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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 11:40

Shemot (1971) – 2ème Partie.

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/chemot_serie_1971/cours_1

Face B


…/…

C’est donc une manière de leur faire comprendre que le temps présent n’est pas le temps de la fin des temps.

 

Il y a plusieurs hypothèses possibles dans les textes que nous étudions à ce sujet. C’est soit l’expression de « Dieu d’Israël » – soit l’expression « Dieu de David ». Je vous ai signalé précédemment l’hypothèse possible « Dieu de Moïse ».

 

Nous ne trouvons jamais dans la liturgie des expressions de ce genre « Dieu d’Israël », « Dieu de David ».  Sauf dans des contextes qui ne sont pas des phrases d’invocation. Sauf dans des contextes explicatifs où nous disons que le Dieu que nous reconnaissons est le Dieu d’Israël. Mais cette formule ette invocation Celui qui est Dieu en tant que Dieu d’Israël n’est pas encore réalisée.

 

L’enseignement est donné dans la Guémara à propos de David. On nous dit ceci : David a demandé un jour à Dieu pourquoi dit-on « Dieu d’Abraham, Dieu de Isaac et Dieu de Jacob » et pas « Dieu de David » ? Dieu a répondu : Je les ai éprouvés et ils ont surmonté leurs épreuves ? Veux-tu que Je t’éprouve ? David : d’accord ! Dieu a éprouvé David qui n’a pas surmonté l’épreuve.

 

La Guémara nous donne cet enseignement pour bien nous faire comprendre pourquoi on dit de Dieu sous son invocation de souveraineté « Dieu d’Abraham, Dieu de Isaac, et Dieu de Jacob »,  parce qu’ils ont réussi en tant que Abraham, en tant que Isaac, et en tant que Jacob.

Bien sûr David lui-même reconnait le Dieu d’Israël comme son Dieu et par conséquent le Dieu d’Israël es tle Dieu de David. Mais je veux dire que cette expression « Dieu de David » n’est pas entrée dans les formules de l’invocation de ce qui est dit par rapport à ce qui est écrit. « Adonaï » c’est le mot qui renvoie à « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob ». A chaque génération, c’est le « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, et Dieu de Jacob » 

 

D’autre part, nous avons dans les règles de la Tefilah, le fait qu’il y a 18 bénédictions dans le Shmoné Essré, parce qu’il y a 18 fois dans la Torah l’expression « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob ».

 

Donc le passage cité de la Guémara citée au sujet de David signifie que le temps de l’histoire d’Israël n’est pas encore réalisé du point de vue de l’épreuve dont on a parlé précédemment, de façon telle que Dieu puisse être nommé, du point de vue de l’invocation liturgique, comme « Dieu d’Israël ».

 

En d’autres termes, la Torah n’est pas encore réalisée dans l’histoire humaine de manière telle que Dieu peut être nommé « Dieu de Moïse ». C’est en cours d’histoire, c’est en cours de tentative, mais ce n’est pas encore réalisé comme Abraham, Isaac et Jacob ont eux déjà réalisé eux l’épreuve dont ils avaient à rendre compte.

 

Dit d’une autre manière, les valeurs qu’Abraham, Isaac et Jacob avaient à réaliser sont déjà réalisées, alors on peut dire déjà « Dieu d’Abraham, Dieu de Isaac, et Dieu de Jacob ».

Mais tant que la valeur ultime qu’il y a à réaliser, où nous aurions cette expression « Dieu de Moïse », « Dieu de David » « Dieu d’Israël », n’est pas encore réalisée, alors la mention que l’on doit faire de Dieu c’est cette catégorie de la souveraineté, c’est-à-dire le mot de « Adonaï ».

 

***

 

Q: (?)

R: Le peuple d’Israël a déjà réussi en tant que Jacob mais pas en tant qu’Israël. Alors je pense que c’est peut-être le temps. Il est possible que cela va arriver.

 

Q : (?)

R : C’est exactement cela. Ce que les Hébreux attendent ils ont raison de l’attendre, mais il faut qu’ils comprennent que ce n’est pas encore possible. Le fait que les Hébreux attendent ce Shem nouveau, c’est légitime. Seulement, il faut le cacher, et il faut encore se renvoyer au nom de l’essence – c’est-à-dire le nom caché - parce que ce n’est pas encore le temps, et la mention, l’invocation, qui sera faite dans toutes les générations jusqu’à la fin des temps sera encore celle de Dieu d’Abraham, Dieu de Isaac et Dieu de Jacob. C’est légitime mais ce n’est pas le temps. C’est empêché parce que ce n’est pas possible encore.

 

D’autres exemples classiques avec des risques d’inversion du point de vue du jugement de valeur:

 

« Tu es poussière et c’est à la poussière que tu retourneras ». Il ne faut pas se frotter les mains, il ne faut pas croire que c’est comme ça que cela doit être ! L’accentuation (dans le texte biblique) signifie: dommage ! Et c’est encore comme ça : L’homme est pris de la poussière pour qu’il devienne lumière, et il retourne à la poussière !

 

Dieu à Moïse : KiTissa 33:20

וַיֹּאמֶר, לֹא תוּכַל לִרְאֹת אֶת-פָּנָי:  כִּי לֹא-יִרְאַנִי הָאָדָם, וָחָי

ki lo-yir'ani ha'adam va’hay.

Car l’homme ne peut pas me voir et vivre  

 

Il ne faut pas non plus se frotter les mains, tant mieux c’est comme ça...

L’accent dit : dommage ! Vous n’en n’êtes pas encore capables...

Cela veut dire que c’est une Madréga.

 

Je cite ces exemples pour faire comprendre qu’il y a ainsi un certain nombre de thèmes, qui sont exacts dans leurs contenus mais qui risquent d’être inversés du point de vue du jugement de valeur.

 

En fait, cela signifie que Moïse n’est pas habilité à donner le nom de Dieu du point de vue de ce qui se prononce, au niveau où cela a été possible pour Abraham, Isaac et Jacob. C'est-à-dire ces expressions que je vous cite parce qu’elles existent dans les textes : Dieu de Moïse, Dieu de David, et Dieu d’Israël. Je veux dire que nous sommes capables d’être le peuple d’Abraham et dire de notre Dieu qu’il est le Dieu d’Abraham, le peuple d’Isaac et de dire…etc. Nous n’en sommes pas encore capable pour Moïse, pour David et pour Israël, et pour ce que signifie le nom en définitive pour Israël.

 

Q:

R: On a le droit de dire « Dieu d’Isaac » qu’après lui. Isaac lui n’a jamais dit « Dieu d’Isaac », il a dit « Dieu d’Abraham ». Je vous donne la source.

 

Bereshit :

C’est une révélation de Dieu à Jacob et où Dieu dit à Jacob [Gn. 28.13]:

אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אָבִיךָ, וֵאלֹהֵי יִצְחָק

« Je suis le Dieu d’Abraham ton père, et le Dieu d’Isaac... ». Or, Isaac est encore vivant.

Rashi :

וֵאלֹהֵי יִצְחָק

אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא מָצִינוּ בַּמִּקְרָא שֶׁיִּחֵד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שְׁמוֹ עַל הַצַּדִּיקִים בְּחַיֵּיהֶם לִכְתּוֹב אֱלֹהֵי פְּלוֹנִי מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר הֵן בִּקְדוֹשָׁיו לֹא יַאֲמִין כָּאן יִחֵד שְׁמוֹ עַל יִצְחָק לְפִי שֶׁכָּהוּ עֵינָיו וְכָלוּא בַּבַּיִת וַהֲרֵי הוּא כַּמֵּת וְיֵצֶר הָרַע פָּסַק מִמֶּנּוּ

(תַּנְחוּמָא)

Et Eloqim de Yits‘haq 

Il est vrai que, nulle part dans le texte, le Saint béni soit-Il n’a associé de leur vivant Son nom à celui des justes, en écrivant « Eloqim d’un tel », car il est écrit : « même en Ses saints Il n’a pas confiance » (Iyov 15, 15). Ici, cependant, Il a uni Son nom à celui de Yits‘haq, parce que sa vue s’était assombrie et qu’il était obligé de rester chez lui. Il était donc comme mort, et son penchant au mal l’avait quitté, [de sorte qu’il était devenu hors d’état de pécher] (Midrach tan‘houma guemara).

 

Où est la question ? On ne permet pas de définir son nom par quelqu’un qui est encore vivant parce que tant qu’il est vivant, il risque encore d’échouer. Objection : Isaac est toujours vivant ? Réponse : Isaac n’avait plus de Yetser Hara, il était tellement vieux, d’ailleurs aveugle de vieillesse, qu’il n’avait plus de mauvais penchant, et donc il était considéré comme mort. [Vous voyez la définition d’un vivant !] Il n’y avait plus aucun risque qu’Isaac fasse de faute puisqu’il n’avait plus aucune envie. Isaac était aveugle de vieillesse. A cette époque là il dit à Jacob (c’est dans le contexte de la bénédiction des enfants d’Isaac) [Gn. 27.1]:

 

וַיְהִי כִּי-זָקֵן יִצְחָק, וַתִּכְהֶיןָ עֵינָיו מֵרְאֹת

Il arriva, comme Isaac était devenu vieux, que sa vue s'obscurcit…

 

Les yeux d’Isaac ne pouvaient plus voir à cause de la vieillesse et Isaac convoque ses enfants pour le bénir et leur dit : je ne sais quel jour je vais mourir.

 

וַיֹּאמֶר, הִנֵּה-נָא זָקַנְתִּי; לֹא יָדַעְתִּי, יוֹם מוֹתִי

Isaac reprit "Vois, je suis devenu vieux, je ne connais point l'heure de ma mort.

 

Il y a d’ailleurs un Midrash qui dit:

Parce qu’il est arrivé à un stade où il ne peut pas dire dans quelle année, mois ou semaine, mais il ne compte plus qu’en jours. Il est à la fin de sa vie alors il est considéré comme étant hors de ce danger d’avoir à faire des fautes et déjà on peut parler du « Dieu d’Isaac ».

 

Plus tard, un grand maître de la Kaballah sera Rabbi Itzhak Saggi Nahor (hébreu: יצחק סגי נהור

Isaac Plein de lumière) (1160 - 1235, Posquières) de Gérone (Catalogne) – c’était Isaac l’aveugle.

 

…/…

Suite du cours.

 

Vu dans l’étude précédente avec Rashi sur le verset 15 dans sa dernière partie sur la différence de sesn qu’il y a en hébreu entre le mot Shem qui signifie le nom et le mot Zekher qui signifie la maniére dont on l’invoque.

 

Verset 15.

וַיֹּאמֶר עוֹד אֱלֹהִים אֶל-מֹשֶׁה, כֹּה-תֹאמַר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבֹתֵיכֶם אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אֱלֹהֵי יִצְחָק וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב, שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם; זֶה-שְּׁמִי לְעֹלָם, וְזֶה זִכְרִי לְדֹר דֹּר

 

Vayomer od Elohim el-Moshe

« Dieu dit encore à Moïse

koh tomar el-beney Yisra'el

Ainsi tu diras aux enfants d’Israël,

Adonaï

Le Seigneur

C’est écrit Youd Hé Vav Hé sous la forme du nom que l’on ne prononce pas

Elohey avoteykhem

Dieu de vos pères

Elohey Avraham Elohey Yitschak ve'Elohey Ya'akov

Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, et Dieu de Jacob

Shla’hani aleykhem

M’a envoyé vers vous,

zeh-shemi le'olam.

Ceci (Adonaï) est Mon Nom à jamais,

vezeh zichri ledor dor

Et ceci est Mon invocation (c’est-à-dire la manière dont on m’invoque, dont on parle de Moi, c’est-à-dire Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, et Dieu de Jacob) dans tous les âges. » 

 

zeh-shemi le'olam.

Ceci (Adonaï) est Mon Nom pour l’éternité,

vezeh zikhri ledor dor

Et ceci est mon invocation de génération en génération

 

 

Etude de la différence de sens entre le mot Shem – le nom - et Zekher -  la manière dont on l’invoque.

 

Dans les versets 13 et 14, il y a une discussion entre Moïse et Dieu. Moïse est chargé de faire sortir

Israël d’Egypte au temps de la sortie d’Egypte, et il demande quel est le Nom de Dieu au nom duquel il vient et par lequel il doit Le désigner pour délivrer Israël.

Nous avons vu en détail les raisons de cette contestation possible entre l’Israël de ce temps et Moïse qui est chargé de les délivrer. Il est apparu un premier nom, le nom hébreu de Ehyeh qui signifie « Je serais ».

 

Ensuite, au verset 15, Dieu donne à Moïse le Nom qu’il a révélé aux Patriarches et que par conséquent toute la descendance des Patriarches connait déjà depuis Abraham, Isaac et Jacob, qui sont les trois 1ères générations, et Moïse arrive à la 6 ème génération. Donc depuis Abraham jusqu’à Moïse, la tradition du Nom connu par les patriarches était restée : c’était l’expression « ADONAÏ, Dieu de vos pères Dieu d’Abraham, Dieu de Isaac, et Dieu de Jacob m‘a envoyé vers vous ».

 

La fin du verset 15 : « Tel est Mon Nom à jamais », c’est le mot que nous lisons « ADONAÏ ».

« Telle sera la manière dont on m’invoque, la manière dont on fait allusion à Moi, de génération en génération ».

 

A ce propos, nous avons déjà étudié la semaine dernière l’enseignement de Rashi disant qu’il y a une différence dans la manière dont le Nom de Dieu est écrit dans le texte de la Torah et dans la manière dont on le prononce. Jusqu’à présent nous l’avons prononcé ADONAÏ mais le Nom de Dieu est écrit différemment.  

 

Nous allons reprendre tout cela et je vous ajouterai un enseignement plus général de telle sorte de comprendre l’intention du commentaire de Rashi.

 

Shem :

 

Nous avons le 1er mot qui est le mot de Shem qui en hébreu veut dire le « nom ». C’est le mot qui signifie en français le nom de quelqu’un. Et lorsque Dieu charge Moïse de délivrer Israël d’Egypte, nous savons déjà que ce n’est pas exactement le temps, c’est anticipé. Moïse craint que les Hébreux viennent lui demander au nom de qui il vient annoncer que le temps est arrivé quand même. Alors il demande un nom. Le nom c’est le mot par lequel on désigne la manière dont on connait quelqu’un.

 

Nous ne pouvons pas connaître, nous qui sommes dans le monde, l’essence de Dieu. Mais nous pouvons connaître la manière dont il se révèle, la manière dont il se relie au monde, ce que la Torah appelle le Nom de Dieu. Il y a Dieu et Son Nom. Il y a plus en Lui que dans Son Nom. Dans les expressions traditionnelles, la différence se retrouve entre « Baroukh Hou » et « Baroukh Shemo ».

Baroukh Hou signifie que « Lui est béni ».

Baroukh Shemo, signifie que « son Nom est béni ».

Donc, il y a une différence entre Hou et Shemo, c’est-à-dire entre Lui et Son Nom.

En d’autres termes, Lui est beaucoup plus que Son Nom. Son Nom c’est la manière dont il se révèle pour moi, mais ce qu’Il est en Lui-même, c’est beaucoup plus.

 

Le Nom désigne l’être mais uniquement la manière dont l’être se révèle, et non pas la manière dont l’être est en lui-même. On ne peut pas connaître Dieu Lui-même, on ne peut connaître que Son Nom. Cela signifie la manière dont Il se révèle.

 

Si quelqu’un s’appelle Its’haq, on a beau savoir qu’il se nomme Isaac on ne saura pas qui il est sans jamais l’avoir rencontrer. Toutes proportions gardées c’est á peu prés la même chose.

Ce que Dieu est en Lui-même nous ne pouvons pas le connaître mais nous pouvons connaître la manière dont il se révèle. Ce que la Torah, l’hébreu de la Bible, appelle le Nom de Dieu.

 

Zekher :

 

Dans la derrière partie du verset 15 :

Tel est mon nom – Shem - à jamais

Telle sera mon invocation - Zekher- dans tous les âges

 

Zekher signifie en français « souvenir » mais sa signification hébraïque c’est la manière dont on mentionne quelqu’un ou quelque chose. Le fait de mentionner quelque chose ou de faire allusion à... Zekher lédavar Ceci fait penser à cela, ceci fait qu’on se souvient de cela… Ce n’est pas le nom lui-même mais c’est une allusion. Dans Zekher il y a encore moins que dans Shem.

 

Shem veut dire le nom  tel qu’on le reçoit de la révélation par Dieu Lui-même.

Zekher c’est le mot par lequel on fait allusion au Shem, c’est-à-dire au Nom.

Ceci renvoie à cela, ceci pour se souvenir de cela, ceci c’est la mention de cela...

 

Le verset dit le nom que nous ne lisons par « Adonaï, Dieu de vos Pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob » et le verset dit à la fois « tel est Mon Nom de façon permanente, tout le temps que dure le monde Léolam – à jamais – et tel est aussi la manière dont on y fait allusion en chaque génération.» 

 

Or, il est écrit dans la Torah Youd-Hé-Vav-Hé et on le lit ADONAÏ.

Et on met à ce nom-là les voyelles du nom ADONAÏ.

Donc, il est écrit comme cela Youd-Hé-Vav-Hé et on le lit ADONAÏ.

 

Nous savons déjà pourquoi : ce nom qui représente la révélation de Dieu pour les mondes c’est le fait de se référer à l’être de Dieu. Mais on n’a pas le droit d’invoquer l’être de Dieu en dehors de ce que signifie le nom ADONAÏ – qui signifie Mon Souverain – Mon Seigneur – c’est-à-dire en dehors de la catégorie de la Souveraineté. Je n’ai pas le droit de faire allusion à Dieu sinon en disant qu’il est Mon Maitre, Mon Seigneur, Mon Dieu, Mon Souverain. Sinon il y aurait une contradiction dans l’évocation et l’invocation elle-même.

 

Reprenons notre cerset tel qu’en parlait Rashi :

Zeh Shemi Léolam : ceci est mon nom pour toujours (YHWH)

Zeh zikhri ledor dor : et ceci sera la manière dont on fait allusion à Moi à chaque génération (ADONAÎ)

 

Il a divisé la difficulté en deux, en nous montrant que c’est bien ainsi que c’est réalisé du point de vue de la liturgie elle-même : pour parler de Celui qui est Dieu avec Son Nom, on en parle de la manière dont on l’invoque c’est-à-dire par Sa Souveraineté.

 

Lorsque nous disons « Mon Dieu » en réalité nous voulons dire ADONAÏ – cela veut dire Mon Souverain – et nous disons très exactement « Celui que je reconnais comme Souverain », moi l’homme et Lui le Créateur...

 

Mais parler de Lui de façon directe nous n’en avons le droit que en  tant que nous disons en même temps que nous le reconnaissons comme Souverain. Sinon il y a une contradiction dans les termes. Sinon, cela voudrait dire que je parle de Dieu sans que je le reconnaisse comme Dieu. Sinon, il y aurait une contradiction dans la définition même. Cela veut dire : je dirais Dieu sans le reconnaître comme Dieu. Pour dire Dieu en le reconnaissant comme Dieu, il faut dire ADONAÏ.

 

Rashi :

Rashi nous avait montré que dans le verset de la Torah, le mot Léolam à jamais – tout le temps que dure le monde - (non pas l’éternité qui est un autre concept) – ce mot est écrit ’Hasser sans Vav.

Nous savons aussi que le mot de Adonaï est écrit sans Vav.

Rashi lit non pas « Léolam » mais « Léalem – pour le cacher ».

C’est à dire « Ceci est Mon Nom pour le cacher ».

 

Comment le cacher ?

 

Rashi a dit : il est écrit d’une certaine manière mais nous le prononçons d’une autre manière. Et la manière dont nous le prononçons cache la manière dont il est écrit. Le cache à la manière dont le temps enveloppe la présence de Dieu.

C’est la règle suivante : On n’a pas le droit de faire allusion à Dieu sans le reconnaître comme son Souverain. (C’est de la logique élémentaire : Si je dis « Dieu » et que je ne dis pas « Mon Dieu » alors de qui je parle ?)

 

Shem  le nom est la manière dont Celui qui est Dieu se révèle à moi.

La force du commentaire de Rashi : la manière dont Il se révèle, il me le cache.

C’est pourquoi Rashi dit : Le nom n’est donné que pour être caché. C’est le nom qui cache celui qui se révèle par le nom qui le révèle.

 

Nous avons appris jusqu’à présent que c’est le nom qui révèle l’être, mais nous savons déjà qu’il y a plus dans l’être que dans le nom. Monsieur Untel s’appelle Untel, nous connaissons son nom mais nous ne le connaissons pas lui-même. Nous savons par convention que lorsqu’on dira ce nom-là on fait allusion au personnage. Mais on ne connait que le nom et non pas le personnage.

 

Nous sommes jusqu’à présent dans la définition que le nom révèle l’identité de quelqu’un. Comme nous nous servons de langue conventionnelles on ne peut pas se rendre compte.

En principe chaque mot devrait révéler l’identité de la chose qu’il désigne. Mais en réalité c’est simplement conventionnellement qu’on emploie ces mots pour les désigner. En quoi le mot « table » qui désigne uen table représente-t’il l’identité de l’objet table ? Il y a un décalage dans les langages conventionnels entre les mots et ce que le mot est censé révéler.

 

Mais dans la langue d’Adam - Lashon Haqodesh - le mot révèle l’identité. Le nom des personnages de la Bible n’est pas du tout leur nom conventionnel d’état civil mais il désigne l’identité. Si je comprends ce que veut dire « Abraham », « Isaac » je sais qui est « Abraham », « Isaac »...etc. Et ceci dit, ce nom qui est censé révéler l’être qui se révèle à moi en réalité me le cache. C’est ce que dit Rashi. Il me révèle le nom pour le cacher.

 

Imaginez que la parole révèle la pensée. Mais il y a plus dans la pensée que dans la parole, comme pour l’être et le nom. Ceci dit la parole qui révèle la pensée en réalité la cache. Vous ne saurez jamais ce que je pense, vous saurez à la rigueur ce que je dis... La parole qui me révèle en réalité me cache.

 

Cela va très loin, au point qu’en hébreu on désigne le vêtement par le mot Begued dont la racine Bagod signifie trahir. Cela veut dire que le vêtement ce n’est pas moi. Ce par quoi un être se révèle en réalité le cache. Je ne connais en réalité que la connaissance que j’ai de ce que je connais. Mais je ne connais pas ce que je connais.

 

***

 

Q : la nomination des animaux par l’homme démontre une connaissance de leur essence ?

R : Dieu a créé les animaux, je vous cite le verset (Gn. 2.19), il les a présenté à l’homme de telle sorte que tout ce que nommerait l’homme serait le nom de la chose en question.

 

L’objectif de la science quel qu’elle soit est de trouver le nom de l’objet de science. La formule d’un corps pour la biologie ou la chimie. Effectivement, la science tend à donner le vrai nom des choses. Si je connais le vrai nom d’une chose, j’en connais toute la connaissance. C’est exactememt ce problème.

 

Un Midrash dit que lorsque Dieu a voulu créé l’homme, les anges n’étaient pas d’accord car ils en contestent sa valeur. Dieu répond aux anges : vous vous ne savez pas nommer les autres, lui le saura. A propos de ce verset. Finalement Dieu demande à l’homme comment Dieu lui-même s’appelle ? L’homme répond « Adonaï » ce que les anges ne savaient pas. Il y a beaucoup de mystères dans ce Midrash, mais effectivement cela va dans ce sens. C’est ce que nous appelons en hébreu le Lashon Haqodesh.

 

L’objectif de la science moderne, qui commence à Descartes, c’est de pouvoir nommer les corps, de nommer les phénomènes, de telle sorte d’en avoir la connaissance.

 

Effectivement, lorsqu’on connait la véritable définition d’un corps on le possède. On en possède la connaissance. Mais la science est incapable de nommer les phénomènes humains, la personne humaine. C’est l’objectif du Lashon Haqodesh.

 

Par postulat, nous allons admettre que l’hébreu de la bible est une langue absolue de cet ordre. Chaque mot de l’hébreu biblique désigne une connaissance absolue de ce dont il parle. 

 

C’est la raison pour laquelle nous avons un texte dans la Guémara qui dit que la Torah tout entière c’est le Nom de Dieu.

 

Le nom global, total, est Youd Hé Vav Hé, construit sur la racine de l’être.

Les Midrashim – pas le Pshat - expliquent qu’on pourrait le lire : « Il est - Il a été - Il sera »

 

Dans cette image,  Dieu – le monde – la relation globale de Dieu avec le monde, c’est Celui qui fait être le monde. Par conséquent, Son Nom global c’est l’être.

Mai ceci dit, Il a par ailleurs une relation partielle pour chaque objet dans le monde      

Et pour chacune de ces relations partielles il y a un mot de l’hébreu Lashon Haqodesh

 

Cela veut dire que tous les mots de la bible sont à des degrés divers comme ce mot là YHWH, mais il y a des degrés de généralisation.

 

Maintenant, le mot de « être » c’est le mot le plus total : Dieu s’appelle l’être par excellence parce que c’est le monde qui est et Dieu Celui qui le fait être, mais tous les autres mots de la Bible même Shoulkhan c’est un des noms que Dieu a par rapport à l’objet en question. Alors si on comprend le nom de Shoulkhan on comprend ce qu’est une table... etc.  

 

J’ajoute une indication à ce sujet : Dans les sociétés primitives on ne donnait jamais son nom à quelqu’un. A moins qu’on soit assuré qu’il s’agit d’un ami.

 

3 choses que le primitif ne dit jamais :

ð un nom,

ð une mélodie qui lui appartient, sa manière de chanter,

ð et sa manière de siffler.

 

Dans les phénomènes purement sociologique, les jeunes gens savent cela que : on a un nom secret, un chant secret, et une manière de siffler secrète. Même dans les mouvements de jeunesse c’est comme cela.

 

Au niveau des sociétés primitives, on ne dit pas quel est son nom, à moins d’être assuré qu’il s’agit d’un ami. Sinon on donne un pseudonyme, un pseudo-nom.

 

L’explication est la suivante:

Si vraiment le nom désigne vraiment l’identité de la personne, celui qui connait le nom possède l’identité en question. Si vraiment je sais comment s’appelle quelqu’un, je sais qui il est et je peux faire de lui ce que je veux. Il suffit de tirer sur les ficelles qu’il faut ! C’est pourquoi c’est dangereux. Surtout quand on s’appelle Israël !

 

***

 

Q :

R : Dans la descendance de Noa’h la lignée de Shem a cette science du Shem.

 

Q : Yafet, la sciences et la beauté des formes et l’esthétisme, la définition des choses, et Shem la connaissance humaine, la définition des êtres ?

R : Grosso modo oui c’est comme cela. Tant dans Shem que Yafet que dans ‘Ham, il y a un risque de réussite et un risque d’échec. On peut être Shem Tsadik ou Shem Rashâ, Yafet et ‘Ham Tsadik ou Rashâ. Ce qui est arrivé pour ‘Ham devenu Rashâ, Yafet devenu Bénoni et Shem devenu Tsadik.

Chacun d’entre eux peut réussir dans sa vocation ou échouer. Dans la prophétie de Noa’h à ses enfants on voit effectivement que Yafet a aidé Shem, et Yafet participera au salut de Shem alors que ’Ham a été disqualifié... Ceci dit nous connaissons els procédures par lesquelles on peut sauver même ‘Ham même Yaphet.

L’échec de Yafet : ramener la connaissance par l’esthétique exclusivement :  transformer en chose morte formelle...

L’échec de Shem : ce qu’on appelle en logique le nominalisme : c’est-à-dire prendre les mots pour les choses. Ou si vous voulez cette exagération de l’esprit juif qu’on appelle le Pilpoul, alors qu’on a la science du langage, il y a le langage qui s’enferme sur lui-même et on commence à raisonner sur les mots sans se rendre compte que cela renvoie à des réalités.

 

 

< fin >
***

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Published by Rav Léon Askénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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