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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 13:58

Ki Tissa 3 (1980)

 

 

KiTissa 3 (1980) 1ère Partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/ki_tissa_serie_1980/cours_3

Face A

 

…/…

… A l’époque de ce récit, il s’appelle encore Abram.

Je vous ai suffisamment parlé de cela : Maintenant que nous vivons au niveau de la descendance des Patriarches, l’histoire accomplie de l’acquissition de ces vertus, alors il semble que cela va de soi mais on ne perçoit plus  l’effort de conquête et d’émergence de constitution de chacune de ces vertus pour elles-mêmes. Et il y a toute une histoire de la mise au point de la vertu de ‘Hessed. Et c’est très long jusqu’à ce qu’Abraham entende comment doit être la Midat ‘Hessed pour être celle d’Israël.

 

On l’a étudié avec cette notion de la foi chez Abraham : quel est ce mérite de cette foi d’Abraham de croire quand Dieu lui dit : tu auras un enfant... ? Et comment apparait là toute une expérience difficile pour arriver à intégrer ce nouveau niveau de la foi auquel Abraham n’est pas habitué et le fait qu’il l’acquiert lui confère un mérite qui pour nous n’est plus compté en mérite mais qui pour Abraham est un mérite absolu. Etre capable de croire comme cela la 1ère fois c’est un immense mérite alors que maintenant pour sa descendance pour qui c’est déjà intégré alors où est le mérite de croire lorsque c’est Dieu qui promet ? Mais lorsque cela a commencé cela n’était pas évident d’entendre une promesse et de vivre une telle foi ! Cf. la controverse entre Rashi et Na’hmanide à ce sujet.

 

On a étudié cette diffèrence d’étape du cheminement de la découverte de cette nouvelle manière d’être reliée au Créateur au-delà des conditionnements naturels.

 

La Midat Ha’Hessed chez Abraham ici à ce niveau-là est exclusive, totale, donc hypertrophiée et exagérée. Et c’est du trop plein de la foi de la confiance qu’apparait cette faiblesse. Abraham juge que même si ces personnes ne sont pas Israël elles seront sauvées quand même. Il y a là, si vous voulez, une erreur de la vertu, mais c’est une erreur de la vertu.

 

C’est-à-dire que dès que l’identité d’Israël sera constituée ce genre d’erreur ne se fera plus. Il y a là une faute qui n’est pas chez Abraham une culpabilité. Quand Israël fera cette même faute, pour Israël c’est une faute. Il se dévoilera alors que cela a commencé chez Abraham pour qui ce n’est pas une faute mais une vertu, une vertu exagérée. Quand la descendance d’Abraham tombera dans les mêmes erreurs alors c’est imputé en faute, et la racine de la possibilité d’une telle faute se trouve dans la vertu d’Abraham.

 

Bereshit 12:5 :

וַיִּקַּח אַבְרָם אֶת-שָׂרַי אִשְׁתּוֹ וְאֶת-לוֹט בֶּן-אָחִיו, וְאֶת-כָּל-רְכוּשָׁם אֲשֶׁר רָכָשׁוּ, וְאֶת-הַנֶּפֶשׁ, אֲשֶׁר-עָשׂוּ בְחָרָן; וַיֵּצְאוּ, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ, אַרְצָה כְּנָעַן

 

וְאֶת-כָּל-רְכוּשָׁם אֲשֶׁר רָכָשׁוּ, וְאֶת-הַנֶּפֶשׁ, אֲשֶׁר-עָשׂוּ בְחָרָן

et tous les biens et les âmes qu'ils avaient faites à Harân…

 

Si Abraham sait cela qu’il est chargé de faire ces convertis, comment se fait-il qu’ici il réagit ici comme cela ? C’est pourquoi la Guémara note de suite ce point comme commencement de l’éventualité de l’exil pour sa descendance.

 

Je vais utiliser cela pour notre sujet et décanter tout cela en une seule phrase :

Etant donné qu’il y a en dehors d’Israël des Neshamot d’Israël, il faut donc aller là où elles sont prionnières pour les délivrer. Mais ceci pour nous faire comprendre la force de l’initiative de Moïse : on ne peut pas sortir d’Egypte sans avoir fait cela. Et quelle était la difficulté ? C’était trop improvisé. Alors il en est sorti le veau d’or !

Quelle est l’initiative de Moïse ? C’est d’avoir pris sur lui le risque qu’il y ait quelque chose de cet ordre parce que son objectif va beaucoup plus loin : faire que la sortie d’Egypte réussisse. Même si on sort avec un handicap on prendra cet handicap, l’essentiel étant que la sortie d’Egypte réussisse !

Cest à ce niveau qu’il faut penser le problème.

 

Dans ce contexte, c’est Aharon lui-même qui va prendre l’initiative de leur faire le veau d’or.

Il va dans le même sens mais trop loin. « Si moi je le fais, ce sera cachère… »

S’en suit le dialogue entre Moïse et Aharon. En schématisant :

Moïse : « pourquoi as-tu fait cela ? »

Aharon : « tu sais bien qu’on ne pouvait pas faire autrement ! »

 

Ces textes ont une cohérence absolue dans le détail mais il faut les étudier à la loupe pour percevoir à quel niveau cela devient cohérent.

 

Q : Le terme Rikhoush et le terme Nefesh ?

R : Il y a non seulement le Nefesh mais même le Rikhoush : il y a les personnes et il y a les valeurs.  

C’est la même fonction mais à deux niveaux. Dans cette définition de cette fonction de l’exil c’est d’une part qu’il y a des personnes, des sujets, des Neshamot, qui sont concernés par l’identité d’Israël, et là il s’agit du Guer à proprement parler. Mais non seulement cela, il y a d’autre part le Rikhoush, les valeurs, les Middot, qui se trouvent prisonnières de cette civilisation à l’intérieur de l’impureté qu’elle représente et qu’il faut délivrer. Mais c’est le même processus.

 

Effectivement, vous remarquerez que la Guémara cite le verset tout entier :

ten-li hanefesh véharekhoush ka’h-lakh.

Donne-moi l’âme (les prisonniers) et le butin garde-le.

 

Nous savons à ce sujet qu’Israël n’est sorti d’Egypte qu’une fois que les Egyptiens pris de panique leur ont donné en les suppliant de prendre tous leurs bijoux. C’est avec ces matériaux qu’a été construit le Mishkane. C’est au niveau des valeurs elles-mêmes, mais il y a les Nefashot, les personnes. C’est le Erev Rav.

 

Abraham a tout laissé. C’est là que la Guémara intervient alors et dit : pour quelle raison la desendance d’Abraham va-t’elle être frappée de la sanction de l’exil...

 

Comprenez le problème qu’il y a là :

Il y aurait une sorte d’injustice que la descendance d’Abraham soit punie pour une faute qu’Abraham aurait faite : c’est le thème du « péché originel ». 400 ans dans un exil pareil parce qu’Abraham a laissé un butin dehors !?

 

Maharal : c’est lorsque la communauté d’Israël comme telle tombe dans cette faute qu’alors est imputé ce qu’avait fait l’ancêtre. Au niveau de l’ancêtre c’est une vertu, c’est lorsque les descendants le font à leur tour que c’est une faute dont la racine se trouve chez l’ancêtre Abraham. Une tendance à cette faute. Et d’où vient cette tendance ? De la vertu d’Abraham !

 

C’est dit en termes propres dans la Guémara parce qu’il y avait une sorte de négligence à faire rentrer des Bnei Adam sous l’aile de la Shekhinah. On est alors frappé d’exil pour les avoir laisser tomber dans l’enfer. Il faut donc aller en enfer pour les sauver. La Guémara cherche alors où est la racine d’une telle tendance et le trouve dans un épisode de la vie d’Abraham où cela est déjà arrivé.

 

Du point de vue positif, cela vient de la vertu d’Abraham, comme s’il s’était dit : « même Goy ils seront sauvés... ! » Abraham avait là une occasion d’intégrer dans sa famille ces personnes-là et ils les donnent au roi de Sodome !

 

Q : Dans cette situation ces gens-là sont passifs et n’ont rien demandés ils sont des prisonniers, alors qu’à la sortie d’Egypte ils sont actif et prennent une part active dans la sortie d’Egypte ?

R : Nakhon ! Qui sont ces hommes-là du Erev Rav voulant sortir avec Moïse ? D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Et là à ce niveau-là c’est la même situation. Ce sont ces personnes qui ont été dans les circonstances de pouvoir être relié à Israël et qui ne l’ont pas été. Ce Erev Rav lui-même d’où vient-il ? La destinée de chaque personne ne commence pas à sa naissance et ne se termine pas à sa mort terrestre. Selon l’enseignement de la Guémara il s’agit de la même identité. Ces gens-ci sont ces gens-là. Ce qui est pour nous incompréhensible. On ne peut comprendre comment cela fonctionne tant qu’on n’a pas étudié ce qu’il faut pour le comprendre, mais ce n’est pas de votre âge. Je vous souhaite d’arriver à un stade d’étude où vous apprendrez ces choses-là. Laissez sous forme de postulat comment cela fonctionne. Mais c’est ce qu’il faut apprendre pour comprendre ce que veut nous dire la Guémara. Parce qu’il y a eu cela au temps d’Abraham, alors il y aura cela pour sa descendance. Même si à l’échelle individuelle ce n’est pas la même personne, c’est la même identité. Au temps d’Abraham, il est arrivé que des hommes qui auraient pu devenir Israël ont été laissés en dehors. Au temps de Moïse, on trouve que des hommes veulent participer de l’histoire d’Israël. Les deux faits sont liés. La Guémara va plus loin en montrant que l’histoire de l’exil elle-même avait sa cause dans ce fait-là.

 

Chaque fois qu’il faut mettre en évidence une dimension d’un thème, alors on s’occupe de lui comme si il n’y avait que cette dimension-là. Mais ce n’est qu’une des dimensions du thème général Galout-Guéoula. Mais il faut d’abord le comprendre comme s’il n’y avait que cela. Après on voit ce qu’il y a à côté. 

 

Voilà ce que dit la Guémara. Ce qu’on appelle en langage talmudique c’est une lav davka on va nous dire c’est l’unique raison – en réalité c’est faux, il y a tout un faisceau de raisons mais on s’occupe que ce celle-là maintenant – il n’y a eu d’exil que pour chercher ce Rikhoush. En réalité, la fonction de l’exil est beaucoup plus ample que cela, mais c’est cette dimension-là dont on s’occupe ici pour la mettre en évidence.

 

Réfléchissez bien :

Il y a une économie de l’histoire humaine attachée à la rédemption de l’identité humaine depuis l’origine. Quiconque doit y participer doit y participer. Il est arrivé qu’à l’origine de cette étape-là d’Abraham on a laissé dehors quelque chose. C’est à relier au fait que lorsqu’il faudra allez dehors c’est précisément pour aller rechercher cela. C’est à deux niveaux : les personnes et les valeurs.

 

Rattachez cela à ce qu’on a déjà étudié dans les cours passés sur l’exil : Chaque communauté de l’exil revient imprégnée des valeurs propres à tel ou tel paysage de l’exil, et avec ses propres convertis. Entre temps, elle a laissé là-bas les 4/5ème, c’est le processus historique du tri.

 

Principe de la croix:

L’histoire horizontale de l’humanité se développe dans sa cohérence propre. Elle est traversée par l’histoire verticale des âmes, des sujets, des hommes, qui la traversent de façon perpétuelle jusqu’à ce qu’elle réussisse. Il y a l’histoire de l’humanité et l’histoire des individus qui la constitue. L’une est horizontale et l’autre est verticale. L’histoire de l’humanité se fait, mais elle est constituée par les destinées individuelles qui la constitue. Et alors nous avons cette génération des convertis potentiels du temps d’Abraham que nous retrouvons dans le problème des convertis au temps de Moïse. Et ainsi de suite...

Et pour beaucoup de thème c’est le même problème. Comme si un thème d’identité qui n’a pas été suffisamment mené à sa perfection, est rejoué dans l’histoire lorsque l’occasion s’en présente.

 

Je vous en parle de façon formelle et intellectuelle et je fais tout ce que je peux pour ne pas vous dire ce que vous n’avez pas à entendre. Mais il est évident que ce sont des thèmes pour lesquelles il faut une préparation plus grande. Dans 40 ans vous comprendrez de façon très simple de quoi il s’agit. Mais il faut d’abord s’habituer à cette idée que c’est comme cela que fonctionne. Comment cela fonctionne on ne sait pas mais que c’est comme cela que cela fonctionne, on le sait.

 

Par exemple. Quand chacun d’entre vous se demande « qui suis-je ? ». Ne pas pas faire l’erreur de croire que l’on commence à la date de l’état civil. Chacun est une identité humaine en jeu dans l’histoire humaine depuis le 1er homme et qui rejoint le problème qu’elle a à résoudre et le rejoue chaque fois qu’il se passe dans l’histoire de l’humanité. Chacun retrouve dans sa mémoire qui il est.

 

Quand on est honnête avec soi-même on retrouve qui on est, et quand on sait qui ont est on sait ce qu’on a à faire. Ou alors il faut être très scupuleux parce que la plupart du temps on sait ce qu’on avait à faire lorsqu’on a échoué mais c’est trop tard, et on recommencera la prochaine fois... 

 

Q : Abraham allié au roi de Sodom qui veut partager: « les âmes pour toi et le butin pour moi » et Abraham refuse le butin, sous-entendu qu’il prend les âmes ?

R : Non, c’est juste le contraire : on voit que le roi de Sodome dit à Abraham « Ten li ha nefesh, et le Rekhoush prend-le... » Et Abraham lui répond : « même le Rekhoush garde-le ». Pourquoi la Torah nous raconte une anecdocte pareille ? la guerre entre 4 et 5 rois, les noms des rois, c’est qu’il y a quelque chose derrière... Et au moment du partage du butin cet épidode ? Il faut comprendre ce récit et ce point de détail du récit, dans le contexte de la Torah toute entière.

 

On sait déjà que le roi de Sodome est un principe du côté du mal et Abraham un principe du côté du bien. Ils ont du faire alliance pour sauver Loth et dans cette alliance le roi de Sodome, comme il est, dit ce qu’il veut : les personnes humaines et donne à Abraham les choses matérielles. Et Abraham laisse faire, non par inadvertance mais parce que c’est sa vertu. « Ce qui est à toi garde-le ! » Et il y a là une stratégie qu’il faudra corriger à travers toute l’histoire d’Israël jusqu’à la fin des temps. Israël est dans ce cas, est en tant que fils d’Abraham. D’où vient cette tendance à être comme cela ? D’Abraham ! Mais en Abraham c’est une vertu. C’est dans la descendance historique que cela peut être une faute.

 

Q : Comment le roi de Sodome du côté de la perversité préférait il les hommes aux richesses ?

R : La perversité a des niveaux psychiques et spirituels dont tu n’as aucune idée.

La perversité est dans l’âme. Alors c’est l’âme qu’il veut.

 

Et le mot de Rikhoush est un mot formel. Que renferme-t’il ? Quand on dévoile au niveau le plus matérialiste : les richesses, les butin… Mais il s’agit de valeurs, à tous les niveaux, matériels aussi. La différence c’est que Nefesh c’est le sujet humain, et Rikhoush les Middot. Les valeurs.

 

***

 

On a ainsi appris que ce problème du Erev Rav au moment de la sortie d’Egypte a déjà une racine plus ancienne : ce thème qu’il y a à l’échelle individuelle, en dehors d’Israël, déjà constitué ou en cours de constitution, des âmes qui sont censées en faire partie mais qui sont prisonnières du monde extérieur. Et lorsque la Guéoula arrive, si elle n’est pas aussi pour eux c’est un échec.  

 

Comment cela fonctionne on ne le sait pas, mais cela fontionne. A rattacher au thème du tri.

L’histoire est un tri. On met en jeu une quantité d’être et elle dira ce qu’elle est. Ce n’est qu’à la fin qu’on sait qui est d’un côté qui est de l’autre. Tant qu’il y a la patience de l’histoire, il n’y a pas de jugement. Il n’y a pas l’ultimatum du jugement.

 

Nous vivons un temps accéléré du point de vue de ce tri. Il n’y a pas de doute que le tri s’accélère. Mais tant que le temps dure, tant qu’il y a la patience de l’histoire, le temps dure...

 

Chaque fois qu’on était quelque part et qu’on est passé d’un autre côté comment va-t’on se relier avec ceux qui sont restés dans le monde ancien ? En se rappelant comment on a été avant. Et que si c’est arrivé pour moi, cela peut arriver pour l’autre. C’est pourquoi il ne faut pas durcir le jugement.

 

La seule inquiétude à avoir : est-ce que les événements laisseront le temps à une telle patience ?

C’est pourquoi il faut accélérer mais sans juger, ni condamner ; et surtout pas de la part de celui qui a été dans ce cas-là.

 

Nature de la relation à Erets Israël

 

Les tribus d’Israël sont d’Israël et leur personne est reliée à cette terre d’Israël, tandis que pour le Erev Rav ce n’est pas le cas. Puisque par définition ils étaient des hommes d’un autre paysage terrestre.

 

On revient toujours à notre problème : lorsqu’il y a une division dans le peuple d’Israël par rapport à Erets Israël, ceux qui sont dehors c’est cela le Erev Rav, parce que finalement ils se relient à la Torah mais pas à Erets Israël ! Pourquoi ? Parce qu’originellement ils n’étaient pas d’Erets Israël !

Tous ces juifs solidaires avec Erets Israël parce que c’est écrit dans la Torah et ils la considèrent comme « une terre sainte », cela vient du Erev Rav.

Et là le critère est très clair : lorsque le Erev Rav fait la paix avec la Torah, alors il y a un verset qui parle d’Erets Israël. Et alors avec motivation religieuse de la Torah parce qu’il y a un verset qui parle d’ Erets Israël, cela devient leur « terre sainte » et non pas leur terre. D’où cela vient-il ? Cela vient de la différence entre les Hébreux et les autres. Je vous dis là une chose énorme. Un Goy sioniste est plus d’Israël qu’un juif religieux parce qu’il est sioniste. Parce que l’un est des tribus d’Israël son âme s’est perdue comme cela, et l’autre est du Erev Rav.

 

Le critère de division est essentiellement-là. Tout ce Erev Rav venait d’autres pays, leur racines venaient d’autres pays, et par conséquent vis-à-vis d’Erets cela se ressent : Erets Israël sublimée en « terre sainte »...

 

Q : Ils n’en sont pas responsables ?

R : Comprendre cette chose élémentaire : Chacun est responsable de ce qu’il est avant d’être responsable de ce qu’il fait. Il fait comme cela parce qu’il est comme cela... 

 

Au-delà de la responsabilité, c’est un problème au niveau des faits : il y a en Israël deux parties. Ceux pour qui cela va de soi d’être reliés à Erets Israël et ceux pour qui cela ne va pas de soi...

D’où cela vient ? On en a l’explication ici. Il y en a d’autres convergentes, mais il y a ici un point important.

 

Q : Cela veut-il dire qu’ils ne sont pas intégrables ?

R : Non. Cela veut dire qu’ils ne sont pas intégrés, il ne faut pas être pessimiste, tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. On peut se noyer encore à 15 cm. du rivage, cela veut dire qu’on est encore à 15 cm.

 

Dans une génération précise, la sortie d’Egypte 4/5ème ne sort pas et opte pour l’identité de l’Egypte. Cela veut dire qu’au niveau d’un Shoresh, une racine encore plus antérieure à Abraham, il y avait cette tendance. Il y a les fils de Léa et les fils de Rachel. Vous l’apprendrez plus loin. Cela vient de loin cette différence-là.

 

Prenons la dans la génération contemporaine : je parle des hommes juifs qui sont tous rattachés à la Torah : pour les uns cela va de soi que Erets Israël c’est leur terre et pour les autres cela ne va pas de soi, c’est leur terre sainte.

 

C’est tellement énorme que lorsqu’un sociologue non-juif étudie ce problème il ne le comprend pas ! Pendant 2000 ans ils prient pour cette terre et maintenant qu’ils l’ont, ils n’en veulent pas ?

 

Tout est à nuancer, il y a des niveaux. Cela veut dire qu’il n’y a pas en eux un sentiment d’appartenance en cette terre. D’où cela vient-il ? Cela vient de ce qu’ils sont beaucoup plus enracinés dans un autre paysage que celui d’Erets Israël. Ce paysage d’Israël n’est pas encore dans leur mémoire ancestrale.  

 

Cela nous fait comprendre pourquoi même des hommes juifs attachés à la Torah, et en dépit de ce que la Torah dit, ne sont pas reliés à Erets Israël. Parce qu’il y a un Shoresh différent. Et il ne faut juger personne parce que chacun est en cours de rédemption.

 

Q : Qu’est-ce qu’une trentaine d’année à l’échelle d’un peuple, même avec Moïse cela a duré 40 années dans le désert... alors qu’à notre époque 30 années sortir sans Moïse...

R : Sans Moïse tu ne sais pas, parce que même quand Moïse y était du temps de la sortie d’Egypte, ils ne l’ont pas vu comme Moïse, ils l’ont vu comme un agitateur politique...

Cela veut dire que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. La question est de savoir si les événements nous laisseront le temps, mais on comprend en tout cas pourquoi il y a cette espèce de perplexité et d’expectative. Il ne devrait pas y en avoir. Certains dès qu’ils ont entendu que c’était possible sont venus à pied, à plat ventre... Pour d’autres qui ont toutes les possibilités de venir, il y a des problèmes ! D’où viennent ces problèmes ? Voilà d’où viennent ces problèmes…

Cf. les Juifs du Yemen exilés du Bayit Rishon qui ne sont pas revenus et qui avaient des raisons de savoir que pour eux c’était grave, ils sont revenus à genou. Le Tikoun s’est fait pour eux. Tandis que d’autres sont encore en Tikoun.

 

C’est pourquoi ce n’est pas en terme de responsabilité. On n’est de tout façon responsable de ce qu’on est avant d’être responsable de ce qu’on fait.

 

Q : Mais vous avez dit qu’en Egypte selon que ce soit des descendants de Rachel ou de Léa, que peut.on faire ?

R : Quand on dit à quelqu’un: voilà qui tu es, et voici tes qualités et voici tes défauts. Tes qualités tu vas les faire jouer grâce à Dieu et tes défauts corrige-les. C’est le problème de tout homme dans tous les problèmes humains. Une fois la faute commise on ne peut pas fuir sa responsabilité en arguant de ce que c’est son défaut qui l’a poussé à le commetre. On l’avait prévenu.

 

C’est le problème de la triple relation des Bnei Israël : 

ð  Le problème de la relation au peuple juif.

ð  Le problème de la relation à Erets Israël.

ð  Le problème de la relation à la Torah.

 

Cela devrait aller de soi. Si cela ne va pas de soi alors on se demande pourquoi.

Un observateur extérieur objectif concluerait que ce peuple est fou.

 

Je ne parle pas des Juifs qui sont prêts à devenir autre chose et partir ailleurs. C’est un autre problème encore, mais de ceux qui se réclament de l’identité juif authentique mais de façon contradictoire. C’est un problème objectivement incompréhensible. Derrière, il y a des ouvertures d’explications. Par rapport à Erets Israël en tout cas. 

 

Le peuple juif est un ensemble où il y a deux polarités :

Si vous prenez le postulat que chaque manière d’être homme est corollaire d’un certain paysage. Judah Halévi : l’homme est l’homme de la terre. Chaque manière d’être homme est l’homme de telle terre. Si le peuple juif est un peuple cosmopolite alors qu’il le soit, mais seulement pendant 2000 ans il se réclame peuple de cette terre et ils restent dehors ?!? C’est cela la chose incompréhensible ! C’est un peuple d’exilés mais d’exilés d’Erets Israël ! D’où vient cette contradiction ? C’est que peut-être, sans doute, en le nuançant, le Shoresh profond de tel ou tel individu même pieux, n’est pas d’Erets Israël ! Alors il faut qu’il l’acquiert. C’est justement son problème de l’acquérir puisque c’est de cela qu’il se réclame. Il est bien évident que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir.

 

En fin de compte, la sortie d’Egypte, le passage par la mer rouge, la réception de la Torah... et au moindre problème matériel de nourriture.. le peuple décide de retourner en Egypte !?! C’est parce que c’est leur pays. Mais ils trouvent d’authentiques Hébreux descendants des tribus hébreux pour se mettre à leur tête.

 

Q : Comment se fait-il que ce problème soit toujours présent après toute cette période et cette participation à l’identité d’Israël jusqu’au Bayit Rishon ?

R : C’est cela le problème qu’ils ont à résoudre, et plus il est difficile, et plus ils ont le temps. Il n’ya qu’eux qui pourront réussir mais c’est eux qui échouent, tant qu’ils échouent.

Une partie comprend plus vite, ce n’est pas intellectuel, cela se déclenche plus vite, le Tikoun se fait plus. Une partie s’attarde. On a rendez-vous à la fin des temps. Le prix à payer entre temps c’est la quantité de gens chez qui cela se déclenche plus vite, chez qui le Tikoun se fait plus vite. Là ici le nombre joue. Mais il n’y a pas de problème de principe. Sinon est-ce que les événements vont nous laisser le temps. Il évident que, à moins d’être complétement Rashâ, un juif qui croit en la Torah finira par arriver en Erets Israël. Lui ou son descendant. Mais entre temps que ce passe t-il ? qu’est-ce qui joue ? où est l’obstacle ? d’où vient-il ? On a une première réponse ici. Et le fait que cela prenne du temps ne pose pas problème.

 

Commentaire d’un grand maître:

Imagine un oiseau pris dans la boue qui passe toute sa vie à se nettoyer. Arrive le moment où il a juste un peu de boue sur la pointe des ongles. Il a encore de la boue et donc cela l’empêche de se présenter devant le roi... mais il reste juste un tout petit peu... Cela a pris beaucoup de temps.  

On a mis 2000 ans à se débarasser du non-amour d’Israël... il en reste encore un petit peu.

 

Le plus grand obstacle est cette idée de « terre sainte » et avec cela on croit être sauvé par un petit tour au Kotel...

 

J’espère vous avoir fait comprendre, pas seulement moi, le pays, c’est très différent de se relier à Erets Israël comme une « terre sainte » ou comme à son pays. Lorsque la mutation se fait elle se fait et puis il s’agit d’autre chose.

 

Q : Est-ce une influence chrétienne ?

R : Très peu, ce n’est que le symptôme de la maladie. L’idéologie chrétienne est aussi sortie de là aussi. Et quand cela recommence c’est la même cause de la maladie qui joue, il n’avait pas besoin des Chrétiens, ce sont eux qui l’ont inventé le christianisme. 

 

Q : Les enfants de ces gens du Erev Rav font-ils eux-mêmes partie du Erev Rav ?

R : Pas forcément, il peut y avoir des enfants du Erev Rav chez qui viendraient des Neshamot d’Israël et des enfants d’Israël chez qui viennent des Neshamot du Erev Rav. Ce n’est pas une question d’hérédité fatale, mais c’est une question de manière d’être d’identité. Cela dépend comment l’enfant a été conçu au moment de la nuit des noces. Il y a des Halakhot pour cela : comment on fabrique les bébés. Il y a des règles pour cela comme pour la culture des petits pois.

Et si au moment où le bébé a été fabriqué la Ma’harshavah n’était pas Kasher va savoir quelle Neshamah va venir chez le bébé. Les parents ont une énorme responsabilité sur ce que sont leur enfants, parce qu’ils les fabriquent. Ne jugez pas vos parents. Au sein d’une même famille l’un peut avoir une Neshamah d’Israël et l’autre une Neshamah du Erev Rav. Mais ce n’est pas si simple, l’un a plutôt une Neshamah d’Israël avec un peu du Erev Rav et l’autre... etc.

 

La Neshamah vient dans le corps qui lui est approprié.

Cela va beaucoup plus loin : il y a d’authentiques Goy qui par hasard fabrique un corps pour Neshamah juive, et il y a une Neshmah juive qui vient chez eux. Et il y a d’authentique juif qui pas par hasard fabrique un corps pour Neshamah Goy et une Neshamah Goï vient chez eux.

Il n’y a rien pour rien. Il y a des communautés où l’on ne donnait pas sa fille en mariage à une famille dont on n’était pas sûr qu’elle pratiquait les lois du mariage.

 

A postériori tout peut s’arranger mais quel est le prix à payer ? C’est le prix à payer. Et il y a d’ailleurs des choses qui ne peuvent pas s’arranger, il y a des niveaux.

 

C’est pour vous dire qu’il y a une économie générale de ces problèmes qu’il faut comprendre à la racine des choses. Cela m’est difficile de répondre à vos questions car vous avez compris que je ne veux pas répondre dans le détail. Mais vous pouvez au moins comprendre quel est le sens de la cohérence.

 

Et je vous répète comme chaque fois ne faites pas comme pour les étudiant en médecine, il ne faut pas s’appliquer ces thèmes d’étude qui sont des régles générales qu’il faut comprendre pour elle-même. Si on a un problème particulier alors on fait une Shéélah ‘Hakham, on demande à un ‘Hakham dans ce cas particulier ce qu’il faut faire.

 

Il faut aborder ces choses-là avec beaucoup d’humour et non pas d’ironie.

 

Q: C’est dans les générations suivantes que l’on verra si le destin de quelqu’un...

R: bien sûr, c’est le privilège des générations vivantes maintenant dans l’histoire : c’est de pouvoir  arranger le destin des générations précédentes. Comment cela fonctionne vous ne pouvez pas comprendre mais savoir que cela fonctionne comme cela vous donne une cohérence du problème.

 

…/…

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****

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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