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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:09

Bamidbar (1984)

 

Bamidbar (1984) 1ère Partie.

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/bamidbar_serie_1984/cours_1

Face A

 

 

la majeure partie des événements du livre de Bamidbar relate des événements dans le désert et cet aspect particulier qui est la place accordée au dénombrement.

 

Dans l’ensemble du ‘Houmash, il y a 3 fois un dénombrement des Bnei Israël à partir de la sortie d’Egypte et 2 de ces dénombrements se trouvent dans le livre de Bemidbar.

 

Nous étudierons qlq versets avec la lecture de Rashi qui indique ce problème qui est étudié également Parshat KiTissa.

 

Il y a eu 3 évènement de dénombrement :

ð    D’abord après la veau du veau d’or qui a eu lieu le lendemain du jour de Kipour de la 1ère année de de la sortie d’Egypte.

ð    Un 2nd dénombrement dans Parshat Bemidbar eu lieu le 1er Iyar de la 2ème année de la sortie d’Egypte. Ces 2 dénombrements ont un objectif diffèrent.

ð    A la fin de la période des 40 ans, il y a un 3ème dénombrement dans Parshat Pin’has.

 

Le principe général de ce problème est le suivant : la Torah refuse le recensement car il consiste à ramener la personne humaine à une quantité, un numéro. Lorsqu’un recensement est demandé c’est pour une raison qui le nécessite.    

 

Enseignement donné dans Parshat KiTissa : lorsqu’il y a nécessité de dénombrement du peuple, alors on compte indirectement par le biais des demi-sicles – ma’hatsit hashekel qui font expiation et qui nous fait comprendre comment la Torah conçoit ce danger du dénombrement.

 

Superstitions liées au théme : le recensement apporte le mauvais oeil, le mauvais sort...

qui ne sont pas fausses à conditions de comprendre le contenu du point de vue de l’enseignement de la Torah à ce sujet.

 

La Torah considére qu’un recensement de personnes est de l’ordre du jugement : Cela consiste à poser la question : fais-tu partie de ce groupe dont l’identité est Israël ?

Tant que l’on est à l’abri de l’anonymat du groupe il n’y a pas de danger dans le décalage entre la valeur personnelle individuelle de chacun et l’identité idéale au nom de laquelle on est recensé.

Le recensement implique une interpellation individuelle de chaque personne => Es-tu digne d’être nommé membre du peuple Israël ? Et donc, le dénombrement en lui-même est un jugement. Un jugement dangeureux car par définition anticipant sur le temps d’histoire donnée par Dieu à chaque personne pour arriver à rejoindre sa propre identité au niveau de mérite suffisant.

 

Cela veut dire que nous sommes destinés à une certaine identité de Bnei Israël, mais nous naissons, et c’est l’histoire de Jacob que je vous résume dans cette phrase là, au niveau de l’identité de Jacob (ce qui n’est pas rien) mais Jacob doit devenir Israël.

 

Lorsqu’il y a nécessité du dénombrement (combien de personne y a t’il dans le peuple d’Israël ?) on est interpellé au niveau du nom Israël alors que l’on est peut-être encore en cours de chemin : un peu plus Jacob encore et pas déjà Israël... etc. Chacun se trouve à un niveau d’interpellation qui le concerne individuellement et qui est un jugement anticipé dangereux en soi.

 

Par conséquent, s’il est nécessaire de dénombrer, du point de vue quantitatif, le nombre minimum des personnes qui sont nécessaires pour qu’Israël soit le peuple d’Israël (et nous verrons dans quelle occurence, ou quelle occasion, ici dans notre Parashah le dénombrement devient nécessaire) alors il y a quand même un risque de danger.

 

Et c’est la raison pour laquelle on doit donner le Kofer Nefesh, le rachat de sa personne par une participation à l’identité collective du Qlal, et le Ma’hatsit HaShekel qui est demandé après la faute du veau d’or a été destiné à la construction du Mishqane.

 

Par le biais du Ma’hatsit HaShekel qui était donné pendant le dénombremeent, on participe, et chacun de façon égale, à la constitution du Miqdash, c’est à dire le sanctuaire du Qlal Israël, et il s’opère ainsi une sorte de rachat de sa propre personne.

 

Livre de Ruth

 

Un exemple dans le livre de Ruth qui est lu à Shavouot: 

 

Au verset 1 

וַיְהִי, בִּימֵי שְׁפֹט הַשֹּׁפְטִים, וַיְהִי רָעָב, בָּאָרֶץ; וַיֵּלֶךְ אִישׁ מִבֵּית לֶחֶם יְהוּדָה, לָגוּר בִּשְׂדֵי מוֹאָב--הוּא וְאִשְׁתּוֹ, וּשְׁנֵי בָנָיו

« Et il arriva aux jours où jugeaient les Juges, et il y eut une famine dans le pays. Et un homme de Bethlehem en Juda partit pour séjourner dans les champs de Moab, lui et ses femmes et ses deux fils.».

 

C’était au temps des juges il y eut une famine dans le pays et un Ish (un notable) de Beit Le’hem de Judah est allé pour ...( On apprend que c’était un juge mais la Meguilah de Rout ne donne pas son nom mais il l’apprend dans le livre des Melakhim et Shoftim) est allé pour séjourner dans les champs de Moav. (Il a quitté le pays à cause de la famine : Yéridah pour raison économique).

Et c’était un notable d’un endroit nommé Beit Le’hem - maison du pain. C’est l’humour du texte.

Le Midrash explique : comme il était riche, tous les pauvres de la ville venaient lui demander du pain et pour ne pas faire la Tsedakah, comme il fallait le faire, il s’est exilé. Lagour il s’est exilé en sachant que c’était un exil provisoire.

 

1 - Et ce fut dans les jours où gouvernaient les "Juges" (hachofétim) , il y eut une famine (raâv) dans le pays d'Israël (haaréts). Un homme de Beth lé'hem en Yéhouda partit, pour aller séjourner (lagour) dans les plaines de Moav, lui et sa femme (ichto) et ses deux fils.

 

Midrash Rabba Rout: ce fut l'une des 10 famines sur le monde (cela indique que l'ensemble de la création est concernée par l'enjeu).

2 וְשֵׁם הָאִישׁ אֱלִימֶלֶךְ וְשֵׁם אִשְׁתּוֹ נָעֳמִי וְשֵׁם שְׁנֵי-בָנָיו מַחְלוֹן וְכִלְיוֹן, אֶפְרָתִים--מִבֵּית לֶחֶם, יְהוּדָה; וַיָּבֹאוּ שְׂדֵי-מוֹאָב, וַיִּהְיוּ-שָׁם

Le nom (Shem) de cet homme (ish) était Elimélekh, celui de sa femme (ishto) Naomi, et ses deux fils s'appelaient Machlone et Kilione; ils étaient Ephratites, de Beth lé'hem en Yéhouda. Arrivés au pays de Moav, ils s'y fixèrent là (sham).

Rashi: c'était le plus riche de la génération en Israël et tous subsistaient par lui, et il quitta la terre d'Israël.

Commentaire: on imagine la crise que cela représente pour Israël quand de tels grands abandonnent, et les responsabilités sont réciproques chez tous.

3 וַיָּמָת אֱלִימֶלֶךְ, אִישׁ נָעֳמִי; וַתִּשָּׁאֵר הִיא, וּשְׁנֵי בָנֶיהָ

Elimélekh, mari de Naomi, mourut, et elle resta (vatishaér) avec ses deux fils.

Rashi: on le nomme "mari de Naomi" car il est dit qu'un homme ne meurt vraiment que pour son épouse (cf. Traité Bérakhote 17a).

 

« Lui et sa femme et ses deux fils. »

On ne nous donne pas de noms dans ce 1er verset.

Au 2ème verset :

« et le nom de ce notable était Elimelekh .... Malhon ...Kil’hon

 

Ce sont des noms qui désigne la maladie et la destruction extrêmes

וַיָּבֹאוּ שְׂדֵי-מוֹאָב, וַיִּהְיוּ-שָׁם

« Et ils arrivèrent dans les champs de Moav et s’install èrent lá-bas

וַיָּמָת אֱלִימֶלֶךְ, אִישׁ נָעֳמִי; וַתִּשָּׁאֵר הִיא, וּשְׁנֵי בָנֶיהָ

Elimélec, l'époux de Noémi, y mourut, et elle resta seule avec ses deux fils.

 

Et Elimelekh mourut...

Bartenora met en évidence le fait que l’on ne nomme pas l’identité des personnage qui sont encore à l’ombre de la collectivité. Tant qu’ils sont en Erets Israël, il n’est pas nécessaire de les nommer, ils sont d’Israël. Ils sont à l’abri du Klal. Mais au 2ème verset on les nomme, on les identifie personnellement. Et au 3ème verset il y a une catastrophe !?

Et Bartenora explique : que s’est-il passé entretemps ? Un jugement !

Tant que l’individu est à l’abri de la collectivité, il est littéralement à l’abri de ce temps de sursis que l’histoire de son peuple lui donne pour devenir à l’échelle individuelle ce qu’il doit devenir - bien entendu avec tous les devoirs affférents à cette relation d’identité du Klal duquel il fait partie. Mais il a jusqu’au temps du jugement dernier qui est le dernier des jugements. Cela veut dire que ce n’est qu’à la fin de l’histoire qu’on peut vraiment être confronté au jugement d’identité. Tant qu’on est en cours d’histoire cela veut dire qu’on est encore en train d’acquérir le mérite de l’identité en question.

 

Par consèquent, tout jugement qui serait avant le jugement dernier, le dernier des jugement, en fin d’histoire, est un jugement anticipé dangeureux.

 

C’est pourquoi il faut qu’il y ait un acte de rachat expiatoire à priori à ce niveau-là, qui s’effectue toujours par un rite, par une Mitsvah, qui consiste à s’affirmer comme membre de ce Klal.

 

C’est la raison pour laquelle le Pidyon Nefesh, le Kofer Nefesh du verset devait servir à la construction du Mishkan ou à la Tsedakah.

 

Dès que l’on est nommé personnellement, on est interpellé et appelé en jugement et il y a donc situation de danger. C’est ce qui conduit dans le folklore populaire à cette idée que le recensement porte malheur.

 

1er verset de la Parashah:

1 :1

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה בְּמִדְבַּר סִינַי, בְּאֹהֶל מוֹעֵד:  בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית, לְצֵאתָם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם--לֵאמֹר

 Vaydaber HM el Mosheh bemidbar Sinaï beohel moed 

bee’had la’hodesh hasheni bashanah hashenit

letsetam me'erets Mitsrayim lemor.

Et Dieu parla à Moïse dans le désert du Sinaï dans la tente d’assignation

le 1er du 2ème mois (Iyar) de la 2ème année

de leur sortie du pays d’Egypte pour dire :

 

1 :2

שְׂאוּ, אֶת-רֹאשׁ כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, לְמִשְׁפְּחֹתָם, לְבֵית אֲבֹתָם--בְּמִסְפַּר שֵׁמוֹת, כָּל-זָכָר לְגֻלְגְּלֹתָם

Se'ou et-rosh kol-adat beney-Yisra'el

Lemishpe’hotam

leveyt avotam

bemispar shemot

 kol-zakhar legoulgelotam

Elever la tête de toute l’assemblée des enfants d’Israël

selon leur famille...

Et selon  leurs maisons paternelles

Tous les mâles par tête (crâne)

 

Ce qui donne le caractère spécifique de ce dénombremeent par rapport aux précédents : non seulement il s’agit de savoir quel est le nombre des enfants d’Israël mais aussi de les identifier par leur filiations familiales pour constituer le groupement des familles.

 

לְבֵית אֲבֹתָם    leveyt avotam

Et selon  leurs maisons paternelles...

 

La notion Mishpa’hah est beaucoup plus large que celle de Beit Av, il fallait donc s’affilier par tribu et par lignée des tribus et par famille au sens strict du terme.

 

בְּמִסְפַּר שֵׁמוֹת    Bemispar shemot

Par le nombre des noms...

 

Cette notion est difficile à lire et à traduire, le nombre des noms. Il ne s’agit pas du nombre des individus ou des personnes, c’est le nombres des noms. Ce qui est cherché par ce dénombrmeent, plus que le nombre, c’est déjà la présence des noms. Je mets en évidence la contradiction des notions qu’il y a là. Mispar est un nombre qui renvoit à une réalité quantitative. Shem est un nom qui renvoie à une réalité qualitative.

 

C’est pour éviter que l’on ramène les noms à un nombre que la Torah veut éviter le recensement. D’où l’expression absolument contradictoire : la recherche du nombre des noms !

 

כָּל-זָכָר לְגֻלְגְּלֹתָם

kol-zakhar legoulgelotam

Tous les mâles par tête (crâne)

מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה, כָּל-יֹצֵא צָבָא בְּיִשְׂרָאֵל--תִּפְקְדוּ אֹתָם לְצִבְאֹתָם, אַתָּה וְאַהֲרֹן

Miben esrim shanah vamalah

kol-yotse tsava beYisra'el

 tifkedou otam letsiv'otam

atah ve'Aharon.

Depuis l’age de 20 ans et au-dessus.

tous les Israélites aptes au service, vous les classerez selon leurs légions, toi et Aaron.

 

כָּל-יֹצֵא צָבָא בְּיִשְׂרָאֵל

kol-yotse tsava beYisra'el

On serait tenté de lire : tout celui qui est mobilisable en Israël

... Tsava celui qui va à l’armée

mais le Ramban, a expliqué que ce terme de Tsavah dans le Miqra signifie tout type d’organisation sociale (par ex. une corporation de travail, l’armée) d’une façon générale l’organisation sociale de tout groupe lié à une tâche particulière, et Na’hmanide cite de nombreux verset montrant que l’utilisation de Tsava n’est pas exclusif au sens militaire.

 Nous reviendrons sur ce terme.

 

מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה,

Et jusqu’à 20 ans.

  

Littéralement ceux qui sont bons pour le service (et pas forcément le servce militaire, service du temple, ou civil...) Bien que dans toute société humaine, la première organisation de la société a été l’organisation de défense donc l’organisation militaire ; et le chef politique était primitivement le chef militaire. Contrat social avec le pouvoir : L’individu accepte de donner une partie de son autonomie au pouvoir du groupe pour que le pouvoir du groupe le défende vis-à-vis des dangers extérieurs ou intérieurs... Le roi ou gouvernant est ainsi le chef des armées par définition.

 

כָּל-יֹצֵא צָבָא בְּיִשְׂרָאֵל--תִּפְקְדוּ אֹתָם לְצִבְאֹתָם  

Tout ceux apte au service ...

vous les dénombrerez

selon leur organisation

(ici il s’agit des organisations familiales, c’est-à-dire la structure des tribus => chacun devant s’identifier untel fils d’untel fils d’untel de telle tribu...)

 

אַתָּה וְאַהֲרֹן    « Atah veAharon

Toi et Aharon » 

 

Dans le dénombrement précédent il n’y avait que Moïse qui les avait dénombrés, mais là les 2 sont présents.

 

1:4

וְאִתְּכֶם יִהְיוּ, אִישׁ אִישׁ לַמַּטֶּה--אִישׁ רֹאשׁ לְבֵית-אֲבֹתָיו, הוּא

Ve'itekhem yihyou ish ish lamateh

ish rosh leveyt-avotav hou

«  Et avec vous seront ish ish lamaté »

une personalité de chaque tribu

une personalité qui serait un des chefs de la maison paternelle de telle ou telle tribu...

 

On voit bien qu’il y a une identification par tribu, on entre dans une identification beaucoup plus concrète de la personalité de chacun, de la manière d’être un fils d’Israël de chacun, à travers les différentes hiérarchies.

 

D’abord, l’ensemble du peuple Israël, ensuite chaque tribu et dans chaques tribus, les familles principales des tribus, ie. les descendants des fondateurs de la tribu au niveau des enfants de Jacob, et puis leur multiplication à travers le temps, depuis le temps de la descente en Egypte jusqu’au temps de la sortie d’Egypte où nous nous retrouvons ici.

 

Et ceci nous donne déjà une 1ère indication de la différence de portée du but du dénombrement précèdent que nous avons en fin du livre Shemot Parshat Pékoudey au chapitre 38 verset 26.

 

Ce dénombrement avait pour objet de dénombrer le reste des enfants d‘Israël rescapés des événements qui ont suivi la faute du veau d’or.

Après la faute du veau d’or, il y a eu une Maguéfah, un cataclysme, une catastrophe. Un certain nombre des membres du peuple Israël ont péri dans les catastrophe qui ont suivi la faute du veau d’or et ce 1er dénombrement c’est pour savoir s’il reste un nombre suffisant de personnes dans les enfants d’Israël pour que le peuple soit là en tant que peuple. Il y a aussi un problème du passage du quantitatif au qualitatif. Il faut un nombre minimum de personne pour que l’entité collective, au niveau peuple, apparaisse. Cette entité collective est de 600 000 âmes.

 

Alors qu’ici le dénombrement a une toute autre portée. Il s’agit d’identifier chacun et on va s’apercevoir que le nombre des noms identifiés est exactement le même que celui du dénombrement précédent.

 

Nous étudierons à travers les commentateurs, les problèmes que pose le fait que ce soit les mêmes nombres qu’il y a eu dans les deux dénombrements.

 

Je vais vous indiquer les 2 principaux problèmes qui ont occupé les commentateurs :

ð    est-ce que cela signifierait que personne n’est mort entre les 2 dénombrements ?

ð    et d’autre part, puisqu’il s’agit de personnes âgées de 20 a 60 ans, cela signifie-t’il qu’entre le 1er et le 2nd dénombrement il n’y a pas eu changement d’âge et passage dans d’autres catégories d’âge ?

 

C’est l’étonnement de voir que la Torah donne tranquillement le même chiffre entre les deux dénombrements.

 

Le 1er dénombremeent est celui de l’expiation et du recensement des rescapés de la faute du veau d’or, nous avons le nombre de 603 550 .

Les 3750 qui sont en plus sont problématiques car ils sont en plus du nombre minimal 600 000. 

Et d’autres part ils sont en dangers d’une certaine manière.

 

Et d’autre part, dans le dénombrement que nous avons ici, nous retrouvons exactement ce même chiffre de 603 550.

 

Comment comprendre que ce soit le même chiffre ?

N’y a t-il eu aucun changement d’âge des personnes ?

Personne ne serait-il mort entre-temps ?

 

Résumé des différentes références :

Le dénombrement de la Parashah de Péqoudei  se passe la 1er année de la sortie d’Egypte. Au lendemain de Kipour, a lieu ce 1er dénombrement qui est procédé à partir des Shkalim donnés pour construire le Mishkane.

 

Des mois ont passé : on arrive au 1er Nissan de la 2ème année où le Mishkane est construit.

On arrive au 1er Iyyar de la 2ème année, dans notre Parashah où Dieu demande à Mosheh un dénombrement d’identification personnelle par  tribu, par famille, et par nom de chaque personne.

 

Nous verrons en fin d’étude le 3ème dénombrement de Parshat Pin’has, qui lui était destiné à la même question : y-a-t’il encore suffisament de noms de familles présentes en  Israël pour que Israël soit  encore le Klal Israël qui va sortir du désert pour entrer en Erets Israël ?

 

Ces 3 dénombrements ont 3 niveaux différents.

 

A travers toutes les Sidrot de Sefer Bemidbar, dans Parshat Pin’has, le dénombrement se trouve   après une certain nombre d’épreuves, dans le sens de test, dans le sens de mises à l’épreuve, que le peuple en tant que peuple a traversé. 

 

En particulier ces 3 grandes dimensions de la Torah :

- Guilouï Arayot

- Shefi’hout Damim

- Avodah Zara  

 

Le peule va être tenté par ces 3 fautes et à chaque fois après intervient une catastrophe. Et il devient nécessaire de dénombrer pour savoir si Israël est encore suffisamment Israël en tant qu’entité collective. Est-ce que ceux qui ont été atteints par la sanction (je n’ai pas dit « punition », le terme est plus précis que cela, c’est une mise à l’épreuve par rapport aux grandes valeurs de la Torah), y-a-t’il suffisament de rescapés, indépendament de ceux qui sont atteints par cette épreuve, pour que Israël soit encore une entité collective suffisante pour être le véhicule de la Présence de Dieu dans le monde à travers eux ?

 

Il y a là passage du quantitatif au qualitatif.

 

Il faut un minimum quantitatif pour qu’une certaine présence qualitative soit là Il est donc nécessaire de diagnostiquer et de vérifier au niveau des personnes individuelles s’il y a suffisament ces deux éléments : le nombre et le nom.

 

On s’aperçoit Parshat Pin’has que 6 noms des familles d’Israël ont disparu d’Israël

 

Si on confronte le dénombrement de Parshat Pin’has avec celui du Sefer Bereshit lorsque les enfants d’Israël ont été dénombrés au nombre de 70 familles lors de la descente en Egypte, on s’aperçoit qu’à la fin de la période de 40 ans du désert, 6 noms ont disparu.

 

La Torah explique précisément pour chacun d’entre eux pour quelle raison.

 

Le nombre des noms des familles était de 70 => 70 +1

Il y a deux manière d’expliquer comment on arrive à 71 : Soit en ajoutant Jacob soit en ajoutant Joseph au nombre de 70.

 

Et on s’aperçoit qu’il faut 71 personnages -  71 figures-visages de l’identité d’Israël pour que l’entité collective du peuple soit ce qu’elle doit être, puisqu’il y a 70 Nations.

La relation d’Israël au monde extérieur passe par l’indice 70.

L’exil a commencé lorsqu’il y a eu 70 personnes dans la famille de Jacob.

 

A la fin de tous les évènements de la sortie d’Egypte, on va recompter les nombres des familles.

C’est le 3ème dénombrement, on s’aperçoit que 6 noms ont été effacés. Alors il y a alors un manque et nous verrons comment ce manque a été comblé.

 

Cete faille, ce manque, va s’attacher à l’histoire d’Israël et cela ressemble étrangement à la blessure à la hanche qui s’attache à l’histoire de Jacob au niveau individuel. Il y a quelque chose qui est touché à la suite de ces mises à l’épreuve. On va consolider cela, mais il reste une sorte de vulnérabilité, et le problème est très important.

 

Il faut qu’il y ait 70, 71, pour qu’il y ait 72.

Et 72 est le chiffre de la Présence de la Shekhinah en Israël.

 

Vous vous rappellez d’ailleurs que le Grand Sanhédrin était aussi sur la même numération des 70 juges plus le Av Beit Din 71 + le Nassi qui font 72, et alors la Shékhinah est présente.

 

Ceux qui plus tard étudieront de façon beaucoup plus profonde les sources de ce problème dans la Kaballah comprendront la signification de ce chiffre.

 

Ce que je peux en dire ici, c’est que dans la tradition, chaque fois que l’on veut dire la multiplicité on emploie le nombre 70. 72 est un niveau supérieur qui est l’unité de cette multiplicité.

 

Nous verrons le 3ème dénombrement en son temps.

Ici, dans Parshat Bemidbar nous retrouvons ce même chiffre.

 

Bemidbar chapitre 1 verset 46

 

1:46

וַיִּהְיוּ, כָּל-הַפְּקֻדִים--שֵׁשׁ-מֵאוֹת אֶלֶף, וּשְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים; וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת, וַחֲמִשִּׁים

Vayihyu kol-hapkoudim

shesh-me'ot elef oushloshet alafim va’hamesh me'ot va’hamishim.

Et furent tous les dénombrements 600 000 et 3000 et 550

 

C’est-à-dire le même nombre que dans la Parashah de Pékoudei du livre de Shemot.

 

Nous allons voir le 1er Rashi sur le 1er verset qui va poser notre problème. Les autres explications que je donnerais à travers les autres commentateurs auront pour but d’éclairer Rashi lui-même.

 

Rashi :

« C’est de par le prix qu’ils ont à Ses Yeux (de par l’affection Qu’il a pour eux) Il les compte et les dénombre à toute heure (à toute occasion). »

 

A retenir déjà qu’il y a 1er principe que la Torah n’aime pas les dénombrements mais que là c’est Dieu qui l’a demandé. Ce n’est pas comme dans la Parasha de Ki-Tissa :

Ki tisa et-rosh beney-Yisra'el... un dénombrement à l’initiative du pouvoir civil et politique...

 

Rashi semble répondre à la question suivante : pourquoi refaire ce dénombrement qui a déjà eu lieu ? et que d’autre part on arrive au même nombre ? Objection et question éventuelle à rattacher à ce 1er principe que la Torah n’aime pas les dénombrements ?

 

Dans l’indication que donne Rashi tirée du Midrash, il n’y avait nécessité de savoir combien ils sont mais c’est parce qu’ils sont aimés que Dieu les dénombre, comme avec un trésor .

 

Rashi :

« Lorsqu’ils sont sortis d’Egypte, Il les a dénombré (Ex. 12:37) , lorsque (beaucoup) sont tombés aprés (la faute) du veau d’or, Il les a compté pour savoir le nombre des restants (Ex. 32:28), et lorsqu’Il décide de faire résider sa Présence sur eux (à travers le Mishkane), Il les a compté. Le 1er Nissan le Mishkane a été construit et le 1er Iyyar Il les a compté »

 

A propos de ce problème d’identité du nombre des 2 dénombrements, j’ai résumé 3 thèses :

 

=> l’explication de Rashi ad hoc sur le verset de Pékoudei donnant le même nombre. Selon Rashi les années d’âge (le texte a dit : de 20 ans et au-dessus) de chacun sont comptées à partir du mois de Tishri et par conséquent il ne s’agissait pas des membres des enfants d’Israël qui aurait eu 20 ans à la sortie d’Egypte mais ceux qui auraient eu 20 ans à Tishri qui suit la sortie d’Egypte. Or, comme Iyyar de la 2ème année de la sortie d’Egypte se trouve dans la même année du Tishri qui a commencé l’année précédente c’est normal qu’il y ait le même nombre (bien que l’un était dans la 1ère année de Nissan et l’autre dans la 2ème année de Nissan). D’après cette 1ère explication de Rashi, il ne reste qu’une seule question à résoudre : c’est qu’il n’y aurait pas eu de mort entre les deux dénombrements ?

 

Je reprends le raisonnement :

Le 1er dénombrement a eu lieu à Tishri de la 1ère année de la sortie d’Egypte. Le 2ème dénombrement à eu lieu en Iyyar de la 2ème année de la sortie d’Egypte ( ce sont des années que l’on compte à partir de Nissan). Selon Rashi comment donne-t’on l’âge de quelqu’un ? C’est d’après l’âge qu’il a dans l’année de Tishri ! Or, les deux dénombrements étaient dans la même année de Tishri, bien que l’un était dans la 1ère année de Nissan et le 2ème dans la 2ème année de Nissan.  

 

Cela implique, dit Rashi, que les Léviim n’aient pas été comptés dans ce 1er dénombrement. Puisque dans le 2ème dénombrement il est écrit en toutes lettres que les Léviim sont à part. Et ce chiffre de 603 550, c’est le chiffre du nombre des 12 tribus sauf les Léviim qu’il faut compter à part pour savoir combien il y a en Israël de personnes capable de porter le nom de de Lévi.

 

Ce ne sont pas les mêmes critères d’interpellation d’identité que ceux employés pour ceux des 12 tribus d’Israël qui sont à un niveau d’identité différent. Il y a un dénombrement pour eux. Les Léviim sont à un autre niveau d’identité, et ils ont un dénombrement pour eux. 

Ce n’est pas le même nom, ce n’est pas la même identité.

 

Dans la Bible, le nom désigne l’identité de chacun, le sujet de chacun. Ce n’est pas un signe conventionnel par lequel reconnaitre telle ou telle personne... Le nom exprime ce qu’a de génial l’âme de chacun en tant qu’elle est seul à être ce qu’elle est.

 

L’homme moderne a perdu cette sagesse de la capacité à savoir nommer authentiquement les personnes. L’objet de la science moderne occidentale est précisement d’arriver à trouver le nom véritable des choses. Trouver la véritable dénomination d’un phénomène signifie que l’on en connait la loi, les propriétés etc..

 

Lorsque je connais le véritable nom scientifique d’un objet, sa dénomination scientifique, je le possède littéralement. J’en ai la véritable connaissance. Au-delà du nom conventionnel que chaque langue va donner à chaque objet, la science cherche le véritable nom – définition scientifique – de l’objet. En termes de sciences pour en connaître les caractères et les propriétés dans l’ordre d’une connaissancre absolue. L’humanité contemporaine n’est plus capable de cette connaissance de nomination qu’au niveau des choses et plus au niveau des personnes.

 

Les implications du point de vue de la vie morale de l’histoire contemporaine sont considérables. En particulier, la notion d’égalité des personnes issue de la révolution française est une notion fausse : aucune personne n’est égale à une autre personne. On ne peut même pas le dire des objets.

 

Un philosophe : même 2 pièces de monnaie qui sortent d’une machine ne sont pas identiques, l’une a une seconde de moins que l’autre...

 

Il n’y a que dans les réalités mathématiques que l’on peut établir des égalité des équivalences théorique. C’est un domaine purement quantitatif.

 

Dans le domaine qualitatif chaque être, est un génie spécifique pour lui même qui n’a aucune équivalence. L’habitude de cette notion d’égalité des personnes humaines aboutit à une entité quantitative dans un ordinateur, le numéro de carte d’identité...

 

L’égalité en droit et en devoirs est de même une idée fausse étant donné que chaque personne nait unique.

 

Il y a une égalité morale théorique de dignité.

A la rigueur dire que les personnes sont d’une égale dignité...

 

La notion que la personne humaine a des droits est étrangère à la Torah. La personne humaine a des devoirs. Si celui à qui je réclame un droit ne connait pas le devoir correspondant, le droit n’a auccune valeur. Le droit n’est fondé que par la réciprocité des devoirs.

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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