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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 18:29

La signification du Omer  jusqu’à Shavouot (1986)

L'Omer et sa signification (1986) IV

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/l_omer_et_sa_signification/cours_2

Face B

 

…/…

Colloques de rabbins et de médecins :

Cas de l’unique respirateur artificiel dans l’hopital branché à un malade vieillard de 80 ans.

Survient un malade de 30 ans qui en a également besoin...

Que dit la Halakhah ? Que faire ?

Il y a eu une discussion de 2 heures :

La tendance légaliste consiste à mettre en avant le principe d’absolu de la vie humaine : on ne touche pas à l’appareil, c’est ce cas pour lequel j’ai à dire la loi. L’autre patient c’est un autre cas.

La 2ème thèse consiste à dire : pour quelle raison la Halakhah dit-elle ici que la vie est un infini indivisable et qu’on ne change pas une vie pour une vie ? Dicussion halakhique très longue qui a aboutit à un Tékou. Mais chacun restant dans son intérieur de conviction.  Les rabbins de diaspora ont plus tendance à être légalistes – loi théorique - et les israéliens  recherchent plus la loi morale immédiate dont il faut disposer...

 

Une distinction entre l’éthique juive et la Halakhah est très dangeureuse et je crois que ce Midrash a désigné ce problème. Si la Halakhah n’est pas branché sur les valeurs des Patriarches, les anges refusent de donner la loi à Moïse...

 

Si les rabbins du Midrash ont pressenti cela depuis si longtemps c’est que c’est un problème extrêmement grave et sérieux.

 

Q : cas de 30 ans et 30 ans échange d’une vie pour une vie ?

R : le diagnostic des chances de survie établi par le médecin l’emporte au final mais pour la Halakhah c’est refusé.

 

Cas de Halakhah sur un divorce :

Jeune éducateur, j’ai eu un problème de Halakhah épineux qui conduisait au divorce de deux juifs.

J’ai pris conseil de mon rabbin :

ð   1er Rav : oui la Halakhah est ainsi mais il faut être plus gentil que cela. Réponse avec son coeur mais j’ai pas été satisfait. .

ð   2ème rav : vous avez raison la Halakhah est comme cela, mais êtes-vous le rabbin officiel ? Non ? donc laisser tomber laisser aller au tribunal s’ils le désirent... Attitude légaliste, pas satisfaisante...

ð   3ème Rav ‘hassid : étude du cas de fond en comble durant 4 heures: au fur et à mesure de l’étude j’étais de plus en plus convaincu. A la fin il me dit tu connais la Halakhah ? Oui c’est évident . Il me regarde et me demande : « Dis-moi qui tu es toi pour faire divorcer deux juifs ? »

 

 J’ai consulté 3 rabbins qui m’ont finalement donné tous trois la même réponses mais la leçon de Halakhah a été donnée avec le dernier qui m’a donné le principe que je connaissais :

« La loi est ainsi mais on n’enseigne pas comme cela »

La loi théorique est ainsi mais la réalité est différente parce qu’elle ne correspond déjà plus à ce niveau de Halakhah théorique...

 

Exemple :

La peine de mort : un tribunal condammant 1 fois en 70 ans est un tribunal assassin. Cela ne signifie pas que la peine de mort est immorale, mais cela signifie que nous ne sommes plus au niveau de moralité où la peine de mort a force de loi. Si on a à décrê´te une peine de mort une fois en 70 ans., cela reste cohérent mais si c’est tous les jours qu’il faut le décrêter, ‘est que cette loi n’est pus adaptée à notre niveau. C’est à cause de la chute de la moralité que l’on met la peine de mort entre parenthèse et non pas par progrès de moralité c’est juste l’inverse.

 

Autre exemple dans la pédagogie :

L’enfant cherche sa raclée une fois dans la vie et il faut lui donner mais si les parents la donne quotidiennement c’est pas normal...

 

Ce sont des problèmes épineux, et l’issu dépend d’une question de sensibilité profonde qui se relie à votre question et à ce Midrash : si Moïse est le Moïse d’Abraham, il y a espoir que cela s’arrange, mais si la loi est autonomisée en légalité, quelque soit les dissertations que l’on a sur l’éthique juive, on n’a plus de Torah !  Et inversèment, si la morale d’intention ne s’exprime pas dans une loi réelle, on n’a plus non plus de Torah ! C’est le problème de notre contemporanéité. Cela ressemble au conflit entre les Pharisiens et les Saduccéens.

 

Q : Il y a une période du Omer de vulnérabilité jusqu’à Shavouot mais après Shavouot c’est le comble de la vulnérabilité avec le veau d’or !

R : Cela ouvre sur tout un séminaire…

 

Q : Comment les anges peuvent-ils porter la main sur Moïse en restant des anges ?

R : Un autre Midrash nous apprend qu’il suffit qu’un ange regarde un homme pour qu’il s’évanouisse… ou alors c’est qu’on ne sait pas ce qu’est un ange. La mise en présence simplement...

 

Q : A partir du repas offert par Abraham aux anges on a commencé à mangé Kasher ?

R : Je n’ai pas dit cela : j’ai dit deux choses :

1-       les anges ont profité de l’hospitalité d’Abraham : n’ont-ils pas honte d’Abraham ? Est-ce que l’absolu de sainteté n’a pas honte de la moralité élémentaire ?

2-       après tout si des anges ont mangé chez Abraham cela veut dire que des anges peuvent manger kasher chez des hommes. Cette question de la kashroute de ce repas est étudiée dans le commentaire  du Midrash : il y a un ordre d’abord le lait et ensuite la viande.

Signification de ce Midrash : cet épisode qui nous est incompréhensible que ce sont des anges qui se balladent sur terre, cela veut dire que ceux d’en-haut de l’absolu peuvent vivre chez ceux d’en-bas. C’est un Midrash très profond. Le problème est celui du risque de tension entre la moralité et la légalité. Sans l’un ou sans l’autre il n’y a pas de Torah. Toute cette querelle entre la lettre et l’esprit... si on ne lit pas cela à la lettre il n’y a plus d’esprit, mais si on ne le lit qu’à la lettre où est l’esprit ? La permanence de la tradition juive est celle qui s’est tenu à l’unité de ces deux polarité : la morale et la loi.

C’est pourquoi cette Torah est celle du récit historique des patriarches et la révélation des commandements de Moïse. L’un sans l’autre c’est perdu.

 

Q : Quelle est la tradition des Falashah entre  Pessa’h et Shavouot ?

R : Je ne sais pas. Lorsqu’ils sont arrivés en Israël, ils nous ont demandés de ne plus les appeller des Falashah mais « Juifs éthiopiens ». Il y a beaucoup de choses qu’ils ne connaissent pas, en particulier ce qui suit la période du 1er temple. Puisqu’ils descendent d’une des tribus – la tribus de Dan d’après leur tradition et c’est confirmé par les rabbins qui les ont visité à travers les siècles et ils ne connaissent pas tout ce qui se passe après le 1er temple. Par exemple Pourim.

 

Q : Sera-t’il possible de faire un jour la Méguila de la Shoah ?

R : Je le crois non seulement possible mais c’est prévu par le Guémara. Une Hagadah de la Shoah

Fin du 1er chapitre de Brakhot : il arrivera un temps  où on ne racontera plus le récit de la sortie d’Egypte mais celui de la fin de shiaboud malkhouyot (Brakhot 34b)  Il y a une discussion dans la Guémara entre Ben Zoma et les ‘Hazal qui lui disent : cela ne veut pas dire qu’on va oublier la sortie, mais cela sera contingent par rapport à l’essentiel qui sera le récit de la dernière libération... 

 

Nous en avons déjà un exemple dans la Hagadah que nous avons maintenant : la sortie d’Abraham d’Our-Qasdim qui est le même événement est une petite préface d’introduction en une phrase ; et le gros plan du récit c’est la sortie d’Egypte. Probablement, le Sanhédrin de ce temps-là de la fin des temps dans la Hagadah rappellera tout le récit de la sortie d’Egypte en une Mishnah et le gros du récit sera ce que vous avez appelé la Méguilah de la Shoah mais qu’il faudrait appeller la Hagadah de la Shoah.

 

Q : J’ai lu quelque part sans référence précises à donner : pendant toute sa vie Rabbi Akiba avait refusé à Rabbi Shimon Bar Yo’haï le titre de Rabbi et à la lumière de ce que vous avez dit tout à l’heure sur l’intériorité de la loi orale et sa transmission...

R : Je ne connais pas du tout cette tradition

Hypothése : niveau dans l’autorité des rabanim : plus grand que Rabi, Raban et plus grand que Raban, Shmo « son nom »... il n’y a plus de mot. C’est possible que cela aille dans ce sens-là. Il l’appelait par son nom. Par exemple, nous avons de grands Tanaïm qui n’ont pas de titre. Oula, Smoukhos...

Cf. la différence du titre donné à Maïmonide et à Moïse :

Moïse c’est Moïse notre maître Mosheh rabénou 

Rambam c’est Rabénou Mosheh

Rav Ovadia Yossef un des derniers grands rabins d’Israël a expliqué que la Torah a raconté la vie de Moïse et ensuite elle nous dit son enseignement tandis que pour Maïmonide cela a été l’inverse : on n’a d’abord connu son enseignement et après on s’est intéressé à sa vie...

Mais il y a une exception dans les Pirqei Avot que l’on lit entre Pessa’h et Shavouot : on ne dit pas « Moshe Rabénou Qibel Torah Mi Sinaï » mais « Mosheh qibel Torah miSinaï ».

Mon maître Monsieur Gordin : « là-bas il était pas notre maître mais l’élève de HaQadosh Baroukh Hou, alors on l’appelle Mosheh ».

 

Q : Le problème de la Halakhah et de la moralité dans l’éducation des enfants...

R :  J’ai parlé de légalité et de moralité, je ne crois pas du tout que la Halakhah soit du légalisme, mais lorsque la Halakhah devient légaliste alors il s’agit là de la légalité et de la moralité...

 

Q : Pour l’éducation des enfants c’est un cas très particulier où se pose ce problème ?

R : C’est certain, c’est pourquoi la Torah a sa propre pédagogie : elle nous raconte l’histoire des patriarches et nous révèle les Midot les valeurs qui font Israël : d’abord ‘Hessed – Din – Ra’hamim Emet dans cet ordre-là. Si on commence par la vertu de rigueur on arrivera jamais à la vertu de charité. Mais si on a d’abord la vertu de charité avec le miracle de la naissance d’Isaac, on arrive ensuite au 2ème stade avec la vertu de rigueur. Mais ce n’est pas encore Israël. Et alors après, il faut unifier les deux.

 

Un Remez : l’ordre est ‘Hessed-Din-Ra’hamim => ‘HeDeR mot désignant le Talmud Torah. Si on change l’ordre des lettres, des valeurs, il n’y a plus de Torah. C’est pourquoi la Torah, très intentionnellement, nous dit ce que Descartes appelerait dans son langage l’ordre des vertus. C’est d’abord ‘Hessed- Abraham, ensuite Din-Isaac, alors on arrive à Jacob-Israël avec le Emet. D’abord passer par là et après seulement intervient Moïse et la loi.

Nous vivons dans un temps chaotique où tout se passe à la fois, tout se passe en désordre... mais il faut savoir qu’il y a une règle malgré tout de Tikoun, de remise en ordre, de tout cela et que s’il n’y a pas cette base de l’identité des Avot, la Halakhah risque de devenir saducéenne, risque de devenir n’importe quoi.

 

Nous sommes dans un temps de rassemblement, dans un temps de résurgence de l’identité hébraïque et ces problèmes-là deviennent urgents. C’est pourquoi j’ai choisi ce Midrash de Moïse et Abraham comme motif central de cette analyse.

 

Q : Omer signifie la gerbe et Omer le ¼ de l’Efah ? 

R : l’Efah c’est une mesure. Omer signifie une mesure de grains équivalente à une gerbe.

 

Q : Avant la destruction du Temple, cette période était-elle considérée comme vulnérable pareillement ?

R : Absolument, puisque le Midrash nous fait remonter le commencement de cette vulnérabilité à l’histoire de Joseph et ses frères.

 

Q : réponse à la question posée des différences de formulation du Omer ?

 R : réponse provisoire : Une des deux communautés considère que Pessa’h est déjà acquis et qu’il faut retenir Shavouot. Alors on compte les jours qui nous séparent encore de Shavouot. L’autre communauté considère que Shavouot est déjà acquis et qu’il faut remériter Pessa’h. Et c’est pourquoi on compte les jours qui nous distancient de Pessa’h… 

 

 

< fin >

*****

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Published by Rav Léon Askénazi - dans CALENDRIER & FÊTES
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