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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:55

Korah (1984)

 

 

Parasha - Korah (1984) 3ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/korah_serie_1984/cours_1

Face C

 

…/…

Bereshit 2 :17

וּמֵעֵץ, הַדַּעַת טוֹב וָרָע--לֹא תֹאכַל, מִמֶּנּוּ: כִּי, בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ--מוֹת תָּמוּת

Mais de l’arbre de la connaissance du bien et mal tu ne mangeras pas

Car du jour où tu en mangeras mourir tu mourras.

 

Il manque un événement qui nous restitue le fait que si c’est le Ets ‘hayim d’abord on peut aussi mange de tous les arbres, arbre de la connaissance du bien et mal compris. Mais s’il mange de l’arbre de la connaissance du bien et mal en premier, alors il faut l’empêcher d’accéder à l’arbre de vie tant qu’il est dans cet état...

 

Lorsqu’on a donné d’abord Shass et Poskim et ensuite la Qaballah c’est l’ordre pour l’élève. Mais pour celui qui enseigne le Shass et les Poskim  l’ordre c’est Qaballah d’abord et Shass ensuite...

 

Pour que l’approche de la connaissance du monde ambigü puisse être positive et pas négative il faut ici approcher avec les critères de la vie. C’est d’abord Shass et Poskim sous la direction de quelqu’un, ensuite Qaballah et après Shass et Poskim après l’accès à la Qaballah. Shass et Poskim d’après la Qaballah n’ont plus rien à voir avec Shass et Poskim d’avant. C’est la différence entre la connaissance de l’élève et la connaissance du maître.

 

La connaissance de l’élève c’est qu’il étudie pour savoir ce qu’il faut faire. Le maître étudie pour savoir comment il est ce qu’il faut faire. Un maître n’est pas quelqu’un qui a des élèves. C’est quelqu’un qui a eu un maître. Ce n’est pas grave s’il a des éléves, ce serait plus grave s’il n’a pas eu de maître. Je referme la parenthèse du serpent.

 

Ce que Qora’h dit ici c’est vrai, mais la démagogie c’est qu’il se sert de la formule qui désigne l’idéal à atteindre, pour réclamer ce qu’il réclame pour lui dans une situation qui n’est pas encore celle de cet idéal.

 

La Torah nous a donné à l’avance ce que doit devenir Israël : Mamlekhet Kohanim végoï qadosh.

Mais cet argument qui consiste à contester la nécessité d’une hiérarchie est démagogique :

 

16.3 :

וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם--כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה; וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ, עַל-קְהַל יְהוָה

 

Il est arrivé entre temps que la réalité d’Israël n’est pas encore, au début de son histoire, au niveau d’identité que la Torah a comme projet pour lui, au niveau de son identité ultime, idéale. Entre-temps il y a eu la faute du veau d’or, il a fallu installer une hiérarchie en Israël Alors qu’Israël aurait du être la société anarchique des hiérarchies pour les autres peuples. Tout cela est renvoyé à la fin des temps.

 

Un des Midrashim employé dans la Guémara à propos de Qora’h va dans ce sens-là et nous enseigne ceci :

Qora’h a eu un rêve et a vu un de ses descendants qui est Samuel – Shmouel dont un verset des Psaumes nous dit qu’il est équivalent à Mosheh et Aharon à la fois.   

Psaume 99.6 :

מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן, בְּכֹהֲנָיו,    וּשְׁמוּאֵל, בְּקֹרְאֵי שְׁמוֹ

 « Moïse et Aharon au nom de ses prêtres (les prêtres de Dieu), et Samuel est l’un de ceux qui invoque Son nom »

 

Alors le Midrash fait la comparaison du poids de chaque partie du verset : d‘un côté Moïse et Aharon – békohanav – et d’une autre côté Shmouel tout seul.

 

Qora’h a pensé : si mon descendant Samuel est important comme Moïse et Aharon, à plus forte raison moi-même ! C’est vrai que Qora’h aurait pu être l’égal de Moïse et de Aharon, mais pas dans cette génération, dans celle de Samuel. Il y eu a là des raisons historiques qui ont fait que Samuel à lui tout seul a récapitulé le pouvoir, la compétence, l’importance de Moïse et Aharon ensemble.

 

Q: Comment comprendre que se joignent à Qora’h 250 personalités ?

R: A partir du moment où une grande personnalité ouvre une faille dans ce respect de consentement qu’une société a pour son chef, alors tous peuvent s’engouffrer dans cette faille-là. Au Sinaï l’événement principal n’était pas tellement que Dieu parle à Israël mais que Moïse soit habilité comme roi-prophète pour Israël. Il faut le voir littéralement dans le texte. Moïse se trouve dans la position la plus difficile : il réussi quand il est complétement transparent, à un point tel que tout se passe comme s’il s’est effacé. Il est chargé par Dieu d’être intermédiaire pour faire comprendre au peuple qu’il n’y a pas d’intermédiaire ! Il a réussi sa mission quand le peuple comprend qu’il n’y a pas d’intermédiaire. C’est la position la plus difficile, qui n’est tenable que s’il y a un consentement de la part du peuple qui est de l’ordre de la vertu de générosité absolue.

N’importe qui pourrait dire à Moise : prouve-nous que c’est Dieu qui t’a parlé !  Même quand une fois l’événement a eu lieu au Sinaï.    

 

C’est un peu ce que nous apprenons au sujet de la pédagogie traditionnelle. L’éducation a réussi lorsqu’on peut se passer de l’éducateur. Le problème de l’ingratitude c’est qu’au moment où l’éducation a réussi on oublie qu’il y avait un éducateur.

 

Qora’h utilise démagogiquement ce principe pour mettre en question Moïse et Aharon.

 

Midrash : Dans la Parashah précédente on apprend que le Talet doit être sanctifié par un fil bleu et aussi la Mitsvah de la Mézouzah. Question de Qora’h à Moïse : Si tout le Talet est bleu doit-il comporter un fil bleu ? Réponse de Moïse : Oui ! L’argumentation de Qora’h est la suivante : Si déjà un fil bleu rend Kasher un Talet blanc à fortiori un Talet tout bleu est cachère. Tu as falsifié la Torah de Dieu... ! 2ème question de Qora’h à Moïse : la Mézouzah.

Une chambre remplie de Sifrei Torah - de parchemins de Torah - doit-elle avoir une Mézouzah ?

Réponse de Moïse : Oui ! Non, tu n’as pas pu entendre un chose pareille : si déjà deux parashiot rendent cachère la chambre, tout plein de Sifrei Torah a fortiori...

 

Je vous donne l’explication du Maharal qui me semble la plus fondamentale:

C’est la même chose que :

כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים, וּבְתוֹכָם יְהוָה

si tous sont saints, pourquoi l’un au-dessus de l’autre ?

 

Il y a deux argumentations : l’une pour Moïse et l’autre pour Aharon. La Mezouzah pour Moïse et le Talit pour Aharon.

 

Le Maharal explique quelle était l’argumentation : le klal étant saint il n’a pas besoin d’un médiateur entre Dieu et lui. La réponse du Maharal est très forte : un klal qui n’aurait pas à sa tête quelqu’un qui ferait le lien avec le Dieu unique, en réalité nierait la révélation du Dieu unique au Klal. On en revient au problème de la difficulté de Moïse. Un certain nombres de cas très particuliers où Moïse parle de « son Dieu » : en général Moïse parle aux enfants d’Israël, non pas de « son Dieu » mais de leur Dieu. « Daber el benei Israël... il est le porte-parole de Dieu pour les Bnei Israël.

 

C’est précisément tant que les enfants d’Israël ne sont pas à ce niveau qu’ont prévu les prophètes, essentiellement Jérémie et Isaïe : il arrivera un temps où personne ne dira à l’autre « apprend-moi », parce que chacun verra avec la même évidence de quoi il s’agit... » Verset présent tant dans Isaïe que dans Jéremie.

 

En attendant ce temps-là , il faut précisément qu’il y ait un Moïse pour que la révélation arrive jusqu’à Israël. Et c’est ce qui s’est passé au Sinaï. Les Hébreux avaient besoin d’une habilitation de Moïse en tant que celui qui est le porte-parole pour les enfants d’Israël.

Dès que l’événement a eu lieu, immédiatement, ils interviennent en demandant à Moïse de servir d’intermédiaire pour entendre Dieu et leur dire, parce qu’ils ne sont pas capables encore d’entendre directement la voix divine sans mourir.

 

.../... (inaudible)

 

L’argumentation de Qora’h contre Moïse repose sur une contradiction apprente :

כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים

Donc la hiérarchie « imposée » par Moise et Aharon va à l’encontre de cet enseignement de Moïse lui-même.

 

Au Sinaï Dieu se révèle pour habiliter Moïse.

 

16:4

וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה, וַיִּפֹּל עַל-פָּנָיו

Et Moïse entendit et tomba sur sa face

 

Rashi sur Vayipol el panav:

 

Pourquoi Moïse est-il tombé sur sa face ? A cause de la controverse. C’est déjà la 4ème fois qu’il le mette en question. Ils ont fauté au veau d’or (Shemot chapitre 32)  et Moïse a prié. Lorsqu’ils ont demandé de la viande et se sont révoltés (Bemidbar 11) et Moïse a prié. Avec les Meraglim (Bamidbar chapitre 14) et Moïse a dit à Dieu : « Mais les Egyptiens entendront... ». Mais là dans la controverse de Qora’h, ses mains se sont affaiblies. Mashal: cela ressemble à un prince qui a fauté vis à vis de son père, un ami de son père  est intervenu pour plaider pour le fils, 1 fois, 2 fois, 3 fois..

Lorsqu’il s’est mal conduit la 4ème fois, les mains de l’ami se sont affaiblies et l’ami c’est dit : « jusqu’à quand vais-je fatiguer le Roi ? peut-être ne m’acceptera-t’il pas ? » [Midrash Tan’houma 4, Shemot Rabbah 18: 6]

 

C’est pourquoi il est dit Vayishma Mosheh vayipol el panav Et Moïse entendit et tomba sur sa face…

Impuissant à intervenir. Parce que cette fois cela le concernait personnellement, il ne pouvait pas plaider. Ensuite dans le texte, Moïse demande le jugement de Dieu. Il veut que Dieu intervienne lui-même pour que l’assemblée voit qui a raison. Il ne peut pas lui-même plaider, étant partie prenante, ce serait un plaidoyer pour lui-même. 

 

C’est un passage important qui nous donne une grande leçon, que l’on peut comprendre au niveau de la morale individuelle : la mauvaise foi.

 

Au niveau de la vie de société et au niveau des événements historiques, il est très important de comprendre cette démagogie qui plaide en se servant d’arguments vrais et de valeurs vraies ses intérêts personnels.

 

Après la Maguéfa de Qora’h :

 

Lorsque Dieu est intervenu et que le peuple a vu que c’est Moïse qui avait raison, puisque Qora’h et toute son assemblée ont été engloutis vivant dans un tremblement de terre, alors le peuple dit :

« Nous allons tous mourir ». Cf. Qora’h 17.6 et suivantes

Ils accusent Moïse semble-t’il d’être la cause de leur propre mort. Il semble qu’ils aient de la mauvaise foi. Ils ont vu eux-mêmes que Dieu est intervenu pour juger, et que Qora’h et son assemblée ont été frappés et que c’est Moïse et Aharon qui sont habilités.

 

Pourquoi cette réaction contre Moïse ?

 

La réponse simple est importante : s’il arrive une compétition qui réclame le jugement de Dieu entre Moïse et quiconque d’Israël, c’est Israël qui est disqualifié. Moïse par sa seule valeur condamne les autres. C’est une des raisons de cette jalousie et contestation du peuple contre Moïse. Le seul fait que Moïse est Moïse déclenche cela. 

 

En sociologie, le phénoméne de l’antisémitisme lui-même pourrait être compris un peu mieux de cette manière : la haine du Juif uniquement parce qu’il est Juif. Le fait qu’Israël soit Israël suffit pour déclencher la haine antisémite. Dès que la confrontation de jugement apparait, il y a disqualification à l’avance. Il y a une espèce de frustration à priori.

 

Celui qui a plus de valeur par le seul fait de son existence condamne par disqualification. Ceci explique la réaction du peuple envers Moïse. Ils ne veulent pas de cette différence parce qu’ils seraient condamnés automatiquement..

 

Un exemple dans l’histoire des patriarches.

Parashat Vayera : le jugement et la condamnation de Sodome et Gomorrhe, la séparation d’Ishmaël de Isaac, parce que dès qu’Abraham est circoncis, les événements s’accélèrent dans le récit. Et on voit un accomplissement accéléré d’une espèce de jugement de comparaison qui disqualifie qui n’est pas Abraham, Tant qu’Abraham est encore à l’intérieur de l’anonymat, non encore mis en évidence par le jugement, par la différence de la personnalité d’Abraham d’avec le reste, alors il y a un sursis pour les autres. Dès qu’Abraham s’élève en niveau de valeur, ce sursis s’arrête.

 

Tant qu’Abraham n’est pas dévoilé par Abraham tous sont à l’abri d’un sursis. Mais dès qu’Abraham devient ce qu’il doit être Sodome et Gomhorre est comdamné. Ils pourraient reprocher à Abraham d’être comdamnés à cause de lui. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles Abraham se croit obligé de plaider pour eux…  

 

Thème de Parshat Pin’has

 

Un thème qui va compléter ce que l’on a vu.

Chapitre 26 : c’est le dernier dénombrement du livre de la Torah.

C’est pour dénombrer les familles d’Israël au moment du partage de la terre d’Israël avant d’entrer. 

La Torah récapitule les dénombrements en citant les noms des principales familles d’Israël. Parce que ce dénombrrement s’effectue en vue du partage de la terre, les 12 tribus sont dénombrées à part, et la tribu de Lévi à part.

 

26 :35

   אֵלֶּה בְנֵי-אֶפְרַיִם, לְמִשְׁפְּחֹתָם--לְשׁוּתֶלַח מִשְׁפַּחַת הַשֻּׁתַלְחִי, לְבֶכֶר מִשְׁפַּחַת הַבַּכְרִי; לְתַחַן, מִשְׁפַּחַת הַתַּחֲנִי

Ceux-ci sont les fils d'Ephraïm, selon leurs familles: de Choutélah, la famille des Choutalhites; de Béker, la famille des Bakrites; de Tahân, la famille des Tahanites.

 

26:36

וְאֵלֶּה, בְּנֵי שׁוּתָלַח--לְעֵרָן, מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי

Et ceux-ci sont les descendants de Choutélah: Erân, d'où la famille des Eranites

 

Rashi sur 26:36 :

 

Les descendants des autres fils de Shoutela’h ont été appelés d’après Shoutela’h. Une grande famille est issue de Eran, de sorte qu'ils ont été appelés d’après lui. Ainsi, les descendants de Shoutela’h ont été considérés comme deux familles. Compte le chiffre et tu verras 57  familles [qui sont énumérées] dans ce chapitre, ainsi que les 8 fils de Lévi, pour un total de 65. Tel est le sens de ce qui est dit, "Car vous êtes le moins nombreux (hame‘at) de tous les peuples "( Devarim - Deutéronome 7:7). [Le mot הַמְעַט   désigne «5» (ה  ) "en moins" (מְעַט  ) La lettre hé de hame‘at a une valeur numérique de cinq] Vous êtes 5 familles de moins que les familles de toutes les nations, car ils sont soixante dix [et vous êtes soixante-cinq]. Cela aussi, je l’ai touvé exposé des écrits de R. Moshé Hadarshan [le prédicateur], mais j'ai dû supprimer quelques-unes de ses paroles et en ajouter. -- [Mid. Aggadah.]

 

 

Il va récapituler le dénombrement et il dit ceci : compte et tu trouveras dans cette parashah 57 familles dans les 12 tribus et 8 familles dans la tribu de Lévi. 57+8= 65 familles d’après un verset qui se trouve dans le chapitre 7 de Devarim.

Dans ce contexte de Devarim Dieu dit à Israël : ce n’est pas parce que vous êtes un peuple nombreux mais c’est parce vous descendez des patriarches.

Vaet’hanane 7.7:

לֹא מֵרֻבְּכֶם מִכָּל-הָעַמִּים, חָשַׁק יְהוָה בָּכֶם--וַיִּבְחַר בָּכֶם: כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

Ce n’est pas parce que vous êtes un peuple nombreux que Hashem vous préféré et vous a choisi

car vous êtes le plus petit de tous  les peuples.

 

כִּי-אַתֶּם הַמְעַט, מִכָּל-הָעַמִּים

ki-atem hame'at mikol-ha'amim.

Car vous êtes le plus petit de tous les peuples

 

Rashi lit un Remez dans le verset :

ki-atem Hé me'at mikol-ha'amim.

Car vous être 5 de moins que tous les peuples (70).

 

Donc, ne croyez pas que c’est par votre mérite que vous êtes Israël indexé aux 70 nations parce qu’il vous manque 5 dimensions.

 

Lors de la descente en Egypte, il y avait les 70 noms. A la sortie d’Egypte en fin de compte et après toutes les épreuves et le dernier dénombrement, il s’avère qu’il n’en reste que 65.

 

C’est-à-dire que le résultat de la mise à l’épreuve est une faille dans l’identité d’Israël.

 

Rashi :

Vous êtes 5 de moins que les nations qui sont 70. Cela aussi je l’ai compris de l’enseignement de Rabbi Mosheh HaDarshan MiNarboni (Il était de Narbonne. Tous les Narboni sont de cette famille – il a écrit en particulier des Midrashim assez extraordinaires sur Mashia’h BenYossef qui étaient en manuscrits dans les monastères de la région, qui ont été édités par un ordre chrétien avec des commentaire chrétiens. Grand Talmid ‘Hakham de Narbonne).

 

A la suite de ce dénombrement dont l’intention est de savoir s’il y a suffisament de visages en Israël, c’est le nom des familles à travers les tribus, pour que de cette unité d’Israël il y ait suffisamment de lien avec la multiplicité des nations pour qu’Israël soit Israël. Il s’avère que ce n’est pas le cas. 

 

Que s’est-il passé entretemps ? C’est la seul fois lors d’un dénombrement où la Torah raconte les noms qui ont disparus.

 

Je vais vous les donner d’après les réfèrences : la 1ère fois au verset 26:9  

 

Pin’has 26.9 :

וּבְנֵי אֱלִיאָב, נְמוּאֵל וְדָתָן וַאֲבִירָם: הוּא-דָתָן וַאֲבִירָם קרואי (קְרִיאֵי) הָעֵדָה, אֲשֶׁר הִצּוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן בַּעֲדַת-קֹרַח, בְּהַצֹּתָם, עַל-יְהוָה

et les enfants de Nemouel et Datan et Datan et Aviram Aviram

eux Datan et Aviram les nobles de l’assemblée

Qui ont excités contre Moïse et Aaron dans l’affaire de Qora’h

Lorsqu’ils se sont révoltés contre Hashem.

 

26.10 :

   וַתִּפְתַּח הָאָרֶץ אֶת-פִּיהָ, וַתִּבְלַע אֹתָם וְאֶת-קֹרַח--בְּמוֹת הָעֵדָה: בַּאֲכֹל הָאֵשׁ, אֵת חֲמִשִּׁים וּמָאתַיִם אִישׁ, וַיִּהְיוּ, לְנֵס

Et la terre a ouvert sa bouche et les a avalé ainsi que Qora’h dans la mort de cette assemblée

Lorsque le feu a dévoré les 250 notables, ils ont été un étandard-témoignage.

 

26.11:

וּבְנֵי-קֹרַח, לֹא-מֵתוּ

Et les fils de Qora’h ne sont pas morts.

 

Cela veut dire que c’est la première fois dans un dénombrement que l’énumération s’interrompt pour nous raconter quelque chose. On nous explique que ces 2 noms de Datan et Aviram ont disparu et en même temps on parle de la disparition du nom de Qora’h.

 

La disparition du 4ème nom est évoquée au verset 26:33.

26.33 :

וּצְלָפְחָד בֶּן-חֵפֶר, לֹא-הָיוּ לוֹ בָּנִים--כִּי אִם-בָּנוֹת: וְשֵׁם, בְּנוֹת צְלָפְחָד--מַחְלָה וְנֹעָה, חָגְלָה מִלְכָּה וְתִרְצָה

Et Tselof’had fils de ‘Hefer n’avait pas pour lui de fils mais des filles et les noms de filles de Tselof’had étaient...

 

Sa faute est d’avoir violé le Shabat.

Datan et Aviram c’est la contestation des princes, la faute du pouvoir civil.

Qora’h c’est la contestation contre Moïse la faute du Talmid’Hakham.

 

La Guémara nous dit que personne n’a le droit de parler de Qora’h avant de dire qu’il était Talmid ’Hakham. Il était le plus grand d’Israël juste après Moïse. Le seul à pouvoir contester Moïse. C’est pourquoi c’est une très grave faute. Comme il était le seul qui le pouvait, il était celui qui ne devait pas... 

 

Ensuite nous avons Tselof’had qui est la faute du simple juif qui viole le Shabat.

 

Ensuite le 5ème dans le dénombrement de la tribu de Lévi au chapitre 26 verset 61.

 

26.61 :

וַיָּמָת נָדָב, וַאֲבִיהוּא, בְּהַקְרִיבָם אֵשׁ-זָרָה, לִפְנֵי יְהוָה

Et Nadab et Abihou moururent, pour avoir apporté un feu profane devant le Seigneur.

 

Là encore on nous donne un récit. La mort des enfants d’Aharon, Nadav et Avihou.

La faute des prêtres.

 

Dans l’ordre des fautes de contestations:

ð   La faute de la tribu de Réouven : la faute des rois, du pouvoir civil.

ð   La faute de Qora’h, la contestation contre Moïse.

ð   La faute de Tselof’had la faute du simple Ben Israël.

ð   La faute des 2 prêtres.

 

En tout 6 noms qui vont disparaître.

Datan et Aviram, Qora’h, Tselof’had, Nadav et Avihou.

 

Retour au verset 26:33

 

26.33:

וּצְלָפְחָד בֶּן-חֵפֶר, לֹא-הָיוּ לוֹ בָּנִים--כִּי אִם-בָּנוֹת: וְשֵׁם, בְּנוֹת צְלָפְחָד--מַחְלָה וְנֹעָה, חָגְלָה מִלְכָּה וְתִרְצָה

Et Tselof’had fils de ‘Hefer n’avait pas pour lui de fils mais des filles et les noms de filles de Tselof’had étaient Machlah veNo'ah Choglah Milkah veTirtsah.

 

On apprend du Midrash qu’elles étaient toutes de grandes Tsadeqot.

 

27.1 :

וַתִּקְרַבְנָה בְּנוֹת צְלָפְחָד, בֶּן-חֵפֶר בֶּן-גִּלְעָד בֶּן-מָכִיר בֶּן-מְנַשֶּׁה, לְמִשְׁפְּחֹת, מְנַשֶּׁה בֶן-יוֹסֵף; וְאֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֹתָיו--מַחְלָה נֹעָה, וְחָגְלָה וּמִלְכָּה וְתִרְצָה

S’approchèrent les filles de tselof’had fils de ‘Hefer fils de Guilad fils de ...

Et voici leur noms Machlah veNo'ah Choglah Milkah veTirtsah.

 

27 :2

וַתַּעֲמֹדְנָה לִפְנֵי מֹשֶׁה, וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן, וְלִפְנֵי הַנְּשִׂיאִם, וְכָל-הָעֵדָה--פֶּתַח אֹהֶל-מוֹעֵד, לֵאמֹר

Se tinrent devant Moïse et devant Eleazar le prêtre et devant les princes et toute l’assemblée

devant la tente d’assignation pour dire…

27.3

אָבִינוּ, מֵת בַּמִּדְבָּר, וְהוּא לֹא-הָיָה בְּתוֹךְ הָעֵדָה הַנּוֹעָדִים עַל-יְהוָה, בַּעֲדַת-קֹרַח: כִּי-בְחֶטְאוֹ מֵת, וּבָנִים לֹא-הָיוּ לוֹ.

Notre père est mort dans le désert et lui ne se trouvait pas dans l’assemblée qui se sont révoltés contre Dieu dans l’assemblée de Qora’h car il est mort pour sa faute et il n’avait pas de fils

 

Pourquoi son héritage passerait-il etc....

 

Et on apprend dans cette Parashah que lorsque quelqu’un est mort sans fils l’héritage passe aux filles. En réalité, les filles héritent. C’est pour des problèmes de différenciation de tribus que seuls les fils héritent mais en principe les filles héritent.

 

L’argumentation des filles de Tselof’had est importante pour la suite. Elles disent dans le texte que Tselof’had n’était pas dans l’assemblée de Qora’h, raison pour laquelle elles demandent que son nom ne disparaisse pas.

 

Nous avions 6 noms qui avaient disparu.

Les 5 filles de Tselof’had ont restitués 5 noms sur les 6 manquant. C’est-à-dire qu’elles ont statut de chefs de familles en Israël. Elles restituent 5 noms.  Il en manque un seul. C’est Qora’h.

Il fallait être 71.

Et s’il y avait eu 65 + 6 = 71.

Or, il y a que 65 + 5 = 70.

Donc il en manque un pour qu’il y ait 71.

 

Cela signifie qu’il y a toujours une faille, c’est le Hé A’haron du Shem pour ceux qui savent de quoi je parle. Il y a une faille dans l’identité d’Israël à cause de ce qui s’est passé dans ces épreuves. Et il en résulte que le mot de Adonaï qui définit la souverainté de Dieu sur l’assemblée d’Israël, c’est la Sefirah de Malkhout, n’est pas écrit Alef-Dalet-Vav-Noun-Youd mais il est écrit sans le Vav. S’il était écrit avec le Vav, la valeur de ce nom serait 71. Sans le Vav c’est 65. Et grâce aux filles de Tselof’had, c’est quand même 70.

 

A la fin de toutes les épreuves de la génération du désert, Israël avait failli être disqualifié, à travers les épreuves des fautes fondamentales de son identité. La faute du pouvoir civil, la faute du pouvoir religieux, la faute des simples juifs, et la faute de la contestation envers Moïse, la faute du Talmid ‘Hakham. Toutes les autres fautes sont récupérées par les 5 filles de Tselof’had qui complètent 5 des 6 qui manquent. C’est là le mérite des femmes d’Israël de faire que même s’il y a faute c’est comme s’il n’y avait pas de faute… Seulement, un problème n’est pas encore résolu, c’est celui de Qora’h.

 

C’est-à-dire que la contestation la plus grave contre la Torah c’est celle du Talmid ‘Hakham démagogue ! Vous comprenez toutes les implications qu’il peut y avoir derrière tout cela.

 

26.11:

וּבְנֵי-קֹרַח, לֹא-מֵתוּ

Et les fils de Qora’h ne sont pas morts.

 

La Pshat signifie que les fils de Qora’h n’ont pas participé à la faute de Qora’h, alors la Torah nous indique que ses enfants ne sont pas morts. Et il va y avoir un Tiqoun de la faute de Qora’h qui sera fait par les Bnei Qora’h.

 

On utilise dans le folklore de la tradition hébraïque cette expression avec un autre sens.

Lorsque l’on dit Ouvney-Kora’h lo-metou cela signifie que la Ma’hloqet est toujours présente en Israël. On dit le contraire du verset.

 

‘Hidoush :

On apprend dans la source du Midrash que la Ma’hloqet est apparue au 2ème jour du commencement. C’est le terme même du Midrash.  Cf. l’absence de l’expression « Et Dieu dit que c’était bien » parce qu’il y a séparation entre les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas. Il y a Ma’hloqet. Maharal dans Derekh Ha‘Hayim : c’est une Ma’hloqet leshem shamayim ! Mais c’est quand même Ma’hloqet, alors il n’y a pas écrit « Ki Tov ». Pourqu’il y ait la différence entre le ciel et la terre il a fallu que les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas se séparent. Donc c’est bien leshem shmayim, c’est pour qu’il y ait un ciel. Mais c’est Ma’hloqet.

 

Chaque jour de la semaine à la fin de la Tefilah on dit un Psaume, que les Léviim chantaient chaque jour de la semaine au Temple, et le 2ème jour on dit:

לַמְנַצֵּחַ לִבְנֵי-קֹרַח  

Lamnatsea’h livney Qora’h mizmor. 

Cela veut dire que ce sont les Bnei Qora’h qui sont chargés de faire le Tiqoun de la Ma’hloqet qui a commencé avec leur père. C’est relié au verset 26.11:

 וּבְנֵי-קֹרַח, לֹא-מֵתוּ

Et les fils de Qora’h ne sont pas morts.

Qui sont les Bnei Qora’h ? Ce sont les Léviim par excellence.

Ce sont les Leviim qui précisèment doivent arranger la Ma’hloqet.

 

< fin >

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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