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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 12:52

Behar (1984)

Behar (1984) 1ère Partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/behar_serie_1984/cours_1

Face A

 

Chapitre 25 de Vayiqra.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר

25:1 Vayedaber Adonay el-Moshe behar Sinay lemor

 

Ce soir Lag Baomer.

Coutume d’allumer de grand feux de camps le soir de Lag Baomer

Très ancienne tradition que nous trouvons dans le Midrash se référant à la génération de la tour de Babel où il y a eu un projet de l’humanité de conquérir le ciel. Nous sommes à une époque très analogue avec les projets de la guerre des étoiles... J’ai étudié à ce sujet des Midrashim qui parle de véritables rampes de lancement, et en particulier la Tour de Babel aurait été une rampe de lancement.

Il y a pu avoir des époques de développement de civilisation qui sont arrivées à un stade tel que la manière dont la Torah formule ce projet de l’humanité de conquérir le ciel à l’époque de la Tour de Babel et les Midrashim parlent vraiment du fait que l’humanité avait déclaré la guerre aux étoiles…

 

Cela se passait pendant la période du Omer. A Lag Baomer les enfants tire à l’arc.

Folklore...

 

***

 

Etude d’un thème de la Parashah.

Lecture des 1ers versets et question classique que le Midrash pose : la Torah a ici jugé nécessaire de nous donner un enseignement qui serait relié aux pratiques que toutes les Mitsvot de la Torah ont été données au Sinaï non seulement dans leurs pratiques, dans la formulation générale du principe de la Mitsvah que les dix paroles, les principes généraux qui englobe l’ensemble de toutes les Mitsvot.

 

Ce thème que toutes les Mitsvot sont du Sinai est un thème qui d’autre part va de soi. La question se pose de comprendre pourquoi la Torah a tenu à indiquer cela de la manière dont elle le fait effectivement dans notre Parashah. Dès le 1er verset :

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר

Vaydaber HM el Mosheh béhar Sinaï lémor  

Et Dieu a parlé à Moïse sur la montagne du Sinaï pour dire

 

… un ensemble de Mitsvot particulières concernant l’organisation de la société hébraïque selon la loi biblique, la loi de Moïse, et en particulier le principe de la Shémitah : il ya 6 ans d’activité économique habituelle et normale qui est suspendue la 7ème année qui commence par la 1ère  loi de la jachère des cultures : le Shabat de la terre.

 

Il y a un principe de calendrier qui est repris : de la même manière que au niveau du calendrier de la semaine le rythme est de 6 jour plus un 7ème - Shabat - qui est le repos de l’homme, apparait ici au niveau des années, le rythme de 7 fois 7 années – et la 50ème année c’est le systéme du jubilée. Il y a un rite analogue au niveau de la gestion de la société et en particulier centralement relié au principal probléme le plus important de la société qui est le probléme économique. 

 

La loi du Shabat => reconnaissance par l’homme du principe du Créateur avec implication au niveau de la vie hébraïque et au niveau du problème central de la vie économique.

 

Distinction de vocabulaire pour les notions de groupe humain :

Différence de définition des critères selon lesquels on définit un groupe humain. En vue de quoi il se constitue en groupe ? Et c’est donc le problème de la société. Et tous les problèmes des relations inter-sociales que le fait de société pose, et au sujet duquel la Torah va légiférer et dans son projet de sainteté et des Mitsvot en particulier dans le livre de Vayiqra.

 

Le vocabulaire de l’école française de sociologie est très précis à ce sujet :

Il y a 2 manières de définir un groupement humain :

 

ð   soit les hommes se groupent autour d’un idéal et il s’agit d’une communauté.

En hébreu c’est la éda,

 

ð   soit ils se groupent autour d’un intérêt et il s’agit d’une société, en hébreu c’est le qahal.   

 

Effectivement, lorsqu’un groupe humain se définit comme réunis autour d’un intérêt c’est tout le problème de la société qui se pose et le problème central est évidemment le problème économique.

 

C’est la raison pour laquelle cette loi de l’introduction de la loi du Shabat au milieu des relations sociales au niveau de l’histoire d’une société va d’abord porter sur le problème économique.

 

Pourquoi la Torah a-t’elle jugé nécéssaire de rappeller que toutes les Mitsvot étaient du Sinaï ?

Est-ce que cela ne va pas de soi ? Et d’autre part pourquoi le rappeler à propos des Mitsvot de la Shémitah ? Ce fait de suspendre l’activité économique la 7ème année : c’est-à-dire la loi du Shabat au niveau de la société et non plus seulement au niveau de l’individu, et la loi du Shabat au niveau de la société concernant le probléme économique. ici c’est le fait social par excellence. Cela veut dire que c’est le phénomène autour duquel le fait de société se constitue et sur lequel il se fonde.

 

On peut se demander pourquoi la manière d’exister de l’homme consiste à être donné au problème économique : le problème au niveau philosophique n’a à ma connaissance jamais reçu de réponse à proprement parler. Le problème important qui est à la source de la difficulté de la régularisation des relations intersociales, les problèmes de la société elle-même, c’est le fait que l’homme doive manger pour vivre.

Nous sommes donner, dans notre existence de créature, à résoudre un problème qui philosophiquement est un mystère : le problème économique. Le fait qu’il faille manger pour vivre, c’est la cause de toutes les difficultés du fait social, parce que c’est le problème économique qui fonde la difficulté du fait social.

 

A la limite, le phénomène de guerre des sociétés entre elles ou même la guerre à l’intérieur des sociétés, provient entre autres selon la tradition biblique de la rivalité économique.

Cf. au niveau de la langue l’identité des termes Le’hem  - Le’hamah. Tout se passe comme si une des raisons qui mène à la Lé’hamah la guerre c’est le problème de l’intérêt économique ou de la rivalité économique.

Quelles que soient les motivations des idéaux avancées pour justifier de la guerre entre différentes communautés, il y a derrière en jeu des intérêts au niveau du fait des sociétés. Il y a souvent le Le’hem comme cause de la Lé’hamah

 

Il y a une étymologie plus profonde que ce lien entre Lé’hamah et Lé’hem : le fait d’obtenir son pain est en soi une guerre.

 

Quoiqu’il en soit il y a là une indication qui nous permet de percevoir le problème plus central : en quoi le fait de société est d’abord relié au problème économique. Cf. le vocabulaire de l’analyse marxiste : le problème économique est un des leviers les plus important de l’histoire.

 

Question métaphysique: comment la manière d’exister de l’homme peut-elle être handicapée à priori par le fait que pour exister il a à résoudre ce que nous appelons le problème économique ?

 

Sans le problème économique, le problème des relations au niveau de la société au niveau des valeurs morales seraient amélioré de façon radicale.

 

Il est significatif de voir que dans les précisions messianiques reprises dans l’enseignement du Talmud c’est toujours lié : le fait que lorsque les valeurs morales deviennent réalisées c’est une ère où le problème économique n’existera plus.

 

Des Midrashim décrivent l’état du monde dans les temps messianique où il n’y a plus de problèmes  économiques et où les hommes sont heureux car ils peuvent enfin pratiquer dans l’ordre des relations intersociales le commandement d’amour et le commandement de justice ...etc.

 

Cela répond d’autant plus à la question métaphysique de savoir pourquoi l’homme est un homo-oeconomicus ? Quelle en est la finalité ?

 

Dans l’enseignement du récit biblique : le Créateur a créé sa créature homo-oeconomicus.

Une des relations entre Adam et Adamah, c’est que l’homme doit travailler la terre pour pouvoir vivre.

 

Y-at’il une réponse à cela ?

On ne trouve pas de réponse à cette question suite à l’exploration des systèmes philosophiques. Les valeurs qui sollicitent la conscience dépendent finalement de la solution du problème économique : un philosophe qui a faim est un philosophe qui ne pense plus. La philosophie ne pose pas cette question-là car elle n’a pas de réponse à lui donner. « Primum vivere deinde philosophare »

 

Alors que nous voyons que la Torah ne s’occupe pratiquement que de cela : la première chose dite à Adam une fois Adam constitué en tant que homo-historicus c’est de dire « comme cela tu manges et comme cela tu ne manges pas... ». Le fait de nourriture humaine est un phénomène important dans les catégories de la Torah, avant même d’aborder les catégories de nourritures Kasher ou non Kasher.

 

L’homme est constitué avec la nécessité de manger pour vivre et c’est le fait de manger qui continue ce fait d’avoir été créé existant.

 

La réponse de la Torah est très simple : en réalité dans ce monde-ci nous avons été donné au problème moral. Le problème économique est la base existentielle du problème moral. Toutes les interpellation de la moralité se fondent finalement sur une situation de relation économique.

C’est à propos du problème économique que le problème de la moralité va être basé.

 

Nous comprenons pourquoi la Torah va établir un lien dans l’ordre du projet de sainteté entre les valeurs de la justice dans la société et d’autre part la manière dont le problème économique sera réglé. C’est à propos du problème économique qu’elle nous formule les Mitsvot du projet de sainteté.

 

Sans le fait économique le problème de la moralité n’aurait aucune prise sur l’existence : ce serait le problème de la contemplation des intentions morales et non le problème concret de la preuve à faire d’être Tsadik ou Rashâ. Nous sommes donnés à cette situation existentielle d’avoir à manger pour vivre parce que nous avons à être interpellés au niveau de la moralité.

 

Nous comprenons pourquoi la loi du Shabat au niveau du fait social va nous être donnée à propos de la question de la nourriture.

 

On peut donc lire les débuts des versets avec toujours en tête cette question que je voudrais analyser en premier lieu : Pourquoi est-ce à propos de ces lois-là de la Shémitah concernant la régularisation du problème économique que la Torah rapelle que toutes les lois de la Torah sont du Sinaï ? Qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi la Torah a-t’elle jugé nécessaire de rappeller que toutes les Mitsvot étaient du Sinaï ? Est-ce que cela ne va pas de soi ? Et pourquoi le rappeler à propos des Mitsvot de la Shémitah dans le cadre de la régularisation de l’activité économique ?

 

A lire parallèlement avec le 1er verset de parashat Mishpatim chapitre 21 de l’Exode, Parashah qui suit immédiatement les 10 commandements. Donc c’est très parallèle.

 

Lois de Shemitah :

Il y a là une vision des choses jamais appliquée dans une société humaine : empêcher l’accélération économique. Le fait de briser la tendance à l’accélération de la machine économique par ce rite du Shabat de la 7ème année et de la 50ème année. Or, c’est bien l’accélération économique qui mène finalement à la rivalité : un des échecs de la relation entre le problème économique et le problème moral  provient de cette accélèration économique qui accuse l’inégalité sociale.

 

Il y a une sorte de moratoire des différences qui se fait de façon perpétuelle et qui régularise cette relation entre le niveau des capacités économiques et le niveau de mérite moral.

 

On pourrait objecter de façon très immédiate : est-ce qu’une société moderne comme l’état Israël pourrait faire fonctionner l’économie selon les lois de la Torah et appliquer ce refroidissement de productivité économique de façon hebdomadaire et septennaire ? On peut formuler l’objection en argumentant qu’il n’est pas possible d’arrêter de travailler chaque Shabat et d’arrêter la production agricole tous les 7 ans. On pourrait donc en conclure qu’un état moderne selon les lois de la Torah c’est impossible.

 

2 réactions sur ce problème :

 

ð   ceux qui veulent un état moderne et non celui décrit par la Torah.

ð   et ceux qui veulent l’état décrit par la Torah et non de l’état moderne.

 

Les éléments cités-là dont dans un livre réalisé par le Rav Kasher auteur de la monumentale encyclopédie Torah Shlemah. Le verset - les trois Targounim -  Rashi et toutes les citations de la Torah Shébéalpeh concernant ce verset. C’est une oeuvre monumentale qu’il n’a pas encore achevé. Son fils la continue. Déjà 35 volumes et pas encore a la moitié du ‘Houmash...

C’est une oeuvre prodigieuse, on se demande comment un homme a pu rassembler et systématiser toutes ces sources. En particulier les Midrashim Yéménites trés rares qui nous sont restitués par cette édition-là. La tradition yéménite remonte à l’exil du 1er temple.

 

Il a édité immédiatement après la guerre des 6 jours, une anthologie qui s’appelle « Hatekoufah guedolah » (la grande époque - 1967) sujet de la nature messianique de l’état juif sioniste, et il édite énormément de documents plus ou moins inédits de toute la controverse qu’il y a eu dans le rabbinat européen essentiellement autour du sionisme naissant...

 

Une des raisons la plus souvent avancée par les rabbins orthodoxes pour nier l’éventualité de l’idée d’un état sioniste c’était la nécéssité de la Shémitah qui, étant impossible à pratiquer, invalide l’état sioniste. Même raisonnement pour le Shabat déclaré impraticable dans l’état sioniste....

 

Les arguments les plus sérieusement avancés :

Scrupule vis-à-vis de la Shémitah et la difficulté d’envisager, vue notre éducation culturelle contemporaine, un rituel théorique du rétablissement de l’accélération économique systématique dans un état moderne.

 

Je crois que le problème doit s’inverser car c’est vraiment l’intention de la Torah : briser cette accélération économique. Il faut un changement de mentalité radicale. L’intérêt n’est pas que les haux fourneaux continue de brûler Shabat, l’intérêt de la Torah c’est qu’on éteigne vraiment le processus économique  de telle sorte d’éviter cette accélération.

 

C’est intentionnelle et donc l’objection ne tient pas à la racine : cette objection qui consisterait à dire qu’un état moderne qui pratiquerait les lois du Shabat de la Shemitah ne pourrait pas être compétitif au point de vue économique. Mais c’est précisément l’intention de la Torah d’empêcher cette accélération de la vie économique qui finalement éloigne complétement le problème moral de la vie.

 

Le problème devient de nouveau un problème de Pikoua’h Nefesh au niveau de la société, c.à.d. un cas de force majeur où les lois de la Torah doivent être suspendues parce que la vie de l’homme serait en question. Le problème se pose uniquement vis-à-vis des sociétés extérieures : les compétitions entre sociétés fait que les lois de la Shémitah défavoriseraient Israël au niveau de sa compétitivité internationale.

 

Mais si la Torah était la constitution de la société israëlienne, alors ce serait le rôle des rabbins du temps d’établir les limites du Shabat et de la Shémitah : suivant le principe d’aménagement de la Mitsvah si elle conduit à un désastre économique.

 

Dans les détails de l’application pratique comment faire fonctionner une société moderne avec les lois de la Shémitah ?

 

Du point de vue du principe lui-même cela est vraisemblable et nécessaire : stopper l’accélération économique pour empêcher les inégalités sociales.

 

C’est intentionnellement que la Torah veut nous faire comprendre que le projet central du livre de Vayiqra au niveau de la société est relié au problème que pose l’économie, en particulier le probléme de l’agriculture à la base de l’activité économique.

 

Il n’y a pas seulement l’expérience de la sainteté au niveau individuel, qui dans l’ordre du temps ou de la durée c’est le Shabat de la semaine où l’homme est en situation de sainteté.

Il y a aussi l’expérience de la sainteté uu niveau de la société : l’expèrience de la sainteté se passe tous les 7 ans, période pendant laquelle la société vit le Shabat en tant que société.

 

La vie de la Galout a conduit a la perte de sens de cette idée puisque nous n’avons jamais vécu en tant que société mais en tant que communauté : nous ne connaissions que le Shabat individuel au niveau de la vie de communauté, sans connaitre l’expérience du Shabat au niveau de la société et des problèmes de la Shémitah.

 

Cela dépasse le problème de la régularisation économique qui n’est que le véhicule du problème moral qui est lui-même le levier de l’accés au projet divin.

 

Nous n’avons jamais expérimenté cela dans la vie de la Galout mais c’est le projet de la société messianique.

 

Il y a énormèment de préalables pour que ce problème soit compris. Il y a une éducation  préalable dans le sens culturel élémentaire sur la signification des principes au niveau les plus généraux de la finalités des Mitsvot de la Torah lorsqu’elle parle de la vie sociale. 2000 ans de vie en Galout a déshabitué le peuple de cette évidence que la Torah est à comprendre à ce niveau-là et chacun s’est finalement habitué à l’expérience de vie religieuse au niveau individuel. D’où toute une éducation à refaire.

 

***

25:1-3

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר

Vayedaber Adonay el-Moshe behar Sinay lemor

« Et Hashem parla à Moïse sur la montagne du Sinaï en disant :

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם--וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ, שַׁבָּת לַיהוָה

Daber el-beney Yisra'el ve'amarta alehem

parles aux enfants d’Israël et tu leurs diras :

ki tavo'u el-ha'arets asher ani noten lakhem

lorsque vous viendrez au pays que Je vous donne,

veshavetah ha'arets Shabat l'Adonay.

la terre shabatisera un shabat pour Hashem

(non pas traduire « se reposera » mais « cessera d’être le facteur d’activité de la société humaine »  )

 

שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ, וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמֹר כַּרְמֶךָ; וְאָסַפְתָּ, אֶת-תְּבוּאָתָהּ

Shesh shanim tizra sadecha

veshesh shanim tizmor karmecha

ve'asafta et-tevu'atah.

6 années tu ensemenceras ton champs

et 6 années tu tailleras ta vigne tu engrengeras ta récolte

וּבַשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת, שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ--שַׁבָּת, לַיהוָה:  שָׂדְךָ לֹא תִזְרָע, וְכַרְמְךָ לֹא תִזְמֹר
Ouvashanah hashvi'it Shabat Shabaton yihyeh la'arets Shabat l'Adonay

sadecha lo tizra vekharmekha lo tizmor

mais la  7ème années il y aura un shabat absolu pour Hashem

ton champs tu ne l’ensemmenceras pas, ta vigne tu ne la cultiveras pas... »

 

Je vous lis un verset qui va faire allusion au Shabat de Bereshit : 

Hashem a d’abord donné le jour du Shabat et ensuite l’a sanctifié :

 

Chapitre 25 verset 20 :

וְכִי תֹאמְרוּ, מַה-נֹּאכַל בַּשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת:  הֵן לֹא נִזְרָע, וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת-תְּבוּאָתֵנוּ
Vekhi tomrou mah-nokhal bashanah hashvi'it

hen lo nizra velo neessof et-tevou'atenou.

Et si vous dites à la 7ème année « que mangeront nous ? »

Nous n'avons pas planté et nous n'avons pas récolté les cultures ?

 

Réponse au verset 21:

וְצִוִּיתִי אֶת-בִּרְכָתִי לָכֶם, בַּשָּׁנָה הַשִּׁשִּׁית; וְעָשָׂת, אֶת-הַתְּבוּאָה, לִשְׁלֹשׁ, הַשָּׁנִים

Vetsiviti et-birchati lakhem bashanah hashishit

ve'asat et-hatvu'ah lishlosh hashanim.

« Je leur donnerai ma bénédiction pendant la 6ème année »

 

(la 6ème année vous aurez une récolte de bénédiction de telle sorte que vous puissiez l’utiliser la 7ème année.. de la même façon que le 6ème jour il y avait double Brakhah car le 7ème jour il devait y avoir Qdoushah.)

 

Cela veut dire que la pratique des lois de la Shémitah est pensable, possible. S’il y a abondance il peut y avoir refroidissement de l’économie. L’objectif et le souci de la Torah n’est pas au niveau économique (productivité et rentabilité économique agricole) mais moral.

 

Résumé :

On a entrevu le Shabat au niveau de la société

On a compris que pour la Torah ce n’est pas utopique : elle donne une solution pour empêcher que l’accélération économique brise le niveau moral d’une société.

Nous sommes à la veille de Shavouot et le 1er verset de Rout éclaire de façon étonnante notre situation actuelle dans la société israélienne contemporaine:

 

וַיְהִי, בִּימֵי שְׁפֹט הַשֹּׁפְטִים, וַיְהִי רָעָב, בָּאָרֶץ

« Vayehi... Et ce fut au temps des juges, il y eut une famine dans le pays... »

 

Le Midrash et la plupart des commentateurs surtout Rashi se demande quel est le lien entre les 2 informations ? C’était au temps des juges, il y eut une famine dans le pays... ?

Si c’était purement narratif, le texte donnerait une simple information chronologique, mais la manière dont le récit est formulé montre que pour le texte il y a un lien entre ces deux faits : le temps des juges et ce déréglement de l’économie . 

« Vayéhi bimei et ce fut au temps de » avec l’expression « Vayhi et ce fut » qui selon l’analyse talmudique annonce toujours un malheur : le malheur ce n’est pas que c’était le temps des juges mais le malheur c’est la famine. Or, la famine était au temps des juges.

Le Midrash a son niveau Pshat : « C’était le temps où l’on jugeait les juges »

Le Pshat du Midrash se relie à l’apologue du Talmud : lorsqu’un juge disait à une homme : « Enlêve la paille que tu as dans ton oeil », l’homme lui répondait « commence par enlever la poutre du tien ».

 

Il y avait un état tel de la moralité au niveau de la légalité que l’on mettait en question l’intégrité des juges : et par consèquent l’absence de justice dans la société dérègle le fonctionnement économique.

 

Inversèment, un déréglement de l’économie est relié à l’état de la justice dans le problème essentiel auquel s’attache la Torah : que la moralité doit primer la légalité.

 

Sinon dans la situation inverse où la légalité prime sur la moralité alors le juge s’entend dire « commence par enlever la poutre de ton oeil »…

 

C’est pourquoi le sens fondamental de ce Midrash qui n’était pas tellement au temps où l’on jugeait les juges mais au temps où les juges jugeaient. Il y a en hébreu qui dit « le temps où les juges jugeaient » quelque chose de paradoxal dans l’expression. N’est pas ce qu’on demande d’un juge ? Ce qu’il faut comprendre c’est que paradoxalement ce n’est pas ce qu’on demande au juge ! On lui demande d’installer la moralité dans la légalité. Mais s’il juge dans le sens formel de sa fonction, il installe la légalité dans la moralité, alors cela a pour résultat que l’économie se dérégle.

 

Un juge doit justifier plutôt que juger : dire qui est un Tsadik et qui est un Rashâ. En hébreu c’est très différent. Le manque suprême d’humour pour un juge consiste à appliquer la loi de façon mécanique. Le juge doit réintégrer la moralité dans une situation donnée de situation sociale de moralité déréglée. S’il applique la légalité alors la conséquence est catastrophique : l’économie se dérégle.

 

Tendance très forte de la légalité à la place de la moralité dans cette société. C’est un problème très actuel lorsque l’on voit qui est la principale autorité politique du pays en Israël : le juge suprême ! Ce qui est interdit par la Torah avec la séparation des pouvoirs entre l’autorité politique, juridique, sacerdotale, et prophétique. Nous en sommes à la confusion des pouvoirs avec un juge suprême. C’est le pouvoir des juges, c’est l’anti-démocratie par excellence. On se trouve dans une situation trés proche de celle du rouleau de Rout qui est « pré – roi David » et donc « pré-messianique ».

 

On est à l’époque de la dictature des juges, qui est saine s’il s’agit d’imposer la moralité, mais leur formation juridico-politique à l’européenne en a fait du légalisme : la légalité prime la moralité.

La mentalité de ce problème, dans la culture européenne, c’est que c’est la légalité qui prime la moralité puisque la moralité, c’est la légalité elle-même ! Le souci de respecter la légalité de la loi est une des vertus de la moralité c’est exact mais ce n’est pas la seule.

…/…

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Published by Manitou - dans PARASHAT HASHAVOUA
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