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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:42

Korah (1995)

Korah (1995) 2ème Partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1995/cours_1

Face B

 

…/…

… extérieur et intérieur de l’histoire du peuple juif n’était pas apte à l’apparition de l’état d’Israël.

Si cela était apparu avant, cela aurait avorté. C’est déjà très difficile comme cela.

 

Quoiqu’il en soit Dieu empêche les mères d’Israël d’enfanter tant que les conditions pour obtenir ce fils véritable de la messianité ne sont pas remplies. Sinon il y aurait une approximation d’identité qui est néfaste.

 

L’illustration de cela nous est donnée dans la différence entre Ishmaël et Isaac.

Avec Hagar, Abraham obtient un enfant de suite, qui rit au présent. Avec Sarah c’est  très difficile d’enfanter l’enfant, Yitshaq, celui qui rira au futur. On a étudié ce thème dans la Parashah de la naissance de Yitshaq. Si on n’attend pas que Sarah soit capable d’enfanter Isaac, alors elle risque d’enfanter un Ishmaël. Un Ishmaël né en dehors d’Israël vous savez à quel point il faut le supportez alors imaginez un Ishmaël né d’Israël ! D’une manière générale c’est la hantise que Amaleq naisse d’ISraël !

 

‘Hanah est la femme d’Elkanah dans le récit de la Torah et Elkanah a 2 femmes. Sa femme préférée ‘Hanah est « stérile » et elle prie pour obtenir des enfants. On apprend d’ailleurs de sa prière les régles de la liturgie de la prière juive. Elle prie et l’enfant nait : c’est Shmouel.

Le Talmud va décrire une scène de la vie de Shmouël enfant qui va nous aider à comprendre qui était Qora’h.

 

Midrash : Qora’h a eu un rêve dans lequel de son nombril apparaissait un arbre au pied duquel Shmouel enseignait. Shmouel dans le verset des  Psaumes est comparé à Moïse et Aaron réunis.

Qora’h par conséquent raisonne de la manière suivante : Si de ma descendance doit apparaitre quelqu’un du niveau de Moïse et Aharon réunis, alors moi-même j’ai ce niveau !

 

Que signifie dans le Midrash cette manière d’expliquer les motivations de Qora’h ?

 

Dans la prière de ‘Hanah, pour que l’enfant qui est empêché de naître puisse naitre : c’est une identité telle que l’ordre des engendrements l’empêche d’apparaitre. On apprend cela surtout de l’identité de David qui ne pouvait pas naître. Il faut forcer l’impossibilité de sa naissance. 

Le Midrash explique que David a pu naître parce que Adam harishone a prévu de lui donner 70 ans de sa propre vie. Ce que cela signifie on l’étudiera en son temps.

 

Dans la prière de ‘Hanah :

« Prends pitié de moi et tu donneras à ta servante une semence et une postérité d’homme zera’h anashim ». 

 

Le Talmud veut expliquer cette expression de Zera’h Anashim.

Mah zera’h anashim ? Et il y a différentes explications. Une d’entres elles, c’est celle de Rabi Yo’hanan qui dit : « une postérité qui est équivalente à deux grandes personnalités. Lesquelles ? Mosheh et Aharon ! » D’après le verset Psaume 99 « Mosheh veAharon bekohanav ouShmouel Beqoré Shémo : Mosheh et Aharon à travers leurs prêtres et Shmouel à travers ceux qui invoque son nom. »

 

Cela veut dire que dans ce verset Shmouel est mis sur un pied d’égalité avec les deux ensemble.

 

Le Talmud a diagnostiqué dans la personnalité de Shmouel cette capacité de l’homme qui soit à la fois le roi et le prêtre. C’est cela que Qora’h prend comme contestation contre Moïse.

Cette identité de roi-prêtre, cumulant les pouvoirs, est interdite par la Torah.

Les prérogatives du roi et celles du prêtre ne peuvent pas être confondues. Le roi doit mener les hommes dans la vie de ce monde-ci, alors que le prêtre est celui qui doit mener l’homme pour la vie du monde-à-venir. On ne peut pas mêler et identifier les critères de ces deux directions.

 

En d’autres termes, la théocratie est absolument interdite par la Torah. Le roi n’a pas le droit d’être prêtre et le prêtre n’a pas le droit d’être roi. Alors que le roi et le prêtre peuvent être prophète ou juge. C’est pourquoi toutes ces accusations de théocratie contre le judaïsme sont fausses. Le judaïsme est une théonomie et non pas une théocratie. Ce n’est pas le pouvoir des prêtres, c’est le pouvoir de la Torah.

 

Il y a ce risque qui a été celui du temps du 2ème Temple, qui a mené finalement aux Saduccéens.

Je referme la parenthèse. Tout cela fut étudié à propos de ‘Hanoukah où une famille de prêtres a pris le pouvoir. Cela est correct au moment où c’était le temps de la rebellion contre les Grecs, mais dès qu’ils installent une dynastie royale de prêtres, cela devient hérétique, cela devient saducéen.

 

Dans la civilisation européenne se trouvent les 2 profils de la théocratie, dans l’empire chrétien d’orient et dans l’empire chrétien d’occident.

Dans l’empire chrétien d’Orient (Constantinople) c’est le roi qui est le prêtre

Dans l’empire chrétien d’Occident (Rome) c’est le prêtre qui est le roi.

Le cas de l’Angleterre est spécial.

 

Ces 2 cas sont 2 figures différentes de la théocratie. On n’a pas du tout l’enseignement de la Torah qui distingue le pouvoir du roi et le pouvoir du Kohen.

 

La Talmud met en évidence que dans sa prière ’Hanah demande à ce que Shmouël naisse quand même bien que sa naissance fait apparaitre une personnalité en Israël qui risque de mener à ce danger qui a été déjà raconté par la Torah dans l’épisode de Qora’h.

 

On apprend que l’enfant va naître, et il va être confié au grand-prêtre de ce temps-là pour son éducation. Ce grand-prêtre était Êli (Ayin-lamed-youd). Il se produit un épisode qui est raconté dans le livre de Shmouel et qui est reprise dans l’explication du Talmud.

 

Dans ce texte de Shmouel, ‘Hanah déclare : « c’est pour cette enfant-là que j’ai prié !»

A quel propos intervient-elle ?

Rabbi Eleazar enseigne : Shmouël a été « moreh halakhah lifnei rabo » « enseignant la halakhah devant son maitre ». Il était donc ‘hayav mitah passible de mort et c’est pourquoi ‘Hanah intervient par cette déclaration : « c’est pour cette enfant-là que j’ai prié !»

 

De quoi sagit-t’il ?

 

« Êli était un grand-prêtre et en son temps, la règle était que seuls les prêtres effectuaient les sacrifices. Mais à propos d’un sacrifice, ils sacrifièrent le taureau et firent venir l’enfant auprès de Êli »

 

La Guémara demande : « Quel rapport entre les 2 parties du versets ? » (le sacrifice du taureau et cet enfant auprès d’Êli) Une famille a apporté une sacrifice devant Êli. Êli demande à ce qu’on cherche un prêtre qui puisse faire la shé’hitah. Et Shmouël s’est rendu compte que l’on cherchait un Kohen pour faire la She’hitah, et il leur a dit : « pourquoi cherchez vous un Kohen pour la She’hitah, la She’hitah par un étranger un zar à la Kehounah est licite ! »

Alors on a amené cet enfant apprenti-prêtre chez Êli pour ce qui semblait être une hérésie colossale à ce moment-là. (En ce temps-là, les prêtres avaient intauré la régle que seuls les prêtres pouvaient faire la She’hitah. Selon la Halakhah la She’hitah est autorisée par un non-Kohen).

 

Il n’est pas nécessaire d’être Kohen pour faire la She’hitah. A quoi cela se rattache-t’il ? Il y a des moments où dans une société donnée, les prêtres instituent une sorte de dictature cléricale si j’ose dire, et qui est parfois justifiée par l’histoire de la société en question. Cela ne signifie pas forcément que ce soit la vérité de la Loi écrite.

 

Et voilà que Shmouel porte en lui déjà l’annonce d’un temps de reforme de cette habitude exclusive des Kohanim.

 

Au temps de Shmouël qui était Tsadik, il fait le bien pour Israël : revenir à la Halakhah primitive. Alors qu’au temps de Qora’h cette attitude était démagogique. Mais Qora’h se méprend en voyant dans son rêve que l’attitude de Shmouël va être habilitée. Shmouël a raison mais Qora’h a tord !

 

« On l’a emmené à Êli, (grand-prêtre pas forcément aussi grand Talmid ‘Hakham que Shmouël) qui lui a dit : D’où le sais-tu ? Shmouël lui répond par un verset : « le verset ne dit pas « le Kohen fera le sacrifice » mais « et les Kohanim s’approcheront » ! Le rôle du Kohen c‘est de faire la Smikhah sur le sacrifice, l’imposition des mains sur la bête qui va être sacrifiée bien que c’est bien si le Kohen le fait. Sinon un Zar à la Kéhounah peut le faire.

 

C’est important dans les régles de sociologie religieuse pour Israël comme ce qui se passe dans les synagogues. Bien qu’il y ait une fonction particulière du ‘Hazan et du rabbin, en leur absence, n’importe quel juif qui sait le faire se lève pour faire la prière pour la communauté.

 

Il y a des communautés où les administrateurs ont édicté des régles telles qu’ils interdisent la substitution au ‘Hazan. Alors que la Torah l’autorise.

 

Alors Êli lui a dit : « tu as dis une chose juste, une belle chose. Mais qui te permet d’enseigner la Halakha à la place de ton maître ? » C’est ‘Hayav Mitah !

 

Alors c’est là qu’intervient ‘Hanah et se plaint en disant : « c’était moi la femme qui était venu pour avoir cet enfant... » Et elle dit : « c’est pour cet enfant que j’ai prié !»

 

Cette histoire est reprise par le Talmud dans tous les détails pour montrer les périodes de mutations où ce que Qora’h voulait doit être fait mais c’est au temps de Shmouel ! Et ce que Shmouel a fait ne doit pas être fait au temps de Qora’h ! On comprend ce qui en bonne part a mené Qora’h à se tromper.

 

Cela nous explique pourquoi à la fin des temps la position de Qora’h sera réhabilitée. Elle l’est d’une certaine manière  par Shmouël.

 

Pour voir les autres dimensions du problème, les autres sources vont mettre en évidence les pulsions venant du mauvais instinct du Yetser Hara, des intérêts individuels, en fait l’orgueil qui mène à cette démagogie qui va être reprochée à Qora’h.

 

C’est une des situations où Moïse est occupé dans l’histoire d’Israël à restaurer la relation d’autrui à autrui qui a été brisée entre Qayin et Hével.

 

Il y a 5 qui situations correspondent aux 5 niveaux de la personne humaine.

La Neshamah, l’âme de chacun possède 5 niveaux de réalité et cela ne correspond pas du tout à la façon occidentale de distinguer corps-âme-esprit.

 

En hébreu, lorsque la Neshamah à travers le Gouf - le corps - est reliée  au monde extérieur, le niveau de la Neshamah qui est en relation avec le monde extérieur c’est le Nefesh. Le niveau de la Neshamah qui est en relation avec le monde intérieur de la personne c’est le Roua’h

 

Notre personne a un être de relation au monde extérieur alors à ce niveau-là, la Neshamah s’appelle le Nefesh. Voyez l’importance qu’ont les comportments biologiques animés par la Neshamah, c’est au niveau instinctif de la vie biologique. Alors la Neshamah  animant la vie biologique du corps, c’est le Nefesh. C’est pourquoi les animaux à ce niveau-là ont un Nefesh. Mais il y a plus, il y a Roua’h. Roua’h c’est « le jardin secret de chacun » pour employer une expression poétique, « son monde intérieur ».  Dans la vie de relation on communique plus de Nefesh à Nefesh.

 

Quand je dis « bleu » vos oreilles de Nefesh comprennent ce que ma bouche de Nefesh a dit en diant « bleu ». Il y a convergence car il y a une même  expérience dans la relation au monde extérieur. Tandis qu’il faut quelque chose de l’ordre de l’inspiration prophétique de comprendre ce que le Roua’h exprime en disant « bleu ».

 

Tous les individus possédent ces deux niveau de Nefesh et de Roua’h

Tous les individus ont ces deux niveaux.

 

Il y a un troisième niveau qui est celui de la Neshamah. On les appelle les Ye’hidim.

Chacun possède une étincelle de la Neshamah qui la rattache au monde de sa propre Neshamah.

Sauf les grands êtres qui possédent à eux tout seul une Neshamah. Les Yé’hidim.

Vous avez eu les tableaux où l’on montre les saints avec les auréoles. Ces deux niveaux de Roua’h et Nefesh sont incarnés dans le corps.

 

C’est difficile à expliquer dans le langage occidentale comment cette Neshamah s’insére dans l’espace et le temps pour être Nefesh au niveau spatio-temporel de la relation avec le monde extérieur, et pour être Roua’h au niveau transcendant de l’intériorité.

 

Tous, chacun à son niveau, possède les premiers niveau. Le Nefesh et le Roua’h sont plus ou moins en bonne santé. Nefesh + Roua’h s’appelle NeR. Et puis nous participons à une Neshamah et chacun en général s’accroche à une Neshamah. Il faut parfois être plusieurs pour qu’une Neshamah soit présente, c’est le secret du Minyane. Quans un Minyane est réuni une Neshamah est présente. Très rares sont les individus incarnant une Neshamah.

 

‘Hayah et Ye’hidah sont les 2 autres niveaux auquels l’auréole entourant le corps humain fait allusion.

 

Le corps humain est entouré par des lumières que le corps n’arrive pas à intégrer. Chaque individu dans l’humanité est à un niveau très différent de cette échelle d’envergure de personalité.

Tous intégrent un Nefesh, tous intégrent un Roua’h, tous intégrent une Nitsots étincelle de la Neshamah, mais les Ye’hidim incarnent les autres niveaux.

 

Tous se côtoient avec des envergures de personnalités complétement différentes dans le même monde. Nous sommes sur le même plan mais en réalité ce sont des niveaux très différents d’envergure qui sont projetés sur le même plan.

 

Je vous parlerais de ces 3 niveaux inférieurs de la Neshamah à propos de la relation d’altérité de Caïn et Abel. Dans l’histoire, il y a 3 niveaux où cela se réalise à propos d’un verset lorsque Dieu a donné un sursis à Caïn où le verset dit :

Bereshit 4.24 :

כִּי שִׁבְעָתַיִם, יֻקַּם-קָיִן; וְלֶמֶךְ, שִׁבְעִים וְשִׁבְעָה

Ki shiv'atayim youqam-Kayin...

« shiva tayim youkam Caïn » Caïn est protégé par un sursis.

Dans ce verset « Youqam Qayin : survivra Caïn », le mot Youqam : la Kaballah y a vu 3 des situations des relations d’autrui à autrui que Moïse a résolu. 

 

Youqam en hébreu Youd-Qouf-Mem:  

ð   Mem pour Mitsri : la relation avec l’Égyptien, le Mitsri, que Moïse a tué pour sauver Israël est au niveau du Nefesh. C’est la relation de Qayin et Hével au niveau du Nefesh. 

ð   Qouf pour Qora’h : le Roua’h. C’est Qora’h. Moïse et Qora’h sont au niveau du Roua’h. 

ð   Youd pour Yitro : niveau de Neshamah.

 

Moïse a eu à résoudre cette relation d’altérité à ces 3 niveaux de Nefesh-Roua’h-Neshamah.

Yitro donne sa fille Tsiporah à Moïse en réparation de la querelle pour la 2ème jumelle de Abel.

Moïse prend la 2ème jumelle qui était en question entre les deux frères Abel et Caïn.

Dans la relation d’autrui à autrui, au niveau du Nefesh, c’est radical, c’est la mort, mais au niveau du Roua’h il faut aménager jusqu’à ce que effectivement il faut qu’il y ait reconnaissance réciproque. C’est l’histoire de Qora’h

 

Pour Jéthro c’est allé beaucoup plus vite. Il y a une relation d’altérité beaucoup plus pure.

Entre ‘Hayah et Yé’hidah je le fais de façon allusive.

‘Hayah c’est la relation avec Aharon.

Ye’hidah c’est la relation entre Moïse et Joseph.

 

La relation des frères entre eux. Dans le cas de Moïse et Aharon c’est déjà une tout autre envergure exceptionnelle. C’est Aharon l’ainé qui reconnait cependant la prééminence de Moïse : c’est la bonne partie de Caïn qui reconnait l’aînesse de Abel. La partie bonne de Caïn s’annonce déjà du niveau du Roua’h.

 

C’est simplement pour ce récit de l’histoire de Qora’h se rattache à une situation de l’identité humaine très importante : la relation d’autrui à autrui au niveau des Roua’h. C’est la controverse des Talmidei ‘Hakhamim entre eux.

 

La force des ces enseignements de la Qabalah c’est de nous faire diagnostiquer comment dans la réalité du monde tel qu’il est, l’enseignement de la Torah retrouve la même cohérence. C’est assez vertigineux. C’est la même histoire Caïn et Abel, mais lue au niveau Roua’h, c’est l’histoire de Moïse et Qora’h, lue au niveau Neshamah, c’est Moïse et Jéthro… etc.  

 

< fin >

 

*****

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Published by Rav Yéhouda Léon Askénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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