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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 18:35

Le compte du Omer entre Pessah et Shavouot (1985) 3ème Partie

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/l_omer_entre_pessah_et_shavuot/cours_1

Face C

 

.../...

Qu’est-ce que ‘Hanoukah doit-il commémorer ? Et ce n’est qu’avec le temps que cela s’est cristallisé. ‘Hanoukah commémore-t’elle la victoire militaire de Makabi ou la fiole d’huile?

Il y a tout un temps où cela se décante, et il arrivera un temps où tous les Juifs n’auront plus aucun doute que Yom Haatsmaout est Yom Haatsmaout. En attendant on vit dans un temps de transition où chacun vit son caprice. Mais si on se confronte à la massivité de l’événement que 2000 ans après  l’indépendance nationale juive revient on se confronte à un problème de fond: finalement ceux qui n’y croient pas en quoi croient-ils? Si ce n’est pas Dieu qui a fait cela qui l’a fait ? Il y a donc un probleme très grave chez les Juifs très religieux qui ne croient pas en Dieu. Je parle du Dieu d’Israël bien sûr. C’est dramatique pour eux d’ailleurs. J’en connais plusieurs qui sont mes amis et sont très malheureux, parce que la réalité dément leur fidélité à des caprices.

 

Le fond du problème c’est que ceux qui assistent à ce qui se passe pour Israël depuis 50 ans après 2000 ans d’exil, après la Shoah et tout, c’est tellement massif et malgré tout ils n’arrivent pas à se rendre compte que c’est Dieu qui fait cela ! En quoi croient-ils ?

 

Rassurez-vous, ce n’est pas la première fois que cela arrive! Il y a des gens contemporains de Moïse qui ne croyaient pas dans les miracles de la sortie d’Egypte et qui ne croyaient pas que c’était Dieu qui a fait sortir Israël d’Egypte. Tous les grands d’Israël des contemporains de Moïse était contre Moïse. Et on revit quelque chose de très analogue !

 

Réfléchissez bien à cela, cela commence depuis le commencement ces histories de fous. Il y a donc une raison pour laquelle c’est comme cela. Mais si on découvre un tel état de fait, quelque chose d’invraisemblable, et qu’on croit que c’est nouveau on le considèrerait comme tragique.

 

Mais 4000 ans après dans l’histoire d’Israël on n’est pas capable de comprendre la Providence à l’oeuvre dans l’état d’Israël et cela nous rassure parce que c’est comme cela depuis le début! 

 

Au temps de Moïse la majorité des grands d’Israël n’avait pas cru que c’était Dieu qui faisait sortir d’Egypte Israël. Ils ont été responsables que 4/5ème des Hébreux se sont perdus en Egypte. De la même manière que de notre temps la majorité des grands d’Israël n’ont pas cru que le temps du retour été arrivé... je ne continue pas la suite mais vous savez de quoi ils sont responsables... Et cela continue… 

 

Pour dédramatiser cela il faut simplement se rendre compte que ce sont des constantes dans l’histoire d’Israël. Et il arrive un temps où cela finit par se décanter, et alors aujourd’hui il n’y a plus aucun doute: Pessa’h c’était la sortie d’Egypte ! Mais c’était une minorité ces gens qui y croyait au début!

 

‘Hanoukah c’est la réinauguration du temple contre les Grecs mais c’était une minorité les gens qui y ont cru au début!

Et en fin de compte Yom Haatsmaout, il y a une minorité qui y croit mais c’est cette minorité-là qui finalement restera dans la tradition. Le temps que cela prendra je n’en sais rien mais cela fera mal à tous ceux qui se sont trompés.

 

En tout cas, lorsque l’on rencontre l’événement dans sa massivité, on ne peut pas ne pas être interloqué. Il y a les gens qui cherchent un signe magique pour comprendre l’événement alors que c’est l’événement qui est son propre signe! Dans le fait que c’est un événement massif ! Pendant 2000 ans, les Juifs ne pouvaient pas retrouver leur indépendance nationale, et finalement ils la retrouve avec l’hostilité du monde entier, et on discute de savoir si c’est un jour de fête ou pas ?!?!

Je ne sais pas si vous vous rendez compte du caractère invraisemblable de ce manqué de foi de ceux qui sont censés avoir la foi! C’est une maladie de foi ! Je vous dis les choses très sérieusement tout en mesurant l’énormité de la chose.

 

Le Talmud en parle: des Tsadikim qui n’ont pas la foi, la Emounah. Ils sont Tsadikim et pratiquent avec une minutie extraordinaire mais ils ne croient pas. La preuve: Lorsque l’événement arrive ils ne le voient pas!

 

Sachez que c’est dramatique pour eux. J’ai des amis médecins surtout psychiatres très inquiets des désordres psychiques que cela induit dans ces milieux parce que quand la réalité contredit les croyances intimes cela se transforme en traumatismes qui la plupart du temps expliquent la raison de la violence dans ces milieux-là. Ils violent le Shabat lorsqu’un voiture passe à côté de chez eux... C’est d’une violence incompatible avec quelqu’un qui est censé pratiquer le Shabat. C’est un désordre psychique qui vient du fait que la réalité constredit leur croyance. Et comme il n’est pas  question qu’ils remettent en question leur croyance, ils remettent donc en question la réalité. Ce qui est le commencement de la folie, qui est aussi le commencement de la violence...

Ils sont ainsi acculés à des positions extrèmement pénibles. Si ce n’est pas Dieu qui fait cela alors c’est le diable ! Vous vous rendez compte jusqu’ou cela va? Et ils vous le disent tranquillement... et ils en vivent : comme des parasites du diable!  C’est énorme comme tragédie pour des gens censés être les gens pieux d’Israël! Je vous explique tout cela pour vous faire comprendre que Yom Haatsmaout pose un problème

 

Mais qui nous est connu depuis l’origine de l’histoire d’Israël. Référez-vous à l’événement massif de la sortie d’Egypte. Quand Moïse vient dire que c’est le temps de la délivrance 4/5ème des Hébreux ont refusé d’être délivés et sont restés en Egypte dans la plaie des ténèbres. Il a fallu que Dieu se “fatigue” à faire des miracles pour les persuader et cela n’a persuadé personne.

 

Dans les milieu des rabbins sionistes je me rappele de la première fois où cela est arrivé parce que vous, vous êtes nés après l’état d’Israël pour moi c’est l’inverse l’état d’Israël est né après moi alors la première année j’ai demandé ce qu’on devait faire à Yom Haatsmaout: rompre le deuil ou pas ?

Il m’a répondu: « tu es juif ou pas? » Cela m’a suffit pour ne pas chercher midi à 14 heures.

 

Cela ne veut pas dire que ceux qui ne s’arrangent pas la barbe à Yom Haatsmaout ne sont pas juifs. Ce sont justes des Juifs qui ne se coupent pas la barbe à Yom Haatsmaout...

 

Il n’y a pas plus grande maladie que cela: l’événement arrive et on n’arrive pas à le voir !

Ce qui n’est pas en ordre c’est qu’on cherche un signe alors que l’événement est massif. Chercher des signes magiques alors que c’est Dieu qui dirige les événements.

 

Quand arrive un événement de ce type dans l’histoire d’Israël qu’au bout de 2000 ans il y a restauration de la souveraineté politique perdue au temps de Bar Korba’h, au temps de Rabi Akiva, et au temps des Romains dans les choses invraisemblables qui se sont passées en 1948 au moment de la libération du pays qu’ une poignée de sionistes du Yishouv ici en 48 arrive à tenir en échec le monde arabe tout entier! Et on commence à discuter si on va dire Hallel ou si on va dire Brakhah!!!  

A ce niveau, c’est qu’il s’agit d’une maladie mentale !

 

***

 

Alors on va d’abord réfléchir sur ce fait: que signifie cette période du Omer entre Pessa’h et Shavouot qui puisse nous permettre de comprendre que tous ces événements dont on a parlé se passent à cette période-là, et en particulier les événements du calendrier israélien que je viens de vous énumérer. Vous remarquerez en tout cas que ces événements du calendrier israélien sont de deux sortes: le deuil et la joie.

 

Je prends l’exemple: Yom Ha-Shoah est jour de deuil et Yom Ha-Zikaron est jour de deuil, et le lendemain c’est la joie de Yom Haatsmaout. C’est difficile à vivre.   

 

Nous avons l’exemple de Pourim: la veille c’est un jeûne, et dès que le jeûne finit commence la fête. Mais c’est à l’échelle nationale, à l’échelle de la mémoire du peuple. Tandis que là c’est au niveau des familles plus difficile à vivre. Et l’exemple de Lag Ba-Omer interrompant la période du deuil du Omer par un jour de joie, la Hiloulah de Rabbi Shimon Bar Yo’hai. Il y a cette même atmoshphère dans tous ces événements.

 

Une autre remarque: il y a une progression: cela va de Pessa’h à Shavouot.

Dans l’ordre: Yom Ha-shoah - Yom HaZikaron – Yom Haatsmaout – Yom Yeroushalayim et après vient Shavouot. Vous remarquez d’ailleurs que nous sommes dans une période du Omer et où nous sommes en train de vivre des événements très graves concernant l’indépendance d’Israël, et l’évacuation des territoires décidé par le gouvernement a eu lieu le 13 avril c’est-à-dire Davka le jour de Yom Ha-Zikaron, et le bon Dieu a décidé que cela ne se fera pas quand même... pas ce jour-là en tout cas.

 

Nous sommes dans une période où l’on s’approche de Shavouot: Suivez la progression : Yom Yeroushalayim qui est le 28 Iyyar avant Shavouot, il y a encore quelques jour pour fixer une date de fête qu’il faut souhaiter.  Je ne sais pas si c’est cette année mais si c’est cette année vous direz un Hallel de plus.

 

Je vais repartir de la définition de cette période qu’il y a entre Pessa’h et Shavouot, période que nous appelons la période du Omer avec une première remarque: la seule date qui n’est pas indiquée par la Torah suivant l’événement qu’elle doit commémorer s’est précisément la date de Shavouot. Il n’y a aucun verset qui institue dans la Torah que le 6 Sivan doit être commémoré comme la fête de commemoration de Matan Torah c’est-à-dire la révélation au Sinaï.

 

On apprend à la lecture du récit historique que le 3ème mois de la sortie d’Egypte de la première année, donc le mois de Sivan le 6ème jour,  il y a eu la révélation au Sinaï. Mais aucun verset n’institue ce jour-là comme étant la fête de Shavouot comme Matan Torah. Shavouot veut dire les “semaines”. En fait la Torah institute que 50 jours c’est-à-dire le lendemain de 7 semaines après Pessa’h, il y aura la fête des semaines, c’est-à-dire la fête des premices.

  

Les différent noms de Shavouot:

 

Shavouot  = semaines parce que c’est le jour qui est fixé le lendemain de la 7ème semaine à partir de Pessa’h. Le mot français de Pentecôte vient du grec et signifie le 50ème jour.

 

Hag HaBikourim= le jour de Shavouot est la fête des prémices. Békhor le premier né.

 

Ce sont là les noms bibliques de la fëte.

Et puis:

Matan Torah le don de la Torah c’est DeRabbanan : la tradition rabbinique, la Torah shébéalpeh donne toujours un titre à la fête qui est différent du tittre biblique. Shavouot c’est le nom DeOraïta pour la Bible et pour la tradition talmudique c’est Matan Torah.

 

Mais il n’y a aucun verset qui institute le 6 Sivan pour la fête de Shavouot comme Matan Torah.

 

Et plus encore, le jour du 6 Sivan n’est pas indiqué, le jour de la fête de Shavouot pour la Torah c’est le lendemain de la 7ème semaine. C’est-à-dire que Shavouot est indexé à Pessa’h. Shavouot est fixé par un compte de 50 jours à partir de Pessa’h. C’est un cas particulier du calendrier. Donc c’est une période en soi.

 

La fête de Shavouot est appelée déjà dans la Bible “Atseret”, (Ayin Tsadé Reish Teit) ce qui veut dire la cloture. Une autre fête s’appelle Shémini ‘Hag HaAtséret, le lendemain des 7 jours de Soukot, le 8ème jour de la cloture c’est Shémini ‘Hag HaAtséret, et c’est un fête qui s’appelle aussi

Sim’hat Torah.

 

Il y a donc deux fête de la Torah: l’une à Shavouot qui est Matan Torah – le don de la Torah - et l’autre à Shémini ‘Hag HaAtséret au lendemain de Soukot qui est Sim’hat Torah – la joie de la Torah. Pourquoi deux fêtes ? L’une après Nissan et l’autre à Tishri ?

Cela se relie à tout notre problème d’ailleurs mais je vais un peu simplifier.

 

Atséret veut dire la cloture. Tout se passe comme si Shavouot est considéré comme la cloture de Pessa’h. Tout se passe comme si Shavouot est un huitième jour de Pessa’h décalé de 7 semaines.

On voit comment cela correspond avec Tishri: A Tishri, on a les 7 jours de Soukot, et le lendemain survient Shémini ‘Hag HaAtséret sans ce décalage de 7 semaines. Et donc la Atséret de Pessa’h est décalée de 7 semaines, et c’est cette période-là qui est la période du Omer. 

 

Une definition très simple:

 

Pessa’h c’est la libération nationale physique d’Israël.

Shavouot c’est la libération spirituelle.

Entre ces deux niveaux, il y a une période que nous allons définir comme une période de transition vulnérable où vont se loger les événements qui se relient précisément à Pessa’h pour la libération d’Israël. Tous les événements qui vont dans le sens du progrès de cette libération entre Pessa’h et Shavouot se situent là, et tous les événements qui vont mettre en échec cette libération se situent là. Il s’agit de réussir ce passage de Pessa’h à Shavouot. Si l’on réussit, c’est acquis et irréversible : Pessa’h a mené à Shavouot. Et si on échoue, c’est là qu’on échoue, raison de cette ambiguité de la période du Omer où deuil et suspension du deuil viennent se situer entre Pessa’h et Shavouot.

Et tous les événements dont nous avons parlé sont, soit des événements qui viennent conforter et consolider la libération nationale d’Israël, soit au contraire des événements qui viennent la mettre en échec.

 

Je reprends la remarque de départ:

Il faut bien comprendre qu’il y a effectivement deux niveaux radicalement différents. On a comparé cet événement de la sortie d’Egypte - et c’est plus qu’une comparaison - à une naissance. A la sortie d’Egypte, Israël va naître comme nation exactement comme au moment d’un accouchement un enfant nait à ce qui va être son histoire et sa vie. Il y a une période embryonnaire où l’enfant est dans le sein de sa mère. Il y a une période embryonnaire où Israël était en gestation dans la civilisation du temps, et au moment où cette gestation arrive à terme alors il y a la naissance et c’est la sortie d’Egypte. Le Midrash nous fait suivre cette correspondance très en détail.

Il y a trois sortes d’accouchements nous dit le Midrash :

ð   L’accouchement sans douleur quand on arrive à mériter, et la mère et l’enfant.

ð   L’accouchement avec douleur.

ð   L’accouchement au forceps. Quand l’enfant ne veut pas naître, il faut l’obliger à naître. Ou quand la mère ne veut pas laisser naître l’enfant il faut obliger la mère. Cela s’appelle une césarienne, on fait intervenir le César du temps pour que la libération soit possible.

 

Et vous avez compris qu’effectivement c’est ce qui se passe à la sortie d’Egypte.

Il y a trois parties du peuple qui ont connu une sortie d’Egypte très différentes:

 

ð   Une partie du peuple qui a voulu naître à l’histoire d’Israël: la tribu de Lévi.

ð   Une partie du peuple pour qui c’était très difficile : les persécutions et les souffrances jusqu’à “l’expulsion” (terme de gynécologie obstétrique).

ð    Une partie du peuple qu’il a fallu obliger au forceps. בְּיָד חֲזָקָה וּבִזְרֹעַ נְטוּיָה   BéYad ‘Hazakah u-be-zeroa netuyah.

 

Et chaque fois à chaque fin d’exil on s’aperçoit du même problème: le peuple éclate en trois tendances:

 

ð   Ceux qui veulent, et il n’y a pas de problème, c’est facile. De notre temps ce sont qui sont venus volontairement fonder l’état d’Israël qu’on appelle les pionniers. On ne se rend pas du tout compte à quel point il y a une différence de stature avec ceux qui jusqu’en 46 ont fondé l’état d’Israël et les sionistes “contemporains” qu’on appelle les Olim.

ð   Ceux qui sont obligés de venir au pays à cause des persécutions. Cela dépend des époques, parfois ce sont des persécutions violentes et parfois non, mais c’est toute une série de désagréments dans le pays de l’exil qui amènent au pays réfuge, le pays des ancêtres.

ð   Ceux qui sont amenés par la catastrophe, sans valise, sur les valises.

 

Malheureusement cela s’est toujours passé ainsi.

 

Or, il y a de nouveau une convergence, une coïncidence.  La Parashah de la semaine c’est Tazria dont les premiers versets parlent de l’impureté causée par la naissance. On est tellement habitué qu’on croit que cela va de soi, mais ce n’est pas le cas. Pourquoi est-ce ainsi? Chaque naissance entraine une impureté. Il faut alors laisser passer le temps de l’impureté…

.../...

lire la suite

 

 

***

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commentaires

Yves Sobel 08/05/2011 07:54




correction d'une petite coquille : "En tout cas, lorsque l’on rencontre
l’événement dans sa massivité on ne peut pas ne pas être interloqué"


merci pour toutes ces précieuses transcriptions !




Phil O'Semith 08/05/2011 12:41



merci pour votre remarque, je corrige de suite dans le texte.


c'est vrai que Manitou utilisait souvent ces doubles négations.


 



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