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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 11:00

Le 3ème Bayit - la 3ème maison (1988)

 

Le 3ème Bayit - la 3ème maison (1988) - 2ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/messianisme/la_troisieme_maison/cours_1

Face B - Durée : 47,06 minutes

 

…/…

 

… et puis cet effort de faire émerger en lui cette identité hébraïque qui était récessive qui était enfouie par son exil à Our-Kasdim, et lorsqu’il y arrive il se nomme Avraham. Et d’autre part, ce parallèle, quelqu’en soit le caractère aigü, entre les Juifs et les Israéliens: tout se passe comme si les Juifs étaient à l’indice Avram, et que les Israéliens tentent de trouver, ou retrouver, l’indice Avraham, passer d’araméen à hébreu. Au fond c’est ce qui nous arrive. Et c’est plein de problèmes !

Premier problème, que je signale, de la 3ème maison d’Israël : nous revenons d’exil avec une identité « Aram ». Elle s’appelle « juive » de notre temps. Et nous avons à retrouver notre identité hébraïque. Celle qui s’appelle Avraham.

 

Ce n’est pas par hasard, je, pense que ce qui a émergé avec l’émergence du sionisme israélien, c’est l’hébreu comme 1ère restauration d’identité, la langue hébraïque comme restitution de l’identité hébreux. Vous êtes de votre temps, dans votre génération, familiers avec cette présence de l’hébreu. Nous étions, nous, dans notre génération d’un temps de mise en clandestination totale de l’hébreu dans la culture universelle. Chez les Juifs y compris qui ne parlaient pas hébreu. Ils avaient des langues juives, « l’araméen », mais ils ne parlaient pas hébreu.

Et puis le monde de la culture universelle avait évacué l’hébreu et toute référence à l’hébreu de la culture contemporaine.

 

Voilà ce qui se passe dans la 3ème maison d’Israël. C’est Avram qui redevient Avraham. Et ce n’est que lorsqu’il redevient Avraham qu’il arrive à entendre les promesses que Dieu faisaient à Avraham alors qu’il n’était qu’Avram.

 

Deuxième référence :

Lorsque Joseph a été jeté dans la fosse-prison en Egypte et qu’on l’y découvre comme capable  d’interprêter les rêves, on lui demande qui il est – je ne fais aucune allusion à Freud mais enfin vous voyez qu’il y a un problème d’identité malgré tout – alors il répond :

Gn. 40:15:

כִּי-גֻנֹּב גֻּנַּבְתִּי, מֵאֶרֶץ הָעִבְרִים

« car volé j’ai été volé du pays des Hébreux ».

 

Or, combien d’hébreux y avait-il au pays de Canaan ? La famille de Jacob et de ses enfants ! Mais on connait cette terre comme la terre des Hébreux.

 

Effectivement, le Sar Hamashkim, le ministre de Pharaon à qui Joseph parle, comprend de quoi il s’agit ! On ne l’appelle pas encore « la terre d’Israël », ni « la terre des Juifs », on l’appelle « la terre des Hébreux ». C’est dire qu’elle est originellement la terre d’une nation, la nation des Hébreux, lesquels étaient en exil. Abraham est revenu de cet exil et a refondé et restauré ce qui sera la première maison d’Israël.

 

Autre référence comme exemple :

Lorsque Moïse est chargé d’avertir Pharaon que la fin de l’exil est arrivée, Dieu lui dit de dire :

Ex. 3:18 :

אֵלָיו יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִיִּים נִקְרָה עָלֵינוּ

 « Elohei Adonai Elohei Ha-ivrim Niqerah Alénou

L'Éternel, le Dieu des Hébreux, s'est manifesté à nous ».

Rashi :

נִקְרָה עָלֵינוּ

לָשׁוֹן מִקְרֶה וְכֵן וַיִּקֶר אֱלֹהִים. וְאָנֹכִי אִקָּרֶה כֹה. אֱהֵא נִקְרָה מֵאִתּוֹ הַלּוֹם  :

S’est révélé-manifesté (niqra) à nous : Lashon miqra : Par une rencontre fortuite soudaine [et non par une présence permanente], comme dans : « Hachem rencontra (wayiqar) Bil’am » (Bamidbar 23, 4) ; « et moi, j’y serai rencontré (iqarè) par Lui là-bas » (Bamidbar 23, 15).

Eloqei Ha-Ivrim -  le Dieu des Hébreux s’est révélé à nous ». Et le terme pour dire « révélé » dans ce verset, Rashi le souligne, signifie : « a fait iruption sur nous ».

Un peu comme cela est arrivé de notre temps : subitement, Dieu se jette sur nous comme Dieu des Hébreux. Et il est appelé ainsi. On pourrait multiplier les références sur ce point. Mais je crois que cela suffit pour restaurer restaurer l’identité hébraïque originelle.

 

Dans la dernière partie de cet exposé, je voudrais dire très rapidement que tous les problèmes extérieurs de la société d’ISraël sont les problèmes extérieurs de la famille des patriarches, quand l’identité hébraïque apparait elle les déclenche.

Vous remarquez que dans les récits bibliques, chacun des patriarches est accompagné par au minimum 2 personnages. L’un qui est l’antagonsiste absolu qui veut détruire ce qui est en germe.

Au temps d’Abraham : l’antagoniste c’est Nimrod - le tyran des empires. Et l’autre qui est une espèce d’approximation d’identité qui s’installe en rivalité. Au temps d’Abraham c’est Loth. De Loth procède deux peuples de prétention messianiques - Moav et Amon  - qui se séparent d’Israël. A la fin des temps, il y a l’espérance  que ce qu’il y avait de sainteté dans cette approximation d’identité  revienne, mais l’adresse c’est Israël et plus Loth, Amon et Moav.

 

Pour les érudits de la Bible vous voyez comment cela traverse les récits de la Bible toute entière.

Nimrod veut détruire complétement Avraham qui émerge comme hébreu.

Lot veut le remplacer.

 

A la 2ème génération c’est Isaac.

Nous avons un certain Avimelekh roi de Phillistée. On appelle cela aujourd’hui la Palestine. C’est le même mot. Il dispute à Isaac sa terre. C’est l’antagoniste d’Isaac.

L’approximation d’identité qui veut le remplacer c’est Ishmaël.  

 

3ème génération :

Yaakov avec son antagoniste Lavan et son rival-approximation Esaü. Lavan un étranger qui ressemble comme un frère mais là un frère qui ressemble comme un étranger, c’est Esaü.

 

Toutes ces rivalités, toutes ces prétentions d’annulation, nous les avons autour de nous : chacun d’entre nous peut faire le diagnostic à sa manière : où est Nimrod ? où est Loth ? où est Abimelek ? où est Lavan ? et où est Esaü ?  C’est clair ! 

Lorsque nous sommes plongés dans ces textes c’est clair ! C’est de l’hébreu pour les autres…

 

Et un 7ème personnage apparait à des moments caractéristique de notre histoire.

Les exils qui correspondent aux trois patriarches. L’exil d’Egypte correspond à l’histoire d’Avraham dit le Midrash, la vertu qu’Avraham a réussi à faire émerger à l’échelle individuelle son peuple sa descendance à l’échelle collective devra en faire la preuve dans cette expérience de l’exil d’Egypte. Et il en sort avec la vertu d’Avraham. L’exil de Babel, c’est Isaac. Et l’exil de Rome dont nous sortons c’est Jacob maintenant. C’est quand il sort de l’exil de chez Esaü qu’il reçoit le nom d’Israël. Ce que nous vivons. Tout cela est très amples, avec de multiples implications, mais je vous le dis très rapidement. Or, à chaque fin d’exil apparait un 7ème personnage à ces moments caractéristiques de notre histoire, qui récapitule et synthétise à chaque fin d’exil ces deux prétentions des ennemis-antagonistes d’Israël: Celles de Nimrod Abimelkh et Lavan qui est d’annuler au niveau de la terre du peuple et de l’âme. Et celle de Loth-Ishmaël-Essav qui est de remplacer. C’est Amalekh qui veut à la fois annuler et remplacer. Il est inutile de diagnostiquer c’est clair.

 

Effectivement, on s’aperçoit qu’Amalek apparait à chaque fin d’exil et chaque fois que l’exil prend fin et qu’Israël se restaure comme maison, apparait Amalek qui récapitule en lui les dossiers des antagonistes et des rivaux. Six plus un, et le septième qui les récapitule.

 

A la fin de la sortie d’Egypte, on nous parle la 1ère fois de l’irruption d’Amalekh sur les faiblards, les trainards de la sortie d’Egypte.

A la fin du 2ème exil, c’est toute l’histoire d’Amalek qui est reprise dans l’histoire d’Esther. Il ne s’agit que de cela… Dès qu’Israël se prépare à rentrer chez lui, Amalek se dévoile.

Et de notre temps, à la fin du 3ème exil, lisez les journaux…

 

Les problèmes intérieurs

 

Problème grave : c’est cette séparation entre les Juifs qui se définissent par le peuple et que ça, et les Juifs  qui se définissent par la Torah et que ça. C’est le problème grave de notre temps. Je crois que la Torah nous l’a déjà raconté dans la figure de Moïse.

 

Nous apprenons les problèmes extérieurs d’Avraham et de la famille des patriarches. Tous les problème intérieurs nous les apprenons de Moïse. Il faut savoir que le peuple d’Israël a connu Moïse sous un double visage. Et les références que nous avons à ce sujet sont très amples. D’abord le visage d’un chef politique à l’unique programme que nous appelons aujourd’hui « sionisme » : c’est-à-dire mettre fin à l’exil et rentrer au pays des ancêtres pour construire la maison d’Israël. Effectivement, en Egypte, quand Moïse apparait pour la 1ère fois il n’y a aucune allusion à aucune Torah encore, mais Moïse leur apparait comme un chef politique qui appelle à la révolte contre l’aliénation de l’exil : mettre fin á l’exil et se constituer en nation hébraïque.

Ex. 3 :18 :

אֱלֹהֵי הָעִבְרִיִּים נִקְרָה עָלֵינוּ

 Le Dieu des Hébreux a fait irruption sur nous.

Au Sinaï, après la sortie d’Egypte avec ce que Moïse avait réussi à faire sortir d’Egypte - 1/5ème du peuple dit le Midrash - Moïse se dévoile dans un tout autre visage, le prophète révélant la Torah.

 

Il y a une tension d’identité dans cette perception du même peuple de son chef à deux visages. Cela n’a rien à voir avec ce que dit Freud dans son livre au sujet des deux Moïse. Ce sont des fantasmes.

Mais il y a quand même deux Moïse : le chef politique et son programme : pour lui la foi d’Israël c’est le sionisme il n’y en a pas d’autre. La promesse qui été faite que l’exil tant anormal prendrait fin et qu’on rentrerait construire la maison d’Israël en tant qu’Hébreux va s’accomplir. C’est cela le sionisme.

 

Et le deuxième visage de Moïse avec une Torah à la clef si j’ose dire.

 

Imaginez ce peuple en tension absolue entre deux manière de se définir. C’est ce que nous vivons, d’une certaine manière, dans la société israélienne. Cette éclatement en 4 parties que je vais essayer de vous décrire, dans une schématisation inévitable :

 

1- Ceux qui reconnaissent le Moïse chef politique et non le Moïse prophète. Ce sont les Juifs militants rejetant la religion juive. 

2- Ceux qui  reconnaissent le Moïse de la Torah du Sinaï et pas le Moïse de la sortie d’Egypte. Ce sont ceux qu’on appelle aujourd’hui les Juifs religieux anti-sionistes.

3- Ceux qui ne reconnaissent ni l’un, ni l’autre. On les appelle les assimilés.

 4- Ceux qui, grâce à Dieu, reconnaissent les deux Moïse, celui de la sortie d’Egypte et celui de la Torah.

 

C’est l’état de la société israélienne contemporaine, c’est l’état du peuple juif en général. Mais c’est dans la société israélienne que sont des problèmes d’identité au niveau de l’existence. 

Pour paraphraser une phrase célèbre je dirais qu’ « il y a plusieurs chambre dans la maison de mon peuple », vous comprenez de quoi je ne parle pas – il y en a 4 au minimum -  Moïse de la sortie d’Egypte - Moïse de la Torah – Moïse de rien du tout, ni Moïse de l’un, ni Moïse l’autre – et Moïse des deux. Cette dernière représente l’identité hébraïque qui tend à faire l’unité entre ce qui nous vient des patriarches – l’appartenance nationale à la nation des Hébreux, et ce qui nous vient de Moïse, la révélation de la Torah est l’indice de l’universelle que l’âme juive a pris en tant qu’hébraïque. Elle est à l’indice de l’universel humain. 

 

Je crois que c’est ainsi que l’israélien peut vous parler de la manière dont il vit cette construction de la 3ème maison d’Israël. Je le dirais en deux phrases : C’est irréversible, c’est définitif, c’est ultime et c’est une question de foi.

 

Mais cela implique une grande érudition et une énorme capacité d’éclairage. C’est plein de problèmes, des problèmes extérieurs énormes, car nous avons autour de nous tous ces personnages qui ont entourés les patriarches. Et c’est plein de problèmes intérieurs. Nous ressucitons les problèmes des Hébreux dans notre relation à Moïse. Je parle de la diaspora.

 

C’est un autre sujet parce que - point d’orgue de cette analyse -  le problème de la diaspora c’est celui-ci. Seulement, c’est dilué au niveau des identités juives qui sont mixtes. Le caractère société juive n’existe pas en diaspora. Il y a la communauté juive. Il faut je crois reprendre le vocabulaire de ces mots dans le vocabulaire dans le cadre du vocabulaire de la sociologie française:

 

- La société, c’est le groupement des hommes autour des intérêts ; et il s’agit des intérêts à la vie, les intérêts de vie, les moyens d’existence.

- La communauté, c’est le groupement des hommes autour des idéaux.

 

Or, Israël est une société qui peut se permettre d’avoir des communautés différentes. Toutes juives mais différentes.

 

Alors que la comunauté en diaspora a un problème insoluble : comment être une communauté unie alors que l’on n’est plus une société et qu’il y a tellement de facettes qui se contredisent…

Ce sont les problèmes intérieurs de l’identité juive. Je crois, et ce sera ma parole d’espérance, que les problèmes de diaspora sont au 2nd degré.

 

Ils deviennent des problèmes réels, avec perspective de solution à travers la durée, si la diaspora se considère comme elle est censée l’être, la diaspora de l’état d’Israël contemporain.

 

Je terminerais là-dessus : je crois qu’il y a une ambiguité de ce problème : l’état d’Israël que représente-t’il pour les Juifs de la diapora à ce niveau ?

 

Ma génération : j’ai encore vécu, dans la première partie de ma vie, avant l’état d’Israël, ce temps-là qui était la diaspora de la deuxième maison d’Israël. Nous avons été l’exil du 2ème temple. Subitement, la 3ème maison d’Israël apparait. Or, nous continuons à être la plupart du temps la diaspora du 2ème Bayit contemporain du troisième Bayit !

Le problème c’est de régulariser : que la diaspora devienne la diaspora de l’état d’Israël contemporain. Et non plus cette nostalgie, cette mémoire, qui nous a gardé dans l’histoire, mais dont nous sortons comme d’une préhistoire, et qui a été l’exil du 2ème royaume de Juda détruit par Rome il y a 2000 ans. C’est fini depuis 1948, il ne s’agit plus de cela. Nous avons passé à un autre monde...

 

Et donc il suffira que la diaspora se connaisse comme la diaspora de l’état d’Israël pour que ces problémes deviennent suceptibles de solution.

 

Je crois encore une fois pour résumer que le problème le plus sérieux c’est ce risque, avant qu’il ne soit trop tard, de désunion entre ces deux maniéres de se savoir Israël : les descendants des patriarches ou bien les disciples de Moïse.

Or, la Torah de Moïse et ce que les prophètes et les sages d’Israël en ont dit par la suite lorsqu’ils parlent de l’histoire des descendants des patriarches, prophétisent et promettent une unité totale, irréversible et ultime et définitive ! Je crois que cela passe par la capacité de courage de ce qu’ont les hommes d’Israël qui sont simultanément les tenants de Moïse chef politique de la sortie d’Egypte et les tenants de Moïse prophète qui a révélé la Torah.

 

***

 

Questions :

Q : …le peuple nombreux comme les étoiles dans le ciel et cette promesse est renforcée je crois par la lecture de la Haftara. Si je me souviens bien le texte est d’Isaïe où l’on compare Cyrus à Avraham. On le compare pourquoi comme prophète ? parce que Cyrus est celui qui ramenera les exilés de l’exil de Babel. Tout ceci est aussi enthousiasmant que ce que tu viens de nous dire ou presque il a fallu 1 millénaires et un peu plus depuis la desctruction du 1er temple, est-ce que l’on peut prophétiser sans donner de date, ou bien il est actuellement dans les possibilité d’appréhender oun de créer les conditions pour que cette espérance se réalise ? Quel est ton sentiment à la lecture de la Sidra de la semaine qui comme tu nous l’as indiqué a remplacé la lecture des journaux de la semaine ?

 

R : Si j’ai compris la question je me référerais cette fois au thème de l’identité de Jacob qui a reçu le nom d’Israël : les promesse concernent l’identité Israël et elles sont données à Jacob. Question : pourquoi sont-elles si difficiles à se réaliser ? Il suffit et il faut que Jacob devienne Israël pour que les promesses se réalisent. Nous naissons Jacob et nous devons faire de nous-même Israël.

Je citerais une analyse du Ben Ish ‘Haï, grand kabaliste de Bagdad du siècle dernier, en parlant de la Sidra où Jacob reçoit le nom Israël : la différence entre le nom Jacob et le nom Israël renvoie à 2 autre noms c’est Moïse et David. Jacob c’est le peuple, Moïse c’est la Torah, et David c’est la terre d’Israël, le royaume d’Israël. Et pour que Jacob devienne Israël, il faut qu’il ait avec lui Moïse et David. Si vous calculez les valeurs numériques : Yaaqov + Mosheh + David = Yisraël.

C’est une coïncidence colossale! A prendre comme coincidence pour éviter les cauchemards…

Et effectivement, c’est cela notre problème: Il faut que Jacob ait l’âme de Moïse et la terre de David pour que il soit Israël. Réflechissons à cela, et cela suffit.

 

C’est encore tout le problème de la prière: pourquoi ai-je à demander ce que Dieu voudrait me donner ? Parce qu’il faut que je sois celui qui le mérite. Et la prière est un jugement. Je me mets devant le tribunal et je demande si je mérite ce que je demande. Il dévoile alors si je mérite ou pas. 

Il suffit que je sois celui qui mérite pour que cela s’accomplisse.

Il suffit pareillement que Israël soit Israël pour que les promesses faites à Israël s’accomplissent.

Nous sommes en train de devenir Israël... C’est un moment intense dans notre histoire.

Nous vivons cela : une histoire qui a commencé à Avraham trouve son temps de réalisation dans notre temps ! La 3ème maison d’Israël !

 

C’est pleins de questions, certains diront avoir des textes, d’autres diront avoir des raisonnements, mais c’est dans la Guémara Brakhot 4b : cela ne se tranche ni par le texte, ni par le raisonnement, il y a une Halakha. Et c’est une question d’option de foi. 

Comment Rabi Yohanane a-t’il exprimé cela : Ezeh hou Ben Olam HaBa ? Qui a droit au monde à venir ? Celui qui s’engage déjà dès le soir. C’est la référence que je vous ai donnée.

Il n’a pas dit du tout « le verset / le raisonnement me démontre que… » le soir du lendemain qui chante comme disent les autres…

Je me rappelle ce très beau vers d’Edmond Fleg : « Car la nuit la plus noire est une aube qui vient »

Il y a une référence de la prière du matin : on cite le fait qu’en pleine nuite, à minuit, le coq a l’intelligence de savoir que le soleil va se lever.

 Hanoten lasekhvi binah lehavin bein yom ubein laila

Qui donne au coq l’intelligence de distinguer entre le jour et la nuit.

Quand ?

En présentiment que c’est pleine nuit !

C’est cela l’intelligence. C’est pour cela que le coq représente la force, que nous avons une rencontre entre la France et Israël, et que je crois que le coq est en train de voir le jour pointer dans la nuit…

C’est une question d’option de foi. Nous le vivons à ce niveau très intensèment, nous avons une mémoire énorme de l’hébreu qui a été juif qui redevient hébreu, et c’est la vie municipale, c’est la vie de société. C’est cela la troisième maison d’Israël.

 

Q :

1- Définition des différences entre hébreu-juif-israélien puis assimilés...

2- Après le 1er exil de Babylone une petite minorité qui retourne en Erets Israël. Aujourd’hui, une minorité qui est retournée en Erets Israël et la majorité continue de vivre en exil.

Personnellement, ce qui m’inquiète dans cette situation c’est que la majorité ne se considère même pas en exil. Il y a une grande différence entre un juif de la diaspora française et un français de confession mosaïque.

3- 40ème anniversaire de la mort de notre maitre Jacob Gordin za’l qui avait cité un enseignement selon lequel un retour provisoire en Israël pour reprendre des forces serait envisageable.

4- La différence fondamentale de position par rapport à la délivrance: soir ou matin. Il y a une confusion entre le fait d’être en situation d’exil et en fin d’exil. J. Gordin enseignait que Galout et Guéoula sont indissociables et qu’on ne peut parler d’exil sans parler de délivrance.

5- Il y a une occultation totale dans ton discours de ce que signifiait l’exil. L’exil a existé depuis l’origine en fait comme donnée fondamentale de l’économie de l’histoire sainte. On pourrait dire comem l’a écrit l’élève de monsieur Gordin : « l’exil est une situation ontologiquement anormale mais historiquement, existentiellement, normale ».

 

R.: … Pour quelqu’un qui pendant 4000 ans le juif d’aujourd’hui israélien qui a cru et a vécu son histoire d’Israël sous le regard de Dieu il est évident que l’événement est irréversible, ou alors on avoue qu’on ne croyait pas à ce qu’on croyait. Or, comme on y croit… on y croit, néqoudah !

 

Q : Vous avez parlez de Binah à propos du coq, je pense que c’est le rôle de la femme dans cette division entre religieux et non religieux…

R : Je pense que nous sommes dans un temps où il y a l’émergence de l’identité féminine qui est salvatrice. C’est le thème des Nashim Tsadkaniot qui accompagnent les fins d’exil. Par exemple, si Israël a pu traverser le désert c’est grâce au mérite des femmes en Egypte. Je pense que peut-être c’est cette capacité de l’énergie matricielle, puisque l’engendrement vient de la matrice et nous sommes dans un temps d’engendrement, qui permettrait la concilisation et réconciliation entre l’identité masculine « diasporique » ou « cananénne ». Je crois en tout cas que l’aspect du problème que j’ai voulu traité est très précis. Quelque soit les options individuelles, et encore fois, elles sont légitimes dans leurs options propres, il y a eu un événement. J’ai essayé de décrire sa nature. Ce n’est pas un option de foi que de dire que l’israélien est un juif qui redevient hébreu. C’est un fait. Une réalité. Nous vivons cela. Et redevenant la société hébraïque, nous retrouvons tout ce que la Bible a raconté du peuple des Hébreux. Pour tous les problèmes. Pour l’israélien c’est normal de vivre cela. Une société peut se permettre d’avoir des communautés différentes de la même identité. En diaspora c’est un problème insoluble !

Par exemple, un penseur israélien a récemment dit : « Le problème du peuple juif c’est la pratique des Mitsvoth. Qui ne pratique pas les Mitsvot n’est plus juif ! » En Israël c’est inaudible parce que cela consiste à définir les Bnei Israël comme uniquement disciples de Moïse. alors qu’ils sont les descendants des patriarches. Au niveau hébreu ce problème éclate. C’est autrement que cela se récapitule. Et au niveau juif de diaspora c’est un problème insoluble.

 

Peut-être suffirait-il de reformuler cela ainsi : Ces problèmes d’options de foi lorsque le temps fait  apparaitre des problèmes de mutations d’identités ne dépendent ni de l’érudition ni du raisonnement ou de l’idéologie : c’est une option de foi !

 

Q : Je suis admiratif parce que cela nous donne beaucoup d’espoir en tant que Juifs des nations. Je vous voyait en vous écoutant comme une sentinelle. Celle des paroles du prophète Isaïe : « Sentinelle où en est la nuit ? Le matin vient et la nuit aussi ! » C’est véritablement que je vous sentais comme cette sentinelle dans la nuit qui annonçait cette lumière, Israël comme lumière des nations. Et pour nous qui sommes des nations cela nous donne de l’espoir. Il y a par ailleurs ce texte de Zakhariah 8:23: « En ce temps là, dix hommes de toutes langues de toutes nations, saisiront le pan du manteau d'un seul Juif (Yéhoudi) et lui diront : Nous voulons aller avec vous, car nous avons entendu dire que Dieu est avec vous ! » Nous irons avec vous, avec toi, parce que nous savons que Dieu est avec vous, avec toi, et nous suivrons non pas quelques Juifs de la diaspora, mais nous suivrons un hébreu sioniste avec la Torah à la main et dans son cœur.

R : Merci !

 

Q : J’ajouterais une question concernant le 3ème temple…

R : Je devine la question, vous ne l’avez pas dite…

Je vous cite un enseignement si mes souvenirs sont exacts au nom du ‘Hafets Haïm : 4 formes de pouvoir dans la société biblique.

-           Le pouvoir politique du roi – Melekh.

-           Le pouvoir législatif du juge – Shofet.

-           Le pouvoir sacerdotale du prêtre – Kohen.

-           Le pouvoir prophétique du prophète – Navi.

Dont les Rashei Tévot forment le mot de MiShKaN le sanctuaire.

Il y a des étapes. D’abord le Mem de Mishkane qui est Malkhout. La société civile avec son pouvoir politique. Nous n’avons pas un roi, nous avons un petit roi, un président. Mais on a les rois qu’on a et d’ailleurs les rois ont les Juifs qu’ils ont…

Et la 2ème étape c’est Shofet, le Sanhédrin. Aujourd’hui, nous avons un grand rabbinat d’Israël actuel qui est petit appendice de l’état, c’est encore de la Malkhout. Le Sanhédrine n’est pas encore là. Cela viendra. Après il y a le Kohen, c’est le temple le Beit Hamiqdash. Et après, selon la prophétie de Moïse, « qui fera que nous soyons tous des prophètes ? » Et bien nous sommes en train de vivre la 1ère étape. Nous sommes en restauration du Mishkane. Et c’est le Mem qui apparait d’abord. Alors toutes les forces sont pour Malkhout. De Malkhout procédera le Shin. Shofet du Sanhédrine. Après viendra le Beit Hamiqdash. Et après « la connaissance de Dieu qui remplira le monde comme l’eau le fond des mers... » selon le verset du prophète.

 

Ce sont des étapes graduelles, il ne faut pas perdre de vue la dimension de la durée de l’engendrement.

 

Nous ressentons cela. Si cet ensemble a déjà commencé par sa première étape tout a déjà commencé. Effectivement, tout est en travail. L’état pour le pouvoir politique, et déjà la législation du Sanhédrine se prépare dans les Yéshivot dans lesquelles ont est en train de penser une Torah pour un état, chose abstraite pendant 2000 ans.  On pensait une Torah pour des communautés. A indexer avec la différence entre juif et hébreu que j’ai essayé de décrire tout à l’heure. Il y a une Torah de vie privée et de congrégation confessionnelle à la limite. Il nous faut une Torah pour un état, et c’est une mutation radicale. Cela se prépare… 

Pendant ce temps, dans certaines Yéshivot on prépare déjà les habits du grand-prêtre. On étudie comment faire les sacrifices. On a d’ailleurs les pierres pour construire le temple et on a les plans. Ce sont des secrets publics comme tous les secrets israéliens. Et les 4 étapes sont déjà en route, mais le gros plan c’est la question de l’existence parce qu’il y a des frontières qui sont des non-frontières comme vous le savez et parce qu’il y a les risques de chocs culturels intérieurs. Si vous suivez ce qui se passe à Jérusalem entre Datim et ‘Hilonim, c’est arrivé à un niveau très grave des 2 côtés. Une radicalisation qui est assez inquiétante. Il faut avoir le courage de résoudre le problème. Ceux qui ne sont que l’un ou l’autre sont marginaux. Il faut arriver à aider ceux qui sont et l’un et l’autre parce que c’est par là que l’unité passe. Même si c’est une minorité de minorité.

 

En parlant de minorité, il y a un Midrash qui explique Avraham Ha-Ivri Abraham l’hébreu de cette manière. Rashi cite un des trois Midrashim. Parce qu’il parle l’hébreu, la langue de Ever. A Moscou ou ailleurs. Il était lui à Our-Kasdim sortant de la fournaise et cela ressemble beaucoup à notre histoire et à ses rescapés. Un 2ème Midrash dit qu’il y a le monde entier d’un côté et Avraham tout seul de l’autre. Avraham était tout seul. Le 3ème Midrash dit qu’il venait de l’au-delà du fleuve. C’est dire qu’il revenait de l’exil. Il était ailleurs que en lui-même.

Et cela c’était la dimension légitime en son temps de la relation à l’universel humain. Que faisait la famille de Téra’h le père d’Avraham et les Hébreux en civilisation chaldéenne ? C’est le grand mystère de l’invraisemblance de l’anormal prit pour le normal. Qu’est-ce que font les Juifs partout ailleurs que chez eux ? Lorsqu’il y a cette relation à l’universel cela apparait comme de l’universalisme. Mais lorsqu’il y a le rassemblement national, il est à se demander si cette relation à l’universel n’est pas souvent un alibi de cosmopolitisme ! Et que c’est tout à fait autre chose. Et cela éclate de notre temps. Et ce sont là nos problèmes.

Je résumerais cela en disant : la question n’est pas de savoir ou comme ça ou comme ça.

Un verset des Chroniques Divrei HaYamim repris par la Guémara: « Avram hou Avraham : Abram c’est Abraham ». Vous avez compris l’implication de cela. Et la Guémara explique: Quand il était Avram, il était Av Mei Aram l’identité hébraïque enfouie sous l’écorce araméenne et dont il faut se débarrasser pour devenir Abraham. Et puis lorsqu’il est Abraham c’est à l’indice de l’universel.

17:5

וְלֹא-יִקָּרֵא עוֹד אֶת-שִׁמְךָ, אַבְרָם; וְהָיָה שִׁמְךָ אַבְרָהָם, כִּי אַב-הֲמוֹן גּוֹיִם נְתַתִּיךָ

«…Ki Av Amon Goyim Nétatikha : car Je te destine à être le principe d’une multitude de nation »

Et cela aussi il faut étudier ce que cela veut dire.

 

C’est ce passage à l’universel que nous sommes en train de vivre. C’est en tant que nation que nous sommes reliés à l’universel. En tant qu’individu nous sommes cosmopolites, c’est tout à fait autre chose. Et cela se dévoile de notre temps. La question est de savoir dans quel temps nous vivons. Or, la Bible nous a déjà raconté tout cela : à la sortie d’Egypte, le livre d’Esther, et nous lisons cela dans  les journaux de notre temps.

J’ajoute, et je m’arrêterais là, que les références auxquelles je me suis relié indiquent que lorsque cela arrive c’est irréversible, définitif et ultime.

 

 

< fin >

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans MESSIANISME
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