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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 11:58

Hoshanah Rabba - les deuxièmes tables de la loi - 2ème partie 

 

 

Hoshanah Rabba les deuxièmes tables de la loi – 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/hoshana_raba_les_deuxiemes_tables_de_la_loi/cours_1

Durée : 44,9 minutes
Face B

 

Un retard de 6 heures qui a déclenché la faute du veau d’or ! De quoi parle-t-on ?

Vous voyez à quel point le mystère de la Torah affleure le récit. Et on lit cela comme ça sans s’en rendre compte...

 

Alors le peuple affolé, à l’idée que Moïse ne redescendrait pas demande à Aaron de lui faire un symbole de divinité pour remplacer Moïse et non pas pour remplacer Dieu. Formellement c’est cela la faute du veau d’or. Ne tombez pas dans l’erreur de croire que c’est pour remplacer Dieu, quelque soit la responsabilité de ceux qui ont induit la faute du veau d’or, et on va apprendre qu’il s’agit du Erev Rav, un symbole de divinité pour replacer Moïse.

 

Voici que le peuple dit à Aaron suite au retard de 6 heures de Moïse:

 

32.1

קוּם עֲשֵׂה-לָנוּ אֱלֹהִים אֲשֶׁר יֵלְכוּ לְפָנֵינוּ--כִּי-זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ אֲשֶׁר הֶעֱלָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, לֹא יָדַעְנוּ מֶה-הָיָה לוֹ

Allons! Fais-nous des dieux qui marcheront à notre tête, car ce Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu'il est devenu

¨

Moïse l’homme : il savait déjà qu’il y avait dans leur pensée idolâtre « Moïse l’homme » et « Moïse pas l’homme » ! Voyez comment cela se récidive dans l’histoire : le besoin du médiateur ! Le médiateur qui à un certain niveau terrestre était un homme, mais à un autre niveau c’est un Dieu.

 

C’est intentionnellement que je vous indique cette grille de lecture : la Torah nous a raconté comment le christianisme s’est préparé à la sortie d’Egypte. Surtout dans les églises où l’on adore la vierge noire... Mais en tout cas c’est un sujet qu’on étudiera au fond. Ne croyez pas que la Torah nous laisse à une surprise massive dans l’histoire. L’apparition du christianisme c’est une tendance d’idolâtrie du médiateur. Je n’ai pas fait allusion à ce qui s’est passé dans l’histoire messianique des Loubavitch. Cela n’a rien à voir. Ce n’est pas la même chose. Mais il y a une tendance à diviniser le médiateur, déjà là, à la sortie d’Egypte. Parce que c’est terrible d’être en présence de Dieu. Le grand ‘hidoush, la grande nouveauté que Moïse va porter dans l’histoire de l’humanité : la religion ne passe plus par les intermédiaires. Cela passe par la loi morale. C’est cela le grand ‘hidoush. Alors imaginez ce peuple habitué, quel qu’aient été les traditions des patriarches, à des civilisation où se sont les forces médiatrices qui sont les divinités.

 

.../...

 

L’image entre Dieu et l’homme : le symbole. Symboliser la présence de la divinité. Des images...

Et encore une fois, cela ne concerne pas le mouvement Loubavitch. Cela concerne à la rigueur des convertis de ‘Habad qui n’ont pas été vaccinés comme les fondateurs du ‘Habad, vis-à-vis de ces problèmes-là.

 

Mais en tout cas pour revenir à notre sujet : dans la tradition juive on a fini par s’habituer à ne donner comme représentation symbolique que les lettres de l’alphabet hébraïque.

Vous avez remarqué que dans les figurations des dix commandements des tables de la loi, il y a soit le premier mot de chacun des 10 commandements, soit les lettres Alef, Beit ... Yod.

Parce que c’est la parole qui est médiatrice entre Dieu et l’homme. Entre Dieu et l’homme c’est la prophétie, entre l’homme et Dieu c’est la prière. C’est la parole, uniquement la voix. La parole c’est le mystère de notre monde. La parole est une réalité qui est à la fois spirituelle et matérielle. Elle est le mystère de notre monde. Lorsque je parle ce sont des vibrations et lorsque ces vibrations atteignent le centre auditif et cela se transforme dans le cerveau en signaux, puis en esprit... C’est un mystère.

 

Et c’est la prérogative de Jacob :

 

Gen. 27.22

הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב

Haqol Qol Yaaqov

 

Il l’a légué par héritage à Juda :

 

Deut. 33.7

שְׁמַע יְהוָה קוֹל יְהוּדָה

Shéma Hashem Qol Yehudah

                             Ecoute Hashem la voix de Yehoudah.

 

Mais le mystère de la voix c’est la seule représentation autorisée du lien que nous avons avec Dieu. C’est donc en fin de compte les lettres de l’alphabet hébraïque.

 

Je suis très sensible à cela que les peintres, juifs ou non, utilisent tellement les lettres de l’alphabet hébraïque.

 

C’est vrai que dans des synagogues on trouve les signes du zodiaque, ou des représentations de ce genre, mais la seule représentation cachère, si j’ose dire, c’est les lettres de l’alphabet hébraïque. Cela on l’apprend dans Judah Halévi. 

 

Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’ils ont voulu remplacer Moïse. Et que l’essentiel de la faute du veau d’or, ce n’est pas que le veau était en or (c’est l’accusation antijuive) mais lorsqu’un croyant croit vraiment il fait son idole en or.

Or, lorsque finalement Dieu lui dit : « Va, descend ton peuple s’est mal conduit, ils ont fait une idole... Dieu ne lui demande pas de briser les tables de la Loi. Moïse descend et Josué monte à sa rencontre. Et alors Moïse demande ce qu’est ce bruit qu’il entend ?

C’est le bruit du conflit qu’il y avait entre ceux qui étaient restés fidèles à la révélation sans image et ceux qui voulaient une image. 

 

32 :7

וַיִּשְׁמַע יְהוֹשֻׁעַ אֶת-קוֹל הָעָם, בְּרֵעֹה; וַיֹּאמֶר, אֶל-מֹשֶׁה, קוֹל מִלְחָמָה, בַּמַּחֲנֶה

Josué, entendant la clameur jubilante du peuple, dit à Moïse: "Des cris de guerre au camp!"

וַיֹּאמֶר, אֵין קוֹל עֲנוֹת גְּבוּרָה, וְאֵין קוֹל, עֲנוֹת חֲלוּשָׁה; קוֹל עַנּוֹת, אָנֹכִי שֹׁמֵעַ

Moïse répondit: "Ce n'est point le bruit d'un chant de victoire, ce n'est point le cri annonçant une défaite; c'est une clameur affligeante que j'entends!"

 

Un ‘hidoush entendu : il y a une tradition que le peuple n’a été capable d’écouter directement que les deux premiers commandements :

20.2

אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ

Anokhi Hashem Eloheikha…

20.3

לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי

Lo Yihyé lekha Elohim A’herim Al Pani…

 

C’est bien moi qui suis Hashem ton Dieu – Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face...

Tu n’auras pas d’autre foi que le fait que l’exil peut prendre fin. Gaal Israël.

Le Rav expliquait que les hébreux répétaient ce qu’ils avaient entendu :

« Anokhi - Lo Yihyé lekha »

« C’est moi, toi tu n’auras pas... »

 

Moïse voit ce spectacle et prend les tables et les brise.

On a l’habitue de décrire ce geste par l’attitude de colère, ce n’est pas du tout cela. Pourquoi n’est-ce pas écrit que Dieu voulait que Moïse brise les tables ?

Je vais vous lire le verset : dans le récit du Deutéronome où Moïse reprend cet épisode, il dit ceci :

Quand Moïse va prier 40 jours après le 6 Sivan, là nous sommes le 17 Tamouz au moment de la brisure des premières tables. C’est le 17  Tamouz qu’a lieu la première brèche sur la muraille de Jérusalem au temps des Babyloniens. Et cela nous renvoie dans la 2ème partie de l’étude sur ce point, à la grande question : Pourquoi existe-t-il dans le monde la brisure qui nécessite la réparation ?

Nous l’étudierons dans un schéma de Kabalah.

 

Voilà ce que dit le verset :

Deutéronome 10.2 de Parashat Eqev :

10.2

וְאֶכְתֹּב, עַל-הַלֻּחֹת, אֶת-הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר הָיוּ עַל-הַלֻּחֹת הָרִאשֹׁנִים אֲשֶׁר שִׁבַּרְתָּ; וְשַׂמְתָּם, בָּאָרוֹן

J’écrivais sur les tables les paroles qui se trouvaient sur les premières tables que tu as brisées

 

« Vaékhtov - J’écrivais » au présent inaccompli.

Les paroles qui se trouvaient sur les premières tables que tu as brisées

Tout de suite la Guémara va nous dire : « que tu as brisé » c’est de trop car on sait qu’il les a brisées ! Cela veut donc dire : « les tables que tu as bien fait de briser ». Le raisonnement est très clair. Les deux mots Asher Shibarta sont de trop. Si Dieu les emploie pour le dire à Moïse c’est pour dire qu’Il était d’accord pour les briser.

 

Asher Shibarta :

Yeroushalmi Taanit 4

Rabi Ishmaël enseignait : C’est HaQadosh Baroukh Hou qui lui a dit de les briser puisqu’il est dit « asher shibarta - que tu as brisé » – et Il lui a dit par là : « tu as bien fait de les briser ! ». Une autre version dit : « Il félicite Moïse de les avoir brisé » 

La Guémara veut nous expliquer dans le Yeroushalmi que Dieu lui a demandé de les briser.

 

Avant d’expliquer le fond de ce Maamar, je vais vous citer un ‘hidoush d’un des élèves du rav Naouri que j’ai entendu il y a deux jours. Le rav ‘Hazan en compagnie du Rav Koushna un des principaux élèves du .... Il a cité cela au nom d’un de ses maîtres en Algérie au Talmud Torah qui disait : et pourquoi la Torah ne dit pas que Dieu a demandé : c’est parce que de toute façon l’homme est libre ! Si Dieu avait exprimé Son désir de voir les tables brisées alors le peuple aurait été quitte de la faute qu’il a faite pour que les tables soient brisées. C’est parce que l’homme est libre que ce n’est pas écrit et que les tables devaient êtres brisées.

 

Dieu ne peut pas briser les tables de la Loi. Dieu ne peut pas porter atteinte à sa vérité. Mais Il souhaite et espère que Moïse brise les tables pour que le peuple soit sauvé. Parce que tant que les tables sont là et que la Loi est là, le peuple est condamné. Par rapport à cette loi, le peuple est condamné, c’est ce que Dieu dit à Moïse : « ne prie pas, laisse-Moi... que Je détruise ce peuple pour faire de toi une grande nation... »

 

Tant que la loi est là, la faute fait que l’homme doit être puni. Et la faute fait qu’Israël n’est plus Israël. Si Israël n’est plus Israël, il n’y a aucune raison qu’il reste dans l’histoire. Israël est témoin de ce que Dieu est le Dieu de la délivrance de l’exil et est capable d’être médiateur et voilà qu’on a demandé un symbole astrologique dit le Midrash ! Le signe du zodiaque du temps qui était le signe du taureau pour remplacer Moïse qui les a fait sortir du signe du bélier pour passer dans la maison suivante…

 

On est retourné à l’adoration des dieux à travers le déterminisme astral. A travers les déterminismes du cosmos. Parce que Moïse, qui les avait installés dans la loi morale comme médiation entre Dieu et l’homme, a disparu. Sans Moïse le peuple est désorienté. Moïse une fois absent alors on lui substitue le dieu intermédiaire du temps suivant celui du bélier : le taureau. En réalité, le taureau est avant le bélier... C’est un problème que les historiens des religions étudient en détail.

Surtout les midrashim qui disent que c’est le bélier qui a été demandé comme sacrifice à Pessa’h (ce n’est pas un homme) et que c’est le taureau qu’ils ont pris comme signe en remplacement du libérateur. Et lorsqu’on passe d’un signe du zodiaque à l’autre, arrive le temps de la libération. Nous sommes passés dans les années 50 du signe du poisson au signe du verseau. Il y a longtemps, on est passé du signe de la vierge au signe suivant, et les païens ont dit : le sauveur est né de la vierge ! Dans les textes fondateurs du christianisme, cf. la phrase : « il y a beaucoup de portes dans la maison de mon père », c’est de l’astrologie…

 

Pour en revenir au sujet :

Ils ont demandé un intermédiaire entre Dieu et l’homme à la manière des religions astrobiologiques pour remplacer Moïse. Il faut remettre en évidence que si loi s’opère le peuple est condamné. C’est dit en clair : [Manitou cite un verset]

 

Sur ce verset : 

Ki-Tissa 32.10 

 וְאֶעֱשֶׂה אוֹתְךָ, לְגוֹי גָּדוֹל

Et de toi Je ferais sortir une grande nation.

 

Le Midrash intervient en disant : Moïse intercède en disant à Dieu : « Souviens-toi d’Abraham d’Isaac et de Jacob et de la promesse que Tu leur a faite pour leur descendance ».

Objection : Si une grande nation sort de Moïse, elle sortira aussi d’Abraham d’Isaac et de Jacob ! Alors pourquoi Moïse intercède-t-il de cette manière ?

Réponse dans la Guémara elle-même : « Comment ! Une table avec trois pieds n’a pas tenu debout Tu veux qu’une table à un seul pied tienne debout ? »

4 pieds moins 1 n’a pas tenu debout, tu veux qu’une table qui ait 4 pieds moins trois tienne debout ?

Il y a une différence entre l’identité des patriarches qui sont les engendreurs de la nation et l’identité de Moïse qui est le maitre de la nation. Faire sortir un Israël de Moïse ce serait former une église qui s’appellerait Israël. C’est encore une fois ce qui est arrivé dans l’histoire. Le véritable Israël que Dieu veut pour l’humanité c’est la nation d’Israël des descendants d’Abraham d’Isaac et de Jacob, qui sont d’autre part les disciples de Moïse. Mais la nation des disciples de Moïse c’est les ‘Harédim, c’est l’Église, à la place de la nation d’Israël des descendants d’Abraham d’Isaac et de Jacob. C’est cela que la Guémara nous enseigne.

Il faut bien le comprendre. C’est comme cela que l’Église est fondée : une religion fondée sur la loi de Moïse et coupée de la nation d’Israël. Cela a pris le temps que cela a pris et c’est devenu l’Eglise. Et en général, c’est une religion de diaspora, d’exil.

 

Pour revenir au sujet :

C’est le Dieu d’Israël et dans aucun liturgie on ne s’adresse au Dieu de Moïse. C’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Le maitre qui enseigne comment on sert le Dieu d’Israël d’Abraham d’Isaac et de Jacob c’est très diffèrent. C’est ce que Moïse dit à Dieu : Je sais très bien que ce que Tu souhaites c’est le peuple d’Israël des descendants d’Abraham d’Isaac et de Jacob et pas une église des disciples de la loi de Moïse. Finalement, Dieu accepte grâce à Moïse. C’est Moïse qui a eu le courage de dire : « Moi ? Je ne veux pas de la religion de Moïse! C’est la religion de la foi d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! » Voilà ce qu’il faut comprendre, pshat, simplement.

 

Finalement, Dieu accepte de suspendre la sanction.

 

Après le 17 Tamouz, Mosheh prie pendant 40 jours pour que la faute soit suspendue et que la sanction qui devait détruire le peuple - « Je lâcherais la montagne et ici sera votre tombeau » pour utiliser ce que dit la Guémara dans Shabat – soit quand même impliquée, mais voilà ce que le mélamed du Talmud Torah nous avait expliqué : cela ressemble au fils qui a fait une faute : le père dit à la mère : As-tu vu ce que ton fils a fait ? La mère lui répond : N’est-ce pas ton fils ?

C’est exactement le dialogue entre Dieu et Moïse : « Va descends de la montagne parce que ton peuple a fauté » et Moïse prie disant : « Sauve ton peuple ! ».

La mère a accepté que la montagne soit jetée sur le peuple mais a demandé que ce soit caillou par caillou. Regardez d’où cela vient les pierres... [ de l’intifada - Rires dans la salle]

C’est ce que le Talmud enseigne que à chaque faute d’Israël à l’échelle collective ou individuelle on paie double : pour la faute effectuée et un petit peu pour la faute du veau d’or.

 

A travers toutes les mises à l’épreuve à travers l’histoire ne sera le rescapé des rescapés que ceux qui n’ont pas cette faute en eux de la divinisation du médiateur qui mène à la religion païenne à la place de la religion morale. C’est cela notre grand problème de la génération actuelle. La maraboutisme.

 

Shévirat Hakélim et deuxièmes tables :

 

En tout cas pour revenir au sujet, voilà que 40 jours de prières de Moïse...

40 jours après le 6 Sivan c’est le 17 Tamouz  la brisure – 40 jours après, c’est 1er Eloul, et du 1er Eloul au 10 Tishri il y a 40 jours - Moïse reçoit les deuxièmes tables.

 

La question que je vais poser c’est que nous avons deux fêtes de la révélation de la Torah :

6 Sivan : la Torah est donnée a priori de la faute

La fête de la Torah à Sim’hat Torah après Kipour et toute la liturgie de Tishri où la Torah est reçue après la faute et le pardon de la faute suite au repentir.

 

Les deuxièmes tables sont cette même Torah mais donnée compte tenu de ce que l’homme est faillible et qu’il peut y avoir faute, mais dès qu’il y a repentir, il y a pardon. Alors qu’au Sinaï, la Torah est donnée à priori de la faute. S’il y a faute c’est qu’il ne s’agit pas de cet Israël ! 

 

Je vais laisser le 1er schéma en mémoire et vous donner la structure d’un schéma d’enseignement de la Qabalah qui donne la signification de cette question : pourquoi faut-il que le monde soit détraqué puis réparé ?

 

Ce schéma d’un enseignement de la Qabalah est ce qu’on appelle Shévirat HaKélim, la brisure des vases.

 

Lorsque Dieu a voulu créer le monde il a d’abord fait apparaitre un espace d’être vide d’être pour qu’il y ait une place pour le monde. C’est ce que les Kabbalistes appelle la’ Hallal. C’est dire que dans l’être absolu il y a un reflet de l’être pour qu’il y ait place pour le monde. C’est un acte moral qui précède et rend possible la création du monde : Faire place à autrui. Créer, cela veut dire créer l’autre. Et donc, il lui faut une place d’être. Et alors les kabbalistes nous expliquent cela très en détail. Ce sont des problèmes très importants que les autres n’arrivent pas à comprendre. La notion de création ex-nihilo est une création à partir de rien, c’est un casse-tête pour les théologiens philosophes parce que c’est une fausse notion - de rien il n’apparait rien, que signifie dire que l’être apparait de rien ?  Philosophiquement c’est absurde.

 

Donc c’est un objet de foi : nous savons que le monde est créé à partir de rien parce que la Torah l’a dit. Parce qu’en hébreu c’est ce que signifie Briah.

Mais aucune intelligence philosophique, ni orientale, ni occidentale, n’est arrivée à rendre logique et cohérent cette idée absurde, parce que de rien il ne vient rien !

 

Les kabbalistes l’expliquent en disant : c’est le néant qui est apparu dans l’être et non pas l’être qui est apparu dans le néant. Et dans ce néant apparu dans l’être, Dieu a émané le monde. Et les principes de cette émanation du monde les kabbalistes l’appellent les Séfirot. Dix absolus qui président au fait de faire exister le monde dans le vide d’être primordial.

 

Le philosophe lève la tête vers le ciel et tombe dans le trou. La Kabalah c’est le trou.

 

Lorsque la lumière primordiale s’est retirée d’un point de l’être, c’est le point primordial où le monde va finalement être logé à la suite d’une infinité de processus répétés de vide d’être pour qu’en fin de compte la créature projetée puisse supporter la lumière qui lui sera donnée de l’être absolue, il faut que cette lumière soit infiniment diminuée. Il y a donc un infini processus de retrait et il y a une pensée contemporaine qui nous aide à comprendre cela c’est l’homéopathie. Une dilution à l’infini et une dilution infiniment diluée, et la présence de la substance agissante est là bien qu’elle ait disparu. Si elle était présente on ne la supporterait pas, elle est présente dans son absence, dans son retrait. Dans son retrait elle a laissé une trace. C’est cette trace de rien qui fait être l’être de créature. 

 

Lorsque la lumière revient dans ce ‘Hallal, ce vide d’être, elle rencontre les niveaux d’être, et lorsqu’elle rencontre les niveaux d’être à chaque niveau de retrait, apparait une sphère dont la lumière irradie autour de cette trace d’absence que les kabbalistes appellent le Réshim, le Roshem en hébreu.

 

Lorsque la lumière revient les trois Séfirot supérieures sont capable de la supporter mais pas les 7 Séfirot inférieures. Pourquoi ? Parce qu’il y a 10 lumières.

Les 10 lumières sont proposées à la 1ère Séfirah d’en-haut.  Mais elle est tellement proche de l’infini qui est en dehors du vide, tellement haut, que le Kéli, le vase, le véhicule qui va recevoir cette lumière peut la recevoir. Sans éclater, sans être brisée. Et c’est vrai de la lumière des Séfirot : Keter ‘Hokhmah, Binah. Mais dès qu’on arrive aux Séfirot des valeurs morales, cela commence par ‘Hessed, le Kéli éclate. Il n’a pas la force, la transparence, le Zakout véZékhout, de pouvoir recevoir la lumière. Alors la lumière remonte et des débris de ces Kélim tombent au centre.

         

Et c’est pourquoi le 1er verset de la Torah dit : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. Et et la terre était chaos… ».  Les cieux ont disparu. Les lumières des cieux sont remontées parce qu’il n’y avait pas de Kélim capables de les retenir et au centre il y a eu un chaos des débris des Kélim des cieux. Il y avait les cieux des cieux les trois supérieures, les cieux sont les 6 inférieurs, la terre c’est la 7ème, c’est la 10ème.  Je parle vite pour que vous oubliez mais pour que vous comprenez qu’il y a une cohérence absolue.

 

Alors commence l’histoire de la réparation des mondes – le tiqoun. En bas sont les créatures et lorsqu’apparait les créatures capables de restituer, de restaurer, ces Kélim brisés, alors ces lumières redescendent.

 

Abraham a restitué le Kéli de ’Hessed, la lumière du ‘Hessed redescend. Grâce à Abraham il y a de nouveau ‘Hessed dans le monde. Et on sait ce que c’est.

Abraham-‘Hessed

Isaac-Gvourah

Jacob-Tiféret,

Mosheh-Netsa’h,

Aharon-Hod,

Yossef-Yesod, et

David-Malkhout.     

 

Ce sont les 7 piliers du monde qui ont restauré les Kélim qui ont été brisés.

Mais avec ce schéma, on est derrière notre histoire, le principe est très simple à comprendre.

C’est le grand enseignement de la Kabalah Séfaradite : l’histoire réalise les structures de la création.

 

Dans l’histoire se passe ce qui s’est passé à la création. Le monde a été créé mais il ne supporte pas d’être. Il n’est pas encore assez méritant : Zékhout-Zakout – pas assez transparent. Et il est brisé, il faut le réparer. C’est l’histoire du monde. C’est le schéma de l’histoire du monde. A l’origine il y a un chaos parce que le monde est brisé puisqu’il est loin de Dieu : tout ce qui n’est pas Dieu est en chaos. Le monde c’est l’autre que Dieu, et le monde à l’instant de son existence est chaos. Il faut réparer cela. C’est le rôle des grandes âmes d’Israël qui ont réparé cela. Ils sont les véhicules de la Shékhinah. A comprendre pshat, et le monde à l’état de chaos doit être réparé.

 

Le monde dans son absolu nous est inaccessible parce que nous sommes des créatures. Il faut que nous réparions la brisure du monde. C’est arrivé dans l’histoire de la génération de la sortie d’Egypte : l’absolu de vérité est révélé le 6 Sivan, brisé le 17 Tamouz, et grâce à Moïse restauré, grâce au fait que s’il y a faute mais repentir il puisse y avoir pardon.

 

Le pardon est celui du 1er Yom Kipour de l’histoire. Le 10 Tishri on a sû que le pardon était possible puisque la Torah fut rendue. Et alors, on va fêter la Torah à Sim’hat Torah la Torah des deuxièmes tables.

 

C’est-à-dire que les premières sont inaccessibles parce que cela ne concernerait que les Tsadikim. Mais nous ne sommes pas des Tsadikim. La Torah demande « sois Tsadik !», mais c’est au niveau du projet, du tikoun, de la fin de la restauration, de la rédemption. Mais pendant toute l’histoire cela nous est inaccessible. Sauf à ces Yé’hidim, ces êtres exceptionnels qui étaient déjà « Israël » avant la fin des temps.

 

Dieu nommé d’un nom que Dieu a agréé :

Il s’appelle Dieu d’Abraham, Il est Dieu d’Abraham. Pas des autres.

Dieu d’Avraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, Dieu de Moïse… etc. Mais dans l’ordre des dimensions des pères dont nous sommes les fils. Israël adore le Dieu des pères et non le Dieu des maitres. C’est là le paganisme des idolâtres. Dieu à l’image du gourou. C’est le problème de la faute du veau d’or.

 

Retour au sujet :

L’importance de Sim’hat Torah c’est que nous avons la preuve dans notre histoire que même s’il y a faute il peut y avoir réparation par le repentir, il peut y avoir pardon. Le 10 Tishri, les tables nous sont rendues.

 

.../...

 

Lévinas :

Comment Dieu a créé le monde ? C’est comme une mère qui met au monde son enfant hors d’elle et lui dit : Reviens !

 

Mais si l’enfant pouvait parler, il demanderait : mais comment revient-on ?

Voilà la Halakha débrouille-toi !

 

L’histoire du monde c’est l’histoire d’une téshouvah. C’est l’enfant qui revient à sa mère. Mais c’est la mère qui l’a mis au loin.

Pourquoi ? Pour qu’il apprenne à marcher, et pour qu’il revienne sachant marcher par lui-même…

Et puis, surtout, plus profondément que cela, il va apprendre à marcher pourquoi ? Pour aller chez sa mère ou pour aller ailleurs ? C’est cela l’épreuve de la création. Il va apprendre à marcher mais pourquoi ? Effectivement, c’est un enseignement du rav Kook, l’histoire  du monde c’est l’histoire d’une teshouvah. Le monde revient, mais avec un acquis. C’est le sens de l’histoire qui dramatise c’est parfois tragique, il y a trébuchement. On marche sur le chemin du retour mais parfois on trébuche… 

 

C’est cela l’histoire de notre calendrier :

Depuis le 6 Sivan Matan Torah à Sim’hat Torah.

 

Je vous donne un enseignement du Shlah à propos d’un verset de Shémot sur le commentaire de Rashi, qui va récapituler en une phrase ce que nous avons appris sur les deuxièmes tables de la Torah:

Parshat Mishpatim 21.2:

 

21.2

כִּי תִקְנֶה עֶבֶד עִבְרִי, שֵׁשׁ שָׁנִים יַעֲבֹד; וּבַשְּׁבִעִת--יֵצֵא לַחָפְשִׁי, חִנָּם

Si tu achètes un esclave hébreu, il restera six années esclave et à la septième il sera remis en liberté sans rançon. (Traduction du Rabbinat)

 

Dès que tu acquerras un esclave hébreu, libère-le...

Tout de suite on est secoué : d’où sort cet esclave hébreu ? On est dans le livre de l’Exode, pendant de nombreux chapitres on nous a raconté l’intervention de Dieu dans l’histoire pour libérer les Hébreux de l’esclavage, on nous donne les 10 commandements et tout de suite après, la première loi de jurisprudence de cette Torah des 10 commandements dans Mishpatim nous dit :

כִּי תִקְנֶה עֶבֶד עִבְרִי

D’où sorti cet esclave hébreu ? Cela éclate !

 

On apprend par le Talmud qu’il y avait deux situations où un hébreu pouvait être esclave : soit un hébreu juge par lui-même qu’il n’est pas capable de vivre comme homme libre dans la société des Hébreux, il est libre de devenir délinquant Avariam, alors il se vend comme esclave. Pour ne pas tomber dans le risque de voler ou de tuer pour voler alors il prend acte qu’il n’est pas capable d’être libre et il va devenir Eved, il vend son temps de travail à l’homme libre. Il y a un deuxième cas. La faute a eu lieu, le vol a eu lieu. On a convaincu le délinquant et alors c’est le tribunal qui le vend comme esclave chez un homme libre. Et la législation de la relation entre le maitre et ses esclaves c’est celle d’une pédagogie pour apprendre à devenir un homme libre. Et au bout de 6 ans, la 7ème année, l’esclave devait être suffisamment formé pour être capable d’être homme libre, et alors à ce moment là il est libéré.

 

 

.../...
lire la suite ici           

 

*****

 

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