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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:49

Les Conflits des Fins des Temps (1991) - Talmud et Midrash – 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/les_conflicts_de_la_fin_des_temps_a_la_lumiere_talmud_et_du_midrash/cours_1

Face B - Durée : 46,2 minutes

 

 

La communauté française est déchirée et tiraillée par les problèmes dont je viens de parler : d’une part la dimension des ’Haredim antisionistes et la dimension des juifs sionistes pro-palestiniens.

 

En conclusion, je vous lirais un texte extraordinairement prémonitoire – je n’ai pas dit prophétique mais je le pense – du rav Kouk qui parle de ces trois tendances qui lorsqu’elles éclatent nous mettent en danger et que lorsque le temps vient d’en faire l’unité alors c’est un temps messianique.

 

***

 

1ère référence du Yalkout Shimoni :

 

 

Un texte qui se réfère à ce qui s’est passé déjà depuis une dizaine d’années dans l’affrontement entre l’Irak et l’Iran. J’ajoute, à titre personnel, qu’il y a à craindre une alliance entre l’Irak et l’Iran, parce que nos textes parlent de Paras et non pas de l’Irak bien que des commentateurs en parlent.

 

 

"C'est un sacrifice pour D. à Batsra, un grand massacre en terre d'Edom "...."Jour de vengeance pour D., année de représailles pour la cause de Sion. Les torrents d'Edom se transforment en poix et la poussière en souffre. Sa terre sera embrasée de poix. Jour et nuit, elle ne s'éteindra, sa fumée, montera pour toujours. De génération à génération, elle restera en ruines et plus jamais nul n'y passera".

 

"Rabbi Its'hak a dit: l'année (le temps) où le Roi Messie se dévoile, tous les rois du monde se provoquent, l'un l'autre; Le roi de Perse est en conflit avec le roi d'Arabie, qui va chercher conseil avec Edom auprès des Nations, et le roi de Perse revient (ou change d'avis) sur sa décision de mettre le monde entier en danger de destruction (‘Hourban). Et toutes les nations du monde crient et s’effraient et tombent sur leur face. Et ils sont pris de douleurs comme des contractions de grossesse. Et Israël crie, s'affole et dit: où irons-nous (pour nous réfugier) ?

 

(Voyez à quel point la réalité a été plus optimiste que cette crainte. Il n’y a pas eu tellement de Yeridah à cause de ces guerres entre l’Irak et l’Iran.)

 

 Et Il dit: mes fils n’ayez pas peur; tout ce que J'ai fait, Je ne l'ai fait que pour vous. Que craignez-vous ? N’ayez pas peur, est arrivé le temps de votre délivrance. Non pas comme la première délivrance mais comme la délivrance ultime. Car la première délivrance (d’Egypte) vous a provoqué de la tristesse et vous a soumis à la domination des Nations. Mais la dernière délivrance ne vous provoquera aucune crainte de nouvel exil /et vous n’aurez pas de tristesse et vous ne serez pas soumis à quiconque."

 

J’ouvre une parenthèse sur cette notion extrêmement importante : beaucoup de Juifs contemporains sont dans la crainte - Dieu préserve - d’une destruction de l’état d’Israël et que l’exil recommence. Je citerais une des sources qui établit un parallèle entre l’histoire des 3 grands exil que nous avons connu et l’histoire des 3 patriarches. Je dirais de suite : Grâce à Dieu nous n’avons eu que 3 patriarches ! Il n’y aura pas de 4ème exil. 

 

Effectivement dans ce parallèle, l’histoire d’Abraham est le modèle de l’exil d’Egypte. L’histoire de l’exil d’Egypte a pour modèle l’histoire d’Abraham. Le 2ème exil, celui de Babel, a pour modèle l’histoire d’Isaac. Et l’histoire de l’exil de Rome a pour modèle l’histoire de Jacob. A la fin de la nuit, Jacob reçoit le nom d’Israël. Je ne crois pas outrepasser la lecture directe en disant que c’est ce que nous sommes en train de vivre dans nos générations.

 

Au bout de 2000 ans, le peuple juif sort de la nuit comme Jacob, et reçoit le nom d’Israël. Il n’y a que le Vatican qui n’ose pas prononcer ce nom. J’en parlerais tout à l’heure. Effectivement, la tradition nous enseigne que en tant que collectivité nous vivons, nous revivons et rejouons dans le sens noble de ce terme, nous effectuons à l’échelle d’une collectivité ce qu’a été l’épreuve de la vie des patriarches à l’échelle des personnes individuelles.

 

Nous avons à faire la preuve, premièrement de la vertu d’Abraham. Nous avons eu une histoire pour cela. Et lorsque cette preuve a été faite notre exil a pris fin. Nous avons à faire la preuve, en tant que collectivité, que nous sommes les héritiers d’Isaac.. Nous avons vécu cette histoire. Et lorsque cette preuve a été faite, ce fut la fin de l’exil de Babel. Nous avons à faire la preuve que nous sommes la descendance de Jacob. Nous avons fait cette histoire, nous nous sommes affrontés à la civilisation d’Esaü, je la définirais tout à l’haure, il s’agit de Rome. Et cette preuve ayant été faite dans les catastrophes que vous savez, nous avons quitté la civilisation de Rome et nous avons achevé l’histoire des 3 patriarches à la fin de laquelle Jacob reçoit le nom d’Israël. Nous sommes Israël.   

 

Il y a là une indication importante que nous avons dans le Yalkout Shimoni. Ce n’est tellement qu’il faille croire. Si nous sommes dans la cohérence de notre tradition, il faut savoir qu’il n’y a pas de ‘Hourban du Bayit Shlishi, il n’y a pas de destruction de la 3ème maison d’Israël. Il a eu la destruction de la 1ère maison d’Israël - ce que nous appelons le Bayit Rishon – qui a été faite par les Babyloniens. Il y a eu la destruction du Bayit Shéni par les Romains. Il n’y a aucune trace dans toute la littérature rabbinique, qui est énorme, aucune allusion à un 4ème exil, c’est-à-dire à la destruction de la troisième maison d’Israël.

 

Un souvenir me revient du temps de la guerre de Kipour. Vous vous souvenez à quel point les dirigeants d’Israël ont été surpris par l’attaque de la guerre de Kipour. Moshé Dayan craignait qu’on aille vers la destruction du Bayit Shlishi.

 

2ème référence : Avodah Zara

Il me faudrait trop de temps pour vous expliquer le sujet halakhique du dedans duquel cet enseignement va nous être donné, mais il commence au bas de la première page cela vous a été souligné. Voilà de quoi il s’agit :

 

Enseignement de Rabbi ’Hanina Bar Papa et certains disent au nom de rabbi Shemlaï. Dans l’avenir, Dieu prendra un Sefer Torah.

 

(c’est-à-dire le livre où est écrite la chartre de l’identité humaine selon Dieu, confiée à Israël, et qui est en même sa carte d’identité. Le Sefer Torah est le  livre qui rend compte du code – dans les deux sens du terme - de notre histoire.

 

Le prend sur son sein et Il dit : « Que celui qui s’est occupé de cela (le sens de l’histoire) vienne et reçoive son salaire ! » Alors arrivent tout de suite les idolâtres en foules mélangées.

 

Il y a là une indication pour un temps de la fin des temps de l’histoire où on ne saura plus identifier les manières d’être homme. Dans notre temps contemporain, cela commence à prendre fin avec le grand siècle le 17ème siècle où les identités nationales étaient clairement identifiées. Et à partir de ce temps-là il y a un mélange dit le texte. (A la sortie d’Egypte aussi il est question du Erev rav). On entre dans une espèce d’identité humaine cosmopolite, où on n’arrive plus à identifier les identités nationales. Bien sur de fortes identités nationales restent, mais l’humanité en général, avec une visée de prétention universaliste devient cosmopolite. Alors les nations viennent en grand mélange    

 

D’après un verset qui dit : « toutes les nations se sont rassemblées ensemble en mélange ». Alors Dieu leur dit : « Ne vous présentez pas devant moi en mélange cosmopolite, mais que chaque scribe des nations se présente devant moi (ceux qui rédigent finalement la carte d’identité qui sera présentée au jugement), « les peuples, les nations s’assembleront », et il y a une nation qui a une souveraineté nationale, ainsi qu’il est dit :

 

Ici la Guémara cite un verset en rapport avec les patriarches en rapport avec Esaü. Lorsque Rivqah attendait Israël - il y a eu Abraham, le 2ème niveau d’identité, le Tsadik est Its’haq, après qui on attend Israël. Et voilà que cette 3ème étape est très difficile à  engendrer – Rivqah femme d’Its’haq devait engendrer Israël et voilà qu’il y a difficulté en son sein. Alors elle va consulter les prophètes de son temps et leur réponse est qu’elle porte deux identités humaines différentes en son sein. « Il y a deux génies humains en ton sein, mais l’un triomphera de l’autre ». Il ne peut y avoir de coexistence parallèle. Il ne peut y avoir que la situation où l’un triomphe de l’autre. Ce que dit le Midrash en s’appuyant sur la forme hébraïque est important à étudier. Ce n’est pas ce niveau-là dans lequel je veux entrer, mais je veux lire cette intention de la Gémara, pour vous dire que Rome c’est une identité nationale se connaissant dans sa souveraineté propre, c’est référé à Jacob et Esaü. 

 

Je vous citerais quand même un enseignement important : Le Talmud dit : « Ne lis pas Rome et Jérusalem sont construites ensemble ». [En fait dans le Midrash c’est Césarée, la ville que les romains ont construit en Israël lorsqu’ils ont détruits Jérusalem.] Ne dis pas que Rome et Jérusalem sont détruites ensemble. Tu ne peux dire que 2 choses : soit Rome est détruite et Jérusalem est construite, soit Jérusalem est détruite alors Rome est détruite ».

Objection : Rome n’est pas détruite et pourtant Jérusalem est construite ?

Réponse à la manière de la Gémara et du Midrash : le temps de la chrétienté a pris fin mais la chrétienté ne le sait pas encore. D’une certaine manière Rome est détruite mais ne le sais pas encore.

 

Petite échappée d’histoire contemporaine avec Vatican 2:

L’impérialisme romain s’arrête à Vatican II. Et à partir de Vatican 2 il y a une recherche dans l’église catholique de la restauration de la souveraineté des églises nationales et la référence à Rome n’est plus que symbolique. Cette première étape est déjà largement dépassée. J’ai eu le privilège den faire l’expérience directe en Afrique. Les églises catholiques africaine bien que symboliquement d’obédience romaine ne sont plus  d’obédience romaine. Vatican 2 est une date importante dansla fin de la souveraineté de la chrétienté. Je schématise mais our vous indiquer que la cohérence des textes talmudiques est parallèle à la cohérence des événements mais qu’il faut relier ces cohérences entre elles. Il s’est produit un bouleversement, un trauma fondamental de la conscience chrétienne après la 2nde guerre mondiale sur deux perspectives, deux dimensions qui nous concernent nous juifs.

D’une part la Shoah : la conscience chrétienne a été traumatisée par la découverte de sa responsabilité « indirecte »  à la Shoah. La conscience chrétienne de bonne foi a été épouvantée de voir ce qu’a été le résultat de l’antisémitisme lorsque ce ne sont pas eux qui sont les bourreaux et allument les bûchers. On les compte sur les doigts de la main ces consciences chrétiennes qui sont sincéres á ce niveau, mais cela suffit pour que cela ait commencé.  

D’autre part, l’existence de l’état d’Israël, le 2nd trauma. La conscience chrétienne est obligée de se mesurer à l’interrogation suivante : conscient dans sa bonne foi propre d’être membre de cette civilisation qui commence à Rome il y a 2000 ans et se perçoit comme étant Israël, se demander corollairement à cette culpabilité énorme par rapport à la Shoah : peut-être que les juifs sont vraiment Israël ? Imaginez le drame de la conscience chrétienne contemporaine. C’est Vatican 2 qui en est le verrou. Il faut prendre cela en bonne part, que nous aurons bientôt un devoir de charité chrétienne envers les chrétiens : les aider à s’en sortir ! On ne peut pas laisser l’humanité avec un problème pareil. Il y a là un volcan souterrain et il ne faut pas croire que c’est anodin.

 

Le texte de la Gémara, pour identifier la première civilisation qui est appelée Malkhout qui va prétendre au moment du jugement réclamer sa récompense d’avoir réussi l’histoire au nom de la volonté de Dieu (ce qui est écrit dans le Sefer Torah, et vous savez que c’est la prétention de la chrétienté d’être l’agent messianique de réussite de l’histoire selon la révélation biblique), va désigner Esaü.   

 

A ce moment-là, lorsque les nations ont compris que seuls ceux qui peuvent se réclamer d’une carte d’identité généalogique de nation souveraine dans son identité propre de manière d’être homme avec son roi, qui commence à prétendre être le héros messianique de l’histoire ? Rome !

 

Dieu leur dit : vous prétendez que vous vous êtes occupés de l’histoire du monde d’après la Torah ? A quoi étiez vous occupé ? Alors Rome dit devant Dieu « nous avons installé beaucoup de marchés » (l’organisation de l’économie mondiale)

 

Il faut effectivement reconnaître cela, bien que les juifs aient une certaine compétence, cela reste malgré tout le génie occidental qui a donné l’économie au niveau technique et scientifique où il se trouve dans cette civilisation.

 

« Nous avons installés beaucoup de saunas - bains chauds, nous avons multiplié bcp de réserves monétaires. Tout cela nous ne l’avons fait que pour Israël pour qu’il puisse étudier la Torah. »  

 

Regardez l’humour du Talmud jusqu’au bout.

 

Alors Dieu leur dit : « Shotim shel laolam, tout ce que vous avez fait c’est pour votre propre intérêt que vous l’avez fait. »

 

Voilà le bilan du jugement. Alors les nations qui ont fait la civilisation vont dire avoir accompli le projet de Dieu tel qu’il est écrit dans la Torah pour l’histoire des hommes: construire la civilisation pour qu’Israël puisse étudier la Torah.

C’est une formulation très précise. Lorsque le temps de la contestation apparaitra et que Dieu se dévoilant demandera des comptes aux nations unies et à Israël, les premiers ne pourront pas dire avoir étudié la Torah, alors ils diront avoir fait la civilisation pour que le monde soit civilisé et qu’Israël puisse étudier la Torah. Dieu leur répond qu’ils l’ont fait pour eux-mêmes…

 Ils sont alors disqualifiés.  Malkhout Romi sort de la scène. Et alors c’est la civilisation de Perse qui vient à sa place pour réclamer l’héritage messianique.

 

Alors Dieu leur dit : « De quoi vous êtes-vous occupés ? ». Ils disent devant Lui : Ribbono Shel Olam, nous avons installés beaucoup de ponts, avons conquis beaucoup de province, faits beaucoup de guerre. Et tout cela nous l’avons faits pour Israël pour qu’il s’occupe de Torah ». Dieu leur répond :

 

Je vous invite vraiment à étudier ces textes dans le détail. Et au fond la manière dont les rabbins du Talmud mettent en forme cette espèce de dialogue de la fin des temps de l’histoire, contemporain de l’exil d’Israël où il faudra faire le bilan des civilisations par rapport au plan de Dieu pour l’histoire de Son monde.

 

Nous avons du dedans de ce cosmopolitisme des nations mélangées, et nous avons vécu, nous juifs, ce cosmopolitisme, en sachant que par rapport à notre identité humaine c’était anormal. On ne peut pas ne pas découvrir aujourd’hui que l’humanité tend vers cette identité mélangée qui est de partout parce que de nulle part. La patrie des cosmopolites c’est les aéroports. Effectivement, il y a une espèce de supranationalité des voyageurs.

 

Je reviens donc à ce point de l’analyse. Alors, il y aura un bilan de la situation : Il apparaîtra que la civilisation n’avait pas d’idéal mais qu’elle avait un intérêt.

 

Quelque soit la civilisation concernée, celle de l’Occident qui s’appelle Edom ou la civilisation de l’Orient qui s’appelle Paras dans ce texte, le prétexte de l’idéal apportée à l’universel humain était un alibi des intérêts. Voilà ce que Dieu répond à ce plaidoyer.

 

Petite parenthèse selon l’histoire biblique, en essayant d’indiquer très rapidement la différence qu’il y a entre l’idéal de l’universel et la réalité de l’impérialisme.

 

Je me réfère très brièvement au récit de l’histoire de l’antiquité avant l’éclatement de l’unité humaine en nations, les Goyim ; que la Torah nous raconte au moment de l’épisode de la tour de Babel. Jusqu’à ce moment-là, la Torah nous dit de façon précise :

1er verset du chapitre 11 de Bereshit : l’humanité était une, et cette unité s’est perdue, elle a été brisée. Et tout être humain normal a gardé dans sa mémoire la nostalgie de cette unité perdue. Et tous les élans de civilisation ont cherché essentiellement et avant tout à reconstituer cet universel humain. C’est là que commence l’histoire des guerres terribles. Et c’est le commencement de l’histoire de la dispersion des nations. Les juifs s’étaient habitués à ce cliché que leur manière naturelle d’être était celle de la diaspora ou de l’exil. Ce n’est pas le récit biblique. D’après le récit biblique c’est la manière  des nations d’être en diaspora de l’unité humaine. Et la diaspora d’Israël n’a jamais été qu’une diaspora seconde, greffée sur la diaspora humaine en vue de la réunification messianique de l’humanité entière à travers ces juifs.

 

C’est ce que nous vivons dans la municipalité israélienne qui rassemble toutes les manières d’être homme à travers la juive.

 

Lorsqu’une nation, pour une raison historique que les historiens établissent, est en tête de prou de l’évolution de civilisation, elle prend en charge ce rêve de l’universel.

 

Nous avons assisté à différentes tentatives.

La révolution française nous en est l’exemple le plus familier : lorsque l’être français, la manière française d’être homme, a été la figure de prou de la civilisation européenne, le rêve de l’universel était français. Ce rêve était sincère et authentique. En lisant les idéologues fondateurs de ce qu’a été la révolution française, on ne peut pas nier ni manquer de percevoir leur sincérité profonde. Leur rêve de l’universel est bien un rêve réel, authentique et sincère. Et voilà que quelques années après ce rêve bascule dans l’horreur de l’impérialisme français. Quelques années après la révolution française c’est l’empire français. Ce modèle de l’universel à la française devient son contraire à travers l’impérialisme français qui n’a d’ailleurs pas cessé mais qui a changé de forme. Ce n’est plus l’empire colonial. Beaucoup de consciences à l’échelle individuelle essayent de rechercher le véritable universel et qui essayent de se déprendre de l’impérialisme mais c’est toujours un impérialisme à la française sous une autre forme.

 

Comme il y a un impérialisme à la manière d’être homme des civilisations qui ont été une fois les figures de prou des civilisations européennes par exemple.

 

Si l’on se demande d’où cela vient-il que le rêve de l’universel vécu par les ’Hassidout Oumot haolam les vrais justes des Nations échouent  systématiquement ?

La réponse nous est donnée par la bible : c’est que le rêve est authentique mais  le véhicule social et existentiel de réalisation n‘est que partiel et donc par là inadapté. Voulant réaliser et présenter l’universel, la France a imposé l’être français.

 

Dans d’autres continents, l’enseignement imposait à l’école « nos ancêtres les gaulois... ». Ce temps une fois passé cela semble être un folklore risible mais je peux vous garantir qu’en ces temps-là c’était sérieux. Le français républicain universaliste aurait été choqué qu’on mette en doute que l’identité humaine universelle soit autre chose que le français typique.

 

Voilà donc le drame des nations : le rêve de l’universel est authentique mais le véhicule d’application est inadapté parce qu’il est partiel. 

C’est l’éclatement de l’unité humaine dans la partialité géniale, mais partielle et donc partiale, partiale et donc partielle, des Goyim.

 

Une seule nation a donné la preuve dans l’histoire du monde qu’elle portait en elle le véhicule du rêve de l’universel : c’est Israël.

 

En quel sens ?

Je crois que très paradoxalement c’est dans l’exil que nous allons trouver la preuve de ceci. Les juifs dans leurs exils ont fait la preuve qu’un membre du peuple d’Israël peut-être n’importe quelle manière d’être homme. Alors que chaque manière d’être homme n’est qu’elle-même, les juifs peuvent être n’importe qui. Les juifs sont alors français en France, ils sont allemands en Allemagne, britanniques en Angleterre...etc.

 

Essayons de découvrir cela à l’échelle universel, nous avons été tous les Goyim à la fois.

Ce n’est pas un Drash sur le Midrash, mais je crois que cette expression « KéKhol HaGoyim » peut avoir ce sens-là. Lorsque la nation d’Israël voudrait être « KéKhol HaGoyim » dans le sens  biblique cela veut dire « KéKhol HaGoyim - Comme tous les Goyim ensemble ». Et je crois que nous en avons fait la preuve existentielle. Qu’il y a un mystère peut-être dans l’identité  d’Israël : c’est que c’est une manière d’être homme qui porte en elle la possibilité d’être le véhicule de n’importe quel génie humain. Et les Goyim savent cela et ils sont en présence d’un mystère.

Quand un juif est français il est français et les Français le savent. 

Quand un juif est allemand il est allemand et les Allemands le savent. 

Mais un français, un allemand ne sont pas un juif.

Mais un juif peut être l’un ou l’autre.

 

C’est un peu une manière de comprendre ce que veut dire notre tradition en disant que dans l’histoire des civilisations des Goyim le rêve de l’universel était authentique mais il a systématiquement basculé dans son contraire, l’impérialisme, parce que le véhicule existentiel est inadapté. Et qu’il y a une société, une manière d’être homme, qui a fait la preuve, je ne dirais pas qu’elle en est capable ce serait du triomphalisme, mais qu’elle est concerné par cela, c’est le peuple juif. Le peuple juif a fait la preuve qu’il peut être universel. Son danger c’est d’être cosmopolite.

 

Je reviens donc au sujet.

 

Il est important de voir que de ce mélange unanime des nations surgissent toutes ces identités qui peuvent se prétendre être rivaux d’Israël, c’est EDOM d’un côté et PARAS de l’autre.

 

Texte du Maharal

 

Je vais immédiatement passer par une citation tirée de Ner Mitsvah du Maharal, mais d’abord éclairer cela :

 

L’histoire qui nous est racontée de la famille d’Abraham montre bien que l’identité d’Israël a deux rivaux potentiels. C’est Ishmaël par rapport à Isaac et Esaü par rapport à Jacob. Or, cette histoire racontée au temps de la famille des patriarches nous l’avons vécu dans l’histoire universelle. Israël a eu deux rivaux de l’identité messianique. D’un côté la chrétienté qui a hérité du génie humain d’Esaü-Edom, de l’autre côté l’Islam qui a hérité du génie humain d’Ishmaël. Au niveau des versets bibliques c’est Ishmaël et Edom. La Gémara parle ici de Paras et de Edom. L’´quaiton que va mettre en évidence le Maharal c’est que Paras égal Ishmaël.

 

En son temps, ce n’était pas du tout visible dans la réalité historique, le Maharal grâce à cette Gémarah l’établit dans 2 textes de son œuvre. 

Le premier dans Ner Mitsvah p.18 et je vous en lis quelques lignes. On a parlé des 4 empires qui sont Babel-Paras-Yavan-Edom. Alors le Maharal dit ceci :

 

« Il y a des hommes qui s’interrogent : où est l’allusion au royaume d’Ishmaël qui est un empire nombreux et fort ? La réponse à cette question que nos sources ne font pas mentions de l’empire d’Ishmaël en parlant des 4 empires des civilisations, car le texte ne mentionne que les empires qui ont ravi à Israël la souveraineté. »

 

Effectivement, la Babylonie prend sa souveraineté d’Israël et des hébreux du temps des Casdéens.

Paras prend sa souveraineté d’Israël. Rappelez-vous que la reine Esther a fait passer les engendrements d’Israël chez les Perses. Cela a été le prix à payer pour la non-Shoah au temps d’Esther. (C’est un sujet pour lui-même).

 

En fait, la rivalité de ces 4 empires vient du fait que c’est la souveraineté d’Israël qu’elles prétendent ravir. Le Maharal poursuit :   

 

                      « Mais la souveraineté d’Ishmaël n’est pas prise de celle d’Israël ».

 

Ishmaël est un fils d’Abraham qui a sa propre histoire et sa propre destinée. Il est en rivalité sur l’héritage d’Abraham avec Isaac devenu Israël mais il a sa propre souveraineté.

 

Il a donc 4 empires Babel-Paras-Yavan-Edom et il y a d’autre part Ishmaël. Mais ajoute le Maharal :

 

                      « Et il apparait plus clair que Ishmaël c’est l’empire de la Perse »

 

Voilà la citation de transition que je voulais vous donner. On arrive donc à l’avant-dernière citation du Talmud que l’on va prendre à la Massekhet Yoma 10a, texte auquel se référait M. Levinas, qui nous dit qu’à la fin des temps deux de ces quatre empires resteront en présence : la Perse et Rome.

 

Rabbi Yo’hanan a dit au nom de... Rome est destinée à tomber entre les mains de la Perse.

 

Il y a tout un raisonnement qui se base sur le fait suivant : le premier temple a été construit par les hébreux après la sortie d’Egypte. Il a été détruit par les babyloniens. Or, les babyloniens ont été conquis par les perses, qui ont donnés aux hébreux l’autorisation de construire le 2ème temple. Mais ce 2ème temple rendu permis par les Perses, plus forts que les Babyloniens, a été détruits par les romains. Le raisonnement du 1er enseignement c’est que les Romains seront détruit par les Perses puisqu’ils ont été eux ceux qui ont détruits le temple permis par les Perses.

 

Ce n’est pas cet enseignement qui va être retenu, l’enseignement est inverse avec le raisonnement suivant: les Babyloniens ont détruit le temple construit par les hébreux, les Perses ont conquis les Babyloniens et ont permis la construction du 2nd temple. Mais les Romains l’ont détruit, donc les Romains sont plus forts que les Perses. Et c’est finalement cette dernière thèse qui est retenue par le Talmud. Confrontés aux événements que nous vivons, la réponse est claire : lorsqu’il y aura affrontement entre Paras c’est-à-dire Ishmaël et Rome, il y a la problématique de savoir qui sera victorieux, Paras-Ishmaël ou Rome ? Les deux hypothèses sont envisagées et la Gémara décrëte que Rome triomphera de Paras c’est-à-dire Ishmaël.

 

***

 

Voilà où je voulais arriver pour indiquer pourquoi à sa manière le Rabbi de Loubavitch a eu une message tellement rassurant. J’enchaine presque sur la conclusion. En ce sens que à l’échelle globale, à l’échelle de la prévision-prédiction des prophètes, qui n’est pas une prédiction divinatoire. On apprend que lorsque cet affrontement aura lieu et on n’en parle pas tant qu’il ne s’est pas dévoilé dans la réalité historique. Or, dans la réalité historique cela s’est dévoilé pour la première fois de l’histoire de ces 2000 ans : les deux coalitions en présence, à l’échelle universelle.   Et elles se cristallisent effectivement avec d’un côté le drapeau et le glaive de l’islam et de l’autre côté le drapeau et le glaive de l’occident, c’est-à-dire Rome.

Avec cette chose extraordinaire : tous ces textes nous ont décrits tout cela et pendant ce temps Israël est de côté. Et Dieu juge est c’est triangulaire, il y a Israël et d’autre part Ishmaël et la chrétienté.

Voilà la simplicité de ce que nous a transmis la tradition dans ces textes évoqués.  

 

La suite évoque ce qu’il y aura après :

 

« Rav enseigne: le fils de David ne viendra que lorsque l’empire de Rome s’établira pendant 9 mois sur le monde entier. »

 

Que signifient 9 mois ? La Gémara explique en citant un verset : c’est le temps de la gestation d’un enfant.

 

                      « Cela se passera le temps qu’il faut pour faire un enfant qui s’appelle Israël ».

 

Voilà  où nous en sommes, et à partir de là, on ne sait rien de l’avenir. Ceci s’est mis en place et voilà le programme qui nous a été révélé et dévoilé et qui est extrêmement rassurant a niveau global. A l’échelle individuelle personne ne sait ce que peut être le sort de chacun. Cela dépend du mérite et le mérite n’est pas entre nos mains. Le destin d’Israël nous est dit de façon très rassurante. Et puis il nous est raconté et conté. A l’échelle individuelle, personne ne sait, parce que personne n’a entre les mains les clefs du mystère du mérite de l’individu.

 

Et donc voilà : affrontement entre ces deux empires, triomphe de l’Occident, et triomphe total pendant 9 mois temps d’une gestation. Maharal : le temps qu’Israël se constitue, comme un membre se constitue pour l’être.

 

.../…

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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