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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:27

Aharei Mot (1994)

 

 

Aharei Mot (1994) 1ère partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/ahare_mot/cours_1

Face A

 

Q: Nadav et Avihou sont-ils vraiment morts ?

R : On va voir. Rashi n’emploie pas le terme de Neshamah on le verra

 

Q : Au centre de la parashah A’harei-Mot il y a les lois morales, les interdictions des unions incestueuses ?

R : On va tenter d’ y arriver – c’est ce qu’on lit à Min’hah de Kipour sur les relations incestueuses selon les critères de la Torah. Ce n’est pas si simple que cela.

 

Chapitre 16 verset 1

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה, אַחֲרֵי מוֹת, שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹן--בְּקָרְבָתָם לִפְנֵי-יְהוָה, וַיָּמֻתוּ

Vayedaber Adonay el-Moshe

a’harey mot shney beney Aharon

bekorvatam lifney-Adonay vayamoutou.

Et Dieu parla à Moïse

après la mort des 2 fils de Aaron...

 

Déjà une indication sur des questions posées : Il est normal que la révélation soit imputée directement à Moïse puisque cela concerne un problème qui est arrivé dans la famille de Aharon. Cela nous renvoit au récit qui se trouve dans la Parashah de Shémini. 

Au moment du sacrifice d’inauguration du Mishkane, il y a eu une divergence d’interprétation concernant le rite du sacrifice qui devait être fait, entre Moïse et Aharon. C’est pourquoi Parashat Shemini nous raconte qu’au moment de l’intronisation-inauguration du Tabernacle il y a eu une catastrophe.

 

Je vous résume là, sans les citer, énormément de Midrashim.

 

Alors que c’était le temps d’après la sortie d’Egypte où l’on pouvait entrer dans l’ère messianique, le monde, nous dit le Midrash, était en train de se transfigurer. Cela est indiquée par le fait que la Parashah  est mise à l’indice de « et il arriva le 8ème jour ».

 

Il y a le récit des 6 jours des commencement, puis toute l’histoire humaine est logée dans un 7ème jour qui est le Shabat du Créateur. A la fin du 7ème jour, ce Shabat du Créateur, qui est l’histoire de Adam, apparait le Ben Adam, ce qui est annoncé par Eliyahou Hanavi, d’ailleurs ce qu’on commémore à chaque semaine le samedi soir. C’est Eliyahou Hanavi qui vient annoncer le 8ème jour. Tant que ce n’est pas le grand 8ème jour, on est repris par la spirale du temps et on rentre dans une semaine avec 7 jours, jusqu’au jour où cette semaine de 7 jours débouchera sur le grand 8ème jour. 

 

Voilà ce que dit le Midrash sur Shémini : il s’agissait du 8ème jour des Milouïm, c’est-à-dire le stage de préparation des Kohanim qui s’initiaient au 1er sacrifice d’intronisation-inauguration du Tabernacle, du Mishkane.

 

Essayer d’avoir ce verset en tête [Terouma 25.8] :

וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם

« Veassou li miqdash veshakhanti betokham »

c’est l’annonce du temps messianique. Et le Midrash dit : les malades commençaient à guérir, les paralytiques commençaient à marcher, le monde se transfigurait, et il arrive une catastrophe, une divergence d’interprêtation apparemment sur la manière d’opérer le sacrifice. Et selon Moïse il fallait le manger alors que Aaron l’a brûlé entiérement, et là il arrive un arrêt de ce qui s’amorçait וַיְהִי, בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי    « Vayhi bayom hashémini... ».

 

En général comme vous le savez le terme de « Vayéhi - et il arriva que » indique un malheur. Eïn Vayhei elav lashon tsaar. Voyez la collusion de concept qu’il y a dans l’expression.

וַיְהִי, בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי    Vayéhi bayom hashémini !

Guémara : Kol maqom sheneemar VAYEHI bimeyei eino ela lashon tzaar...

On voit la collusion de concepts qu’il y a dans l’expression Vayéhi.

Vayhi bayom hashémini... 

Bayom hashémini c’est l’annonce de ce qu’on attend depuis la création du monde. Ce monde où l’homme et Dieu pouvait coexister ensemble. Ce monde qui est préfiguré dans le mishkane ou le Beit HaMiqdashe. On ne trouve pas un Vahayah, et il arrivera que... Eïn Véhayah ela lashon sim’hah.

Mais là l’expression est Vayhi bayom hashémini... une expression trés forte qu’il faut étudier en soi. On attend ce Hayom Ha-Shémini et voilà qu’arrive le jour de la catastrophe...

Il y a toute une série de catastrophes de ce genre.

En particulier dans un des sacrifices important de l’inauguration du Beit HaMishkane qui préfigure le Beit HaMiqdashe.

 

Les 2 fils de Aharon ont mal réalisé leur service. Ils ont utilisé un feu pris de l’autel alors qu’il fallait utiliser le feu tombé du ciel pour inaugurer le Mishkane par le sacrifice...

Nous étudierons un Midrash à ce sujet.

 

Ici, dans le rappel de cet événement dont on vient de lire dans les premiers mots de la Parashah qui introduisent le cérémonial de l’expiation du jour de Kipour, la Torah ne dit pas quelle a été la cause immédiate de la mort des enfants d’Aharon lorsqu’ils ont apporté sur l’autel un feu étranger Esh Zara, alors le feu du ciel est tombé et les a consumé.

 

On vérifiera alors votre question : Est-ce leur corps qui a été brûlé ou simplement leur Néfesh ? il ne s’agit pas de la Neshamah, on va vérifier. Le mot employé par Rashi est Nishmata mais dans la source de Rashi il doit y avoir le mot Nefesh.

 

Ce que je viens de rappeller n’est pas indiqué ici et dans Parashat Shémini, la Torah dit de façon très explicite dans une simple allusion que cette révélation du cérémonial du jour de Kipour, qui est transmise à Moïse pour l’enseigner à Aharon, fait suite immédiatement à ce rappel de l’événement  catastrophique de la mort des fils d’Aharon.

 

Comme nous dit ce verset du début du chapitre 16 :

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה, אַחֲרֵי מוֹת, שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹן--בְּקָרְבָתָם לִפְנֵי-יְהוָה, וַיָּמֻתוּ

A’harei mot shénei bénei Aharon

bekorbatam lifnéi Hashem vayamoutou

Après la mort des enfants de Aharon

lorsqu’ils se sont approchés devant Hashem et qu’ils sont morts.

 

Le texte ne fait pas allusion aux circonstances qui ont été la cause de cette mort, ni d’ailleurs à la nature de la mort elle-même.

 

Nous étudierons tout d’abord cette première difficulté et nous verrons par rapport à des Midrashim ce que la tradition nous dit de la nature de ce que serait la « faute » des enfants d’Aaron.

 

Mais voyons d’abord le Pshat qui se trouve en Parashat Shmini dans le livre de Vayiqra chapitre 10 au verset 1 :

 

10 :1

וַיִּקְחוּ בְנֵי-אַהֲרֹן נָדָב וַאֲבִיהוּא אִישׁ מַחְתָּתוֹ, וַיִּתְּנוּ בָהֵן אֵשׁ, וַיָּשִׂימוּ עָלֶיהָ, קְטֹרֶת; וַיַּקְרִיבוּ לִפְנֵי יְהוָה, אֵשׁ זָרָה--אֲשֶׁר לֹא צִוָּה, אֹתָם

Vayiq’hou veney-Aharon Nadav va'Avihou

ish ma’htato

vayitnou vahen esh

vayasimou aleyha ketoret

vayakrivou lifney Adonay esh zarah asher lo tsivah otam.

Et les enfants d’Aaron, Nadav et Avihou, prirent

chacun son encensoir

et ils y mirent du feu

et ils ont placé sur ce feu de l’encens

 et l’ont approché de Hashem un feu qui ne leur avait pas été commandé asher lo tsivah otam ».

 

Chaque fois que la Torah fait allusion, pas dans notre Parashah, à la mort de Nadav et Avihou, le même problème va se poser : et ils sont morts pourquoi ? de telle sorte qu’on comprenne pourquoi la Torah a mis en évidence cet événement.

 

Il s’agit de Nadav et Avihou, il y a 4 allusions dans la Torah à la mort des enfants de Aharon.

Nous verrons dans un texte de la Parashah de Pin’has qui met cela en évidence de quelle type de faute il s’agit. Pour l’instant nous savons cela formellement : la faute éventuelle des prêtres quand ils font une faute. On verra de quoi il s’agit. Je lis d’abord le texte.

 

10 :1

וַיִּקְחוּ בְנֵי-אַהֲרֹן נָדָב וַאֲבִיהוּא אִישׁ מַחְתָּתוֹ, וַיִּתְּנוּ בָהֵן אֵשׁ, וַיָּשִׂימוּ עָלֶיהָ, קְטֹרֶת; וַיַּקְרִיבוּ לִפְנֵי יְהוָה, אֵשׁ זָרָה--אֲשֶׁר לֹא צִוָּה, אֹתָם

Vayiq’hou veney-Aharon Nadav va'Avihou

ish ma’htato

vayitnou vahen esh

vayasimou aleyha ketoret

vayakrivou lifney Adonay

esh zarah

asher lo tsivah otam.

Et les enfants d’Aaron Nadav et Avihou

prirent chacun son encensoir (chaque détail est important)

et ils y mirent du feu (on apprend d’autres part que ce feu ile ne l’ont pas pris de n’importe où mais Bein hakirayim d’entre les foyers qui alimentaient le feu des sacrifice)

et ils ont placé sur ce feu de l’encens et l’ont approché de Hashem  (racine Korban)

un feu étranger

qui ne leur avait pas été commandé asher lo tsivah otam ».

 

La faute premièrement : C’est interdit d’apporter une feu étranger, bien que pris dans les ustensiles du Temple. La faute est d’avoir agi contrairement à la prescription de la Torah qui ne leur avait pas été commandé, prescrit.  אֲשֶׁר לֹא צִוָּה, אֹתָם   asher lo tsivah otam »

 

Le grand exemple a été étudié par Judah Halévi dans le Kouzari à propos de la faute du veau d’or. Le Kouzari sans le citer explicitement fait allusion à un enseignement du Talmud et du Midrash selon lequel, au fond, cette génération du désert ( je ne rentre pas dans les péripéties pour savoir qui a initié la faute, qui l’a laissé faire..) voulait avoir un symbole représentant la présence de Dieu dans le monde. Et Judah halévi dit clairement que la faute fut d’avoir choisi un symbole que Dieu ne leur avait pas demandé. Ce veau d’or était une représentation symbolique du signe du zodiaque dans lequel on est entré au moment de la sortie d’Egypte. On est sorti d’Egypte exactement à la sortie du point vernal, comme disent les spécialistes, d’un certain signe du zodiaque, et on est rentré, dans les 40 ans qui ont suivi dans un autre signe du zodiaque. C’était l’habitude de le religiosité de ce temps de considérer que les signes zodiacaux représentent des médiations à travers lesquelles le Créateur dirige son monde.

 

Les religions astro-biologiques, les religions païennes, en font des divinités. Mais, si cela nous est interdit c’est que cela a une efficacité. Il n’est pas simple de nier l’astrologie. Si la Torah l’interdit c’est qu’elle considère que c’est quelque chose. C’est la manière dont les tenants de l’astrologie se soumettent au destin de fatalité des conditionnements que ces signes du zodiaques représentent qui est interdite par la Torah. Cela ne veut pas dire que ces forces n’existent pas.

 

Analogie avec la question du Midrash : pourquoi Dieu ne supprime-t’Il pas le soleil car cela supprimerait les adorateurs du soleil ? Midrash : ce n’est pas à cause des Shtouyiot des adorateurs du soleil que l’on va priver le monde du soleil !

 

C’est la même chose pour toutes les forces à travers lesquelles Hashem dirigent son monde.

Le paganisme reste une forme de croyance. Il ne faut pas l’oublier. Pour cette raison, les modernes ne sont pas vraiment capables d’être païens. Ce n’est pas pour rien que les civilisations païennes ont été de grandes civilisations ainsi que leurs religions à ce niveau-là...

 

Veau d’or : C’est finalement une espèce d’instance médiatrice de la volonté divine dans la gestion de son monde. La faute c’est que la Torah ne l’a pas demandé. Ce symbole n’est pas pour Israël.

 

On pourrait se demander alors pourquoi sur les Parokhet des synagogues sont représentés des signes du Zodiaque ? Je crois que les rabbins qui le tolèrent le font parce qu’ils savent que les Juifs n’y comprennent rien. Sinon ils ne le toléreraient pas. En fait, ce que l’on veut représenter sans le comprendre, c’est la correspondance entre les signes du zodiaque et les tribus d’Israël.

 

En approfondissant la question, un des commentateurs de Judah Halévi a posé la question de savoir quel symbole, signe, est autorisé ? Le seul symbole autorisé ce sont les lettres de l’alphabet.

Dans les synagogues très strictes, il n’y que les 10 premières lettres de l’alphabet qui représentent les dix paroles.  Alef, beit... youd,  sur les deux tables de la loi.

 

Cela se base sur l’enseignement du Midrash selon lequel c’est avec les lettres de l’alphabet hébraïque que Dieu a crée le monde.

 

Ce sont des symboles sérieux. C’est-à dire les éléments de l’agencement du monde finalement sont représentées par les lettres de l’alphabet, et chaque réalité dans le monde est, à la manière des mots à partir des lettres, une combinaison de lettres qui sont les éléments de la constitution du monde. Ce qui ont étudié la chimie comprenne plus facilement. Avec la notion de valence en chimie : il y a un certain nombre d’éléments de base. Dans telle combinaison c’est tel corps, tel substance etc... Vayitser c’est vayomer, c’est par sa parole que Dieu a créé le monde : la parole organise les éléments du langage qui sont les lettres.

 

Judah Halévi : il s’agissait d’un symbole religieux que la Torah n’avait pas demandé alors il reste interdit pour Israël.

C’est un exemple massif de ce que l’on nous dit ici : אֲשֶׁר לֹא צִוָּה, אֹתָם   Asher lo tsivah otam

 

Tous les commentateurs ont mis en évidence le sens spirituel de ce geste. C’est un feu d’enthousiasme religieux supplémentaire mais que la Torah n’a pas demandé. Cela peut être dévastateur.

 

Effectivement, de manière formelle, on apprend directement de la Torah au moment du rite de l’encens qu’ils se sont servis d’un feu que la Torah n’a pas demandé. (Nous verrons avec les Midrashim de quoi il s’agit.) Amener son propre enthousiasme dans le service du culte demandé par la Torah peut être dévastateur.

 

Un de mes maîtres avait donnée la comparaison suivante : La Torah réglemente de manière très précise tous les gestes du grand-prêtre pour le sacrifice. Mais si jamais, le grand prêtre, dans son enthousiasme religieux, veut embellir le rite en mettant des gants blancs on le met à mort.

Parce que, pour ceux qui savent, sans même entrer dans les contenus, qu’il s’agit d’un rituel qui signifie très exactement les structures du monde, l’introduction de la moindre nouveauté personnelle, c’est la destruction du monde au niveau spirituel.

 

Pour ceux qui étudient plus profondèment dans le Talmud, vous verrez que le souci du Talmud dans toutes les Mitsvot qui concernent le culte, c’est de savoir exactement ce qu’il faut faire. Sans ‘Houmkhah ni Koula : sans aggravation de la loi - dans le sens d’intensification de la piété - ni d’ allégement de la loi - dans le sens de l’intensification de la piété aussi.

 

Il faut faire exactement « Din emet lea’amito » Parce que tout ce qui concerne le culte a une signification importante. Si on modifie quoique ce soit c’est tout faux, même et surtout si on ne comprend pas quelle est cette signification.

 

(Exemple : On ne peut plus lire un Sefer Torah dans lequel il manque une lettre ou qui contient une lettre défectueuse.)

 

10:2

וַתֵּצֵא אֵשׁ מִלִּפְנֵי יְהוָה, וַתֹּאכַל אוֹתָם; וַיָּמֻתוּ, לִפְנֵי יְהוָה

Vatetse esh milifney Adonay

vatokhal otam

vayamoutou lifney Adonay

« Et un feu sortit de devant Dieu

et les dévora

et ils mourûrent devant Dieu. »

 

Il faut bien comprendre que la Mitah c’est l’arrêt de la vie biologique. Il y a d’autres termes pour dire « cesser de vivre », mais la mort, Mavet, c’est l’arrêt de la vie biologique, et c’est l’instant où l’âme se sépare du corps.


C’était donc la première référence que je voulais citer.

 

Retour au Texte de Aharei-Mot:

 

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה, אַחֲרֵי מוֹת, שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹן--בְּקָרְבָתָם לִפְנֵי-יְהוָה, וַיָּמֻתוּ

Vayedaber Adonay el-Moshe

a’harey mot shney beney Aharon

bekorvatam lifney-Adonay

 vayamoutou.

Et Dieu parla à Moïse

après la mort des 2 fils de Aaron...

Lorsqu’ils s’approchèrent devant Dieu

et ils mourûrent.

 

C’est un autre terme qui est employé. On le sait pourtant du récit de la Parashah de Shémini, il ne s’agit pas ici qu’ils ont mis sur l’encens un feu étranger et qu’ils en ont fait le sacrifice d’approchement mais qu’ils se sont approchés, eux, devant Dieu et qu’ils sont morts.

 

Je vais lire un certains nombres de Midrashim qui vont approfondir et préciser quel est le risque de tentation de la faute des prêtres.

 

Je vais lire d’abord l’ensemble des différentes thèses sans vous donner de références, et ensuite on lira ce que le Midrash dit sur notre verset:

ð   La 1ère réponse : ils ont apportés un feu étranger

ð   La 2ème réponse se trouve dans notre Parashah de A’harei mot : Ils avaient bu du vin avant leur service divin. Il y a toute une législation à ce sujet pour le Kohen. C’est interdit avant la Avodah. La discussion de la Halakhah c’est que c’est interdit directement, mais s’il y a interruption et que sa lucidité est revenue, ou qu’il y a de l’eau dans le vin, c’est permis.

 

C’est dans le chapitre 10 verset 8 de Vayiqra dans la Sidra Shémini :

Juste après le récit de la mort des enfants de Aharon.

Dans ce 1er récit la raison directe c’est esh zarah mais comme tout de suite après il y a la prescription suivante sur le vin, cela est relié par le Talmud.

 

Vayiqra Shmini 10.8:

וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-אַהֲרֹן לֵאמֹר

יַיִן וְשֵׁכָר אַל-תֵּשְׁתְּ אַתָּה וּבָנֶיךָ אִתָּךְ, בְּבֹאֲכֶם אֶל-אֹהֶל מוֹעֵד--וְלֹא תָמֻתוּ:  חֻקַּת עוֹלָם, לְדֹרֹתֵיכֶם

Vaydaber Hashem el Aharon lemor

Et Dieu parla à Aharon pour dire :

Yayin veshechar al-tesht

atah ouvaneykha itach

bevo'achem el-Ohel Mo'ed

velo tamoutou ‘houkat olam ledoroteychem.

du vin et de l’alcool (vin distillé) tu ne boiras pas,

toi et tes fils avec toi lorsque vous rentrerez dans la tente du rendez-vous...

 

Du fait de la proximité de ces 2 textes une tradition enseigne qu’ils étaient dans l’enivrement.

Tout cela est très clair, il y a enthousiasme et enivrement : tout cela est interdit dans la conduite religieuse selon la Torah.

 

Je voudrais rattacher cela à un thème très important qui est enseigné sur la différence de la capacité de prophétie des prophètes d’Israël et de ceux des Nations. Les sources prennent pour modèle la différence entre Moïse et Bilaam.

 

Les prophètes d’Israël prophétisent dans la lucidité absolue, alors que les prophètes des Nations utilisent la transe. C’est une différence de nature. On s’est habitué à croire que plus on est en transe et plus on est prophète, alors que c’est impur. C’est dans la lucidité absolue que les prophètes d’Israël prophétisent. Debouts. C’est une mentalité inverse.

 

On a cité le verset qui définit Bilaam :

« Nofel nofel ougeloui einayim »

« il tombe à terre et ses yeux s’ouvrent ».

 

Je voudrais citer ce que dit le Midrash et une interprétation du Midrash qu’avait donné une fois E. Lévinas qui m’a beaucoup frappé : Le Midrash nous dit que Bilaam était incirconcis alors il avait honte de son incirconcision, et il se jettait à plat ventre pour la cacher, et là seulement il pouvait recevoir la prophétie. Et Lévinas avait dit, je ne sais plus si c’est lui qui l’a dit ou moi qui l’ai pensé quand il l’a dit, « à mon sens, cela définit le philosophe par rapport au prophète »: « Le prophète des nations peut voir mais il ne peut pas être vu, contrairement au prophète d’Israël qui peut voir et être vu ».  C’est la grande différence.

 

Je me rappelle d’avoir écouté du temps où j’étais en Sorbonne un grand professeur de la philosophie des valeurs : Lessène qui nous disait avec une sincérité absolue : « on ne peut pas demander au  philosophe de vivre selon ses valeurs, il les décrit, sa vie c’est autre chose… »

Et c’est vrai, c’est cela la grande différence. Un philosophe est comme un poteau qui indique la direction à prendre, mais il ne marche pas lui même...

 

Concernant l’agitation:

La Halakhah : certaines synagogue interdisent le balancement durant la prière et dans d’autres c’est autorisé. Un grand maitre ’hassid avait l’habitude de prier au pied d’un mur. Un jour arrivant trop tard à l’heure de Min’hah il arriva dans la synagogue et vit ses élèves en train de prier et il les vit en train de gesticuler. Il était effaré. A la fin de la prière il leur a demandé « que faites vous ? ». L’un des élèves lui répondit : « mais on fait comme toi ! » Il leur répondit : « oui, mais moi je sais ce que je fais... ». Le balancement dans la prière, c’est toute une science mystique, et si on n’en connait pas les régles il faut s’en méfier sinon cela est de l’agitation névrotique de type excitation sexuelle surtout chez les jeunes gens. Il faut se méfier de ce genre de manifestation de piété démonstrative qui sont parfois suspecte.

 

Retour au sujet :

2 thèses :

 

ð   un feu étranger non demandé par la Torah. Un enthousiasme mal géré.

ð   un enivrement. Il faut de la sobriété dans le service.

ð   moreh halakhah lifnei rabo : c’est une faute très grave en présence de Mosheh et Aharon. c’est pourquoi un maitre et son élève, un père et son fils, n’ont pas le droit de siéger dans le même tribunal rabbinique dans les temps où il y avait une politesse traditionnelle. Dans le même sens, à une Bar Mitsvah on évite de faire monter à la Torah 2 frères de suite ou un père et son fils de suite. Il faut mettre un étranger entre les 2, cela va dans le même sens.

ð   une autre thèse : ils étaient célibataires et avaient fait voeux de célibat, ou de chasteté. Au moment de la révélation de la Torah Dieu a demandé la séparation homme-femme pendant 2 jours et Moïse a donné 3 jours pour se préparer à la révélation de la Torah. Alors eux ont considérés qu’ils étaient tout entier Torah et alors à plus forte raison faut-il être célibataire... La réaction du Midrash est très dure : pour qui tu te prends ?

ð   une autre thèse : ils étaient impatients à remplacer Moïse et Aharon...

 

Avant ces Midrashim, des questions ?

 

Q : astrologie présente dans la prière ?

R : c’est dans le rite ashkénaze, et pas seulement dans la prière du Tal mais aussi dans les offices des jeûnes, à Tisha Beav...  

…/…

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Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
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