Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:29

Aharei Mot (1994)

 

Aharei Mot (1994) 2ème partie

 

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/ahare_mot/cours_1

Face B

 

…/…

Les modernes sont très superstitieux et imprégnés d’astrologie de bas étage qui ne sont pas le fait des astrologues sérieux.

 

***

Il y a toute une série d’approches du même problème. Nous allons voir un peu plus en détail comment en parle le Midrash.

 

Midrash au nom de Rabbi ‘Hiyyah ben Eléazar :

« C’est pour 4 raisons que les fils d’Aharon sont morts,

le fait de se rapprocher (trop)

et le fait d’avoir approcher quelque chose non demandé

et le feu étranger

et parce qu’ils ne se sont pas concertés ensemble »

 

[C’est une indication supplémetaire que nous n’avons pas eu : 

tout un chapitre sur le verset dans Shmini « Shéné Benei Aharon - les 2 fils de Aharon »

pourquoi l’emploi de Shéné ? on sait qu’ils étaient deux dans l’histoire ?

Chacun a eu une initiative individuelle et cela en a fait deux : c’est une indication qu’ils n’ont pas pris conseil l’un de l’autre]

 

ð   Le fait qu’ils se soient approchés.

Ils sont entrés jusqu’au saint des saints Qodesh haqodashim, là où le grand prêtre n’a le droit de rentrer que le jour de Kipour, d’où dans notre Parashah le fait que les dispositions du sacrifice du jour de Kipour sont données juste après dans Aharei Mot

 

ð   Le fait d’avoir approché quelque chose d’autre.

Parce qu’ils avaient apporté un sacrifice qui ne leur avait pas été commandé

 

ð   Le feu étranger.

Ils ont fait entré dans le saint des saint un feu de l’autel, mais de l’autel qui devait rester extérieur.

 

ð   Ils n’ont pas pris conseil l’un de l’autre.

Cela se rattache à un principe très important : le Talmud interdit d’étudier tout seul. Al labadim (levad tout seul) sur un verset de la construction du temple – on doit toujours étudier avec un ’Haver. Cela s’appelle une ’Havroutah. Avec quelqu’un d‘autre de telle sorte de pouvoir se vérifier et s’aider l’un l’autre. Celui qui croit qu’il peut étudier seul est en réalité un incroyant. Il se conduit comme si Dieu n’avait donné la Torah que pour lui. C’est la plus grande des hérésies. Un égocentrisme tel que ce n’est plus la Torah. C’est dans Ketouvot page 111.

 

Déjà à l’époque du Talmud à l’époque de Rabi Yo’hanan il y avait déjà cet alibi de rester hors d’Israël en raison de la grandeur des Yeshivot. La Guémara dit : « Et si tu dis qu’il n’y a pas de maitre pour toi en Israël alors sâche qu’il y en a un. Et puis dans tous les cas si tu ne montes pas  divise ton temps en trois : un 1/3 Torah 1/3 Mishnah 1/3 Guémara... ».

C’est une Sougiah importante dont le principe d’enseignement est qu’en tous les cas il faut monter en Israël pour étudier la Torah. Et cela se réfère à ceux qui avancent l’excuse de l’étude de Torah pour éviter de monter en Erets Israël.

 

Il y a une très belle tradition chez les ‘Hassidim : Dans chaque communauté ‘hassidique il y avait le Tsadik qui est vraiment le chef spirituel de la communauté ; et chaque Tsadik avait un rabbin personnel, en général un de ses paroissiens les plus Pashout qui lui faisait une heure de morale chaque matin pour ne pas qu’il se prenne pour l’unique.

 

Argumentation pour le 4ème :

« Ils n’ont pas pris conseil l’un de l’autre. Et les 2 sont tombés dans un piège (Ils ont trébûchés) ».

Ainsi qu’il est dit : chapitre 10 verset 1 parshat Shmini

וַיִּקְחוּ בְנֵי-אַהֲרֹן נָדָב וַאֲבִיהוּא אִישׁ מַחְתָּתוֹ, וַיִּתְּנוּ בָהֵן אֵשׁ, וַיָּשִׂימוּ עָלֶיהָ, קְטֹרֶת; וַיַּקְרִיבוּ לִפְנֵי יְהוָה, אֵשׁ זָרָה--אֲשֶׁר לֹא צִוָּה, אֹתָם

Vayiq’hou veney-Aharon Nadav va'Avihou

ish ma’htato

 « Et les 2 fils de Aharon Nadav et Avihou prirent chacun son encensoir ... »

« Chacun » pour indiquer qu’il sont eu chacun une initiative tout seul et en même temps.

« Ish meatsmo assou : chacun l’a fait de lui même

Ils n’ont pas pris conseil l’un de l’autre. » 

 

Et ne pas croire qu’au niveau où ils étaient leur faute est une faute très haute. Il ne s’agit pas de les mépriser comme de vulgaires fauteurs. Comme ce que dit Judah Halévi à propos de la faute du veau d’or : il faut juger la génération au niveau où elle était et ne pas les prendre pour des païens de bas étages.

 

« Quatre endroits dans la Torah est mentionnée la mort des fils d’Aharon, et à chaque endroit on rappelle leur mauvaise conduite. Et cela pourquoi ? Pour que tu saches qu’ils n’ont fait que cette faute. »

 

On rappelle de 4 manières différentes ce qui est arrivé, c’est pourquoi il y a 4 thèses différentes.

 

« Et Rabbi Eléazar Amodari dit : viens voir combien la mort des fils d’Aharon a été précieuse aux yeux de Dieu. Car à chaque mention de leur mort il mentionne leur faute. Et pourquoi ? C’est pour te faire savoir : ne prenez pas l’initiative ceux qui viendront qu’ils avaient des  actions mauvaises en secret et qu’ils sont mort pour des choses plus graves, honteuses, secrétes. »

 

Un 2nd Midrash :

« On a cité à l’école de Rabbi Eliezer : les fils de Aharon ne sont morts que parce qu’ils ont enseigné la Halakhah en présence de Moïse leur maitre.

Et on raconte le cas d’un élève de Rabbi Eliezer qui a enseigné en présence de son maitre. (Rabbi Eliezer) a dit : Oy ! que va t’il arrivé à sa femme ?

(Quelqu’un qui se conduit comme cela c’est qu’il a une femme qui ne lui sert pas de garde-fou).

C’est un autre sujet mais il faut le découvrir : le Talmud dit : « un homme ne devient que ce que sa femme lui permet de devenir ». On l’apprend de Abraham et de Sarah. Abraham est ce qu’il est grâce à Sarah. Le verset dit : « et il y eu du bien à Abraham grâce à elle ». Faites attention à votre femme si vous voulez être heureux.)

« Et pourquoi la femme de celui-là ? »

« Il n’a pas fini sa semaine (variante : son année) il en est mort ».

(ie. Sa femme était responsable et c’est lui qui est mort)

 

« Alors les sages sont entrés chez Rabbi Eliezer et lui ont dit : Navi Atah ? est-ce que tu es prophète ? Il leur a dit : non ! Je ne suis ni prophète ni fils de prophète mais ainsi il est reçu par tradition : kola more halakhah lifnei rabo ‘hayav mitah celui qui enseigne en présence de son maitre est passible de mort. »

 

Si c’est vraiment un maitre, si c’est vraiment un élève, si c’est vraiment qu’il a enseigné la Halakhah devant son maitre alors c’est sérieux et quelque chose ne va pas et inévitablement ce qui arrive arrive....

 

Un autre Midrash dans ce sens-là :

 

« On a enseigné à l’école de Rabbi Eléazar : il est interdit à un élève d’enseigner en présence de son maitre jusqu’à ce qu’il soit éloigné de lui de 12 kms comme la longueur du camps d’Israël. »

 

Vous voyez à quel point c’est srict et à quel point il y a des désordres qui en résulte si ce n’est pas observé.

 

Voilà les différentes approches du même problème sur le sujet.

 

On voit la chute des générations : On a abordé un bout de verset, alors qu’il encore peu de temps on lisait le vendredi la veille de Shabat 2 fois toute la Sidra en hébreu et une fois le Targoum (remplacé par Rashi depuis peu) pour se préparer à la lecture du Shabat.

 

Questions-Réponses:

 

Q : La régle du célibat ? est-ce une faute morale ?

R : c’est à priori interdit, sauf cas exceptionnel, on cite quelque rabbins à travers les siècles qui étaient dans ce cas de ne pas être marriables, pour qui leur maîtres ont autorisé le célibat pour des raisons psychiques ou physiques, mais c’est très rare. La règle de la Torah est l’interdit d’approcher quoique ce soit du culte à Dieu si on n’est pas marié.

Un ‘Hazan à Kipour doit être marié avec 3 enfants sinon on ne le laisse pas faire la prière pour la communauté. On ne donne pas certaines Haftarot à des gens non mariés. Nous vivons dans un temps ou le niveau psychique individuel est tellement dilué que l’on en réalise pas très bien de quoi il peut s’agir. Mais la loi a été pour des générations au niveau sérieux.

 

Celui qui n’a pas connu la vie de couple et l’amour pour sa femme et qui dit de Dieu qu’il l’aime, de qui parle t’il ? L’ambiguité est inévitable... de la femme qui lui manque ? ou de Dieu ?

 

Vous avez sans doute entendu parler d’un grand maitre d’après guerre qui était très spécial, c’est Chouchani. J’ai eu le privilège de le connaitre. Il aimait mettre les gens dans sa poche. Il était d’une science faramineuse et d’une mémoire impossible et une intelligence hors du commun au point que je me demande s’il était un homme ou autre chose. On ne sait pas d’où il venait. A l’accent il était lithuanien. C’était un prodige. Il est fort probable que dans sa Yeshivah il n’avait personne à qui parler, alors il est devenu fou. Il y a des gens qui disaient 50% fou 50% génial mais c’est faux. Il était 100 % génie et 100% fou. C’est quelque chose d’exceptionnel. Je l’ai fréquenté pendant un an, admirez ma patience ! Il aimait parfois mettre les gens dans sa poche alors il avait appris que dans une synagogue de la rue Blanche, il y avait Moadon de la communauté séférade turque de la rue Saint-Lazarre. Une fois le comité culturel avait invité un prêtre à faire un exposé sur le Cantique des cantiques. A la fin de l’exposé Chouchani se lève et dit : dites-moi la vérité comment savez-vous ces choses-là puisque vous êtes célibataire ? Toute la salle s’était éclaté de rire…

 

Quand quelqu’un parle d’amour de Dieu sans avoir connu l’amour d’une femme on ne sait pas de quoi il parle. De ce dont il parle ou de la femme qui lui manque ?

C’est pourquoi on ne le laisse pas s’approcher du culte à cause de cette ambiguïté.

Le Talmud évoque les cas particuliers de célibat et les critères. Quelques uns en un siècle.

J’ai toujours été perplexe vis-à-vis des prêtres catholiques en particulier à cause de ce problème. (Il faut préciser la différence chez les prêtres catholiques entre le voeu de chasteté et le voeu de célibat).

 

Nadav et Avihou venaient derrière Moïse et Aharon, et disaient : « quand ces deux vieillards vont-ils mourir que nous les remplacions ? ». C’est typique de la faute d’impatience. La faute d’impatience nous a coûté cher depuis le 1er homme. Les fautes graves sont des fautes d’impatience.

Il faut comprendre les choses au niveau où étaient Nadav et Avihou. Ce n’est pas du tout et uniquement une révolte des générations.

 

Enseignement du Rav Ashlag à ce sujet, très grand cabaliste contemporain :

Pour Moïse et Aharon, la révélation se faisait simultanément en eux deux.

Moïse demandait à Aharon : qu’as-tu entendu ? et Aharon demandait qu’as-tu entendu ?

Pour vérifier s’ils avaient entendu la même chose… C’est ainsi que l’on étudie. C’est la ‘Havroutah. Quand le maître enseigne, chaque élève entend une chose différente. Il faut le savoir. Pour arriver à réintégrer en quoi que ce soit le contenu de l’étude, il faut que les élèves mettent en commun leur compréhension personnelle. Cf. la différence entre écouter et entendre…

 

Ce n’est pas seulement une révolte des générations, c’est le fait que la manière de diriger le peuple de Moïse et Aharon suivait la Midat haRa’hamim, par la médiation de la miséricorde.

Nous avons eu le privilège dans la génération précédente d’avoir 2 Talmidei ‘hakhamim qui ensemble reproduisait d’une certaine manière ce couple Moïse-Aharon : le Rav Kook et son élève préféré le Rav ’Harlap. C’était un grand, un peu éclipsé par le Rav Kouk. Les 2 formulations du même enseignement qui se complétent dans ce sens de ‘Hessed et Din qui ensemble sont Ra’hamim. D’ailleurs le Rav Kouk lui-même s’appelait Abraham Yitshaq, c’est très symbolique. Et Kohen…

 

Alors que Nadav et Avihou dans l’entiéreté de l’adolescence c’était la Midat HaDin : ce n’est pas ainsi qu’il faut diriger le peuple : quand est-ce qu’on va les remplacer et ils verront ce que c’est que diriger le peuple....

 

Chez tout un chacun, cela peut servir d’alibi à des passions : on se réfère à des idéaux ou à des motivations apparemment désintéressées, mais qui cachent en réalité des passions du 1er genre.

 

Vous voyez la sagacité de l’analyse du Midrash qui va directement à l’essentiel et montre ce qu’il y a d’essentiel dans cette histoire des enfants d’Aharon.

 

La maniement des choses de la sainteté est peu simple : il faut un scrupule et une lucidité très grande et éviter le risque de la scrupulite, l’enthousiasme, l’enivrement... 

Le sentiment est absolument nécessaire, mais s’il n’est pas contrôlé par la loi c’est la catastrophe.

S’il n’y a pas la foi, il n’y a rien, mais sans la foi, on est sans foi ni loi...

 

Q : Comment Moïse et Aharon n’ont-ils pas pressenti cette esprit de « révolte » ?

R : C’est autre chose qu’une révolte. Moïse et Aharon ont été les maitres de la génération de la sortie d’Egypte et très rapidement ils se sont distanciés du peuple. La génération a changé, et ils étaient donc inadaptés, par en haut, à la génération suivante. Une chose très peu connu : Moïse n’a enseigné le peuple que prendant 2 ans et demi durant les 40 ans du désert. Ensuite, il s’est séparé. Il a pris sa tente et s’est mis à côté du camp d’Israël, et c’est Josué qui était son porte-parole. Ce n’est qu’à la fin de cette génération, dans le livre de Dévarim, qu’il a parlé aux enfants des enfants d’Israël sortis d’Egypte au bout de 40 ans. De la même manière Aharon les a quitté très tôt.

 

Cela veut dire que chaque fois qu’il y avait une turbulence dans l’histoire du peuple, et c’est dans l’histoire des dix épreuves des 40 ans du désert, Moïse intercédait pour le peuple. Mais la dernière fois il n’a pas intercédé et il s’est mis en colère, une sainte colère. Le 2nd épisode du rocher. Dieu se révèle à eux en leur disant qu’ils ne peuvent plus diriger le peuple. Il faut passer le relai à plus bas. Ils sont trop haut pour la génération.

 

Le Professeur Baruch psychiatre dont j’ai été l’élève, fut le grand intellectuel juif universitaire d’après la résistance, le seul universitaire qui parlait intelligemment des choses de la Torah. Une anecdocte : j’allais à Sainte-Anne chaque semaine pour étudier avec lui. Il avait l’habitude de descendre de son bureau et de monter dans sa voiture et de dire à son chauffeur personnel : chez maman ! Un jour il s’est trompé en montant dans un taxi : « chez maman ! » Le taxi l’a ramené à l’hopital Saint Anne... ! 

 

Il me citait l’enseignement de Maïmonide qui repose sur un texte du Talmud important selon lequel la colère empêche l’inspiration, la prophétie. Celui qui se met en colère perd sa torah. Selon Maïmonide : la colère de Moïse le disqualifie pour entrer dans la terre d’Israël. Après l’enseignement cité, le Professeur disait que cela n’existe pas parce qu’il y a des saintes colères.

 

Quand Moïse n’était plus à même de prier pour le peuple fautif, quelque soit la faute du peuple, c’est le signe qu’il n’est plus à sa place à la tête du peuple. Passage de relai nécessaire...

 

Midrash : Josué comme la lumière de la lune par rapport à la lumière du soleil. C’est une lumière atténuée. Comme le jour et la nuit.

 

Il est évident qu’ils ont quitté la scène de la direction du peuple et ils reviendront à la fin des temps

pour nous dire leur façon de penser.

 

< fin >

*****

Partager cet article

Repost 0
Published by Rav Yéhouda Léon Ashkénazi (Manitou). - dans PARASHAT HASHAVOUA
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : MANITOU
  • MANITOU
  • : Bienvenue sur le blog MANITOU! Cet espace est consacré au Rav Léon Askénazi - Manitou - זצ"ל.Vous y trouverez des textes rédigés à partir de cours audio enregistrés (disponibles sur www.toumanitou.org) En modeste hommage à ce Rav génial et extraordinaire...
  • Contact

Recherche