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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:16

LEKH LEKHA (1993)  Suite & fin.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1993/cours_1

Face B

 

 

S’il est si évident que cela qu’ils rentrent chez eux, pourquoi est-il nécessaire que Dieu confirme à Abraham que c’est bien à lui et à sa descendance que ce pays sera donné ?

 

On va diagnostiquer qu’il y a quelque chose d’analogue de notre temps : il faut convaincre aujourd’hui le peuple juif que ce pays est bien à lui. Je prends la question au niveau de l’exégèse au niveau d’Abraham. Il y a une réponse simple d’après l’exégèse qui nous donnera beaucoup d’éléments de réflexions pour la situation actuelle.

 

Ce qu’on a appris jusqu’à présent :

Dieu n’a pas demandé à la famille de Tera’h à travers Abraham, d’aller au pays de Kenaan, ils y vont tout seuls. Dieu a demandé d’aller jusqu’au mont Moriah, nous verrons ce que cela veut dire.

 

S’il en est ainsi, s’ils rentrent chez eux, pourquoi est-il si souvent nécessaire, déjà dans notre Parashah, que Dieu confirme à Abraham qu’il donnera ce pays à sa descendance ?

 

Nous verrons que la difficulté qu’a Abraham d’entendre cette confirmation fait qu’il va y avoir l’annonce de l’exil. Paradoxe : on sort d’exil, l’exil des Hébreux qui étaient arrivé à une catastrophe à Babel, et à ces mêmes rescapés de l’exil, Dieu annonce à Abraham que sa descendance ira en exil... Il y a un paradoxe énorme dans ce récit.

 

[Une analogie dans le paradoxal :

Après les 10 commandements, dont le 1er est intitulé ainsi :

« Je suis Hashem ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte du pays d’esclavage ... quand tu acquerras  un esclave hébreu » alors que l’on vient de libérer tous les Hébreux de tout esclavage à la suite d’une intervention divine signant la fin de la civilisation égyptienne... et la Torah parle de l’esclave hébreu ? D’où sort-il puisqu’on vient de libérer tous les esclaves ?]

 

On sort d’exil et Dieu confirme « tu rentres chez toi, c’est bien chez toi, pour toi et ta descendance... » et Abraham lui demande « tu es sûr ? à quelle condition... ? » Dieu : « si c’est comme ça, ta descendance ira en exil... »

Je voulais mettre cela en évidence, il y a un problème qu s’attache à notre histoire.

 

Q : Que faisaient les Hébreux à Babel ?

R : On l’a appris du récit expliqué par le Midrash. Il y a eu la dispersion humaine en nations. A tour de rôle, chaque nation va devenir la figure de prou de la civilisation. On a appris que cette identité hébraïque. comme plus tard sa descendance – l’identité juive – va se situer systématiquement là où la civilisation passe. Le problème des Hébreux à Babel n’est pas plus mystérieux que celui des Juifs en Amérique : la civilisation passe en Amérique et donc les Juifs sont en Amérique. Ils sont aussi ailleurs. Mais tout le monde sait que cela se passe aux USA, surtout les ‘Hassidim. C’est la même question. C’était le tour de Babel d’être la civilisation du temps et les Hébreux sont donc à Babel.

Il y a 2 thèmes du temps de Dor HaPélagah : Chapitre 11 c’est quand l’humanité une, la terre, parlait une langue une et des dialectes particuliers. Il y a avait une langue universelle qui a disparu lors de la révolte contre l’unité dans l’histoire de l’humanité. A Babel, la langue une a disparu. Il est resté les dialectes particuliers des différentes familles, alors les hommes qui ne se sont plus compris. Mais le fait de dire qu’il y avait une langue une, c’est désigner de façon concrète un universel humain réel. Aujourd’hui la civilisation est encore à la recherche de la langue une. Ce problème de la langue une a une histoire : les Grecs ont réussi a trouvé le langage universel pour toutes les sciences de la quantité : c’est les mathématiques. C’est le génie grec qui a été capable de trouver le langage des sciences. Ils ont établi que les mathématiques doivent être le langage des sciences. Une science n’est vraiment une science que lorsqu’elle peut s’exprimer en mathématiques. Tous les mathématiciens de l’univers parlent une langue universelle lorsqu’il parle des sciences : la mathématique.

 

Le problème de la langue une dans le monde de la qualité, de la personne, du problème moral de la liberté, concerne le rôle d’Israël.

 

C’est pourquoi des Midrashim disent que cette langue une était l’hébreu avec son quotient mathématique que l’on appelle la Guématria.

 

Le Gaon de Vilna a enseigné : « le jour où le même savant fera un ‘Hidoush dans la Torah et dans les mathématiques, ce sera un signe des temps messianiques » Il était d’ailleurs mathématicien.

Il a dû juré à son père qu’il ne serait pas pharmacien (sinon la demande pour ses remèdes l’aurait empêché d’étudier la Torah...).

 

« Langue une » signifie la présence de l’universel concret. Les poètes ont été à la recherche de cette langue une à travers la poésie. L’école des poètes symbolistes en France a vraiment cherché cela.

Cf. en particulier les poèmes de Baudelaire... Les poètes ont l’intuition de cette langue une.

La langue dans laquelle on pense lorsqu’on traduit d’une langue à une autre. Lorsque l’on traduit d’une langue à une autre on pense à travers une autre langue qui fait le trait-d’union entre les deux. Cette langue est dans l’inconscient.

 

***

Il en a résulté les nations, les Goyim. C’est-à-dire différentes manières d’être hommes, très spécifiques et selon l’enseignement de la Torah, elles sont toutes géniales, chacunes possèdent son génie mais elles sont en rivalité. Les guerres commencent à Dor Hapelagah. L’histoire des guerres commencent après Babel. Chacune arrivée pour des raisons économiques, historiques, culturels que les historiens étudient pour ces sociétés considérées arrivées au degré d’évolution telle qu’elles pensent prendre la tête du rêve universel, ou de la réunification de l’humanité et fondent l’empire de sa nation. Le rêve est celui de l’universel mais la réalité bascule dans l’impérialisme. 

Cela éclaire l’échec du cosmopolitisme d’ailleurs.

 

L’universel, cela veut dire que toutes les manière d’être hommes sont en harmonie, chacune à sa place. Alors que l’impérialisme c’est une manière d’être homme qui veut faire l’unité humaine en imposant sa manière d’être homme aux autres. Le rêve de l’universel a toujours été authentique chez les fondateurs d’empires, mais a toujours basculé dans l’impérialisme.

 

Un exemple qui nous familier : c’est l’exemple de l’empire français sortant de la révolution française. Les idéaux de la révolution française sont ceux de l’universel humain mais il en sort quelques années après, l’empire français. L’Empire est sorti de la constituante.

Que signifie « l’empire français » ? C’est l’identité française qui veut s’imposer comme modèle de manière impérialiste à toutes les autres manières d’être hommes pour refaire l’universel humain. Mais il s’agit d’impérialisme. Nous sortons à peine du temps de l’impérialisme français, qui existe toujours sous forme subtile.

 

Il y a les grand exemples, de la Grèce par exemple, de l’Egypte...etc. Une société qui arrive à un degré d’évolution telle qu’elle prend en charge ce rêve de l’universel humaine et cela bascule inévitablement dans l’empire.

 

Cela a été le cas à Babel : c’est là que la civilisation a éclaté et il y a eu l’empire de Babel voulant s’imposer au monde de l’époque.

 

Où sont les Hébreux ? Les Hébreux sont précisément là où la civilisation passe, là où il y a l’empire. L’histoire universelle est catégorisée par le Midrash à ce niveau et le Maharal en a fait la théorie dans deux de ces livres : Il y a 4 grand empires que l’histoire d’Israël a traversé Babel-Perse-Grèce-Rome.

 

- On est sorti de l’empire de Babel avec Abraham

- On est sorti de l’empire de Perse avec Mardokhaï-Ester à Pourim

- On est sorti de l’empire de Grèce avec les Makabim à ‘Hanoukah

- On est sorti de l’empire de Rome avec l’Etat d’Israël contemporain

 

Pendant que l’empire romain s’achève Israël résucite.

Pendant que l’empire grec s’est achevé, c’était Judah Maccabi

Pendant que l’empire perse s’est achevé, c’était Ester et Mardoché

Pendant que la grande civilisation de Babel s’achève, c’est la sortie d’Abraham d’Our-Qasdim et cela se réalise à la sortie d’Egypte avec Moïse.

 

Voir les 4 fêtes :

- Pessa’h

- Pourim

- ‘Hanoukah

- Yom haatsmaout

qui correspondent aux 4 sorties des 4 empires.

 

Il y a 4 empires et 4 exils correspondant.

 

Où sont les Hébreux ? Les Hébreux sont dans la Babel du temps considéré. Aujourd’hui, Babel c’est une filiale de Rome qui est l’Amérique,  alors c’est là-bas que cela se passe.

La diaspora c’est finalement l’Amérique et le reste. Babel de notre temps cela se passe à Brooklin.

C’est les rabbins américains qui le disent en clair : nous sommes au service de la civilisation du temps.

 

Actuellement, il y a des pourparlers entre le Vatican et Israël. Il s’agit du fait que le Vatican était l’un des derniers états du monde à n’avoir pas reconnu Israël et qu’il veut le faire maintenant malgré le problème théologique énorme que cela pose. Raison du retard.

 

On apprendra dans les temps à venir qui viennent que le Vatican va reconnaitre Israël.

 

Il en résulte que la chrétiennté à travers le Vatican va devoir trouver une définition du nom Israël qu’elle s’applique. Parce qu’après la reconnaissance de l’état d’Israël, il reconnait de fait qu’Israël est Israël. Que signifiera donc ce nom pour les chrétiens ? Il ne peut y avoir 2 Israël ! L’histoire de 2000 de chrétienneté montre qu’ils ont toujours fonctionné comme cela. L’histoire juive chez les chrétiens a été celle qu’elle a été parce qu’il ne peut y avoir 2 Israël. Ils se sont alors inventés des échappatoires sémantiques des « Juifs étant Israël selon la chair » et des « Chrétiens étant Israël selon l’esprit » : « Verus Israël », et d’autres disaient « le nouvel Israël ». Mais ce sont des des échappatoires sémantiques dès qu’existe une société politique qui est Israël.

 

Effectivement, aujourd’hui, le schisme à la fondation du christianisme a d’abord été politique avant d’être religieux. Les premiers chrétiens étaient des Juifs qui se sont appellés judéo-chrétiens qui ont cru que leur Rosh Yeshivah était le messie. Aujourd’hui les ’Hassidim de Loubavitch sont persuadés que leur Rabbi, éminent Rav, est « le roi messie vivant ». L’ensemble du peuple juif a une sourire agacé, amusé, mais n’y croit pas. Mais cela n’empêche pas les ‘Hassidim de Loubavitch d’être considérés comme Juifs. Et pourtant ils ont une foi atypique : on les voit jouer au christianisme. Ce sont pourtant des Juifs !

 

Le schisme avec les Chrétiens est apparu quand ils ont changé d’identité politique : il sont pris parti pour Rome contre Jérusalem. Cela a pris trois siècles, Constantin et la suite, vous connaissez l’histoire...

En schématisant, il y a eu un temps judéo-chrétiens chez ces ’Hassidim de l’antiquité, et puis finalement c’est les Chrétiens qui n’ont plus rien à voir avec les Juifs. Ne me faite pas dire que les Loubavitch sont comme des Chrétiens en marche... Je crois qu’ils courent...

 

Il en résulte en réalité que ce qui s’est passé il y a 2000 ans, ce n’est pas une réalité de 2 Israëls avec comme critère de schisme un critère religieux d’abord. C’est une rivalité de deux diasporas d’Israël avec comme critére de schisme un critère politique. La diaspora juive qui est restée fidéle à l’identité hébraïque à travers  toutes les difficultés que vous savez, et la diaspora chrétienne qui a opté pour le véhicule cultuel et culturel gréco-romain. Et c’est devenu  le christianisme. Mais c’est une rivalité de deux diasporas d’Israël hébreux. La juive et la chrétienne.

 

Il en résulte que si le Vatican reconnait Israël cela veut dire qu’il se reconnait lui comme une  diaspora d’Israël, la diaspora chrétienne, qui est entrée en compétition avec la diaspora juive.

 

Prenons le cas de la France : qui est en charge de la nation française pour le message biblique ? L’église de France ou la synagogue de France ? Les chrétiens sont français et les Juifs aussi sont français mais de manière cosmopolite. Il ssont français non parce que nés dans la nation française mais parce qu’ils sont citoyens de l’Etat français et ils finissent par se prendre pour des français...

 

Il y a une interpellation de la diaspora qui va apparaître. C’est pourquoi les Juifs de diasporas n’ont aucun intérêt que l’église reconnaisse Israël parce qu’il y va y avoir compétition.

 

Cette reconnaissance d’Israël par le Vatican est inévitable parce que c’est l’intérêt du Vatican mais pour Israël cela ne posséde plus aucun caractére d’urgence.

 

Cela se rattache à la question : les Hébreux étaient en charge de la vie spirituelle de Babel.

Que faisait Tera’h le père d’Abraham ? Il fabriquait les idoles de Our-Qasdim : le marchand d’idoles et le marchand de symboles religieux : les Juifs fabriquent des idéologies intellectuelles et spirituelles pour les Goyim. Ici, en Israël, les Juifs font des tomates juives et des bananes saintes... C’est différent. C’est un autre sujet sur lequel on reviendra.

 

Q : Israël actuel a difficulté à se dégager de l’exil de Rome ?

R : L’Israël actuel a du mal à se libérer de son origine juive. Il faut avoir le courage de dire les choses comme elles sont. Nous sommes en train de nous dégager du placenta diasporique, galoutique et eux se cherchent encore un place en terre – parce que c’est le judaïsme placentaire. C’est un verset des Prophètes : « Vous êtres venus et vous avez rendus impurs ma terre ». Le commentaire demande avec quoi ? Avec vos cercueils !

 

Nous sommes en gésine de la nation hébraïque et il ne faut pas avoir peur des images. Parce que ce sont les images du Midrash. Si on se demande ce que faisaient les Juifs a Babel, il faut se demander tout simplement ce que les juifs font à Sarcelles, Anvers, Strasbourg... ?

 

Q : Midrash sur la Shoah d’Our Qasdim ne parle que d’Abraham ?

R : Non, il mentionne également un Midrash qui parle de Haran fils de Tera’h père de Lot. Et Abraham est un miraculé de la Shoah, sauvé d’Our-Qasdim. Reprenez la carte d’identité de la famille d’Abraham : Tera’h a trois fils dont l’un est Nahor qui va rester à ‘Haran : il va rester en Galout et il va rester araméen. C’est là le passage de l’identité Abram-Abraham.

Guémara :  il y a d’abord l’identité araméenne, c’est l’hébreu de Babel. Et cet hébreu en exil à Babel est Abram Arami, il redevient hébreu et s’appelle Abraham.

 

Mais pour passer de Abram à Abraham c’est tout le récit de nos deux Parashiot, ce sont des épreuves énomres qu’Abraham doit passer. Mérite-t’il déjà de s’appeller Abraham ?

« Quand tu es Abram tu es stérile... mais c’est à toi que Je fais les promesses, mais dès que tu es Abraham, tout va se réaliser. » C’est ce qui nous arrive : nous arrivons comme « juifs », il faut redevenir « hébreu ». C’est le passage de la citoyenneté israélienne : la municipalité israélienne transforme le juif en hébreu. Israël prend des Juifs et en fait des Hébreux. Ce qui fait du bruit, au dedans et au dehors. Avec tous les ‘Has véShalom possibles et imaginables.

 

Un Midrash le dit clairement : Haran frère de Lot est mort à Our-Qasdim, Nahor est resté dans la Galout d’Our-Qasdim, c’est Abram qui quitte et qui entreprend ce processus où il redevient Abraham.

 

C’est exactement notre carte d’identité sociologique aujourd’hui.

 

- Une partie du peuple juif est restée dans les fours crématoires : Haran.

- Une partie du peuple juif est restée en Galout : Na’hor

- Une partie du peuple juif revient en Kenaan : Abraham

 

Il faut voir la suite. La suite de ce qui vient de Na’hor c’est une lutte terrible contre Israël.

Na’hor c’est l’hébreu de Babel qui décide de rester Aram. Il y a des guerres terribles entre Israël et Aram jusqu’au temps du roi David. Le roi David a été fait prisonnier des Araméens, c’est cette identité hébreux, devenue Aram à Babel et d’où sort Abraham...

 

La référence est en fin du 1er chapitre de Brakhot , la Guémara dit en 2 lignes l’histoire sociologique d’Israël actuel :  Nous arrivons à Abram, il faut devenir Abraham. Notre Parashah raconte toutes les épreuves par lesquelles il faut passer pour devenir Abraham. La première est la séparation d’avec Lot.

 

Mais notre question demeure :

Pourquoi faut-il tellement que Dieu insiste dans ces promesses de l’héritage de la terre ?

La réponse du Midrash sur l’ensemble du texte est la suivante : Abraham n’est pas sûr d’avoir suffisamment de mérite pour la mériter. Il ne doute pas un instant qu’il s’agit de sa terre et que Dieu peut la lui donner, mais il n’est pas sûr d’avoir suffisamment de mérite pour être celui auquel Dieu lui confirme cela. C’est une exagération de la vertu qui est une maladie juive.

 

Nous avons un livre entier du Maharal là-dessus qui pose la quesiton suivante : Pourquoi Israël a-t’il tellement souffert parce que Abraham a demandé à Dieu de lui donner un signe ?

Ce serait le scandale du mythe chrétien du péché originel !  

 

Abraham a une exagération de la vertu et doute après la confirmation de Dieu. Ce qui aurait conduit à l’exil d’Egypte et tout le reste jusqu’à la fin des temps ? Péché originel ?

 

Le Maharal pose la question suivante: si c’est à cause d’une faute d’Abraham que nous avons été exilés, pourquoi l’exil ne commence-il pas avec lui  mais seulement avec Jacob ?

 

Réponse : S’il avait commencé avec Abraham, l’exil aurait concerné Ishmaël. Or, la terre n’est promise et confirmée qu’à ceux qui acceptent l’éventualité de l’exil. Ceux qui ont connu l’exil d’Our-Qasdim et auxquels Dieu dit : après l’expérience de l’exil, la délivrance.

La promesse de la terre ne concerne que la descendance d’Abraham qui accepte l’éventualité de l’exil. Si l’exil avait commencé avec Abraham, Ishmaël aurait connu l’exil, et donc aurait des droits sur la terre. On est en pleine actualité ! Or, Ishmaël n’a jamais connu l’exil. Il a toujours voyagé partout mais en conquérant. Il a connu des défaites, mais jamais l’exil. Sauf ici en Israël. Et les israéliens ont décidé que ce n’était pas normal et qu’il ne fallait plus qu’il y soit en exil.. 

 

Maharal continue : Pourquoi l’exil ne commence-t’il pas avec Yits’haq ?

 

Réponse : Sinon l’exil aurait concerné Essav ! Or, Essav qui a fondé l’empire chrétien, a voyagé partout mais toujours en conquérant sans jamais être en exil, sauf ici en Isaël.

 

C’est le même problème, Ishmaël et Esssav en exil chez Israël, mais ils n’ont jamais connus l’exil et ont toujours voyagé partout en conquérant. C’est pourquoi c’est Jacob qui commence l’exil, car la promesse de la terre ne concerne que la descendance de Jacob et non les autres lignées d’Abraham et d’Isaac qui ne savent pas ce qu’est l’exil. Ils connaissent les voyages mais ce sont des voyages de conquérants.

 

Cela nous est dit en clair dans une Mishnah de la Hagadah :

(Reprenez le Maharal sur cette Mishnah de la Hagadah).

La Mishnah rappelle l’histoire d’Abraham : « J’ai pris votre père Abraham de l’autre côté de l’Euphrate, J’ai multiplié sa postérité (Ishmaël) , et Je lui ai donné Isaac, Jacob et Essav. J’ai donné à Essav la montagne de Seïr pour en hériter et Jacob et ses fils sont descendus en Egypte. »

Seuls la descendance de Jacob, capable de l’exil, a la promesse de la terre    

 

Utilisez cela pour ce qu’on a appris la dernière fois : L’humanité entière a trouvé dans la foi d’Abraham le principe du salut. Parce que la condition de créature est une condition d’exil : la créature en exil du Créateur. Toutes créatures, tout Nibra, tout être qui a la condition de créature, a une conscience existentielle de mal être d’être en exil de la source de l’être. Et chaque tradition exprime à sa manière l’exigence du salut de cette condition de créature. Et voilà qu’elle rencontre un peuple dont la condition historique c’est exil-délivrance. Alors, elle diagnostique en lui la preuve que le salut est possible. Voilà pourquoi Pâques joue un tel rôle chez les Goyim. Parce que Pessa’h c’est la preuve que l’on peut sortir d’exil. La condition humaine est une condition d’exil. Mais on rencontre dans l’histoire humaine un peuple dont c’est l’identité existentielle. Alors on sait que « le salut vient des Juifs » parce qu’ils sont la preuve que le salut est possible.

 

Rattachons cette enseignement à la Mishnah : Qui dans la descendance d’Abraham est porteur de salut ? La descendance de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham parce que ce sont eux qui connaissent l’équation exil-délivrance, Galout-Géoulah.

 

Etude de texte :

Dans ce texte la preuve que le Lekh Lekhah devait arriver à Heret Ha Moriah

Toute la Parashah raconte les péripéties de la séparation d’avec Lot.

Au début, ils font le chemin ensemble. Ensuite, il y a une expérience en Egypte.

Abraham arrive à un certain âge et il a un message à délivrer dans la civilisation extérieure qui était la civilisation égyptienne : « la femme c’est la soeur !».

Il y a deux catégories d’amour, l’amour entre l’époux et l’épouse et l’amour entre le frére et la soeur. Pour le 1er homme par rapport aux espéces animales, apparait l’amour entre époux-épouse, ish-ihshah, et non plus mâle et femelle seulement. Et puis les patriarches reprennent ce problème au niveau supérieur du couple. Et au-delà de la relation époux-épouse, la relation d’amour frère et soeur.

 

Il y a un progrés de la moralité au niveau Abram et Saraï. Ils vont de venir Abraham et Sarah après cette épreuve que l’époux et l’épouse vont se reconnaitre comme frère et soeur. Il y a un progrès dans la moralité. On voit corollairement une chute de la moralité de Lot. Lot va rentrer dans l’immoralité sexuelle. Mais cela commence déjà par une mise à l’épreuve au niveau des rapports fondamentaux d’autrui à autrui : les bergers de Lot faisaient paître leur troupeaux dans des champs qui ne leur appartenaient pas. S’en suit une querelle entre les bergers d’Abraham et ceux de Lot, Abraham intervient et demande à Lot leur séparation.

 

Cela signifie que la séparation entre Lot et Abraham a pour principe une épreuve dans l’ordre de la moralité. Plus Abraham monte dans la moralité et plus Lot descend. Lot va devenir le juge de Sodome et Gomorrhe : il est l’homme de la vertu hébraïque dans un lieu complétement impur.

 

On va suivre cette histoire dans la Gémarah :

1- Abraham est mise à l’épreuve dans son identité pour savoir s’il sera capable de devenir Abraham le principe d’Israël. Il va traverser 10 épreuves que la Torah nous raconte dans son histoire, jusqu’à ce qu’on arrive à celle de « Aqédat Its’haq » où il est confirmé comme Abraham. Le cycle d’Isaac va commencer. Et donc l’identité hébraïque est refondée et le 1er fils d’hébreu va être Isaac.

 

Le passage d’Abram à Abraham n’est pas facile : il n’est pas évident que Abram puisse redevenir ipso facto Abraham. Il faut passer par Assarah Nissionot, les 10 mises à l’épreuve. C’est difficile pour Abram.

 

Dans l’expérience contemporaine : il est très difficile pour un juif de redevenir un hébreu. 

 

C’est cette difficulté là car cela ne va pas de soi qu’un juif cosmopolite devienne membre de la nation hébraïque. Il faut le faire, il faut y passer. Cela se passe à travers une histoire de la société et cela se passe à travers les générations et cela va vite. C’est les petits-fils. Le grand-père était encore du ghetto, et le fils de l’assimilation, le petit-fils est israélien et leur fils sont gagnants.

 

Entre temps on y laisse des plumes, on nous a parlé de tous les déchêts, de toutes les scories, qui empêchent cette réémergence de l’identité hébraïque.  

 

2- Dans cette histoire d’Abraham, notre question initiale, pourquoi Dieu s’entête-t’il à réhébraïser Abraham sur sa terre ? C’est pour lui enlever ses doutes sur son propre mérite. C’est le complexe du juif revenu de l’exil : le doute d’être. Après avoir joué à être un autre, suis-je toujours moi-même ?

On le verra surtout dans une ultime épreuve de Jacob. Lorsque Jacob revient en fin de compte et affronte Essav : à qui appartient la terre Erets Israël ? Jacob démontre qu’il ne s’est que considéré comme métèque en exil et cela lui donne droit à la terre. Il n’y a que les Juifs qui se sont débarassés de ce complexe cosmopolite qui sont sûrs que cette terre est à eux. C’est pourquoi il est nécessaire de leur confirmer. Quand on n’est pas sûr, on n’est pas sûr. Pour être sur la terre, il faut être sûr de la terre.

 

Une curiosité de la Parashah :

Verset de Dieu à Abraham [Gn.12:3] :

וְנִבְרְכוּ בְךָ, כֹּל מִשְׁפְּחֹת הָאֲדָמָה.

« Et se béniront en toi toutes les familles de la terre ».

 

A l’occasion de Rosh hashanah 5764-1994 j’ai reçu la carte suivante :

« Frères juifs nous vous souhaitons une bonne année, « en toi seront bénis toutes les nations de la terre » Genèse 12:3, signés les Chrétiens d’Ile de France.   

 

 

<Fin >

******

  

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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clovis simard 26/02/2013 13:31


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