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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 19:55

Bo (1996)

Bo (1996) – 2ème Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/bo_serie_1996/cours_1

Face B

 

Bo 12:32

גַּם-צֹאנְכֶם גַּם-בְּקַרְכֶם קְחוּ כַּאֲשֶׁר דִּבַּרְתֶּם, וָלֵכוּ; וּבֵרַכְתֶּם, גַּם-אֹתִי

Gam-tsonkhem gam-bekarkhem ke’hou

ka'asher dibartem Valelkhou

ouverakhtem gam-oti.

Prenez vos ovins et bovins comme vous l’avez demandé

Et vous me bénirez moi aussi.

 

Ce ouverakhtem gam-oti est dfficile.

 

Rashi :

וּבֵרַכְתֶּם גַּם אוֹתִי

הִתְפַּלְּלוּ עָלַי שֶׁלֹּא אָמוּת שֶׁאֲנִי בְּכוֹר

ouverakhtem gam-oti

Hitpalelou ali shelo amout shéani Bekhor

Prenez-les, comme vous avez parlé et allez, vous me bénirez aussi Priez pour que je ne meure pas, car je suis un premier-né (Mekhilta).

Il donne l’opinion de la plupart des commentateurs que j’ai lu. Je ne les ai pas lu tous par définition, et chaque année je me pose chaque fois la même question. Il me reste un résidu à expliquer que les commentateurs n’expliquent pas.

 

« Prier pour moi que je ne meure pas, puisque je suis 1er né »

 

C’est au moment de la mort des premiers-nés. Pharaon prend peur… D’une manière plus ou moins analogue, l’ensemble des commentateurs disent la même chose.

 

Pour ce commentaire-là il y a le fait que le véhicule de la Tefilah, la prière, c’est les Brakhot : on reconnait Dieu comme source des bénédictions et donc ce qu’on lui demande dans la prière ce sont des bénédictions, car on reconnait qu’Il en est la source.

 

Un jour on étudiera le texte des Shmoneh Essreh Brakhot.  La question est : pourquoi prier à travers des bénédictions ? La prière de demande est une demande de bénédiction, et alors les prophètes nous ont révélé que Dieu est Celui qui donne telle et telle bénédiction. Nous le savons, alors nous demandons à Dieu : « Toi qui est celui qui donne telle bénédiction, je manque de cette bénédiction, alors donne-moi cette bénédiction »...etc.

 

La bénédiction fondamentale qui est demandée, toutes les autres sont de dimensions inférieures, c’est la connaissance.

 

La 1ère chose demandée dans le Shmoneh Essreh [il y a 12 demandes dans le Shmoneh Essreh qui sont treize et qui correspondent aux 12 tribus qui sont 13] c’est la demande de la connaissance. Atah chonen laadam daat. (4ème Brakhah ): Nous savons que Tu donnes Daat la connaissance à l’homme. Alors donne-nous…

Je vous donne rapidement l’ordre des trois Brakhot : S’il connaissance alors la faute c’est la faute. Par conséquent, la 2ème demande est celle d’être capable du repentir- Teshouvah. Car la connaissance entraine que la faute c’est la faute ! Donc il faut le repentir pour rédimer la faute. Après le repentir on demande le pardon.

 

Il y a une cohérence dans le déroulement de ce qui est demandé. C’est 4 groupes de 3 demandes ...etc.

 

Cela va dans le sens de ce qu’on lit là.

Le Pharaon demande la bénédiction : וּבֵרַכְתֶּם, גַּם-אֹתִי ouverakhtem gam-oti.

Rashi : « priez pour moi ! »

Cela reste difficile. Même avec cette explication que je viens de vous donner, cela ne devrait pas être formulé comme cela.

 

Je reviens sur un point : On s’adresse à la source des bénédiction en disant « Baroukh Atah Hashem » qu’on traduit faussement par « Loué sois-Tu », car les traducteurs se sont trouvés devant l’impossibilité de dire « Bénis sois-Tu ». Qui en effet peut bénir Dieu ? On prend acte que personne ne peut Le bénir et qu’il faut le reconnaître comme Source des bénédictions.

Baroukh Atah Hashem = c’est Toi qui est le Béni pas Essence donc c’est toi qui peut bénir.

C’est un participe passé passif, mais d’essence. Ce n’est pas un adjectif.

De la même manière pour Ha Qadosh Baroukh Hou. Le Qadosh qui est lui même le Baroukh. Qadosh cela veut dire loin de moi : la perfection de la sainteté absolue.

Baroukh, Celui qui donne la bénédiction, qui est près de moi.

En termes philosophiques : transcendance et immanence. C’est la transcendance qui est l’immanence. Et dans cet ordre-là: Celui qui a créé le monde qui est providence : HaQadosh Baroukh Hou : le Qadosh c’est Lui qui est le Baroukh. Rien à voir avec la traduction de « Saint Bénit Soit-Il ». Il faut se désintoxiquer de ces traductions françaises.

 

Je vous donne ici une hypothèse de lecture, je n’ai pas de source :

וּבֵרַכְתֶּם, גַּם-אֹתִי

ouverakhtem gam-oti.

Et vous me bénirez moi aussi.

 

Cela va beaucoup plus loin : Quand vous reconnaîtrez Dieu comme source des bénédictions vous m’ajouterez avec lui. Vous me bénirez moi aussi : il se met comme shoutaf de HaQadosh Baroukh Hou !

Quand vous bénirez votre Dieu, bénissez-moi avec...

Je m’étonne de n’avoir jamais trouvé cette explication parce que cela me semble être le Pshat direct. J’ai l’impression que les commentateurs ont été gênés d’expliquer cela comme ça parce qu’ils vivaient dans des ambiances de civilisations où précisément les croyants croyaient en un médiateur.

 

Déjà dans la Guémara, au début de l’apparition du christianisme, un enseignement qui ne s’explique que de cette manière : l’interdiction de répéter dans la liturgie un certain nombre de mot :

Celui qui dit Shema Israël deux fois de suite ...etc.

 

Un de mes maitres, le Rav Epstein, un des fondateurs du Goush Letsion d’ailleurs, a expliqué cela comme cela. C’est à cause des premiers ‘Hazani qui étaient christianisants : Shéma Israël au nom du père, et Shéma Israël au nom du fils… Répéter deux fois « nous te reconnaissons comme Dieu »

Indique les deux intentions du dualisme chrétien pour le père et pour le fils...

D’ailleurs, les critères de schisme dans la communauté juive passent toujours par la prière. Il faut écouter attentivement comme la synagogue prie. Pour l’état d’Israël ou pas ? Je n’ai rien dit mais c’est cela le problème, le schisme risque de passer par là un jour.

 

וּבֵרַכְתֶּם, גַּם-אֹתִי

ouverakhtem gam-oti.

Et vous me bénirez moi aussi.

 

Signifie qu’il y a une influence du Pharaon qui va accompagner Israël qui va sortir d’Egypte. Après la sortie d’Egypte, il faut se débarrasser de cette emprise du Pharaon sur Israël. Ce וּבֵרַכְתֶּם, גַּם-אֹתִי ouverakhtem gam-oti nous accompagne jusqu’à la fin des temps. Il faut achever la génération de l’Egypte. Je vous donne une indication.

 

2nde Mishna de la Hagadah de Pessa’h :

 

Avadim ayinu leFaro beMitsrayim

Nous avons été esclaves de Pharaon en Egypte, et si Dieu ne nous avait pas délivré d’Egypte nous serions encore nous nos enfants et nos petits enfants asservis au Pharaon en Egypte ...

 

Il y a quelque chose de difficile dans la Mishna qui va dans ce même sens: nous étions asservis au Pharaon en Egypte et Dieu nous a délivré de l’Egypte mais pas complétement du Pharaon. Et s’il ne nous avait pas délivré, nous serions encore asservi au Pharaon en Egypte, maintenant nous sommes asservis au Pharaon en dehors de l’Egypte…

 

Dans la Kabalah, le parallèle entre les destinées du corps qui vient de la poussière et qui y retourne et le corps matrice des passions et des tendances de l’envie, du mal, et du Yetser HaRâ alors que l’âme elle est déjà libérée de cela en elle-même, et donc nous sommes le résultat de l’union de l’âme et du corps, et il nous faut nous délivrer de ce que représente l’aliénation au corps.

 

Or, le mot de Paro possède les mêmes lettres que Afar la poussière.

 

Israël a été enfanté par l’Egypte du Pharaon, un peu comme l’homme est créé à partir de la poussière, et doit être libéré de cette aliénation à la poussière. Il y a alors une aliénation qui continue, même une fois libéré, on ne peut l’être complètement. Tant qu’on est présent en ce monde-ci, on est encore attaché à la poussière. Et par conséquent, bien que libéré d’Egypte, on est encore handicapé le Afar de Paro...

 

L’Egypte de Pharaon a été la civilisation la plus Afar, la plus « poussiéreuse » de l’histoire : elle est le modèle de ce dont il faut être sauvé : l’aliénation à la matière.

 

Il y a eu de grandes civilisations qu’Israël a traversé, elles sont enfouies dans la poussière. Mais maintenant c’est la civilisation égyptienne qui est le modèle de ce dont il faut être libéré. La Torah a choisi d’être révélée à Israël à la sortie d’Egypte, et non pas à la sortie de Babel, ni à la sortie d’Athènes, ni à la sortie de Rome, mais à la sortie de l’Egypte du Pharaon !  

 

Il y a une dignité de cette civilisation qui a mérité qu’on parle d’elle tellement dans la Torah. Une civilisation approximative mais proche : on en a sauvé ce qu’il y avait de sauvable : la Qdoushah enfouie en Egypte en sortant d’Egypte. Ce ne sont pas les Égyptiens qui ont le Shoulhan Aroukh égyptien entre les mians, c’est nous ! Cela va jusque-là.

 

De la même façon les Hébreux ont sauvé la sainteté de Babel avec la famille d’Abraham, la sainteté de la Grèce avec les Makabi. Et on est en train de sauver la sainteté de l’Occident contemporain avec Israël contemporain.

 

Vous allez me dire tout de suite : « Quoi ! l’occident va disparaître ? »  Et alors ? Ce n’est pas notre problème !  (Rires).

 

Ceci dit il faut effectivmeent sauver ces valeurs occidentales et les mettre à l’abri.

Si vous avez des cousins qui s’occupent encore de ramasser des saintetés française, envoyez-leur un télégramme : ça urge !

 

Dans les premières émissions de « la source de vie » de Josy Eisenberg, il m’avait demandé de faire l’émission de Pessa’h. Depuis j’ai disparu de l’écran. Cela se passait dans les salles du Louvres. J’étais embëté parce que c’est plein de statues et c’est interdit. Alors j’ai demandé à mon rabbin qui m’a dit : « c’est une Mitsvah vas-y quand mëme mais ferme les yeux !» (Rires).

Pour arriver dans les salles égyptiennes, il fallait passer dans les salles grecques. Et c’est beau, l’esthétique grecque et les canons de la beauté..etc. mais quand je suis rentré dans les salles égyptiennes j’ai eu u choc car la beauté grecque est morte à côté de la beauté des statues égyptiennes : la vie prise dans la pierre. Alors que les statues grecques c’est la mort emprise dans la pierre. Les statues grecques ont les yeux vides et morts alors que les statues égyptiennes c’est tout à fait autre chose.

Alors, je me suis rendu compte de plusieurs choses à la fois : la force des Hébreux en Egypte d’avoir résisté á une civilisation pareille. On a un peu de dérision vis-á-vis des primitifs d’Abou Simbel, mais en réalité c’est une civilisation colossale. Il y avait derrière une vie spirituelle bien que païenne : la sagesse d’une civilisation de la matière. Quelque chose de fort, d’abyssal ! CX’est le choc que j’ai eu. Corrolairement, c’est le mérite de nos ancêtres en Egypte. C’est cette emprise de l’Egypte sur Israël sorti d’Egypte qu’on a pas fini d’évacuer.

 

C’est ce que le ‘Hassidisme explique et la Kaballah en parle de manière très profonde, c’est qu’à l’échelle individuelle nous vivons cela : nous sommes sortis d’Egypte en accédant à la vie de la Neshamah mais cette Egypte nous tire par les pieds du corps, le « Afar ». Ce n’est qu’au moment vraiment de la délivrance de ce monde-ci qu’on est délivré de cette Egypte. Ce que je veux dire c’est que la vie corporelle, c’était cela la sagesse de la civilisation égyptienne. La vie biologique incarné par la sagesse égyptienne au plus haut niveau...

 

Chez les ‘Havérim de la ‘Hevrat Qadishah :

Un rituel où l’on lit le verset

« Et Moïse est monté vers Elohim et Hashem l’a appelé du haut de la montagne... »

C’est dire que c’est au moment de la fin de la vie qu’on a le Sinaï.

Beaucoup de Midrashim expliquent cela que au Sinaï la Neshamah avait quittée le corps pour des Hébreux pour pouvoir recevoir la Torah. C’est ce qui se passe au Sinaï. La mort ce n’est pas terrible, au contraire ! La preuve : c’est que personne n’en est revenu ! En tout cas ceux qui sont vraiment revenus ne nous le dirons jamais.

 

Pour la tradition de la Torah ce n’est pas la mort qui fait peur, c’est le jugement. La mort au contraire est une délivrance.

 

Retour au sujet :

וּבֵרַכְתֶּם, גַּם-אֹתִי ouverakhtem gam-oti.

Voilà pour ce verset mais je n’ai jamais trouvé de source à ce que je viens d’expliquer.

    

***

Par manque de temps, je vous dis l’essentiel de ce que je voulais vous dire.

 

2ème thème d’étude :

 

Bo 12 :1

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן, בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם לֵאמֹר

Vayomer Adonay el-Moshe ve'el-Aharon be'erets Mitsrayim lemor.

L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, dans le pays d'Égypte, pour dire...

 

Là va commencer la révélation de la Torah comme livre des Mitsvot données à Israël

Il ya eu quelques Mitsvot précédemment depuis Adam Harishon, Noa’h, les Patriaches... mais c’est à l’échelle individuelle, et elles ne reprendront force de loi qu’à partir du Sinaï lorsqu’Israël est constitué en peuple à la sortie d’Egypte. Et il était alors nécessaire d’avoir une préface historique depuis le début de Bereshit Bara Elohim. C’est la question que pose Rashi dans son 1er commentaire.

 

Si la Torah avait commencé à ce 1er verset de Bo 12:1, alors il fallait se demandert qui est Hashem ? qui sont Moïse et Aharon ? et que font il dans le pays d’Egypte ? Quel est ce peuple auquel Il s’adresse... ? Pour tout cela, il était nécessaire à postériori que la Torah comme livre des Mitsvot ait une préface historique qui commence à Béreshit.

 

La question que pose Rashi :

Il était nécessaire de commencer la Torah par ce 1er verset de Parshat Bo, pourquoi alors la Torah commence t’elle au commencement ? Rashi donne sa réponse à lui. Mais par rapport à cette question  c’est obligatoire qu’il y ait une préface historique, sinon ce n’est pas clair.

 

Il y a donc 2 volets dans la Torah :

ð  l’histoire d’Israël depuis la création du monde jusqu’à la sortie d’Egypte.

ð  les Mitsvot de la Torah.

 

L’étonnement porte sur le fait que cette Mitzvah semble ne s’adresser qu’à Moïse et Aharon.

 

Bo 12 :1-3

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן, בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם לֵאמֹר

Vayomer Adonay el-Moshe ve'el-Aharon be'erets Mitsrayim lemor.

L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, dans le pays d'Égypte, pour dire...

הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם, רֹאשׁ חֳדָשִׁים:  רִאשׁוֹן הוּא לָכֶם, לְחָדְשֵׁי הַשָּׁנָה

Ha’hodesh hazeh lakhem rosh ‘hodashim rishon hou lakhem le’hodeshey hashanah.

Ce mois-ci est pour vous le commencement des mois; il sera pour vous le premier des mois de l'année

 

Et ensuite seulement :

 

דַּבְּרוּ, אֶל-כָּל-עֲדַת יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר, בֶּעָשֹׂר, לַחֹדֶשׁ הַזֶּה:  וְיִקְחוּ לָהֶם, אִישׁ שֶׂה לְבֵית-אָבֹת--שֶׂה לַבָּיִת

Daberou el-kol-adat Yisra'el lemor be'asor lachodesh hazeh veyikchu lahem ish seh leveyt-avot seh labayit.

« Parlez à toute l’assemblée en disant :

Le 10ème du mois vous commencerez à préparer le sacrifice de Pessa’h ».

 

Les Mitsvot de Pessa’h sont introduite par une Mitzvah qui semble apparemment être adressée uniquement à Moïse et Aharon.

 

Deux questions se posent là :

 

1-      Pourquoi la Mitzvah est-elle apparemment adressée uniquement à Moïse et Aharon ?

2-      Quel rapport entre la structure du calendrier et le sacrifice de Pessah ?

 

Ce calendrier, à partir de la sortie d’Egypte, commence par Nissan et non plus par Tishri comme cela l’était au temps des patriarches, Tishri qui était le premier mois devient le 7ème mois.

 

-          Le temps des Avot, les patriarches, est dans l’histoire universelle, c’est l’année universelle qui commence à Tishri.

 

-          L’année où les événements de l’humanité toute entière s’inscrivent, c’est l’année qui commence à Tishri. Mais l’année propre à l’histoire d’Israël commence à Nissan. 

 

Quel rapport entre la structure du calendrier et le sacrifice de Pessah ?

Pourquoi lier ces deux événements ? Cette loi de la structure du calendrier ne pouvait-elle être donnée avec les autres lois au Sinaï ?

Pourquoi les lier ? Les Mitsvot du sacrifice de Pessa’h sont données à la sortie d’Egypte, on comprend bien qu’elles soient données en Egypte. On n’aura pas le temps de traiter cette question.

 

1-      Pourquoi la Mitzvah s’adresse essentiellement à Moïse et Aharon ?

 

Rashi :

וַיֹּאמֶר ה' אֶל מֹשֶׁה וְאֶל אַהֲרֹן

בִּשְׁבִיל שֶׁאַהֲרֹן עָשָׂה וְטָרַח בַּמּוֹפְתִים כְּמֹשֶׁה חָלַק לוֹ כָּבוֹד זֶה בְּמִצְוָה רִאשׁוֹנָה שֶׁכָּלְלוֹ עִם מֹשֶׁה בַּדִּבּוּר

Hachem dit à Mochè et à Aharon Etant donné que Aharon avait travaillé durement, tout comme Mochè, à l’accomplissement des miracles, Hachem lui rend ici hommage, au moment de proclamer la première de toutes les mitswoth, en l’associant à Mochè au moment où Il va l’annoncer.

 

Parce que Aharon a agit et peiné dans les miracles de la sortie d’Egypte, il a partagé avec lui cet honneur dès la 1ère Mitzvah que la Torah a impliqué Aharon avec Moïse dans la révélation des commandements.

 

Derrière ce Rashi, il y a une littérature énorme. Je vais mettre en évidence la question essentielle :

La Torah a été révélée simultanément à Moïse et Aharon. Et cela commence dés le début. Pourquoi la connait-on sous le nom Torat Mosheh et pas Torat Aharon ? Pourquoi la tradition de la Torah la rapporte-t’elle à Moïse et non pas à Aharon ?

 

Je vous en dis l’essentiel : La Torah selon Moïse c’est la Torah du Tiquoun HaOlam alors que la Torah selon Aharon c’est la Torah de la Kaparah.

 

Moïse donne la Loi. La Loi est celle du Tikoun HaOlam : c’est-à-dire la restauration –la réparation du monde. Le monde est encore en état de trace à l’état de chaos, il faut achever de le réparer.

Letaken tikoun c’est la Assiah. – Laassot c’est Létaken. Ceux qui connaissent les commentaires savent que c’est toujours le sens. Chaque fois que le texte dit « faire » cela veut dire Létaken : faire jusqu’à l’achèvement de la mise au point-réparation-restauration...

 

Moïse donne la loi à Israël qui est chargé de mener le monde à son achèvement. «... Asher Bara Elohim Laassot… » Israël est chargé d’achever la sortie du chaos du monde par les Mitsvot. Cela s’étudie pendant 6 mois, mais vous voyez ce qu’est Torat Mosheh.

 

Les Midrashim mettent en évidence que chaque fois que Dieu révèle à Moïse une loi concernant la Kaparah, l’expiation des fautes dans le Temple, Moise ne comprend pas. Moïse, dit le Midrash, apprenait le jour et oubliait la nuit. Dieu lui dit alors : demande à Aharon qu’il t’explique.

 

C’est dire que la Torah de Moïse n’est pas celle de l’expiation des fautes. La Torah de Moïse c’est le métier d’homme. Dans ce métier d’homme surviennent des fautes de métiers. Alors on a besoin d’Aharon pour les réparer. C’est la même Torah, mais dans la perspective de Moïse c’est le Tikoun, et dans la perspective de Aharon c’est la Kaparah.

 

Quand on voit une communauté occupée à la prière pour les morts et au Vidouï de la faute, à 90 % ce n’est déjà plus le judaïsme ou la Torah de Moïse. Lorsque la Torah de Moïse bascule sur la Torah de Aharon c’est déjà autre chose. Cela devient la religion de la mort, la religion de la faute...

 

Le problème c’est que lorsqu’il y a des fautes, il faut les réparer, d’où l’importance de Aharon. Mais ne passer son temps qu’à cela dévoile la culpabilité de vivre. La religion sert alors à faire la Kaparah de cette faute qui consiste à être en vie : c’est en plein le christianisme ! Le christianisme se repent d’exister. La faute c’est d’être ! C’est cela la religion de type Kaparah qui risque d’envahir les communautés juives.

Chez les réformés aux Ètats-Unis ils ne connaissent que la prière des mort le jour de Kipour.

C’est la religion de type espagnole et surtout portugais : une religion noire de la mort qui consiste à expier. Expier le fait d’exister, on existe dans la chute. C'est-à-dire que la religion est un para-chute…

 

Voilá le problème : On a besoin d’Aharon mais la Torah c’est Torat Mosheh !

Cela veut dire que tant pour l’histoire nationale d’Israël qui va inaugurer un temps où la Torah va achever la libération du monde, que pour la religion d’Israël - Aharon c’est le grand prêtre - on expie les fautes du métier d’hommes mais la faute prend ici un tout autre sens, c’est un raté du métier de l’homme que Dieu a créé pour achever Sa création...

 

’Het de Adam harishone, la faute n’a pas tout ce pathétique de la notion de « péché originelle » dont il faut être sauvé...etc. que les Israéliens ont retrouvé à la mort de Rabin et les Français à la mort de Mitterand. Cela m’a frappé c’était la même chose… Les fabricants de Nérot Neshamah ont fait leur affaire.

 

En hébreu ’Het signifie rater la cible.

Dès le début de l’histoire humaine, il y a des ratés. C’est pourquoi on court comme des dératés.

Alors qu’il faut marcher Halakhah. Halikhah. Si on se met à courir, alors il y a ’Het…

 

L’humour du récit de la bible : dès que la vie commence il y a une faute. C’est tellement énorme que les Chrétiens manquent d’humour en prenant cela au sérieux, que vivre c’est être en faute !

Cet incident de la faute du 1er homme est très grave. Il signifie repousser la souveraineté de Dieu. Une faute c’est faire « comme moi je veux » et non « comme Il le veut ». Mais c’est le fonctionnement de la vie qui fait qu’il ya ces ratés-là.

 

Il y a un Midrash de la Kaballah :

Chaque fois que quelqu’un meurt Adam vient auprès du chevet de l’agonisant pour lui dire : « mon fils, ma fille, c’est pour ta faute que tu meurs et non pas pour la mienne, que ce soit clair ! » 

 

D’autant plus que l’on sait que Adam s’est repenti, et après lui il y a Abraham, et le Roi David... qui ont rédimé et effacé. Nous on attend le Mashia’h ben David, celui qui doit faire la Kaparah du meurtre de Abel par Kaïn. Shlomoh ben David qui est  l’homme de la Paix. Alors qu’eux attendent encore le Mashia’h de la 1ère faute . La faute de Adam harishone le 1er homme mais David a déjà arrangé cela à l’échelle du Qlal Israël...   

 

Le mot de ’Hayim commence par la lettre ‘Het ! 

Dès que la vie commence c’est le ‘Het que je n’ai pas voulu et que la vie entraine.

Le ‘Het que j’ai voulu s’appelle autrement : Peshâ, ’Hatat, ce sont d’autres catégories, mais la faute d’Adam HaRishon c’est ‘Het, un incident.

 

Mais dans le mythe chrétien cela devient la culpabilité d’exister. Chez les Protestants c’est beaucoup plus affirmé que chez les Catholiques.

Il y a là une religiosité qui n’a rien à voir avec la Torah et quand cela envahit la conscience juive c’est grave…

 

< Fin >

 

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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