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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 20:25

Parasha - Hayey Sarah 1986
La caverne de Ma’hpelah

 

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/haye_sara_serie_1986/cours_1

Face A

 

Début de Parashah Hayé Sarah, nous allons essayer d’étudier deux thèmes :

=> le 1er thème est relié à la mort de Sarah : achat de la caverne de Ma’hpelah par Avraham. Le texte commence au chapitre 23 à partir du verset 3.

 

Dans les 2 versets précédents, la Torah revient sur l’événement de la mort de Sarah qui est relié au « sacrifice d’Isaac », qui est une des épreuves d’Avraham, reliée à la difficulté d’arriver à croire qu’il a un mérite suffisant pour que la promesse que Dieu lui fait pour cette terre appartiendra à sa descendance se réalisera. Avraham avait contracté une alliance avec Abimelekh qui est d’après le récit le roi de la Philistée– actuellement le territoire de Gaza – qui s’appelait Erets Filistim et qui était une colonie d’une peuplade qui avait envahi le pays de Kenaan. Les Pélishtim ces Cananéens en particuliers  n’étaient pas des sémites, il y a plusieurs traditions à ce sujet. Ils avaient installé, sur toute la côte de la partie sud d’Israël et de la partie nord de l’Egypte, des comptoirs. Cette partie du pays s’appelait Erets Pelishtim. Plus tard on retrouvera la ville de Gaza comme on dit aujourd’hui qu s’appellait Azah, au temps des rois d’Israël.

 

Précédemment, la Torah nous raconte que Avraham a contracté une alliance avec Avimelekh roi de Erets Pélishtim. Ce dernier parle de ce pays Erets Pélishtim comme étant son pays et on s’aperçoit que Avraham contracte tout de même une alliance avec lui. On comprend la contradiction qu’il peut y avoir entre le fait de recevoir une promesse particulière concernant Erets Israël et le fait de contracter alliance avec Avimelekh qui prétend qu’il s’agit de son propre pays, comme s’il y avait consentement de sa part.

 

Immédiatement après il y a la mise à l’épreuve d’Avraham en ce qui concerne Isaac. Les deux promesses étant liées, cet enfant qui lui est promis doit être le principe de fécondité d’une descendance à qui est donnée en promesse l’appartenance du pays de Kenaan, qui deviendra le pays d’israël, et qui était primitivement le pays des Hébreux. Tout cela nous l’avons étudié au niveau de  l’histoire d’Abraham. Et puisqu’il semble y avoir un doute sur la relation à ce pays, alors Dieu réclame l’enfant qu’il avait donné.

 

C’est une approche des causes immédiates et profondes de la mise à l’épreuve d’Avraham en relation avec Its’haq qui est  peu connue mais que nous avons étudié lors de la Parashah Vayera.

 

Nous voyons qu’ici il y a une rebondissemment du sujet : nous avons-là un texte à propos de la mort de Sarah et de la nécessité de l’enterrer dans le pays où elle est morte, il s’agissait de ‘Hévron. Nous avons un texte où nous voyons au contraire que Avraham va commencer à affirmer ses droits sur le pays, et assez paradoxalement par l’achat de la sépulture de Sarah.

 

On nous donc a appris que Sarah est morte. D’après le Midrash c’était au moment du « sacrifice d’Isaac ». Il s’agissait d’une épreuve d’Abraham au sujet de Its’haq. Et voilà que Avraham a un problème à résoudre qui nous semblerait banal et facile à résoudre, mais qui parait important selon le récit de la Torah : trouver une emplacement, un caveau, pour enterrer Sarah.

 

Nous allons étudier ce thème immédiatement. S’il nous reste du temps nous étudierons le 2ème thème qui est celui de la nouvelle difficulté la nouvelle épreuve d’Avraham concernant le mariage d’Isaac : comment trouver une femme pour Isaac ?  

 

***

 

1er thème : trouver un tombeau pour Sarah :

Assez paradoxalement c’est par là que commencera la préoccupation d’Avraham - et par la suite de sa descendance jusqu’à nous puisque le problème n’est pas encore résolu – d’affirmer les droits d’Israël sur ce pays donné aux Patriarches. Cela commence par l’achat de ce morceau de terre connu depuis sous le nom de caverne de Ma’hpelah et à ‘Hévron où sont enterrés les Patriarches. Abraham, Isaac et Jacob. Pas seulement cette caverne mais également le champ qui entourrait la caverne et dont on va nous parler.

 

Nous allons lire le texte très rapidement et j’aborderais un ou deux points de difficulté du texte à travers lesquels nous essayerons de comprendre mieux ce problème :

 

Pourquoi une telle difficulté d’Avraham pour trouver un terrain pour enterrer Sarah ?

 

Verset 3 chapitre 23 :

 

וַיָּקָם, אַבְרָהָם, מֵעַל, פְּנֵי מֵתוֹ; וַיְדַבֵּר אֶל-בְּנֵי-חֵת, לֵאמֹר

Vayakom Avraham me'al peney meto vayedaber el-bney-‘Het lemor

 

וַיָּקָם, אַבְרָהָם, מֵעַל, פְּנֵי מֵתוֹ

Vayakom Avraham me'al peney meto

Et Avraham se leva de devant son mort

 

Il était d’abord assis auprès de Sarah pour la pleurer et puis, au verset 3, il se lève pour se préoccuper de l’enterrer.

 

וַיְדַבֵּר אֶל-בְּנֵי-חֵת, לֵאמֹר

vayedaber el-bney-‘Het lemor

et il s’adresse aux enfants de ‘Het pour dire

 

aux Hittites et on apprend ainsi que la peuplade qui occupait le teritoire de ‘Hévron à l’époque était des descendant de ’Het – les ‘Hittites.

 

Verset 4 :

גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם

Ger-vetoshav anokhi imakhem

Je suis étranger-résidant parmi vous

 

Il y a là une expression extrêment importante étudiée par les commentateurs. Je pense en particulier à un texte en vers de Judah Halévi que l’on récite comme Seli’hot à Yamim Noraïm et qui reprend cette expression de Guer véTorashav imkhi anokhi imakhem:

Avraham s’adresse aux Benei ‘Het participant des Cananéens qui possèdent alors les droits des occupants sur la région pour leur demander la possibilité d’enterrer Sarah en commençant par s’identitifer.

Et il dit alors :

 

גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם

Ger-vetoshav anokhi imakhem

Je suis étranger-résidant parmi vous

tenou li a’houzat-kever imakhem ve'ekberah meti milefanay.

 

גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי

Ger-vetoshav anokhi

 

Nous allons étudier ces mots-là qui sont la clef du problème : la difficulté pour Abraham d’obtenir une tombe pour Sarah et je prendrais ici l’enseignement d’Ibn Ezra qui consiste en une remarque donnant la clef du problème.  

 

Quelle est la différence entre Guer et Toshav ? Je vais simplement expliquer ces termes uniquement en relation avec notre sujet. Chacun des ces termes demanderait un développement extrêmement grand.

 

Guer signifie étranger : le statut de l’étranger c’est quelqu’un qui habite un pays mais qui ne fait pas partie de la nation de ce pays. C’est le terme que l’on emploie par la suite dans l’hébreu rabbinique et jusque dans l’hébreu moderne pour désigner un converti à Israël, un Guer. Mais c’est un sens dérivé. Guer se rattache à la racine Lagour qui signifie séjourner quelque part provisoirement. En tant qu’il est évident que l’on est en voyage, que l’on est en pérégrination. Guer c’est quelqu’un qui n’est pas chez lui et qui séjourne quelque part provisoirement, à priori, pas avec l’intention de rester définitivement.

 

Toshav: c’est au contraire le résident temporaire, celui qui est chez lui Lashevet être installé  quelque part. (Parshat Vayeshev : Vayeshev Ya'akov be'erets megourey aviv be'erets Kna'an.)

 

Il y a donc une contradiction entre les 2 statuts : à la fois Guer et Toshav.

D’une certaine manière, l’identité d’Avraham est d’être Toshav il est chez lui dans le pays où il se trouve et là où le récit est situé. Mais d’une autre côté, il s’adresse aux Bénei ‘Het qui sont censés être les occupants du pays à l’époque, pour dire Guer.

 

גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי עִמָּכֶם

Ger-vetoshav anokhi imakhem

Je suis étranger-résidant avec vous

 

Avec vous, par rapport à vous, en ce qui concerne votre point de vue, sur mon statut, je suis Guer veToshav à la fois Guer et à la fois Toshav. Il n’y a pas écrit « à vos yeux je suis Guer et Toshav » mais « avec vous, par rapport à vous, je suis Guer véToshav à la fois Guer à la fois Toshav »

 

Le raisonnement de Ibn Ezra est le suivant : en tant que Guer je n’ai pas droit à un caveau chez vous. Puisque je suis Guer étranger. Cela se rattache à la coutume de l’époque mais derrière cette coutume il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant : c’est que chaque famille avait son caveau pour enterrer ses morts. Il y avait d’autre part une fosse commune, un cimetière public, pour y enterrer les étrangers. Va alors se poser un problème d’identité, très paradoxalement par rapport à l’événement de la mort de Sarah. C’est là que se dévoile une difficulté dans l’identité d’Avraham en relation avec l’enterrement de Sarah. Voilà comment l’explique Ibn Ezra : en tant que je suis Guer je n’ai pas le droit à un caveau, et par conséquent il faudrait que j’enterre Sarah dans le Sadeh le champ qui entourre la caverne de Makhpelah, mais en tant que je suis Toshav j’ai droit à un caveau mais je n’en n’ai pas, puisque je viens d’arriver. Alors de deux choses l’une :

Soit vous me considérez comme Toshav et vous me donnerez le caveau auquel j’ai droit. Soit vous me considérez comme Guer et donc je n’aurait pas de caveau mais je dois m’adresser à celui qui possède la caveau qui concerne les Guérim. Il s’adresse donc à Efron ben Tsoar le gardien du cimetière.

 

D’une certaine manière Avraham est dans une impasse d’identité.

Cela se dévoile par rapport aux Benei ‘Het. Dans l’enseignement de Ibn Ezra, Avraham est obligé de tenir compte du statut que lui concède les Bnei ‘Het qui sont les occupants du pays. Mais tout de suite nous sommes avertis qu’il y a là un statut impossible : que signifie le fait d’être simultanément guer et toshav ?

 

Je reviendrais à l’histoire et au contexte historique, mais si on y réfléchit bien - et vos comprenez  pourquoi cette expression sera reprise par les commentateurs théologiens dans une dimension beaucoup plus grande et plus large et plus profonde - est-ce que ce n’est pas là finalement le statut du peuple hébreu, en tant qu’il descend d’Avraham, dans toute son histoire ?

 

Si on y réfléchit bien : est-ce que cette identité - être à la fois chez soi et étranger - n’a pas été de toutes les manières possibles l’identité et le statut d’Avraham dès le commencement de son histoire ?

 

Je prendrais deux polarités de cette identité, jusqu’au moment où il y aura une reconnaissance de l’identité d’Israël, bien évidemment, ce qui est espéré dans les prophéties messianiques, que enfin l’humanité – les Bnei ‘Heth – entendez en hébreu ce qu’est l’humanité dans ce problème : « les Bnei ‘Het » par homophonie (Teit-Tav) « les enfants de la faute » comme si l’histoire de l’humanité toute entière provenait d’une faute et qu’Israël se trouvait chez les Bnei ‘Het pour y faire un certain Tiqoun, une réparation, une restauration de l’histoire. Et constamment, nous voyons que cette identité d’Israël, à la racine depuis les temps des Patriarches va être contestée jusqu’au moment où elle sera reconnue.

 

Prenons par exemple, l’identification du peuple d’Israël dans l’exil au temps des dispersions : là il est extrêmement ambigü mais indéniable que les Juifs se sont crus chez eux là où ils n’étaient pas chez eux. Corollairement, quand ils arrivent chez eux l’humanité entière dit qu’ils ne sont pas chez eux, chez eux. Ce sont les deux faces du même problème.

Dans les deux cas, cette ambivalence, cette ambiguité, cette mise en question, de l’identité est indiquée dans l’expression :  גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי עִמָּכֶם guer vétoshav anokhi imakhem.

 

Judah Halevi va pousser à la limite cette identification dans l’identité de l’homme sur terre. C’est-à-dire à la foi une expérience d’être chez soi, et une expérience de ne pas être chez soi. Comme si l’homme authentique ne peut pas éviter d’avoir simultanément cette double identification par rapport à ce monde où il vit, à la terre où il vit.

Et c’est un des exemples qui illustre une fois de plus ce principe que l’identité juive, l’identité d’Israël, dans l’histoire de l’humanité c’est l’histoire et l’identité de l’homme profondément, poussée au paroxysme. C’est le peuple d’Israël qui a le privilège cette ségoulah – privilège qui a son endroit et son envers – ce privilège de vivre l’identité humaine poussée à la limite. 

Judah Halévi tente de nous faire comprendre que cette situation du Juif dans l’histoire c’est au fond la situation de l’homme dans le monde, mais l’homme ne le sait pas, c’est le Juif qui le sait. Comme si, d’une certaine manière son histoire particulière l’oblige à prendre conscience de cela.

 

Au fond c’est Avraham qui dit par rapport à la terre d’Israël « Guer vetoshav anokhi imakhem » « je suis ici à la fois comme étranger et comme séjournant », avec ce que cela comporte derrière dans le statut socio-politique, l’humanité entière pensant à nous dans ce pays, nous considère chez nous mais aussi comme étranger: cela est peut-être le corollaire de notre attitude pendant 2000 ans chez les autres où nous nous sommes crus chez nous alors que nous savions que nous n’étions pas chez nous...

 

Judah Halevi veut nous faire comprendre cela que Avraham dans sa relation à sa terre, vit de façon paroxystique ce qui est le statut de tout homme dans sa relation à sa terre : à la fois en exil et chez lui. Judah Halévi : « Comme une étranger séjournant je suis sur la surface de la terre et pourtant je sais que c’est en elle que j’ai ma destinée, mon héritage »

Avec cette nuance dans ce poème de J.Halévi : si je ne mérite pas, mon héritage ne sera qu’une tombe dans la terre, si je mérite j’aurais ma véritable na’halah, le monde-à-venir.

 

L’homme a le sentiment d’être de ce monde mais pourtant il a le sentiment d’être d’ailleurs. Cette expérience-là finalement que l’humanité ne pourrait qu’exprimer à la rigueur au niveau d’une conception philosophique ou d’une valeur poétique, bref, d’une expression litérraire ou culturelle, est pour le juif son histoire existentielle.

 

C’est un exemple que nous retrouvons très souvent. Beaucoup de thèmes d’identité anthropologiquement de l’identité humaine sont les thèmes concrets de l’histoire des Juifs.

 

Comme si les Juifs, en tant que peuple d’Israël, de l’histoire d‘Israël étaient voués à vivre au niveau de leur histoire particulière ce qui est le statut de l’histoire universellle.

 

Exactement comme nous entendons dire : il y a là une exemplarité de l’histoire et une sorte de témoignage que l’histoire de l’homme c’est l’histoire d’Israël. Si l’on veut comprendre la destinée de l’homme en général, il faut comprendre l’histoire de la destinée d’Israël. C’est un des exemples.

 

Rav A. Epstein :

Plus loin que cela, nois trouvons dans la ‘Hassidout, un enseignement, basé sur un Midrash, qui utilise cette expression :

 

גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם

Ger-vetoshav anokhi imakhem

je suis étranger séjournant avec - auprès de vous,

 

en corollaire à un autre verset où Dieu s’adresse à Israël et lui dit :

Gerim vetoshavim atem imadi

vous êtes avec moi des étrangers séjournant.

Lévitique 25:23

וְהָאָרֶץ, לֹא תִמָּכֵר לִצְמִתֻת--כִּי-לִי, הָאָרֶץ:  כִּי-גֵרִים וְתוֹשָׁבִים אַתֶּם, עִמָּדִי

 

En général, lorsqu’on lit ce verset c’est pour mettre l’accent sur le fait que c’est Dieu qui confirme que nous sommes chez nous chez nous : Gerim VéToshavim Atem Imadi.

 

La ‘Hassidout nuance ce Midrash en disant ceci : Dieu s’adresse à Israël pour dire : vous êtes étrangers-séjournant avec Moi dans le monde tout comme Moi, je partage votre sort. « Si vous vous considérez comme chez vous dans le monde, Moi j’y suis étranger, et si vous vous considérez comme étrangers dans le monde, Moi j’y suis chez Moi ».

 

C’est à un autre niveau de lecture de la même expression, mais vous devinez la profondeur de l’expérience présente là.

 

Il faudrait revenir sur des commentaires des Midrashim sur Shir haShirim pour arriver à comprendre ce Midrash : il y a toute une partie de l’histoire où semble-t’il il y a une sorte de nécessité, un préalable à cette histoire, que lorsque l’homme est là, Dieu se cache et lorsque Dieu se dévoile, l’homme disparait... jusqu’à ce que la présence des deux soient possible.

 

Ce thème est surtout étudié à travers le Cantique des cantiques.

Vous avez le contenu même schématiquement en tête : lorsque lui est là et parle d’elle, elle n’est pas là ; et lorsqu’elle est là et parle de lui, il n’est pas là... 

 

C’est une sorte de chant d’amour de fiançailles avortées : un divorce avant le mariage...

La tradition a appliqué cette situation à la situation de l’exil. Le roi Salomon prophétise à travers le Shir haShirim, le cantique des cantiques, ce que sera le lien entre Dieu et Israël dans la situation de l’exil. Jusqu’au moment où la rencontre est possible.

 

Je vous le dit très rapidement, avec l’aide du commentaire du Gaon de Vilna :

A travers ce thème de la traduction même du titre Shir hashirim, chant des chants, on comprend qu’il y a deux chants différents :

ð  le chant de Dieu à Israël, la révélation de Dieu à Israël

ð  le chant d’Israël à Dieu, c’est la prière.  

 

Et puis il y a ce chant Shir hashirim lorsque ces deux chants sont ensemble.

Gaon de Vilna sur le 1er mot important du 2nd verset :

יִשָּׁקֵנִי מִנְּשִׁיקוֹת פִּיהוּ

Ishaqeni Minshiqot Pihou

 פִּיהוּ Pihou c’est une forme poétique pour dire Piv sa bouche à lui. Littéralement : qu’il m’embrasse des baisers de sa bouche. Piv. Et l’expression poétique serait פִּיהוּ Pihou. Mais le Gaon de Vilna indique que c’est plus important que la poésie : il y a à la fois פִּיו Piv et פִיהָ Piha, sa bouche à lui et sa bouche à elle : cela veut dire qu’il y a les deux chants à la fois פִּיהוּ. Et le chant qui apparait des deux chants qui se rencontrent s’appelle le Shir Hashirim.

 

Et le Gaon de Vilan s’était basé fondamentalement sur un enseignement de Rabbi Akiva dans la Guémara : tous les livres de la Bible sont Qodesh mais le Shir hashirim est Qodesh Qodashim. On voit le parallèle entre Shir Hashirim et Qodesh Qodashim. Tous les chants de la bible sont saints, mais le Shir HaShirim c’est la sainteté des saintetés.

 

Effectivement, dans tous les livres de la Bible, c’est soit Dieu qui s’adresse à Israël – la révélation - soit Israël qui s’adresse à Dieu – la prière.

 

Le Peri Tsadik en particulier a enseigné le parallèle qu’il y a entre les 5 livres de Mosheh et les 5 livres des Psaumes :

Les 5 livres de la loi de Moïse sont la révélation de la lumière de haut-en-bas

Les 5 livres des Psaumes sont la révélation de la lumière de bas-en-haut.

 

Donc le chant de la sainteté est soit dans un sens soit dans un autre. Mais le chant de Shir hashirim est le cas particulier où il y a les deux. Raison pour laquelle il est Qodesh Qodashim, á un niveau plus important.]

 

On peut voir dans ces trois niveaux de lectures de cette expression guer vétoshav qu’il se passe ici quelque chose de beaucoup plus important que tout simplement une tractation pour acheter un morceau de terre. Vous savez d’ailleurs que c’est notre problème actuellement de racheter la terre d’Israël. Ce qui a commencé avant la création de l’état jusqu’á ce qu’on appelle la ligne verte. Et maintenant cela continue dans le temps contemporain morceau par morceau, nous sommes en train d’acheter un pays qui est le nôtre. C’est le droit d’acquisition de la terre qui commence avec Avraham.

 

Ce qui est frappant de notre temps, c’est que cela a recommencé précisément à ‘Hévron là où cela c’était passé la première fois. Selon l’ordre d’achat du terrain par nos pères, nous savons donc quel est l’ordre du développement. Et ce qu’il y a d’extraordinaire c’est que c’est exactement celui-là qui se passe. On sait que les différents gouvernements et leur état-majors qui se sont succédés pour savoir où commencer et où continuer, n’ont pas étudié cela dans la bible. Mais peut être leurs ancêtres l’ont fait, donc ils le savaient quand même...


.../...
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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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