Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 10:51

Langage et Sainteté

 

Langage et Sainteté – 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/pensee/langage_et_saintete/cours_1

Face A

 

 

Le sujet a été formulé de la manière suivante « langage et sainteté ».

Nous allons essayer de trouver une formulation en français du concept de Lashone HaQodesh qui désigne en hébreu traditionnel la langue hébraïque en tant qu’elle véhicule le contenu de la révélation.

 

Je voudrais commencer par 3 séries de définitions :

d’abord éclaircir la traduction même de cette expression  Lashone HaQodesh que l’on a l’habitude de traduire par la « langue sacrée » ou la « langue sainte », qu’il faudra préciser un peu plus en hébreu. Ensuite définir provisoirement ce qu’on entend par langage dans cette analyse, ainsi qu’une définition provisoire de la sainteté, et éclairer tout cela par 2 citations. L’une qui nous est déjà bien suffisamment familière au chapitre 11 verset 1 de la Genèse où se trouve posé le problème de la différence des langues parallélement à la différence des nations dans le rapport Israël et les nations. Il y a aussi une mise à part du langage propre à Israël, c’est-à-dire l’hébreu, en tant qu’il est nommé lashone haqodesh ou langue sacrée. Ce sera la 1ère citation que nous aurons à étudier.

La 2nde se trouve dans Dévarim Deutéronome au Chapitre 33 verset 2.

 

Le problème qui se pose à nous est celui de la différenciation ou de la mise à part d’Israël qui est exprimée par le terme hébreu Qadosh ou Qédoushah que l’on a l’habitude de traduire par sainteté ou sacré. A la lecture des textes de commentaires des différents versets qui emploient ce terme dans la Bible, le Qodesh, le sacré ou la chose sainte, le Qadosh, l’adjectif, ou la Qédoushah la sainteté, on s’aperçoit que nous disposons surtout d’une définition négative qui est effectivement exprimée par cette notion de mise à part.

 

Nous allons essayer de réfléchir à ce que serait le contenu positif d’un tel concept. L’interprétation que je vous proposerais est étroitement liée à l’idée de révélation et de dévoilement dans le sens qu’inévitablement, même en creu, il y a dans la créature une trace du projet du Créateur. Là où le projet du Créateur se devine, s’expérimente, et s’identifie, alors apparait ce que l’hébreu nomme la sainteté.

 

Schématiquement, dans les autres langages ou catégories conceptuelles on est habitué à une notion plutôt magique de la sainteté : il y aurait dans la nature du surnaturel, une substance autrw que ce que nous nommons la création, c’est-à-dire l’être devenu la nature. Il y aurait qlq chose qui ne saurait être identifié que dans les catégories de la pensée magique.

 

Par exemple, au niveau de l’anthropologie élémentaire, imaginons qu’un homme qui ne dispose pas du vocabulaire de la société occidentale, scientifique ou technique, rencontre ce que nous désignons par la notion de courant électrique. Inévitablement apparaitra dans sa pensée cette catégorie du Qadosh. Quelque chose qui tout en faisant partie du domaine de l’ordre de la nature semble être d’un tout autre ordre et qui lui apparaitra comme mystérieux, comme l’irruption d’un ailleurs dans l’ici-bas. Et il y a cette tentation de la pensée naturelle à désigner comme saint ou sacré ce qui pour nous est élucidé comme de l’ordre des phénomènes du monde créé mais qui serait renvoyé dans une telle mentalité magique à un tout autre ordre de phénomènes que celui auquel nous sommes habitués lorsque nous désignons le monde créé.

 

Dans la pensée juive, il y a un fossé une séparation radicale entre la substance du Créateur et la substance de la créature. Par conséquent, l’idée qu’il y aurait dans la créature de l’ordre de la substance divine est une idée étrangère à la tradition de pensée juive, cependant on désigne par ce terme de Qadosh qlq chose malgré tout du même ordre, puisque ce terme est habituellement employé par la Torah pour désigner la sainteté de Dieu et aussi la sainteté des hommes. C’est pourquoi nous nous habituons très vite à relier cette notion de Qédoushah avec la notion de dévoilement de la volonté du Créateur dans le monde, de la volonté déjà réalisée.

 

Lorsque dans ce qui se passe dans l’histoire du monde le vécu commence à ressembler et à s’indentifier avec le projet du Créateur, alors là apparait et se dévoile la sainteté dans le sens hébraïque. C’est toujours qlq chose de l’ordre du monde créé et cependant, cela est désigné comme Qadosh, non pas parce que cela renvoierait à l’irruption de qlq chose de mystérieux dans le monde, mais parce qu’il y aurait là une authentification du créé, une proximité de plus en plus réussie avec le projet du Créateur.

 

La ligne de la sainteté suit la ligne des engendrements, suit la ligne de la bénédiction, suit la ligne de l’alliance… tout cela est très parallèle.  Et il y a sainteté lorsque la créature se dirige délibérément vers la réussite du projet du Créateur. Il y a échec et impureté lorsqu’on s’en détourne.

Ces catégorie font partie d’un vocabulaire de dialogue que nous avons avec les autres langages mais qui cependant ne véhiculent pas exactement les mêmes intuitions, les mêmes contenus.

 

Malgré tout nous montrerons très rapidement que à partir de l’explication exégétique le mot Qadosh est un mot négatif dans l’exégèse traditionnelle. Cela signifie « mis à part ». Les commentateurs traditionnels emploient toujours le mot de Paroush pour interprêter le mot de Qadosh. Paroush d’où vient le nom de Peroushim les Pharisiens, ceux qui se sont mis à part, ceux qui se sont séparés de l’impureté. Dans la langue moderne ce mot de Pharisiens est l’objet d’une calomnie. Etymologiquement cela signifie le partie pris de séparation d’avec l’impureté. C’est une expression notionelle d’ordre négatif.

 

Quel est le contenu de cette « mise à part » ?

Qu’est qui fait que positivement qlq chose est dit « saint » ?

C’est là où se dévoile de façon plus évidente la réalisation du projet du Créateur.

C’est encore une réponse formelle, le mystère n’est pas encore évacué. Tout se passe la conscience hébraïque est censé disposer d’un critère pour évaluer la qualité d’authenticité de ce qui se dévoile dans ce que nous appelons Qaodsh.

 

Nous verrons tout-à-l’heure que ce terme d’après les textes de la tradition juive est censé désigner une qualité des valeurs qui ne se trouve qu’en Israël. C’est dire qu’on reconnaitra toutes les valeurs dans tous les langages, et le langage exprimant l’être, dans toutes les manières d’être de l’homme on pourra reconnaitre toutes les valeurs et toutes les qualités – ce qu’on appelle les Midot – par exemple ‘Hessed, la charité, la générosité, Guévourah la vaillance, la puissance, la sûreté de soi, la force… la splendeur, la sincérité, la richesse, la vérité… et aussi les contre-valeurs bien entendu. Mais ce qu’on appelle Qédoushah est censé être réservé à Israël. Pourquoi ?

 

On voit comment se rassemble autour de cette notion de Qédoushah tous les niveaux de la mise à part d’Israël. Mise à part d’Israël en tant que peuple.  Mise à part d’Israël en tant que terre d’Israël. Mise à part d’Israël au niveau du langage.

 

Lashone HaQodesh est traduit généralement par « langage sacré ». Comme si le terme de Qodesh était un adjectif. Or, c’est un substantif. Il faut donc traduire plus exactement « langage de la sainteté ». Le langage qui concerne les choses de la sainteté. Le langage qui traite du Qodesh, langage approprié à parler de la chose que l’on appelle Qadosh (adjectif), mais qui est en lui-même le Qodesh (substantif).  Lashone HaQodesh ne signifie pas la langue sainte mais la langue qui parle des choses saintes.

 

Abordons immédiatemment cette notion de langage telle qu’elle est employée notamment dans le chapitre 9 et 10 et 11 de la Genèse, pour désigner l’identité profonde de chaque manière d’être que nous appelons les nations, les peuples, ou les éthnies et les sociétés. C’est un point de vue très familier à la pensée biblique et à la pensée traiditionnelle que chaque manière d’être homme se définit par son langage, par sa manière de s’exprimer.

 

Dans le fond des choses pour raccourcir l’analyse, il est bien évident que le langage ne sert pas seulement à la communication des consciences, le dialogue, mais le langage définit d’abord l’homme comme étant ce qui exprime l’identité profonde de cette manière d’être que la bible nomme l’homme. Il en résulte que les différentes manières d’être homme disposent d’un langage qui exprime cet être. Buffon : « le style c’est l’homme ». Il faudrait inverser peut-être la phrase. L’homme c’est son style, mais à un niveau métaphysique, un niveau ontologique, un niveau absolu. Au-delà du style de la littérature ou même de la science de la linguistique, c’est une âme qui s’exprime. C’est une manière d’être qui dit qui elle est. Bien entendu, à l’échelle collective, cela devient évident. La grammaire d’une langue n’est pas seulement une grammaire mais c’est une philosophie, à la limite une religion. C’est la grammaire d’un être, la carte d’identité d’une âme, d’une manière d’être. C’est dans ce sens que nous entendrons le terme de lashone.

 

Au bénéfice de cette remarque il y a d’abord à rappeler le fait très important de la réflexion juive au moyen âge concernant la définition de l’homme.

 

Je vous rappelle cela très brièvement : c’est une grande querelle philosophique au moyen-âge de savoir comment définir l’homme, comment donner la différence spécifique de la définiition « homme ». Le problème s’est cristalisé autour de 2 formules. Nous avons à choisir entre 2 formules pour donner la définition philosophique de løhomme : soit l’être pensant, soit l’être parlant. Nous voyons que les auteurs du moyen-âge dans toutes les traditions et en particulier dans la tradition juive ont pu hésiter à un certain moment entre ces 2 définitions. Donner la caractéristique spécifique de l’homme en tant qu’être vivant, soit par la pensée, soit par le langage. Finalement, la tradition juive a retenu à travers les auteurs du moyen-âge et surtout à travers Judah Halévi, l’expression ‘Haï Hamedaber qui signifie le « vivant parlant ». Non pas seulement de capable de communiquer parce que tous les être vivants disposent d’un langage de communication des consciences, mais dans le sens biblique du terme de la parole c’est là la caractéristique spécifique de l’homme.

 

Pourquoi avoir préféré ‘Haï Hamédaber à ‘Haï Hamaskil par exemple ? Parce que finalement, nous l’apprenons surtout des Kabalistes, c’est par rapport au Créateur de l’homme : le Créateur est conçu comme étant doué de pensée mais pas comme étant la pensée, dans le sens impersonnel, dans le sens d’une conduite, d’une mécanique, d’une structure comme dirait les philosophes modernes. Il y a d’ailleurs un piége du structuralisme aussi dans les études juives contemporaines. C’est-à-dire de renvoyer à l’idée de Dieu défini comme l’intelligence suprême, mais l’intelligence au niveau du fonctionnement de l’intelligence, du Sékhel. En français, vous entendez déjà l’impersonnel d’une telle désignation.

Dire que l’homme est doué de pensée c’est dire que l’homme dispose des conduites de la pensée, mais dire qu’il est la pensée cela implique ce piège ou ce risque de renvoyer la définition de l’homme à une définition de l’impersonnel. Et là nous serions en plein structuralisme.

Par rapport à ce que représente vraimeent l’authenticité de la tradition juive à mon sens, le structuralisme est certainement beaucoup plus dangereux que n’importe quel sorte d’athéisme, en particulier l’athéisme marxiste. Le structuralisme est certainement plus anti-humaniste et anti-théologique, dans le sens d’un Dieu impersonnel et donc du fondement de la personne humaine, que n’a pu l’être aucun des avatars du positivisme. Puisque tout cela c’est l’histoire du positivisme. Le structuralisme aujourd’hui est le dernier stade de l’aventure positiviste.

 

Revenons donc à notre problème : préférer dire que l’homme est le « vivant parlant » ne disqualifie pas du tout l’autre définition du « vivant doué de pensée ». Mais premièrement ce fait que la pensée comme telle c’est de l’impersonnel. Et dès que nous posons le problème de la destinée humaine, ce qui est le fond des problèmes posés par une tradition, alors nous aboutissons à l’échec. Si effectivement, dans les prémices mêmes où il y aurait l’échec si la dignité de l’homme c’est la pensée en général, alors nous sommes renvoyés de nouveau à l’impersonnel, à la pensée qui soutendait tous les paganismes anciens, et finalement l’homme n’a pas de salut à attendre. Si nous ne sommes que des contingences individuelles de la pensée qui se cherche, d’une dialectique de la pensée en général à travers l’histoire des individus, alors il n’y a pas de salut vraiment pour la personne humaine comme telle. La définition de l’homme comme étant l’être pensant ne suffit pas à fonder la dignité de l’homme telle que la Bible en a parlé, c’est-à-dire le fait d’être quelqu’un. Le fait d’être quelqu’un c’est difficile à définir. On ne peut que désigner les valeurs auxquelles cela correspond, les valeurs que cela désigne : le fait d’être celui qui peut dire Anokhi ou Ani. Et c’est bien ainsi la définition du Dieu de la Bible. Le nom du Dieu de la Bible c’est celui qui peut dire « Je suis quelqu’un ». Et non pas la valeur en général, l’impersonnel en général. Le Dieu de la Bible n’est pas une divinité, la divinité, à la limite la nature : les lois de la nature érigées en notion générales et impersonnelles. Mais Il est quelqu’un.

Et nous verrons tout à l’heure à quel point cela nous met tout près de la définition de la Qédoushah.

Où se perçoit la sainteté ? C’est bien évidemment là où émergent les valeurs de quelqu’un. Du fait d’être quelqu’un. Cela renvoie exactement à ce que dit le terme hébreu Ani ou Anokhi en tant que c’est le nom du Dieu personnel qui se révèle dans la Bible, Celui qui dit : Je suis une personne et qui a voulu créer dans l’ordre de la créature des personnes. Le salut c’est vraiment que malgré cette espéce de mystère que représente la naissance et la mort que le quelqu’un que nous sommes existe vraiment, est fondé métaphysiquement et ontologiquement.

 

Voilà donc la 1ère remarque que l’homme comme être pensant - et la pensée est aussi un langage – n’aboutirait pas à résoudre le problème posé à ce moment-là. Alors que dire que l’homme est un être parlant c’est dire en même temps qu’il est quelqu’un. Parce que l’impersonnel peut penser. Nous savons fabriquer des machines qui pensent. Et finalement dans nos études de logique ou de linguistique nous voyons que ce sont des mécanismes impersonnels qui sont les lois de la pensée. Et là le structuralisme est chez lui, parce que effectivement il s’agit du monde de l’impersonnel qu’il y ait une intelligence qui rende compte de l’ordre des choses dans le monde de l’impersonnel – un logos si vous voulez – c’est indéniable mais ce logos n’est pas encore quelqu’un. Et ce logos ne suffit pas à donner une réponse au problème du salut et au problème de la destinée. Mais dès que nous désignons le phénomène du comportement de la parole alors il y a là effectivement quelqu’un derrière. Il y a quelqu’un qui parle. Et c’est ce quelqu’un qui parle qui pense. Mais c’est en tant qu’il parle qu’on sait qu’il est quelqu’un.

 

Voilà pourquoi cette définition de la chose était assez importante-

Je vous renvoie au thème très profond de la donnée biblique de la définition de la création : Dieu a créé le monde par Sa parole. Ce n’est pas simplement une figure de style ou que cela signifie ans effort, ce qui est vrai aussi, mais c’est pour nous dire que c’est quelqu’un qui a créé le monde. Et qu’il y a dans le monde la trace du fait de parler. C’est cela qui va devenir l’identité humaine. Et l’homme se désigne par le comportement de la parole, par le Lashone. Il me semble qu’il y a chez les Kabalistes une Guématria d’équivalence entre Lashone et Shékhinah à un près. De la même manière que Peh est 85 et Elohim 86.

 

Ceci dit, tout se passe comme si on réserve au langage d’Israël à ce qui était donc primitivement l’hébreu. Un commentaire explique qu’il y a d’autres dimensions à l’hébreu qui sont l’araméen, le grec, le latin et l’arabe.

Lorsque l’on parle de l’hébreu c’est l’hébreu tel qu’il était parlé dans la famille d’Avraham. Avraham Ha-ivri descendant de Ever. Plus proche de l’araméen que de l’hébreu de la Bible tel qu’il était parlé avant même la révélation de la Torah au Sinaï. C’est donc ce langage qui a été censément jugé comme  étant le plus apte à véhiculer le contenu de la révélation. C’est ce langage qui va devenir lashone haqodesh. Il y a une différence de niveau entre l’ivrit comme communication des consciences et l’ivrit comme le langage d’expression de la vérité en tant que Lashone Ha-Qodesh.

Nous arrivons là à ce postulat des études traditionnelles de la Bible que l’hébreu de la Bible le Lashone HaQdosh est censé être simultanément le langage qui véhicule ce que Dieu dit à l’homme et le langage qui véhicule ce que l’homme a à dire à Dieu au niveau de l’expression de la vérité, dépassant le niveau de la communication des consciences.

 

Que représente cette notion de Qodesh dans son contenu positif ?

Nous l’apprendrons d’une première citation tirée de la Genèse.

Après le temps du déluge et avant l’épisode de la tour de Babel, l’humanité repart par la famille de Noé dans l’aventure de la construction d’une civilisation. Dans les termes bibliques traditionnels cela signifie dans cette aventure qui consiste à tenter de réaliser le projet du Créateur.

 

Tout se passe comme si le projet du Créateur c’est de faire que du monde qu’Il a créé émerge une créature – elle sera l’homme puis l’homme réussi puis le fils de l’homme - qui puisse à son tour être quelqu’un. Au fond toutes les espérances et toutes les exigences de toutes les spiritualités quelqu’elles soient convergent dans la recherche du fondement de la dignité de la personne humaine. Effectivement, ce sont les exigences que nous portons en nous-mêmes sous forme de trace, parce que créés, d’être Ani, d’être un quelqu’un, et lorsque cela réussi c’est cela le salut. En termes hébraïques, le monde est créé à partir du néant AYIN, et son objectif est de devenir ANI. Ce sont les mêmes lettres disposées autrement, et toute l’histoire du monde pourrait être vue dans ce passage du Ayin au Ani.

Nous savont que pendant que nous sommes en cours de tentative le blasphème est de s’approprier ce terme de ANI ou ANOKHI que seul Dieu peut s’en réclamer. Alors que dans le monde à venir il y aura 2 manières d’êtres qui pourront dire « moi », celle du Créateur et celle de la créature puisque c’est l’objectif de la créature réussie et transfigurée.

L’objectif est qu’il puisse y avoir dialogue direct entre le Créateur et la crérature. C’est cela la définition du monde à venir. C’est surtout aussi ce 2ème verset du Qriat Shéma qui définit l’ensemble des commandements de la Torah comme étant des commandements du ANOKHI.

וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם

VéHayou Hadevarim Ha-èleh Asher Anokhi Metsavekha Hayom...

Le Pshat du verset : c’est Moïse qui parle et qui censément dit :

« Et seront toutes ces paroles que Je t’enseigne aujourd’hui… » 

Mais lorsque l’on fait attention à ce qui est dit en hébreu, cela se lit à un 2ème niveau :

Et seront toutes ces paroles qui Anokhi enseignent tous les commandements. Tous les commandements et toute la Torah, c’est la charte du Anokhi.  C’est ainsi que Dieu se définit lui-même au début des 10 commandements :

Anokhi Hashem Eloheikha Asher Lotseh Tikha béErets Mitsraïm.

 

Dans la définition de la Qédoushah, il semble que l’on peut retenir la formule suivante : dans le monde toutes les valeurs sont éparses, dans le monde sous forme de trace. Elles sont mêlées, mélangées, elles sont en état de chaos. C’est encore ce qu’il reste du chaos originel dans lequel il y a trace de toutes les valeurs qu’il faut faire émerger et réussir. La Qédoushah la sainteté apparait dans l’unification des valeurs. Chaque fois qu’une valeur est seule, elle risque de devenir son contraire. Une valeur isolée de l’unité des valeurs peut devenir le mal. Mais lorsque les valeurs sont toutes unifiées, alors c’est là qu’apparait la sainteté.

 

Pour prendre les schémas de bases classiques, la pensée traditionnelle juive, surtout dans le langage du Midrash, retient deux polarités des valeurs : celles qui sont du côté de ‘Hessed les valeurs de la grâce, et celles qui sont du côté de Gvourah ou de Din, les valeurs de la rigueur. ‘Hessed tout seul peut devenir le mal. Gvourah tout seule peut devenir le mal. Lorsqu’elles sont ensemble, identifiées et unifiées, appparait la Qdoushah.

 

Cela nous fait comprendre pourquoi la tradition juive va reconnaitre toutes les données de ce qui ensemble forme la sagesse, la ‘Hokhma, comme éparpillées chez toutes les nations, mais la Qdoushah c’est-à-dire l’unité de toutes ces valeurs au-delà de la ‘Hokhmah elle ne le reconnaitra que dans cette manière d’être homme qui porte en elle le principe de l’unification des autres manières d’être homme et que la Torah nomme Israël. Cette expression de Qédosh Israël.

Elohei Yaaqov Qédosh Israël : Dieu est nommé le Dieu de Jacob et le Qadosh Israël.

Jacob est encore un des 3 patriarches lorsqu’il se nomme Jacob, il est nommé Israël lorsqu’il arrive à ce niveau qui consiste à synthétiser en lui aussi ce qu’a été Issac et aussi ce qu’a été Abraham. Bien entendu, Abraham et Isaac aussi participe à la Qédoushah, mais en tant qu’ils sont dirigés vers cette synthèse unique de l’ensemble des valeurs. Abraham, Isaac et Jacob à la fois c’est cela Israël.

Ce que dit le verset Elohei Yaaqov, Dieu en tant que Dieu de Jacob c’est une valeur en particulier : la valeur propre à Jacob qui est Emet, Tiferet. Mais avec Qadosh Israël il y a là plus que la synthèse : dans l’unité de toutes ces valeurs apparait le fait d’être quelqu’un.

La synthèse de la personnalité c’est cela qui fait apparaitre et l’unité et la sainteté.

L’unité et la sainteté vont ensemble, c’est ce que nous allons apprendre du verset que je vous ai cité. Il s’agit d’un épisode que raconte la bible à partir de la famille de Noa’h l’humanité recommence l’aventure de l’histoire humaine : tenter de réaliser le projet du Créateur.

Et puis on arrive à un certain stade où cette unité semble être attestée par le récit biblique, juste avant l’éclatement de cette civilisation de Babel par l’échec de la tour de Babel.

 

11.1

וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ, שָׂפָה אֶחָת, וּדְבָרִים, אֲחָדִים

Et la terre fut toute entière langue unique, et des paroles unies.

 

C’est ce qu’on lit en général dans les traductions. Safah étant le langage en général, Dévarim étant chaque mot ou chaque parole. E’had - A’hadim. 

La Guémara nous donne une toute autre lecture - on s’aidera d’ailleurs pour cette lecture des Taamim de la Massorah, l’aceentuation du verset – cela se trouve dans la Massekhet Méguila du Yéroushalmi : rabbi Eliezer vé rabbi Yo’hanan discussion entre rabbi Eliezer vé rabbi Yo’hanan à propos de ce verset, l’un dit que cela signifie que tous les hommes parlaient les 70 langues et l’autre dit que cela signifie qu’ils parlaient la langue de l’unique du monde - lashone haqodesh – la langue de sainteté.

 

Il faut d’abord mettre en évidence la définition du Lashone Haqodesh qui nous est donné dans cette Guémara. Lashone HaQodesh cela veut dire Lashone Ye’hido Shel Olam, la langue de l’Unique du monde.

 

Vous voyez comment cette notion de Yachid, E’had, unité, est mise en valeur pour désigner qui est Dieu : l’Unique du monde ! Celui qui est Un en Lui-même, Celui qui récapitule toutes les valeurs. Et c’est en cela qu’Il est quelqu’un. Le fait d’être Yachid, singulier, à la limite même de la singularité, c’est la limite même du qualitatif, c’est cela la définition de la personne. Le fait d’être radicalement soi-même et que doi-même et autre que tout autre. C’est la singularité. Cela se dit en hébreu Ya’hid. L’Unique du monde c’est Dieu. Et c’est en cela qu’Il est quelqu’un, et c’est là qu’il y a sainteté. Vous voyez donc l’équivalence qu’il y a entre la sainteté, l’unité des valeurs et le fait d’être quelqu’un. Nous verrons tout à l’heure pourquoi cela est important lorsque nous aurons à reprendre le parallèle de ces deux langages qui tendent à l’universalité : le langage hébreu qui a véhiculé la bible et le langage grec qui a véhiculé la mathématique.

L’un est le langage unique dans l’exploration de la matiére, et il devient le langage des sciences, c’est le langage grec. L’autre c’est le langage censé être celui de l’exploration des sciences de l’homme, de cette science qui s’appelle la Torah et qui a pour objectif la promotion de løidentité humaine en tant que entité morale sujet de la moralité.

Comme nous le verrons plus en détail, il semble que les Grecs anciens, ce peuple que la Bible nomme Yavan, ait réussi son objetif sa mission. Elle a élaboré le langage des sciences à la racine. Bien sûr, il y a toute une histoire de l’épistémologie scientifique. Ce ne sont pas les catégories aristotéliciennes ou les catégories du grec du temps de Aristote, qui telles quelles peuvent servir à l’excploration des phénomènes ; mais au point de départ, à la racine c’est bien le génie de la Grèce qui a donné le langage mathématique  à l’homme. Et ce langage mathématique c’est le langage unique du monde au niveau du phénomène matériel, en tout cas au niveau des phénomènes impersonnels. Si vous voulez les Grecs sont les spécialistes de l’impersonnel dans le monde, alors que les Hébreux étaient censés être les spécialistes de la personne, du quelqu’un. Tout se passe comme si les Grecs ont réussi leur mission. Probablement c’est pourquoi ils ont disparu de la scène du monde en tant que tel. Ils continuent à exister dans les bibliothéques et les écoles. Cela continue à passer chez les savants mais il n’y a pas de peuple de cette langue là. Comme vous le savez le grec moderne n’a strictement rien à voir avec le grec dont je parle maintenant. Il n’y a justement pas le même rapport entre l’ivrit et le lashone haqodesh, c’est sof sof quand même la même chose : un juif c’est un hébreu. Tandis que le grec contemporain n’est plus le grec ancien quelques élites qui sont les professeurs, les savants et leurs élèves. Israël est un peuple encore en gestation messinaique alors que la Grèce ancienne n’est plus qu’une école.

 

Vous voyez donc cette équivalence qu’il y a dans cette citation  entre la notion de la personne et la notion de l’unité des valeurs, c’est cela la sainteté.

 

C’est surtout chez l’identité de l’enfant que l’on expérimente existentiellement ce qu’est la chose Qédoushah. L’adulte est spécialiste de cette éclatement des valeurs : l’adulte est à tour de rôle l’homme de telle ou telle qualité mais jamais simultanément. C’est chez l’enfant que l’on perçoit cette innocence qui fait que toutes les valeurs sont présentes à la fois. Le sourire ou le regard d’un enfant est Qadosh. Je vais dire une énormité mais au fond je peux la dire : si on comprend vraiment ce qu’est un enfant en tant qu’enfant alors on est sur qu’il y a un Dieu qui existe. Cela renvoie effectivement à quelque chose d’autre. Que le monde des adultes soit donné à la perdition ce n’est que justice, mais qu’il n’y ait pas de salut pour le monde  des enfants serait d’un invraisemblable tel qu’il est donc certain que Dieu existe. La rencontre du comportement de l’enfant renvoie à cette expérience de la Qédoushah.

Il y a d’ailleurs un commentaire (Sifri Devarim 1) qui concerne Joseph à ce propos (Gn. 41.14) :

Avrekh : « Av vé’hokhmah vérakh bashanim » (père en sagesse mais jeune en année) alors c’est Qadosh.

 

Je reviens donc au verset lui-même qui comporte deux parties :

 

11.1

וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ, שָׂפָה אֶחָת, וּדְבָרִים, אֲחָדִים

Et la terre fut toute entière langue unique, et des paroles unies.

 

Mais du point de vue de l’exégèse traditionnelle, il ne peut pas y avoir de répétition inutile dans des formes littéraires qui seraient simplement de redondance. C’est pourquoi la Guémara nous met en évidence que ces 2 expressions signifient deux choses différentes.

Safah E’had : la langue de l’unique du monde – lashone haqodesh.

Devarim A’hadim : les langues des 70 peuples, des 70 nations. Les langages des communications des consciences dont les peuples disposent, et qui d’ailleurs traduisent leur identité. Leur identité est de l’ordre du créé, qui est contenu de valeur. La civilisation s’élabore dans les 70 langages, mais chacun d’entre eux n’étant que partiel et ne retenant qu’une partie une parcelle de l’identité humaine unique et éclatée en 70 dimensions, comme nous voyons souvent ce thème dans la Bible. L’échec de la civilisation de Babel c’est que alors que l’humanité avant cet échec disposait à la fois de la langue de l’Unique, de la langue de l’universel, mais chaque famille disposant de son propre génie, et par conséquent de sa propre langue, cette langue de l’unique a disparu et il ne reste que les 70 langues, d’où la confusion des langues, d’où le fait ne plus se comprendre. Chacun ne parlant plus que son être et que son langage, la langue de l’unique ayant disparu, il ne reste plus que l’impossibilité de se comprendre. Nous avons vu précédemment comment on peut dire qu’il y a une double résonnance à cette notion de la langue de l’Unique. Dieu étant le Créateur des cieux et de la terre, de l’esprit et de la matière, si vous voulez, la langue de l’Unique au niveau du sacré c’est l’exploration du phénomène de l’esprit : c’est l’hébreu du lashone haqodesh ; et la langue de l’Unique au niveau de la matière c’est le langage mathématique. C’est ce que disent les Kabalistes ès-qualité. Le langage de la mathématique c’est le langage du Créateur au niveau de la matière. Le langage du Créateur au niveau de l’esprit c’est  l’hébreu du lashone haqodesh.

L’un ayant pour objet de nous permettre d’explorer le monde de l’impersonnel, l’autre ayant pour objet de nous permettre d’explorer le monde du Anokhi, le monde de la personne.

 

Tout se passe comme si les Grecs avaient joué leur rôle, et comme si les Hébreux n’avaient pas encore réussi à formuler à l’échelle de l’universel ce qu’est la science du phénomène de l’homme. Probablement parce qu’il a été en but en particulier avec la rivalité du langage grec. Nous l’avons déjà vu une fois à propos de ‘Hanoukah : le langage grec ne s’est pas borné à n’être que le langage des sciences, il a prétendu aussi s’ériger en langage de l’exploration de l’esprit. En cela il est devenu le langage de la philosophie. Et c’est là qu’il y a eu compétition entre le grec et l’hébreu pour le problème de l’hébreu, alors qu’il n’y a pas compétition entre l’hébreu et le grec pour le problème du grec, il y a collaboration. Je veux dire en d’autres termes que l’Hébreu peut être mathématicien et arrive même de temps en temps à être prix Nobel, peut être physicien…, peut aider le grec à achever son travail. Mais lorsque le Grec prétend aider l’Hébreu à faire son travail en grec, alors c’est là qu’apparait en particulier le christianisme, mais c’est là qu’apparait surtout cette compétition des vocations. C’est le handicap de cette compétition que nous vivons encore. A peu près au temps du moyen-âge le langage grec a réussi à vaincre le langage hébreu du point de vue des sciences humaines. Et nous sommes tous tributaires de cet échec du judaïsme du moyen-âge qui a emprunté le langage de la philosophie. La réaction contre cet échec ayant été le dévoilement de la pensée kabaliste.

 

Point d’histoire important à signaler : on a l’habitude d’attribuer à des hommes du bas moyen-âge la rédaction des textes de bases de la Kaballah. En réalité, historiquement il y a là une erreur, c’est la divulgation et la publication de ces textes qui datent de ces temps-là. En effet, juste À ce temps-là, la tradition kabaliste était une tradition purement initiatique. Et on s’aperçoit qu’à partir du temps de l’apogée de la théologie philosophique les textes des Kabalistes apparraissent et sont divulgués et publiés. Il y a eu une décision prise très lucidement pour éviter cette catastrophe de l’envahissement de la tradition hébraïque par le langage grec. Pour lutter contre la théologie philosophique on a dévoilé les textes du Zohar et les autres Midrashim dont la mise par écrit dataient de plus de 1000 ans avant, du temps des Tanaïm comme Rabbi Shimon Bar Yo’haï…etc.  Les textes kabalistes ont été édités en ce temps-là précisément parce que c’était le temps de la théologie philosophique.

 

Vous voyez donc que ce sont les péripéties des luttes de langages, puisque finalement chaque langage implique des postulats. Le langage grec renvoie à ce qu’est la philosophie en général, c’est-à-dire l’exploration de la pensée comme impersonnelle. Alors que le langage hébreu renvoie aux valeurs de la dignité de la personne, ce que nous appelons la sainteté.

Les évidences de la morale et de la sainteté n’ont jamais été véhiculées que par l’hébreu et les 4 dimensions de langage dont je vous parlerais tout à l’heure plus en détail.

 

Voilà donc ce que nous apprend cette 1ère citation : le salut de la personne dépend de l’unité des valeurs. Or, le langage conceptuelle, gréco-latin pour notre civilisation, est inapte à désigner l’unité des valeurs. Berson a admirablement fait cette analyse : il y a toujours réduction à l’impersonnel réduction au matériel, réduction à la mort, réduction au figé, à l’objet dit Bergson.

 

Bien entendu, l’occident dispose d’une soupape de compensation, mais c’est le langage poétique.

Or, avec le langage poétique on en peut pas faire de science. Le langage poétique est le langage de la générosité spirituelle. Le Talmud, la Kaballah, est plein de poésie mais ce n’est pas de la poésie. Ce sont des sciences du phénomène humain. Il faut être capable d’imagination poétique pour comprendre le langage de l’hébreu biblique ou talmudique ou de l’araméen midrashique, mais il ne s’agit pas du tout de poésie. Ce serait infantiliser le niveau de la sagesse que de le ramener à une poésie. C’est une science exacte mais qui a un langage propre, un langage approprié à ce dotn il s’agit lorsque l’on parle de la Qèdoushah.

 

La 2ème citation que je vous propose se trouve dans Dévarim à la Parashah de VeZot HaBerakhah.

Cela va nous permettre d’élargir ce problème du langage de la sainteté à un niveau plus collectif, à un niveau des phénomènes sociaux.

 

33.2

וַיֹּאמַר, יְהוָה מִסִּינַי בָּא וְזָרַח מִשֵּׂעִיר לָמוֹ--הוֹפִיעַ מֵהַר פָּארָן, וְאָתָה מֵרִבְבֹת קֹדֶשׁ; מִימִינוֹ, אשדת (אֵשׁ דָּת) לָמוֹ.

Hashem Mi Sinaï Ba Va-Zara’h Mi-Séïr Lamo, Hofiâ Mi-Har Paran

VéAtah Mérivévot Qodesh

Miméno Eshdat lamo 

 

Il s’agit de la bénédiction que Moïse avant sa mort a donné à Israël. Et il transmet cette bénédiction au nom de Hashem, Celui qui se révèle dans la Torah :

Hashem Mi Sinaï Ba : il vient du Sinaï

Va-Zara’h Mi-Séïr Lamo: et Il resplendit de la montagne de Séïr (le domaine d’Esaü-Edom).

Hofiâ Mi-Har Paran: il apparait de la montagne de Paran ( l’Arabie).

VéAtah Mérivévot Qodesh: il vient des myriades de la sainteté.

Miméno Eshdat lamo : Dans sa droite il porte la loi de feu.

 

Dans la 1ère partie du verset, il y a indication que la sainteté est parlée :

Mi Sinaï Ba : l’hébreu est le langage de la révélation au Sinaï.

Va-Zara’h Mi-Séïr Lamo : dans le langage d’Esaü, le latin

Hofiâ Mi-Har Paran : c’est l’arabe.

VéAtah Mérivévot Qodesh: c’est l’araméen.

 

Dans la Guémara de ‘Haguiga une explication de ce mot de VéAtah Mérivévot Qodesh: il vient des myriades de la sainteté.

VéAtah Mérivévot Qodesh : Ot hou merivévot shélo

Le mot de Atah signifie en araméen venir. C’est le verbe Ato (Alef-Tav-Alef).

Ot signifie un signe du langage.

VéAtah Mérivévot Qodesh : Cela veut dire qu’ici la Torah a employé un mot araméen, puisque le mot qui signifie venir des myriades de la sainteté c’est un mot araméen. C’est pour nous indiquer, dit le commentaire, que l’araméen est aussi un Lashone HaQodesh, d’une certaine manière dans une certaine dimension. Il y a des myriades de langages de sainteté possibles, l’un d’entre eux étant l’araméen, et cela est indiqué parce que le verbe qui veut dire venir est un verbe araméen.

Ce mot se trouve aussi en hébreu et signifie autre chose que le verbe venir. Ato en araméen signifie venir, cette racine en hébreu signifie « donner un signe », « apparaitre » dans le sens de donner un signe, Ot. 

 

lire la suite…

…/…

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PENSÉE JUIVE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche