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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 13:59

Ki Tissa 3 (1980)

 

Ki Tissa 3 (1980) 2ème Partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/ki_tissa_serie_1980/cours_3

Face B

 

…/…

C’est une erreur fondamentale de croire que la destinée de chacun commmence à sa naissance et s’achève à sa mort. Dès qu’on réalise le sens de cela on est apte à comprendre les choses qu’il faut comprendre. Avant ce n’est pas possible. Ce n’est pas une question d’intellect formel. C’est une question de perception intuitive de sagesse profonde : on comprend ou on ne comprend pas. Ce n’est pas une question du sens des mots. Et pour cela il faut arriver à le réaliser spirituellement. Au-delà de la connaissance proprement intellectuelle. Cela n’a aucun sens de supposer que la destinée de chacun commence à la date d’état civil et s’arrête à l’enterrement.

Ce n’est pas tant pour le comprendre au niveau mystique et religieux mais du point de vue de la cohérence du problème moral au sein de l’histoire de l’humanité. Sinon tous les problèmes de responsabilité, justice et injustice n’ont pas de fondement. Formulé positivement : c’est là le fondement de tous les problèmes qui se posent à propos des questions de responsabilité, de justice et d’injustice dans le destin de chacun.    

 

Q : C’est donc une prise de conscience de chaque individu de faire partie du klal de la communauté, dans ce sens-là et dans ce sens-là ?

R : nakhon, non seulement horizontal mais vertical aussi, mais ne pensez pas à la croix parce qu’en réalité c’est une étoile à 6 dimensions. La croix c’est quand on veut arrêter cela, le fixer, le figer. C’est tout le contraire. 

 

2ème point d’étude :

 

Chapitre 32 verset 9

וַיֹּאמֶר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה:  רָאִיתִי אֶת-הָעָם הַזֶּה, וְהִנֵּה עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף הוּא

Vayomer Adonay el-Moshe

ra'iti et-ha'am hazeh

vehineh am-qsheh-oref hou.

Et Hashem dit à Moïse

J’ai vu ce peuple (ton peuple à toi Moïse)

Et voici c’est un peuple à la nuque raide

 

Expression habituellement attribuée à Israël.

 

עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף

Am Qesheh Oref

Peuple à la nuque dure.

 

On voit ici qu’il y a une atmosphère très lourde :

Le peuple a fauté et Dieu dit à Moïse surtout ne Me prie pas, ne fais rien, Je vais les détruire avec l’argument :

J’ai vu ce peuple

Et voici c’est un peuple à la nuque raide.

 

Argumentation préalable :

Pourquoi toute cette panique ? et on voit la panique dans laquelle Moïse entre qui supplie Dieu de suspendre le châtiment pour sauver Israël. C’est donc un problème grave.

Où est la difficulté ? Ils ont fait une faute mais il pourrait se repentir ! Alors cela veux dire que Dieu considère que le repentir n’est pas possible dans cette faute ? Mais nous savons d’autre part que le repentir est plus fort que n’importe quelle faute ! 

Quel est donc ce cas particulier que la clause du repentir semble ne pas jouer à priori ?

Et comment est-ce formulé dans ce que Dieu dit à Moïse :

וְהִנֵּה עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף הוּא

 Et voici c’est un peuple à la nuque raide : Am Qesheh Oref.

 

Nous allons nous appuyer sur Rashi pour comprendre mieux la réponse à cette question :  Moïse lui-même s’offre en expiation de cette faute. « Pardonne-leur sinon efface-moi », d’où l’étonnement que la clause du repentir semble ne pas jouer ?

 

Rashi sur Am Qesheh Oref :

קשה ערף: מחזרין קשי ערפם לנגד מוכיחיהם, וממאנים לשמוע:

« Ils tournent la dureté de leur nuque en face de ceux qui leur font de la moral, et refusent d’écouter ».

 

Qund on leur parle pour les admonester et les exorter à faire Teshouvah ils montrent leur nuque en signe qu’ils refusent d’écouter.

 

Sforno:

Sforno postérieur à Rashi a un peu précisé l’intention de Rashi sans le citer précisément:

 

guid barzel orpan - le tendon de fer de leur nuque. Et ils n’acceptent de se tourner pour n’écouter aucun maître de vérité, de telle sorte qu’il n’y a aucun espoir qu’ils se repentent.

 

Nous avons ici une précision très importante : ce n’est pas que Dieu refuse un repentir éventuel mais c’est qu’Il les a jugé comme incapables de repentir. Et par conséquent, c’est perdu à l’avance.

 

2 remarques :

 

ð  Cette définition de Am Qesheh Oref ne concerne pas Israël mais le Erev Rav.

ð  Cependant, le fait que le Erev Rav ait été introduit en Israël introduit cette Midah en Israël.

 

Le 2ème principe est important : Il y a là de la part d’Israël une Messirout Nefesh מסירות נפש une générosité totale de prendre sur lui les défauts du Erev Rav pour le salut de l’humanité. Une fois le Erev Rav intégré à tout Israël, il y a solidarité de tout Israël. La conduite du Erev Rav sera imputée à Israël lui-même. Et Israël prend cela sur lui.

C’est une erreur totale de définir Israël comme peuple de rebelles à la nuque raide. Et deuxièmement c’est le fait qu’Israël à pris sur lui que cette Midah lui soit imputée.

 

Une autre stratégie possible : faire que de Moïse vienne une grande nation et non pas du Erev Rav.

Et la même générosité de Moïse nous la retrouvons en Israël lui-même.

 

Il y a un autre verset qui dit :

33:5

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, אֱמֹר אֶל-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל אַתֶּם עַם-קְשֵׁה-עֹרֶף

Vayomer Adonay el-Moshe

Et Hashem dit à Moïse

emor el-beney-Yisra'el

dis aux enfants d’Israël (et non au  Erev rav)

atem am-quesheh-oref

vous êtes (devenu maintenant) un peuple à la nuque raide…

 

Pour l’événement lui-même, il y a donc une partie du peuple qui a effectivement fait cette faute et cela se relie à leur identité profonde. Mais quelle est cette faute ? Ce n’est pas une idolâtie banale : avoir voulu faire une idole à la place de Dieu, mais c’était d’abord remplacer Moïse par un symbole qui a sa valeur propre mais que la Torah n’a pas autorisé.

En particulier c’est ainsi que le Kouzari l’enseigne.

 

Ils voulaient concrétiser leur relation à Moïse. Or, le seul symbole que la Torah a permis ce sont les lettres de l’alphabet. Parce que c’est à travers la parole de Dieu que la loi morale apparait dans le monde. A travers l’être de parole. C’est pouquoi instinctivement spontanément le peuple juif a reconnu cela et le seul symbole pour représenter la révélation ce sont les lettres : sur la tables des dix commandements : alef, bet, guimel, dalet...

 

Le seul symbole permis par la Torah ce sont les lettres.

C’est à travers la réalité de la parole, véhicule de la révélation morale, et non pas quoique ce soit qui symboliserait une réalité de la création quoique ces symboles là auraient une signification précise du point de vue de ce qu’on veut leur faire signifier...

 

D’autre part, la grande règle tirée par la Halakhah de cette épisode-là et qui fait force de loi : on n’accepte pas la conversion d’un klal d’une communauté entière. On n’accepte que la conversion des individus.

 

Dans le temps contemporains, énormèment de peuples ont demandé leur conversion au judaïsme pour pouvoir venir en Israël. En règle générale, c’est refusé. N’est accepté que la régularisation à l’échelle individuelle. Le problème n’est pas simple : certaines communautés prétendent à tort ou à raison qu’elle descendent d’Israël.

  

Je me suis occupé il y a une trentaine d’années de tribus malgaches de Madagascar qui ont demandé purement et simplement la conversion au judaïsme pour venir en Israël sans prétendre descendre des tribus d’Israël. Elles avaient entendue ce qui se passait en Israël et avaient demander la conversion au judaïsme pour venir en Israël. Et finalement la Halakhah a été appliquée comme elle l’est traditionnellement : A l’échelle individuelle on peut préparer leur conversion mais pas au niveau collectif en tant que klal.

Il y a eu la même demande d’une tribu du Kénya à la même époque.

 

Ce qui n’a rien à voir avec les Félachas qui eux prétendent descendre de tribus d’Israël, ou les Bnei Israël de l’Inde.

 

Aujourd’hui dans le Sud du pays, il y a une communauté des hébreux noirs. C’est un problème casse-tête. Cela montre la force de la Halakhah parce que finalement il s’agit d’une secte qui n’a rien à voir avec le judaïsme vraiment. Leur position est une religion qui n’est pas exactement le judaïsme ni exactement le christianisme, une espèce de syncrétisme dans une position anti-juive profonde, se prétendant être les seuls authentiques hébreux…

 

Cela se relie au problème d’identité : ne pas accepter une conversion collective.

 

A retenir :

Cette espèce de résistance à l’identité Israël qui est désirée et souhaitée par le Erev Rav (et en principe ils y ont donc droit) est en réalité envers Erets Israël. C’est parce que leur Shoresh de leur relation à la terre ne passe pas par le pays d’Israël. Cela expliquera énormément d’épisode de ce qui s’est passé durant les 40 ans du désert qui peut ne pas être clair si ceci n’est pas mis en évidence. 

 

Suite Ki-Tissa (19:40)

 

C’est qu’il y a dans la prophétie, une programmation de l’histoire, et en particulier je vous en ai parlé par rapport au fait que Israël est confronté à la succession des différents empires, c’est-à-dire des grandes civilisations. Cette programmation a été enseignée par les prophètes, pas seulement dans les principes généraux mais dans les détails très précis, y compris des dates.

 

On n’entrera pas des les détails, mais l’essentiel pour ceux qui découvrent ces sujets c’est d’être d’abord sensibles à l’identification des événements, en tout cas lorsqu’ils sont massifs comme ceux que nous sommes en train de vivre par exemple : la fin d’une période qui a duré 2000 ans et le commencement d’une autre période, et dans un temps de transition extrêmement accéléré où les choses changent très rapidement.

 

On a tellement été habitué, disons depuis l’émancipation, à des critères qui sont radicalement différents de ceux de l’enseignement de la tradition, que, dans un dialogue entre un habitué de la culture occidentale et ces enseignements de la tradition il y a incompréhension totale  Il faut se familiariser avec un changement de méthode, un changement de perspectives, un changement de structure d’approche des problèmes...

 

Cet enseignement de la tradition concernant la programmation lorsqu’elle joue, est très précis et minutieux. Le problème que cela pose est une espèce de contradiction entre l’idée de la liberté de l’histoire et de la programmation de ces événements. D’autant plus que cet enseignement de la Kaballah va jusqu’aux dates précises, lorsque les événements se déroulent selon la loi des temps. 

 

Je vais un peu vous parler de ces problèmes très rapidement mais je ne vous donne pas des détails précis, parce que l’expérience nous montre que ceux qui s’attachent à ces détails prennent en général ces choses secondaires pour l’essentiel, alors qu’elles font partie de tout un ensemble.  

 

Exemple : le cours doit finir à 12h, ce n’est pas parce que l’aiguille arrive sur 12 que le cours finit mais pour d’autres raisons : le cours devait finir à 12h...

De la même façon : ce n’est pas parce que nous avons une date que l’événement s’est passé à cette date, c’est parce que l’événement devait se passer à cette date que cette date nous a été donnée, mais la raison profonde est ailleurs.

 

La date est connue par ailleurs et il y a une allusion dans un verset. La science des dates fait partie d’une science pour elle-même. Ceux qui sont les savants de cette science l’étudie, et ceux qui controverse ne font pas partie de cette science. Il y a tellement de problèmes psychologiques et spirituels qui se greffent là derrière que tout cela est caché, mais je voulais que vous sachiez que cela existe.  

 

Une règle : les dates importantes existent et elles existent jusqu’à la fin. Ceux qui connaissent les dates les connaissent jusqu’au bout, mais il y a une régle absolue de ne jamais parler de ce qui se passera demain. Alors c’est pourquoi je vous donnerais quelques exemples de dates déjà passées.

 

Le Gaon de Vilna a donné la date exacte à l’heure près de la proclamation d’Israël : il y a derrière cela 40 ans d’études pour arriver à comprendre comme cela est possible. Cela ressemble à de la magie pour ceux qui ne sont pas familiers des raisonnements du Talmud.

 

Q : Avant le nazisme, il y avait des sages qui savaient ?

R. Oui et ils ont suppliés leurs communautés de bouger qui n’ont pas bougé.

 

Q : Mais de toute façon cela devait se passer ?

R : Non, si la liberté de l’homme avait joué et qu’on soit intervenu connaissant l’éventualité, alors l’evénement serait intervenu à sa date mais dans un tout autre contexte. De toute façon la Guéoula a pour date précise la création de Médinat Israel. Quand je vous dis Gaon de Vilna ou Ari sont des autorités colossales.

 

Si vous voulez je vous donnerais un copie d’un texte du gaon de Vilna. Tant que vous l’étudierez avec moi vous comprendrez mais après vous aurez beau avoir le texte sous les yeux vous ne comrpendrez rien du tout. La plupart du temps c’est comme cela que cela agit. Ne vous étonnez pas.

 

Ce n’est pas parce que la Médinat Israel a été fondé le jour prévu par les Kabalistes qu’elle est vraie. C’est parce qu’elle a été fondée qu’elle est vraie. C’est l’événement qui prime cette apprence.

 

Le problème qu’il y a derrière, c’est donc qu’il y a une programmation.

Effectivement, les phénomènes de l’histoire comme tous les phénomènes du monde sont soumis à des lois. Si on laisse les lois jouer, elles jouent comme cela. Mais si la liberté de l’homme intervient elle joue autrement.

 

Il y a deux éventualités:

La Galout a commencé: si on mérite de l’accomplir dès qu’on mérite de l’accomplir, le plus vite possible, elle se termine. Et il y a des tas de dates possibles en quantité où elle peut se terminer. Et maintenant, si la liberté n’a pas joué et qu’il n’y a pas de mérite suffisant, il y a une date ultime où quoiqu’il en soit elle arrive quand même. Or, c’est cela qui a joué. Dans tous les cas la liberté reste entière.  

 

C’est que nous sommes à l’époque où toutes les royautés cessent. Non seulement il y a cette prophétie qu’au moment de la Guéoula les royautés cessent, mais nous savons que chacune en leur temps cessera selon la loi des temps.

 

Sachez que cela existe et qu’il y a toute une ‘Hokhmah derrière et il faut des années et des années d’étude pour y être compétent. Cette ‘Hokhmah isolée du contexte de la Torah prend les allures de la magie.  

 

Ce n’est pas parce qu’on est arrivé en 1948 qu’on a mérité l’état d’Israël. On a mérité l’état d’Israël et il s’est créé en 1948.

 

S’il y a un mérite suffisant alors les choses se passent à un autre niveau de la même loi. En l’absence de mérite suffisant elle se passe quand même de façon déterminée.

 

Enseignement du Zohar sur Bereshit: .../...

< fin >

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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