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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 12:47

BESHALA'H (1987)

Parasha - Beshalah 1987 2ème Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/bechallah_serie_1987/cours_1

Face B

 

Une analyse schématique de l’historie d’Israël : chaque fois qu’apparait un patriarche apparait avec lui dans le même récit un adversaire. Au niveau d’Abraham nous avons deux personnages qui accompagnent son histoire, Nimrod et Loth.

Nimrod est selon le Midrash l’adversaire qui veut supprimer Abraham. Le roi de Babel qui a jetté la famille d’Abraham dans la fournaise d’Our-Kasdim…

Loth est parent d’Abraham qui ressemble à Abraham et qui va très rapidement devenir un rival d‘Abraham, une approximation d’Abraham qui va devenir un rival d’Abraham.

 

A chaque génération c’est une ligne qui traverse toute notre histoire : Israël est confronté à deux sortes de rivalités :

=>  l’antagonisme qui veut détruire,

=>  l’approximation d’identité qui veut le supplanter.

 

Très rapidement, au niveau de l’histoire d’Abraham c’est Nimrod d’un côté et  Loth de l’autre.

Nimrod le tyran disparait avec son empire, Loth va faire souche et de Loth apparaîtront deux peuplades - Moav et Ammon - dont la Torah nous montre la rivalité qui dure d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui, bien qu’occultée, contre Israël.

 

A la 2ème génération le patriarche c’est Isaac. Abimelekh roi de Philistée est l’antagoniste qui veut le supprimer. L’approximation qui veut le supplanter c’est Ishmaël.

 

Cela fait déjà 4 rivalités. Au niveau de Jacob, l’approximation d’identité est Esaü qui se prend pour Israël, et de l’autre côté Laban qui veut détruire Jacob complètement.

 

Cela fait 6 adversaires, 3 d’un côté dont l’objectif est de détruire Israël et 3 de l’autre dont l’objectif est de remplacer Israël. Ces rivalités traversent l’histoire et existent jusqu’à aujourd’hui encore.

 

A certaines époques de l’histoire d’Israël, qui sont des périodes de fin d’exil, un personnage plus terrible apparait qui s’appelle Amaleq et qui récapitule ces 6 modalités à la fois dans une modalité qui les dépasse et les englobe. C’est un personnage, une manière d’être qui veut à la foi détruire Israël et le remplacer. En lisant « Meïn Kampf » de Hitler, on se rend compte que le programme d’Hitler est de détruire Israël et de le remplacer. Avec un cynisme absolu Hitler a dit ce qu’il voulait faire, et personne ne l’a cru. La charte palestinienne reprend ces thèmes.

 

Amaleq apparait en fin d’exil. A la sortie d’Egypte, il tente de détruire Israël et de le remplacer. Amaleq apparait à la fin du 2ème exil. Le récit du livre d’Esther, avec le récit des Amalécites et Haman, qui ont pour objectif de détruire la communauté juive de Perse. Esther intervient et la sauve miraculeusement, c’est toute l’histoire de Meguilat Ester qui se déroule à la fin du 2nd exil.

 

Il y a d’ailleurs une correspondance des dates avec l’histoire contemporaine qui est assez impressionnante.

 

Il y a d’abord la déclaration du roi de Perse, Cyrus, qui est le dernier texte de la Bible qui donne la possibilité aux Juifs de Perse de rentrer en Judée reconstruire le Temple. Au moment où Cyrus a donné le feu vert aux Juifs de rentrer c’est là que la Bible s’arrête. Cyrus est appelé par les prophètes « Mashia’h Hashem » - un messie de Dieu – il a donné la possibilité aux Juifs de Perse la même chose que ce que Moïse avait donné aux Juifs égyptiens...

 

Ce sont les derniers versets de la Bible. On peut l’appeler « la déclaration Cyrus », à la manière de la déclaration Balfour d’ailleurs. Les Juifs de Perse ne bougent pas, Haman prend le pouvoir quelques années après. Finalement, grâce à la reine Ester la catastrophe est évitée mais on a le même épisode.

 

De notre temps, la déclaration Balfour et quelques années après, Hitler a pris le pouvoir. C’est très parallèle.

 

Sans entrer dans ces détails-là, c’est pour dire que c’est au moment où on entre dans cette période de fin d’exil  qu’une certaine manière d’être adversaire d’Israël, qui récapitule tous les dossiers – Nimrod – Lot – Abimelekh – Ishmaël – Laban - Essav – apparait avec un double objectif détruire Israël et le remplacer.

 

De notre temps, on voit aussi que cette tentative de détruire et remplacer le peuple juif apparait au temps de fin d’exil.

 

1/5ème du peuple juif sort de Perse.

Nous espérons faire mentir les statistiques. Il n’y pas de fatalité dans les statistiques, mais il est frappant de voir qu’une partie à chaque fois décide de sortir, une partie sort d’Egypte, une partie sort de Perse, une partie sort d’Europe...

 

Q : Dieu demande à Shaoul de détruire Amaleq pourquoi pas ?

R : il y a un handicap de la conscience morale de Shaoul lorsqu’il a fait prisonnier le chef de la tribu d’Amaleq il ne l’a pas détruit selon l’ordre de la Torah il a eu pitié de lui, et d’Amaleq est descendu finalement Haman.

 

Q : la durée des plaies ?

R : en tout cela a duré 1 an et demi.

 

Q : ce n’est pas le temps de prier...

R : Dieu ne peut pas intervenir car la justice est du côté des Egyptiens qui ont payé le prix fort pour obtenir ce peuple comme esclave, et par conséquent les Hébreux voyant l’ange tutélaire de l’Egypte venir plaider au tribunal céleste, savent qu’ils ne doivent pas s’attendre à une intervention de Dieu, à moins que... Dieu dit à Moïse : fait leur acquérir un mérite supplémentaire...

 

Les clauses à chaque annonce des plaies étaient : « laisse sortir mon peuple ou tu subiras telle plaie... ». Ne laissant pas sortir le peuple et subissant la plaie, ils conservent le droit sur le peuple...

 

Que faisaient les Hébreux en Egypte ?

C’est comme la question : « un Juif au pôle nord, comment fait-il pour compter Shabat ? »

La réponse, c’est : « que fait un juif au pôle nord ? »

 

Il y a un contrat de travail entre les Egyptiens et les Hébreux. Cela commence avec Joseph. Il a rêvé que la mission d’Israël était d’être au service de la civilisation du temps. Il en est devenu le vice-roi.

Déjà Dieu avait dit à Abraham : cela durera 400 ans...

 

S’il y a contrat de travail, il ne peut être rompu qu’avec l’accord du patron, Pharaon. Tant que le Pharaon ne donne pas son accord on est tenu enchainé par ce contrat.

 

On s’aperçoit deuxièmement dans ces récits que les Hébreux ne voulaient pas sortir d’Egypte.

 

Du point de vue d’une justice absolue, Dieu ne peut pas intervenir pour les Hébreux contre les Egyptiens, puisque les Egyptiens ont payé le prix. C’est cela qui cause la peur panique des Hébreux : voir l’ange tutélaire de l’Egypte venir au secours de l’Egypte d’en-bas !

 

Ils n’avaient pas assez de mérite. S’ils avaient assez de mérite, 40 ans auparavant, lorsque Moïse leur a dit que c’était le temps de partir, ils seraient partis avec Moïse qui a dû s’enfuir à Midian se protéger de la colère des Hébreux.

 

La situation est celle d’une balance de mérite et démérite qui fait que Dieu en toute justice ne peut pas intervenir.

 

Q : si 4/5ème sont restés et morts en Egypte, c’est déjà un mérite pour les 1/5ème d’être sortis ?

R : c’est justement la question : les Hébreux n’étaient-ils pas en droit de penser cela ?  

Pourquoi donc cette peur ? Le Midrash souligne qu’ils savent qu’ils sont sortis en fraude. Puisque les Egyptiens ont été frappés des 10 plaies, ils n’avaient pas le droit de sortir. Cela va jusque-là cette conscience de la  justice absolue... C’est pourquoi les textes disent qu’ils se sont enfuis. Alors Pharaon les a poursuivi…

 

Q : c’est Pharaon lui-même qui les a renvoyés ?

R : non, Pharaon les a renvoyé dans la panique suscitée par la plaie de la mort des 1er-nés, il s’est ressaisi après en se rendant compte que la justice était de son côté. Vous m’obligez à me faire l’avocat du diable. C’est à comprendre au niveau du Dieu Un universel, Unique et Uni... Cela nous explique pourquoi l’histoire d’Israël est si difficile. Parce que le Dieu d’Israël est le Dieu de l’universel humain et cela dérive de la définition même de la foi d’Israël. Le Dieu d’Israël se définit comme celui qui protège l’autre : « tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hashem ».

 

Q : un tel Dieu d’Israël cela veut dire qu’Israël a mérité ses plaies pendant un an et demi ?

R : les plaies frappent les Egyptiens et non les Hébreux. La Mishna parle de plaies et de miracles : 10 plaies pour les Egyptiens en Egypte et nos pères ont mérité 10 miracles en Egypte. Le Maharal explique : lorsque la plaie frappait l’Egypte, c’était une catastrophe qui aurait également dû frapper les Hébreux. Pour les protéger il fallait un miracle. Il y avait donc simultanément la plaie et le miracle faisant que les Hébreux étaient épargnés.

L’expression est très forte dans le récit : Pour la sortie d’Egypte le récit dit : Goy  Mikerev Goy.

Sortir « une nation du dedans d’une autre nation »

Israël est comparé par le Midrash comme un embryon dans le sein de sa mère, l’Egypte.

Imaginons une minorité juive au sein d’une majorité étrangère : comment faire sortir une nation du dedans d’une autre nation : il ne faut pas uniquement la plaie, mais le miracle à l’intérieur du miracle de la plaie pour distinguer...

 

La question fondamentale : il y a une promesse de protection sur Israël, mais il y a des clauses.

Comme ici. Le texte est très clair : Dieu dit à Moïse : « Je ne peux pas intervenir à moins que... »

« Avancez et on verra… ».

« Avancez » signifie ici un acte de foi.

Alors Hashem peut intervenir contre l’ange de l’Egypte : « Oui, mais ceux-là ont foi !»

C’est cela le mystère de l’histoire d’Israël.

 

Dans le cadre du jugement humain, on ne comprend pas pourquoi Hashem privilégie Israël plutôt que les Goyim. Qui peut voir la différence ? Objectivement pourquoi le Dieu de la Bible préfère Israël ? C’est qu’il y a des raisons qu’Il connait et si ces raisons ne jouent pas Hashem est comme paralysé si j’ose dire. Et il dit à Moise : « Je ne peux pas ! »

 

Il y a une sorte de balance de la justice qui fait que Dieu ne peut pas intervenir à moins qu’il y ait pour Israël un mérite supplémentaire qui justifie la protection. 

 

Q : Et un seul a suffit ?

R : et oui, exactement ! C’est la grande leçon de Na’hshon Ben Amidadav.

Il faut d’abord l’acte de celui qui a commencé.

Peut-être comme Ben Gourion ou plus tôt Herzl ou plutôt encore le Gaon de Vilna qui fut un des premier à dire : « le temps est arrivé » ou le ‘Hafets ‘Hayim...

Et cela commence... et les autres suivent...

 

Le Midrash nous aide à comprendre ce qui s’est passé et nous permet en même temps de mieux comprendre ce que nous vivons de notre temps.

 

Il y a un mouvement de va et vient du texte : le texte nous fait comprendre notre histoire et c’est notre histoire qui nous fait comprendre le texte. Ces choses invraisemblables que nous raconte le texte expliquent la chose invraisemblable que nous vivons...  Et le fait que nous vivions cette chose invraisemblable rend compte de la cohérence du texte qui nous parle de l’histoire des commencements... C’est le Midrash qui nous permet cela...

 

Et pendant des siècles on pourrait lire ces récits bibliques à la façon de lectures pieuses sans rien comprendre de ce qui se passe à l’histoire juive.

 

Lorsqu’on se rend compte que c’est cette histoire qui nous est racontée, alors on se rend compte que ce n’est plus une histoire pieuse mais c’est notre carte d’identité qui nous est racontée...

 

Q : L’acte de foi de Ben Gourion décidant la création de l’Etat d’Israël est-il le même phénomène ?

R : C’est très analogue ! Dans ce contexte historique de l’époque il y avait deux principales tendances : un état binational ou un état juif. La décision de Ben Gourion l’a emporté. Il y avait aussi une tendance prête à accepter d’être une minorité juive dans un état arabe... La décision de Ben Gourion en dépit de toute vraisemblance a imposé que ce serait un état Juif. C’est un saut dans l’inconnu, il y a eu un pari, comme ce Na’hshon qui rentre dans la mer. Maintenant c’est rentré dans la réalité, cela va de soi... mais il a fallu ce commencement !

 

***

 

Début de Parashah.

 

Beshala’h 13 :17

וַיְהִי, בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת-הָעָם, וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים, כִּי קָרוֹב הוּא:  כִּי אָמַר אֱלֹהִים, פֶּן-יִנָּחֵם הָעָם בִּרְאֹתָם מִלְחָמָה--וְשָׁבוּ מִצְרָיְמָה

Vayehi beshala’h Par'oh et-ha'am

velo-nacham Elohim derech erets Plishtim

ki karov hou

ki amar Elohim

pen-yinachem ha'am bir'otam milchamah veshavu Mitsraymah.

 

וַיְהִי, בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת-הָעָם

Vayehi beshalach Par'oh et-ha'am

Et il arriva lorsque Pharaon renvoya le peuple

וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים

velo-nacham Elohim derech erets Plishtim

Elohim ne les a pas conduit par le chemin de la terre des Philistins.

 

A peu près le territoire actuel de Gaza qui s’appelait Erets Pelishtim : c’était le comptoir de Pelashet peuplade venant de Crête qui avait des comptoirs sur la terre de Kenaan : Aza, Ashdod, Ashkelon d’aujourd’hui...etc. Effectivement, quittant l’Egypte par le chemin de côte, il aurait suffit de 11 jours de marche pour arriver dans la région de Jérusalem. Mais Dieu ne les a pas conduits par ce chemin d’Erets Pelishtim...

 

כִּי קָרוֹב הוּא

ki karov hou

car il était proche

כִּי אָמַר אֱלֹהִים

ki amar Elohim

car Dieu s’était dit

פֶּן-יִנָּחֵם הָעָם

pen-yinachem ha'am

de peur que le peuple ne regrette

בִּרְאֹתָם מִלְחָמָה

bir'otam milchamah.

en voyant (l’éventualité de) la guerre

וְשָׁבוּ מִצְרָיְמָה

veshavou Mitsraymah

et ne retourne en direction de l’Egypte.

 

וַיַּסֵּב אֱלֹהִים אֶת-הָעָם דֶּרֶךְ הַמִּדְבָּר, יַם-סוּף; וַחֲמֻשִׁים עָלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

13:18

Vayasev Elohim et-ha'am derech hamidbar  yam-Suf vachamushim alu veney-Yisra'el me'erets Mitsrayim.

 

וַיַּסֵּב אֱלֹהִים אֶת-הָעָם דֶּרֶךְ הַמִּדְבָּר, יַם-סוּף

Vayasev Elohim et-ha'am derech hamidbar  yam-Souf

Et Dieu fit contourner le peuple par le chemin du désert Yam Souf

וַחֲמֻשִׁים עָלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Va’hamoushim alou veney-Yisra'el me'erets Mitsrayim.

Et c’est armés en guerre que les enfants d‘Israël sont montés d’Egypte.

Pendant tout le récit on nous parle du peuple « Am » et au dernier récit on parle des « Bnei Israël ».

Avant d’y arriver je vous poserais une question d’ordre globale : on est habitué à l’idée que si les enfants d’Israël ont passé 40 ans dans le désert avant d’arriver en Erets Israël en quittant l’Egypte, c’était pour aller au Sinaï recevoir la Torah. Or, il n’y a aucune allusion à cela dans ce texte ?

 

Si on se demande pourquoi le peuple n’est pas rentré directement en Israël mais est passé par le désert, notre habitude de pensée est de se révérer à un événement important : la révélation de Dieu au Sinaï : il fallait y passer pour y recevoir la Torah mais le texte ne fait aucune allusion à cela !

 

Commentaire :

Il n’y a pas que les Hébreux qui sont sortis d’Egypte.

Les Hébreux sortis d’Egypte s’appellent dans le texte les « Bnei Israël », ce sont les descendants des tribus. Avec les Bnei Israël, enfants hébreux descendant des Patriarches, il y a eu tout un ensemble de peuples qui était en esclavage en Egypte. Et Moïse a pris l’initiative de les adjoindre au peuple d’Israël et de faire sortir d’Egypte Et le texte semble parler de ce « Am ».

 

13 :17

וַיְהִי, בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת-הָעָם

Vayehi beshalach Par'oh et-ha'am

Et il arriva lorsque Pharaon renvoya le peuple

וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים

velo-nacham Elohim derech erets Plishtim

Elohim ne les a pas conduit par le chemin de la terre des Philistins ...

 

וַיַּסֵּב אֱלֹהִים אֶת-הָעָם דֶּרֶךְ הַמִּדְבָּר, יַם-סוּף

Vayasev Elohim et-ha'am derech hamidbar  yam-Souf

Et Dieu fit contourner le peuple par le chemin du désert Yam Souf

 

Et la motivation qui nous est donnée : la crainte de la difficulté qui risquerait de les attendre (la guerre d’indépendance)  ferait qu’ils regretteraient, se raviseraient et retourneraient en Egypte...

 

Il y a cette indication étrange du verset 18:

 

וַחֲמֻשִׁים עָלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Va’hamoushim alou veney-Yisra'el me'erets Mitsrayim.

Et c’est armés en guerre que les enfants d‘Israël sont montés d’Egypte .

 

Il semble y avoir une contradiction, si on ne distingue pas deux ensembles différents du même peuple dans ce même verset.

 

Il y a trois entités que la Torah va nommer différemment :

=>  Bnei Israël => les descendants des tribus.

=>  Am => le peuple qui s’est adjoint à eux que dans d’autres contextes la bible nomme « Erev Rav : le grand mélange » de peuples qui s’est adjoint à Israël, ou bien « Assaf souf la foule »

=>  Am Bnei Israël : l’expression que l’on retrouve lorsque les deux sont intégrés.

 

Les enfants d’Israël étaient décidés - ‘Hamoushim signifie littéralement « en colonne par 5 » qui est le rang de bataille – c’est pourquoi la traduction habituelle lit : « armés en guerre... »

Les équipages de char s’appelaient les Shalishim parce que c’était des groupes de 3.

L’infanterie c’était en rang par 7...

 

Cela veut dire que les enfants d’Israël, les tribus étaient décidés, puisque la sortie d’Egypte était effective, à toute éventualité la guerre y compris pour entrer dans la terre des ancêtres. Alors que « le peuple » n’est pas concerné par ce pays.

L’ensemble des Hébreux et ceux qui ont vécu l’expérience de la foi des Hébreux, c’est pourquoi Moïse les adjoint aux Hébreux, sortis d’Egypte.

 

La foi des Hébreux consiste en l’expérience de la foi de l’exil et en l’expérience que la Guéoula, le salut est possible. Ce peuple Erev Rav est constitué d’hommes de tous les peuples qui ont eu la même expérience existentielle que les Hébreux, l’asservissement de l’esclavage et la conscience que l’on peut en sortir. C’est pourquoi le message de Moïse est très clair. Bien que non-descendants de Patriarches, ils ont la même identité. C’est le peuple des convertis à Israël par expérience de la sortie d’Egypte.

 

C’est très analogue d’ailleurs à ce qui se passe aujourd’hui autour d’Israël, des hommes et femmes de tous les pays demandent à devenir juif pour pouvoir être israéliens. Ils pressentent que l’histoire passe par Israël et que le temps du salut approche...

 

C’est exactement ce qui se passe. Moïse les reconnait comme candidat à l’identité d’Israël. Ils sortent d’Egypte avec Israël et ils ont l’identité d’Israël... Mais ils ne descendent pas des Hébreux : cela nous explique un problème assez mystérieux : le peuple sorti d’Egypte, finalement va accepter la Tora de Moïse, mais ne rentrera pas Erets Israël. 

 

Pourquoi ?

 

=>  La faute du veau d’or,

=>  La faute des explorateurs.

 

Le récit nous montre très clairement que cette partie du peuple, qui n’est pas le descendant des enfants d’Israël mais qui va se joindre à eux, accepte la Loi de Moïse mais ne sont pas concernés par la promesse de la terre.

 

Il faut éviter les analogies car aujourd’hui énormément de Juifs accèdent à la Torah mais pas la terre d’Israël... Cela ressemble à leurs descendants. Il y a une situation très analogue. Il y a ces Juifs de la Torah de Moïse qui ne veulent pas de la terre d’Israël et la considèrent comme une terre sainte.

 

Q : Le Erev Rav correspond au 4/5ème des Juifs disparus ?

R : Ils étaient au même nombre. On l’apprend du récit de la faute du veau d’or. Moïse descend de  la montagne et Josué monte à sa rencontre. Ils se rencontrent à mi-chemin. Moïse: que se passe-t’il ? Josué : Il y a du bruit, ni un bruit de victoire, ni un bruit de défaite...

Cela veut dire qu’il y a deux camps aussi forts l’un que l’autre.

Et finalement à la longue le côté Erev Rav a pris plus d’importance que les Bnei-Israël.

On l’apprend de la faute des explorateurs : 10/12 : 10 d’entre eux influencé par la propagande du Erev Rav ne veulent pas entrer en Israël. Et deux seulement restent fidèles à Moïse. 

A chaque situation importante de l’identité d’Israël: deux fractions de force égale...

Il y a toute une époque de régularisation de l’identité à l’échelle individuelle qui est tout à fait normale. Une ré-identification à l’échelle individuelle n’a pas forcément le même rythme qu’un événement à l’échelle collective. Cet événement à l’échelle collective, qui s’est passé de notre temps, est irréversible. C’est une mutation d’identité. 

 

Q : Quelle est l’origine du Erev Rav ?

R : Ce sont des peuples non-hébreux en esclavage en Egypte

 

Q : différence entre Guéoula et Yeshoua ?

Guéoula : sauvé de l’esclavage lui-même - Yeshoua : délivré de la souveraineté des Egyptiens sur les Hébreux, même en l’absence de persécution ou esclavage...

Ce sont deux niveaux du salut différent.

Du Rav Ouziel : « nous attendons deux messies : l’un qui sortira les Juifs de l’exil (Guéoula) et l’autre qui sortira l’exil des juifs (Yeshoua) ».

 

< fin >

*****

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Published by Rav Léon Askénazy - dans PARASHAT HASHAVOUA
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