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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 15:31

Parshat Bereshit (1992)

 

 

Q : Lors de la faute d’Adam harishon il n’avait pas encore reçu la loi morale puisqu’il n’avait pas encore mangé de l’arbre comment savait-il que c’était interdit ?

 

Q : Pourquoi commencer par le récit de la création du monde et le 1er homme ?

Pourquoi ne pas commencer directement avec Abraham ?

R : c’est la question que j’attendais : la question qui se pose aux commentateurs : pourquoi cela ne commence pas à la sortie d’Egypte ?

 

Q : Raison de la peur de Dieu après que Adam ait consommé du fruit de l’arbre ?

 

*****

 

R : réponse à la question sur le Ets Hadaat

Chapitre 2  verset 16

וַיְצַו יְהוָה אֱלֹהִים, עַל-הָאָדָם לֵאמֹר:  מִכֹּל עֵץ-הַגָּן, אָכֹל תֹּאכֵל

Vayetsav Adonay Elohim al-ha'adam lemor mikol ets-hagan akhol tokhel.

 

Je n’approfondis pas la préface à la question : de quoi s’agit-il dans ce jardin qui est donné à l’homme.

 

La dernière expression du verset précédent [Gn.2:15] :

וַיִּקַּח יְהוָה אֱלֹהִים, אֶת-הָאָדָם; וַיַּנִּחֵהוּ בְגַן-עֵדֶן, לְעָבְדָהּ וּלְשָׁמְרָהּ

Vayikach Adonay Elohim et-ha'adam vayanichehu vegan-Eden le'ovdah ouleshomrah

« pour le travailler et pour le préserver » et les commentateurs se demandent pourquoi le texte emploie un féminin puisque Gan est un masculin ?

 

La réponse c’est qu’il s’agit ici de la Torah : être au service de la Torah et de l’observer. Il y a là le principe des Mitsvot taassé : c’est Léovdah - et Mitsvot lo taassé c’est Leshomrah.

 

Pour élargir cette indication : la Torah nous est donnée comme une sorte de mode d’emploi pour transformer ce Monde-ci dans le Monde à Venir. C’est une formule nouvelle puisque les catégories classiques de ce Monde-ci et du Monde à Venir ne sont pas présentées de cette manière. Je ne le formulerais pas en termes de culture général pour ne pas brouiller le vocabulaire, mais ce Monde-ci a été créé comme une préface au Monde à Venir. Comme une préface nécessaire. Le mot de préface est emprunté au vocabulaire littéraire, il faudrait dire « étape préalable ». Il n’y a aucune indication, ni directe, ni indirecte (il y a des Midrashim qui le mettent en évidence ainsi que tout un chapitre de la Gemara de Shabat) concernant le Olam Haba. C’est d’ailleurs l’objet de toute une discussion entre les Saducéens et les Pharisiens.

 

Ce ne serait pas normal que la Torah ait à enseigner qu’il y ait un Olam Haba parce que la Torah ne s’adresse qu’à ceux qui sont dans le cas d’aller au Olam Haba pour en indiquer « le code de la route » si j’ose dire.

 

Ce n’est que très tardivement, lorsque le peuple Juif en tant qu’héritier de la nation hébraïque, qui elle avait les évidences immédiates et directes de la tradition hébraïque, lorsqu’il y eu une distance de temps plus grande avec les temps de la prophétie, que les rabbins ont jugé nécessaires de mettre en évidences les implications du texte pour, non pas démontrer l’objet des croyances d’Israël qui sont préalables à la révélation de la Torah - Israël existe déjà avec ses traditions quand la Torah lui est révélée. Il faut sortir du piège qui consiste à croire que la Torah est un livre qu’on a confié à un peuple de libraire, et la bible c’est la parole du Créateur du monde qui s’est adressé au seul peuple du monde qui était capable de l’écouter. Ce peuple existait avec ses cultures et traditions, avec sa foi et sa conception du monde. Ce que Dieu lui révèle au Sinaï c’est le code de la route pour réussir ce chemin qui va de Olam Hazeh à Olam Haba.

 

En d’autres termes : si la Torah avait à me révèler des évidences fondamentales de la foi comme Triat hametim ou Olam Haba, c’est qu’elle s’adresse à qlq un d’autre qu’à moi. C’est à la charge d’Israël d’expliquer cela aux non-hébreux qu’on appelle les goyim. Et qui eux ne sont pas censés avoir ces évidence dans leur conscience immédiate.

 

L’exemple que je donne habituellement est celle du pompier auquel on devrait révéler que l’eau éteint le feu: c’est qu’on ne s’adresse pas à un pompier...

 

La Torah n’est pas un cathéchisme de la foi. Elle s’adresse à ceux qui ont la foi pour leur enseigner comment réussir l’objectif de cette foi. La Torah n’est pas le livre d’un fondateur de religion, c’est le livre du Créateur lui-même, c’est trés différent.

 

Les Juifs les plus sincéres peuvent être pris au piège et s’imaginer que le judaïsme est une religion de ce type : premiérement il faut croire qu’il y a un Olam Haba. Mais cela n’est pas écrit, heureusement. Si les articles de foi étaient écrits cela ferait de la Torah un livret de cathéchisme.

 

La Torah est le mode d’emploi pour transformer ce Monde-ci en Monde à venir.

La Torah ne fait pas allusion au monde à venir de façon directe. Lorsqu’il est devenu nécessaire de rappeler à la mémoire du monde ces évidences hébraïques qui sont oubliées parce que le temps de la révélation devient un temps préhistorique, alors les rabbins se sont ingéniés à démontrer les implications du texte pour indiquer que ce texte qui ne parle pas du Olam Haba, au fond ne parle que de cela. Ce sont les Midrashim que l’on trouve dans le Perek ‘Helek de la Guemara de Sanhedrin.

 

Chapitre 2  verset 15

Vayetsav Adonay Elohim al-ha'adam lemor mikol ets-hagan akhol tokhel.

 

Je ne vais pas m’apesantir sur la préface à la question : Quel est ce jardin sur lequel il faut travailler et veiller sur ? C’est une étude trés importante en préface à la question posée que nous ne développerons pas.

 

L‘homme est placé dans le jardin avec la double consigne : לְעָבְדָהּ וּלְשָׁמְרָהּ

Mitsvot assé => leovdah

Mitsvot lo taassé => leshomrah

 

2:16

Vayetsav Adonay Elohim al-ha'adam lemor

 

Et voilà la 1ère consigne que Dieu va donner à l’homme. Ici le nom de Dieu est HM Elokim, nous n’allons pas approfondir.

 

mikol ets-hagan akhol tokhel.

De tout arbre du jardin, manger, tu mangeras

 

Le texte est trés clair : « de tout arbre du jardin manger tu mangeras ».

Y compris l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie. Comment se fait-il que par la suite, on va mettre en accusation l’homme qui a finalement obéi à cette consigne ?

 

Oume'ets hada'at tov vara lo tokhal mimenou

Et de la l’arbre de la connaissance du bien et mal tu ne mangeras pas de lui

ki beyom akholkha mimenou mot tamout.

Car du jour où tu en mangeras mourir, tu mourras

 

On lit comme s’il y avait écrit l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Ce serait le fait de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui donnerait à l’homme la connaissance de la différence entre le bien et le mal, alors comment se fait-il qu’on l’accuse d’avoir désobéi alors que ce n’est qu’aprés avoir mangé qu’il devrait savoir ce que signifie obéir et désobéir ? Mais ce n’est pas ce qu’il y a d’écrit. Il n’y a pas écrit « l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Il y a écrit « l’arbre de la connaissance du bien et mal ». Cela veut dire qu’il y a une essence dans le monde qui est le mélange des contraires. Bien et mal mélangés. Il y a une notion philosophique trés claire à ce sujet : l’ambiguïté. La réalité de notre monde est dans l’ambiguïté. Tout est à la fois bien et mal. Tout l’effort, premièrement de l’étude, deuxièmement de la pratique de l’homme, consiste à distinguer le bien et le mal de telle sorte de faire le bien et rejetter le mal.

 

Il s’est produit quelque chose qui fait que dans notre monde le bien et le mal sont mélangés. Cela n’a rien à voir avec la faute d’Adam harishon, quelque soit la manière dont on l’entend.

 

Vous voyez quelle est la différence de lecture : si le probléme moral se bornait à différencier le bien et le mal, sauf cas de perversion, l’homme serait naturellement porter à suivre le bien et à rejetter le mal. La difficulté du probléme moral vient du fait que rien n’est clair et que tout est ambigü.

 

L’exemple type de cette ambiguïté est le cas de conscience : lorsque deux devoirs sont en conflit et que l’on ne sait pas lequel des deux il faut suivre par privilége pour agir et c’est en général la difficulté du probléme moral des Tsadikim lorsqu’ils ont à choisir entre 2 devoirs et non pas lorsqu’ils ont à choisir entre le bien et le mal. La Talmud et Rambam sur ce sujet : un homme authentique de bonne santé mentale est aussi de bonne santé morale, à moins d’être pris parce que la tradition appelle le Roua’h Shtout, l’esprit de folie, qui va préférer le mal au bien. En réalité il y a une tentation qui vient du fait que le mal et le bien sont mélangés.

 

Et par conséquent il y a un premier effort préalable qui consiste à savoir distinguer le bien du mal.

 

Et c’est tout l’objet de l’étude de la Torah et c’est tout l’objet de la pratique des Mitsvot.

 

Les Kabalistes emploient la formule suivante pour indiquer cela : la Torah shébéalpéh est définie dans la Kabalah comme étant un effort  « léossi hatsolet méapsolet » sortir la farine du passoul

 

L’homme était doué de connaissance avant cette aventure du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal mélangé par consquent la question s’évanouit il s’agit d’autre chose.

 

Le Midrash donne trois interprétations du fruit :

Le raisin donc le vin, le blé donc la vodka, et la figue donc la bourkha...

Il s’agit d’un fruit qui donne de l’alcool et l’alcool a pour objet de faire le mélange entre le bien et le mal. Il s’agit ici de toute substance qui soit une cause d’intoxication spirituelle. Le Midrash est trés clair à ce sujet et il a un smakh à chaque fois. 

Bé ermad lahaskil cela renvoit à eshhkol qui est la grappe de raisin... etc.

 

Cela veut dire qu’il y a un accés à l’ambiguïté des valeurs et l’effort moral à faire et d’abord de distinguer où est le bien et où est le mal de telle sorte d’être disponible pour pouvoir choisir entre le bien et le mal.

 

En pédagogie élémentaire, les enfants avant de découvrir le monde des adultes, et ensuite les adultes oublient comment ils étaient en tant qu’enfant, sont des chevaliers du bien. Il rêve de sauver le monde. A un certain moment il y a un renoncement, on renonce à cette mission de sauver le monde parce qu’on ne sait pas comment s’y prendre. On voulait préférer le bien au mal, et voilà qu’on ne sait pas où est le bien et où est le mal ! (Talmud Brakhot 5)

 

Je répète : Il ne s’agit pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal mais de l’arbre de la connaissance du bien et mal mélangés. Donc la question tombe.

 

Question toujours en suspend :

L’homme a pour mission de se nourrir de tous les arbres du jardin, donc y compris l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie. Mais voilà que le verset 17 semble contredire le verset 16 :

 

Oume'ets hada'at tov vara lo tokhal mimenou

Et de la l’arbre de la connaissance du bien et mal tu ne mangeras pas de lui

ki beyom akholkha mimenou mot tamout.

Car du jour où tu en mangeras mourir, tu mourras

 

2ème question :

 

Chapitre 3 verset 22

Vayomer Adonay Elohim hen ha'adam hayah ke'achad mimenu lada'at tov vara ve'ata pen-yishlach yado velakach gam me'Ets haChayim ve'achal vachay le'olam.

 

L’ordre de manger tout arbre du jardin et de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et mal, est donné à Adam avant que ’Havah ne soit séparée de Adam. Et l’événement de la tentation de manger de cet arbre se produit aprés que ’Havah soit individualisée de Adam.

Cela joue un rôle extrêmement important.

 

3:22

Vayomer Adonay Elohim:  hen ha'adam hayah ke'a’had mimenou

Voici l’homme était (est devenu)  comme l’un d’entre nous

Lada'at tov vara

En ce qui concerne la connaissance du bien et du mal

ve'atah

Et maintenant

pen-yishla’h yado

De peur qu’il n’étende sa main

Velaka’h gam me'Ets ha’hayim

Et qu’il ne prenne aussi de l’arbre de vie

ve'akhal va’hay le'olam

Qu’il en mange et ne vive à jamais

 

On va apprendre de ce verset que Dieu va empêcher l’homme de prendre de l’arbre de vie parce qu’il avait déjà mangé de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il était intoxiqué par l’ambiguïté du mélange des contraires et que s’il mangeait de l’arbre de vie, il resterait pour  l’éternité dans la faute où il était. Ceci dévoile qu’il y avait un ordre : il fallait manger de tous les arbres du jardin, d’abord tous les autres, qu’on ne spécifie pas mais qui donne à l’identité humaine son contenu : nous devenons ce que nous mangeons : l’identité humaine est le résultat d’une distillation par manducation, si j’ose dire, du paysage extérieur. Mais d’abord se nourrir de l’arbre de vie, alors cette connaissance du bien et mal mélangés ne peut pas être nocive au point de mener à la mort, parce qu’on est déjà nourri de la connaissance de vie de l’arbre de vie et qu’on a la force de pouvoir séparer le bien et le mal.

 

En d’autres termes, la faute a été de manger de la connaissance du bien et mal avant de manger de la connaissance de l’éternité de la vie vraie qui est l’arbre de vie. La faute reste une faute dans l’ordre. Avant de manger de l’arbre de la connaissance, il fallait manger de l’arbre de vie. Qu’a fait le 1er homme ? Il a mangé de l’arbre de la connaissance de l’ambiguïté –l’arbre dans lequel la réalité des valeurs est mélangée. Et alors il connait l’ambiguïté des valeurs au niveau de la réalité, il connait cela et en est intoxiqué, il n’a que le choc de la mort qui peut l’en guérir.

 

Dans la société moderne, l’accés à la culture philosophique c’est l’accés à la connaissance du bien et mal mélangés : il faut d’abord avoir accés à la Torah et aprés la connaissance philosophique n’est pas nocive. Mais en inversant l’ordre, l’accés à la Torah ne peut rien, enfin ne peut pas ce qu’elle aurait pu si elle était avant. Sauf dans des cas trés exceptionnel de Teshouvah. 

 

Un des éléves du Rav Kook pére qui était le Nazir Rabbi David Hakohen za’’l était un professeur de philosophie qui a rencontré le rav Kook en suisse lors de la 1ère guerre mondiale. Le Rav Kook l’a mené à la Torah, et il a fait voeu de ne pas parler 6 mois par an pour expier les bêtises dites comme professeur de philosophie. On étudiait avec lui même lorsqu’il était en « taani dibour » en jeûne de parole. Il avait préparé sur sa table les livres avec des signets pour marquer les pages, et on suivait le Sifrei et à chaque question d’un éléve il avait prevu la question et marqué la page de la réponse.

C’était un homme d’une stature extraordinaire. Un des Talmid ‘Haver du Rav Tsvi Yehoudah.

 

Hen ha'adam hayah ke'a’had mimenou

Cela veut dire que Dieu dit que l’homme a accédé à la connaissance que les anges ont de cette réalité du monde.

 

Dans l’ordre de la réalité abstraite,  il est trés facile d’aménager la différence de polarité des valeurs, en bien et en mal. Dans l’abstraction, je contemple les notions des valeurs distinguées, mais dans la réalité tout est mélangé. Voilà que l’homme a accédé à cette connaissance dangeureuse.

C’est le germe de toute Apikorsiout.

Je suis tenté de vous faire étudier ce passage de la Guémara de Brakhot.

 

Il y a une autre lecture qui différe de celle de la Massoret :

Hen Ha'Adam Hayah Ke'a’had

Voilà que l’homme est devenu comme l’unique

Mimenou Lada'at Tov VaRa

C’est de lui-même qu’il tire la connaissance du bien et du mal

 

C’est ce qui s’appelle en philosophie « l’humanisme » : c’est l’homme qui se prend lui-même comme la mesure des valeurs. C’est l’homme qui décide où est le bien, où est le mal : d’où la gravité de la faute du 1er homme. La 1ère lecture mène à la 2nde

C’est-à-dire que si ayant goûté de la connaissance du monde, je ne le connais que dans cette ambiguïté du bien et mal mélangés, alors finalement il ne reste qu’une seule issue : c’est moi qui déciderais comment définir le bien et comment définir le mal. Voilà la réponse à la question.

   

[2 types de questions

- les questions d’ignorance résolues par l’érudition

- les fausses questions  qui viennent d’une mécompréhension du sujet. C’est plus difficile il faut arriver à faire comprendre que la question n’en n’est pas une  et qu’elle n’existe pas. Cela vient souvent du fait que même ceux qui lisent en hébreu pensent dans une langue « maternelle » français, anglais... qui véhicule des clichés d’une culture non hébraïque faussant la lecture. ]

 

Autre question posée:

Q : Pourquoi ne pas commencer à l’histoire d’Abraham ?

R : 1er Rashi sur Bereshit : pourquoi ne pas commencer à la sortie d’Egypte ?

[Rashi cite un midrash qui se trouve sous des formes différentes 7 fois dans la Torah shébéalpéh : les exégètes ont l’habitude d’expliquer ainsi : Amar Rabbi Its’haq : comme on sait que Rashi s’appelle Rabi Shlomo Yts’haqui (Shlomo Ben Its’haq) et qu’il y a une habitude chez les rabbins de commencer leur commentaire en rendant hommage à leur père. Amar Rabi Its’haq au nom de son pére. Pb : aucune source du Midrash ne mentionne un rabbi Ist’haq enseignant sur ce sujet. Entendu de mes maîtres : c’est un Midrash au nom de Rabbi Yanaï, Resh Youd en Rashé Tevot, un des copistes au lieu de lire R.Y. - Rabbi Yanaï a lu Rabi Yts’haq, le pére de Rashi...]

 

Voilà ce que les commentateurs ont posé comme question, et on va étudier la logique de la question plutôt que sa réponse.

 

« Il était nécessaire de faire débuter la Torah que par le verset « Ce mois-ci sera pour vous le 1er des mois ha’hodesh hazeh lakhem (verset 2 du chapitre 12 de l’Exode) parce que c’est la première des Mitsvot prescrite à Israël »

 

La logique : Si c’est le livre de la Torah, sa définition simple c’est les commandements. Par conséquent, il était nécessaire de commencer la Torah par la première des Mitsvot reçue par Israël.

Au moment de la sortie d’Egypte, lorsqu’Israël se constitue en nation et que la Torah va être révélée elle va commencer à être révélée par cette 1ère mitsvah. Les Patriarches ont reçu des Mitsvot mais n’étaient pas encore la nation d’Israël. Par conséquent le texte de la Torah  aurait dû commencer par ce verset 2 du chapitre 12 de Shemot. Apparement, la question que pose Rashi porte sur toute la préface qui s’étend depuis Bereshit jusqu’à la sortie d’Egypte.

 

Ce n’est que lorsque Israël est une nation, une collectivité que la Torah est révélée. Cela ne commence pas par Abraham qui est une personne individuelle. Il y a là une théme important : la Torah ne s’adresse jamais à l’individu comme individu. Ce n’est pas une religion du salut personnel ou individuel. C’est une religion pour une collectivité qui, seule, peut représenter l’universel.

 

L’autre modéle d’une religion qui prend un héros à l’échelle individuelle et qui exorte à l’imitation du héros, c’est par exemple le christianisme. Un héros est censé représenter le modéle et tout l’effort consiste à imiter le modéle... Il ne s’agit pas du tout de cela dans le judaïsme. La Torah se révèle à une collectivité qui doit être ce modéle-là. Et non pas imiter ou communier avec, symboliquement et magiquement. C’est trés différent. La notion de judéo-christianisme n’a aucun sens. Du moins cela n’a qu’un sens au niveau de la convivialité et de l’amitié entre Juifs et Chrétiens.

 

Pour la liturguie du judaïsme il n’y a aucun culte rendu aux héros individuels, que ce soit Abraham, que ce soit Moïse. Abraham a vécu dans sa vie individuel ce qu’Israël a vécu au niveau de la collectivité. Abraham a vécu sa sortie d’Egypte, c’est la sortie d’Our Qasdim. Il a vécu toutes les épreuves d’Israël dans sa vie individuelle. Mais nous ne trouvons pas la religion de l’imitation de la vie de Saint Abraham...

 

C’est l’histoire des païens qui prennent un modéle symbolique et le salut consiste à adhérer au modée de maniére magique.

 

J’ai intentionnellement choisi l’exemple d’Abraham pour indiquer que la geste d’Abraham est authentiquement un geste d’Israël et pourtant c’est intentionnellement que la tradition va nous interdire de faire passer le culte par un héros exemplaire. C’est pourtant le cas d’Abraham.

 

Cela veut dire que la Torah ne commence à être révéler que lorsque Israël est une nation, une collectivité. Parce qu’il s’agit du salut de l’humanité. L’humanité c’est l’universel humain et seul une collectivité peut représenter l’universel humain.

 

Il ne s’agit pas de faire une église des saints, une église des sauvés, une église des élus. Il s’agit du fait qu’un peuple a pris sur lui la tache de jouer le salut du monde à travers sa propre histoire au nom du salut humain. Et donc, il n’y a qu’une collectivité qui peut représenter l’universel et non pas l’individu singulier.

 

Il y a là une conception du judaïsme de la Torah qui est en porte-à-faux avec toute idéologie de secte religieuse. L’histoire d’Israël est celle d’un peuple et non pas l’histoire d’une église même si elle s’appelle synagogue. Il y a l’hérésie qu consiste à fonder une secte qui serait la secte des sauvés alors que Dieu s’est adressé à un peuple. Parce que c’est un peuple, dans sa vie de peuple, qui représente l’humanité dans sa vie d’humanité. Ce n’est pas une église ni une synagogue sur le modéle de l’église qui peut représenter l’humanité pour laquelle Dieu cherche le salut, c’est une nation.

 

Voilà pourquoi ce n’est pas Abraham mais c’est Israël. Et Rashi l’indique de maniére claire, disant : la Torah ne commence à être Torah qu’avec Israël.  

 

Tour ce qui se trouve avant est une sorte de préhistoire, y compris Abraham, par lequel on serait tenté d’indiquer le commencement de notre histoire. En fait le commencement de notre histoire c’est le 1er homme.

.../...
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***

 

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Published by Rav Léon Askénazi - dans PARASHAT HASHAVOUA
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