Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:21

Parasha - Le'h Le'ha 95

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/lekh_lekha_serie_1995/cours_1

Face B


.../... 

Rashi sur ce verset 24 :

Vayit’halekh ‘Hanokh

Il cite Midrash Raba.

Suivez bien, il est extrêmement important de comprendre la nature, l’identité, de ce type de juste qui est différent de la vocation d’Abraham.

 

ויתהלך חנוך:
 צדיק היה וקל בדעתו לשוב להרשיע, לפיכך מיהר הקב"ה וסילקו והמיתו קודם זמנו וזהו ששינה הכתוב במיתתו לכתוב ואיננו בעולם למלאות שנותיו

 

Tsadik Hayah, c’était un tsadik, véqal bédaato lashouv léharaashiaa mais il était tenté de devenir rashâ.

 

Cela veut dire qu’il se connaissait comme faible, et par conséquent il fallait qu’il se protège de cette tendance que le Tsadik a de retomber Rashâ. De beaucoup de Tsadikim, et de nous tous, il faut dire cela que l’on a cette tentation de l’inertie et de la pesanteur de l’instinct, de devenir Rashâ.

 

Léfikhakh… C’est pourquoi Dieu s’est empressé, il l’a enlevé du monde, et l’a fait mourir avant son temps. C’est la raison pour laquelle le texte (a changé d’expression pour dire il est mort il) a écrit « Il n’est plus là » dans le monde pour accomplir tout son temps de vie prévu à sa naissance.

 

C’est un Drash plein de thèmes différents. D’abord, ne faites aucune analogie avec des personnes de votre entourage. Si on voit un Tsadik mourir jeune, c’est peut-être un tsadik dans ce cas-là que Dieu préfére prendre en état de Tsadik que de le laisser sur terre et qu’il devienne Rashâ. Mais ne faites pas de diagnostic. Un de mes professeurs de philosophies nous racontait comment certains étudiants en médecine sont hypocondriaques.

 

De quoi s’agit-il ici ? Je vais imager un peu ce que veut dire le Midrash :

‘Hanokh signifie « éducateur » de la racine ‘Hinoukh. C’est dire que c’est le Tsadik dont Dieu a besoin pour aider au salut de l’humanité. Et voilà que ce Tsadik devant être « éducateur de rue » par exemple préfère aller à la Yeshivah ! S’il en sort c’est bien, mais s’il y reste il n’est pas un éducateur.

Il y a des écoles qui tournent à vide : elles prennent des élèves pour qu’ils deviennet des professeurs qui prennent des éléves… ‘Hanoukh était malade d’angoisse de trébûcher, il voulait remonter.

Alors qu’en fait il faut faire des éléves pour qu’ils aillent dans la cité témoigner de l’enseignement qu’ils ont reçus dans l’école. C’est la mafia de l’université qui choisit parmi les étudiants ceux qui vont continuer la mafia des professeurs...

 

Selon le Midrash, ’Hanokh était malade d’angoisse à l’idée de pouvoir trébucher et il voulait remonter. Dieu lui dit : « Je n’ai pas besoin d’une étoile de plus au ciel mais d’un ‘Hanokh sur terre. Mais maintenant si tu veux venir, viens... ». C’est l’échec ! C’est-à-dire que tous les sursis donnés à l’humanité pendant ces 10 générations de Adam à Noa’h ont échoué. En particulier sur ce type d’échec-là. Et peut-être le plus grave c’est que tous ces justes sont incapables d’être Abraham.

 

Vous verrez en étudiant ce problème qu’il est très difficile d’être Abraham. Il s’agit d’être un éclaireur d’avant-garde de la révélation de Hashem. Elohim c’est la révélation de Dieu Créateur. Et en étudiant la nature on connait la volonté du Dieu Créateur. Et c’est plein de thèmes importants, en particulier sur le problème de science et religion qui est très différent dans le judaïsme ou ailleurs. Lorsqu’un savant étudie une loi de la nature il étudie la volonté de Dieu. Au moyen-âge, les rabbins qui étaient savants, avant de rentrer dans le laboratoire prenaient le Miqveh parce qu’ils allaient étudier « Ratson HaBoré ».

La plupart des savants modernes ne comprennent pas qu’ils étudient la volonté de Dieu.

Beaucoup de juifs religieux fonctionnent d’aprés des catégories non-traditionnelles juives et qui sont persuadés que faire de la science c’est l’oeuvre du diable. C’est une espèce de schizophrénie chez beaucoup de ces savant religieux, croyants à la synagogue et complétement athées dans leur laboratoire. Alors ils s’arrangent avec une sorte de religiosité qui en fin de compte devient une superstition magique. Cela finira par devenir une religion qui un jour sera issue du judaïsme comme on en a eu des centaines qui finira par se perdre chez les païens. Je suis méchant mais enfin pas tellement. C’est pire.

Pasteur : « Je suis chrétien à l’oratoire et savant au laboratoire. ». Chez les Goyim cela va bien parce qu’il y a Dieu et le diable ! Tandis que dans le judaïsme, il y a là une véritable schizophrénie.

 

Espérons que cela s’arrange et qu’en Israël apparaîtra une manière d’être savant et Talmid ‘Hakham qui résoudra le problème. En tout cas c’est l’objectif de l’enseignement du Rav Kouk. Et malheureusement, les disciples de disciples de disciples du Rav Kouk, en général des Baalei Tshouvah, retombent dans cette dychotomie entre la science d’un côté et l’oratoire de l’autre...

 

Voilà l’exemple que je voulais donner en poussant les choses à la limite. Mais, ce qu’il faut bien comprendre c’est que cela n’enlève rien au mérite de ces Tsadikim. Ils préfèrent aller avec Dieu pour ne pas être contaminer par le mal. Tout cela est en ordre si cela reste l’exception. Si cela se présente comme la régle c’est la catastrophe ! Il n’y rien à rajouter d’autre.

 

C’est un peu le cas de ce que la Torah enseigne à propos du Nazir. Si une personne a besoin de faire de voeux pour se protéger on lui permet, on le tolére. Cela l’aide mais comme des béquilles pour marcher. Dire que c’est la marche à suivre touche à l’hérésie. Il faut honorer les ascètes tout en sachant que c’est une exception tolérée pour les aider, et les plaindre. Parce que finalement ils se privent de la vie que Dieu a créé. Tout cela il faut l’expérimenter de manière très fine, très existentielle si j’ose dire. C’est ce genre de juste qui a la conscience malheureuse parce qu’il est juste. Il est juste et il en a mal. Dans le fait qu’il soit juste quand même, il faut le féliciter, mais ne pas le prendre comme modèle.

 

Etant bien claire cette différence de nature entre Noa’h et Abraham, il y a une objection colossale contre toute cette analyse. On va voir un verset dans l’histoire de Noa’h qui semble contredire tout cela.

 

Chapitre 7 verset 1 :

וַיֹּאמֶר יְהוָה לְנֹח

Et Dieu dit à Noa’h…

 

Il s’agit de Hashem et non plus de Elohim.

 

בֹּא-אַתָּה וְכָל-בֵּיתְךָ אֶל-הַתֵּבָה:  כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי, בַּדּוֹר הַזֶּה

Entre toi et toute ta famille dans l’arche, car Je t’ai vu toi juste devant Moi dans cette génération.

 

C’est une objection colossale ! C’est Hashem qui s’adresse à Noa’h et lui dit qu’Il l’a vu « Tsadik lefanaï », expressions employées pour Abraham, Hashem et Léfanaï ?

 

Ceci dit, avant d’y arriver je voudrais vous citer une autre Midrash très important sur un autre aspect de la lecture : dans le verset 2 de la définition de Noa’h, il y avait Tsadik - Tamim « juste et intégre ». Et ici, il n’y a que Tsadik.

Je vous donne à ce propos deux enseignements, l’un du Midrash, l’autre de la ‘Hassidout.

 

Le Midrash dit ceci : On ne dit pas devant quelqu’un toute sa louange. On ne dit qu’une partie.  C’est effectivement une grande régle que lorsque l’on dit la louange de quelqu’un on n’a pas le droit de dire tout mais une partie. L’explication habituelle c’est que cela risque de les rendre orgueilleux. L’expérience montre que c’est vrai ! C’est pourquoi on réserve malheureusement au moment du Hesped de la mort, pour dire toute la louange. Et en général c’est une grande consigne de ne dire que la louange. C’est interdit surtout en présence du mort de dire les fautes qu’il a pu faire. C’est pourquoi on a cette suprise de dire que tous les morts sont des justes. « A’harei Mot Qedoshim » !

 

Ensignement de la ‘Hassidout :

Il y a deux générations exceptionnelles dans ce récit. Dor haMaboul la génération du déluge dont la faute était vis-à-vis des hommes avec ‘Hamas la violence. Et celui qui se garde de la violence est appelé Tsadik. Dor HaPélagah, la génération de la tour de Babel, c’est la révolte contre le Créateur. Celui qui va être la rédemption de la Dor haPélagah va être Abraham qui est appelé Tamim.

Et donc puisque le verset 7 :1 dit בַּדּוֹר הַזֶּה qui est la génération du déluge, il le définit comme Tsadik par rapport à sa génération. Quand on parlera d’Abraham, par rapport à ce qui est arrivé à Dor haPélagah, on dira Tamim.

 

*** 

 

J’ai longtemps étudié cette question que je vous ai posé sans trouver de texte à vous citer.  Je vous propose une explication. Notez bien que je n’ai pas de source à vous donner.

 

Regardez le verset :

כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי

L’expression devrait être

כִּי רָאִיתִיְךָ צַדִּיק לְפָנַי

 

D’après le Pshat on pourrait traduire « parce que c’est toi que j’ai vu, toi seul ». Mais cela a été dit bien avant. Le texte l’a dit bien avant. En fait il faut lire le Pshat.

Car J’ai vu en toi un signe (ot) du Tsadik devant moi.

Et ce signe c’est Abraham.

Donc on arrive à Abraham lui-même.

 

Q : Un Midrash enseigne pourtant que Noa’h après le Maboul n’a pas voulu sortir de la Tévah jusqu’à ce qu’il obtienne de Dieu la promesse de ne plus recommencer ?

R : C’est plus que le Midrash c’est le texte et l’alliance. Pour bien comprendre ces problèmes du jugement du juste, en particulier on l’étudie en détail avec Noa’h. Ce sont les Tolédot de Noa’h qui sauvent Noa’h. Et nous avons été privilégiés de recevoir l’enseignement du Rav Kook qui nous a enseigner une catégorie qui permet de résoudre ce problème, et c’est une catégorie qui est complétement repoussée par la pensée occidentale. On est habitué, surtout dans la pensée occidentale de type romain, je vous dirais comment j’ai appris cela de mes maîtres philosophes – l’esprit romain est un esprit de comptable, de comptabilité. Le latin est une langue très forte, très exacte et très précise, c’est vraiment une langue de juriste. Alors que le grec ancien c’est une langue de poète. La Gémarah le confirme en disant que la langue de la beauté c’est la langue grecque (ancienne). Alors, on est habitué à la notion de mérite au niveau des actes. Cf. la balance de la justice qui pèse les mérites et les démérites, elles ne les compte pas, elle les pèse, parce que les compter équivaudrait à une phénomène d’assimilation au nombre, comme si chaque Mitsvah était équivalente à celle d’à côté. Dans la Torah on pèse l’identité de chacun en pesant ses mérites et ses démérites, parce que chaque Mitsvah positive correspond à un point du corps et chaque Mitsvah négative correspond à un des tendons entre les organes. Vous avez appris cela d’autre part dans le Talmud pour ceux qui l’on appris. Alors on pèse le Nefesh de chacun. Ce n’est pas qu’on va compter la somme des actions effectuées.

Et on s’est habitué dans la culture occidentale à reporter cette notion de mérite de Zekhout au niveau des actes ; alors qu’il y a une autre notion qui n’est pas connue et qui est rejetée par la pensée occidentale, surtout l’humanisme moderne, c’est le mérite au niveau de l’être.

C’est rejeté en raison de la panique du risque de racisme possible derrière. Cela veut dire qu’il y a des manières d’être hommes qui aurait un mérite particulier, et des manières d’être homme qui aurait un démérite particulier. Je parle au niveau des individus. Si déjá au niveau des individus alors peut-être au niveau des peuples… D’où la transposition possible au niveau des peuples avec le risque de racisme. On s’aperçoit qu’en sortant du moyen-âge quand on entre dans l’ère humaniste on fait un tabou sur cette catégorie, bien que dans l’existence c’est faux. Si vous voyez la société protestante américaine, elle ne vit que de cette catégorie.

 

Il y a donc un Zekhout au niveau de l’être qui est autre chose que le Zekhout au niveau des actes. En fin de compte d’ailleurs les actes, dans le temps de la durée humaine, se récapitulent en points d’être. C’est la notion de l’habitude. Si vous faîtes une étymologie latine du mot « habitude », cela se relie à la notion de l’avoir. « Aveo - J’ai ». Et l’avoir en fin de compte se transforme en être.

Et c’est très différent. Le niveau de l’avoir c’est le compte en banque, le niveau de l’être c’est autre chose. Mais il y a un lien. Celui qui a un seuil d’avoir change d’être. Alors qu’en hébreu on dit jamais « j’ai » on dit « il y a pour moi ». Il y a une morale différente dans la langue. On dit « Yesh li - il y a pour moi », tandis que le latin dit Aveo j’ai, je possède. L’habitude transforme les actes en être.

 

Cela répond à la question : Bien que ce soit dans l’inconscient absolu pour Noa’h et sa génération, Noia’h n’est pas n’importe qui. Il porte en lui Abraham. Donc il est déjà Abraham.

כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי

Vous voyez c’est notre verset.

 

Les contemporains ne comprendront jamais pourquoi c’est Noah qui est sauvé. Parce que des justes comme Noa’h il y en avait au moins 36 dans la génération !

Pourquoi lui ?

Parce que « Eleh Toldot Noa’h Noa’h ». C’est les Toldot de Noa’h qui fait qu’il est sauvé, mais cela Dieu seul le sait ! C’est une idée pas simple.

Donc il ne faut pas imputer aux actes de Noa’h ce qui n’est que dans « ses reins » comme on dit en hébreu, dans son être. S’il n’y avait pas Noa’h est-ce qu’il y aurait Abraham ? Parce qu’il nous faut un Abraham !

 

Q : Quel est le modèle idéal du Tsadik ?

R : Cela dépend pour chacun. Je donne un exemple. Nous sommes actuellement dans un stade de la société juive dans une sorte de nivellement de la pratique de la Torah. Avec une régle rigide qui est la même pour tout le monde. Ce n’est pas traditionnel. Cela a été un durcissement en réaction de l’orthodoxie juive qui est apparu en  Europe, surtout en Allemagne et en Hongrie, en général chez les Ashkénazim, en réaction à l’apparition du mouvement libéral conservateur après Mendelsson.

C’est-à-dire quand les tendance réformées, c’est-à-dire déformées, sont apparues, alors l’orthodoxie est apparue comme réaction et s’est fixée sur une régle commune pour tout le monde.

Cela a pris plusieurs siècles, mais c’est très homogène à la mentalité de l’orthodoxie ashkénaze et malheureusement en Israël l’orthodoxie séfarade a pris cela comme modèle, à travers le mouvement Shass. C’était un peu inévitable parce que le leader du mouvement Shass est Babli et non Sefardi, de rite séfarade mais de Babel.Or, Babel c’est l’origine des Ashkénazim.

Il y a un grand mystère sur l’origine du rite ashkénaze. Les historiens et les rabbins ne sont pas forcément d’accord. Ce mystère est double. C’est le fait qu’il y a quelques siécles on voit une énorme poussée démographique chez les Ashkénazim jusqu’au 14ème 15ème siécle à peu près, où ils formaient la majorité écrasante. Il y a énormément d’explications historiques en particulier les nombreuses épidémies dans les communautés séfarades, et surtout parce que le boum économique est passé du monde de l’islam au monde européen. Après, par la suite avec la découverte de l’Amérique le passage c’était l’Europe, et par conséquent les communautés ashkénazes se sont beaucoup plus renforcées que les commaunutés séfarades qui depuis 2 siècles et demi étaient entrées dans un sommeil politique comme les pays d’islam. Il y avait eu l’âge d’or. Autre raison : beaucoup de conversions chez les Ashkénazim et beaucoup moins chez les Séfaradim. En particulier les Kazars. On le sait parce que proportionnellement dans les communautés juives, il y a moins de Kohanim et de Léviim chez les Ashkénazes proportionnellement au nombre de Juifs, que dans les communautés séfarades, parce qu’on ne se convertit pas en Kohen ou Lévi. C’est un des indices.

Quoiqu’il en soit,. Il y a un phénoméne massif, qui est en train de s’inverser parce que malheureusement le drame de l’assimilation s’exprime dans les communautés ashkénazes. Le cas de la France qui était une communauté ashkénaze et qui aujourd’hui devient une communauté séfarade (de rite ashkénaze pour un autre problème) en raison de l’assimilation colossale dans les familles ashkénazes qui commence à atteindre les familles séfarades selon le degré d’assimilation.

 

On s’est demandé d’où procédait l’identité ashkénaze ?

Pour l’identité séfarade c’est très simple historiquement parlant. C’est la suite des communautés du judaïsme du Bayit Shéni. Alors que les communautés ashkénazes ont finalement pour origine l’exil du Bayit Rishon qui n’est pas rentré au Bayit Shéni – c’est-à-dire l’exil de Babel. Or, du point de vue du problème central contemporain qui est la relation au sionisme, la réaction des Bablim au temps de Ezra et Néhémie et la réaction de la majorité des Rabbins ashkénazes au temps du sionisme a été la même.

 

Mais cette réaction antio-sioniste a été « bablite » et non pas « séfaradite ».

La preuve ? C’est que les Sefardim, les vrais, ceux d’Espagne c’est-à-dire du Maroc, les Juifs de rite séfarade passant par les Yeshivot du Rav Ovadia Yossef deviennent Ashkénazes. Je ne sais pas si vous avez remarqué cela. C’est très simple. Parce qu’il y a une sorte de main mise de l’idéologie anti-sioniste de Babel.  Or, c’est celle-là qu’on retrouve chez les rabbins ashkénazes anti-sionistes. Le critère étant que les Kabalistes ont tous été sionistes et les non-kabalistes ont été anti-sionistes. Parce que pour comprendre le caractère messianique du sionisme contemporain il faut passer par la Kaballe.

 

Pourquoi Dieu a t’il choisi comme stratégie du rassemblement des exilés un mouvement non-religieux ?

 

Il n’y a que le Gaon de Vilna qui l’a expliqué bien avant le sionisme. Il l’a annoncé. Nous avons un livre très important, que au fond une fois je me déciderais à l’étudier en public, c’est le Kol Hator qui explique cela. Si c’était les Juifs religieux qui avaient décidé du retour à Sion cela aurait échoué. D’abord parce qu’ils n’étaient pas compétents : pour faire un état il faut être ‘Hilonim, et puis les Goyim auraient refusé. Pour pouvoir tromper les Goyim il fallait que le mouvement sioniste soit ‘Hilonim athée. Cela a l’air énorme mais c’est le Gaon de Vilna qui le dit. Alors les ‘Hilonim sont tombés dans le piège et se sont pris pour ‘Holanim. Cela se soigne...

 

Pour revenir au sujet, c’est le Mashia’h ben Yossef.

Quelques indications seulement : le principal enseignement du Gaon de Vilna c’était qu’il fallait faire attention à ce qui sépare le Mashia’h ben Yossef du Mashia’h ben David. Et l’un et l’autre, séparés, deviennent des caricatures.

 

Dans l’histoire de Joseph, jusqu’à la fin il ne se fait pas reconnaître de ses frères qui l’ont pris pour le pharaon : « Ki Kamokha kéParo ». Le ‘Hiloni absolu, l’assimilé absolu.

Et finalement il y a ce Midrash : Et pourtant c’est lui le Tsadik !

Réfléchissez bien à cela : ce sont des choses énormes que le Midrash nous dit-là !.

Maintentant à postériori on s’habitue : Yossef HaTsadiq !

Mais pendant tout le temps où Yossef n’était pas connu comme hébreu, on le prenait pour le pharaon lui-même. C’est la grande colère de Yéhoudah contre lui qui lui dit : « Ki Kamokha kéParo », et il t’arrivera la même chose qu’à Paro.

 

Et d’autre part le Midrash qui dit que dans le désert, l’arche était dans un coffre et puis à côté se trouvait la momie de Joseph dans un sarcophage. Et dans la traversée au désert, les Goyim demandaient « « qu’est-ce qu’il y a là ? qu’est-ce qu’il y a là ? »  « mah tibo shel zeh ?  mah tibo shel zeh ? On leur répondait : « celui qui est là a accompli celle qui est là » C’est-à-dire la Torah. Et le Midrash cite 10 versets qui n’ont rien à voir avec les 10 commandements. Ce sont 10 versets du comportement de l’histoire d’Israël qui fait que Israël comme nation peut exister.

 

Qu’est-ce que cela représente? C’est ce que les rabbins appellent Orot Mashia’h ben Yossef. Les lumières du Mashia’h Ben Yossef. C’est le Gaon de Vilna un des grands d’Israël avant le sionisme qui a indiqué tout ce qui se passe pour Tsion s’est passé pour Joseph. Tout ce qui se passe pour Joseph se passe pour Tsion. Yossef béGématriah Tsion.

 

Alors le sionisme c’est l’histoire de l’identité Joseph. Et c’est grâce à Joseph que Israël existe comme nation. C’est grâce à Judah qu’Israël existe comme spiritualité. Séparés l’un de l’autre c’est la catastrophe.

 

On voit que l’histoire d’Israël est traversée par cette séparation, entre Joseph et Judah. Or, au moment de Ezra et Néhémie, le refus est venu des ‘Hakhmei Babel. Et cela reste la même chose. Le refus vient des ‘Hakhmei Babel, sauf ceux qui sont de la lignée des Kabalistes.

Par exemple le Ben Ish ‘Haï. C’est grâce à lui que le judaïsme de Babel a fait sa Aliah. Et le sauveur de cette Aliah c’est Shlomo Hillel du parti Avodah. Il a réalisé ce que le Ben Ish ‘Haï a rendu possible, que les Juifs d’Irak reviennent en Israël. Et quand les Juifs de Babel reviennent en Israël, c’est le signe que nous sommes au temps du rassemblement des exilés.

Mais ces rabbins irakiens, Bablim, qui sont anti-sionistes, sont ceux qui sont encore de cette attitude de Babel d’avoir refusé Ezra et Néhémie. Alors que les Sefardim eux sont des descendants de l’exil du Bayit Shéni, c’est-à-dire les descendants de ceux qui sont revenus au temps de Shivat Tsion. C’est pourquoi il y avait une sensibilité si différente.

 

Aujourd’hui les Ashkénazim qui étudient la Kaballah sont tous sionistes. Et les Séfardim qui étudient chez les Bablim sont tous anti-sionistes ! Vous avez remarqué cela ? Parce que 50 ans ont passé. Je me rappelle, revenant de la guerre, quand l’état d’Israël a été proclamé et cette année-là on chantait dans les synagogues « odo lashem kitov » de Pessa’h sur l’air de la Hatikvah avec les drapeaux israéliens dans les synagogues. Imaginez vous cela à Babel ? Dans toute l’Afrique du nord c’était comme cela, de manière spontanée. Au Yemen aussi je suppose. Vous étiez trop jeunes pour avoir vécu cela, mais vous pourrez dire que vous avez vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

 

<Fin>

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche