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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 16:07

KiTissa (1985)

 

KiTissa (1985) 2ème Partie

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/ki_tissa_serie_1985/cours_1

Face B

…/…

 

On est gêné à juste titre. Les gens gênés de ce regard n’ose plus mettre leurs beaux vêtements etc...

La relation sociale fondamentale et authentique c’est la parole de paix. La parole n’est pas  uniquement ce qui s’exprime dans la parole de la bouche mais tout ce qui s’exprime dans le comportement des relations d’un sujet à l’autre dans la société, Lorsque l’homme ne dit pas une parole de paix et qu’au contraire il lui dit une parole d’envie de jalousie de rivalité il y a gêne dans la relation sociale qui finit par devenir insupportable.

C’est un phénomène qui ne trompait personne et qui était diagnostiqué clairement dans les société traditionnelles. Chacun connaissait les ravages possibles d’un certain type de regard d’envie, de jalousie... Le mot en français est trop chargé de sens.

 

Il existait de façon symbolique des signes par lesquels on indiquait que l’on était pas dupe. On mettait par exemple une belle robe mais dessus un bijou de forme spéciale pour montrer : « je connais ton regard… ». D’où un certain nombre de bijoux symboliques pour conjurer le mauvais oeil : la main juive (qui n’est pas la main musulmane de Fatma avec trois doigts et deux pouces). C’est un symbole qui signifie : Daï !  Anagramme de la main Yad : signifie ça suffit Daï !

« Je sais comment tu me regardes mais cela est inefficace… ».

 

Dans les communautés, on s’est habitué à des signes de ce genre dans lesquels les modernes voient des bijoux avec des relents de superstitions.

 

On s’aperçoit au niveau psychologique profond que l’homme moderne civilisé est un être très dilué qui n’arrive plus à percevoir l’intensité de cette réalité sinon dans les cas pathologiques : Il arrive  que des mauvais regards de ce genre finissent par faire tomber malade quelqu’un. Et il faut un traitement psychiatrique. En particulier, on protégeaient les petits enfants en leur mettant un bijou autour du cou différent selon les communautés.

Chez les Tunisiens : un petit poisson en or, signe de fertilité etc..  

Ou cf. le bijou actuel israélien qu’est le ‘Haï avec les lettres ’Het et Youd.

 

Retour à l’essentiel de la signification que nous donne  la Torah de l’interdiction du dénombrement.

 

Chapitre 30:12 :

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר

כִּי תִשָּׂא אֶת-רֹאשׁ בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, לִפְקֻדֵיהֶם, וְנָתְנוּ אִישׁ כֹּפֶר נַפְשׁוֹ לַיהוָה, בִּפְקֹד אֹתָם; וְלֹא-יִהְיֶה בָהֶם נֶגֶף, בִּפְקֹד אֹתָם

Ki tisa et-rosh beney-Yisra'el lifkudeyhem venatnu ish kofer nafsho l'Adonay bifkod otam velo-yihyeh vahem negef bifkod otam.

Et Dieu s’adressa à Mosheh pour dire lémor : ki tissa ...

Lorsque tu dénombreras les Bnei Israel selon leur fonction dans la société d’Israël.

Chacun d'eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu'il n'y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération.

 

כִּי תִשָּׂא אֶת-רֹאשׁ בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל

Lorsque tu dénombreras les Bnei Israël…

Ici on pourrait traduire approximativement : lorsque tu compteras les enfants d’Israël par tête.

Etymologiquement en hébreu, cela veut dire « élever la tête ». «Dénombrer » dans le sens de « élever chacun par tête ». Avec cette ambivalence de l’expression qui apparait et peut se comprendre « Lasset et ha resh » : « enlever la tête ».

 

On retiendra donc que l’expression elle-même possède cette ambivalence et nous verrons comment les commentateurs l’ont expliqué.

 

לִפְקֻדֵיהֶם

lifkoudeihem

selon leur fonction

וְנָתְנוּ אִישׁ כֹּפֶר נַפְשׁוֹ

Vénatenou Ish Kofos Nafsho

Et donneront chacun le rachat de sa personne…

 

Kofos est un terme important dans le vocabulaire de la Torah dont le 1er sens est « recouvrir », pour cacher quelque chose, en particulier une faute. D’où le sens d’expiation qui recouvre la faute. Lekhaper. D’où le nom de Kipourim.

 

Il y a d’autre conduite de l’expiation qui sont l’annulation et l’effacement de la faute. Mais la Kaparah c’est le recouvrement.

 

A partir de la Kaparah la faute ne fait plus partie du domaine des relation publique mais elle est encore exprimée plus profondément à l’échelle intérieure individuelle. Jusqu’à obtenir la Mé’hila la Smikhah etc… qui sont des niveaux différents. D’autre part, il y a la racine de reniement. Un renégat c’est bien un kophos.

 

Ici c’est le sens de l’expiation : le dénombrement par le demi-sicle dans le sens d’un substitut expiatoire de sa personne « Kofos Nafsho » : « Et il n’y aura pas parmi eux de calamités » dans le sens de substiutut expiatoire de sa personne.

l'Adonay : à Dieu

bifkod otam : lorsqu’ils seront dénombrés

velo-yihyeh vahem negef : et il n’y aura pas parmi eux de calamités

(cela peut être une épidémie, la peste…)

bifkod otam : lorsqu’ils seront dénombrés.

 

Verset 13 :

זֶה יִתְּנוּ, כָּל-הָעֹבֵר עַל-הַפְּקֻדִים--מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל, בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ:  עֶשְׂרִים גֵּרָה, הַשֶּׁקֶל--מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל, תְּרוּמָה לַיהוָה

Zeh yitnu kol-ha'over al-hapkudim

machatsit hashekel beshekel hakodesh

esrim gerah hashekel machatsit hashekel trumah l'Adonay.

C’est cela que donneront tout ceux qui passent par le dénombrement.

Le demi-sicle au taux du Shékel dont on se sert pour le culte.

(Le Shekel avait un taux différent selon qu’il servait pour le culte ou pour le marché).

il y avait un taux fixé de façon absolue d’après le poids de la monnaie en argent pour le service du temple, et d’autre part le taux fluctuant de la monnaie du marché de l’empire romain régissant les transactions commerciales du 2nd Temple.

« Ils donneront la moitié du shekel au taux du shekel saint »,

Le shékel vaut 20 guéras (un autre Shekel peut valoir moins que 20 guéras)

« la moitié du Shekel c’est Térouma contribution offrande de prélévement pour Hashem. »

 

Questions fondamentales :

Pourquoi le dénombrement est dangeureux ?

Pourquoi une sorte de rachat par substitution expiatoire ?

Que signifie le Ma’hatsit HaShékel demi-sicle ?

 

Qu’est-ce qu’un dénombrement ?

 

Quand il n’y a pas nécessité de se compter, de savoir qui fait partie d’une certaine identité, par exemple dans notre cas, il devient nécessaire de savoir quel est le nomdre des enfants d’Israël. Cela signifie compter les personnes qui se définissent par cette identité d’Israël. Il y a un jugement implicite que chaque personne comptée fait partie de cette identité que l’on recense.

 

L’équation devient ainsi : le dénombrement c’est un passage en jugement.

Jusqu’à la fin des temps le dénombrement sera interdit car il est dangeureux.

Ce jugement là qui consiste à faire passer un jugement d’identité des membres d’une société dans une histoire qui a pour but de leur faire acquérir cette identité, à chaque moment de l’histoire, ils seront forcément tojours en décalage de cet idéal d’identité. Et donc le dénombrement c’est un jugement provoqué et anticipé qui est dangeureux. Tant que l’on est à l’abri de l’anonymat de la collectivité - les Bnei Israël - on est abrité par l’identité collective. Mais s’il faut d’autres part rendre compte et justifier à l’échelle individuelle la capacité individuelle de cette identité collective alors c’est un jugement dangeureux.

 

Par conséquent, le dénombrement se fait par une procédure de rachat expiatrice du fait que l’on est pas encore arrivé à coïncider avec l’authentique de cette identité.

 

Principe de cet enseignement : A travers toute l’histoire jusqu’au bout nous sommes jugés coupables de ne pas être devenus ce que nous avons à devenir. Et donc le jugement avant le jugement dernier est toujours un jugement dangeureux. Le seul jugement souhaité c’est le dernier des jugements car là on a complétement préparé l’examen, si j’ose dire. Imaginons quelqu’un qui a un temps d’histoire pour préparer son examen d’identité, il passe une « licence de l’être », et qui va donner sa copie avant le temps dont il dispose qui sera évidemment inachevée. Et donc cette anticipation est dangeureuse.

 

Malgré la nécessité historique urgente de faire ce dénombrement, alors sachez que c’est dangeureux  et il faut le faire par le biais de l’expiation du fait de ne pas encore être digne chacun à son niveau de cette identité des Bnei Israël. C’est pourquoi le dénombremeent peut mettre en évidence l’excellence de chaque individu en Israël, mais si cette excellence – élever la tête - n’est pas atteinte alors on peut enlever la tête. Le dénombrement est dévastateur.

 

Nous sommes loin d’une perception superstitieuse infantile du mauvais oeil qui est est ici la perception d’une catégorie de conduite extrêmement importante.

 

L’identité juive répugne au dénombrement. Ce serait un manque d’humour profond. Il n’y a pas de plus grand blasphème pour la Torah que le manque d’humour. Parce que cela veut dire à la limite : « je suis déjà des enfants d’Israël, tu peux me compter dedans... » !

 

Je pense à un autre principe dans l’histoire du 3ème patriarche avec le nom de Jacob qui doit devenir Isrraël : Ce n’est qu’à la fin de cet effort de construction et d’ascension de transfiguration d’identité qu’il devient Israël. Et le nom est donné à la collectivité de sa descendance. La collectivité de sa descendance est déjà Israël mais chacun au niveau individuel commence par être un Jacob qui doit devenir Israël. Si on interpelle quelqu’un qui au niveau de l’identité n’est que Jacob, il y a danger.

 

Je vais citer à l’appui de cela un enseignement sur le 1er verset du livre de Rout :

וַיְהִי, בִּימֵי שְׁפֹט הַשֹּׁפְטִים, וַיְהִי רָעָב, בָּאָרֶץ; וַיֵּלֶךְ אִישׁ מִבֵּית לֶחֶם יְהוּדָה, לָגוּר בִּשְׂדֵי מוֹאָב--הוּא וְאִשְׁתּוֹ, וּשְׁנֵי בָנָיו

Vayhi bimei Shofet Hashoftim Vayhi Raav Baarets…

« Et il arriva au temps où jugeaient les juges, il y eut une famine dans le pays... »

 

Une information historique : au temps des juges il y a eu une famine…

 

Deux faits frappants dans la société israélienne contemporaine : d’une part le pouvoir considérable des juges, et d’autre part la crise économique...

 

C’est que le fait que la légalité se substitue à la moralité a des conséquence sur l’état moral de la société et donc évidement au niveau économique. Cela va ensemble. Dès que l’état de la moralité est atteint alors cela se traduit d’abord au niveau des échanges économiques.

 

Une Mishna des Pirkey Avot qui est très importante et qui montre cela de degré en degré : si on abandonne les conduites de charité alors la famine devient de plus en plus grave. C’est un principe trés important : quel est le lien entre la charité et la famine ?

 

Un des principes fondamentaux de la foi juive, de la Torah, des prophètes de la bible, c’est que nous sommes toujours à l’intérieur du monothéisme intégral, il y a une relation entre la conduite morale et le sort dans l’existence. Etant donnée l’importance de la subsistance et du problème économique c’est le lien direct. Dans le Qriat Shéma : « si vous pratiquez Mes commandements, Je vous donnerais la pluie en son temps » Quel rapport entre la vertu et obtenir de la pluie ?

 

Ou bien nous sommes dans un monde dualiste : le monde de la nature et ses comportments sont des absolus pour eux-mêmes et n’ont rien à voir avec le monde des vertus et de la moralité ; ou bien nous sommes dans une atmosphère monothéiste et le principe de base qui est premièrement affirmé c’est celui-là : le comportement moral et le sort dans l’existence sont reliés.

 

Même si ce n’est pas visible, pas perceptible, cela reste perceptible pour les sages disait Maïmonide, mais c’est perçu comme un article de foi fondamental à l’intérieur de la foi du monothéisme. Les sociétés orientales connaissent ce fait. Ceci est perdu dans la mentalité moderne.

 

Au temps de la guerre d’Espagne, cette guerre servant de test des massacres et tueries de l’époque,  Jacob Gordin disait dans son séminaire : « Plus on mange cachère et moins le sang est versé ». Les espagnols ne mangeait pas cachère alors le sang a été versé. Quel rapport ? Il ajoutait d’autres formules comme celle-ci : Plus il y a de moralité et moins le monde de la nature est grossier. Moins il y a de moralité et plus le monde de la nature devient grossier.

 

Je vous ai cité cette source dans le Qriat Shéma mais c’est une évidence pour toutes les sociétés traditionnelles.

 

Je l’ai étudié en éthnologie : certains hommes sont capables de faire tomber la pluie en priant. En dehors de la mentalité biblique et dans la mentalité extrême orientale c’est celui qui prie qui commande à la pluie...

 

Au début, il y a une correspondance entre le monde intérieur de l’homme et son monde extérieur et  il y a donc une correspondance entre le climat intérieur et le climat extérieur. Si on est capable de pacifier le climat intérieur alors le climat extérieur se pacifie. C’est ainsi qu’on nous expliquait la conduite de ces fakirs ou gurus ou sorciers. Ce sont des faits prouvés par les études éthnologiques...

 

Invité à un congrès de théologie sur les miracles, un des ecclésiastique m’a demandé : Monsieur le rabbin croyez-vous aux miracles à Lourdes ? Réponse : « oui bien sûr ! » Stupéfaction dans la salle… « Sous la condition qu’ils soient autentifié par décision ecclésiastique. Re-stupéfaction dans la salle… ! « Cela prouve non pas que le catholicisme est une religion vraie mais cela prouve que Dieu s’occupe de toutes ses créatures même catholiques ». C’est cela le monothéisme absolu !

 

C’est pour dire qu’on trouve des comportements analogues à ceux de la Torah dans d’autres sociétés, ce qui ne prouve rien.

 

Retour au texte :

Début du livre de Rout, il y a donc une relation étonnante entre le pouvoir des juges et l’état économique.

 

וְשֵׁם הָאִישׁ אֱלִימֶלֶךְ וְשֵׁם אִשְׁתּוֹ נָעֳמִי וְשֵׁם שְׁנֵי-בָנָיו מַחְלוֹן וְכִלְיוֹן, אֶפְרָתִים--מִבֵּית לֶחֶם, יְהוּדָה; וַיָּבֹאוּ שְׂדֵי-מוֹאָב, וַיִּהְיוּ-שָׁם

Le nom de cet homme était Elimélec, celui de sa femme Noémi; ses deux fils s'appelaient Mahlon et Kilion; c'étaient des Ephratites de Bethléem en Juda. Arrivés sur le territoire de Moab, ils s'y fixèrent

 

« Et un homme (Ish a toujours dans le Miqra le sens de notable) est parti pour séjourner Lagour provisoirement, lui sa femme et ses deux fils... et le nom de cet homme était Elimeleh ....

et verset 3 les deux fils qui meurt après etc....

 

Au verset 1, on nous a dit qu’il s’agissait d’un homme de sa femme et de ses 2 fils sans nous dire qui c’est. Simplement, ils sont à l’abri du labeur d’identité de Yéhoudah. On ne nous dit pas qui ils sont individuellement. Au verset 2, on nous donne les noms. Au verset 3 ils sont morts !

 

Cela veut dire qu’on les a sorti de l’anonymat, on les a donc fait passé en jugement : coïncides-tu avec ton nom ? et le jugement n’a pas tenu : c’est la mort !

 

C’est le principe important que le dénombrement est dangeureux tant qu’on n’est pas assuré, et on n’en est jamais assuré, que son identité individuelle correspond à l’identité du groupe cela consiste à un passage en jugement. Par conséquent, il faut donner une expiation de cette faute d’être qui est la  culpabilité du fait de ne pas être devenu ce que l’on doit devenir. Il n’y a aucune faute mais on n’est pas encore devenu ce qu’on devait devenir.

 

Les commentateurs de la Kabalah ont fait remarqué que la valeur numérique du Shékel est la même que celle du mot Nefesh. Shin Qouf Lamed = 430 = Noun Péh Shin.

  

Le Nefesh est la personne humaine qui va ici avoir un substitut qui est le Shéqel.

C’est ce Nefesh qui s’appelle le Shéqel haQodesh.

C’est la moitié du Nefesh qui est en question de rachat par substitution.

 

Il y a là un thème de théologie profond que je vais simplement éclairer: le Nefesh résulte de la synthèse entre l’âme et le corps.

La Neshamah d’un côté qui est toute entière Neshamah, le corps de l’autre qui est tout entier corps  et puis lorsqu’il y a ce miracle de l’incarnation de l’âme dans le corps, apparait un Nefesh, une personne. La personne est donc par un côté la Néshamah et par un autre côté Gouf le corps. Les ’Hassidim explique cela d’une façon très belle que lorsqu’il commence une prière ils se mettent une ceinture pour séparer le Nefesh en deux : la dignité du Nefesh du côté d’en-haut et la dignité du Nefesh du côté d’en-bas qui ne sont pas les mêmes dignités.

 

Le Nefesh est en question de Kapara d’expiation. Il y a une indication très précise dans l’ordre des intuitions de la théologie juive : la Neshamah est déjà à priori complétement pure. Le Tikoun la restauration, la mise au point, c’est le côté personnel. La nature du Nefesh qui doit être rachetée ce n’est pas la Neshamah, c’est précisement le niveau d’insertion terrestre, dans le monde de la nature.

  

Nous n’avons pas à sauver nos âmes qui sont sauvées en tant que telles (ce sont des âmes) ce sont nos corps que nous avons à sauver, c’est-à-dire nos conduites terrestres. L’âme entre dans le piège de ce monde-ci et c’est là qu’elle est en danger. C’est au niveau du comportement des actes que nous avons à nous justifier. L’âme nous vient de Dieu pure et elle est pure : c’est la première des prières du matin « Mon Dieu l’âme que tu m’as donnée est pure ». Avec le commentaire du  Zohar : et elle reste pure que je le veuille ou pas, et je te la rendrais pure, un petit peu plus même, si Dieu le veut.

 

Il n’y a pas du tout cette angoisse présente dans d’autres religions de la nécessité de sauver nos âmes. Il y a une incompatibilité totale des sensibilités théologiques. Ce qu’il faut sauver ce sont les personnes au niveau de la conduite des actes. L’âme est pure et reste pure sans être touchée par une impureté quelconque. 

 

La Kabalah explique cela de la manière suivante : la faute éloigne la Neshamah mais elle ne l’atteint pas. En cas de conduite d’immoralité, la Neshamah sera mal à l’aise dans ce corps-là et s’éloignera mais elle n’est pas touchée par ce que le corps fait. La faute met l’âme en exil de la même manière que la faute met la Shékhinah en exil. Lorsqu’il y a faute, la Shékhinah s’éloigne. De la même manière à l’échelle individuelle lorsqu’il y a comportement de faute, l’âme s’éloigne. En d’autres termes plus contemporains : elle s’occulte de plus en plus. Elle n’est pas présente à elle-même. Et l’expiation de la faute fait revenir la Neshamah. Léashir Nafesh, c’est l’expression en hébreu : faire revenir le Nefesh parce que la faute l’éloigne.

 

Midrash important sur Parshat Yitro.

Lorsqu’on étudie les différents générations à partir de Adam on s’aperçoit qu’il y a eu successivement toute une séries de fautes, de génération en génération.

 

La faute de Adam le premier homme : la rebellion contre Dieu.

La faute de Qaïn le 2ème homme : l’assassinat de son frère.

La faute de Enosh…etc.

Et au terme de la 7ème génération le sursis donnée à cette humanité est achevé.

C’est le déluge et cette génération est disqualifée.

 

Le Midrash dit qu’à chacune des fautes la Shekhinah la présence de Dieu dans le monde remonte dans le ciel. En fin de compte elle est remontée au delá du 7ème ciel. A partir des patriarches commencent la restauration. Abraham fait redescendre la Shékhinah d’au-delà du 7ème ciel jusqu’au 6ème … etc., et enfin de compte on arrive à la génération de Moïse avec la Parashah Yitro de la semaine dernière « וַיֵּרֶד יְהוָה עַל-הַר סִינַי Vayered Hashem Al Har Sinaï ». Et en fin de compte Moïse fils d’Amram fils de Qéhat fils de Lévi fils de Jacob fils de Isaac fils d’Abraham au temps de Moïse la Shékhinah a mis le pied sur le Har Sinaï à la manière dont le Mashia’h à la fin des temps mettra le pied sur le mont des oliviers.

 

La faute éloigne la Shékhinah et le mérite la rapproche. De la même manière pour la Neshamah à l’échelle individuelle : la faute éloigne la Neshamah et le mérite la rapproche. Il lui est facile de se dévoiler plus à travers un véhicule de présence : le corps, le Nefesh plus transfiguré, plus épuré.

 

L’objectif de la Kaparah n’est pas le salut de l’âme si j’ose dire, mais c’est le salut du Ma’hatsit haNefesh. C’est celui qui est mis en question. Si nous avions le temps nous prendrions une analogie entre le récit de la création de l’homme et le récit de la sortie d’Egypte.

 

En comparant 2 versets :

Le verset concernant la formation de l’homme, la Yetsirah de Adam, verset 7 du chapitre 2 de Béréshit :

 וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה

Vayitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah

vayipach pe'apav nishmat chayim vayehi ha'adam lenefesh chayah

L'Éternel-Dieu forma l'homme à partir de la poussière détachée du sol, - fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être vivant.

 

Il y a 3 étapes dans la formation de l’homme qui correspondent aux trois étapes de la sortie d’Egypte :

 

Première expression :

 

וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה

Vayitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah

Et Dieu forma l’homme à partir de la poussière de la terre

 

Il y a deux Youd dans le terme Vayyitser. Je vous dis tous les Péroushim à la fois, c’est  rattaché au fait que le mot de Mitsrayim a la même racine que le mot de Vayitser et que Mitsraïm est un duel. Cela veut dire que le creuset de formation de l’homme a été ce que la Torah appelle « poussière de la terre ». Le creuset de formation du peuple d’Israël a été l’Egypte. Mitsraïm correspond à Vayitser pour ceux qui entendent l’hébreu.

 

Le point de départ est poussière de la terre et on a remarqué que le mot de Afar c’est les mêmes lettres que le mot de Paro.

 

Il y a une admiration à Pharaon qui représente finalement les conditionnements terrestres. Toutes les aliénations finalement culminent dans l’aliénation politique au niveau de la société. Chez Pharaon, la poussière de la terre elle-même, cela veut dire les lois de la nature, et avec Pharaon c’est la même chose au niveau de la société : les lois de la société totalitaire avec les conditionnements et les aliénations.

 

Deuxième expression :

 

 וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים

vayipach pe'apav nishmat chayim

il insuffla en son visage une âme de vie

C’est le passage au désert avec insufflation de la Torah : Neshamah c’est les mêmes lettres que Mishnah.

 

Troisième phase :

 

וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה

vayehi ha'adam lenefesh chayah

Et l’homme devint une âme vivante

C’est l’entrée en Erets Israël.

 

Voilà décrit très brièvement ce parallèle de cette description de la formation de l’homme et de la formation de la nation d’Israël à la sortie d’Egypte. A la sortie d’Egypte, nous sommes délivrés du conditionnement du côté du corps - Afar min ha-adamah – Paro.

Nous étions au service du Pharaon et nous en sommes libérés à une condition : c’est que nous rachetions cette libération en acceptant les lois du Libérateur. Tant que nous ne nous sommes pas libérés de cette dette d’aliénation au Pharaon alors nous sommes en situation d’avoir à libérer notre personne. Laquelle ? La moitié celle qui était aliénée au Pharaon. Pas celle qui vient de l’âme, c’est-à-dire de Dieu lui-même.

 

En cours d’histoire, chaque personne humaine est à la manière d’Israël en Egypte : d’un côté serviteur de Dieu par son âme et d’un autre côté asservi à Pharaon par son corps. C’est ce qu’il faut libérer, la moitié de cette personne-là, celle qui est du côté du Pharaon.

 

esrim gerah hashekel machatsit hashekel trumah l'Adonay.

Le Shékel a 20 parties et chaque partie s’appelle un Guéra.

A relier au fait que dans le mot de vayyitser il y a deux Youd et chacun des deux Youd a la valeur de 10 et c’est la moitié du Vayitser qu’il faut libérer.

 

Parashat Mishpatim

 

On va enchainer sur le problème de la libération des esclaves qui est le problème de Parashat Mishpatim. Enseignement sur le 1er verset à travers ce que nous dit Rashi. Chapitre 21.

 

Après la promulgation des 10 commandements dans Parashat Yitro, la Torah va formuler la constitution d’application des principes des 10 commandements. A partir de la Parashat Mishpatim nous verrons le code d’application de la législation de la Torah.

 

Ce texte qui commence par des dispositions concernant l’esclavage concerne toute une procédure qui a pour objectif de mettre fin à l’esclavage. Une sorte de prolongement de l’effort historique de la sortie d’Egypte. La Torah donnée à ce peuple sortie d’Egypte a comme 1er souci ce probléme de la libération de l’aliénation et l’idée de la société d’esclavage. D’après la définition donnée par le Talmud il y a des niveaux d’aliénations de personnes à personnes, le principe en étant l’aliénation de l’emploi du temps.

Un homme non capable de gagner sa vie pour vivre comme homme libre par ces propres forces, par ses propres ressources vend de son temps à quelqu’un d’autre qui l’aide à gagner sa vie. Il y a tous les niveaux possibles. Employé à 12h par jour, sous contrat etc... jusqu au Eved qui est employé 24h/24h, avoir son temsp complétement, c’est ce qui s’appelle « Eved » terme biblique que l’on traduit par esclave.

 

Et donc la Torah intervient pour dire : vous êtes libérés d’Egypte, en principe vous êtes des hommes libres, mais si ce cercle vicieux du fonctionnement de la société, cette machine infernale commence à faire qu’il y ait de nouveau des esclaves, alors le 1er souci de la Torah est de les libérer.

 

On condamne l’homme de la société d’Israël à être homme libre, qu’il en ait le courage ou pas.

Si on n’en a pas le courage, il y a une sorte de démission d’identité, on le marquera pour cela.

 

Le souci principale de la Torah est d’achever la sortie d’Egypte et d’empêcher les conditions de l’esclavage d’Egypte de recommencer. 

 

C’est le terme de Mishpatim qui est le terme principal du verset.

C’est ce code de législation qui prend l’aspect d’une jurisprudence qui est proposée à Israël comme constitution des principes des 10 commandements, les principes de la Torah du Sïnaï.

 

21:1

וְאֵלֶּה, הַמִּשְׁפָּטִים, אֲשֶׁר תָּשִׂים, לִפְנֵיהֶם

Ve'eleh hamishpatim asher tasim lifneyhem

« Et voici les principes de constitutions, de législations, littéralement les jugements, la jurisprudence que tu placeras devant eux »  

 

Cela signifie « que tu leur proposeras »

C’est l’intitulé du code qui commence là.

 

Rashi cite un principe enseigné plusieurs fois dans le Midrash mais en particulier dans Midrash Raba sur le Cantique des Cantiques.

 כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר אֵלֶּה פָּסַל אֶת הָרִאשׁוֹנִים וְאֵלֶּה מוֹסִיף עַל הָרִאשׁוֹנִים

Chaque fois qu’un texte commence par l’expression « Eleh Voici » cela annule ce qui avait avant, les choses précédentes. [VéEleh ajoute aux précédentes]

 

< fin >

 

*****

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Published by Rav Léon Askénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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