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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:32

La signification du Omer  jusqu’à Shavouot (1986)

 

L'Omer et sa signification (1986)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/l_omer_et_sa_signification/cours_1

Face A

 

J’avais proposé d’étudier du point de vue du calendrier hébraïque de la période entre Pessa’h - la sortie d’Egypte - et Shavouot – la révélation de la Torah au Sinaï - que l’on appelle la période du Omer.

 

Compte tenu de la proximité de Shavouot le 6 Sivan, je vais commencer par définir la particularité de ce jour de Shavouot, le 6 Sivan, que l’on appelle en hébreu ‘Hag Hashavouot la fête des semaines et qui a aussi pour nom la fête de Matan Torah.

 

Cas particulier : C’est le seul jour commémoré pour lequel la Torah ne nous donne pas une date en soi. Il n’y a pas une Mitsvah de la Torah concernant la commémoration du 6 Sivan jour de la révélation de la Torah au Sinaï. Mais la fête de Shavouot est rattachée à la fête de Pessa’h puisque elle est fixée le 50ème jour à partir du 1er jour de Pessa’h. C’est une chose assez connue qui peut être éclairée par le nom français de Pentecôte venant du grec et signifiant la fête du 50ème jour.

 

Cette période entre Pessa’h et Shavouot a le nom de Omer. Depuis très longtemps cette période a pris une connotation de période deuil. J’expliquerais les différentes manières de commémorer ce deuil suivant les différentes communautés.

 

L’essentiel du sujet :

 

Le fait que la période du Omer soit connue depuis la fin de l’indépendance de la Judée au temps des Romains comme étant une période de deuil qui commémore la catastrophe de Bétar le dernier écrasement de la dernière révolte des Judéens contre les Romains au temps de Bar Kokhba et de Rabbi Akiba, et qui a mis fin aux chances de cette période de retrouver une indépendance politique de la Judée dans sa lutte contre l’empire romain. Et c’est depuis ce temps-là que commence la longue période de l’exil que nous avons connue jusqu’à notre temps.

 

C’est pourquoi cette connotation de deuil qui s’attache à la notion et à cette période de Omer semble avoir pris le pas sur la signification biblique de ce terme que je vais commencer par rappeler brièvement.

 

Parashat Emor :

On y apprend le sens biblique du Omer : une gerbe.

A Pessa’h, on offrait l’offrande d’orge et le lendemain de Pessa’h, il y a un temps de 50 jours où l’on commençait à offrir la gerbe de blé qui était offerte à Shavouot.

Nous verrons immédiatement la signification de la différence de la matière même de l’offrande  dans le rite du temple de Jérusalem.

 

Donc, ce mot de Omer ne signifie pas du tout « deuil » mais signifie « gerbe ».

 

Il y a donc deux niveaux où le compte de l’Omer des 49 jours puis le 50ème qui mènent à Shavouot était le compte du temps séparant Pessa’h de Shavouot et du temps où il était possible d’apporter cette nouvelle offrande de blé pour « la fête des prémices » – ’Hag HaShavouot a aussi d’autres noms, en particulier ’Hag haBikourim – fête de l’offrande des prémices.

 

C’est le 1er sujet qui se pose à nous : comment comprendre ce changement de sens entre la Omer du temps biblique - où le compte du Omer était le rite de l’offrande de la gerbe de blé – et ensuite à partir du temps de Rabbi Akiba et de Bar Kokhba cette fin définitive en ce temps-là de l’indépendance de la Judée vis-à-vis de la civilisation contemporaine qui débute avec l’empire romain, est devenue surtout une notion de période de deuil ?

 

Du point de vue de la tradition, cette armée de Bar Kokhba qui était en grande partie composée par les élèves de Rabbi Akiba  avait été anéantie par une Maguéfa – une épidémie – qui aurait frappée les élèves de Rabbi Akiba qui formaient l’essentiel de l’armée de Bar Kokhba, la dernière armée de la dernière révolte contre les Romains écrasée à Bétar en ce temps-là.

 

Le mot de Maguéfa, qui peut se traduire traditionnellement par « épidémie », a aussi un sens plus général et plus fondamental qui peut se traduire par « catastrophe », qui peut être une épidémie.

 

Question :

Pourquoi commémorer la défaite de Bar Kokhba et des élèves de Rabbi Akiba dans cette période ?

 

Réponse :

1ère réponse traditionnelle : l’évènement s’est passé en ces temps-là.

 

La meilleure manière d’aborder ce sujet est d’abord de définir le lien entre Pessa’h et Shavouot. Shavouot ne se présente pas comme une fête de commémoration autonome mais comme dans les termes bibliques eux-mêmes comme Atseret Pessa’h : la clotûre de l’évènement qui commence à Pessa’h.

 

Nous avons une analogie dans les fêtes du mois de Tishri : la fête de commémoration qui correspond à Pessah est Soukot qui, selon le calendrier biblique, comporte 7 jours et le lendemain des 7 jours de Soukot se trouve le 8ème jour de fête qui est Shémini ‘Hag HaAtseret  avec ce même terme : le 8ème jour de clotûre de la fête de Soukot. Tout se passe comme si Shavouot serait le 8ème jour de Pessa’h qui aurait été décalé après une période de 7 semaines.

 

C’est donc sur la signification de cette période de décalage que nous allons commencer à réfléchir.

 

Pessa’h est une événement historique de libération du peuple d’Israël au niveau de sa libération physique. Il y avait esclavage, asservissement, aliénation et exil politique de dispersion et sans qu’il soit encore question d’une révélation éventuelle de la Torah nous assistons dans le déroulement du récit, et donc dans le déroulement des événements, à l’achévement d’une longue période d’esclavage des Hébreux dans l’exil d’Egypte par l’événement que commémore Pessa’h – la sortie d’Egypte, c’est-à-dire la fin de l’exil. C’est un événement en soi qui est défini dans la plupart des sources qui traitent du sujet comme étant la libération physique nationale terrestre, au niveau des corps de ce peuple.

 

Alors que Matan Torah la révélation de la Torah le jour de Shavouot est à un tout autre  niveau : il s’agirait de la libération spirituelle de la relation à une civilisation d’idolâtrie qui était celle de l’Egypte.

 

Pour prendre une image très simple : de même qu’à l’échelle individuelle la personne humaine est corps et âme, le corps d’Israël a été libéré à Pessa’h et son âme a été libérée à Shavouot.

 

Il en résulte que si Pessa’h ne mène pas à Shavouot, Pessa’h est en question.

La sortie d’Egypte est irréversible mais c’est un commencement qui doit arriver à un terme, un aboutissement pour être parachevée. Une sortie d’Egypte qui ne ménerait pas au Matan Torah serait une sortie d’Egypte qui s’ouvre devant le néant. Et c’est donc intentionnellement que la Torah elle-même situe le jour de Shavouot en relation étroite avec le jour de Pessa’h, qui est le commencmeent de cette période du Omer.

 

Ce n’est que beaucoup plus tard que des événements catastrophiques auxquels j’ai fait allusion tout à l’heure dans l’épisode de la révolte des soldats de Bar Kokhba qui étaient les élèves de Rabi Akiva vont venir se ranger comme période de deuil, car il y a eu échec.

 

Pour éclairer cela, selon le Midrash, il y a eu toute une série de catastrophes de Maguéfa qui se situent dans cette période. Je vais en citer provisoirement un que je reprendrais dans la conclusion qui essaiera de donner une signification plus large à ce thème : on nous raconte que la vente de Joseph par ses frères, qui commence d’ailleurs la période de l’exil, se situe dans cette période du Omer. C’est déjà une première catastrophe déclenchant le commencement de l’exil, c’est la vente de Joseph par ses frères.

 

Analogie parallèle à ce fait que certaines périodes du calendrier semblaient être par privilège - et nous approchons par approximation d’un problème assez mystérieux - le fait que certains types d’événements ont leur commémoration à certains moment du calendrier.

 

Sans l’expérience historique du fait que c’est arrivé ainsi, on pourrait se demander s’il n’y a pas eu décision purement symbolique de situer ces commémorations à tel jour et tel moment de l’année plutôt qu’à un autre.

 

Exemple :

Le jour de Tishéa BéAv le jour de la destruction du temple le 9 Av où toute une série de catastrophes sont rangées dans cette même date : destruction du 1er et du 2ème temple... coïncidences significatives, persécutions déclenchées dans cette date, la guerre de 14-18 déclenchée le jour du 9 Av, tout comme l’expulsion d’Espagne.... etc.

 

Je tente de mettre en évidence le problème suivant : si nous nous situons à postériori de la fixation d’un calendrier, il pourrait s’agir de l’intention symbolique de ceux qui auraient fixé le calendrier, de grouper un certain type d’événements dans un certain type de dates, ou bien il s’agit de quelque chose de beaucoup plus profond, une sorte de convergence entre des événements, plus profonds que de simples coïncidences aussi remarquables soient-elles, et des moments du temps dans le  déroulement du calendrier de l’année.

 

Pour arriver finalement à cette définition de ce temps entre Pessa’h et Shavouot qui s’appelle le Omer. Que signifie-t’il qu’il devient dans les périodes de catastrophes la période significative de commémoration de deuil ? Nous verrons la manière dont est commémorée ce deuil qui est aussi significative, et notre sujet s’élargira dans les différentes dimensions de ce problème qui restera le même entre Pessa’h et Shavouot.

 

Nous en avons déjà appris un principe important : entre le commencement des événements et des processus de libération et d’autre part leur achèvement, leur point culminant, de Pessa’h à Shavouot.

 

Exemple de ‘Hanoukah :

‘Hanoukah commémore un événement historique bien précis et bien daté : la révolte des Judéens contre les Grecs et la réinauguration du Temple de Jérusalem qui avait été consacrée à l’idolâtrie par les Grecs occupant la Judée. Et voilà que cet événement historique est bien daté dans la période de ‘Hanoukah et cependant dans le Midrash et la Guémara nous apprenons que déjà le 1er homme fêtait ‘Hanoukah à sa manière. Je le dirais au niveau midrashique : il suffit de découvrir que le jour qui commence ‘Hanoukah est dans l’ordonnance de la cohérence du calendrier hébraïque le jour du solstice d’hiver. Jusqu’au jour de ‘Hanoukah la quantité de toute lumière qu’il y a dans l’année décroit, et à partir du 1er jour de ‘Hanoukah la quantité de lumière commence à croître. Et ce jour est le jour de ’Hanoukah. Le Midrash nous indique donc que le 1er homme a fêté ’Hanoukah.

La période de ’Hanoukah se situe après Tishri, c’est le jour commémorant le jour de la création du monde, de la création du monde du 1er homme. Et il y a eu faute. Le 1er homme s’aperçoit que la lumière décroit dans le monde et relie cela avec son expérience de la faute. On imagine aisément la pente de désespérance, de désespoir, et voilà qu’il s’aperçoit que la lumière recommence à croître. Il allume alors de grands feux pour aider la lumière à croître. On peut trouver de nombreuses analogies dans beaucoup de traditions qu’à ce moment-là on allume des feux...  Cela signifie que dans tous les cas le jour du 25 Kislev jour du solstice d’hiver c’est la ‘Hanoukah dans le monde au niveau cosmique.

A travers toute une série d’événements qui pourraient être choisis comme les événements historiques types de commémorations, la tradition a diagnotiqué que cette résurgence de la lumière qui risquait de disparaître complétement, au niveau de l’événement historique, c’est la réinauguration du Temple de Jérusalem après la victoire des Judéens sur les Grecs. Et à l’époque de cette décision du Beit Din des ‘Hasmonayim, le tribunal rabbinique des Macabi, il y a eu certainement des discussions : est-ce vraiment arrivé ? est-ce vraiment cela l’événement, au niveau de l’histoire des hommes,  de ‘Hanoukah au niveau du temps cosmique ? Et finalement la liturgie se cristallise après un débat dont le Talmud nous donne la trace : Que faut-il commémorer ? La victoire des Makabim en tant que victoire ? Le fait que ce jour-là les soldats des Maccabi sont entrés dans le Temple avec des torches allumées sur leur lances ? Ou faut-il commémorer le sens spirituel de cette victoire : alors que l’huile pure risquait de disparaître complétement, il en resta une petite fiole qui a pu illuminer le candélabre jusqu’à ce qu’on ait le temps d’avoir de nouveau une récolte d’huile pure ? En fin de compte cette victoire des Macabi a amené l’indépendance politique en Judée qui a été finalement gâchée par le clan des Saduccéens. D’où l’échec et ce fait que le Talmud a préféré privilégier l’aspect spirituel de la fête plutôt que son aspect national et politique. 

 

Pour notre sujet c’est un exemple qu’un jour dans l’année a sa signification propre du point de vue des commémorations spirituelles et religieuses, à tous les niveaux, et qu’il faut attendre dans le temps de l’histoire qu’un événement de l’histoire des hommes l’illustre pour que ce soit cet événement là qui en soit l’événement de commémoration. 

 

Par exemple aussi pour Pessa’h. Depuis le temps des commencements, Pessa’h c’est la pleine lune du printemps. Mais il faudra attendre la sortie d’Egypte pour que la Torah fixe que la signification de Pessa’h comme ’Hag Hamatsot c’est la sortie d’Egypte. A partir de ce diagnostic : l’événement a rejoint le jour significatif, et le jour significatif a trouvé son événement.

 

Nous sommes donc témoins d’expériences où effectivement cela se passe à la date considérée.

Laissons le mystère au niveau du mystère. Il n’y a pas coïncidence mais convergence de deux plans de l’être : l’événement historique qui illustre la signification du jour dans le temps du calendrier se passe effectivement à la date où il se passe. Et comme nous sommes contemporains d’événements de ce genre nous pouvons être rassurés quant à la cohérence de ce que nous disent les temps anciens.

 

***

 

La signification de ce temps de passage, d’effort entre Pessa’h et Shavouot, d’une libération physique qui commence à Pessa’h.

 

C’est pourquoi nous dit le Midrash on apportait l’offrande de l’orge qui va à travers les 50 degrés de l’effort jursqu’à la libération spirituelle du jour de Shavouot à l’offrande de blé : le Midrash explique que l’orge est aussi nourriture pour l’animal alors que le blé est caractéristique de la nourriture de l’homme. De même Pessa’h est la libération d’Israël mais au niveau de la vie biologique, alors que Shavouot est la libération au niveau de la vie spirituelle qui fait qu’un homme est un homme.

 

Cette période-là est en soi une période vulnérable, dangereuse. Une période caractéristique où viendront se loger les événements d’échecs qui mettent en question ce qui était acquis à Pessa’h ou, au contraire, les événements de réussite qui permettent le progrès de ce qui a commencé à Pessa’h jusqu’à son aboutissement ultime de Shavouot.

 

C’est l’essentiel de l’explication de l’identité de ce temps-là. Temps de passage entre Pessa’h et Shavouot, et nous en avons eu l’éclairage historique au moment de Bar Kokhba, Rabbi Akiba et l’échec lors de la révolte contre les Romains. C’est dire que c’est précisément dans cette période-là que l’acquis de la sortie d’Egypte est mis en question.

 

Le deuil est la commémoration du fait que, bien que sortis d’Egypte, nous allons recommencer l’exil. Nous allons le découvrir en même temps, c’est dans ces périodes-là que les événements de progrès qui rendent notamment l’espoir de la mise en marche de cet effort de libération sont aussi commémorés dans cette période-là. Par exemple, le jour qui brise le deuil de cette période qui est Lag BaOmer, le 33ème jour du Omer.

 

Il y a ces deux dimensions de la même problématique : une libération est en cours et si elle réussit alors survient un jour de type Lag BaOmer - jour de joie. Si elle échoue on a un jour de type des 33 jours de deuils le précédant. Cela va un peu plus s’eclairer dans la diversité des rites de commémoration de  ce deuil à travers les grands courants des communautés.

 

ð   Chez les Séfardim le deuil commence le lendemain du 1er jour de Pessa’h et s’arrête le 33ème jour qui est Lag baomer.

 

ð   Dans la majorité des communautés Ashkénazes, le deuil commence le 1er jour du 2ème à Iyyar et s’achève à Shavouot avec une interruption le jour de LagBaOmer et il reste 33 jours de deuil aussi. Il y a donc une tradition commune des 33 jours de deuil. Problème de liturgie pas simple : pourquoi les Séfardim ont-ils l’habitude de fixer le deuil dans la 1ère période du Omer et de l’arrêter à Lag Baomer alors que c’est différent pour les Ashkénazim pendant tout le mois de Pessa’h mais à partir du 1er Iyyar...

 

ð   3ème courant : une période des 50 jours toute entière considérée comme période de deuil avec ou sans interruption le jour de Lag BaOmer 

 

Dans la tradition Ashkénaze la motivation de la Halakhah vient du fait que tout le mois de Pessa’h est considéré comme un jour de fête et par conséquent on ne prend pas le deuil au mois de Nissan mais on le commence au mois de Iyyar.

C’est donc une raison importante intérieure qui fait que en dépit de cette régle dans la tradition séfarade on commence le deuil à Pessa’h et on arrête à Lag Baomer.

 

La formule même de la liturgie de la bénédiction du compte du Omer peut nous éclairer à ce sujet et je la formulerais sous forme de question.

 

La Torah elle-même en Parshat Emor Chapitre 23 verset 15 du Lévitique nous dit ceci : 

23:15

וּסְפַרְתֶּם לָכֶם, מִמָּחֳרַת הַשַּׁבָּת, מִיּוֹם הֲבִיאֲכֶם, אֶת-עֹמֶר הַתְּנוּפָה:  שֶׁבַע שַׁבָּתוֹת, תְּמִימֹת תִּהְיֶינָה

Ousfartem lakhem

mimo’horat haShabat

miyom havi'akhem et-omer hatnoufah

sheva Shabatot tmimot tihyeynah.

Et vous compterez pour vous

Depuis le lendemain de [la fête qui est appelée ici] Shabat

Depuis le jour où vous apportez la gerbe de l’offrande (la gerbe qui était balancée en offrande devant l’autel que l’on appellait l’offrande du balancement  Hatnoufah)

7 semaines parfaites 

 

23:16

עַד מִמָּחֳרַת הַשַּׁבָּת הַשְּׁבִיעִת, תִּסְפְּרוּ חֲמִשִּׁים יוֹם; וְהִקְרַבְתֶּם מִנְחָה חֲדָשָׁה, לַיהוָה

Ad mimo’horat haShabat hashvi'it

tisperou chamishim yom

vehikravtem minchah chadashah l'Adonay

jusqu’au lendemain de la 7ème semaine 

vous compterez 50 jours

et vous offrirez à l'Éternel une oblation nouvelle.

 

Donc, la Torah nous demande de compter 7 semaines et 50 jours.

1ère indication signalée précédemment : en réalité on ne compte que 49 jours.

Le 50ème jour est donné comme achèvement et on n’a plus à le compter.

 

Si on a compté les différent degrés de cet effort, alors on est arrivé au summum de l’effort proprement humain qui commence à Pessa’h et vise le sommet de Shavouot et le 50ème jour est donné de surcroit.

 

C’est relié au fait que la Guémara nous enseigne que au pied du Sinaï, la liberté de choix est supprimée. Le verset dit précisément « Ta’hat hahar sous la montagne » d’où le Midrash : « Dieu a soulevé la montagne disant à Israël si vous acceptez la Torah c’est bien, sinon ce sera ici votre tombeau… ». Cela signifie qu’il n’y a plus de liberté ! Où était la liberté et où était le mérite ? Dans les étapes mêmes des 49 jours qui menaient à ce rendez-vous du 50ème jour ! On savait où l’on allait et donc le mérite c’était d’y aller, mais au moment de l’arrivée il y a dévoilement de révélation et la liberté est supprimée. C’est le fait même de révélation qui est cette contrainte de supression de la liberté.

 

Le Midrash le dit à sa manière : « Lorsque le Roi est présent le serviteur n’est plus libre ». Le serviteur est libre ou doit être libre (c’est un problème philosophique) lorsque le roi se cache, lorsqu’il est apparemment ailleurs, mais s’il est présent le serviteur n’a plus sa liberté. Cela n’enlève rien au mérite, au contraire, le mérite était d’arriver au pied du Sinaï.

 

C’est très parallèle à notre problème du compte des 7 semaines c’est-à-dire des 49 jours et des 50 jours que dit la Torah. Le fait d’avoir compté les 49 jours sans interruption a pour parachèvement le 50ème où la Torah est donnée.

 

Exemple du folklore : Dans beaucoup de communautés traditionnelles on pratique un rite particulier à Shavouot où le 1er repas est un repas de laitage. Etant donné que la Torah a été reçue au Sinaï à Shavouot il fallait commencer à manger Kasher et pour indiquer que l’on commence à recevoir la souveraineté des Mitsvot, afin d’éviter le mélange de lait et viande...

 

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans CALENDRIER & FÊTES
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