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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:41

Korah (1995)

 

 

Korah (1995) 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1995/cours_1

Face A

 

La controverse entre Qora’h, un des principaux chef de la tribu de Lévi, et Moïse.

 

Qora’h avait déclenché une conspiration contre Moïse en faisant alliance avec une autre controverse qui venait des chefs de la tribu de Réouben cités au début de la Parashah, et ceux-ci contestaient Moïse sur le pouvoir politique, suivant le principe suivant que, par droit d’héritage, le pouvoir politique devrait appartenir à la tribu de l’ainé de la famille de Jacob : Réouven étant le 1er né.

 

Qora’h lui va cristalliser ses propres motivations de controverse derrière cette accusation de népotisme envers Moïse : favoriser sa famille pour le pouvoir : cela s’appelle du népotisme.

 

Nous avons là quelque chose qui ressemble beaucoup à ce qui se passe dans les sociétés au moment des prises de pouvoir. Il y a ce risque de népotisme avec tout chef du pouvoir politique.

 

Effectivement, c’est cette contestation, cette accusation que Qora’h va formuler en faisant alliance avec cette Ma’hloquet des chefs politiques potentiels.

 

La tribu de Lévi elle représente le pouvoir sacerdotal. Par conséquent, Qora’h lui-même membre des Léviim va focaliser sa controverse contre Aharon, le frère de Moïse, désigné par Moïse comme grand-prêtre.  

 

16.1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי

”Vayikar Qora’h ben Is’har … ben Lévi”

A pris Qora’h fils de Ishar... fils de Lévi

 

L’identité de Qora’h est reliée à celle de Lévi. 

 

Réouben étant l’aîné, réclame le pouvoir politique, le pouvoir du roi, alors qu’à Lévi appartient le pouvoir sacerdotal. C’est à l’aîné qu’est confié le pouvoir politique. C’est au 3ème fils que sera confié le pouvoir sacerdotal. C’est un sujet qui mérite d’être étudié nous le prendrons comme postulat. Que fait Shimon entre les 2 ? Une sorte de scotomisation, lorsqu’on cache quelque chose, on refoule comme si cela n’existait pas.

 

Dans le verset même concernant l’identité de Qora’h, rattachée très explcitiement à Lévi, on veut nous rappeler que la force de sa prétention vient que c’est un héritier de Lévi de manière essentielle. Nous savons d’autre part par beaucoup d’indications que c’est un des grands de la tribu de Lévi. Après Moïse, Qora’h aurait eu la stature adéquate pour être le Moïse.

 

Nous verrons pourquoi la généalogie de Qora’h dans le verset remonte jusqu’à Lévi mais pas jusqu’à Jacob. Dans Divrei Hayamim un verset fait remonter la généalogie de Qora’h jusqu’à Jacob nommé Israël.

 

Rashi cite un Midrash selon lequel Jacob aurait prié pour que son nom ne soit pas associé au complot de Qora’h. Il va s’agir de la faute la plus grave d’Israël. Celle qui mène à la brisure de l’unité du peuple, et qui correspond au niveau spirituel, à porter atteinte à l’unité du Nom de Dieu.

 

Parmi toutes les fautes possibles dans la société d’Israël, ce que représente la faute de Qora’h, la faute du contestataire de Moïse est la plus grave : c’est la faute du Talmid ‘Hakham qui conteste la tradition.

 

Dans la Talmud il y a l’expression de « Zaqen Mamrei ».

Le terme Zaqen désigne un sage – un ‘Hakham – quelqu’un qui pourrait être Dayan, à la tête de l’autorité du tribunal rabbinique qui doit interprêter la Torah de Moïse. Mamrei signifie rebelle à l’autorité de la Torah de Moïse elle-même. C’est ce que nous verrons dans les sources talmudiques qui expliquent la gravité du problème de Qora’h.

 

Rashi cite le 1er Midrash :

 

Fils de Yitshar fils de Qehath fils de Léwi : Sans qu’il soit ajouté : « fils de Ya‘aqov », car celui-ci avait prié pour que son nom ne soit pas mentionné à l’occasion de leur querelle, comme il est écrit : « Dans leur assemblée que ne se joigne pas mon honneur » (Beréchith 49, 6). Et où est-il fait mention de son nom en même temps que de celui de Qora‘h ? Dans Divrei Hayamim, lorsque sera énumérée leur généalogie, comme il est écrit : « Fils de Aviassaf, fils de Qora‘h, fils de Yitshar, fils de Qehath, fils de Léwi, fils d’Israël » (I Divrei Hayamim 6, 23) (Midrach Tan‘houma).

 

Jacob a prié pour que son nom ne soit pas relié à la Ma’hloquet de Qora’h contre Moïse.

 

Qora’h est en réalité un très grand de la Torah, issu de la tribu de Lévi. Qora’h aurait pu être du niveau de Moïse en l’absence de celui-ci. D’où la gravité de sa faute. Si quelqu’un de petit fait semblant de s’opposer à un grand c’est ridicule, mais si quelqu’un d’un peu moins grand que le grand s’oppose au grand c’est grave. Le seul qui n’avait pas le droit d’entrer dans l’ombre d’une controverse avec Moïse, c’était précisément Qora’h qui aurait été un Moïse possible.

 

Question :

Pourquoi la Torah explicite-t’elle de manière si détaillée cette situation dans la société d’Israël:  l’antagonisme à Moïse ? et comment est-ce possible qu’un grand du niveau presque équivalent à celui de Moïse tombe dans une telle faute ?

 

Voilà le cadre du sujet.

 

Je citerais une des sources talmudiques mettant en évidence les attendus de la possibilité de ce type de controverse et ce qu’elle signifie.

 

Il faut bien avoir à l’esprit qu’il ne s’agit pas simplement, dans l’histoire d’Israël, de cas isolé et spectaculaire comme par exemple Qora’h mais que c’est un problème permanent dans le développement de l’histoire d’Israël.

 

A partir du moment où une révélation est confiée par quelqu’un, grâce à quelqu’un - sans Moise la Torah n’aurait pas été révélée - elle appartient au peuple, et par conséquent s’attache le risque que dans le peuple des compétences analogues à celles de Moïse (puisqu’il s’agit du peuple d’Israël) se dévoilent et survient alors le risque de compétition entre un disciple du grand maitre et le grand maitre lui-même.

 

La Ma’hloqet entre Qora’h et Moïse vient des conditions mêmes des attendus de la Torah révélée par Moïse. Moïse a réussi lorsque l’on peut se passer de lui. Et par conséquent, il y a ce risque, puisque sa fonction c’est d’élever Israël à sa hauteur, c’est que Israël s’élevant à sa hauteur, Qora’h arrivant le plus haut, profite de cela pour entrer en compétition avec Moïse.

 

Cela s’appelle dans la littérature talmudique la faute du Talmid ‘Hakham :  Zaqen Mamréi  - cela s’appelle être « Moré halakhah lifneh rabo » « enseigner la halakhah devant son maitre »

Son maître étant présent cela dépasse le manque de politesse.

Dans la civilité, on ne parle pas devant son père, ni devant son maitre sans autorisation, mais il y a encore une limite beaucoup plus grande, c’est quand un problème de compréhension de la Torah se pose, qu’un élève se permette de donner son avis en présence de son maître. Cela s’appelle « Moré halakhah lifneh rabo » et selon le Talmud la peine est ‘Hayav Mitah, passible de mort.

 

C’est un niveau extrême de la morale talmudique et on se rend compte à quel point on est éloigné de ce niveau de dignité.

 

C’est ainsi parce que ce qui est en question dans ce problème de la contestation du Talmid ‘Hakham c’est la révélation elle-même. Cela veut dire que si on contredit celui par qui la révélation passe, on contredit la révélation elle-même. On nie la révélation elle-même. C’est la grande difficulté de ce problème : Qorah ne sait-il pas que lorsque Moïse enseigne c’est Dieu qui lui transmet ? Comment se permet-il de contester Moïse ?

 

Le Zaqen Mamré est celui qui pourrait être le Moïse du temps, mais qui est en controverse avec l’autorité de la tradition, et il est ‘Hayav Mitah parce que cela équivaut au fait qu’il nie le fait que la Torah soit révélée.

 

Je vous citerais un texte du talmud qui explique comment comprendre ce qui arrive à Qora’h.

 

La difficulté c’est que dès les début du récit  on se demande ce qui pousse Qorah à se révolter alors qu’il sait que ce que Moïse enseigne c’est la Shekhinah elle-même qui lui enseigne ?

 

Le Midrash donne comme exemple les contestations de Qorah contre Moïse.

Cela se réfère au passage immédiatement précédent dans la Parashah de Shelah Lekha que l’on lit dans le Qriat Shémâ, c’est la Parashah des Tsitsit.

 

Immédiatement après les commandements des Tsitsit, la Torah nous parle de cette contestation de Qora’h. En fait, c’est un des exemples que je cite du Midrash, il y en a d’autres, qui se relie toujours au même principe.

 

C’est le livre du Maharal - Beer Hagolah Le puit de l’exil - qui donne bien l’explication sur ce Midrash. Moïse transmet la Mitsvah des Tsitsit avec la présence du fil bleu dans le Talet blanc.

Qora’h pose la question suivante ainsi : « si le Talet entier est bleu lui faut-il aussi un fil bleu ? »

 

[La couleur bleue telle qu’elle était connue au temps du Bayit Shéni a été perdue. Certaines autorités contemporaines, surtout chez les ‘Hassidim pensent l’avoir retrouvé. Certains ‘Hassidim portent déjà les Talet avec le fil bleu. C’est un ‘Hilazon un escargot d’eau qui donne cette couleur bleu.]

 

Quel est le sens de cette contestation de Qora’h ?

Si Dieu a demandé que dans le Talet blanc il faut un fil bleu et le Talmud explique ce fil bleu dans le Talet blanc, pourquoi Qora’h conteste-t’il Moïse ?

 

Dans la formule du verset au début du récit, il y a une contestation de Qora’h qui s’allie aux chefs de la tribu de Réouven, Datan et Aviram...

 

16:1

וַיִּקַּח קֹרַח, בֶּן-יִצְהָר בֶּן-קְהָת בֶּן-לֵוִי; וְדָתָן וַאֲבִירָם בְּנֵי אֱלִיאָב, וְאוֹן בֶּן-פֶּלֶת--בְּנֵי רְאוּבֵן

Vayika’h Kora’h ben-Yitshar ben-Kehat ben-Levi

veDatan va'Aviram beney Eli'av ve'On ben-Pelet beney Reouven

Qora’h, fils de Yitshar, fils de Qehat, fils de Lévi, forma un parti avec Datan et Avirâm, fils d'Eliav, et On, fils de Pélet, descendants de Réouven

וַיָּקֻמוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה, וַאֲנָשִׁים מִבְּנֵי-יִשְׂרָאֵל חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם, נְשִׂיאֵי עֵדָה קְרִאֵי מוֹעֵד, אַנְשֵׁי-שֵׁם

16:2

Vayakumu lifney Moshe

va'anashim mibeney-Yisra'el

‘hamishim umatayim

nessi'ey edah

kri'ey mo'ed

anshey-shem.

« et ils se dressèrent contre Moïse

accompagnés de personalités -anashim-

250 chefs du parti de la rebellion de Lévi,

des princes de l’assemblée

ceux que l’on convoquent lorsque l’assemblée est appelée

des gens de renom »

 

Tout de suite la Torah nous averti que c’est à un très haut niveau que cela se passe.

 

16:3

וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם--כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה; וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ, עַל-קְהַל יְהוָה

Vayikahalu al-Moshe ve'al-Aharon

vayomeru alehem

rav-laKhem

ki chol-ha'edah kulam kedoshim

uvetoKham Adonay

umadua titnasse'u al-kehal Adonay.

« Et ils se groupérent contre Moïse et Aharon

et leur dirent :

rav lakhem ! trop pour vous  !

car toute l’assemblée est sainte

ki kol haedah koulah qedoshim,

et en leur saint, il y a HM,

et pourquoi vous érigez vous en prince...

 

Toute l’assemblée est sainte ! Si tout le talet est bleu, pourquoi faudrait-il ajouter un fil bleu, toi Moïse ? Voilà l’explication du Maharal.

 

Le 2ème exemple rattaché à la même Parashah des Tsitsit :

Dans une maison emplie de Sifrei torah faut-il poser une Mézouzah ?

 

Même idée : si toute la collectivité possède cette sainteté propre à Israël, pourquoi Moïse et Aharon s’installent-ils comme chefs ?

 

La démagogie qui apparait est très claire. En réalité, vont se dévoiler les motifs personnels de cette contestation contre Moïse mais elle se masque d’une argumentation collective, dans une revendication collective. C’est apparemment le bien de la collectivité qui est réclamée mais en réalité c’est son intérêt personnel.

 

On en trouve souvent l’expérience dans la société : c’est exactement la définition du démagogue qui prétend représenter les intérêts du peuple pour détrôner le roi mais, une fois en place, il fait pire que le roi accusé une fois à sa place.

 

Le Talmud va tout de même tenter de faire comprendre la vraisemblance d’une telle querelle.

Quels pourraient être les arguments de Qora’h en bonne part ?

 

Malgré tout, à la fin des temps, le nom de Qora’h sera rattaché au nom de Jacob par le nom d’Israël : Finalement cette querelle prendra fin et Qora’h sera réhabilité.

 

Tant que la querelle subsiste, c’est la faute la plus grande, mais ce n’est pas la faute de n’importe qui. Lorsque l’on comprendra comment cette faute pourra être restaurée, alors la personalité de Qora’h reprendra sa filiation jusqu’à Jacob-Israël.

 

On va le lire dans Rashi avant de commencer l’étude avec une 1ère source dans le Talmud et je vous donnerais ensuite une 2nde source dans le Zohar, la Qabalah, pour rattacher ce problème de cette situation de conflit de tension entre Moïse et l’autre que Moïse à la situation générale d’autrui à autrui qui commence avec Qaïn et Hévél.

 

Dans quel cas particulier de la relation d’autrui à autrui on se trouve dans cette relation de Mosheh et Qora’h : je vous donnerais une introduction sur les différents niveaux de la personnalité humaine d’après la Kabalah.

 

Rashi sur le 1er verset :

Qora’h Ben Izhar Ben Qehat ben Lévi 

et il n’a pas mentionné « fils de Jacob », car Jacob a prié pour sa propre personne en demandant que son nom ne soit pas mentionné sur la controverse (d’aprés un Midrash sur le verset de Bereshit  chapitre 49, concernant les bénédictions que Jacob donne à ses enfants lorsqu’il parle de Shmouel et Lévi il dit : ) « que dans leur complot secret mon âme ne soit pas engagée et que dans leur ligue mon honneur ne réside pas » (Gen. 49:6) (Le Midrash dit : Il s’agit de la controverse de Qora’h.)

Et où est mentionné le nom de Qora’h en relation avec le sien ? Chron. (6:22, 23)

Lorsque leur généalogie est tracée pour le service sur la plateforme du temple comme il est dit : “fils de Korah, fils de Izhar, fils Kohath, fils de Levi, fils de Israel.” - [Midrash Tan’houma Qora’h 4, Shemot Rabbah 18:5]

 

C’est-à-dire qu’il y a déjà une indication que nous donne Rashi qu’à la fin des temps - Divrei Hayamim c’est la fin de la bible - Qora’h sera réhabilité et rattaché à Israël.

 

On passe à la source Talmudique : où l’on trouvera les expressions de « Zaquen Mamré » et de « Moreh halakhah lifnei rabo ».

 

Si l’on comprend bien l’intention de la Torah, le projet initial pour la société d’Israël, d’après le verset qui définit le projet historique d’Israël dans l’humanité qui est :

Exode 19.6

 «וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ  

Véatem tihyou li mamlekhet kohanim vegoy kadosh : et vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte…», il s’agit d’une société sans hiérarchie, c’est une société d’individus qui doivent être capables d’être chacun d’entre eux les prêtres des nations.

 

« Mamlekhet kohanim »

S’il s’agit d’un « royaume de prêtres », pourquoi a-t’il besoin de prêtres lui même ? C’est là la racine de cette contestation de Qora’h dans sa démagogie même.

 

« Ve goï kadosh »

« Une nation sainte » : et voilà que Moïse institue un pouvoir civil, une royauté ?

 

Depuis la génération de la sortie d’Egypte, c’est Moïse lui-même qui a le pouvoir royal et il donne à Aharon, son frère, le pouvoir sacerdotal !

 

Qora’h se base sur l’enseignement de Moïse lui-même pour motiver sa querelle démagogique. On voit la racine du problème : en se basant sur l’enseignement de Moïse, Qora’h trouve la force de son argumentation. Cela veut dire que cet argument est imparable car ce qu’il dit est vrai.

 

Exode 25.8

וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם  

« Véassou li miqdash vashakhanti betokham »

« ils me ferons un sanctuaire et je résiderais parmi eux ».

C’est ce que dit notre verset cité tout à l’heure dans l’argumentation de Qora’h : « ki kol ha édah koulam qedoshim ».

 

Qora’h démontre verset à l’appui que Israël est ce sanctuaire. Toute la Edah est sainte !

C’est imparrable ! La force de l’enseignement formel de Qora’h vient de Mosheh lui-même !

 

Une enseignement du ‘Hafets ‘Hayim qui montre bien que c’est la société d’Israël qui est ce Miqdash. Parce que le verset dit « Veassou li miqdash vashakhanti betokham » et non Betokho « en lui » mais « en eux ». C’est dans la société d’Israël que la Shekhinah réside.

 

Le Hafets ‘Hayim enseigne sur le mot MiShKaN  les Rashei Tévot des différentes fonctions de souveraineté en Israël:

ð   Mem => Melekh => le roi et le pouvoir royal.

ð   Shin => Shofet => le juge et le pourvoir législatif.

ð   Kaf => Kohen => le prêtre et le pouvoir sacerdotal.

ð   Noun => Navi => le prophète et le pouvoir prophétique.

 

Le Mishkane, la résidence de la Shekhinah c’est la société d’Israël.

La Shekhinah résidait en Israël pendant tout le temps biblique et lorsque le Miqdash a été détruit la Shekhinah n’avait plus de lieu de résidence. Mais sa résidence c’est la société d’Israël.

 

Le Rav Kouk dans la suite de cet enseignement nous a donné les éléments de compréhension : la restauration de ce Mishkane se fait dans l’ordre de Mem-Shin-Kaf-Noun. D’abord, la société qui est restaurée dans la souveraineté du pouvoir de l’autorité politique : la Medinah. Ensuite le Sanhédrin, c’est le pouvoir juridique au nom de la Torah. Ensuite le Miqdash avec le Kohen et ensuite la Nevouah est rendu à tout Israël. C’est dans cet ordre là, nous en sommes au 1er stade, celui de la Médina avec le pouvoir du Melekh qui se constitue.

 

C’est plein de problèmes comme vous le savez. Les autres pouvoirs sont en germe dans ce 1er stade. Par exemple, aucun rapport de dignité ou de dimension de grandeur entre ce que peut représenter la rabbanout larashit et le Sanhédrin. Idem pour les autres pouvoirs.

 

Il nous enseignait que toutes les forces d’Israël doivent être concentrées sur ce Mem et quand ce Mem est établi, alors on s’occupera du Shin et on verra apparaitre le Sanhédrin. Ce qui est tout à fait autre chose que la rabbanout larashit actuelle qui est un Misrad de la Medinah.

C’est très rassurant car cela signifie qu’il y a un ordre de restauration du Mishkan qui a été détruit.

 

***

Qora’h => c’est la Torah elle-même qui enseigne qu’il ne doit pas y avoir de hiérarchie en Israël.

Tous sont saints, et voilà que Moïse institue des rois et des prêtres ? La contestation de Qora’h en vient à démontrer que Moïse a falsifié la Torah elle-même. Il ne met pas en question que Dieu a révélé la Torah mais met en question la façon dont Moïse l’institue.

 

Il faut comprendre qu’il y a un projet à priori et la réalité de l’histoire difficile qui doit mener à la réalisation de cet idéal.

 

Effectivement, l’idéal est une société anarchique dans le sens étymologique a-narkia sans hiérarchie : une société d’hommes libres qui n’ont pas à avoir pour eux-mêmes de hiérarchie puisqu’ils sont censés êtres des rois et des prêtres pour les nations. Mais c’est le projet apriori.

 

Je crois qu’il reste chez les Juifs une trace de cela très profonde, il y a une tendance qui les mène à s’assigner comme idéal cet idéal de la société anarchique.

 

Voir historiquement en Europe cette forte participation des Juifs, dès leur sortie des ghettos, à ces mouvements de type anarchiste. La fascination marxiste les pousse en général à être trotskistes plutôt que marxiste orthodoxe... Cela fait partie très profondément de la nature humaine mais il y a une manière spécifiquement juive de vivre cela.

 

La force de Qora’h c’est de ne pas tenir compte que ce n’est qu’un projet idéal et que ce n’est pas encore le cas. Entre temps, pour atteindre précisément ce niveau il faut qu’il y ait en Israël même, une hiérarchie et politique et sacerdotale.

 

Il y a eu deux empêchements à ce projet d’emblée de  « mamlekhet kohanim vegoy kadosh »

 

ð   Un empêchement intérieur à Israël : Israël n’en est pas encore capable comme le prouve la catastrophe de la faute du veau d‘or. Immédiatement après le Sinaï cette catastrophe. Dès ce moment-là il est décrêté que ce projet est repoussé à la fin des temps. Israël n’est pas capable du niveau de « mamlekhet kohanim ve goy kadosh ». Il y a un handicap dans l’histoire d’Israël dès le début, c’est l’introduction du Erev Rav qui est cependant nécessaire au projet d’histoire d’Israël. Dès l’origine et normalement, l’histoire d’Israël part avec cet handicap qui l’empêche d’emblée d’être « mamlekhet kohanim ve goy kadosh ».

 

ð   Un empêchement extérieur, c’est le refus des nations. C’est pourquoi les prophètes vont reprendre ce projet de la sortie d’Egypte comme l’idéal pour la fin des temps. En attendant nous sommes en situation provisoire d’une société qui a besoin elle-même d’avoir sa propre hiérarchie en attendant de rejoindre le niveau idéal prévu

 

C’est là la démagogie de Qora’h : dans le projet il a raison, c’est ce que Moïse a dit, mais dans la réalité il a tort, car il feint d’ignorer ce qui s’est passé et qu’il faut pour Israël une hiérarchie. Avec ce qui se cache derrière : s’il faut une hiérarchie pourquoi pas moi ?

 

Nous allons voir comment le Talmud en parle. Il va l’enseigner à propos de la naissance de Samuel. Samuel est un descendant de Qora’h. Or, la naissance de Shmouel est difficile.

 

Cela se rattache à la difficulté des engendrements de la lignée messianique, à partir de Sarah déjà.

 

C’est un thème que je ne peux pas développer ce soir mais il faut découvrir cela. Il y a quelque chose à expliquer dans l’histoire des mères d’Israël. Car les mères d’Israël sont provisoirement stériles. Il n’y a pas de substantif pour décrire cet état en français. Le Talmud étudie cela, il y a un mot qui indique le cas particulier d’une stérilité réelle définitive, impossibilité à enfanter. Et pour Sarah il y a eu un miracle. Sarah, Rivqah, Ra’hel, ‘Hanah mère de Shmouel sont successivement dans ce cas...

 

Tant qu’il n’est pas évident que l’enfant attendu, est vraiment l’enfant  qui va naître, c’est Dieu qui empêche l’enfantement. Cela veut dire que c’est la lignée par laquelle passe l’engendrement messianique où l’enfantement est difficile.

 

Lorsque Ishmaël nait, tout de suite la Torah nous dit la constitution de la nation d’Ishmaël en 12 tribus. Lorsque Essav nait, tout de suite, la Torah nous dit la constitution de la nation de Essav en 11 tribus.

 

Et pour la constitution de la nation d’Israël à partir de Jacob, c’est là que le texte se fait beaucoup plus fouillé : c’est très difficile ! Ce n’est que en fin de compte l’enfant nait. Cela commence avec Isaac et Rivqah.

 

Je crois que toute notre histoire, du peuple juif en tant qu’héritier des Hébreux est ainsi. L’avénement d’un événement d’ordre messianique arrive toujours en fin de compte. Car si jamais il y a anticipation, il y a échec. Et on ferait mettre au monde une approximation d’identité qui serait catastrophique et monstrueuse.

 

J’ai compris cela dans le Talmud qui indique que le Mashia’h s’appelle « Bar Nafli » « le fils des avortés » (nefel c’est un avorton) ; c’est-à-dire qu’il y a à travers le temps énormément d’avortements, d’identités messianiquement non réussies, et en fin de compte quand le Mashia’h nait, il est le résultat de tous ces efforts qui ont avorté.

 

Cela veut dire qu’il ne faut pas s’étonner d’avoir vécu pendant les 2000 ans de l’exil depuis la destruction du 2nd Temple. 2000 ans c’est effroyablement long, de patience et d’espérance de restauration de l’identité d’Israël. Et on a traversé ces 2000 ans d’espérance dans une invraisemblance totale que cela allait arrivé.

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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