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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 19:09

Destin et destinée de l’homme d’après l’enseignement du Rav Ashlag 1 

 

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/cabale/destin_et_destinee_dans_la_pensee_du_rav_ashlag/cours_1

Face A - Durée : 44,4 minutes

 

L’essentiel de l’analyse devant porter sur la différence entre ces deux catégories destin-destinée. 

Je vous donnerais la raison du choix de l’enseignement du rav Ashlag à ce sujet.

 

Court rappel historique : naissance du Rav Ashlag en fin du 19ème siècle à Vasovie en Pologne dans un milieu de rabbins ‘hassidiques jusqu’à l’äge de 320 ans environ.  A la fin de la guerre de 14-18 il a assisté à des scènes de Pogroms en Varsovie et a décidé de quitter l’Europe pour Erets Israël et de commencer un enseignement public de la Kaballe. Il a été un des initiateurs des écoles contemporaines - voire le principal - grâce á ses ouvrages – écoles qui ont  décidé dans notre temps de trouver de formuler le langage apte à pouvoir communiquer au public sans distinction, ce qui jusque-là était réservé malgré tout à une tradition initiatique même dans les milieux de la ‘Hassidout où la Kaballah n’était pas enseignée dans sa source orriginelle – par exemple la Kaballah du Zohar ou de l’école de Sfat – mais où la ‘Hassidout en général donnait tout son enseignement de Torah dans toutes les disciplines selon l’esprit de la Kaballah. Et même dans les mileux des ‘Hassidim, l’enseignement de la Kaballah à proprement parler était réservé malgré tout à des cercles d’initiés.  

 

Il a donc quitter la Pologne immmédiatement aprés la 1ére guetrre mondiale pour s’installer à Jérusalem où il a entrepris la rédaction de deux ouvrages trés important :

ð   Talmud Esser Sefirot : l’enseignement des 10 Sefirot. Il s’agit essentiellement d’un commentaire à 2 niveaux différents Panim Meirot ve Panim Masbirot du grand livre Ets ‘Hayim du Ari. 

ð   Soulam -  Son commentaire du livre du Zohar. J’essaierais d’utiliser pour notre étude l’une des préfaces du livre d’introduction au Soulam.

 

Encore en Europe, il avait entendu parlé d’un grand commentaire du Zohar, le Or Yakar du Ramak, commentaire réédité en Israël, dont le seul manuscrit complet se trouvait à Orford. Il a eu toute une stratégie dans sa vie pour tenter d’arriver à Oxford, ne serait-ce que pour lire ce manuscrit.   

 

Il avait l’habitude de dire que tout l’enseignement de la Kaballah souffrait de cette éclipse de cet enseignement du Ramak, le Or Yakar sur le Sefer haZohar.

Nous trouvons d’ailleurs dans toute l’érudition de cette époque – les 400 dernières années, depuis Ramak jusqu’à nous – des allusions au fait qu’on connaissait l’existence de ce manuscrit et que le jour de son dévoilement serait très important pour la compréhension du Zohar.

Vers la fin de sa vie, il a eu la joie de lire ce commentaire, actuellement en cours de réimpression en 30 volumes.

 

Il a dit : entre temps j’avais moi-même décidé d’entreprende un commentaire pour  commencer à divulguer cet enseignement pour que le peuple juif, et à travers lui l’humanité, comprenne le sens de la destinée de l’histoire humaine d’après l’enseignement de la Kaballah ; et par conséquent, que l’humanité entière se relie au peuple juif dans le sens de cette cohérence globale de la destinée de l’histoire universelle parce que le fait que les grandes persécutions, les grands tourments ont commencé à être vécus par le peuple juif, était éclairé par l’enseignement de la Kaballah et en particulier par l’enseignement du Zohar comme étant un signe très important du temps où il devenait nécessaire de dévoiler ce que la tradition juive connait et comprend du sens de l’histoire.

 

Cette hostilité des nations par rapport à Israël, alors qu’Israël est censé être connu de toutes les nations comme porteur d’un certain message - hostilité qui a conduit à tous ces massacres et ces persécutions surtout depuis la fin du 19ème siècle - l’a fait réfléchir et l’a amené à adoucir le problème, le sort de cette réciprocité incompréhensible de la dialectique historique entre les nations et Israël qui a mené à une telle persécution de l’identité juive, raison pour laquelle il a pris cette décision.

 

Or, il avait l’habitude de dire qu’il était lui-même frappé de la convergence du contenu du Or Yakar du Ramak et du contenu de son propre enseignement.  

 

Mais je crois qu’il faut parler avec le Rav Ashlag d’une orignialité qui n’est pas bien entendue dans le contenu lui-même ni non plus dans l’agencement des différentes sources d’enseignements des textes kabalistes, c’est une originalité dans l’exposition.

 

Bien entendu, ses livres sont des livres à étudier, mais il a fait tout ce qu’il a pu pour faciliter l’étude directe. Essentiellement, en se tenant à deux consignes importantes :

 

ð   1- toujours se relier à ces textes dans la cohérence des postulats de l’enseignement traditionnel jusqu’à lui, jusqu’à nous. Il s’y est tenu de manière extraordinaire. Ne jamais mélanger la problématique philosophique avec la problématique traditionnelle. Bien entendu, lorsqu’on étudie les contenus de l’enseignement du rav Ashlag on s’aperçoit qu’il est au courant de la problématique philosophique, mais c’est peut-être un des rares ouvrages où l’on ne sent pas cette confusion parfois extrêmement nocive. L’attitude intellectuelle de la méthode philosophique et l’attitude intellectuelle de la méthode d’étude traditionnelle est quand même différente, d’essence, et pas seulement de style. Certains ont le privilège en Israël d’étudier ces textes avec le fils du rav Ashlag, et l’étude montre à chaque fois avec quelle minutie le Rav Ashlag père évitait systématiquement de mélanger les deux registres. Ce qui est frappant dans son oeuvre.

 

ð   Commencer cette étude une fois bien assurée les postulats traditionnels de la cohérence biblique. Nous le verrons pour notre étude dans l’articulation de la destinée de l’homme tant à l’échelle individuelle qu’à l’échelle collective de l’histoire de l’humanité avec pour médiation essentielle l’histoire du peuple Israël selon le Rav Ashlag. De s’en tenir comme préalable acquis définitivement aux postulats de tous les enseignements traditionnels jusque-là. Premiérement, il est bien clair lorsque nous parlerons de l’homme que nous parlons d’une créature qui a un Créateur, et que lorsque nous parlons du Créateur, il ne s’agit pas de l’idée de Dieu mais de quelqu’un dont on ne sait rien de l’essence essentielle mais dont on sait tout de ce qu’il a révélé. Et lorsque nous parlons de la Torah et des contenus de message de la Torah, prendre au sérieux comme postulat préalable le fait qu’il s’agit d’une Torah qui est révelée de l’extérieure de la conscience humaine. Prendre au sérieux les termes fondamentaux de l’enseignement des articles de foi traditionnels. Il y a là une précaution importante qui est nécessaire.

 

Je voudrais vous citer deux analyses pour cette première introduction de méthode qu’il avait l’habitude de donner à ses disciples et que nous avons reçu nous-mêmes de son fils.

 

1- ce texte qui traverse beaucoup de textes du Zohar et des textes postérieurs des kabalistes que l’oppression de l’exil – puisque cette situation difficile de l’existence juive dans l’histoire des nations qui mène à des tribulations qui parfois sont supportables mais parfois deviennent insupportables – et le Rav Ashlag fait partie de cette génération qui a diagnostiqué qu’on était entré dans le temps de ces tribulations insupportables- c’est après 1918 qu’il y a eu le nazisme mais déjà avant les grands Pogroms d’Europe – que tout ceci peut être « adouci » selon le langage du Zohar - « léamtik » -  par la prise de conscience de Pnimiout HaTorah, l’essence intérieure de ce que la Torah dévoile dans son message.

C’est un lien entre deux phénomènes qui apparemment pour nous dans notre pensée logique habituelle n’a pas de lien évident : le fait que si les Juifs souffrent de façon invraisemblable c’est parce qu’ils n’étudient pas la Kaballah. Je vous dis cela de façon presque limite. Et nous avons ces textes-là presqu’à chaque page, surtout dans les Tiqounei HaZohar. Si nous avons le temps je vous lirais la fin de cette introduction sur laquelle nous allons nous baser et où il le dit en clair. C’est quelque chose qui, vue de l’extérieur, nous apparait comme mystérieux mais dont il établit le raisonnement et l’articulation de la manière suivante : de la même manière qu’un homme est malheureux d’être homme s’il ne comprend le sens de sa destinée - cela l’angoisse et c’est donc le malheur d’être qui sont les pires des Yissourim – terme habituellement employé pour dire les souffrances insupportables – de la même manière qu’un homme se trouve dans les pires des Yissourim insupportables lorsqu’il ne comprend pas le sens de sa destinée, de la même manière le peuple juif se trouve dans les souffrances inssuportables lorsqu’il ne se préoccupe pas de Pnimiout HaTorah – le sens intérieur de ce que la Torah enseigne – pour faire comprendre précisément le sens de la destinée ; et que d’une certaine manière les Goyim ressentent cela confusément obscurément et font souffrir les Juifs parce que les Juifs ne leur donnent  pas ce dont l’homme avait besoin, cette Torah révélée, c’est-à-dire ce que la Torah avait à dire pour l’homme.

Il le dit en clair et on sent qu’il a vécu ce drame des Pogroms dans lesquels ces hommes porteurs de piété de douceur de sainteté... Beaucoup de Juifs ont compris que leur vie avait un destin, certains ont compris là qu’il y avait une destinée dans laquelle il y avait quelque chose à comprendre pour commencer à éclairer ce mystère sans signification de l’insupportable de la souffance. 

 

C’est à chaque grande période des tribulations et des souffrances qu’apparait un enseignement :

ð   La Torah après Yetsiat Mitsraïm.

ð   La Mishnah au temps de l’occupation romaine.

ð   le cas des Kabalistes le Zohar d’après l’inquisition.

ð   l’enseignement de cette époque qui relie les deux phénomènes.

Si nous subissons notre histoire comme un destin c’est parce que nous nous sommes privés de ce que nous devions savoir pour pouvoir réussir notre destinée, et que finalement nous en payions le prix. D’où ces grands textes, surtout des Tikounei HaZohar qui disent que la Guéoula viendra grâce à l’étude du Zohar – donc finalement grâce à l’étude de la Kaballah. Il ajoute en propres termes que les premiers stades de la délivrance sont l’arrêt des persécutions et que l’arrêt des persécutions surviennent quand les Goyim comprendront qu’Israël est vraiment Israël -  ce qu’ils ne peuvent comprendre que si Israël témoigne de ce dont l’humanité avait besoin pour que la Torah ait à être révélée. Et s’il n’y a qu’une Torah reliée aux conduites extérieures sans s’intéresser aux conduites de la vie intérieure alors l’essentiel manque.

 

C’est de cette expérience personnelle que le Rav Ashlag a surgi pour prendre cette décision qui lui a valu des persécutions personnelles dans les milieux juifs hostiles au dévoilement de l’enseignement de la Kaballah.

 

Je vous invite à avoir dans vos bibliothèques ces livres qui peuvent s’étudier directement sans trop de risque d’interprétation à travers le vocabulaire étranger aux préoccupations de la Kaballah elle-même, c’est-à-dire le vocabulaire de registres intellectuels qui n’admettent pas les postulats de la tradition : il y a un Créateur, il ne s’agit pas d’une idée explicative, il y a eu révélation, l’histoire d’Israël a un sens...  et nous retrouvons les grands articles de foi traditionnels jusque-là.

 

On ne peut pas espérer pénétrer dans ce monde si on ne pénétre pas dans ses propres postulats et sa propre cohérence.  

 

Il avait l’habitude de dire ceci : la grande différence qu’il y a eu dans notre histoire entre les Saduccéens et les Pharisiens résidait précisément sur ce point :

 

Il y a une différence de contenu dans la tradition pharisienne et d’autre part la doctrine saducéenne concernant la relation aux grands articles de foi traditionnels de la foi juive habituelle. Ce n’est pas notre sujet mais sachez que cette différence a existé et a été très importante. Il est vraisemblable de dire et de penser que bien que le mouvement saduccéen historique ait disparu historiquement les tendances qu’il exprimait sont des tendances permanentes de l’histoire juive et donc de la société juive.

 

On n’a pas à diagnostiquer qui seraient les Sadduccéns ou Pharisiens contemporains, ce n’est pas notre propos, mais cette distinction est conaturelle à la problématique juive. 

 

Il disait de la manière suivante en se basant sur une formule talmudique qui insite sur le fait que tous les matins on doit inclure dans la prière une Brakhot sur l’étude de la Torah – Laassoq béDivrei Torah - que nous disons tous les matins. C’est très différents dans la journée on va étudier et c’est une Mitsvah. Or, on ne fait pas une Mitsvah avant de faire une Brakhah qui sanctifie cette Mitsvah. C’est très différent disait-il une Torah sans Brakhah Te’hilah d’avec une Torah où il y a eu Brakhah Te’hilah. Mais du point de vue de la méthode, pourquoi ?

 

C’était l’habitude des Sadduccéens d’étudier la Torah sans dire préalablement de Brakhah.

Il y a deux attitudes possibles par rapport à un texte qui se présente lui-même comme étant la trace irréfutable d’une révélation antérieure.

 

Les textes que le peuple juif a entre les mains se présentent eux-mêmes comme la mise pas écrit d’une révélation qui a été donnée à un stade antérieure de notre histoire et qui est le stade hébraïque. Le peuple juif commence son histoire au moment de la fin historique de cette révélation. Et il dispose de la trace ou du résultat de ce qu’a été l’événement de la révélation antérieure.

 

Et par conséquent, pour les Juifs il y a 2 possibilités de relation dans l’attitude méthodologique à ces textes qui représentent la trace de cette révélation antérieure :

-Soit se relier à eux en admettant le postulat qu’il s’agit bien d’une révélation.

-Soit se relier à eux sans admettre ce postulat.

 

Il en concluait que le résultat de la lecture ne peut pas être le même s’il y a Brakhah Te’hilah ou non. Il avait l’habitude de le rattacher à la question Saduccéens-Pharisiens de la manière suivante :

D’après les quelques traces de controverses que nous avons en particulier du Talmud qui est celui des Pharisiens, soit à propos d’articles de foi dans le fameux 11ème chapitre du traité Sanhédrin Perek ‘Helek, soit à propos de discussions sur les Mitsvot concernant le calendrier, et en particulier la localisation de la date de Pessa’h dans le calendrier juif.

Le fait que des questions de fond ait été en question à propos du calendrier est important. La manière de comprendre le rythme et la signification des périodes de commémoration des événements de révelation implique toute une théologie. A la racine, ceux qui étudient ces problèmes le savent abondamment, les schismes commencent toujours par un problème de calendrier.

 

Il disait donc ceci : l’attitude des Saduccéens était d’étudier le texte, d’essayer de comprendre ce qu’il veut dire, et ils croyaient ce qu’ils en comprenaient. L’adhésion de foi au contenu intellectuelle est postérieure à la recherche intellectuelle. C’est là la méthode des Saduccéens.

Historiquement, une telle optique et une telle dimension était inévitable vu le fait que la société juive se développe après le temps hébraïque, c’est-à-dire après la révélation expérimentale avec la présence du prophète.

La relation au texte est l’étude du texte pour essayer de le comprendre. Et lorsque l’on a jugé l’avoir compris on adhère à ce que l’on a compris, on croit en ce qu’on a compris puisque le postulat de départ était que l’on étudie la Torah.

 

L’attitude des Pharisiens était inverse : l’adhésion de foi était donnée à priori. Le fait d’abord de croire que ce que le texte dit est vrai et ensuite d’essayer de comprendre ce en quoi on croit.

 

Ce sont deux attitudes très différentes et qui bien évidemment mènent à des résultats très différents.

 

Définition de la Brakhah Te’hilah : Par définition, on croit que ce que le texte dit est vrai, et puis il faut étudier pour essayer de comprendre ce en quoi on croit. Il y a une attitude par rapport à la même entreprise extrêmement différente qui ne pouvait pas finir sans véhiculer deux doctrines radicalement différentes.

 

Il avait aussi l’habitude de dire que ce n’était pas par hasard que tous les textes des grands « mystiques » juifs rattachaient précisément le pressentiment de la Guéoula à l’étude du Zohar. En particularisant ce devoir du peuple juif d’étudier la Torah, parce que non seulement il y a un devoir pour lui-même d’étudier la Torah, mais aussi parce qu’il y a l’objectif de faire que ce contenu de Torah soit disponible le jour où Israël a à être interpellé par l’humanité sur son identité d’Israël à travers toute son histoire. Il faut lui donner une carte d’identité pour que l’humanité se relie à notre identité à travers elle. L’antisémitisme pourrait être ramené à un phénomène de xénophobie disons limite, paroxysmique, si nous n’étions pas dans le système d’une cohérence monothéïste absolue.

 

A l’intérieur d’un monde tel que la Torah en parle, créé par un même Dieu, et où toutes les nations font finalement partie de la même humanité à partir du 1er homme créé par le même Dieu, l’antisémtisme fait problème. Si nous étions dans un système dualiste ou athée, le fait d’un peuple plus persécuté que d’autres à travers toute l’histoire pourrait être finalement ramené à des explications de tout ordre, sociologique, historique, psychologique… etc.   Et cela ne ferait pas problème, mystère. Mais à l’intérieur d’un monde perçu comme étant l’histoire d’un monde créé par un Créateur unique, Celui-là même qui se révèle à Israël pour indiquer une centralité d’identité déjà à travers le récit historique et surtout à travers la loi qui fait que la Torah comme loi s’adresse à Israël seulement, l’antisémitisme insupportable des Yissourim sans explications fait problème et fait mystère.

Il avait l’habitude de citer un texte de la Guémara dont je vous donnerais immédiatement la référence, pour dire ceci : bien sûr que le peuple juif étudie la Torah, mais voilá il n’étudie pas la Kaballah ! Or, comment étudier la Kaballah ? Peut-être que la transmission des contenus de la Kaballah s’est arrêtée quelque part ? Et peut-être que cette sagesse s’est oubliée ? Il faut donc répondre à cette objection. Parce que s’il en était ainsi il y aurait une désespérance définitive. Le sort d’Israël est lié au fait qu’Israël ait sa présence d’esprit et donc à sa possession du sens intérieur de la Torah, et non pas seulement le sens extérieur qui finalement est de type saduccéen.

Il avait donc l’habitude de dire que lorsque nous disons qu’Israël doit étudier la Torah cela veut dire qu’il doit étudier la Kabalah, mais comment ?

 

C’est pourquoi il a considéré de son devoir de s’exposer. Et il s’est exposé ! L’histoire des relations entre le monde juif et le Rav Ashlag fera un jour l’objet d’un livre pour écrire cela au moins une fois. On comprendra à quel point cet homme a été courageux et grand de prendre cette initiative.

Seuls de rares Yé’hidim dans notre temps ont eu le courage d’entreprendre cette reformulation.

 

Avant de citer le texte, un enseignement du Rav Kook qui est convergent : dans la Tefilah de tous les jours : « Hashivénou Létoratekha : Ramène-nous à Ta Torah » une des premières Brakhot du Shmoneh Esreh. Qu’est-ce que cela signifie ? N’avons-nous pas la Torah entre les mains ? 

C’est donc une différence, disait le Rav Kook, entre Toraténou et Toratékha.

« Ramène-nous à Ta Torah ! Ta Torah comme Tu l’as donné ».

Nous n’avons entre les mains que notre Torah…

Dans le sens de cet enseignement du Rav Ashlag nous verrons de quelle tension il s’agit. Nous avons la Torah mais il lui manque quelque chose comme Gouf Bli Neshamah. Il manque la Pnimiout.

 

Massekhet Shabat 138b.

C’est une discussion au moment des grandes persécutions du temps romain entre les sages d’Israël et Rabbi Shimon Bar Yo’hai en particulier.

 

On nous a enseigné lorsque nos maitres se sont réunis dans une ville à Yavneh ( la seule école qui avait pu être obtenue au moment de la grande catastrophe nationale du temps de Romains), les ‘Hakhamim se sont réunis sentant quelque chose d’énorme qui allait se passer : la Torah est destinée à s’oublier. Comme il est dit : on cite un verset des prophète qui semble dire cela très exactement…

Mais voilà qu’à la fin de la discussion, se lève Rabbi Shimon Bar Yo’hai qui dit :

Tanya Rabbi Shimon Ben Yo’hai Omer ‘Has veShalom

Dieu préserve que la Torah s’oublie d’Israël !

« Comme il est dit Dévarim 31:21 :

כִּי לֹא תִשָּׁכַח מִפִּי זַרְעוֹ

Ki lo Tishaka’h Mipih Zarô

« car elle ne sera pas oubliée de la bouche de sa descendance ».

 

Je ne me souviens plus si c’est le Rav Ashlag ou un autre de mes maitre qui a cité le Rav Na’hman de Braslav qui a donné l’explication suivante :

Ki lo Tishaka’h Mipih Zarô

« car elle ne sera pas oubliée de la bouche de sa descendance ».

De quelle descendance ? Mipih Zarô Shel Yo’hai ! De la descendance de Yo’haï !

כִּי לֹא תִשָּׁכַח מִפִּי זַרְעוֹ

Safei Tévot = Yo’haï

Ce n’est pas tellement la correspondance des lettres que ce qu’en dit Rav Na’hman de Braslav dans la lignée du Baal Shem Tov source de toute la ‘Hassidout, se reliant lui-même au Ari se  se reliant lui-même à Rabbi Shimon Bar Yo’hai.

C’est le fait que ce soit le Rav Na’hman de Braslav qui le dise ! Ce qu’il diagnostique c’est que finalement la Torah ne s’oubliera pas d’Israël, mais dans la descendance de Bar Yo’haï. C’est-à-dire dans les écoles qui se rattachent à l’enseignement de Bar Yo’haï.

 

S’appuyant sur cette indication, alors le Rav Ashlag a donc entrepris toute son œuvre.

 

Dans cette préface dont le titre est tout simplement « Hakdamah Préface » que vous trouverez à la page 21 du 1er livre du Soulam, voici comment le Rav pose la question de la destinée humaine pour introduire son 1er exposé schématique introductif de l’enseignement de la Kaballah à ce sujet.

Au fond, nous pourrions formuler cela de a manière suivante : nous prenons conscience de notre existence comme d’un destin. Un destin cela veut dire quelque chose qui nous est imposée, et plus encore quelque chose qui nous est imposée et que nous n’arrivons pas à comprendre. Et il nous faut, ce sera le propos de la philosophie, de nous interroger nous-même sur la signification de ce destin et de tenter de donner nous-même une réponse à cette question. C’est là l’univers de la philosophie.

La conscience du philosophe prend conscience de la mise en question de l’existence de l’homme. L’existence de l’homme fait mystère, fait problème. Surtout son histoire. Et le projet de la pensée philosophique est de s’interroger sur ce destin mais le philosophe sait très bien que c’est lui-même qui répond à sa question.

 

Mais d’autre part, nous dit le Rav Ashlag, nous sommes censés avoir une réponse à cette question qui ne vient pas de la problématique philosophique, et précisément cette caractéristique c’est de nous expliquer qu’il ne s’agit pas d’un destin mais d’une destinée.

Une tension de catégories apparait là : que faut-il savoir pour transformer l’impression de destin en une certitude de destinée ? Et quelle est la différence ?

La différence c’est que dans le destin toutes les péripéties de l’existence sont imposées par fatalité. Tandis que dans la catégorie de destinée, c’est l’objectif et l’aboutissement qui est imposée, et donc le fait qu’il y ait un point de départ pour arriver à cet aboutissement. Mais la manière dont se développe le cheminement du point de départ à l’aboutissement, cela reste libre.

Dans destinée il y a finalité, alors que dans destin il y a fatalité.

 

Le mot de destin se traduit en hébreu par le mot de Goral – le sort. Chacun a son sort inscrit, son destin imposé. Tous les grands théologiens se sont penchés sur ce problème. Mais nous verrosn l’enseignement du Rav Ashlag à ce sujet, dans une problématique analogue. Le destin c’est le Goral. Mais la destinée implique qu’il y a ait un certain projet qui nous est imposé. Le projet vient du Créateur et nous est imposé. Il y a donc une part de transcendance qui nous accompagne à chacun de nos pas. Mais le cheminement lui-même est libre. Par conséquent, la possibilité de la connaissance de ce projet, de ce but à atteindre, de cette finalité, et la possibilité de l’adhésion ou non à ce projet, et donc la possibilité de la conscience heureuse.

 

La conscience qui subit un destin ne peut être qu’une conscience malheureuse. Les Yissourim.

Alors que la conscience qui adhère à une destinée (en hébreu le terme de Takhlit : objectif, en hébreu plus précis Ya’ad un projet) et à un projet dans le fait même de cette adhésion ne peut être qu’heureuse. 

 

Le Rav Ashlag commence en 5 points par nous faire comprendre la problématique du destin.

Il nous décrit la conscience de soi comme être en destin. Quelque chose nous est imposé sans aucune liberté. Les 5 perplexités de la conscience de l’homme prenant conscience de lui dans la catégorie du destin :

 

Premièrement c’est la question qui sommes-nous ? Quel est notre essence (mahout) ? Quelle est l’étoffe de notre être ? De quoi sommes-nous faits ? Lorsque l’intelligence qui est la nôtre réfléchit sur tout existant elle n’a que des problèmes pratiques pour faire la sciences des existants. Parce que finalement quelque soit la complexité des existants que  ce soit un phénomène, un fait ou un être vivant, tout se ramène en fin de compte à un principe cohérent. Mais notre étoffe implique des antinomies, des contradictions – c’est moi qui emploie le vocabuaire philosophique – qui font de cette question « Qui sommes nous ? » un mystère.

 

Je veux dire qu’il y a vraiment un problème de l’identité de l’homme alors qu’il n’y a pas de problème de l’identité de quelque existant que ce soit. L’existant est et se borne à être, et il est, comme dirait déjà Aristoste, parfait dans sa manière d’être. Un lion est parfaitement un lion qu’il le veuille ou pas. Un homme n’est jamais parfaitement un homme.

 

2ème perplexité :

Qu’avons-nous à faire, quel est notre Tafkit, fonction dans la chaine des révélations ?

Ici, voici comment le rav Ashlag pose la question :

 

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans KABALAH
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