Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 14:55

Bereshit 88

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/berechit_serie_1988/cours_1

Face B.

 

Cela veut dire que la racine du Yetser Hara est un bien suprême.

C’est ce qui me permet de pouvoir donner : recevoir.

Si c’est dans cet ordre le Tiqoun (la réparation, la restauration) est fait.

Il suffit que quelqu’un soit heureux pour rendre heureux les autres.

S’il est malheureux il rend les autres malheureux.

 

Q: Mishnah des Pirqey Abot :

Sheli Shelkha Shelkha Shelkha ?

Ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à toi

C’est encore le donner sans vouloir recevoir ?

 

R : La Mishnah ajoute que c’est « Midat Bénonit Véyesh Omrim Midat Sdom : C’est la vertu moyenne et il en a qui disent que c’est la vertu de Sodome »

C’est effectivement le sujet de cette Mishnah et on voit la Ma’hloqet (la controverse)

Un exemple sur cette question :

Il y a un bien qui lorsqu’on le donne on ne le perd pas et il s’accroit : c’est la Torah.

En la donnant elle s’accroit. Beaucoup de vertus vont dans cet ordre. En particulier l’amour.

Le Midrash a donné cette comparaison lorsque Moïse a donné ses pouvoirs à Josué c’est comme une bougie qui allume une autre bougie sans rien perdre de sa flamme ni de sa luminosité. Et il y a plus de lumière.

Toute cette dialectique du donner et du recevoir se trouve en effet dans la Mishnah citée des Avot, c’est le point de départ de l’enseignement du Rav Ashlag qui explique bien cela : on est rassuré de savoir qu’il y a une finalité à ce mal, mais elle n’est pas de faire par constraste que le bien est d’autant plus bien, c’est tout à fait autre chose. Il y a une disposition des tendances qui fait que l’unité des vertus est atteinte sans en exclure la tendance à recevoir l’être, qui au contraire est sanctifiée.

 

C’est-à-dire que dans le judaïsme traditionnel le Shabat est le jour où l’on reçoit le plus pour pouvoir donner le plus.

 

C’est ce qu’on apprend de Qohelet – l’Ecclésisate lu à Soukot et qu’indique le Shoulkhan Aroukh : le véritable rite du Shabat c’est : bien manger, bien boire, bien dormir, bien rire, bien chanter, bien étudier, bien prier. Et on heureux !

 

Les grands de la ‘Hassidout, et déjà le Ari, ont enseigné que la nourriture du Shabat a un goût spécial. Les Kabalistes enseignent énormément de choses à ce sujet de la sainteté de la nourriture du Shabat. Je referme la parenthèse.

***

 

Je vous donne un exemple qui illustre ce décalage entre le monde de la vérité et le monde de la réalité. C’est l’enseignement de la Torah : On est dans le principe de l’unité du Créateur en tant que Boré et du Créateur en tant que Ossé. Il faut un effort de vie spirituelle pour arriver à intégrer dans l’économie de cette unité tout ce qui se passe dans le monde, et qui est effroyable au niveau du Tohou vaVohou dont le 2ème verset a parlé.

 

Q : A propos des Yissourim les épreuves: quand cela fait mal cela fait mal. Comment concilier cette analyse avec ce qui est dit dans le Talmud de Gam Zou Létovah (Taanit 21a – « Cela aussi est pour le bien ») qui parle de quelque chose qui fait mal ?

R : Dans ce « Zou – cela » il y a ce mal qui est mal et on souhaite que même ce mal qui est mal en tant que mal finalement arrive en tant que bien. Mais tant qu’il est mal, il est mal. Il faut alors une capacité de foi considérable pour arriver à réaliser cela. Mais sachons qu’on ne peut pas faire comme si cela allait de soi pour l’expérience individuelle de tout un chacun. Ce sont des théodicées apologétiques du bien de Dieu qui sont gênantes et déplacées : tant qu’une personne a mal elle a mal. Ce sont des gens exceptionnels qui sont capables de dire Gam Zou Létovah : Je ne sais pas pourquoi je souffre comme cela mais je l’accepte : ce que Dieu fait est bien. Mais pour arriver à un tel niveau de sincérité il faut être quelqu’un.

 

Q : Quelle est la différence entre le mal et le malheur ?

R : Dans beaucoup de textes, il y a apparement cette ambiguité, par exemple dans la Guémara : la question de Moïse à Dieu « tsadik vetov lo, tsadik verâ lo, rashâ vetov lo, rashâ vera lo » et où le mot de Râ là peut signifier le mal ou le malheur. Mais en fait l’analyse du Rav Ashlag répond très directement à cette question : oui, tout mal a pour racine le Yetser Hara et les conséquences de ce que le Yetser HaRâ fait.

 

Il faut là ouvrir une échappée d’ordre métaphysique qui va servir d’introduction à l’analyse à venir.

 

1- Si on fait l’analyse de tout mal, dans le sens de choses mauvaises, mauvaises conduites, tout mal quelqu’il soit, l’analyse le réduit en fin de compte à une racine unique qui est toujours la même : « avoir envie de ». Le mensonge, le meurtre, le viol, le vol... n’importe quoi, à la racine, il y a une envie de recevoir. Or, on est condamné à ce risque de la tendance au mal à travers l’appétit de recevoir car sans cet appétit le monde s’arrête.

 

Midrash de la Guémara Yoma : « lorsque la prophétie s’est arrêtée, l’idolâtrie s’est arrêtée » Quand on ne voyait plus, alors on ne voyait plus non plus les ombres.

Au temps d’Ezra qui est la fin de la prophétie et le commencement du Talmud, Ezra s’est dit : nous sommes dans un moment de chance, de Mazal : le Yestser Harâ (l’appétit de jouissance - le penchant au mal) et la Avodah Zara (l’idolâtrie) a disparu d’Israël. Il a demandé à Dieu dans une prière célébre que le Talmud a conservé que le Yetser Harâ des Guilouï Arayot (de la débauche) disparaisse aussi. Le Talmud avec son humour habituel, dit : le lendemain on ne trouvait plus un seul oeuf au marché ! La vie s’est arrêtée ! Il a prié pour qu’il revienne mais la Guémara ajoute : avant il était comme un lion mais maintenant il est comme un lion aux yeux crevés... Le Yetser Harâ n’a plus la même capacité qu’auparavant. Pompeï par exemple a disparu...

 

Si on fait l’analyse de toute conduite de mal, à la racine se trouve un appétit d’être. C’est semble-t’il le secret de la distinction que fait la Halakhah entre la faute intentionnelle et la faute non intentionnelle à propos des sacrifices.

 

La faute Bémézig et la faute Bishgagah :

Seule la faute non intentionnelle peut être rédimée, rachetée, par les sacrifices. La faute Bémezig c’est un autre problème. La raison pour laquelle le Qorban (sacrifice) se fait pas la nourriture c’est parce que c’est la nécessité de la nourriture qui mène à toutes les fautes qui se font dans la société humaine. Et lorsque l’on parle de la nourriture il y a une analyse parallèle à l’analyse marxiste qui est très importante : toute plus-value d’un objet de consommation est grévée d’un mal moral effectué quelque part, entre tel ou tel intermédiaire et l’exploitation de quelqu’un. Une exploitation diront les marxistes. La plus-value résulte de l’exploitation. C’est pourquoi la déculpabilisation des fautes non voulues intentionnellement mais parce qu’ « il faut manger pour vivre », vient de ce que nous sommes condamnés à manger pour vivre. Le fait d’avoir envie de pain, introduit dans la société des hommes qui se définissent comme « homo-oeconomicus », le mal non désiré mais inévitable parce qu’il faut que je mange pour vivre... On est alors déculpabilisé par un repas pour lequel aucune faute n’a été faite, ce sont les Qodashim (les saintetés): le repas du grand-prêtre dans le temple.

 

Ce qu’il faut arriver à comprendre au 2ème niveau, le niveau du malheur, c’est que l’être du monde  a aussi au niveau impersonnel ses tendances que nous appelons au niveau du Nefesh (l’âme vitale) le Yetser Harâ du Ratson Léqabel : le désir de recevoir.

 

Il est impossible aux modernes de penser à ces catégories suivantes : que l’être du monde ait une personnalité qui a donc aussi le Ratson Léqabel. Il faudra longtemps avant que la science moderne arrive à récupérer ces catégories connues des traditions anciennes.

 

***

 

Midrash cité par Rashi :

Chapitre 1 verset 11 et 12

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תַּדְשֵׁא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע, עֵץ פְּרִי עֹשֶׂה פְּרִי לְמִינוֹ, אֲשֶׁר זַרְעוֹ-בוֹ עַל-הָאָרֶץ; וַיְהִי-כֵן

Vayomer Elohim tadshe ha'arets deshe esev mazria zera ets pri oseh peri lemino asher zar'o-vo al-ha'arets vayehi-khen

 

Vayomer Elohim tadshe ha'arets deshe

Et Dieu dit que la terre produise de l’herbage

Essev mazria zera

De l’herbe qui porte semence

Ets Pri

Un arbre fruit

Osseh Peri

Faisant fruit

Lemino

Suivant son espèce

Asher Zar'o-vo

Porteur de semence

Al-Ha'arets

Sur la terre

Vayehi-Khen

Il en fut ainsi.

 

Ce terme de Vayi Khen וַיְהִי-כֵן est la clef de l’analyse précédente : la différence entre le projet et la réalité.

La traduction française « il en fut ainsi » laisse croire que c’est ce que Dieu a voulu qui a eu lieu.

L’hébreu «  וַיְהִי-כֵן Vayhi Khen » dit : « il n’en fut qu’ainsi ». Khen כֵן veut dire « comme ».

 

Une partie de la création est sanctionné par « Vayhi khen il n’en fut qu’ainsi » : Le « quasi » qui se trouve dans la réalité par rapport à la vérité.

 

Je reviens sur la catégorie des définitions épistémologiques entre la mathématique et la physique :

La loi mathématique se vérifie dans le phénomène physique mais aux conditions de l’expérience prés. Il y a toujours une marge d’erreur que les physiciens appellent « epsilon ».

Il y a toujours cet epsilon de décalage qui fait que finalement la loi mathématique s’applique aux phénomènes physiques mais « à peu prés » -  « quasi ».

 

Au niveau de la vérité le « Yéhi » (que soit…) est absolu mais au niveau de la réalité c’est « Vayhi khen » (comme).

 

Dans ce projet des arbres-fruits se trouve un décalage.

 

וַתּוֹצֵא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע, לְמִינֵהוּ, וְעֵץ עֹשֶׂה-פְּרִי אֲשֶׁר זַרְעוֹ-בוֹ, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב

Vatotse ha'arets deshe esev mazria zera leminehu ve'ets oseh pri asher zar'o-vo leminehu vayar Elohim ki-tov.

 

Vatotse ha'arets deshe

Et la terre produisit l’herbage

esev mazria zera

l’herbe porteuse de semence

leminehou

selon son espèce

ve'ets oseh pri

et l’arbre faisant fruit…

 

L’expression « arbre-fruit » a disparu : le projet c’est que l’arbre soit fruit, la réalité ce sont des arbres porteurs de fruits. Il y a toute une philosophie dans ce décalage.

Je vais essayer de relier cela à ce que dit le 1er Psaume en parlant du Tsadik (le juste) :

אַשְׁרֵי הָאִישׁ Ashrei Ha Ish - heureux l’homme qui...

Il y a une expression : וְעָלֵהוּ לֹא-יִבּוֹל Véaléhou yibol - et sa feuille ne se flétrira pas

 

Il y a une espèce de drame du point de vue de la finalité de tout ce qui existe.

L’arbre a des branches, les branches ont des feuilles, les feuilles ont des fleurs, les fleurs ont des fruits : combien de branches pour les feuilles et combien de feuilles pour les fleurs et combien de fleurs pour qu’il y ait un grain qui va donner les fruits...

 

Au niveau de la finalité, il semble qu’il y ait un gaspillage d’arbitraire et de destinée arbitraire pour arriver à un fruit qui recommencera le cycle. Et entretemps le drame de la feuille qui n’a pas pu être fleur et le drame de la fleur qui n’a pas pu être fruit... Il ne faut pas raconter cela car cela donne le vertige.

 

Ce que promet le 1er Psaume c’est que le Tsadik sera un arbre dont les feuilles sont aussi importantes que les fleurs et les fleurs aussi importantes que les fruits. Il y a une sorte de prévision d’un monde de non gaspillage, de prodigalité, mais qui en fin de compte retombe sur le sort de tout un chacun traversé par la certitude que c’est lui le fruit.

 

Et sa feuille ne se flétrira pas : un arbre persistant. C’est très beau et au moins cela sert à quelque chose. On sort du Loulav de Soukot (la fête des cabanes) avec ce symbolisme des 4 catégories qui ont leur finalité.

Pour le Midrash cet arbre dont la feuille ne flétrit pas c’est le Etrog, mais le Aravah (Saule) aussi aura un sens. Chacun a sa place. Mais aussi le non sens de ce qui s’est flêtri. 

 

Retour au sujet :

Le verset de la réalisation montre que le projet d’arbre-fruit ne s’est pas réalisé.

Dans toutes les traditions antiques on trouve un arbre-fruit qui est adoré. « Arbre-fruit » cela signifie que l’arbre a le goût du fruit. Dans nos civilisations on ne connait que la réglisse.

 

Rashi sur Ets Péri :

 

עֵץ פְּרִי. שֶׁיִּהְיֶה טַעַם הָעֵץ כְּטַעַם הַפְּרִי וְהִיא לֹא עָשְׂתָה כֵּן אֶלָּא וַתּוֹצֵא הָאָרֶץ וְגוֹ' וְעֵץ עוֹשֶׂה פְּרִי וְלֹא הָעֵץ פְּרִי לְפִיכָךְ כְּשֶׁנִּתְקַלֵּל אָדָם עַל עֲוֹנוֹ נִפְקְּדָה גַּם הִיא עַל עֲוֹנָהּ (ס"א אֵינוֹ ודו"ק) וְנִתְקַלְּלָה:

Des arbres fruitiers (‘éts peri – littéralement : « arbre-fruit ») Que le goût de l’arbre soit le même que celui du fruit (Beréchith raba 5, 9). Mais elle (la terre) n’a pas fait cela, et elle a produit « des arbres faisant un fruit qui renferme sa semence » (verset 12), et non des « arbres-fruits ». C’est pourquoi, lorsque Adam a été puni sur sa faute, elle a été  jugée elle aussi pour sa faute et a été maudite.

C’est un Rashi difficile parce que cela implique que la terre, être du monde, a une personalité que l’on juge et puni, qu’elle est consciente, qu’elle est libre qu’elle a des tendances, qu’elle peut obéir ou désobéir... C’est une notion complétement étrangère à la mentalité moderne : que le monde est un être vivant qui a par conséquent le Yetser Hara. Le Yetser Harâ du monde mène au malheur, le Yetser Harâ de l’homme mène au mal. Cela nous dépasse, infiniment, mais au moins, nous voyons que les Rabbins savent de quoi ils parlent lorsqu’ils parlent de ces problèmes.

 

Rashi a estimé nécessaire que les simples fidèles aient trace de cela et il nous cite un Midrash énorme dans son commentaire soi-disant du Pshat (sens simple).

 

Encore une remarque pour atténuer la difficulté : Lorsqu’on lit le Maassé Bereshit (l’œuvre du commencement) des 6 premiers jours, on a l’impression que le monde change de jour en jour, il est plastique. Il y a une sorte de liberté diffuse qui rend le monde modelable. Et au moment de Shabat tout se fige. Cela devient un monde avec des lois déterminées.

Tout se passe comme si la part de liberté diffuse dans le monde dans l’univers se réfugie chez l’homme : il n’y a plus que l’homme qui est, au nom de l’univers tout entier, l’être libre jugé par rapport à toute la création.

 

Ce sont des notions qui nous dépassent mais suffisament claires pour comprendre ce que Rashi veut nous transmettre avec ce Midrash.

 

Cela veut dire qu’il y a Avon (la faute volontaire) dans la terre : il y a donc un niveau du problème moral au niveau impersonnel qui nous dépasse infiniment. Ce qu’enseigne la Qabalah à ce sujet c’est que l’état moral du monde, dépend de l’état moral de l’homme.

 

J’ai beaucoup étudié ce sujet avec Jacob Gordin. Au temps de la guerre d’Espagne. Plus on mange cachère moins le sang est versé, il pensait à l’Espagne. Plus on donne la charité, plus les fleurs sont belles... Aucun rapport pour une mentalité moderne mais c’est cela la foi du monothéiste. Avec l’expérience de la vie, on finit par se rendre compte de ce qu’il voulait nous enseigner.

 

On lit cela en clair dans le Qriat Shéma : « Si vous observez Mes commandements Je donnerais la pluie en son temps... » Cela semble être une mentalité primitive : j’observe la morale et la pluie tombe ! Quel rapport ? Le moderne a perdu cela.

 

Q : inaudible.

R : Rashi : tant que l’homme n’a pas fauté la faute de la terre n’est pas jugée, mais dès que l’homme faute, la faute de la terre est prise en compte.

La part de liberté du monde est jugée dans l’homme. Mais c’est un niveau de définition des catégories du problème moral qui nous dépasse infiniment. C’est très familier aux sociétés dites primitives. Il y a des hommes saints qui font tomber la pluie. J’en ai connu un. Il s’isolait, montait sur une terrasse, faisait la paix en lui-même, alors le ciel se pacifiait et la pluie tombait. Il pouvait savoir s’il avait réussi à faire la paix en lui-même et savoir si la pluie tomberait ou non. Pour un moderne, l’idée que la pacification intérieure des hommes fait que les saisons sont régularisées dans le monde extérieure c’est de la mentalité primitive. C’est pourquoi je vous signale qu’il n’y a pas de doute que la réponse soit de cet ordre, mais cela dépasse les catégories de la culture contemporaine

Ce qui est indiqué par Rashi : Tant que l’homme n’est pas en jugement, la faute de la terre n’est pas comptée. Et puis finalement ce serpent d’où sort-il ? C’est encore un mystère ! Il sort de la terre !

 

C’est le verset Verset 24 : lorsque Dieu demande que la terre sorte la Nefesh ‘Hayah, la personne vivante, finalement la terre n’a réussi à sortir qu’un serpent !

 

Il a fallu attendre  le chapitre 2 pour Dieu dise : puisque la terre n’y arrive pas, Je vais le faire moi-même :

 

נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ

Naassé Adam Betslalmenou, Vayhi Adam LéNefesh ‘Hayah

Faisons l’homme à notre image, et fut l’homme une âme vivante.

A la fin du verset 7 du chapitre 2 :

וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה

Et l’homme devint Nefesh ‘hayah

 

Dans le projet de Dieu pour la terre au 6ème jour, elle devait sortir d’elle-même le Nefesh ‘Hayah, l’homme, mais elle ne sort que le serpent.

וְהַנָּחָשׁ, הָיָה עָרוּם, מִכֹּל חַיַּת הַשָּׂדֶה

Et le serpent était rusé parmi toutes les bêtes du champ

 

Le serpent sort bien de la terre ; et c’est un drôle de serpent qui parle et prophétise, et Dieu lui parle ... On ne sait pas ce que c’est ? Disons... non je ne veux pas dire.

 

Q : sur la différence entre Olam HaEmet et Olam haMetsiout est-ce que cela a un rapport avec ce que le Rav Solovetchik appellait les 2 créations celle par Elokim et celle par Hashem Elokim ?

R : J’avoue ne pas pouvoir répondre parce que je n’ai pas en tête ces 2 chapitres sur les 2 hommes du Rav Solovetchik, il y a longtemps que j’ai vu cela, peut-être est-ce parallèle mais je ne crois pas que c’est intentionnel chez le Rav Solovetchik. C’est à un niveau existentiel différent qu’il formule cela. Il faudrait que je relise le texte pour pouvoir répondre.

 

[Ndlr : The Lonely Man of Faith: In ''[[The Lonely Man of Faith]]'' Soloveitchik reads the first two chapters of [[Genesis]] as a contrast in the nature of the human being and identifies two human types: Adam I, or "majestic man", who employs his creative faculties in order to master his environment; and Adam II, or "covenantal man", who surrenders himself in submission to his Master.  Soloveitchik describes how the man of faith integrates both of these aspects.

 

In the first chapter, '''Adam I''' is created together with Eve and they are given the mandate to subdue nature, master the cosmos, and transform the world "into a domain for their power and sovereignty." Adam I is ''majestic man'' who approaches the world and relationships--even with the divine--in functional, pragmatic terms. Adam I, created in the image of God, fulfills this apparently "secular" mandate by conquering the universe, imposing his knowledge, technology, and cultural institutions upon the world.  The human community depicted in Genesis 1 is a utilitarian one, where man and woman join together, like the male and female of other animals, to further the ends of their species.

 

In chapter two of Genesis, '''Adam II''', on the other hand represents the lonely man of faith - bringing a "redemptive interpretation to the meaning of existence". Adam II does not subdue the garden, but rather tills it and preserves it. This type of human being is introduced by the words, "It is not good for man to be alone" - and through his sacrifice (of a metaphoric rib) he gains companionship and the relief of his existential loneliness - this covenantal community requires the participation of the Divine. ]

 

R : Lorsque Dieu punit la terre par les ronces après la faute de l’homme, n’y aurait-il pas une mise à l’épreuve morale de l’homme par la terre ?

R : Cela se relie aux questions posées précédemment : lorsque l’homme faute, la terre est atteinte. Le résultat de la faute de l’homme c’est le malheur du monde.

Je vous cite un Midrash de la Qabalah dans le Zohar, cité par le Shla’h, de façon extraordinaire :

Normalement le char, la Merkavah qui supporte la présence divine de Dieu dans le monde cela devrait être l’homme, mais l’homme n’en n’est plus capable alors ce sont les anges qui sont la Merkavah. Mais comme ce n’est pas leur travail ils sont dans l’angoisse. Ils ont peurs et ont des gouttes de transpirations de feu qui tombent de leur front. Et à chaque fois qu’une de ces gouttes tombent sur terre, il se passe un malheur. D’une autre manière, c’est le même thème.

C’est le même thème dit d’une autre manière : lorsque l’homme n’est pas à son endroit, alors il y a des malheurs dans le monde.  

 

Comment en comprendre le lien ? C’est une science qui nous dépasse, et cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de sages qui aient eu connaissance de cette science : le lien entre les fautes de l’homme et les malheurs de la terre. Mais il faut le dire en clair : cela nous dépasse ! A notre niveau il s’agit d’un vertige dont on ne connait pas les tenants ou les aboutissants.

 

Mais il est clair que si Rashi a jugé nécessaire de préciser ce lien entre la dégradation morale et la dégradation naturelle, c’est qu’il était nécessaire qu’on entende cela qu’il y a un lien entre le manque de vertu et le fait que les fleurs n’ont plus de parfum. Or, on ne peut pas nier que nous vivions dans un temps où les fleurs n’ont plus de parfums. Il y a encore des jardins secrets ça et là où les roses ont encore un parfum de rose. Mais maintenant on vit en plein dans les parfums artificiels... Le jasmin par exemple : ce sont encore des fleurs qui n’ont pas été atteinte par la faute de l’homme. Je me rappelle du parfum des fleurs dans les rues. Et cela n’existe plus. Même le pain a changé de goût. Je ne sais pas si vous vous rendez compte ? Bon, il ne faut pas trop exagérer, cela fait un peu du romantisme attardé mais il n’y a pas de doute, c’est indéniable que les deux soient liés : la dégradation morale et la dégradation naturelle.

Les philosophes parlent de mentalité primitive.

 

***

Q : Le mot Tov avec sa signification d’harmonie, de complétude, dans la littérature hébraïque moderne. Dans la tradition oritentale lien évident entre le monde physique et le monde spirituel : la pensée hébraïque est plus poche des philosophies orientales qu’occidentales ?

R : J’ai l’habitude de dire un peu l’inverse, à un certain niveau c’est vraiment une pensée idolâtre même lorsqu’elle est athée, par exemple avec le bouddhisme. Du point de vue de la sensibilité spirituelle, il y a beaucoup de convergences qui sont perdues dans les traditions occidentales. Mais cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas existé à l’origine. Déjà dans la Grèce antique l’expression Kalos Agatos : beau et bon. C’est Tov et Touv en hébreu.  Dans le Agatos du grec il y a un peu ce sens que vous dites.

 

Q : L’hindouïsme c’est religion de mort, avec le nirvana... etc ? La pensée juive est plus proche de la vie ?

R : Beaucoup de traditions différentes évoluant dans le temps – Brahmanisme et boudhisme sont très différents – shintoïsme et zen sont très différents.

J’ai surtout étudié le bouddhisme, un proverbe chinois que j’ai trouvé très proche de l’humour juif :

« Il vaut mieux être assis que debout, couché qu’assis, et mort que couché » qui signifie la recherche de l’évacuation des douleurs que la vie entraine. Le bonheur souhaité étant de ne plus rien éprouver du tout...

L’oriental en genéral, cherche à bien se conduire dans la vie pour ne pas revenir en réincarnation, c’est la terreur de ne pas avoir fini les réincarnations, alors que l’occidental en général a tendance a bien se conduire dans la vie pour ne pas disparaître. Deux polarités différentes dans la sensibilité.

 

Ce qui manque dans ces spiritualités orientales c’est le rire et la joie. Il y a une certaine dignité hiératique dans l’ennui. Le gong des Talapoins est sinistre de profondeur. Rien à voir avec le Shofar. Il manque Sim’hah (la joie). C’est la vie spirituelle triste. C’est trop sérieux pour être sérieux. L’humour juif a permis de traverser l’histoire : ne pas se prendre au sérieux ! Se prendre au sérieux empêche de prendre les valeurs au sérieux, puisqu’on « se » prend au sérieux.

 

Q :

R : il y a le Shabat de la terre et elle réclamera son Shabat si vous ne lui donnez pas, c’est un verset très clair.  C’est donc cette idée-là que le monde est un être qui fait peur au moderne.

Des expressions hébraïques le confirment : Pi haarets – ervat haaraets - ein haarets… L’Egypte est appellé la nudité de la terre par exemple.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche