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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 15:25

Behar (1995)

 

Behar (1995) 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/behar_serie_1995/cours_1

Face A

 

chapitre 25

25:1-2

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe behar Sinay lemor

« Et Hashem parla à Moïse sur la montagne du Sinaï en disant :

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם--וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ, שַׁבָּת לַיהוָה

Daber el-beney Yisra'el ve'amarta alehem

parles aux enfants d’Israël et tu leurs diras :

ki tavo'u el-ha'arets asher ani noten lakhem

lorsque vous viendrez au pays que Je vous donne,

veshavetah ha'arets Shabat l'Adonay.

la terre shabatisera un shabat pour Hashem…

 

Cette Parashah commence par le rappel d’une précision importante concernant les lois de la Shémitah qui font partie des lois les plus importantes des lois de la Torah concernant la vie de la  société d’Israël en Erets Israël.

 

Noua allons voir de suite un commentaire qui précise pourquoi la raison pour laquelle il y a apparement une reprise du commandement de la Shémitah – c’est-à-dire laisser la terre en jachère la 7ème année - et toutes une série de dispositions d’ordre économique, en particulier le moratoire des dettes à la 7ème années qui ont pour objet le refroidissement de l’accélération économique.

 

C’est-à-dire que la disparité des classes sociales est essentiellement le résultat de l’affolement des structures économiques lorsqu’elles fonctionnent sans frein.

 

Dès que les sociétés fonctionnent suivant les lois qui régissent les marchés et en l’absence des lois stabilisatrices qui réintègrent l’égalité sociale, le fossé qu’il y a entre les classes sociales s’agrandit de plus en plus, comme simple résultat du fonctionnement économique de la société.

Les riches deviennent plus riches, et, pas seulement corrélativement mais objectivement, les pauvres deviennent plus pauvres. C’est un des grands dangers qui guette la société israélienne contemporaine qui à sa fondation était la plus égalitaire et théoriquement et concrétement. Depuis à peu près l’époque de la guerre des 6 jours, le souci du profit économique a pris le pas sur le modéle de l’idéal sioniste à proprement parler. Alors on s’aperçoit effectivement de ce phénoméne qui étouffe les sociétés modernes et contre lequel la Torah avait enjoint de lutter a priori par toutes ces lois dites de « justices sociales » et qui ont pour objet de freiner l’activité économique tous les 7 ans. Et ensuite à un niveau beaucoup plus globale tous les 50 ans, au Jubilée, où il y a une remise en jeu de l’égalité sociale à tous les niveaux.

 

Voilà très brièvement définie l’importance de ces lois de la Shémitah par lesquelles notre Sidra commence.

 

Nous allons lire les 1ers versets avec le commentaire de Rashi qui indique une des raisons pour lesquelles la Torah va reprendre ce principe de lois de la Shemitah qui ont déjà été indiquées dans la Torah. Et en particulier au début de la Sidra de Mishpatim avec la libération obligatoire des esclaves la 7ème année et sinon c’est malgré lui au Jubilé.

 

Rashi, en citant le Midrash Halakhah, le Sifré, montre non seulement que le principe des lois de la Shémitah mais tous les détails d’application proviennent du Sinaï.

C’est un Rashi difficile qui cite une source semblant nous confirmer quelque chose d’évident.

 

Pour ce qui concerne la révélation de la Torah au mont Sinaï toute la tradition ne fait aucune différence entre les principes et les détails. Nous y sommes tellement familiers qu’on oublie de s’étonner de cela. Mais il faut s’étonner du fait que le Midrash ait tenu à le mettre en évidence.

 

Ceci se rattache à la question classique : Pourquoi ce rappel de la Shémitah est-il mis explicitement au nom de la révélation du Sinaï ?

 

25:1

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe behar Sinay lemor

Et Hashem a parlé à Moïse depuis la montagne du Sinaï pour dire...

 

Quel est la signification de « Torah mi Sinaï » ?

Il y a différents niveaux de révélation de la Torah et il y en a un qui s’appelle Torah MiSinaï

 

ð   Torah mi Sinaï.

ð   Torah de Ohel Moed

ð   Torah de Arvot Moav (les Mitsvot données avant le Maamar ad Sinaï)

ð   Torah Mi de Rabanam

ð   Torah de Orayta

 

Il y a différent niveaux de révélation de la Torah et l’un d’eux s’appelle « Torah mi Sinaï ».

C’est un problème général très important.

 

Avot 1:1
Moheh Quibel Torah MiSinaï

 

La Torah du Sinaï est un niveau de la Torah qui est celle de la Gueoulah-délivrance.

La Gueoulah c’est la définition même de la foi d’Israël à tous les niveaux.

La Gueoulah est la fin d’exil.

 

Nous avons des versets qui rappellent cette notion de Gueoulah à propos de la Shémitah et à propos de toute notre Parashah d’ailleurs. Nous avons étudié une fois pourquoi la foi d’Israël, la Emounah d’Israël, s’adresse à Dieu comme Goël – libérateur - et cela veut dire libérateur de l’exil.

 

Il faut toujours partir des réalités concrétes et historiques de l’histoire d’Israël. Nous le verrons plus en détail tout à l’heure. A travers les 2000 de la Galout de l’exil. Très souvent les notions de base de la tradition sont devenues abstraites, désincarnées, et ont perdu leur signification concrète.

 

J’ai relu un texte d’un auteur important qui se base sur la première révélation à Abraham - Lekh Lekha - pour faire un très beau texte sur le dépaysement pour justifier l’exil. Lekh Lekha ce serait un appel au dépaysement : « va t’en de ton pays ! »

En filigramme la justification du judaïsme de la diaspora, alors que dans le texte c’est tout le contraire ! Il s’agit de quitter l’exil pour rentrer chez soi.

 

Il faut comprendre à quel point cette espèce de sublimation des réalités concrêtes des réalités d’Israël finit par devenir contradictoires.   

 

On a oublié cela à travers les 2000 ans d’exil que la foi d’Israël n’est pas la foi théologique (croire que Dieu existe, il vaut mieux en être sûr, pour les rabbins). 

C’est un problème qui ne préoccupe aucun texte traditionnel (un théologien n’est qu’un philosophe qui se prend pour un rabbin, l’obsession à prouver l’existence de Dieu cache un manque de foi d’une personne qui au fond est athée. Vous savez ce que révèle les obsessions).

 

On a oublié finalement que la foi d’Israël ce n’est pas ce qui est le problème de la foi chez les Goyim, la certitude que Dieu existe et que, par conséquent, la vie a un sens, le monde a un sens, étant donné l’état du monde, la Torah ne se cache pas de dire que l’histoire du monde a commencé par le chaos mais ce n’est pas fini. On ne se rend même pas compte de ce que veut dire la Torah en disant que le monde que Dieu a créé est un monde à l’état de chaos.

 

Le problème de la foi religieuse partout c’est de s’assurer que le monde a un sens. C’est ce que signifie la foi que Dieu existe chez les Goyim. Dans la Torah, cela n’a jamais été une préoccupation sérieuse. C’est infantile : comme si cela dépend que j’y crois ou pas que Dieu existe.

 

En réalité la foi d’Israël c’est autre chose : Une promesse a été révélée et la foi d’Israël c’est de faire confiance que cette promesse se réalisera. L’exploration des paroles révélées aux Patriarches et aux prophètes se résume à une chose fondamentale : l’exil prendra fin.

 

Tous les textes depuis Abraham jusqu’au dernier des prophètes : il s’agit de cela. Il y a un phénomène de tabou dans la conscience juive qui a oublié que l’objet de la foi d’Israël est la Guéoulah.

 

Le mot de Guéoulah qui va prendre des sens de plus en plus profonds, c’est d’abord cela. Il y a une donnée historique et ce cas particulier dans les peuples, le seul peuple à savoir ce qu’est l’exil. Et sa foi c’est que l’exil va prendre fin. Dieu qui se révèle au monde à travers Israël et promet que l’exil peut prendre fin.

 

On a étudié une fois l’importance métaphysique de cette donnée : la condition de créature est une situation d’exil. Cela explique pourquoi le monde entier s’accroche à la foi d’Israël chacun à sa manière pour essayer d’avoir ce rassurement quant au mal-être de toute créature se sachant en exil de l’Être.

 

Le niveau de la révélation de « Torah miSinaï » est relié à cette expérience de la Guéoulah que Dieu a promis : la situation anormale de la créature prendra fin et cela prendra un 2ème sens messianique qui est la rédemption (Gueoulah) de l’identité existentielle de la créature.

 

Mais qui dispose de la preuve que la Guéoulah-rédemption est possible ?

 

Seul Israël, dont l’histoire est la preuve que la fin de l’exil est possible, dispose de la preuve que la Guéoulah-rédemption est possible. Cela n’a rien à voir avec les sermons théologiques pour savoir si Dieu existe ou pas.

 

***

 

Retour au sujet :

Lien important entre la notion de « Gueoulah » et la notion de « Torah miSinaï » : C’est en sortant de l’exil d’Egypte que la Torah est révélée au Sinaï.

 

Alors, effectivement, toutes ces lois, dont la Shémitah est l’exemple, sont des lois qui vont dans le sens de cette rédemption qui met fin et qui va colmatter en attendant la rédemption finale des processus naturels qui mènent à l’aliénation.

 

Nous sommes ici préoccupés par l’aliénation de l’homme par la société du fait du fonctionnement des lois économiques. Du fait que dans toute société qui fonctionne, il y a inévitablement des aliénants et des aliénés, des maîtres et des eslaves, en termes actuels : des prolétaires et des capitalistes...etc.

 

C’est un problème qui a des références précises de savoir pouquoi la « Torah mi Sinaï » est reliée à la notion de Gueoulah. Cf. le 1er verset « Anokhi Hashem Elohekha ... qui t’a délivré du pays d’Egypte de la maison des esclaves »  C’est la référence essentielle qui montre ce lien.

 

Behar 25

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe behar Sinay lemor

« Et HM parla à Moïse sur la montagne du Sinaï en disant :

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם--וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ, שַׁבָּת לַיהוָה

Daber el-beney Yisra'el ve'amarta alehem

Parles aux enfants d’Israël et tu leurs diras :

ki tavo'u el-ha'arets asher ani noten lakhem

lorsque vous viendrez au pays que Je vous donne,

veshavetah ha'arets Shabat l'Adonay.

la terre shabatisera un shabat pour Hashem

 

Que je vous donne :

 

De tous les pays du monde le seul peuple auquel on conteste le lien à sa terre c’est Israël.

Il faut attendre que ce soit comme dans le livre d’Ester quand Mardochée dit à Ester : c’est pas toi qui t’occupe de ton peuple, mais cela vient d’un autre endroit « Maqom Aher »...

Fausse notion occidentale de « terre promise » thème non juif mais chrétien: « promis à condition que... ». C’est une invention anti-juive. La terre n’a pas été promise mais donnée. Il n’y a aucune référence où Dieu parle de la terre promise, c’est une invention des chrétiens. Mon ami André Chouraqui l’a appelé par un joli mot (repris par les Chrétien) « la terre de promission ».

 

Des notions chrétiennes qui pèsent sur les conscience juives des religieux qui ont des scrupules parce qu’ils ont appris leur judaïsme en terre étrangère : le droit à la terre d’Israël nécessiterait un mérite suffisant... etc. Il y a un pourrissement de la conscience parce qu’il s’agit d’une autre religion.

 

Il y a un messie qui vient avec la notion d’aboutissement, ou le messie qui revient et qui renvoie à la notion du temps cyclique et renvoie à Nietsche... Ce sont deux univers complétement différents  mais de nombreux humanistes juifs tombent dans le piège. Nombres d’humanistes juifs tombent dans le piège des clichés =>  Jérusalem berceau des 3 religions capitale à partager etc... C’est un idée fausse. Jérusalem a toujours été la capitale d’un état juif ou hébreu et jamais de rien d’autre.

 

Il se dévoile actuellement que si nous avons tous ces problèmes c’est que cela vient des Juifs eux-mêmes. Dès la sortie d’Egypte il s’agit d’un peuple rebelle. Subitement au bout de 2000 ans ces choses-là apparaissent. C’est rassurant car c’est la réalité de notre nature. 

 

J’illustrerais cela par une réfèrence dans la Guemarah :

« Mashia’h ben David (qui vient après Mashia’h ben Yossef qui est le Messie du rassemblement des exilés) viendra soit dans une génération où tout le monde est méritant « Shékoulo Zakaï » soit dans une génération où tout le monde déméritant »

C’est Gouzma - une exagération en termes talmudiques - lorsque cela surgit dans le Talmud il faut comprendre pourquoi ? Les rabbins s’expriment ainsi : cela signifie qu’il ne peut pas venir ?

Parce que cela n’existe pas une génération toute entière méritante ou toute entière déméritante!

 

Ce fut une idée déformée dans le shabatéisme (dans le monde séfarade) et le frankisme (dans le monde ashkenaze) avec l’idée que les justes empêchent le Messie de venir car la majorité de la génération était déméritante... Ce sont deux formes de  maladies de l’attente de l’impatience. La culture juive contemproaine est intoxiquée par ces choses-là.

 

L’explication simple de l’étude talmudique c’est Koulo Kérobo : chaque fois que la Mishnah ou Guémara dit un Klal, cela veut dire le Rov. Dire « Shékoulo Zakaï »  veut dire la majorité. Il y a un Mishkal. Le jugement c’est une balance. Il suffit qu’un plateau penche ou monte pour qu’il y ait décision 51=100 ou  61=120 à la Knesset des 120 membres.

 

La réponse de la Halakhah est très simple « Dor Shekoulo Roubo ‘Hayav » « si la majorité mérite alors la clause du mérite joue et le Messie vient. Si la majorité ne mérite pas alors Dieu décide, il faut que le Messie vienne quand même, au temps prévu. Qu’il vienne avant le temps fixé cela dépend du mérite. Sans mérite c’est au temps fixé.

 

Une deuxième référence c’est :  « Dayo lééved méevlo - Cela suffira à celui qui est en deuil d’être en deuil ». Talmud : De quel endeuillé parle-t’on ici ?

Réponse :  Israël ! Le deuil de l’exil sera insupportable alors il viendra.

Ou autre réponse : Dieu. C’est Dieu qui décidera de les ramener car Dieu aussi est en deuil quand Israël est en deuil...

 

***

 

La foi d’Israël lorsqu’elle se sublime de manière abstraite ne sait plus de quoi elle parle, mais en fait il s’agit effectivement de la Guéoulah, ie. de la fin de l’exil. Et j’ai relié à cela l’expression de « la terre promise ». Ce n’est pas la terre promise mais la terre donnée. En fait, le problème est de savoir pourquoi il faut confirmer à Israël que sa terre lui est donnée ?

 

Dieu s’adresse nombre de fois pour lui confirmer que la terre lui est donnée.

Si c’est sa terre, pourquoi faut-il confirmer qu’elle lui est donnée ?

Et nous savons que Erets Israël est la terre des hébreux. La référence est dans l’histoire de Joseph où le pays de Canaan est appelée Erets ha ivrim. Lorsque Abraham sort d’Our-Qasdim, de lui-même il va au pays de Canaan parce qu’il rentre chez lui. A quoi cela ressemble-t’il ? Dieu ne lui a pas dit où aller ! Alors si c’est la terre des hébreux, pourquoi faut-il que Dieu le confirme ?

On a laissé de côté la terre promise, mais la terre donnée doit-elle aussi être confirmée ?

 

Réponse : c’est parce que dans l’identité hébraïque de l’exil, il n’y a qu’une seule lignée qui deviendra Israël. L’identité hébraïque est beaucoup plus large que l’identité Israël sauf que ces lignées se sont perdues. Le modéle de cela c’est la famille d’Abraham. Toutes les dimensions de la famille d’Abraham sont les dimensions de l’identité hébraïque devenue araméenne en exil et qui s’est perdue en exil en devenant autre.

 

Nous avons étudié de différentes manières ces thèmes-là. Je ne prendrais pas trop de temps.

 

3 Niveaux de la promesse :

ð   1- Abraham

ð   2- Pas tout Abraham mais Isaac

ð   3- Pas tout Isaac mais Jacob qui devient Israël

 

A la sortie d’exil, toute la famille d’Abraham sort d’exil avec Abraham, mais c’est seulement à cette identité hébraïque qui deviendra Israël que sera confirmée que la terre des hébreux sera sienne.

Les autres ne sont plus hébreux.

Ishmaël par exemple, fils d’Abram, n’est pas hébreux mais fils d’araméen et fils d’Agar. Chez les Juifs on nait d’autre part comme le fils de sa mère, c’est la 1ère référence chez les Juifs.

D’où le sait-on ? Comparons Ishmaël et Isaac : Ils ont même père Abram-Abraham bien qu’à 2 niveaux différents. C’est bien le côté de la mère qui fait l’identité.

Agar => Ishmaël

Sarah => Isaac

Donc cela vient bien de la mère !

 

C’est la terre donnée et non promise.

Il s’agit d’être Israël, c’est la seule condition. Les promesses sont faites à Jacob et la clause pour qu’elles se réalisent c’est qu’il devienne « Israël ».

Et Israël c’est ve amekh koulam tsadikim

 

Retour à la Guémara :

La génération toute entière méritante ou toute entière déméritante...

Le verset cité « et ton peuple tout entier est juste » veamekh koulam tsadikim

Lecture du Rav Kook : « ve amekh koulam, tsadikim ! » - quand ton peuple est tout ensemble ce sont des Tsadikim »  

 

***

Fin du verset :

ki tavo'u el-ha'arets asher ani noten lakhem

lorsque vous viendrez au pays que Je vous donne,

veshavetah ha'arets Shabat l'Adonay.

la terre shabatisera un shabat pour Hashem

 

« lorsque vous viendrez au pays que Je vous donne la terre fera Shabat... »

C’est la notion de Shabat qui est liée à celle de Guéoulah comme nous allons le voir avec un autre verset.

 

Mais d’abord la 1ère question :

Quelle est la nécessité de rattacher la notion de Shémitah à celle de Torah mi Sinaï ?

 

Rashi :  

« Quel est le lien entre la Shémitah et l’allusion au Sinaï ? »

« mah inyan shemitah etzel har sinai ?»

 

« quel est le sens du sujet de la Shémitah reliée au Mont Sinaï ? »

(Cela est devenue une expression traditionnelle en hébreu pour signifier deux choses sans aucun rapport)

La question se pose vraiment : la Shémitah est dans Erets Israël et la Torah Mi Sinaï au désert du Sinaï. Pourquoi donc les relier ? Il n’y a pas de Shémitah possible au désert....

 

Toute la Torah ne concerne que la terre d’Israël.

On pratique en dehors ce que l’on peut pour ne pas l’oublier quand on va y aller...

Na’hmanide : Les Mitsvot n’ont force de Qdoushah qu’en Erets Israël. Il y a des niveaux. Il y a des Mitsvot que l’on en peut pratiquer qu’en Erets Israël (dont la Shémitah par exemple).

Ce sont les Mitsvot qui dépendent du pays (et non pas le pays qui dépend des Mitsvot). 

 

Les Mitsvot qui préservent l’identité d’Israël ont force de loi également en Galout mais pas avec le sens qu’elles ont pour la Torah, ce sont des Mitsvot de conservateur. Mitsvot conservatoires.

 

Une fois en Erets Israël, alors la Mitsvah prend tout son sens. C’est vrai de toutes les Mitsvot dit Na’hmanide. Les faire en ’Houts Laarets pour savoir comment les pratiquer lorsque l’on reviendra en Erets Israël. Na’hmanide dit que la Torah a été donnée par Elohé haArets.

Baroukh ha maqom baroukh hou baroukh shé matan torah leIsraël

Et Maqom c’est Erets Israël. Cette notion était très connue par les anciens.

Ce que l’on trouve corrolairement chez Les Romains, avec le droit du sang le droit su sol, « la religion dépend de la région ».

 

Les SaRIM qui dirigent les peuples les dirigent d’après leur géographie.

Si on se trouve dans la géographie d’un peuple, on se trouve sous l’influence de tel ou tel SaR qui est le SaR du peuple en question.

 

Cela a repris une importance évidente depuis le retour au pays, et il y a une consigne chez les rabbins de ne pas parler de cela en diaspora.

 

Le juif israélien en vacance à l’étranger perçoit le caractère artificiel du judaïsme de la diaspora. Plus c’est pieux et plus c’est caricaturé.

 

Je me souviens d’un enseignement du Rav Kouk : un juif normal est pieux et un goy normal n’est pas pieux. Pour qu’un juif devienne non-pieux il faut qu’il soit anormal. Et pour qu’un Goy soit pieux il faut qu’il soit anormal. Les Goyims se déguisent pour faire pieux et mettent un masque, pour faire pieux et le juifs de la Golah imitent les sorciers. En général c’est un masque triste. Dans la culture grecque, les masques de la piété sont des masques diaboliques. 

 

Il y a une noblesse de la piété naturelle qui se ressent de suite, et puis il y a cette caricature du masque de la piété qui est le masque de la défigure du sorcier.

 

Sans généraliser, il y a aussi des vrais Hébreux parmi les Juifs de diaspora et inversèment des Juifs parmi les Hébreux israéliens...

 

Rashi :

« N’est-ce pas toutes les mitsvot qui ont été données au Sinaï ? »

 

On a apprend de cette Parashah un principe important sur les Mitsvot : le fait qu’ici la Torah a indexé les Mistvot de la Shémitah dans le détail à l’indication sur le mont Sinaï.

« De même que pour la Shemitah, les détails et les principes généraux sont donnés au Sinaï, de même pour toutes les Mitsvot dans leur détails et leurs principes »

 

Voilà le problème : on pourrait penser que n’a été donné au Sinai que les principes généraux et que tous les détails d’applications des Mitsvot ne sont pas du Sinaï ? Dans le sens de signification « Torah MiSinaï » = « Torat HaGuéoulah ».  Ici il s’agit d’un Midrash pharisien formulé intentionnellement contre la position idéologique des Saduccéens que l’on retrouve un peu chez les libéraux et les conservateurs et surtout dans la Haskalah de ces penseurs religieux du 19ème siècle en Europe. Ils suivent l’idée que les grands principes sont du Sinaï mais que les détails casuistiques d’application des différents cas particuliers n’ont pas été révélés.

…/…

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***

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