’avait pas à s’inquiéter d’une situation qui justement hâterait selon lui la venue du Mashia’h. il y a eu d’autres réactions notamment en sens contraire, celle du ministre de l’intérieur qui voit les choses de manière plus sombre, mais je crois que Manitou va ce soir nous parler au-delà des réactions qlq peu médiatiques des textes mêmes qui évoquent soient allusivement soit de manière très évidente la situation que nous vivons aujourd’hui.  

 

Manitou :

 

Nous avons un sujet à a fois facile à présenter et difficile à expliquer puisqu’il s’agit de confronter des textes très anciens – en particulier des textes talmudiques – bien que de façon directe les principales sources sont dans le Zohar. Mais malgré tout nous sommes de façon générale beaucoup plus familier à l’étude talmudique, c’est pourquoi je me baserais surtout sur l’exégèse talmudique.

Et d’autre part la réalité.

 

Bien entendu, il ne nous appartient pas de formuler un diagnostic politique, un diagnostic autorisé que seuls les experts, et ils sont parfois en perplexité, pourraient définir. Surtout par le fait que nous vivons des événements qui s’accélèrent et personne ne peut savoir comment la réalité dans l’existence qui nous entoure et à laquelle nous participons - et au centre du cyclone à Jérusalem nous sommes bien plus calme que ce qui se passe à la périphérie – se déroulera et nous n’avons pas le droit de parler dans une sorte de pastiche prophétique comme aiment à le faire parfois les journalistes lorsqu’ils citent parfois les autorités rabbiniques d’autre part les plus contestables. Avant d’exposer le plan de l’analyse, je voudrais vous dire quelles ont été les raisons immédiates qui m’ont poussé à choisir ce sujet ce soir. L’atmosphère générale depuis quelques années depuis peut-être l’existence d’Israël entrouvre ce problème en partie historique de la signification de ce qui se passe pour nous le peuple juif : après 2000 ans d’un exil, d’une dispersion dont nous sommes les rescapés de rescapés et cette épaisseur de durée, ce temps de 2000 ans est tellement massif que parfois on néglige le fait qu’un tel événement comme celui de la restauration de la nation hébraïque en Erets Israël ait pu avoir lieu.

Nous avons le privilège d’en être les contemporains, les témoins et parfois les acteurs, après 2000 ans d’une dispersion où parfois les juifs ont tendance à oublier ce que cela représente ne peut pas être un phénomène fortuit.

 

Ce qu’a lancé ces textes qui ont été étudié pendant 2000 ans et leurs sources sont beaucoup plus anciennes puisque versets de la prophétie hébraïque, soit d’une certaine manière vécu, ne doit pas nous mener. C’est un risque duquel nous devons nous méfier. Tomber dans une sorte de superstition  d’interprétation des signes et choses beaucoup plus graves de déviations spirituelles religieuses de s’instaurer comme une sorte d’oracle qui désignerait la signification ultime d’événement qui en fin de compte existentiellement sont changeants.

 

Je dirais à ce propos le principe de l’exégèse traditionnelle rabbinique, en particulier talmudique, concernant les prophéties de la fin des temps. Et pour cela, pour ne pas risquer de l’oublier, je voudrais avant tout, avant même d’indiquer les raisons immédiates du choix de ce sujet maintenant que nous sommes en pleines attente de ce qui va se passer de jour en jour, que l’expression « la fin des temps », en hébreu « a’harit hayamin » une expression des prophètes qui ne signifie pas « la fin du monde ».  L’expression de  « a’harit hayamin » signifie toujours chez les prophètes qui l’emploient et chez les rabbins qui l’expliquent, la fin des temps d’exils.

 

Dans la mesure où nous nous définissons en tant qu’israéliens dans la mouvance, et la perspective du mouvement sioniste qui a abouti à la restauration de la nation hébraïque, en d’autres termes plus simple mais plus sujet à controverse, à l’existence de l’état d’Israël en Erets Israël, il est bien évident que pour nous c’est un point de départ d’évidence plus qu’une donnée immédiate de la conscience, plus qu’un postulat, que nous vivons la fin des temps de l’exil de ce troisième grand exil qui a commencé il y a 2000 ans lorsque Rome a détruit la Judée, le 2ème royaume de Juda, et bien que déjà encore dans le peuple juif, surtout en diaspora mais aussi surtout chaque fois dans certains ghettos d’Israël, il y a une mise en question de cette évidence que nous vivons la fin des temps d’exil de la fin, et bien malgré cette perplexité à l’intérieur du peuple juif, malgré la négation de cela à l’extérieur du peuple juif, en particulier dans ces deux mondes dont nous allons beaucoup parler ce soir : d’un côté l’islam et de l’autre côté la chrétienté qui se rattache de milles manières aux sources de la prophéties hébraïques à leur manière. Et cette inquiétude qui au fond souvent lorsque nous pensons à une sorte d’alliance contre nature objective entre les juifs perplexes et les nations qi nient l’évenement alors que nous le vivons, et bien malgré tout je crois qu’il était nécessaire de dire en clair que nous savons pour notre part que nous vivons ce temps « A’harit hayamin »  

 

Or, nous avons d’autre part pendant 2000 ans étudié ces textes, en particulier du Talmud, qui parlent des événements « A’harit hayamin » ; et il est donc nécessaire d’arriver à penser ensemble ces deux mondes et ces deux discours : le discours prophétique interprété par la tradition (le Talmud centralement) et d’autre part le discours qui rend compte de la réalité.   

Ce discours qui rend compte de la réalité, finalement nous sommes obligés de le lire à travers ce que disent les médias d’une façon générale.

 

Or, je citerais que deux parmi ces événements médiatiques, Richard Darmon qui a introduit cette scéance y a fait allusion :

D’une part la déclaration du rabbi de Loubavitch pour lequel je crois Isra¨le doit avoir énormément de reconnaissance et d’estime parce qu’il représente une des autorités orthodoxes ‘harédim qui se relie positivement à l’existence de Médinat Israël et qui n’hésite pas à parler de Médinat Israël lorsqu’il parle d’Israël, et ne se borne pas comme d’autre le fond avec les arrières pensées qui leur sont propre, de parler d’Erets Israël comme si Médinat Israël n’existait pas.

 

En particulier nous savons quels ont été les décisions d’intervention dans la vie politique israélienne cette année. Mais récemment, le vendredi 17 août, a été reproduite une de ces déclaration rassurante pour Israël tout en étant conscient de façon extrêmement lucide que nous vivons une époque (et en cela nous partageons la situation de l’humanité toute entière) où il risque effectivement de se déclencher peut-être à Dieu ne plaise que non, une 3ème guerre mondiale qui risque d’être apocalyptique. Nous avons bien cela non pas dans l’inconscient mais dans la conscience très lucide que c’est  sur l’écran de ce danger que nous devrons réfléchir. C’est ce que nous allons tenter de faire : un langage de trait d’union entre les discours des textes et le discours de la réalité.

 

L’utilisation de ce type de déclaration risque d’être dévoyée et employée à des fins de religiosité superstitieuses, c’est ce qui me frappe ces temps-ci où il semble qu’il y ait un grand danger de conduites superstitieuses qui guettent la piété juive contemporaine dans beaucoup de secteurs.

Et donc je demanderais très clairement qu’on distingue radicalement ce que le rabbi de Loubavitch dit en citant des textes qui existent, qu’il connait et qu’il maîtrise et d’autre part l’utilisation de la piété populaire.

 

Et il y a eu une 2ème citation qui est celle du ministre de l’intérieur qui elle semblait un peu plus pessimiste dans Maariv le mercredi 22 août et qui parle d’un danger effectif de guerre et nous savons que s’il y a un tel danger cela risque d’atteindre Israël : le titre cite un verset de Jérémie au chapitre 51. C’est par là que je commencerais.

 

Citation par Arié Déri du Yalkout Shimoni qui avait été rendue public déjà au début de la guerre entre l’Irak et l’Iran, il y a une dizaine d’années et qui avait fait sensation. On ne peut pas citer n’importe quoi à propos de n’importe quoi.

 

Ce 1er texte du Yalkout Shimoni parle d’un conflit entre le roi de Perse et un roi arabe – Melekh Paras oumelekh Aaravi. Dans la réalité il est bien évident que ces dernières années nous avons été témoins d’un conflit qui a inquiété le monde entier entre l’Iran et l’Irak. (Lorsque les textes traditionnels disent Melekh cela signifie littéralement un roi mais cela signifie un souverain).  

 

Entretemps, j’ai eu beaucoup de questions et de demandes de renseignements au sujet de savoir s’il fallait prendre au sérieux ces références et la manière dont les rabbins les citent, pour savoir si nous sommes dans ce temps qui concerne les prophéties de la bible.

 

Je rappelle que nous sommes évidemment dans le temps de la fin de l’exil. L’existence de la restauration de la nation hébraïque dans l’état d’Israël n’est pas un incident de l’histoire, parce que deux milles ans c’est massif.

 

En tout cas, dans l’économie de la cohérence de la mentalité de croyants, il est bien évident qu’on ne peut pas jouer avec ces concepts. On ne peut pas jouer à la fois sur des postulats de croyants que ce que dit la bible est vrai et que l’histoire du monde est dirigée par une providence qui est celle du créateur lui-même qui a exprimé sa propre conception de notre histoire à travers la parole des prophètes hébreux d’une part, et d’autre part ne pas tenir compte de la réalité  dans ce même monde où l’on existe et duquel on parle lorsque l’on parle de Dieu créateur de notre monde.

 

Je ne sais pas quelles sont les causes profondes de cette espèce de schizophrénie spirituelle qui peut exister dans certains milieux – je sais que cela peut s’étudier et s’expliquer. Je le dirais très globalement, très schématiquement. Il est indéniable que 2000 ans de cette histoire anormale de notre exil ont abouti à détraquer les nerfs du peuple juif et que toutes les aberrations intellectuelles et spirituelles – auxquelles malheureusement l’habitude nous rend familier – risquent d’apparaitre.

 

Je veux simplement indiquer, je ne veux même pas dire dénoncer, qu’on en prenne acte et conscience comme contradiction de fond dans certains milieux qui citent ces textes qui y croient et qui en vivent concernant la réalité.

 

En particulier, un coup de téléphone d’un journal français, le Figaro, par le biais de son correspondant à Jérusalem, qui m’a demandé de donner quelques enseignement sur ces sources de tel sorte de pouvoir éclairer le lecteur français parce que ces citations de talmud de midrash commencent à imprégner la mentalité du public universel à travers le phénomène des mass-média.

 

Voilà un faisceau des raisons immédiates de notre soirée.

 

***

 

D’après ce que j’ai pu comprendre de ces textes que nous étudions depuis le Talmud Torah depuis 2000 ans, et nous allons voir un très grand guide, le Maharal de Prague, ce soir dans la lecture de cette exégèse et la citation de Mr. Levinas par Richard Darmon montre que ces textes sont vraiment étudiés dans l’universel juif.

 

Ces textes sont rassurants.

A quel niveau ?

Je vais formuler une règle claire : les prophètes n’ont jamais été des devins.

Ils n’ont jamais prédit l’avenir, ils ont expliqué l’histoire et ses règles, et toujours sous forme d’alternative, parce que la réalité dépend à postériori de la conduite humaine. Elle dépend à priori du plan de Dieu pour l’histoire, et les prophètes le connaissent. C’est leur définition d’être : ils sont ceux à qui Dieu a révélé ses secrets.

 

Il nous suffira de dire qu’au bout de 4000 ans il y a un tel consensus universel de cette parole de la Bible qui a été formulée par les prophètes d’Israël a eu un tel impact dans l’humanité entière que nous avons un problème avec le monde extérieur. D’un côté l’énormité de la civilisation chrétienne énorme au point de vue quantitatif et de son poids qualitatif, culturel religieux et historique et de l’autre côté l’islam, chacun à sa manière. Ne serait-ce que ce consensus extérieur montre que ce n’est pas un principe abstrait que de dire lorsque nous, juifs, reparlons hébreu, réétudions la bible en hébreu nous nous référons à la parole des prophètes hébreux ces hommes à qui Dieu a révélé ce que Lui sait de l’histoire de ce monde, cela est pour nous un principe de base de toute analyse cohérente de ce qu’on pourrait appeler la pensée juive, et de ce que la pensée juive nous dirait surtout de notre temps d’elle-même.

Jamais les prophètes n’ont parlé comme des devins. Ils ont expliqué les grandes alternatives et les grandes avenues d’éventualités de développement historique, compte tenu d’un plan du Créateur pour son histoire. Et les grands sages d’Israël à travers les siècles nous pont fait la grâce de nous communiquer à un niveau intellectuel, l’intelligibilité des paroles des prophètes.

 

Nous nous situons nous dans le temps d’après la prophétie, et par conséquent ce serait d’une outrecuidance de prétendre que l’on pourrait lire directement les versets de la prophétie hébraïques dans leur formulation originelle, en entendant l’hébreu des prophètes à la manière dont les prophètes le comprenait.        

 

Nous sommes obligés de passer par la médiation de la traduction de la tradition. Et dans ce cas de la tradition talmudique.  

 

Il faudra inévitablement parler dans ces textes que nous avons à étudier de la venue du messie. Ce n’est pas le problème que je me propose d’aborder ce soir. Mais simplement une citation à ce sujet pour illustrer mon propos :

                                                                      

Il y a dans la Guémara de Sanhédrin l’enseignement suivant : de toutes les façons les prophètes ont annoncé la fin de l’exil pour l’histoire d’Israël et la fin des tribulations de ce monde-ci pour l’histoire de l’humanité.

 

Ce n’est pas par hasard que le message de Dieu à Israël commence par le panorama de l’histoire universel à partir du premier homme. L’humanité toute entière vit un temps anormal de l’histoire du monde qui doit s’achever au temps messianique. Ce temps anormal est le temps d’une histoire invivable (je schématise) parce que la coexistence des personnes se heurte à toutes les difficultés que vous savez. Que ce soit les relations personnelles, que ce soit les relations des groupes humains des familles entre elles, que ce soit les relations des nations entre elles, depuis que l’homme est homme, l’histoire est celle des guerres. Et les prophètes hébreux nous ont confirmé leur sentiment humain profond qu’il s’agit là d’un monde anormal. Ce ne peut pas être un hasard que le slogan fondamental de la parole hébraïque soit le mot de Shalom.

 

עֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו, הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ

Ossé Shalom BimRomav, Hou iaasse shalom aleinu

Celui qui fait la paix dans ses hauteurs, Il fera la paix sur nous

 

Le Shalom n’est naturel qu’en-haut. Sur terre c’est non naturel. Et il faut bien se rendre compte que c’est là le diagnostic et le message précis parfois impitoyable du récit biblique.

 

Le récit biblique nous explique l’histoire d’un monde où l’exigence fondamentale pour qu’il soit vivable soit que ce soit un monde de paix et il nous raconte, en nous confirmant qu’il en est bien ainsi dans la réalité qu’il s’agit de l’histoire des guerres.

 

Nous attendons le temps messianique. Or, le temps messianique est contemporain du temps de la fin de l’exil. C’est encore un autre sujet, mais je crois que le lien de ces deux notions nous est suffisamment familier.

 

Dans tous les cas nous aborderons à la fin des temps de l’histoire du Olam hazéh de la Galout, le temps de la Geoulah et de Yemot haMashia’h.

 

Il y a deux voies pour y arriver. Que nous y arrivons c’est la décision du Créateur parce que c’est le programme de son projet de l’histoire pour le monde que nous vivons. Mais comment nous y arrivons cela dépend du mérite qui découle de la liberté, de l’autonomie, de la responsabilité des hommes faisant leur propre histoire.

 

Guémara de Sanhédrin 90 :

Soit il n’y pas de mérite suffisant et les règles et critères de l’évaluation mérite ne sont plus aux mains de personne, soit il y a mérite suffisant alors dés que c’est mérité ce sera obtenu. S’il y a mérite suffisant le temps sera anticipé. C’est le désir du Créateur que Son monde soit normal et donc le plus vite possible. Mais s’il n’y a pas mérite suffisant alors Béitav en son temps. Et en son temps à travers le fonctionnement des lois qui régissent le monde et non pas à travers des miracles dévoilés.  

Et donc semble-t’il au bout de ces 6000 ans de l’histoire (moins quelques dizaines d’années) selon le calendrier hébraïque nous sommes arrivés à un moment historique où confluent dans un faisceau de réalités historiques la fin de notre exil et le passage à l’échelle universelle et planétaire des problèmes des nations.

 

Et nous vivons ces semaines-là les dernières de l’année TaShaN (5750)  dont nous ne pourrons jamais finir de faire le bilan :

L’effondrement de l’empire marxiste soviétique, le déclenchement et le défoulement de l’antisémitisme européen, les deuxièmes retrouvailles avec le judaïsme d’Europe de l’Est et de l’Ethiopie et d’Amérique du Sud…etc.

Ce sont des événements massifs avec en plus depuis qlq jours ce risque de conflit  entre deux partie du monde, d’un côté surtout l’islam et de l’autre côté surtout la chrétienté. Avec certains alliés des puissances chrétiennes du côté de l’islam et certains alliés des puissances islamiques du côté de la chrétienté. Et voilà qu’effectivement existent des textes à ce sujet. En particulier d’ailleurs le texte de Yoma 11 qui a été cité en introduction au nom de Lévinas.

 

Je vous propose de lire qlq phrases de ces références en vous conseillant d’étudier ces textes chacun dans son milieu.

 

Le Yalkout Shimoni est un peu anachronique pour nous maintenant puisqu’il concernait effectivement la guerre entre l’Irak et l’Iran. 

 

Les textes parlent d’un affrontement entre Paras (la Perse l’Iran) et Edom, Nous verrons un texte important du Maharal pour qui l’islam c’est beaucoup plus la Perse que les Arabes.

Nous nous demanderons tout à l’heure comment le Maharal savait-il cela ? Parce que cela n’apparait et n’est évident que de notre temps que le fanatisme de l’islam c’est la Perse beaucoup plus que les Arabes, que ce soit l’Irak, la Lybie ou les autres. D’ailleurs, chacune de ces nations arabes pouvant être à son tour la figure de prou du fanatisme de l’islam.

Nous commencerons par étudier ce texte, et ensuite nous étudierons le texte central de la Massekhet Avodah Zara qui décrit de façon précise cet affrontement de la fin des temps d’exil du temps planétaire, des problèmes de l’humanité entre Ishmaël et Edom. Et Ishmaël est appelé Paras et Edom est appelé Edom.

Aujourd’hui il y a le problème éventuel d’une alliance entre l’Iran et l’Irak, c’est la première fois que vous entendez ce type de formulation mais je cite les textes.

Edom c’est Rome et selon la situation évoquée par ce texte de Levinas, c’est effectivement le génie romain qui a donné sa marque matricielle à ce qu’est la civilisation occidentale, quelque soit son visage.

 

Ensuite nous étudierons brièvement l’issu de ce conflit tel que cela a été indiqué par une page de la Massekhet Yoma 11a, celle qui a été citée. Et je terminerias par un texte de Netsa’h Israël qui est le livre où le Maharal traite de cette histoire de 4 empires – Arab malkhouyiot – que l’histoire d’Israël a traversé, et les postulats de cette étude est qu’à la vérité nous sommes à la fin de cette traversée des 4 grands empires.

 

Le 1er était Babel de l’antiquité.

Le 2ème a été Paras ouMadaï, les Perses et les Mèdes, mais c’est le même empire, le même génie de civilisation, bien qu’il s’agissait de deux manières d’être homme différentes, elles sont de même profil.

Le 3ème Yavan la Grèce.

Le 4ème Edom – Rome.  

 

Avant d’aller plus loin je voudrais éclairer ce point que je vais vous citer parce que c’est une des clefs de notre étude et de notre réflexion : Selon la vision de l’histoire propre à la Torah et à l’enseignement de notre tradition, il y a quatre grandes civilisations qui se succéderont depuis l’origine de l’histoire de l’humanité. Historiquement, Israël a traversé ces 4 grandes civilisations. Et je voudrais décrire nos sorties d’exil de ces 4 empires.

 

1/

Le 1er empire c’est celui de Babel. Babel c’était la grande civilisation ancienne de la Mésopotamie de Chaldée – Our-Qasdim  - d’où est sortie la famille d’Abraham. Et nous sommes sortis de cet exil de Babel pendant toute la période qui va depuis Abraham jusqu’à Moïse, la génération des pères, les Avot. Les 3 Avot - Abraham Yits’haq et Yaaqov – et puis, à travers la tribu de Lévi : Lévi, Amram Mosheh.

 

C’est une période de gestation d’une partie d’Israël au niveau de l‘indice d’identité « père ». Nous sommes quant à nous á partir de la sortie d’Egypte, les « fils d’Israël ».

 

La civilisation égyptienne du point de vue de cette typologie ou « historiosophie » est une annexe de la civilisation de la Babel de l’antiquité. Un peu comme la civilisation américaine d’aujourd’hui est une annexe de la civilisation européenne. Parce que finalement, l’Europe et l’Amérique c’est Rome. L’Amérique est une filiale de l’Europe. De la même manière pour Mitsraïm qui bien qu’étant autre chose que Babel est quand même une filiale de Babel.

 

Nous sommes sortis de ces temps-là sous la direction de Moïse.

 

2/

Et puis il y a eu un 2ème temps de civilisation que nous avons traversé. C’est la Perse qui s’est imposée à la civilisation babylonienne sur son propre territoire. Et là nous sommes dans la Mésopotamie – le Mashrek des géographes – et l’Irak, l’Iran, tout cela fait partie de Babel.

Lorsque c’est la dominante Perse alors c’est Paras. Lorsque c’est la dominante arabe alors c’est Arav. Mais comme nous allons le voir, lorsque l’Islam apparaît, tout cela c’est l’islam. Et c’est le Maharal qui avec un génie qui étonne les exégètes de son temps a eu l’idée que l’islam éclaterait surtout en Iran dans son affrontement contre l’Occident.

Mais nous verrons que la source est précisément dans cette Gemara de Avoda Zara.

 

De l’empire Perse nous sommes sortis sous la direction d’Ezra et Néhémie aux temps qui suivent immédiatement l’histoire de Mardochée et de la reine Esther. La Mégilat Ester est la fin du canon biblique, du temps de la prophétie hébraïque. Et de cet exil de la civilisation de Perse, nous sommes sortis avec la Shivat Tsion. Yetsiat Mitsraïm c’est au temps de Moïse, Shivat Tsion c’est au temps de Ezra et Néhémie, la fondation du 2ème royaume de Juda.

 

3/

Ensuite nous avons vécu une relation d’exil intérieure avec la civilisation grecque, lorsque l’empire grec a occupé la Judée, nous étions en exil intérieur dans la civilisation grec. Et nous sommes sortis de cet exil de la civilisation grecque - Yavan – avec les Makabi.

 

4/ Et puis a commencé le long temps de l’exil de 2000 avec la civilisation romaine. Et nous sommes les générations qui sortent de l’exil de Rome avec le sionisme.   

 

Voilà donc le schéma de ces 4 grands empires, de ces grandes civilisations que l’histoire d’Israël a traversé et qui a, selon les textes que nous allons lire, comme chute, comme finalité, comme objectif, l’avènement de la 5ème souveraineté qui est la souveraineté messianique. Malkhout HaMashia’h.

 

J’annonce déjà dans ma conclusion j’aborderais un problème qui me semble devenir urgent: il y a eu un éclatement de l’espérance juive au moment où elle se réalisait. Il y a en particulier en tout cas deux milieux contemporains. J’en parlerais surtout dans l’indice israélien, mais ces 2 niveaux existent aussi dans le peuple juif en général et nous avons la correspondance  en diaspora extérieure à Israël. C’est le milieu des ‘Harédim qui ne reconnaissent pas l’état d’Israël. Or, ce milieu ne peut pas ne pas être interpellé par le fait qu’il est obligé lui-même de se référer aux textes auxquels ils croient comme foi fondamentale mais qui désignent des réalités qui concernent l’état d’Israël.

Il y a là un paradoxe, une sorte de schizophrénie intellectuelle et spirituelle de dire que ces événements dont parlent les prophéties nous concernent mais que cela ne nous concerne pas et que nous n’existons pas en tant que Médinat Israël.

Nous avons le devoir de provoquer un dialogue avec eux pour les aider et à nous aider à les aider à faire la paix, si j’ose dire. J’en parlerais en conclusion. 

Puis il y a un 2ème milieu qui vient d’être très profondément interpellé par le fait qu’il y a une alliance qui s’est dévoilée entre les palestiniens, Arafat à leur tête d’une part, et d’autre part, l’Irak et Sadam Hussein à sa tête. Et quelque soit le maquillage qu’on fera de ce dévoilement il reste irréversible. Il s’agit des milieux sionistes, et parfois religieux sionistes d’ailleurs, qui ont joué la carte pro-palestinienne. Et il y a un trauma très profond, et je crois qu’il y a aussi ce devoir de déjouer cette impasse et ce blocage. C’est dans les moments de crise les plus paroxystiques que les réconciliations peuvent se faire.

Cela doit être un projet d’essayer de refaire l’unité de la communauté. A l’échelle nationale, il est inévitable que les leaders se lèvent pour tenter de refaire l’unité de cette communauté israélienne étant donné l’interpellation dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes en plein dans l’œil du cyclone sans savoir comment cela tournera. Mais pour notre modeste part au niveau de la communauté francophone surtout à Jérusalem…

…/…

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***

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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