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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:32

Parasha - Itro (1995)

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/yitro_serie_1995/cours_1

Face A

Parasha - Itro (1995) - 1ère Partie

 

 

Itro Shemot chapitre 18 

 

Je me proposais aujourd’hui d’aborder 2 sujets:

 

1. Etude de la personnalité de Jéthro - en hébreu Yitro, beau-père de Moïse - déjà abordée lors de la tentative de Mosheh d’aller à Midian après sa déception et l’échec de sa première mission au bout de la 40ème année de sa vie lorsqu’il avait pris l’initiative avant même d’être envoyé de déclencher la révolte des Hébreux contre les Egyptiens et qu’il avait été obligé de s’enfuir. Il va directement chez Jethro pour y passer 40 ans. Ce n’est qu’au bout de la 40ème année que Dieu va se révéler à lui pour lui confirmer que son premier mouvement dont il avait eu l’initiative était bon.

 

C’est un point très important : l’initiative de la fin d’exil vient toujours d’abord de l’initiative humaine et c’est ensuite confirmé, garanti, sanctionné par la révélation. On l’apprend à l’occasion de la sortie d’Abraham d’Our-Kasdim. On l’apprend à l’occasion de la sortie d’Egypte, on l’apprend à l’occasion de chaque fin d’exil, du temps de Ezra ou de notre temps. L’initiative vient d’Israël et ce n’est que par la suite qu’il y a confirmation. J’insiste un peu parce que c’est un sujet important : l’ensemble du peuple des Hébreux du temps d’Abraham s’est perdu à Our-Kasdim pour ne pas avoir voulu suivre la décision de la famille d’Abraham : une seule famille est sortie d’Our-Kasdim. Je n’ai pas de sources à ce sujet, mais ou pourrait en se basant sur l’expérience contemporaine, comprendre ce qui aurait pu se passer, par hypothèse : les Hébreux du temps d’Abraham attendirent une révélation pour être sûr que c’était bien le temps venu malgré les fours crématoires de Nimrod. Regardez à quel point nouis avons vécu ces mêmes expériences incompréhensibles.

 

Et surtout le récit de la Torah qui nous raconte la sortie d’Egypte : Moïse prend l’initiative de la révolte et se heurte au refus et des Hébreux et des Égyptiens. Etcertains textes montrent que le refus a été beaucoup plus grave de la part des Hébreux que de la part des Égyptiens... Et il s’enfuit donc à Midian pour y passer 40 ans. Il y a une espèce de black-out, de trou, de 40 ans dans la vie de Moïse. Seuls les Midrashim nous disent ce qui se passe pendant ces 40 ans. Je n’aurais pas le temps d’approfondir, mais sait qu’il était à l’école de Jéthro pendant 40 ans. Donc qui était Jéthro ?

D’autant plus que ce n’est qu’au bout de 40 ans lors de la vision du buisson ardent et que Moïse retourne en Egypte et prend vraiment la tête de la révolte des Hébreux contre les Égyptiens avec son frère Aharon et Myriam, qu’en fin de compte Jéthro va le rejoindre, ramenant avec lui Tsiporah et ses 2 enfants. Et c’est seulement à ce moment-là que Jéthro va se mettre à l’école de Moïse.

C’est d’autant plus paradoxal que Jéthro va continuer à être le maître de Moïse dans notre Parashah. La Parashah des 10 commandements, la Parashah de la révélation du Sinaï qui a le nom de Jéthro puisqu’il va enseigner une Parashah entière qu’on appelle Parashat Yitro, la Parashah de Véatah Te’hazeh, pour l’enseignement de la structure de l’administration sociale de la société d’Israël libérée de l’Egypte par Moïse. Comme si Moïse ne savait pas par lui-même qu’il faut organiser une société en hiérarchie administrative ? Tout cela est très étonnant !

 

2. S’il nous reste du temps, nous aborderons la question suivante : Que s’est-il passé réellement au Sinaï ? Pourquoi était-il nécessaire que Dieu se révèle au Sinaï dans cette théophanie si exceptionnelle dans le récit de la Bible ? Le mot « théophanie » est un mot d’origine grecque signifiant une intervention de Dieu spectaculaire, de manière beaucoup, plus absolue que tout ce que nous savons d’autre part sur l’intervention de la Providence de Dieu - la Shekhinah - en tant que Providence dans le déroulement de l’histoire du monde.

Un récit comme le récit de la théophanie quel qu’il soit est très étrange dans le récit biblique parce qu’il y a une sorte de pacte à la création. Dès que la création a été aménagée pour que l’histoire de l’homme commence, Dieu entre dans le temps de Son Shabat et s’interdit d’intervenir dans le fonctionnement du monde pour que la liberté de l’homme puisse se développer. Nous avons un rendez-vous à la fin de l’histoire du monde, de ce monde-ci, un rendez-vous qui sera celui du bilan, de la mise au point, du jugement : on a des comptes à nous rendre, nous avons des comptes à rendre, ce sera le jour de Yom HaDin – le jour du Jugement dernier. Ce rendez-vous on l’attend et il nous attend. Je dirais même plus, il nous attend beaucoup plus que nous l’attendons ! Et on ne sait pas ce qui nous attend… ! Quoiqu’il en soit, il y a ce pacte du Shabat entre Dieu et le monde que Dieu s’interdit d’intervenir dans l’histoire du monde à travers des théophanies, mais pas en tant que Providence. C’est un sujet important que je vous signale. Retenez bien les limites du sujet. Il y a un Midrash très précis sur le verset « Asher Bara Elohim Laassot » à propos de ce verset  : « vayishbot  Elohim kol melakhto asher assa  mi melekhet olamo shabat vélo mi melekhet tsadikim ouReshayim ». Je ne traduit pas parce que cela me rpendrais trop de temps. Cela veut dire que Dieu intervient en tant que Providence de l’histoire des hommes dans le jugement des Tzaddikim et des Reshayim. Mais en tant que Créateur Il a scellé les lois de la nature : il y a un verset très clair : [Psaumes 148:6] חָק-נָתַן, וְלֹא יַעֲבוֹר « ‘hok natan velo yaavor - loi donnée, jamais violée ».

Cela ne fait pas partie du tout du judaïsme de croire qu’il y a un arbitraire de l’intervention de Dieu dans l’histoire du monde. En tant que Créateur Il s’interdit d’intervenir sauf s’il y a Pikoua’h Nefesh pour Sa création, en parallèle des lois du Shabat : on suspend le Shabat pour sauver une vie, lorsqu’il y a Pikoua’h Nefesh. Si Dieu juge qu’il y a Pikoua’h Nefesh, Il intervient en théophanie. Sinon « חָק-נָתַן, וְלֹא יַעֲבוֹר  ‘hok natan velo yaavor » 

C’est pourquoi le judaïsme se méfie de l’atmosphère impressionnée par les miracles.

Cf. le texte de Pierre Simsovic sur Parashat Yitro sur ce sujet, c’est très important de le comprendre.

Ceci dit, nous avons tout de même des récits de théophanies. Ce sont des textes scellés. Satoum va’hatoum. En particulier le Maamad Har Sinaï. Que s’est-il passé ? Et pourquoi a-t’il fallu que Dieu brise l’alliance du Shabat et suspende la liberté des hommes en Israël pour lui imposer la Torah ? Si la Torah nous est imposée où est la liberté de l’homme ? C’est un sujet très important. Comment comprendre la suspension de la liberté d’Israël au moment du don de la Torah ? Quand Dieu se révèle l’homme n’est pas libre. Que signifie ce mérite d’Israël d’avoir accepté la Torah ? Il ne pouvait pas faire autrement puisque c’est Dieu qui se révèle !

 

3-  Quelques mots sur la Séoudat Yitro ouMosheh: Rashé Tévot “Sioum” Samekh-Youd-Vav-Mem.

 

***

1-

Yitro 18:1

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ כֹהֵן מִדְיָן, חֹתֵן מֹשֶׁה, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה אֱלֹהִים לְמֹשֶׁה, וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ:  כִּי-הוֹצִיא יְהוָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Vayishma Yitro khohen Midyan

khoten Mosheh et kol-asher asah Elohim le-Moshe ule-Yisra'el amo ki-hotsi Adonay et-Yisra'el miMitsrayim.

 

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ כֹהֵן מִדְיָן

Vayishma Yitro khohen Midyan

Et Jéthro, prêtre de Midian entendit…

 

Nous rencontrons un problème d’exégèse que je vous signale : chaque fois que la Torah nous donne de nouveau des informations que l’on possède déjà, il faut se demander : pourquoi est-ce de nouveau répété ? Quel est le ’Hidoush, le renouvellement de sens, qu’il faut apprendre ?

Pourquoi la Torah tient à le définir comme « Kohen Midian » alors que nous le savions déjà ?

 

Petite parenthèse : Il y a une analogie très importante entre la figure de Jethro et celle d’Abraham. Premièrement Jéthro est un descendant d’Abraham. Abraham a eu à la fin de sa vie des enfants avec Qetourah.

 

Nous disposons de deux sources.

Selon le Midrash, il s’agit de Hagar qui a fait Teshouvah et a pris le nom de Qétourah après sa Tshouvah. Ce qui est important pour l’historiosophie d’Israël et ses démêlés avec Ishmaël.

Un jour on assistera à ce miracle que Agar viendra faire Teshouvah et on l’appellera Qétourah...   

Un des enfants d’Abraham avec Qétourah était Midian. Or, Jéthro était le prêtre de Midian.

Très rapidement, le Midrash nous rappelle que Jéthro avait eu les mêmes interrogations qu’Abraham au sujet de la vérité religieuse, il avait essayé toutes les idolâtries du monde en commençant par la sienne propre, celle de Midian, les manières idolâtres d’adorer le vrai Dieu.

 

Il y a là un problème important : Derrière l’idolâtrie se cache un mouvement de l’homme vers le vrai Dieu. L’hérétique est persuadé qu’il est orthodoxe et que c’est le vrai Dieu qu’il cherche et qu’il trouve. Par conséquent, derrière toute idolâtrie se cache une étincelle de sainteté enfouie dans la cendre de l’impureté de l’idolâtrie comme dit le Zohar, et Jéthro a essayé toutes les voies du service de Dieu à travers toutes les idolâtries qu’il pouvait connaître, et les a rejeté les unes après les autres.

 

C’est très parallèle à l’histoire d’Abraham cassant toutes les idoles et devenant disponible pour la révélation du vrai Dieu. Et c’est pourquoi Jéthro avait été excommunié de la société de Midian et c’est ses filles qui étaient obligées de s’occuper du troupeau, d’où la rencontre entre Moïse et les filles de Jéthro.

 

Par conséquent, Yitro est une personnalité importante vers lequel Moïse va lorsqu’il se cherche un avenir pour la révélation qu’il porte en lui en potentiel. Cette révélation commence à partir de la vision du buisson ardent qui se passe chez Jéthro dans le pays de Midian à Har HaElohim.

 

C’est une des manières de remettre en évidence la raison pour laquelle la Torah a jugé nécessaire de nous rappeler que Jéthro était le prêtre de Midian. C’était pour nous rappeler son mérite en tant que

Khoten Mosheh beau-père de Moïse qui est un goï. La fille de Jéthro, Tsiporah, s’est convertie pour pouvoir devenir la femme de Moïse. Imaginez le problème que cela pose en filligrane à l’horizon.

 

Un des enseignements du Talmud à ce sujet : étant donné la capacité collective de l’âme de Moïse, qui équivaut à l’ensemble d’Israël, il n’y a pas en Israël une femme pour Moïse. Il faut qu’il rencontre en dehors d’Israël une Neshamah d’envergure analogue qui, venant en Israël, pourra être la femme de Moïse. La Neshamah de Moïse est Kolelet. Elle équivaut à tout Israël ! Il ne peut y avoir pour elle une fille d’Israël. Il faut que ce soit un être exceptionnel : la fille de Jéthro !

 

Cet être exceptionnelle qui est la fille de Jéthro est Tsiporah qui joue d’ailleurs un certain rôle dans le récit de la vie de Moïse en le sauvant de la mort  au moment de la naissance de son 2ème enfant lors de son retour de Midian en Egypte. C’est une scène très difficile à étudier je me borne à vous le signaler. C’est le mérite de Tsiporah d’avoir circoncis le fils de Moïse. Et en cela elle a sauvé Moïse de la mort. Moïse était tellement empressé de retourner en Egypte pour sauver Israël qu’il n’a pas circoncis son fils au 8ème jour. Tsiporah intervient en circoncisant son fils au 8ème jour et sauve Moïse de la mort. Vous retrouverez cet épisode dans l’istoire de Moïse. Alors qui est Tsiporah ? C’est aussi une grande figure. Vous voyez, dés qu’on commence à lire on s’aperçoit qu’il faut beaucoup de temps. Alors je vous donne des indications en passant, vous étudierez d’autre part. Appuyez sur Rashi ou d’autres commentaires.

 

 Yitro 18:1

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ כֹהֵן מִדְיָן, חֹתֵן מֹשֶׁה, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה אֱלֹהִים לְמֹשֶׁה, וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ:  כִּי-הוֹצִיא יְהוָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Vayishma Yitro khohen Midyan khoten Mosheh

Et a entendu (compris) Yitro, prêtre de Midian beau-père de Moïse

et kol-asher assah Elohim

Tout ce qu’a fait Elohim (Dieu en tant que Créateur du monde et donc garant des loi de la nature). Tout ce que Dieu Elohim a fait

le-Moshe ouleYisra'el amo

à Moïse et à Israël son peuple

ki-hotsi Hashem et-Yisra'el miMitsrayim.

Lorsque Hashem a fait sortir Israël d’Egypte.

 

Et là c’est la Torah qui parle.

On voit la tension qu’il y a entre ces deux termes : Jéthro comprend que l’intervention de Dieu (Elohim) pour Moïse et Israël passe à travers les lois de la nature, alors que la Torah nous dit que c’est au-dessus des lois de la nature que Dieu (Shem Havayah) est intervenu pour sauver Moïse et Israël.  Les deux termes renvoient à deux conceptions différentes de l’intervention de Dieu dans le monde.

 

En schématisant :

 

ð  Elohim => le terme employé habituellement pour parler de Dieu comme Créateur et donc comme garant des lois de la nature. Lorsqu’Elohim intervient c’est à travers les lois de la nature. Bien sûr c’est Hashem qui est Elohim: « Hashem hou Elohim » mais il s’agit de la manière dont la créature perçoit et reçoit l’intervention du Créateur.

 

ð  Hashem => lorsque le texte emploie le terme Hashem c’est au-delà. Hashem le Dieu Créateur révèle Son projet pour l’avenir du monde et non pas pour le passé du monde qui fonctionne d’après les lois de la création, c.à.d. les lois de la nature.

 

Nous voyons le problème que le verset nous pose : quelle est l’expérience de Yitro ? Il s’est aperçu qu’il s’est passé quelque chose qui donne raison, de loin, à Moïse dans ces discussions qu’il a eu avec lui pendant les 40 ans de Midian. Pendant ces 40 ans, alors que Yitro enseignait à Moïse la sagesse de l’antiquité, la sagesse de Shem et Ever telle qu’elle est passée par les Patriarches et cette descendance de Midian, la sagesse antérieure à la révélation, et se basant sur ce que Noa’h avait révélé à sa descendance. Ovus vous rappelez qu’il y a une souche unique à toutes les traditions humaines à partir de Noé. Ce qui explique énormément de correspondances dans les traditions de sociétés disparates, aux antipodes les unes des autres, surtout dans les domaines de ce qu’on appelle les sciences secrètes. Par exemple l’astrologie. Voir à quel point il y a correspondance des signes du zodiaque dans toutes les traditions des sociétés plus ou moins primitives, plus ou moins évoluées, on se rend compte qu’il y a une souche ancienne de sagesse antérieure à la révélation.  

 

Le Baal Hatourim avait indiqué cela : « c’est de la sagesse ! » Le verset « et haElohim ithalekh Noa’h ». Les trois dernières lettres donnent ‘Hakham. Il a une ’Hokhmah Lemafea’h. A postériori de l’histoire du monde, il y a une sagesse naturelle qui a été apprise et transmise : c’est la sagesse de Shem et de Ever. A partir de Noa’h elle est transmise à l’humanité, jusqu’au temps d’Abraham. Et c’est dans la famille d’Abraham que cette sagesse de Shem et de Ever va être le véhicule de la révélation de Moïse. Et là vous rassemblerez toutes les sources qui font allusion au fait que les Patriarches ont appris à la Yeshivah de Shem et de Ever. Et donc un de ces maîtres c’est Jéthro.

 

C’est à travers Dieu Créateur donc les lois de la nature que Jéthro se rend compte qu’il s’est passé quelque chose dans l’histoire d’Israël qui vaut la peine qu’il aille rejoindre Moïse pour se rendre compte que c’est lui Moïse qui avait raison et non pas Jéthro : qu’au-delà du monothéisme du Dieu Unique Créateur il y a le monothéisme du Dieu Un, révélant la loi de sainteté, et donc les perspectives du Monde à Venir. Le 1er pôle c’est la révélation de Elohim. Le 2ème la révélation de Hashem.

 

La différence entre Moïse et Jethro c’est que Moïse est déjà porteur de la révélation de Hashem alors que Jéthro s’arrête à la révélation de Elohim. Mais il était dépositaire de cette sagesse qu’il a transmise à Moïse pendant ces 40 ans. On le lit dans le verset :

 

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ כֹהֵן מִדְיָן, חֹתֵן מֹשֶׁה, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה אֱלֹהִים לְמֹשֶׁה, וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ:  כִּי-הוֹצִיא יְהוָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם

Vayishma Yitro khohen Midyan khoten Mosheh

Et a entendu (compris) Yitro,  prêtre de Midian beau-père de Moïse

et kol-asher assah Elohim

Tout ce qu’a fait Elohim (Dieu en tant que Créateur du monde et donc garant des loi de la nature). Tout ce que Dieu Elohim a fait

le-Moshe ouleYisra'el amo

À Moïse et à Israël son peuple

ki-hotsi Hashem et-Yisra'el miMitsrayim.

Lorsque Hashem a fait sortir Israël d’Egypte.

 

Comment Yitro va-t’il passer d’un premier niveau de la révélation monothéiste au deuxième niveau de la révélation monothéiste ?

 

Mais déjà on apprend par rapport à la question incidente déjà signalée, que cette sagesse de l’organisation de la société cela fait plus partie de Torat Elohim beaucoup plus que de Torat Hashem. C’est un thème à étudier à propos de Parashat Mishpatim et de l’organisation de la société. La Torat Hashem exige que si le fonctionnement de la société fait qu’il y a des maîtres et des esclaves, alors on libère les esclaves. Alors que Torat Elohim au contraire garantirait le fonctionnement des loi du monde qui fait que  lorsqu’une société fonctionne il y a des maîtres et des esclaves, des patrons et des ouvriers. La Torah intervient pour dire « libère-les !». C’est à tort qu’on appelle ces lois de Mishpatim des lois de justice sociale. Ce sont des lois d’injustice sociale : des lois de charité contre la justice de la société. La Torah intervient pour briser l’ordre naturel du fonctionnement administratif d’une société et libérer les aliénés. Alors, qu’au contraire, la justice que la société réclamerait en tant que société serait précisément l’ordre totalitaire.

 

La Torah est contre la fatalité des lois de la société. Toutes ces conceptions économiques qui se basent sur une science du fonctionnement de la société sont anti-Torah. C’est le contraire.

Le monde dans le temps contemporain est actuellement géré au niveau des superpuissances à travers des impératifs économiques qui prennent le pas sur les impératifs politiques. Les multinationales sont plus importantes que les gouvernements nationaux. L’économie ayant pris le pas sur la politique, la politique échoue partout. Pourquoi ? Parce que c’est une économie séparée de la morale. L’économie qui fonctionne d’après les lois de la société est inévitablement séparée de la morale. Alors intervient Torat Hashem pour dire : il faut briser cette fatalité du fonctionnement économique.

 

Dans mes études je n’ai pas beaucoup étudié ces problèmes économiques mais suffisament pour comprendre qu’il y avait un petit espoir dans toutes ces doctrines économiques. Par exemple comme celle du « socialisme de l’abondance ». On essaie d’introduire des perspectives morales dans les théories économiques. Je pense que cette espèce d’imitation de l’année shabatique dans les sociétés occidentales (qui d’ailleurs vient des anglo-saxons) a précisément pour objet de briser l’affolement de la machine économique qui en fin de compte conduit à l’aliénation de ce que la Torah appelera dans la Parashah de Mishpatim des Avadim.

 

Donc c’est là un éclairage de la différence entre ce terme de Elohim et ce terme de Hashem.

 

Torat Elohim c’est la loi du fonctionnement du monde que Dieu a créé.

Torat Hashem c’est la loi du dépassement, de la révélation, de l’avenir du monde, et c’est cela le ‘Hidoush  de la Torah de Moïse : Torat hashem.

 

Le Prophète Elie va intervenir de manière catégorique : Attention ! « Hashem Hou Elohim » c’est Hashem qui est Elohim ! Et non pas l’inverse. Ce n’est pas Elohim qui est Hashem : l’erreur de Spinoza.

 

Yitro 18:2 :

 

18 :2

וַיִּקַּח, יִתְרוֹ חֹתֵן מֹשֶׁה, אֶת-צִפֹּרָה, אֵשֶׁת מֹשֶׁה--אַחַר, שִׁלּוּחֶיהָ

Vayikach Yitro khoten Moshe et-Tsiporah eshet Moshe a’har shiloucheyha.

Et Yitro beau-père de Mosheh prit Tsiporah femme de Moïse après qu’il l’avait renvoyé…

 

On pourrait lire « répudiée », Moïse s’était détaché de tout ce qui a été le passé à Midian après la vision du buisson ardent pour retourner en Egypte. Cette tentative selon laquelle l’avenir des valeurs des patriarches passerait par Midian et non pas par Israël qui aurait échoué en Egypte est rejetée par Moïse après la vision du buisson ardent. Et donc il avait quitté Tsiporah et ses enfants.

[On voit tout cet arrière-fond à récupérer pour pouvoir lire le texte]

 

18:2

וְאֵת, שְׁנֵי בָנֶיהָ:  אֲשֶׁר שֵׁם הָאֶחָד, גֵּרְשֹׁם--כִּי אָמַר, גֵּר הָיִיתִי בְּאֶרֶץ נָכְרִיָּה

Ve'et shney vaneyha asher shem ha'echad Gershom ki amar ger hayiti be'erets nochryah.

 Et ses deux fils dont le nom du 1er était Guershom car il avait dit « j’ai été étranger dans une terre lointaine-étrangère »

 

C’est quand il a pris acte qu’il était étranger en Egypte et étranger à Midian qu’il s’est rattaché à l’identité hébraïque et que Dieu se révèle à lui. C’est quand il a eu Guershom et qu’il l’a nommé Guershom que Dieu s’est révélé à lui pour la 1ère fois ! Et il avait 80 ans ! Et il s’est révélé à lui avec la voix de son père. C’est pourquoi on l’appellera Mosheh ben Amram. Il se rattache à son peuple par la voix de son père. C’est très important de savoir cela. 

 

Dans mon expérience, j’ai constaté que beaucoup de Juifs ont quitté le judaïsme à cause de problèmes avec leurs parents directs. Le résultat a été de s’éloigner du judaïsme. Et la voie du retour passe par reconnaître ses propres parents. Nous avons beaucoup de sources à ce sujet. Je peux vous garantir par expérience le nombre de ces cas stéréotypés.

La Torah a déjà enseigné cela : Pour retrouver le lien à « Anokhi Hashem », il faut d’abord commencer par « Kaved et avekha véet imekha ». « Respecte ton père et ta mère. »

 

Je ne résiste pas à vous citer un enseignement de Rabbi Its’haq Aboulafia : si on prend l’alphabet on s’aperçoit que la 1ère lettre est Alef et la 2èmeBeit. Le 1er mot est Av-Père. La 1ère expérience du langage est donc la notion de paternité et de filialité. Si on coupe l’alphabet en deux, la lettre qui est à la fin de la 1ère série est la lettre Lamed. La 1ère lettre de la 2ème moitié est la lettre Mem et la dernière lettre c’est Tav. Alef Beit Lamed Mem Tav.

Aboulafia dit : Celui qui a un Av aura un El. Cela veut dire que celui qui a résolu son lien avec son père résoud son lien avec son Dieu. Et celui qui a résolu son lien avec sa mère Em, alors il pourra dire à quelqu’un At (« tu-toi » au féminin Alef-Tav) et se marier… Alors c’est toute l’hisoire de Moïse d’ailleurs qu’il y a derrière.

 

 18:4

וְשֵׁם הָאֶחָד, אֱלִיעֶזֶר--כִּי-אֱלֹהֵי אָבִי בְּעֶזְרִי, וַיַּצִּלֵנִי מֵחֶרֶב פַּרְעֹה

Veshem ha e’had Eli'ezer ki-Elohey avi be'ezri vayatsileni me’herev Par'oh

Et le nom du 2ème [- qui est aussi appelé le nom de l’un – il n’y a pas le nom de l’autre mais il y a le nom de l’un pour les deux -] Eliezer car le Dieu de mon père est venu à mon secours me sauvant du glaive de Pharaon

 

Elohey avi

Vous voyez le lien avec son père. Elohey avi : C’est l’expression la plus forte de l’histoire de Moïse : il rentre en Israël lorsqu’il reconnait qu’il est métèque en tant qu’égyptien et qu’il est métèque en tant que midianite, alors il se relie à l’identité de son père, et Dieu se révèle à lui.

 

Réfléchissez ceux qui étudient le texte de la Tefilah que la 1ère Brakhah de la Tefilah c’est la Brakhah de Avot. Et Avot c’est la 1ère Brakhah: Elohei Avraham Elohei Its’haq Elohei Yaaqov Maguen Avraham. Cette ‘hatimah s’appelle Avot. La Kavanah c’est de se relier au Dieu des Avot.

 

Qui va pourvoir réaliser la relation au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ?

La Halakhah demande qu’on se relie au Dieu de ses propres pères. Avot c’est les pères. En fin de compte ce sont les propres pères de chacun. Dans l’histoire de Moïse : il s’est relié à Abraham, Isaac et Jacob parce qu’il s’est relié à Amram. C’est un problème extrêmement important. C’est une question d’étude très sérieuse : on croit souvent, et on en est fier et on se trompe, que les enseignements de la Torah procède de la raison. En fait, lorsqu’on étudie la question, on s’aperçoit qu’au contraire les enseignements de la Torah s’opposent à la raison. Exemple : énormément de Juifs sont fiers de dire : regardez comment notre Torah est rationnelle, regardez ses grands principes : « honores on père et ta mère »... c’est beau... c’est rationnel !

 

C’est tout le contraire ! La Torah sait bien que par nature on s’oppose à ses parents c’est pourquoi elle intervient pour dire le contraire : « Honores ton père et ta mère »...

 

[Beaucoup de faux problèmes et de problèmes cachés viennent parce qu’on n’ose pas s’avouer qu’on a eu cette révolte contre les parents. On le camouffle et cela donne à manger aux psychiatres. Parce qu’on n’ose pas découvrir cela que la Torah connait la réalité du monde et dans la réalité naturelle il y a l’opposition des générations. Cela commence avec la révolte de Kénaan fils de ‘Ham contre Noé. Ce qui définit la tradition juive c’est le Shilouv Hadorot : l’enchainement des générations : untel fil d’untel fils d’untel...etc.  C’est le ’Hidoush de la Torah. Alors que dans la réalité naturelle c’est la rupture des générations. C’est la raison pour laquelle la sagesse des générations a pu passer à travers Israël. Parce que partout ailleurs la culture avance par bonds antithétiques, synthétiques, à la manière dont Hegel a décrit cela : par bond d’opposition : On s’affirme en s’affirmant contre. Ce qui fait que les générations ne peuvent pas profiter de l’acquis de l’expérience du passé, sinon quand c’est trop tard. Un proverbe goï clair à ce sujet : « Ah si jeunesse savait, ah si vieillesse pouvait!». Le drame c’est que la rupture des générations fait que l’expérience ne passe pas. Elle est récupérée intellectuellement sous forme de culture quand c’est trop tard. Quand cela devient des livres à classer dans les bibliothèque. Cela pourrait être exploité pour définir la civilisation européenne et surtout la différence entre la philosophie et la prophétie.

Tous les prophètes disent la même chose. Chacun a son style. Tous les philosophes s’opposent les uns aux autres avec le même style.]

 

18 :5

וַיָּבֹא יִתְרוֹ חֹתֵן מֹשֶׁה, וּבָנָיו וְאִשְׁתּוֹ--אֶל-מֹשֶׁה:  אֶל-הַמִּדְבָּר, אֲשֶׁר-הוּא חֹנֶה שָׁם--הַר הָאֱלֹהִים

Vayavo Yitro khoten Mosheh ouvanav ve'ishto el-Moshe el-hamidbar

 asher-hou choneh sham har ha'Elohim

Et Yitro beau-père de Moïse vint et ses fils et sa femme vers Moïse au désert

où Il campait là-bas la montagne de Elohim.

 

C’est le mont Sinaï, nous l’apprenons par la suite et c’est important de savoir que cela s’appelle Har haElohim avant le Maamad Har Sinaï. 

 

18 :6

וַיֹּאמֶר, אֶל-מֹשֶׁה, אֲנִי חֹתֶנְךָ יִתְרוֹ, בָּא אֵלֶיךָ; וְאִשְׁתְּךָ--וּשְׁנֵי בָנֶיהָ, עִמָּהּ

Vayomer el-Moshe ani khotenkha Yitro

ba eleykha ve'ishtekha oushney vaneyha imah.

Et il dit à Moïse : je suis ton beau-père Jethro

Je viens vers toi et ta femme et ses deux fils avec elle.

 

Rashi :

Yitro a envoyé un émissaire annonçant sa venue...

וַיֹּאמֶר אֶל מֹשֶׁה

עַ"י שָׁלִיחַ

Il dit à Mochè Il le lui a fait dire par un messager (Mekhilta).

 

18 :7

וַיֵּצֵא מֹשֶׁה לִקְרַאת חֹתְנוֹ, וַיִּשְׁתַּחוּ וַיִּשַּׁק-לוֹ, וַיִּשְׁאֲלוּ אִישׁ-לְרֵעֵהוּ, לְשָׁלוֹם; וַיָּבֹאוּ, הָאֹהֱלָה

Vayetse Moshe likrat khotno

Et Moïse sortit à la rencontre de son beau-père

Vayishta’hou

Il se prosterna

vayishak-lo

Il l’embrassa

vayish'alou ish-lere'ehou leshalom

Chacun a demandé à son prochain la paix.

 

1vayavo'ou ha'ohelah.

Et ils entrèrent dans la tente.

 

18 :8

וַיְסַפֵּר מֹשֶׁה, לְחֹתְנוֹ, אֵת כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה יְהוָה לְפַרְעֹה וּלְמִצְרַיִם, עַל אוֹדֹת יִשְׂרָאֵל:  אֵת כָּל-הַתְּלָאָה אֲשֶׁר מְצָאָתַם בַּדֶּרֶךְ, וַיַּצִּלֵם יְהוָה

Vayesaper Mosheh lekhoteno

Et Moïse raconta à son beau-père

et kol-asher asah Hashem le-Far'oh oul-Mitsrayim

tout ce que Hashem avait fait à Pharaon et à l’Egypte.

al odot Yisra'el

Au sujet d’Israël

et kol-ha tla'ah

toute les tribulations

asher metsa'atam baderech

Qui l’a surpris en chemin

vayatsilem Hashem.

Et Hashem les a sauvés.

 

On retoruve notre problème des noms : Jéthro avait compris ce que Dieu Elohim avait fait à Moïse et à Israël. Et Moïse va expliquer ce que Dieu Hashem avait fait au Pharaon et à l’Egypte...

 

Il y a une vision de type Yitro de tout ces événements que raconte la Torah : c’est une vision à travers le prisme des lois de la nature. C’est une tendance chez beaucoup de Juifs aussi pour se rassurer, d’essayer de ramener tous les événements des récits de la Torah concernant l’intervention de Dieu dans l’histoire d’Israël, à des événements naturels. J’en ai parlé la semaine dernière à propos du passage de la mer rouge : Mosheh comme excellent géographe doublé d’un très bon astrologue connaissant les éclipses de lune et la science des marées et le passage à gué...

C’est ce genre d’explication du 18ème siècles que des grands hommes se sont forgés pour se rassurer et ramener ces histoires à des causes naturelles et rationnelles. On pourrait faire une analyse phénoménologique de ces hypothèse d’explications pour se rendre compte à quel point c’est plat. Parce qu’il y a un faisceau de coïncidences tel que c’est là que réside finalement l’importance  des événements. Mais surtout c’est cette tendance à nier l’essentiel qui correspond à une attitude qui consiste à s’auto-suicider en tant que juif. En fin de compte on abandonne le peuple juif dans sa spécificité.

 

Voilà le verset important :

 

18 :9

וַיִּחַדְּ יִתְרוֹ--עַל כָּל-הַטּוֹבָה, אֲשֶׁר-עָשָׂה יְהוָה לְיִשְׂרָאֵל:  אֲשֶׁר הִצִּילוֹ, מִיַּד מִצְרָיִם

Vayi’had Yitro

Ytro a eu des frissons de frayeurs

al kol-hatovah asher-asah Hashem le-Yisra'el asher hitsilo miyad Mitsrayim.

Pour tout le bien que Hashem a fait à Israël lorsqu’Il les a sauvé de la main de l’Egypte

 

Rashi : Vayi’had vayishmah lashon ‘hedvah « et Jethro s’est réjoui ». C’est le Pshat. Dans le Midrash Hagadah « sa chair s’est faite des frissons, figé de la catastrophe qui est arrivée à l’Egypte...

                             וַיִּחַד יִתְרוֹ

וַיִּשְׂמַח יִתְרוֹ זֶהוּ פְּשׁוּטוֹ. וּמִ"א נַעֲשֶׂה בְּשָׂרוֹ חִדּוּדִין חִדּוּדִין מֵיצֶר עַל אֲבוֹד מִצְרַיִם הַיְנוּ דְּאָמְרֵי אִינְשֵׁי גִּיּוֹרָא עַד עֲשָׂרָה דָּרֵי לֹא תְּבַזֵּי אֲרַמָאָה בְּאַפֵּיהּ

Jethro était content. Heb. וַיִחַדּ, et Jethro s’est réjoui. C’est le sens Pshat. Le Midrash Aggada, cependant, [explique que] sa chair eut des frissons [i.e., la chair de poule (חִדּוּדִין חִדּוּדִּין)] [parce que] il il était mécontent de la destruction de l'Égypte. Ceci (est la source) de l’expression populaire disant: Ne fait pas honte à un gentil en présence d’un converti, (même)jusqu’à la 10ème génération (après la conversion)— [de Sanh. 94a]

 

…/…

Lire la suite…

 

***

 

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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