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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 16:01

 

Parasha - Hayey Sara 1984

 

חַיֵּי שָׂרָה

 

Chapitre 23 jusqu’au Verset 18 chapitre 25

Avec la Parashah ‘Hayé Sarah on se trouve à la fin des récits concernant Abraham, et on entre en plein dans le cycle de l’histoire d’Isaac. Nous verrons en 1ère partie le contenu de la parashah pour approfondir sur tel ou tel thème..

 

Le 1er passage est le récit connu sous le nom de la caverne de Ma’hpelah, récit important pour lui même car c’est la 1ère fois que nous avons une indication dans la Torah des droits d’acquisition de la terre d’Israël par le peuple d’Israël. Et cela commence au niveau des Patriarches.

 

Au moment de la mort de Sarah qui est liée au thème de la fin de la Parashah précédente, qui est le thème de la ligature d’Isaac, Sarah est donc morte à ce moment-là ; et Abraham négocie avec les habitants du pays de ‘Hevron qui, au niveau du récit biblique, s’appelle Qriat Arba.

 

Aujourd’hui dans les temps contemporains, il semble apparemment qu’il y ait 2 villes différentes, ‘Hevron d’un côté et Qriat Arba de l’autre, avec tous les problèmes urgents et actuels autour des deux villes, mais d’après le récit biblique - Qriat Arba Hi ‘Hévron - il s’agit de la même ville. Je vais d’ailleurs anticiper dans l’histoire contemporaine et dire que c’est Qriat Arba qui est ‘Hévron. Il y a là un texte important. Ce n’est pas celui que j’ai choisi pour cette année.

 

Simplement, je vous indiquerais un thème d’étude à propos de ces passages du chapitre Chapitre 23.

On voit la discussion entre Abraham et les habitants du pays à l’époque qu’on appelait les Hittites, une des peuplades que l’on appellait en général les Cananéens. Mais en fait, les Cannanéens étaient une des peuplades qui habitaient le pays à l’époque d’Abraham et que l’on nommait les 7 peuples. Il y a différentes références, ils sont tantôt 7, tantôt 10, tantôt 13, mais ce sont d’autres problèmes qui s’étudient chacun pour eux-mêmes.

 

Le thème en question concerne le fait que la personnalité d’Abraham selon le récit est reconnue par les habitant du pays. En particulier dans cette expression du verset 6 du chapitre 23 lorsque Abraham se trouve devant la nécéssité d’obtenir un caveau, une tombe, pour enterrer Sarah, et dans sa discussion avec les habitant du pays, ces derniers le nomment Nessi Elohim : un prince de Dieu Atah betokhenou nous te considérons... Tu es parmi nous comme un prince de Dieu...

 

 

שְׁמָעֵנוּ אֲדֹנִי, נְשִׂיא אֱלֹהִים אַתָּה בְּתוֹכֵנוּ

Adoni Shma'enou

Ecoutes-nous Adoni

Nessi Elohim Atah betokhenou….

un prince de Dieu tu es parmi nous

 

La personalité d’Abraham est donc reconnue et cependant on voit qu’il a une réticence à lui céder les droits d’acquisition de la tombe qu’il réclame et décide de choisir pour enterrer Sarah. Ce n’est pas n’importe quelle tombe. Le Midrash nous dit que Adam et ‘Havah y ont été enterrés au commencement de l’histoire de l’humanité selon le récit biblique. On apprend d’après Rashi et les autres commentateurs pourquoi c’est d’emblée cette tombe que Abraham veut choisir. Il y a réticence des habitants du pays à lui donner les droits par acquisition, bien que Abraham est déjà perçu comme une grande personnalité.

Il est « Nessi Elohim atah betokhenou » aux yeux des habitants du pays qui sont les occupants du pays. En fait selon l’organisation des lignées humaines en relation avec chacun sa terre d’après le récit biblique, le pays qui finalement sera appelé le pays d’Israël – le problème des frontières est un tout autre problème -  appartenait à la descendance de la lignée de Shem et il a été conquis par des peuplades de la descendance de ‘Ham. En particulier les Cananéens, qui sont devenus les occupants du pays. C’est d’ailleurs une situation très analogue que nous avons aujourd’hui. Enfin revenons à  la racine de cette histoire en son temps.

 

On voit qu’il y a une discussion entre le possesseur de ce temps, provisoirement, de la caverne de Ma’hpelah, où selon le Midrash était le lieu de l’histoire de la lignée humaine avec Adam et ‘Havah, le 1er homme et la 1ère femme. L’histoire va recommencer avec Abraham et Sarah, et cet homme discutte avec Abraham en lui disant qu’il est prêt à lui donner un cadeau et Abraham insiste pour que ce soit un contrat d’achat. C’est un des thèmes les plus important de ce récit.

 

Il y a une différence de nature entre le fait de disposer d’une terre par contrat de donation ou d’en disposer par contrat d’achat, même si le contrat d’achat reste symbolique. Le contrat d’achat peut être avec une Perouta, un Shekel symbolique. Juridiquement, un contrat d’achat quelque soit le prix d’achat, a une force beaucoup plus grande qu’un contrat de donation qui est toujours quelque peu précaire (un jour on peut donner, un jour on peut reprendre). Alors qu’il est important de trouver ce texte concernant un contrat d’achat dans le récit de la Torah qui nous avertit à l’avance que nous aurons des problèmes à ce niveau.

 

Tout se passe comme si Abraham a le pressentiment qu’il y a là un problème particulier. Au niveau de la légalité biblique, il insiste pour que sa descendance puisse se référer à un texte qui parle de cette différence entre contrat de donation et contrat d’acquisition.

 

En fait, le sujet d’étude fondamental c’est le lien entre la nécéssité d’avoir à enterrer Sarah, et donc de trouver une tombe pour enterrer Sarah (paradoxe d’un pays, d’une société sans tombe pour les étrangers) et le droit d’acquisition de la terre. Ce lien entre la mort de Sarah reliée par le Midrash à l’épisode de la ligature d’Isaac, et d’autre part les droits d’acquisition à Erets Israël.

 

***

 

Ensuite, il y a un très long texte qui a pour sujet le mariage d’Isaac.

Après ce texte, à la fin de la Parashah, survient le thème de la reprise des généalogies d’Abraham en dehors d’Isaac. On arrive à la fin de la Parashah. Il y a un thème important qui reprend l’histoire du conflit entre Ishmaël, le 1er fils d’Abraham (alors qu’il s’appellait encore Abram) et Isaac.

Avec pratiquement une perspective prospective, si j’ose dire, qui nous indique les termes et les catégories de la solution de ce conflit entre Ishmaël et Israël.

 

Nous sommes là confrontés à un problème d’actualité importante, et peut-être nous aurons à le reprendre d’année en année, jusqu’à ce que la solution annoncée par le texte arrive à se dessiner à l’horizon si j’ose dire.

 

Nous allons malgré tout d’abord faire une identification des personnages :

Concernant l’identification d’Abraham :

Bien entendu nous aurions besoin d’énormément d’élucidations de détails à l’appui des textes précédents et je vais prendre comme postulat que vous en connaissez les contenus. En particulier dans les Parashiot précédentes, on nous parle d’Abraham comme de quelqu’un qui quitte la civilisation de Mésopotamie qu’on appelle à l’époque Our-Kasdim selon le nom de sa capitale. On l’habitude grosso-modo d’appeler cette région la Mésopotamie, c’est la Chaldée, où habitaient les Casdéens, indépendamment des Chaldéens. Nous savions par les Midrashim et nous savons maintenant du point de vue de l’historiographie contemporaine, en dehors de la tradition juive ellle-même, qu’il s’est agi de la grande civilisation de ce temps-là qui avait déjà une filiale en Egypte. Un peu comme la civilisation européenne de notre contemporanéité possède sa filiale en Amérique et qui forment le même ensemble de civilisations.

De la même manière, à cette époque, la civilisation c’était la civilisation de Babel, la Mésopotamie, et corollairement, de l’autre côté d’Erets Israël qui s’appelle à l’époque Erets Kenaan du nom des occupants, cela ressemble un peu à la situation actuelle où Erets Israël s’appelle la Palestine au yeux de Goyim du nom qu’ont donné les occupants. Et de l’autre côté il y avait l’Egypte. Bien sur ce sont deux civilisations indépendantes apparemment, mais c’est la même civilisation. Je crois que l’analogie la plus claire c’est l’Europe et l’Amérique, sinon l’Europe et la Russie. C’est la même civilisation finalement.  

 

Habituellement, on perçoit les premières données de ce récit de la manière suivante : un homme de cette civilisation-là de Our-Kasdim en Mésopotamie qui s’appelait Abram a quitté Our-Kasdim pour Israël comme un étranger absolument viendrait dans une terre étrangère absolue. Je voudrais corriger ce cliché-là en vous donnant une 1ère référence.

 

Chapitre 14 verset 13 :

A propos du récit de la guerre où Lot a été fait prisonnier et Abraham va à son secours, Abraham est appellé אַבְרָם הָעִבְרִי Abram ha ivri – Abram l’hébreu.

 

Il y a ici notion d’Abraham à la lignée des Sémites puisque Ever qui lui donne son nom d’hébreu ha ivri est un descendant de Shem.

 

La réponse que je vais vous donner au nom des midrashim qui en font foi : tout se passe comme si une des lignées des Hébreux était en exil dans la civilisation du temps. Et il y a là une sorte de préfiguration, de pré-modèle, de ce que sera très souvent à chaque étape de développement des grandes civilisations dans l’histoire, la situation du peuple d‘Israël : être en exil dans la civilisation du temps.

 

J’ouvre une parenthèse pour vous l’expliquer par un midrash très connu :

Un midrash très connu nous raconte la vocation d’Abraham.

Le père d’Abraham Tera’h-Tharé était un fabricant d’idoles. Et Abram enfant (âgé de 3 ans selon le midrash) (re)découvre l’intuition monothéiste face à l’idolâtrie polythéiste où l’on voit Tera’h vendeur d’idôles... Abraham a décidé de donner une leçon à son père, avec tout le respect le Kivoud av va-ém imaginable : il a détruit toute les idoles sauf la plus grande, dans les bras de laquelle il a mis une hache et une offrande à ses pieds. D’après le midrash c’était une assiette avec de la fine fleur de farine. Lorsque Tera’h arrive, il voit le massacre et demande des explications ? Abraham explique qu’un homme pieux est venu faire une offrance... et les idoles se sont disputées l’offrande et la grande a gagné.  Tera’h n’y croit pas : à moi tu vas me dire cela ? Le midrash s’arrête là. Un commentateur a ajouté une très jolie chose et a mis dans la bouche d’Abraham parlant à son père : « fais entendre à tes oreilles ce que tu dis avec ta bouche ».

 

La signification de cet événement tel que le raconte le midrash c’est qu’effectivement, Tera’h était le grand prêtre de la civilisation de ce temps-là Tout se passe comme si une identité hébraïque clandestine travaillait dans la civilisation de ce temps-là. Ce n’est que plus tard que cette identité hébraïque va sortir de cette clandestinité, et que - plus ou moins ès-qualité parce qu’il y a eu énormément d’efforts à travers les civilisations où c’était quand même clandestin - cette identité hébraïque travaille et se relie à la civilisation du temps dans une formule qui éclatera au moment de la sortie d’Egypte, lorsque la destinée d’Israël sera formulée par Moïse à la sortie d’Egypte : mamlekhet kohanim ve goy qadosh – la lignée des prêtres de la civilisation du temps.

Mais à cette époque c’est vraiment récessif, clandestin, camouflé.

 

Que signifie un fabricant d’idole ?

Etre « fabricant d’idôles » cela signifie être celui qui fabrique les symboles concrêts qui représentent les idéaux proposés au peuple en question. Cela veut dire le grand-prêtre. Le grand-prêtre au sein d’une civilisation polythéiste ne peut qu’être fabricant d’idoles, d’idéaux, proposés à la croyance des croyants.

 

La mutation qui se produit au niveau d’Abraham va, nous dit le midrash, déclencher des persécutions contre la famille d’Abraham – c’est le thème important de la fournaise d’Our-Kasdim – et ce midrash nous situe cette famille avec Tera’h, comme étant très exactement dans la situation qu’a connu souvent, mais surtout malheureusement de notre temps de manière énorme, les peuples juifs avec les fours crématoires. Ce sont exactement les mêmes termes.

 

Seulement, cette identité hébraïque est camouflée et devient une identité d’exil qui s’appelle l’identité araméenne. Dans cette lignée des Hébreux rescapés, d’autres se sont perdues, une des lignées mène à Abraham. Et elle est connue en ce temps-là comme étant l’identité « Aram », mot hébreu qui veut dire Araméen.

 

Nous avons un enseignement du Talmud qui interprête le niveau Avram par l’expression Av Aram  père-principe de l’identité Aram. Ce n’est que lorsqu’il s’appellera Avraham, qu’un autre niveau d’identité apparaitra, celui que nous connaissons comme Abraham de l’Israël des Hébreux dévoilés, et sortis de la clandestinité.

 

Dans ce verset cité supra chapitre 14 verset 13, אַבְרָם הָעִבְרִי Avram ha ivri Abram l’hébreu, il y a une indication de la Torah qui est très importante et qui nous oblige à réviser ce cliché qui fait d’Abraham un mésopotamien converti au judaïsme. C’était un hébreu en exil dans la civilisation mésopotamienne. L’identité d’un hébreu en exil dans cette civilisation était l’identité araméenne. De la même manière que dans le temps contemporain, l’identité du peuple hébreu en exil dans la civilisation contemporaine a été l’identité juive. L’indice juif de l’hébreu de notre temps est analogue de l’indice araméen de l’hébreu dans la civilisation méopotamienne.

 

Un araméen, du point de vue de l’identité humaine au temps de la civilisation méopotamienne, indépendament de la langue, c’est exactement le Juif dans la civilisation romaine.

 

Dans le temps de cette civilisation de Babel d’où va sortir la famille d’Abraham, sous la direction d’Abraham, et sous l’initiative seconde de Tera’h son père d’ailleurs d’après le récit, cette identité de l’hébreu en exil c’est l’identité araméenne.

 

On retrouve la même tension, dans cette polarité d’identité à ces deux périodes différentes, mésopotamienne et romaine. Il y a une identité seconde qui sert à la fois de protection et de camouflage à l’identité hébraïque. C’est l’identité juive de notre temps et c’est l’identité araméenne en ce temps-là.

 

De toutes les façons, les identités juives que nous avons connues de notre temps, le yiddish, le judéo-arabe, le judéo-espagnol, le judéo-provençal, le judéo-portugais...etc. ces valeurs-là s’intégrent dans l’identité hébraïque à chaque moment du retour au pays. Il y a un privilége à l’identité araméenne parce qu’elle était beaucoup plus collective et universelle à tous les hébreux que ne l’ont été les identités juives des juiveries partielles. Mais pour quelqu’un qui est d’identité juive yiddish, c’est cela son araméen. A la limite c’est aussi qadosh, marqué de sainteté, que l’araméen par rapport à l’hébreu. De la même manière pour le judéo-arabe... etc. Ces langues juives étaient le véhicule d’expression d’une identité de l’exil.

 

Un hébreu de l’exil en Espagne était  judéo-espagnol.

Un hébreu de l’exil en Allemagne était  judéo-allemand.

Un hébreu de l’exil en Chaldée en ce temps-là était araméen.

 

Par conséquent, l’identification de l’identité d’Abraham en propres termes est mise au point : c’est un hébreu de l’exil qui revient chez lui et non pas un mésopotamien qui déciderait bizarrement de faire sa aliyah et de fonder l’état d’Israël de ce temps-là.

 

Avant même le temps où les Hébreux, ès-qualité et à visages découverts, sont censés jouer leur rôle au sein de la civilisation dominante du temps, le premier modèle sorti de la clandestinité c’est le peuple des Hébreux en Egypte qui en sort sous la direction de Moïse, c’est le 1er modèle sorti de la clandestinité, avant ce temps-là il y avait quelque chose d’analogue : c’est la même lignée avant la lettre, la lignée des Hébreux, qui joue ce rôle. Mais dans la clandestinité totale. 

 

Un araméen du temps de Our-Kasdim c’est analogue à un juif du temps de Rome.

 

Je vais vous expliquer pourquoi l’hébreu chez les Romains va s’appeller juif :

Nous le situons à la fin du 2ème temple après le schisme qui a eu lieu au temps du 1er temple entre les tribus du Nord d’Israël qui ont pris le nom d’Israël et les tribus du Sud qui ont pris le nom de Judah, après la destruction du royaume du Nord, puis du 1er royaume de Judah, les rescapés des Hébreux étaient les Judéens du deuxième royaume de Judah. Et le mot de Juif n’est pas autre chose que la traduction en français à travers le latin du mot de Judéen. Un juif est un Judéen, c’est-à-dire un hébreu parti en exil.  

 

Q : L’ordre de Lekh Lekha : L’exil en Chaldée est-il un exil spirituel ?

R : Non. C’est prendre le problème à l’envers. Exil c’est un terme géographique. Spirituel c’est déjà de la théologie et finalement cela mène à de la Jérusalem céleste.  C’est un exil tout court, cela veut dire que l’on n’est pas chez soi. Il y a une fonction dans cet exil. Et j’essaie de restituer le fait que l’identité hébraïque était vraiment en dimension de stratégie de survie, camoufflée derrière l’identité araméenne, compromis entre l’identité hébraïque et l’identité chaldéenne, de la même manière que l’identité juive de l’exil a toujours été un compromis entre l’identité hébraïque et celle des Goyim chez lesquels nous étions en exil. J’explique cela parce que tout cela est à redécouvrir : Quelle différence entre un Juif du Maroc et un Juif de Pologne ? Le Maroc et la Pologne ! Car juif c’est juif. Il n’a jamais existé - sauf cas très particulier des Hébreux chez les Juifs - de Juif tout court comme il a existé un hébreu tout court. Un juif a toujours été judéo-quelqu’un d’autre. L’araméen c’est en fait l’hébréo-chaldéen. C’est de cette gangue de son exil géographique, et donc de tous les paysages géographiques culturels y compris, qu’Abraham va sortir pour revenir au pays de ses ancêtres occupé alors par les Cananéens. Et la Torah tient à l’appeller « Abram l’hébreu » alors qu’il est encore dans sa gangue araméenne nommée Abram. Cela veut dire qu’il se connaissait comme « hébreu » à Our-Kasdim.

 

Nous avons été envahis par la lecture chrétienne en français, venue du latin et du grec sur ce thème comme beaucoup d’autres qui nous renvoie cette image fausse d’un cliché faux d’un mésopotamien (nous dirions aujourd’hui un irakien) devenu hébreu par hasard.

 

Fin de Parasha de Noa’h juste avant Lekh Lekha :

chapitre 11  verset 27

On a rappellé dans ce chapitre la lignée de Shem issue de Noa’h. La fin de la lignée de Shem qui mène à Abraham commence au verset 27 :

 

וְאֵלֶּה, תּוֹלְדֹת תֶּרַח--תֶּרַח הוֹלִיד אֶת-אַבְרָם, אֶת-נָחוֹר וְאֶת-הָרָן; וְהָרָן, הוֹלִיד אֶת-לוֹט.

Ve'eleh toldot Tera’h.

Et voici les engendrements de Tera’h

Tera’h holid et-Avram et-Na’hor ve'et Haran

Tera’h engendra Abram et Nahor et Haran

veHaran holid et-Lot

et Haran engendra Lot.

 

וַיָּמָת הָרָן, עַל-פְּנֵי תֶּרַח אָבִיו, בְּאֶרֶץ מוֹלַדְתּוֹ, בְּאוּר כַּשְׂדִּים

Vayamot Haran al-peney Tera’h aviv.

Et Haran mourut du vivant de son père Tera’h

be'erets moladeto beOur Qasdim

Dans le pays de sa naissance à OurQasdim.

 

וַיִּקַּח אַבְרָם וְנָחוֹר לָהֶם, נָשִׁים:  שֵׁם אֵשֶׁת-אַבְרָם, שָׂרָי, וְשֵׁם אֵשֶׁת-נָחוֹר מִלְכָּה, בַּת-הָרָן אֲבִי-מִלְכָּה וַאֲבִי יִסְכָּה.

Vayikah Avram veNa’hor lahem nashim

Et Avram et Na’hor prirent des femmes pour eux

shem eshet-Avram Saray

le nom de la femme d’Avram est Saraï

veshem eshet-Na’hor Milkah

le nom de la femme de Na’hor est Milka

bat-Haran.

La fille de Haran (cela veut dire qu’il s’est marié à sa niéce)

avi-Milkah va'avi Yiskah

pére de Milka et père de Yiska.

 

De là on apprend que Sarah s’appelait aussi Yiska. C’est un autre sujet.

 

Verset 30 :

וַתְּהִי שָׂרַי, עֲקָרָה:  אֵין לָהּ, וָלָד

Vatehi Saray akarah eyn lah valad.

Et Sarah était ‘stérile’ et n’avait pas d’enfant.

 

Cela joue un rôle de grande importance dans le récit. Pourquoi les mères d’Israël étaient stériles et encore aujourd’hui, avant de pouvoir enfanter. Et si elles ont enfanté c’est qu’elles n’étaient pas stériles. Il faut donc traduire akarah différemment : "empêchée d’enfanter jusqu’au moment où elle enfante...""

 

וַיִּקַּח תֶּרַח אֶת-אַבְרָם בְּנוֹ, וְאֶת-לוֹט בֶּן-הָרָן בֶּן-בְּנוֹ, וְאֵת שָׂרַי כַּלָּתוֹ, אֵשֶׁת אַבְרָם בְּנוֹ

וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן

Vayikach Terach et-Avram beno

Et Tera’h prit Avram son fils

ve'et Lot ben-Haran ben-beno

Et Lot fils de Haran fils de son fils

 ve'et Saray kalato

Et Saraï sa brue

eshet Avram beno

femme d’Avram son fils

vayetse'ou itam meOur Kasdim

et ils sortirent avec lui d’OurQasdim

lalekhet artsah Kena'an

pour aller en direction de Canaan.

 

Ils n’ont encore reçu aucune révélation concernant le pays de Canaan.

 

וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם

vayavo'u ad-‘Haran vayeshvou sham.

Ils arrivèrent à ‘Haran et s’installèrent là.

 

Ensuite on nous dit combien de temps Tera’h a vécu.

Ce texte est avant Lekh Lekha. La question que tu poses s’est posée chez les commentateurs : l’ordre de Lekh Lekha pour aller on ne sait où est une phrase sybilline et ambigüe : « Pour aller vers la terre que je te montrerais... » mais on ne trouve pas le nom de Erets Kenaan.

 

Il y a discussion des Méfarshim pour savoir si « Lekh Lekha » a été dit à Avram à Our-Kasdim ou à ‘Haran ? Ce problème est très complexe chez les Méfarshim.

 

En fait, on apprend qu’il y a ici un récit récapitulé : Abraham est une première fois venu en Erets Kenaan avec toute sa famille et ensuite Tera’h a fait sa Yéridah, Abraham y compris, mais entre temps Abraham a eu une vision dans Erets Israël et ensuite Abram depuis ‘Haran est de nouveau revenu en Israël...

 

La discussion existe dans le Talmud et les Midrashim et entre temps il a eu la vision de Brit bein habetarim.

 

Mais considérant le texte en Pshat simple : il est clair que, le moment venu, pour les raisons indiquées brièvement précédemment, où cette famille doit s’enfuir de cette civilisation devenue concentrationnaire, elle sait où elle va car elle retourne chez elle.

 

וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן

 vayetse'ou itam meOur Kasdim

et ils sortirent avec lui d’Our-Kasdim

lalekhet artsah Kena'an

pour aller en direction de Erets Canaan...

 

Entretemps, ils se sont arrêtés en route, et là Dieu dit à Abraham « Lekh Lekha... Va quitte definitivement  les hésitations de Aliyah de ton père et fais ta Aliyah vers la terre que Je te montrerais... » sans préciser qu’il s’agit de Erets Kenaan. Or, c’est là-bas qu’Abraham va, c’est donc qu’il sait où il va !

 

Or, on apprend que plus tard à propos de l’histoire de Joseph, ce pays est appelé Erets Ha Ivrim le pays des Hébreux. Lorsque Joseph explique qui il est au Pharaon lorsqu’il est en Egypte, il dit comme quelque chose de connu qui va de soi dans la civilisation du temps : « j’ai été volé du pays des Hébreux ». Et Pharaon ne demande pas ce qu’est le pays des Hébreux ! Il sait ce que c’est.

La Torah précise d’Abraham qu’il est un hébreu !

Que fait un hébreu à Our-Kasdim ? Il est en exil de chez lui.

 

La parole, l’ordre de Dieu à Abraham, c’est la première chose que Dieu dit à Abraham dans le récit biblique et cela ne concerne pas un changement de spiritualité c’est l’inverse : il doit changer d’endroit géographique pour que sa spiritualité hébraïque se dévoile vraiment. Je paraphrase : « Abraham ! le moment est arrivé, va là-bas. Et si c’est là-bas que tu vas Je me montrerais à toi au pays que je t’indiquerais, cela veut dire en hébreu « au pays où Je me révélerais à toi... » Il n’y a pas du tout ici d’appel à changer de cathéchisme. Il y a un appel à un dépaysement dans le sens géographique strict.

 

Dans les parashiot précédentes cette réhébraïsation d’Abraham, le fait qu’Abraham se défasse de cette gangue araméenne, prend du temps. Jusqu’à ce qu’il arrive à se débarrasser de cette gangue, qui est un uniforme de stratégie de survie qui a fait corps avec sa peau : l’identité araméenne. Jusqu’à ce qu’il puisse être fécond dans le sens strict. A ce moment-là seulement il va s’appeller Abraham et il sera l’Abraham père d’Israël.

 

Entre temps, il a enfanté Ishmaël alors qu’il s’appellait encore Avram et nous aurons un problème avec ses descendants dans la rivalité d’identité.

 

Abraham est appelé « Abraham l’hébreu ». Donc il est appellé par sa nation d’origine et non par une nation à venir qu’il va fabriquer. C’est une nation qui existe déjà depuis le 1er homme mais qui est clandestine dans l’histoire. Et la Torah tient à nous le dire : les Hébreux. C’est une nation qui ressucite. Exactement comme l’identité israélienne contemporaine fait ressusciter l’identité hébraïque chez les Juifs revenus d’exil de chez tous les Goyim. Cela commence avec Abraham.

 

L’évidence à redécouvrir c’est que la nation des Hébreux existe dejà, depuis Ever. Elle se prépare depuis Shem, depuis Noa’h, et au-delà depuis la lignées des grands initiés entre la génération d’Adam et de Noa’h. Essentiellement ‘Hanokh, Enosh, Shet et Adam. Depuis Adam Harishone cela se prépare. Mais cela sort de la clandestinité de sa vie « embryonnaire » si j’ose dire, avec Abraham. Cela n’est pas facile. C’est un accouchement dans la douleur. Abraham est le point de départ d’une sortie au grand jour.  Mais cette nation existe déjà. Et la Torah en passant ne nous a parlé que de la famille des rescapés de la famille d’Abraham. Tous les autres hébreux se sont assimilés aux « Kasdiens ». Et cela a failli arrivé à Tera’h. Il jouait son rôle de juif clandestin.

 

Prenons l’exemple de l’époque de la civilisation contemporaine de la sortie des ghettos : l’émancipation. Enormément de Juifs assimilés ont bouleversé les coordonnées de la civilisation contemporaine, mais pas au titre de Juifs. C’était des hébreux assimilés. Ils ont joué leur rôle mais de façon caricaturale. Prenez toutes les grandes disciplines de la culture contemporaine, elles ont été bouleversées dans leurs objectifs, dans leurs objets et dans leurs méthodes par des Juifs sortis des ghettos émanant de l’émancipation d’Europe. Freud, Lévi-Strauss, Einstein, Cantor... etc. Toute la sociologie, la psychologie, la philosophie, la mathématique. Un bouleversement provenant des hébreux clandestins en tant que juifs assimilés chez les Romains qui, dès l’émancipation, jouent leur rôle de « mamlekhet kohanin ve goy kadosh » dans la caricature absolue.

 

Dans la civilisation de Mésopotamie, les Hébreux jouaient ce rôle-là comme ils vont le jouer en Egypte, en Perse, en Grêce, à Rome et jusqu’en France contemporaine... Qui sont les conseillers de Mitterrand ? [J’ai lu dans le journal que les Syriens ne veulent pas des Juifs de Mitterrand, et en particulier de Attali. On avait le mythe du juif errand et maintenant le juif du Mitterrand.] Ils jouent leur rôle, non pas ès-qualité, mais dans la caricature d’eux-même, c’est ce qui était arrivé aux Hébreux de Mésopotamie eux-mêmes, sauf pour une famille de rescapés.

 

Ces Mmdrashim racontant la sortie, le rescapage, le salut de la famille d’Abraham sortant de la fournaise d’Our-Kasdim, c’est le récit de la génération précédente contemporaine : les rescapés des camps nazis et des fours crématoires qui sont revenus chez eux. Ils savaient où ils allaient en rentrant chez eux !

  

L’idéologie sioniste politique pouvait hésiter : un pays pour les Juifs cela pourrait être l’Ouganda mais le sens viscéral des juifs sionistes eux-mêmes les a amené chez eux. Ils sont revenus chez eux.

C’est ce qui arrive à cette famille.

 

Q : Guer véToshav…

R : Ce n’est qu’à partir de Jacob devenu Israël qu’il y a l’identité Israël. A postériori de l’identité de Jacob devenu Israël, Isaac est d’Israël et Abraham aussi. Mais il y a un changement d’identité qui commence au niveau d’Abraham.

 

Q :

R : C’est pas lui c’est son ancêtre. La lignée des Hébreux qui ont été contraints pas les descendants de ‘Ham, conquérants du pays d’Israël qui était l’héritage de Shem. Ils ont été exilés dans cette civilisation qui est la civilisation du temps. Par exemple, c’est comme si vous demandez à un juif contemporain vivant à New York d’où vient son père. La réponse en fin de compte c’est l’exil, mais à travers toute une série de péripéties qui sont formellement analogiquement les mêmes en ce temps-là. Imaginez les descendants de ‘Ham occupant le pays et déportant les Hébreux du pays.

 

 

 

…/…

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Published by Rav Léon Ashkénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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