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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 12:10

Hoshanah Rabba les deuxièmes tables de la loi – 3ème partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/fetes_et_calendrier/hoshana_raba_les_deuxiemes_tables_de_la_loi/cours_1

Durée : 17,2 minutes
Face C

 

…/…

Avec une part de l’héritage de son maitre. Et s’il ne veut pas être libéré parce qu’il juge qu’il n’est pas capable d’être libre à cause de l’enracinement dans les passions, alors il est esclave à vie (jusqu’au Jubilée).

 

Etant donné cette situation de l’esclave hébreu, il fallait s’attendre à ce que cette loi soit à la fin de toute la jurisprudence de la Torah. Commence par me dire quelle est la constitution de cette société et après tu me diras...

Mais la Torah doit intervenir pour le libérer.

J’ai souvent entendu des rabbins dire que ce sont des lois de justice sociale. Il y a un malentendu dans les termes : c’est une injustice sociale que la Torah impose que la relation maitre-esclave soit brisée.

 

La justice de la société veut qu’il y ait des maitres et des esclaves. La Torah intervient pour briser la justice sociale et imposer la loi de charité en libérant les esclaves. C’est la mentalité de l’humanisme occidental qui feint de prendre la charité pour de la justice. Toutes les lois d’assistance sont des lois de charité. Et on appelle cela de la justice. Réfléchissez-y bien. C’est une inversion des valeurs.

 

Rashi va se baser sur le 1er mot du verset :

Mishpatim 21.1

 

21.1

וְאֵלֶּה, הַמִּשְׁפָּטִים, אֲשֶׁר תָּשִׂים, לִפְנֵיהֶם

Et voici les lois de jurisprudence que tu placeras devant eux.

 

On vient de dire les 10 commandements, et maintenant on dit : Et voici la constitution d’application de ces principes de législation.

 

Rashi va citer un principe du Talmud : chaque fois qu’il y a Eleh Voici cela sépare ce qui va suivre de ce qui précède. S’il y a « VéEleh : Et voici » cela relie ce qui va suivre à ce qui précède. Plus encore : dès qu’il y a « Eleh » cela disqualifie ce qu’il y a avant. S’il y a « VéEleh » cela relie ce qu’il y a avant à ce qu’il y a après.

 

Le Midrash dit :

Kol Maqom shénéemar Eleh...

Dans tout endroit où il est dit « Voici » cela disqualifie les choses précédentes.

Dès qu’il y a VéEleh cela ajoute aux précédentes.

 

Le pshat de Rashi ici signifie :

De même que les lois précédentes étaient du Sinaï ceux-là aussi les lois de jurisprudence - de restauration de l’être hébreu après la faute ou le récit de faute de l’apprentissage de réparation - sont aussi du Sinaï.

 

C’est très important : les 613 Mitsvot sont du Sinaï. Cela va plus loin. Cela veut dire que de même que les 10 commandements sont du Sinaï, de même ces lois de rattrapages sont aussi du Sinaï. 

 

Le Shlah intervient pour enseigner ceci : Eleh ce ne sont pas les Mitsvot. Ce sont les hommes d’Israël. De même que les hommes d’Israël qui n’ont jamais fauté et qui coïncide dans leur identité avec les 10 commandements, sont du Sinaï, de même ceux qui ont fauté et qui ont restauré leur identité sont du Sinaï !

 

S’il y a eu réparation il n’y a pas de casier judiciaire. Il y a équivalence : ceux-là sont du Sinaï comme ceux-ci sont du Sinaï !

 

Voilà l’enseignement important de ces deuxièmes tables : ce sont les tables de la réparation, après la brisure inévitable des commencements, mais le réparé est aussi intact que celui qui n’avait pas été brisé.    

 

Beaucoup croient qu’ils n’arriveront jamais à la « revirginisation » de leur identité s’il y a eu écart et faute. L’enseignement des deuxièmes tables ajouté à l’enseignement du Shlah nous montre que c’est une erreur. L’histoire du monde n’est pas l’histoire d’une perfection à priori. C’est l’histoire d’une imperfection inévitable à priori et qu’il faut réparer. Et par conséquent, nous sommes les hommes de la réparation. Nous sommes les réparés. Et les réparés se réparent à Sion.

 

Il faut dénoncer cette espèce d’atmosphère de fatalité et tragique du péché originel. L’histoire du monde ne commence pas par un péché. Le chaos du monde ne commence pas par un péché. La première faute, la faute de l’origine de l’homme a compliqué le chaos du commencement. Mais le chaos du commencement aucun homme n’en a été responsable, et aucun homme n’est responsable.

Il y a une erreur, un raté, de la conscience morale qui consiste à confondre responsabilité et culpabilité. C’est une maladie des Juifs. On se prend pour coupable de choses dont on n’est que responsable.

 

Le chaos du monde vient de la Shévirat Ha-Kélim. Le chaos du monde vient de l’identité du monde. Pour que le monde existe il faut qu’il commence par le chaos, parce que l’autre que Dieu ne peut pas être Dieu. L’origine du mal dans le monde c’est Shévirat HaKélim et non pas la faute du premier homme. C’est une culpabilité innocente. Nous sommes responsables de la réparation du chaos mais pas coupables. Il faut retrouver la bonne santé de la conscience juive et se désintoxiquer de ce mythe du péché originel. On ne peut retenir le mot originel que dans le sens de l’origine. Chaque fois qu’il y a une faute, le commencement de la faute : « La loi c’est ma loi ». C’est l’origine de toute faute.

 

Midrash : chaque fois qu’un homme meurt. Le premier homme vient à son chevet : mon fils ma fille  sache que ce n’est pas pour ma faute que tu meurs mais pour la tienne. Il faut que les choses soient claires.     

 

***

 

Q: inaudible

R: J’ai utilisé le mot de rattrapage. Il faut bien lire le pshat : la Torah le dit en clair. Après, à postériori, on a énormément de midrashim qui vont louer le désert. Le fait que la Torah ait été donnée c’est à postériori. A priori, c’est Jérusalem. Et chaque fois que Dieu s’est révélé pour mettre fin à l’exil : il a parlé à Abraham pour lui dire « rendez-vous là-bas ! » Il a parlé à Moïse, et lui a dit « rendez-vous là-bas ! » Il faut voir les choses en clair, ce n’est qu’à postériori que le midrash intervient et va nous expliquer la grandeur du désert où la Torah a été révélée. Mais ce n’était pas son lieu de révélation à priori. C’était vraiment inattendu, dans le sens de ce que cela n’était pas dans le projet primordial. C’est arrivé, et il faut comprendre pourquoi c’est arrivé...

 

Q: A propos des premières lois… (inaudible)

R: tu te réfères à une autre question que je n’ai pas abordé : mais là les textes ne sont pas les mêmes. Le texte des deuxièmes tables est différent du texte des premières tables. Bien sûr, c’est le Kéli qui a été atteint mais le Kéli est celui du Or. Et le Or aussi a changé. Ce n’est pas pour rien que les premières tables ont été données à la génération de la sortie d’Egypte et les deuxièmes tables à la génération qui n’ont pas connu l’expérience de vie mais qui vont connaitre l’expérience de l’histoire de Kenaan. Et un midrash se relie à ce que tu dis : dans l’arche, il y avait les deuxièmes tables et les débris des premières. Mais les lettres des premières tables se sont envolées là-haut. Et ce sont les lettres des deuxièmes tables que nous avons.

 

Quoiqu’il en soit, il s’agit bien de la Torah de la rédemption de la réparation du tiqoun. Alors que la Torah primordiale c’est la Torah de à priori de Shévirat HaKélim, à priori de la faute.

 

Ceci pour dire que l’on peut étudier ce thème sans aucune référence à la Kabalah. Cela s’étudie dans le pshat du Midrash et du Talmud. Mais les Kabbalistes ont indiqué ce qu’il y a derrière.

 

Q: inaudible

R: Yafé, très bien explique pour les autres. Très bien. J’achète pour l’année prochaine.

 

Q: inaudible

R: En fait Sim’hat Torah est le lendemain de Hoshaanah Raba. Il faut y arriver pour que le pardon soit achevé. Et c’est le lendemain de  Hoshaanah Raba, qui est l’achèvement de Kipour, qu’il y a Sim’hat Torah.

 

Le jour de Rosh Hashana c’est le jugement des Tsadikim.

Le jour de Kipour c’est le jugement des Beinonim.

Et Hoshaanah Raba c’est le jugement des Reshayim.

 

Cela veut dire qu’à Rosh Hashana on est jugé par la Midat HaDin. Seul ceux qui peuvent traverser la Midat Hadin sont sauvés.

 

A Yom Kipour, on est jugé par la Midat HaRa’hamim. Ce sont les Beinonim pour la grande majorité. J’ai remarqué qu’il y a plus de monde à Kipour qu’à Rosh Hashana.

 

Et à Hoshaanah Raba, c’est même les Reshayim parce que c’est la Midat Ha’Hessed qui juge.

 

Et ce n’est pas fini, il y a encore un sursis jusqu’à ‘Hanoukah. Mais à ‘Hanoukah sont jugés ceux qui ne sont ni Tsadikim, ni Beinonim, ni Reshayim. Les hors-la-loi. Ils se relient à la réparation du temple qui a été détruit à cause du 17 Tamouz et de Tishâ BéAv. A ‘Hanoukah c’est la ré-inauguration du Temple. C’est ce qui se relie à l’histoire en dehors même de la Torah. Remarquez qu’en Israël pour ceux qui délaissent Rosh Hashana, Yom Kipour et Hoshânah Raba, que ‘Hanoukah reste ‘Hanoukah.

 

< fin >

****

 

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans CALENDRIER & FÊTES
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