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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 11:27

BERECHIT CREATION ET ÉVOLUTION - Suite et fin.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/berechit_la_creation_et_l_evolution/cours_1
Face B

 

C’est ainsi jusqu’au temps messianiques. Il y a un projet de Dieu et une réalité qui au commencement est différente mais qui finalement finiront par se rejoindre. C’est l’optimisme messianique. Raison pour laquelle les hébreux sont monothéistes : Celui qui a voulu le monde c’est Celui qui l’a fait.

 

Nous expérimentons un décalage entre le projet de perfection que nous sommes, nous créatures, capables de comprendre par notre pensée et la réalité que nous percevons.

 

Je schématise beaucoup : les Goyim renoncent à cet optimisme de l’unité et se replie sur un dualisme pessimiste entre la vérité et la réalité. Cela explique toutes leurs traditions.

 

Par exemple une formule telle que « la justice n’est pas de ce monde ».  Donc on en conclut que toutes les injustices sont garanties par la légalité.  d’où vient-elle ? de cette mentalité dualiste : la justice vérité n’est pas de ce monde de réalité ... « Mon royaume n’est pas de ce monde » ...etc.

 

Ce qu’il y a de terrible c’est que c’est vrai, mais c’est faux. C’est vrai provisoirement, mais c’est faux fondamentalement. Il n’y a que les Juifs hébreux qui ont gardés cet idéal qu’en dépit de tout le monde est un.

 

La science moderne n’a pu apparaître que grâce à Descartes. Il a eu des précuseurs que l’on a appellé les précartésiens, mais c’est Descartes qui a affirmé l’unité profonde entre la mathématique et la physique. C’est un principe hébraïque monothéiste. Celui qui a voulu le monde, et la carte d’identité du projet de vérité du monde c’est la mathématique, c’est celui qui l’a fait, et la réalité physique est toujours en décalage. Les savants l’appel le delta ou l’epsilon d’erreur. Le savant sait que cela vient de l’imperfection des instruments. 

 

Mais en fin de compte la science n’est possible que si la mathématique est vraie dans la physique, et les frigos et les locomotives n’ont commencé à marcher que grâce à Descartes lorsqu’il a affirmé que l’un c’est l’autre.

 

C’est la science moderne mais c’est un principe hébraïque de monisme absolu. C’est pourquoi Descartes a été excommunié par les Jésuites de la Sorbonne parce qu’il était hérétique du Christianisme, mettant en question l’eucharistie, qui est incompatible avec la science moderne.

 

Les hébreux ont eu la révélation, l’intuition, la certitude, qu’il y a uni-vers, c’est à dire unité du divers : que le monde est un, que Dieu est Un, que Celui qui a voulu le monde et que Celui qui l’a créé c’est le même. C’est le judaïsme.

 

Tous les piétismes puritains qui séparent la vie de l’esprit et la vie du corps, la vie extérieure de la vie intérieure, tout cela c’est la tentation païenne qui s’est finalement finalisée dans le dualisme chrétien. Le chrétien croit que la bible c’est vrai mais vit comme si ce n’était pas vrai. Ce sont là tous les piétismes, mêmes juifs.

 

Pur en revenir à notre sujet : on voit que la Torah dés le début indique un décalage dans le projet du Créateur qui ne se réalisera que dans le Olam Haba. Et la réalité de Olam Hazeh (il y a des raisons pour lesquells il y a un décalage) est en décalage de ce projet. C’est indiqué par une expression du premier chapitre qui est Vayhi khen 

 

Les traductions françaises laisse croire que le résultat c’est ce que Dieu a décidé : « et il en fut ainsi ». C’est à dire la même chose que ce qui est demandé. Mais en hébreu Khen signifie comme si, à peu prés, approximatif.

 

Exception pour la lumière et l’homme :

Yehi Or … Vayhi Or

 

Pour tout le reste, Il y a eu Yehi et ensuite quelque chose qui ressemble à - Khen. Nous sommes dans un monde de l’illusion approximative de la ressemblance du monde vrai que l’on nomme Olam Haba. N’importe quel enfant comprend cela. Les adultes font semblant que ce n’est pas vrai. C’est porucela que les enfants sont heureux. Ils savent, parce qu’ils sont normaux, que le monde des illusions c’est le monde des adultes et ils sont inquiets lorsqu’ils leur font croire que le monde des illsusions c’est le vrai monde... (C’est pourquoi la Torah parle aux enfants d’israël... Daber El Bnei Israël)

 

Q : Dans cette définition du monothéisme est-ce que l’Islam peut être candidat ?

R : Non, l’Islam est en chemin.

Dans le monothéisme hébreu il y a 3 dimensions : e’had, yahid ouméou’had

Le monothéisme de l’islam c’est ya’hid : cela veut dire que Dieu est unique.

E’had ils ne le comprennent pas. Les mystiques soufis entrevoient le probléme. Mais les musulmans classiques sont des monothéistes farouches de l’unicité. Si Dieu est il est unique. Ils ne comprennent pas ce que signifie Un c’est à dire E’had.

Méou’had : cela signifie que ce Dieu qui est Unique et UN en lui-même, cela il n’y a que les Juifs qui le comprennent, il est réservé à Israël, il est Méyou’had Israël : c’est la Hashga’hah des Juifs.

Les musulmans sont en chemins du vrai monothéisme car sémites, c’est pourquoi on peut dire de leur monothéisme qu’il est authentique contrairement à celui des Chrétiens qui est un type de Avodah Zarah. Cela ne signifie pas que les chrétiens ne sont pas des monothéistes, mais le christianisme est un paganisme.

 

On a un probléme avec le monothéisme chrétien qui est incompatible. Mais pas avec les musulmans : ils sont des adorateurs du Dieu unique et leur probléme c’est le polythéisme. Tandis qu’aves les chrétiens il y a probléme puisqu’il y a un shitouf, le médiateur qui est humain et divin. Ils arriveront à s’en sortir  mais au fond cela dépend de nous. Tant qu’on les laisse croire qu’ils sont israël cela ne va pas. Le jour où on leur dira qu’ils sont la diaspora d’Israël cela ira mieux. Mais pour cela il ne faut plus de Juif en diaspora.

 

Q : quid du fatalisme chez eux, le mektoub ?

R : Mektoub ce n’est pas le fatalisme qui est un mot français, Mektoub c’est la volonté de Dieu. Tandis que le fatalisme et le fatum c’est la loi impersonnelle des astres. Chez les musulmans c’est la volonté de Dieu.

 

Q : c’est la conception chez eux du « Vayhi khen » comme étant...

R : c’est un beau ‘hidoush. Ce que je veux dire c’est que le musulman est pieux. Pour lui c’est la volonté de Dieu, tandis que pour les Grecs c’est la fatalité, c’est autre chose. Quand le musulman dit « Mektoub », c’est que quelqu’un a décidé. Si on lui demande qui ? Alors il dit : je ne sais pas demandez à Abraham ! Mais le ‘Hidoush est vrai : Ils acceptent comme définitive la réalité du Vayhi Khen. Je me souviens d’un symposium avec des musulmans pakistanais. Ils ne comprennent pas du tout ce que les occidentaux appellent l’évolution. Toldot : Tout est fixé, figé comme c’est depuis toujours. Il n’y a aucune évolution. C’est le vayhi Khen. Ceci dit la reconnaissance de la transcendance du créateur est absolue chez eux. Il faut le reconnaître. Chez les Chrétiens c’est tellement absolu qu’ils ont rejetté Dieu en-dehors de l’univers et qu’ils ont lien au fils d’origne juive...

 

Retour au sujet :

 

Le principe que je voulais mettre en évidence c’est qu’il y a un décalage entre la formulation du projet et la réalisation de ce projet. Je dirais quelques mots en parenthése sur la finalité de ce décalage : c’est que la créature est créée en deça de son véritable être pour qu’elle le rejoigne en le méritant. Parce que si Dieu créé la créature parfaite, la créature se confond avec le Créateur. Donc la condition pour que nous existions c’est que nous soyons différent du Créateur, donc d’emblée imparfait. Et nous avons notre propre perfection de créature à rejoindre qui est le  projet du Créateur pour nous-même.

 

De façon cohérente, la Torah nous enseigne que dès l’origine, il y a un décalage entre l’état du monde et l’avenir du monde où il rejoindra le projet du Créateur.

 

Dans ce décalage se creuse une finalité: c’est que la créature mérite d’avoir été créée en réalisant cette perfection de l’objet. Et là nous sommes trés différents des Chrétiens et des Musulmans aussi. Pour les premiers, l’adoration concerne ce que nous avons reçu de Dieu comme nous l’avons reçu. Pour nous, il faut circoncire cela, il faut l’améliorer. Et c’est en l’améliorant qu’on mérite d’avoir été créé. C’est une perspective religieuse radicalement différente.

 

Verset 24 : on arrive au 6ème jour

 

24 - Vayomer Elohim

 totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah behemah varemes vechayeto-erets leminah vayehi-chen

Que la terre sorte

 

 la formulation est d’emblée matérialiste apparemment évolutionniste :

Que la terre sorte, qu’elle arrive par son génie propre à sortir d’elle-même Nefesh ‘Hayah la personne vivante.

 

On apprend par la suite qu’elle n’a pas réussie. Elle n’a réussi qu’à sortir que le serpent. C’est-à-dire l’homme de nature, le naturiste. L’homme qui fonctionne comme un animal. C’est pas un animal puisque c’est un homme, mais il fonctionne comme. Et sa religion c’est le naturisme.

 

C’est la piété naturel et ses tendances naturistes. L’homme qui consent à être un être de nature : il faut du soleil, le club med...  

Rien de plus tragique d’ailleurs que cette condition de vacancier : travailler toute l’année pour se fatiguer au volant... Toute la société tourne autour de l’industrie des congés payés. C’est un juif qui a inventé cela : Léon Blum.

Toute une économie : on travaille pour produire des armes pour que les pays pauvres se fassent la guerre...

 

Vayomer Elohim totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah

voilà le projet:

Que la terre qui est apparament la créature au niveau de l’être biologiquement vivant mais apparement impersonnel sorte d’elle-même la personne.

Dans un autre vocabulaire : de l’impersonnel du ça de l’être, du Mah, qu’apparaisse le Mi, le quelqu’un. Il faut un effort de pensée énorme pour penser la transformation à partir de la terre impersonnelle de la personne humaine qui sort de la terre. C’est le projet. Comment la personne, le sujet peut sortir de l’impersonnel. Aucune logique naturelle ne peut l’expliquer. Cela n’existe pas. C’est de la paralogique que la pensée sorte de la matière. Cela a été le mythe du 19ème siécle. Le mythe matérialiste et des penseurs et des poétes qui ont fait semblant de croire à cela : que le sujet peut sortir de l’objet. Les penseurs du moyen âge savaient trés bien que du point de vue de la logique, il est impossible que le sujet sorte de l’objet.

 

On apprend de la Torah que la terre n’est pas l’impersonnel mais qu’elle est elle-même un sujet, mais c’est à un niveau tel que cela nous est imperceptible. La terre est quelqu’un et non simplement quelque chose.

 

N’importe quel petit ‘Hassid sait cela, et même plus, n’importe quel paysan sait cela. Le mot français « païen » vient de « paysan », l’homme du paysage, l’homme du pays. Les Juifs, en dehors des Kiboutsim, n’ont pas été paysans depuis longtemps et ne comprennent plus cette évidence que la terre est un être vivant. C’est à une échelle telle que cela nous dépassse. Elle se venge lorsqu’on la viole. Elle peut secouer ses épaules et les hommes appelle cela la fait un « tremblement de terre », elle a des tas de façons de se venger. Le Rav Kook a beaucoup enseigné cela.

 

Le signe de la rédemption d’Israël c’est les Kiboutsim : le fait que des Juifs soient redevenus paysans est la preuve que l’on est revenu au pays. Je me rappelle du Rav Kook qui parlait des « bananes saintes » et des « tomates juives » ! Bananot Haqedoushot : Quel privilége ! Le Shoulkhan aroukh parle de la sainteté des fruits d’Israël.

 

Totsé Haarets

Il y a un décalage entre l’impersonnel et le projet que la personne surgisse de l’impersonnel.

Il y a d’ailleurs un mystére grammatical : Adam vient de Adamah, mais en hébreu, le féminin est conçu sur le masculin et non pas l’inverse ! Donc il y avait une Adamah qui était déjà le féminin d’un certain Adam dont le féminin était cette Adamah !

Qui était cet Adam-là dont le féminin était Adamah et dont le fils était Adam Harishon ?

Il aurait dû s’appeller « ben Adam » !

On voit à quel point ce sont des concepts qui nous dépasse.

Le Adam auquel je pense existe, il s’agit de l’Adam Qadmon dans la Kabalah.

Adam harishon est le fils de la Adamah et de l’Adam Qadmon.

 Les vrais paysans comprennent cela sans probléme et n’ont pas besoin de Rashi.

 

totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah behemah varemes vechayeto-erets leminah vayehi-chen

 

On voit à quel point la Torah va suivre l’apparition et l’émergence de l’être de qui ont pourra dire que c’est un Nefesh. Et le terme de Nefesh dans la Torah a une signification pour la  Halakhah trés importante.

 

Nefesh signifie le sujet responsable. La Torah n’impute pas la responsabilité morale au Gouf ou à la Neshamah mais au Nefesh.

 

Vous connaissez ce Midrash : Dieu a créé un jardin qu’il a voulu confier à un jardinier : il a pris un aveugle et un paralytique en mettant le paralytique sur l’aveugle et en leur donnant consigne à tous deux de garder le jardin. Il leur donne rendez vous à la fin des temps. Quand Dieu revient, le jardin est dévasté, Dieu demande des comptes et interpelle le gardien qui est le paralytique sur l’aveugle: l’aveugle étant aveugle nie sa responsabilité, et argue qu’il va là ou le paralytique le conduit ;  et le paralytique paralysé nie sa responsabilité, je ne peux pas marcher, c’est lui. Qui est donc responsable de ce que nous faisons : la tête qui veut où on va ou les pieds qui vont où on va ? C’est la tête et les pieds !

Dieu les remets l’un sur l’autre et les juge ensemble : c’est effectivement l’histoire de l’homme. L’âme sans le corps est impuissante. Et le corps sans l’âme est impuissant. Pour des raisons différentes de perceptions.

J’ai étudié d’ailleurs avec un de mes maîtres le probléme des pieds – reguel – l’expression en hébreu est trés importante dans la Torah. Qui est le sujet vraiment ? la tête ou les pieds ? les pieds alikha et la tête qui doit dire la halakhah, l’un sans l’autre cela ne va pas.

 

Voilà donc le projet, c’est le Nefesh. C’est le Nefesh qui est suceptible de responsabilité morale. La Neshamah est innocente. Le Gouf est innocent. Il est soumis à son propre déterminisme. La Neshamah est d’un autre monde. Le lien entre les 2 fait apparaître la personne humaine, avec sa mémoire son affectivité, ses volitions, (je ne dis pas la volonté qui vient de la Neshamah), ses motivations... et c’est ce Nefesh-là qui est suceptible de la moralité. Le sujet. C’est le projet du Créateur.

 

Mais ce n’est pas tout, il faut aussi un environnement :

behemah varemes ve’hayeto-erets leminah vayehi-khen

et il en fut ainsi à peu prés

 

Vayomer Elohim totse ha'arets nefesh ‘hayah leminah

behemah varemes ve’hayeto-erets leminah vayehi-khen

l’animal, le rampant les bêtes sauvages et il en fût qu’ainsi.

 

La réalisation est au verset 25.

 

Vayass Elohim

Et Dieu fit...

 

Voilà ce que la terre lui a permit de faire. Le projet c’était Nefesh ‘Hayah et l’environnement avec la terre comme véhicule de la réalisation n’a pu laisser faire à Dieu que la bête sauvage selon son espéce et la bête « domestique » (pas exactement cela mais grosso-modo) selon son espéce, et tous les rampants de la terre selon son espéce.

Mais pas de Nefesh’Hayah ? La terre n’a pas réussi le projet du Créateur, il manque Nefesh ‘Hayah et pourtant Vayar Elohim ki-tov Dieu vit que c’était (suffisament) bon ?    

 

Au verset suivant :

26 - Vayomer Elohim na'aseh Adam

Dieu dit, nous allons faire l’homme

betsalmenou kidemoutenou

selon notre projet et l’image que l’on s’est faite de lui.

 

Je traduis ainsi, c’est un autre probléme unautre sujet, un jour on prendra 2 heures pour cela.

Je ne traduis pas comme les traduciton Goy habituelles.

Juste deux mots en français pour vois aider à voir l’importance du probléme : les traductions françaises traduisent betsalmenou kidemoutenou comme dessin au sens d’image. Alors qu’en hébreu cela veut dire le dessein au sens de projet.    

Le Talmud explique pourquoi il fallait préciser pour l’homme.

Dieu a dit : je vais faire l’homme comem je veux le faire, d’aprés Mon projet.

Le Talmud a expliqué cela dans une discussion avec les philosophes grecs : pourquoi pour l’homme Dieu précise-t’il qu’il va le faire comme Il le veut et pas pour le reste de la création ? Parce que pour tout le reste, cela peut être ramené à des principes simples alors que l’homme implique des principes contradictoires.

 

Les sages de la Grèce demandèrent combien de Dieu ont créé l’homme ? 

La Torah répond « un seul !».

 

Mais il fallait que la Torah confirme que l’homme est fait come Dieu l’a voulu parce que l’homme renvoit à des contradictions insurmontables : le bien et le mal, l’homme et la femme, etc...

L’homme est le lieu des contraires. Il faut le découvrir. Et la Torah est impitoyable, elle ne nous laisse pas faire semblant que c’est simple. Ce n’est pas simple du tout.

 

J’ai été l’élève de Wladimir Jankélévitch qui a forgé une expression philosophique trés claire pour définir l’homme : « l’impossible nécessaire ». Une créature monstrueuse qui existe quand même.

Impossible logiquement mais nécessaire et existant nécessairement. Il donnait comme image celle d’un couple sans amour mais condamné à ne pas divorcer. L’âme et le corps : tout ce que l’âme aime, le corps le déteste. Tout ce que le corps aime, l’âme déteste. Et ils sont condamné à vivre ensemble sans pouvoir divorcer, sous peine de mort. C’est le modéle du mariage impossible mais nécessaire. L’homme disait-il est « un monstre philosophique ». Et pourtant il existe nécessirement.

Donc il faut comprendre pourquoi : en vue de quoi, la finalité, la signification...

 

En tout cas d’un point de vue existentiel, c’est clair que il y a une impossibilité logique et existentielle. Alors la Torah devait confirmer que c’est bien Dieu qui a voulu créé l’homme comme

ça et en vue de quoi, on va l’apprendre dans tout l’enseignement de la Torah.

 

Mais la pensée naturelle feint de se rassurer dans l’illusion dualiste de deux puissances qui auraient collaboré à la création de l’homme. Dieu et le diable pour la tendance au bien et la tendance au mal.

C’est le dualisme.

 

Le Talmud nous oblige à être d’une lucidité impitoyable : c’est Dieu Lui-Même qui nous a créé homme et femme, Yetser tov-Yetser hara, pére et fils, moi et l’étanger, lui et l’autre... On l’apprend dans le Talmud.

 

La situation dramatique de la situation humaine c’est Dieu qui nous l’impose. Il n’y a pas d’échapatoire et on retrouve là l’Islam. Le bien c’est grâce à Dieu mais le mal c’est le Shitan.

Les Chrétiens disent Satan.

Alors que dans le judaïsme il n y a pas d’échappatoire : ni Dieu ni diable mais l’homme.

 

La morale n’a été fondée que sur la responsabilité du Nefesh. Il n’y a pas de délégation de responsabilité. Il y a toutes les nuances possibles, c’est une casuistique trés fine, cela s’étudie dans le détail, mais le principe en est trés clair ; c’est moi qui suis responsable de moi et il n’y a pas d’échappatoire.

 

Voyez quel était le projet du Nefesh ‘Hayah mais la terre n’a sorti finalement que le serpent : c’est-à-dire quelque chose qui est asymptote à l’homme, l’être de nature, je ne dis pas le Goy, c’est pire que ça, mais l’être de nature qui mime le projet de l’homme.

 

Il y a eu un tel mélange dans l’histoire qu’il est trés difficile de reconnaître qui est Adam et qui est Na’hash. Il faut deviner. Effectivement, il y a un grand mélange entre le projet du Créateur, qui est l’homme vraiment Nefesh ‘Hayah et pis l’être de nature qui se mélange au projet divin. Et ce tri finalement se fait à travers l’histoire. Avodat HaBirourim.

 

Voir le verset 26 :

Puisque la Terre n’a pas réussi à faire apparaître le sujet humain, Dieu le fait Lui-même en collaboration  avec la terre. Dieu prend le corps de la terre et donne l’âme de Lui-même. Il en résulte le Nefesh ‘Hayah.

 

Chapitre 2 verset 7 :

Vayitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah vayipach pe'apav nishmat chayim vayehi ha'adam lenefesh chayah.

 

Vayitser Adonay Elohim et-ha'adam afar min-ha'adamah

Et Dieu forma l’homme afar min haadamah

« Poussière de la terre » disent les traducteurs ? Imaginez que dieu créé tout normalement et dés qu’Il veut créér l’homme il prendrait de la poussière du balai ? On ne sait pas traduire Afar. D’aprés le contexte on se nourrit du Afar, c’est  le Afar qui, modifié par la fonction chlorophylienne...etc. devient le fruit que l’on mange. Il y a le Péri dedans.

Afar traduit par « poussière » mais contient Peri : ce qui est comestible dans la terre et les Goyim en ont fait la poussiére du sol.

La Torah décrit la création du monde et on imagine le Créateur prendre la poussiére ?

 

Vayipach pe'apav nishmat ‘hayim.

Il insuffla dans son visage l’âme de vie

Vayehi ha'adam lenefesh chayah

Et l’homme devint personne vivante.

 

Ce Nefesh ‘Hayah qu’on attendait dans le 1er chapitre n’apparait qu’avec l’homme.

Je schématise : le projet c’est que le monde sorte de lui-même comme le disent les évolutionnistes, l’homme. Mais elle n’a pas réussi, alors Dieu intervient, c’est pourquoi il y a une différence de nature, une solution de continuité dans la chaine de l’évolution entre les  animaux jusqu’à l’animal le plus évolué et c’est l’homme de nature.

 

En fin de compte de la même matrice peut sortir soit Essav soit Yaaqov. Et le Midrash, impitoyable, va dire que Essav avait un serpent tatoué sur la hanche.

 

Ki lo na’hash béYaaqov car le serpent n’est pas dans Jacob

 

Et la Neshamah qui fait que l’homme c’est l’homme, sinon c’est mon professeur d’anthropologie qui avait raison...

 

Ce que je voulais indiquer : Lorsqu’on lit le texte de la Torah en hébreu, on s’aperçoit que la Torah a un discours différent de ce qu’on lit habituellement. Enormement d’objections issues des traductions ne mordent pas du tout sur le texte hébreu. C’est une des raisons pour lesquelles la parole hébraïque a traversé les civilisations. Nous sommes actuellement aux prises avec la civilisation occidentale contemporaine qui est une grande civilisation mais il faut parler hébreu.

 

Résumé :

 

Les registres de datation sont dans des perspectives complétement différentes.

 

L’une c’est la méthode expérimentale avec ces hypothése explicatives de plus en plus économiques ie. expliquant le plus grand nombre de phénoménes... mais il y a des postulats à la bases de ces explications

 

D’autre part un récit prophétique qui nous donne la généalogie depuis le 1er être que l’on appelle Adam jusqu’à nous.

 

Exemple :

Quel est cet être que la Torah appelle Adam et avant lequel c’est la préhistoire et avec lequel l’histoire commence ?

 

C’est l’être sensible au probléme moral. Dés qu’un être vivant est sensible à la pudeur, il s’appelle Adam. Avant lui c’est la préhistoire.

 

Le Talmud dit trés clairement : on enseigne la Torah qu’à ceux qui sont capables de pudeur.

La Torah ne réussit pas dans de nombreuses école juives parce que cela manque de pudeur tout simplement. La pudeur est le commencement de la conscience morale. Le commencement du sentiment moral : il faut recouvrir la nudité qui est exposée et vulnérable. C’est là que la conscience morale commence.  Cet être là s’appelle Adam. Avant c’est la préhistoire.

 

Q : La réalité du monde est la cruauté

R : L’histoire moderne vue à travers le diagnostic du moussar hébreu done aussi la réalité d’une préhistoire..

 

Q : comment différencier cette cruauté avec celle de l’ordre de l’extermination des Kenaîm ?

R : ce n’est pas dit comme cela. Il faut d’abord leur offrir la paix : les conditions de la paix sont les 7 lois morales de Noa’h. cela veut dire que s’il refuse la moral élémentaire alors c’est les pires sauvages. J’ai eu cette interrogation lorsque j’ai eu en face de moi les SS...

 

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BERECHIT CREATION ET ÉVOLUTION - Suite et fin

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/berechit_la_creation_et_l_evolution/cours_1
Face C
 

Il faut savoir de qui on parle lorsque laisse des serpents se multiplier. C’est à ce niveau-là que l’on parle. On ne parle pas de la guerre des flammand et des wallons.

Il faut être très clair. Surtout quand on voit des grands de la Torah se servir de la Torah pour justifier des conduites inadmissibles avec nos ennemis...

 

Q : pour cette datation, il y a une autre hypothèse que notre temps est relatif et que Dieu peut créer un univers sans difficulté

R : c’est une réalité : nous sommes un univers possible parmi des univers d’univers tous vivants. Ceci dit, il y a une alliance particulière entre le Créateur et nous  les terriens. Le temps des papillons ? Leur temps trés court relatif où il appillonnent c’est un monde entier ! Nous avons nous le temps humain. Judah Halévi : Nous avons en nous une capacité de nous poser des questions qui nous empêchent de vivre. Il nous faut discipliner cette pensée. La pensée humaine est assez mystérieuse. Elle a pour objet de mettre en question l’existence humaine. Il faut se méfier.

 

Etudiant chez le Rav Kook de nombreux antisionistes venaient poser des questions insidieuses.

Un Barour Yeshivah : Ai-je le droit de m’assoir dans l’autobus à côté d’une femme ?

Réponse  du Rav Kouk : Si cela te gêne cela t’est interdit !

L’esprit humain est capable d’hypothèse mais c’est une perte de temps.

 

Q : difference Erets et Adamah ?

R : Erets c’est la planète, Adamah c’est la couche de la terre qui est vivante et source de Adam et qui donne le fruit dont il se nourrit. Nous continuons à nous nourrir de notre origine qui est la Adamah (comme dans le ventre maternel). Le moderne civilisé occidental a perdu cette évidence. J’ai un respect énorme pour les paysans sur ce sujet-là. Ils savent de quoi il parle lorsqu’il parle de la terre. 

 

Q : tsniout comme commencement de la conscience morale ...

R : c’est à ce texte-là des 12 heures de la constitution de l’homme auquel j’ai fait allusion...

La pudeur est plus profonde chez les femmes. La conscience féminine est plus sensible à la pudeur que la conscience masculine. C’est une question étudiée par les rabbins. Parce qu’il y a un principe de la création que c’est ce qui était le plus profond qui est le plus en dehors.

Image kabaliste du mur : 2 parois dans la situation tragique de ne jamais se rencontrer : Dieu sépare le mur au milieu et inverse les faces pour qu’elles se rencontrent . Ce qu’il y avait à l’intérieur, qui était uni, est désuni pour que ce qui était désuni soit uni. Il en résulte que ce qui était le plus profond devient le plus exposé et le plus vulnérable. L’identité féminine est plus profonde que l’identité masucline, elle est donc plus sensible à la pudeur.   

 

Q : vous dites qu’on ne comprend pas la Torah mais on dit ... « dirvei torah kilashon bnei Adam »

R : si vraiment on est des Bnei Adam on comprendrait la Torah.

La Talmud nous dit avec humour lorsqu’on ne comprend pas : tu ne comprends pas parce que la Torah parle le langage des hommes... Si tu es vraiment Ben Adam tu comprendras.

 

<Fin> 

 

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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