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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 18:58

Kaballe Droite et cercle  immanence et transcendance (1996)

Paris, mars 1996

La droite et le cercle (1996) cours 2

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/la_droite_et_le_cercle/cours_2

Durée : 30,5 minutes
Face A

 

…/…

Alors on se demande ce que les sages du moyen-âge obscurantistes se cassent les méninges à savoir si le cercle est plus parfait que la droite. Le problème qu’il y a derrière c’est de savoir si la perfection de l’impersonnel est plus parfait que la perfection de la personne. Le vrai drame de ce monde-là c’est qu’il a besoin d’une demeure pour constituer son être. La nature est la demeure de l’homme, mais l’être du monde c’est l’homme. La Torah est d’emblée d’option anthropocentrique. Dieu a voulu créé un homme, et pour qu’il soit situé quelque part il lui a fait une maison, le monde, la nature. Tandis que pour les philosophes de l’impersonnel, Dieu a créé un monde et personne n’arrive à expliquer comment l’homme est sorti du monde. Une moisissure qui est devenue l’homme ? La vision de l’homme comme animal perfectionné… Des amibes perfectionnés dissertant sur le sort du monde…

Cette folie vient du fait que la philosophie n’arrive pas à trancher quel est l’être du monde : l’impersonnel de la nature – les cercles -  ou la personne de l’homme – la droite. En réalité les deux. Mais le monde est la demeure de l’homme.

 

Il y a un grand chapitre dans Rabbi Na’hman de Braslav qui parle de cela : ce que Dieu a voulu créer c’est l’homme. Mais pour qu’il ait une maison, il lui a créé le monde d’abord.

Tant qu’il ne s’agit que du monde, c’est la perfection sphérique de l’impersonnel.

C’est la grande force du ‘hassidisme : dans cet être de l’impersonnel est enfouie l’âme des choses comme diraient les poétes. Il y a quelqu’un dans le « ça » du monde.

Il faut d’abord voir cela : on rencontre la perfection dans l’impersonnel.

Rabbi Na’hman de Braslav :

Si l’essentiel du monde c’était l’être impersonnel alors ce n’est pas un monde c’est un enfer !

Vous voyez comment va se profiler le mystère de l’amour qui va remettre les choses au point.

Rabbi Na’hman de Braslav :

La question est la suivante : on parle de Olam Hazeh et de Olam Haba. On comprend ce qu’est le Olam Haba, un vrai monde. Mais Olam Hazeh où est-ce ? Parce qu’ici c’est l’enfer !

C’est cette perception du ‘Hassidisme : si on n’est que dans le monde de la nature, le monde du Dieu impersonnel, le monde de la civilisation occidentale, alors on est dans l’enfer. Parce que le quelqu’un de l’être du monde, l’homme, est mis entre parenthèses. Il est, comme le dirait les Chrétiens, en croix, crucifié. Ce n’est pas cela qu’il faut adorer !

 

Première définition : le cercle est la perfection de l’impersonnel de la nature, et derrière cette notion kabaliste se profile la notion philosophique de la transcendance.

 

J’en arrive tout de suite à la 2ème notion : lorsque le rayon le Kav est rentré dans le ‘Halal et qu’il a rencontré les niveaux de vie, les 3 Séfirot supérieures ont supporté la lumière qui leur était offerte par ce rayon, mais les 7 Séfirot inférieures ne l’ont pas supporté et ont éclaté. C’est ce qu’on appelle Shévirat HaKélim, la brisure des vases.

 

Pourquoi le monde est-il en état de chaos, bien que l’on devine derrière le chaos du monde l’harmonie des 10 Séfirot ?

Les Kabalistes ont donné plusieurs explications pour cela.

Les 3 Séfirot supérieures - Keter ‘Hokhmah Binah - sont tellement proches de la lumière matrice que le véhicule de la Séfirah est suffisamment Zakh transparent qu’elle peut laisser le rayon traverser. Or, à chaque Séfirah, ce sont les 10 lumières des 10 Séfirot qui sont proposées au Kéli au véhicule de chaque Séfirah. Chaque Séfirah en principe ne retient que sa lumière et repousse les autres lumières.

Ces 10 Séfirot sont ces 10 niveaux de valeurs du monde. Et puis chaque existant reçoit la valeur qui le concerne mais refuse les autres. Comme la lumière à la 1ère Séfirah ce sont les 10 rayons à la fois qui sont proposés au Kéli de Kéter, le Kéli de Kéter est suffisamment Zakh transparent. Il retient sa lumière de Kéter et laisse passer plus bas les 9 autres lumières. Idem avec ‘Hokhma et Binah. Tandis que lorsque l’on arrive à ‘Hessed, ‘Hessed ne retient que ‘Hessed et le Kéli éclate à cause des autres lumières qui lui sont proposées également. Et la lumière remonte parce qu’elle n’a pas de Kéli.

Donc l’état du monde à l’origine ce sont les 3 Séfirot supérieures parce qu’elles ne dépendent pas des actions des hommes. Elles ne dépendent pas du mérite de la créature, elles sont intactes.

 

Par exemple dans Binah, il y a la mathématique. Que je sois bon ou mauvais mon théorème reste vrai s’il est vrai. 2 + 2 = 4 de dépend pas de la valeur morale. Cette valeur-là intellectuelle elle est dans les Séfirot qui ne dépendent pas de ma valeur morale, et donc qui ne sont pas suceptibles de Shévirat HeKélim.

 

Tout cela est vécu dans l’histoire d’Israël à travers des siècles et des années dans un folklore extraordinaire pour préserver ce qui se passe et qui est de sens cosmique.

 

Les notions simples du texte de la Bible mais incompréhensibles commencent alors à prendre une cohérence et un sens clair.

 

Cette lumière qui n’avait pas de véhicule est remontée. Et donc on a un monde en chaos parce que les brisures des vases sont tombées au centre : « et la terre était chaos ». C’est ce chaos des Shévirat HaKélim des cieux qui se sont écrasés sur la terre.

 

Les 3 Séfirot supérieures s’appellent « Shmei Hashamayim les cieux des cieux ».

Les 6 Séfirot de Yessod à ‘Hessed s’appellent « Shamayim les cieux » - Tiféret.

Et Malkhout s’appelle la terre.

 

Alors les cieux sont tombés sur la terre parce que leurs lumières n’avaient plus de véhicule de réception.

 

Cette lumière qui était la lumière sphérique impersonnelle, c’est-à-dire le résultat de ce que la lumière du Ein-Sof avait retiré du rayon dans ce Tzimtzoum de Hitmaatout התמעטות   - Dieu a retiré la lumière personnelle et n’a laissé que la lumière impersonnelle : la sphère est apparue.

 

Alors maintenant le rayon va revenir en lumière personnelle, privée de la lumière impersonnelle qui est celle du monde, mais où il y a le corps de l’homme. Et cette droite c’est la présence de l’homme, en hébreu le Kav HaYosher, alors que la lumière sphérique s’appelle Séfirot Ha-Igoulim. Cette lumière droite va revenir et va restituer les Kélim qui ont été brisés. Et elle va les restituer dans une synthèse avec la lumière sphérique, et apparait le visage humain. Le visage humain est le compromis entre le cercle et la droite.

Tout ce dont Lévinas parle selon le Rav ‘Hayim de Volozine de la trace du Créateur dans le visage humain, c’est ce Partzouf dont parlent les Kabalistes et qui est le résultat de la lumière personnelle traversant les mondes de la lumière impersonnelle : le visage humain apparait, compromis entre la droite et le cercle. C’est le mystère du nombre Pi.

 

Ce n’est pas par hasard qu’on va pouvoir à ce niveau rejoindre les Grecs. Ils ont perçu l’aspect esthétique de cette histoire, alors que les Hébreux ont perçu la finalité morale de cette histoire. Et je ne crois pas qu’en l’état des choses on puisse espérer une synthèse entre les deux, parce que la religion de la sensibilité grecque c’est le christianisme, et la religion de la sensibilité hébraïque c’est le judaïsme ! Et c’est incompatible. Le mystère des fondateurs du christianisme c’est cette génération des fondateurs. Depuis pour la Halakha juive, les Chrétiens ne sont pas responsables de l’hérésie de leurs fondateurs, et par conséquent tout ce qui leur est demandé c’est d’être des Chrétiens authentiques et autant que possible pas anti-juifs. Mais le problème de la rivalité d’identité avec Israël est avec les fondateurs et pas du tout avec les Chrétiens contemporains. Comme l’a dit Birman, un chrétien c’est quan même pas un païen, il n’est pas un juif, mais il n’est quand même pas un païen. Le conflit est avec les fondateurs, les évangélistes, surtout saint Paul. Il y a là deux perceptions du monde qui en dominante sont incompatibles. Ou bien le monde c’est l’impersonnel, et il y a le mystère de l’homme, et l’homme est crucifié. Ou bien le monde c’est l’homme et sa demeure c’est le monde. Et alors il faut que sa demeure soit belle. Et puis c’est l’homme qui existe : cela c’est le judaïsme. De l’autre côté, l’angoisse gréco-romaine greffée sur l’espérance juive. Peut-être que le temps est arrivé où on finira par s’expliquer entre Juifs et Chrétiens. Mais je crois qu’il faudra inverser les données du dialogue qu’il y a eu pendant 2000 ans. Pendant 2000 ans les Chrétiens ont voulu nous aider à lire « l’ancien testament ». Je crois que le moment est venu que les Juifs aident les Chrétiens à lire le nouveau testament. Effectivement, le nouveau testament a été pensé par des Juifs, et il faut la culture juive traditionnelle pour savoir lire ce qui reste incompréhensible pour les lecteurs chrétiens des Évangiles. Derrière les Évangiles il y aun judaïsme qui a décidé d’opter pour un monde à la grecque.

Quand je lis saint Paul je me demande ce qu’il dit quand il parle de Dieu le père créateur, son monde est un enfer. C’est le diable qui a fait le monde pour le grec.

Alors évidemment si on met l’homme en croix, le monde est un enfer…

 

Voilà donc très rapidement ces deux notions du cercle et de la droite, mais vous comprenez ce qu’il y a derrière, transcendance et immanence. Si la médiation entre Dieu et moi c’est la nature, il y a une transcendance infinie. Au point que Spinoza dira « Dieu c’est-à-dire la nature ». Et énormément de Juifs ne voient plsu qu’il y a un Créateur de la nature parce qu’ils ne voient que la nature. Ils ne voient que les Séfirot Ha-Igoulim. C’est la faute du veau d’or : ‘Het Ha-Egel. Voir les Igoulim et être aveugle à la droite. Un monde sans cœur. Il y a Spinoza derrière.

Et puis surtout cette apparition du visage de l’homme qui est le compromis entre la droite et le cercle. C’est le Kav HaYosher le rayon droit qui reprend en charge cette Shévirat HaKélim pour lui donner forme humaine. Tant qu’on est dans le monde de l’impersonnel, cela va de chaos en chaos. Il faut que l’identité humaine sauve le monde en l’humanisant. Ça c’est la Torah.

 

Je terminerais pas un ‘Hidoush.

Je vais prendre un verset du 1er chapitre.

 

D’après la tradition kabaliste, Avraham a restitué le Kéli de ‘Hessed, alors la lumière de ‘Hessed est redescendue, et le monde entier sait que ‘Hessed c’est Avraham, la valeur de la vertu de charité, le ‘Hessed. Avant avraham la charité n’existait pas que sous forme d’étincelles, de brisures, d’éclats. Et à partir d’Avraham on sait ce qu’est être charitable, le monde entier le sait.

 

Alors la Séfirah de ‘Hessed a pour patron Avraham. Issac c’est celle de Gvourah, Jacob celle de Tiferet. Moïse celle de Netsa’h, Aaron celle de Hod, Joseph celle de Yessod, et David celle de Malkhout. Ce sont les 7 piliers de l’humanité qui ont restitué les Séfirot brisées. Le problème des tribus d’Israël c’est d’unifier toutes les Séfirot. Et maintenant le Zkhout Avot, le mérite des pères, c’est que nous avons hérité d’eux des valeurs, notre problème c’est de les unifier. Shémâ IsSraël Hashem Elokeinou Hashem E’had… Il faut faire l’unité de ces valeurs là. Parce que ‘Hessed n’a rien à voir avec Gvourah. Netsa’h n’a rien à voir avec Hod… Le génie du peuple hébreu c’est d’arriver à faire l’unité de ces 7 valeurs. Le chandelier à 7 branches.

 

Gn.1:3-4-5

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר

וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ.

וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד

Elohim dit: "Que la lumière soit!" Et la lumière fut.

Elohim vit la lumière car bonne, et il sépara entre la lumière et la ténèbre.

Elohim appela la lumière jour, et la ténèbre, il l’appela nuit. Il fut soir, il fut matin, jour un.

 

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר

Vayomer Elohim : Yéhi Or - Elohim dit que soit lumière => Or de ’Hessed.

   וַיְהִי-אוֹר

Vayéhi Or – et fut lumière => Or de Gvourah.

כִּי-טוֹב

Ki-Tov – car bonne => Or de Tiferet.

וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר

Vayavdel Elohim bein Ha-Or - Il sépara Elohim entre la lumière => Netsa’h.

וּבֵין הַחֹשֶׁךְ

Ouvein Ha’hoshekh - Et entre la ténèbre =>Hod.

וַיְהִי-עֶרֶב

Vayéhi Êrev - Et fut soir => Yessod.

וַיְהִי-בֹקֶר

Vayehi Boqer - Et fut matin => Malkhout.

 

Et tout cela c’est יוֹם אֶחָד   Yom E’had - Jour un.

 

Et le problème d’Israël c’est d’en faire le Yom E’had.

On n’a pas à réinventer les valeurs, il faut les unifier.

La seule phrase clef du judaïsme c’est l’unité des valeurs.

Quand on est que ‘Hessed, il manque Gvourah. Quand on est que Gvourah, il manque ‘Hessed.

Remarquez que lorsque les Juifs s’accrochent à une doctrine non-juive, ils sont toujours les marginaux de la doctrine en question. Un marxiste juif ne peut pas être stalinien, il sera trotskiste. Parce qu’il manque quelque chose dans la rigueur marxiste, il faut ramener un peu de charité. De la même manière quand un juif est chrétien, il ne peut pas être normal, il faut qu’il soit cardinal…

Les Juifs en monde chrétien insistent sur la justice. Les Juifs en monde marxiste insistent sur la charité. C’est toujours la complémentarité de l’unité des valeurs.

 

***

 

Q : précisions au moment de la Shévirat Hakélim et l’apparition du visage humain ?

R : Lorsqu’il y a eu Shévirat Hakélim, les 7 Séfirot inférieures ont éclaté et leur lumière est remontée. Et puis les débris sont tombés au centre sur Malkhout, sur la terre. Alors la lumière est revenue dans la perspective du Kav HaYosher – droite – pour reprendre en charge les sphères et en faire le visage de l’homme qui s’appelle dans le langage des Kabalistes : Partsouf.

Cela vient du grec et veut dire la silhouette. En hébreu moderne, la gueule…

 

Q : vousavex parlé de la perfection de la droite et de la perfection du cercle pour introduire la notion d’immanence et de trancendance, l’utilisation du mot perfection ne vous semble-t’elle pas dangereuse ?  

R : Très bien, je vous remercie de la quesiton. Ce n’est pas un mot juif mais grec. Le parfait c’est le complétement fait, c’est-à-dire le mort. La statue grecque est parfaite, elle est morte. Je ne sais pas si vous avez perçu cela. Beaucoup de textes, en particulier le Maharal, disent que là où est la perfection dans ce sens, le Satan s’installe. Il ne faut pas exagérer, on utilise cela pour rendre compte du Balagan des Juifs dans les synagogues. Alors dans l’église c’est hiératique, c’est parfait. Il ne faut pas exagérer.

Vous savez le Balagan c’est un mort turc, mais cela résume en une phrase le commencement de l’histoire de l’humanité, je vous le dis en hébreu : Késhé Adam Bah Lagan Hit’hil Ha-balagan. C’est intraduisible : Lorsque l’homme est entré dans le jardin, le désorde a commencé.

Dans tout jardin il y a un serpent. C’est un secret de la Torah.  Un jardin est un jardin et un serpent est un serpent.

Pour revenir à votre question : est-ce que l’idée générale qui est circulaire est plus parfaite que l’existant particulier ? est-ce que l’idée de cheval est plus parfaite que le cheval de la réalité ?

Le cheval de la réalité est de l’ordre de la droite, l’idée de cheval est de l’ordre du cercle. C’est ainsi que les sages du moyen-âge discutaient. Bien évidemment, vous voyez que, j’en reviens à mon dada, la Bible c’est un univers dans lequel on ne peut pas pénétrer si c’est en grec. Il faut y pénétrer en hébreu. Pour la Kaballah en plus, il faut l’araméen, il y a 7 dialectes araméens.

 

Un étudiant un jour m’a demandé :

-comment va-t’on faire pour étudier tout cela ?

Je lui ai répondu :

-Avant de savoir moi je ne savais pas.

J’ai rappelé l’histoire de Rabi Akiva qui a commencé à l’âge de 40 ans et est devenu un des plus grands maîtres d’Israël.

Il m’a dit :

- Mais je ne suis pas Rabi Akiva !

Je lui ai répondu :

- Qu’est-ce que tu en sais ? Essaie !

 

Q : Sur ta recommandation d’étudier ou réétudier le nouveau testament et d’en comprendre la dimension hébraïque. Cela se fait en France, par exemple Claude Tresmontant.

R : Cela me rappelle ma jeunesse.

Q : J’ai essayé comme tout le monde de le lire, je me suis rendu compte qu’en réalité que le tort des Juifs n’est pas du tout d’être trop rigoureux mais c’est le contraire : d’être trop généreux par rapport au christianisme qui est apparu lui comme très rigoureux. On parlait de 67 tout à l’heure. Mais si 67 marque une date pour nous c’est que nous avons fait preuve de rigueur en attaquant en 67 !

R : On a été attaqué ! C’est un secret israélien !

Q : Tout le monde juif a ressenti cela et a pensé : « enfin ! ». et là cela me fait problème par rapport à ce que j’ai entendu.

R : Il faut reprendre cela et avoir le temps. Mais vous comprenez que ce dialogue se fera. C’est notr eproblème de l’avenir. Il ne s’agit pas du tout comme le fait Claude Tresmontant de s’approprier les catégories hébraïques pour les helléniser et les christianiser. Il s’agit que des prêtres chrétiens et des rabbins kabalistes étudient ensemble. Et pour cela il faut au moins 6 langues. Il faut l’hébreu, l’araméen, le grec, le latin, l’arabe parce que l’islam est présent. Et une langue pour parler, pourquoi pas le français. Mais si on ne maitrise pas ces 6 langues à la fois on ne peut pas se parler étant donné l’objet de l’étude !  Cela fait des dizaines d’années que je répète cela à chaque congrès de l’union modiale des étudiants juifs, qu’il faudrait que quelque part se dégage un budget pour permettre à un dizaine de savants moitié chrétiens (catholiques, protestants et orthodoxes) et moitié juifs pour les enfermer dans une université, 10 ans, 20 ans, 30 ans, pour qu’ils étudient ensemble pour savoir de quoi ils parlent. Pour cela il faut les langues.

Moi enfant au lycée d’Oran, je me demandais pourquoi mon père qui était grand rabbin m’obligeait à apprendre le grec et le latin. Finalement j’ai compris. Pour pouvoir lire les Èvangiles en grec et en latin. Alors quand je discute avec des prêtres et qu’on me cite un verset qui n’est pas exact, je leur dit de lire de suite en grec et en latin. S’ils me citent un verset de l’ancien testament qui n’est pas exact je leur dit qu’il faut le lire en hébreu… et alors là il n’y a plus personne !  

On ne peut pas se comprendre au niveau de la littérature, où l’on ne peut qu’admirer les textes. Il faut se comprendre au niveau de l’exégèse. Mais pour cela il faut maitriser les langues.

Qu’était donc l’étude pour la génération du Sinaï ? Traduite le texte de la Bible ? ils parlaient tous hébreu ! C’est à partir du moment où l’on sait ce que le texte veut dire qu’on commence à étudier ! Or, en diaspora qu’est-ce que l’étude ? Arriver à établir la traduction ! Et on ne se rend même pas compte qu’on ne comprend rien…

…/…

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Published by Rav Askénasi - dans KABALAH
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