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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:19
Abraham L'hébreu ou l’espérance de fraternité (1988) 4a
 
Durée : 45,2 minutes
Face A
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Je vais vous dire quelques phrases d’introduction à ce texte pour relier à notre sujet général. Un des thèmes principaux que nous avions étudié c’était le changement de nom d’Abram en Abraham et de Saraï en Sarah.
 
Et la signification d’après l’enseignement du Talmud c’est le passage de cette identité araméenne à l’universel, et en cela l’identité hébraïque d’origine se retrouve déployée.
 
Vous vous rappeler de toutes les implications de ce sujet.
 
Or, je voudrais rattacher à ce thème le fait que tant que ce passage à l’universel n’est pas réalisé – et nous verrons tout-à-l’heure à travers un texte du Zohar que c’est relié à l’alliance de la circoncision – la naissance de l’enfant promis à Abraham et Sarah est empêché. Vous voyez comment cela se raccroche à tout ce que nous avons étudié jusqu’à présent sur ces thèmes d’identité.
Nous allons voir à partir du verset 15 du chapitre 17 dans la Genèse.
  
וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, אֶל-אַבְרָהָם, שָׂרַי אִשְׁתְּךָ, לֹא-תִקְרָא אֶת-שְׁמָהּ שָׂרָי כִּי שָׂרָה, שְׁמָהּ
Et Dieu dit à Abraham Saraï ta femme tu ne nommeras pas son nom Saraï car son nom est/sera Sarah.
 
A ce sujet la Guémara enseigne, je vous rappelle la référence que nous avions étudié à propos du changement de nom d’Abraham – c’est le Talmud Brakhot 13a.
 
Celui qui nomme Sarah du nom de Saraï…
 
C'est-à-dire une fois que le changement de nom a été opéré et qui revient en arrière et la nomme de nouveau Saraï – la différence vous vous en souvenez Saraï signifie « ma princesse » spécificité très précise de la relation entre Sarah qui sera la matrice de l’engendrement d’Israël par rapport à Abraham lui même seul « Saraï : ma princesse », alors que Sarah c’est « la princesse » à l’échelle de l’universel.
 
Celui qui nomme Sarah du nom de Saraï ne transgresse pas un commandement.
 
Vous vous souvenez que celui qui reprend en régression le nom d’Abram pour Abraham transgresse un commandement positif et un commandement négatif. Il y a une différence pour Sarah.
 
                      Pour quelle raison : parce qu’il est écrit « Toi tu ne l’appelera plus Saraï… »  
 
Par conséquent ce verset indique une interdiction pour Abraham et pour Abraham seul. Alors que la formule du changement de nom d’Abraham était universelle.
 
 
 
Cela signifie que cette exhortation est pour lui (Abraham) seul mais pas pour le reste du monde
 
 
 
Cela signifie donc que l’identification de Sarah qui est passée à l’échelle de l’universel dans la spécificité de la relation à Abraham – c’est quand même Sarah d’Israël – doit être gardée pour l’universel humain. C’est Israël qui ne doit pas empêcher ce passage à l’universel.
 
 
 
Nous arrivons à notre sujet, le verset suivant dit :
 
 
 
17.16:
 
וּבֵרַכְתִּי אֹתָהּ, וְגַם נָתַתִּי מִמֶּנָּה לְךָ בֵּן; וּבֵרַכְתִּיהָ וְהָיְתָה לְגוֹיִם, מַלְכֵי עַמִּים מִמֶּנָּה יִהְיוּ
 
Et Je la bénirai, et même Je te donnerais à toi d’elle, un fils; Et Je la bénirai (rendrai féconde), et elle sera le principe d’un ensemble de nations et les rois des peuples seront d'elle."
 
 
 
A ce sujet, la Guémara enseigne que ce changement de nom changeant l’identité a rendu possible cette fécondité de l’enfantement qui était attendu. Il y avait là un lien entre deux points importants que nous avons étudiés : d’une part le principe du passage de l’identité spécifique araménenne à l’universel pour retrouver l’identité hébraïque, et le fait que tant que ce passage à l’universel n’est pas amorcé, la fécondité promise est empêchée. De telle sorte d’empêcher que cette identité de fécondité et de bénédiction promise à Abraham pour la bénédiction de toutes les familles de la terre ne risque pas d’être une approximation. L’approximation serait quelque part entre la spécificité absolue de l’identité d’exil araméenne et l’universel. Un peu ce que nous avons dénommé en français à la suite de vos questions « l’identité cosmopolite ».
 
 
 
Voilà donc les deux versets qui indiquent qu’enfin est arrivée l’heure de l’annonce de la possibilité de la naissance d’Isaac, parce que Saraï est devenue Sarah et parce que Abram est devenu Abraham. Nous verrons par la suite du texte le lien avec l’importance de l’alliance de la circoncision qui va permettre la naissance d’Isaac.
 
 
 
Je continue le texte, c’est là que nous arrivons à notre sujet :
 
17.17:
 
וַיִּפֹּל אַבְרָהָם עַל-פָּנָיו, וַיִּצְחָק; וַיֹּאמֶר בְּלִבּוֹ, הַלְּבֶן מֵאָה-שָׁנָה יִוָּלֵד, וְאִם-שָׂרָה, הֲבַת-תִּשְׁעִים שָׁנָה תֵּלֵד.
 
Et Abraham tomba sur sa face et il rit ; et il dit en son cœur : "Est-ce qu’il est possible qu’un  centenaire soit capable d’engendrer ? et que Sarah âgée de quatre-vingt-dix ans puisse enfanter ?
 
 
 
Nous avons déjà fait allusion à ce verset dans les études précédentes, c’est la réaction d’Abraham devant le caractère d’irréalité de la promesse promise, si j’ose dire. Que par définition la foi va être définie en Abraham comme étant la foi qu’il est possible qu’Isaac naisse. Vé-émin Bashem. La 1ére fois que le texte emploie le terme  de foi dans le récit par rapport à Abraham, c’est lorsqu’Abraham a cru a fait confiance à cette promesse que alors qu’il se connaissait comme une fin d’histoire dans la stérilité de l’hébreu devenu araméen définitivement… en risque, c’est in extremis que la famille d’Abraham redeviendra hébreu dans le processus d’engendrement qui mènera à Jacob, se connaissant d’après le tifkoud ha-olam, le fonctionnement des réalités du monde comme étant arrivé à une fin d’histoire, il n’arrive pas à entendre les promesses de fécondité pour l’avenir.
 
Et ce n’est que lorsqu’il opère en lui ce passage de l’identité araméenne à l’identité hébraïque que je vous ai dénommé le passage à l’identité de l’universel, qui est celle d’Israël comme en parle la Bible, différente du cosmopolitisme pour raccorder à notre vocabulaire. Alors que simultanément, il est capable d’entendre cette promesse et d’y adhérer, et d’autre part corollairement de la réaliser.
 
 
 
Il y a là deux termes à mettre en évidence :
 
D’une part le terme Vayits’haq : ce thème du rire qui accompagne la naissance d’Its’haq doit être étudié pour lui-même. Il y a différentes dimensions du rire, parce qu’il y a différents personnages qui vont rire à cette occasion, si j’ose dire. Its’haq lui n’aura droit de rire qu’à la fin des temps. Son nom est le verbe rire au futur : Its’haq - il rira.
 
 
 
Mais un rire éclatera à certaines étapes de cette naissance. En fin de compte, la grande espérance annoncée à Abraham commence à se réaliser avec la naissance d’Its’haq. Et donc le rire et la joie, qui sont très reliés sémantiquement dans ce terme, commencent à se réintroduire dans l’histoire du monde.
 
 
 
Vous vous souvenez d’ailleurs ceux qui ont étudié ce thème que la séparation entre Ishmaël et Its’haq a été décidée par Sarah lorsqu’elle s’est aperçu que le rire du fils d’Abraham en Ishmaël est un rire au présent, alors que ce qui est annoncé c’est le rire au futur.
 
 
 
Et puis le deuxième élément c’est la formulation de ce caractère irréaliste de la foi en cette promesse par rapport à la réalité du monde. Lorsqu’Abraham dit : est-il possible qu’un homme de 100 ans engendre et qu’une femme de 90 ans enfante ?
 
 
 
Je crois qu’il faut confronter cela avec la relation qu’il y a entre la foi d’Israël en général et quelque soit le point sur lequel elle porte, et la réalité qui semble opposer une impossibilité d’un point de vue réaliste. Nous vivons notre temps il est bien évident que c’est une des situations auxquelles le peuple juif tout entier, Israël tout entier est confronté aujourd’hui.   
 
 
 
Je formulerais cela de façon très précise : il semblerait que l’existence d’Israël se heurte à une irréalité numérique. On nous donne des chiffres de démographie, de nombres de journalistes pour  lesquels c’est impossible qu’Israël existe dans les conditions dans lesquelles il existe… tout cela est déjà dans ce verset. C’est dans l’exclamation d’Abraham : c’est numériquement impossible !
 
Et c’est pourtant de cela qu’il s’agit. C’est clair que c’est la même situation. Ce à quoi a fait plusieurs fois allusion Armand Abécassis à la conférence d’hier soir : on oppose à la prétention de légitimité de l’état d’Israël, l’impossibilité par rapport aux réalités. On voit donc qu’à la racine de notre histoire c’est le même problème qui se pose. Lorsqu’Abraham s’entend dire : « Je te donnerais un enfant de Sarah », la réaction qu’il a est de dire : « c’est impossible vu la réalité ! » C’est ce lien que je voulais indiquer. Il faut y réfléchir par vous-mêmes. C’est en dépit de l’irréalité apparente qu’Israël existe depuis 4000 ans. Au fond il n’y a rien de changé.
 
 
 
On continue et c’est là que nous arrivons au verset 17:18 sur lequel nous allons étudier un passage du Zohar.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם, אֶל-הָאֱלֹהִים לוּ יִשְׁמָעֵאל, יִחְיֶה לְפָנֶיךָ.
 
 « Abraham dit à Elohim: "Puisse Ismaël vivre devant Toi ! » 
 
Lou c’est un souhait optatif. Abraham est convaincu qu’Its’haq l’enfant de Sarah va naître et tout de suite il pense à Ishmaël. Ishmaël était déjà né des circonstances que nous avons déjà analysé. LE fléchissement de la foi et de la patience chez Sarah et Abraham, entretemps Ishmaël est né.
 
Et voilà qu’en fin de compte Abraham est convaincu qu’Isaac naîtra. Alors il y a un problème avec Ishmaël. Et c’est Abraham qui dit ainsi :
 
לוּ יִשְׁמָעֵאל, יִחְיֶה לְפָנֶיךָ.
 
« Puisse Ismaël vivre devant Toi ! » 
 
 
 
וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, אֲבָל שָׂרָה אִשְׁתְּךָ יֹלֶדֶת לְךָ בֵּן, וְקָרָאתָ אֶת-שְׁמוֹ, יִצְחָק; וַהֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתּוֹ לִבְרִית עוֹלָם, לְזַרְעוֹ אַחֲרָיו
 
Et Dieu lui dit sous-entendu n’oublie pas) : Sarah ta femme t’enfante à toi un fils. (C’est au présent)
 
Et tu nommeras son nom Isaac. Et Je ferais exister-réaliser Mon alliance (l’alliance est déjà contractée avec Abraham) avec lui. En alliance éternelle à sa postérité après lui.
 
 
 
17:20:
 
וּלְיִשְׁמָעֵאל, שְׁמַעְתִּיךָ--הִנֵּה בֵּרַכְתִּי אֹתוֹ וְהִפְרֵיתִי אֹתוֹ וְהִרְבֵּיתִי אֹתוֹ, בִּמְאֹד מְאֹד שְׁנֵים-עָשָׂר נְשִׂיאִם יוֹלִיד, וּנְתַתִּיו לְגוֹי גָּדוֹל
 
Et quant à Ismaël, je t'ai entendu [Notez le lien sémantique c’est le même mot Yishma'el shmatikha] Voici, Je l'ai béni; Je l’ai multiplié, extrêmement, il engendra douze princes, et J’en ferai une grande nation.
 
וְאֶת-בְּרִיתִי, אָקִים אֶת-יִצְחָק, אֲשֶׁר תֵּלֵד לְךָ שָׂרָה לַמּוֹעֵד הַזֶּה, בַּשָּׁנָה הָאַחֶרֶת
 
Et mon alliance, Je la maintiendrais avec Isaac, que Sara t'enfantera à pareille époque, l’année suivante.
 
 
 
Il y a donc une différence entre la bénédiction qui est l’héritage  d’Ishmaël et l’alliance d’Abraham qui continue avec Isaac.
 
 
 
Je retiens donc : il y a un souhait d’Abraham par rapport à Ishmaël et cela est confirmé par Dieu, et d’autre part il y a ce rappel que Ishmaël a ses propres bénédictions. Je vous donne une autre référence, c’est le verset qui formule la bénédiction propre à Ishmaël et qui se trouve au chapitre 16 verset 12 lorsque l’ange se révèle à Agar pour lui annoncer qu’elle aura un fils, après que Sarah ait obtenu d’Abraham qu’il renvoie Agar, lorsque elle s’est révoltée contre Sarah.
 
 
 
Je vous signale là un point qui est peut-être peut connu dans le déroulement du récit lorsque Sarah a proposé à Abraham de prendre Agar puisqu’elle pensait définitivement qu’elle ne pourrait pas enfanter, alors Abraham a accepté d’épouser Agar qui fut enceinte. Lorsqu’Agar a vu qu’elle était enceinte elle s’est révolté contre Sarah, et Sarah a obtenu d’Abraham qu’il la renvoie. Elle a avorté. Un ange se révèle à elle pour lui dire qu’elle aura un fils. Et c’est le deuxième fils de Agar qui est Ishmaël. Vérifiez bien dans le chapitre 16. 
 
Le verset 11 dit ceci :
 
 
 
16:11-12:
 
וַיֹּאמֶר לָהּ מַלְאַךְ יְהוָה, הִנָּךְ הָרָה וְיֹלַדְתְּ בֵּן, וְקָרָאת שְׁמוֹ יִשְׁמָעֵאל, כִּי-שָׁמַע יְהוָה אֶל-עָנְיֵךְ
 
Et l’ange de Dieu lui dit: "Voici tu seras enceinte, et tu enfanteras un fils; et tu nommeras son nom Ishmaël, car Hashem a entendu ta misère.
 
 
 
Et voici le verset qui définit la bénédiction propre à Ishmaël.
 
 
 
וְהוּא יִהְיֶה, פֶּרֶא אָדָם--יָדוֹ בַכֹּל, וְיַד כֹּל בּוֹ; וְעַל-פְּנֵי כָל-אֶחָיו, יִשְׁכֹּן
 
Et il sera un onagre, sa main sera sur tous, et la main de tous sur lui; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères.
 
 
 
פֶּרֶא    Pereh seul signifie un onagre c’est-à-dire une âne sauvage. Et פֶּרֶא אָדָם  Pereh Adam signifie un homme qui est comme un animal sauvage…
 
 
 
sa main sera sur tous, et la main de tous sur lui;
 
C’est une formule apparemment sibylline que le Midrash et le Zohar a étudié à fond de telle sorte de savoir quel sera le développement du génie d’identité d’Israël.
 
Il y a une tendance d’expansion qui s’impose au monde entier. On ne peut pas ne pas se rendre compte c’est le cas. C’est la deuxième fois dans l’histoire du monde, puisque la première fois dans l’expansion de l’islam on voit quelque chose d’inhabituelle dans l’histoire des nations : une petite nation partie d’Arabie qui pratiquement couvre aujourd’hui des continents.
 
Nous sommes habitués à une phénomène de présence mais sa présence même pose problème mystérieux : comment se fait-il que parmi toutes les multitudes des nations du monde, une en particulier ait cette capacité d’expansion, de domination, et d’impérialisme si j’ose dire en élargissant le sens de ce mot. C’était arrivé jusqu’à Poitiers, mais de notre temps c’est avec une toute autre stratégie et d’une toute autre ampleur, quelque chose de beaucoup plus fort semble-t-il. 
 
Il faut se demander pourquoi la tradition nous a demandé depuis des millénaires de lire ces textes chaque année toutes les semaines le Shabat à la Torah : c’est au fond pour savoir qui nous sommes et dans quelle histoire nous vivons. Et pas seulement pour avoir des souvenirs folkloriques de nos ancêtres.  Je crois que vous êtes familier à ce principe : Maasei Avot Siman Labanim. Si on nous demande de connaître par cœur ce texte des récits bibliques de l’histoire des Hébreux c’est parce que c’est notre carte d’identité et que c’est cette histoire que nous vivons. C’est pourquoi il y a un très grand danger à fermer les yeux sur ce que la Bible dit de ce qu’elle dit. A force de ne pas vouloir voir, on ne voit plus. C’est peut-être un des sens du verset : « ils ont des yeux et ils ne voient pas… »  
 
 
 
Il y a deux parties dans cette bénédiction : יָדוֹ בַכֹּל   yado vakol les mots sont très précis et très forts : sa main sera sur tout -  וְיַד כֹּל בּוֹ vé yad kol bo et la main de tout sera sur lui. Jusque-là c’est très sibyllin. J’ai commencé à vous indiqué que cela a un sens très précis pour ceux qui étudient les Midrashim. Nous savons depuis l’origine qu’il y a dans le génie Ishmaël une capacité d’expansion universelle qui en fait de compte a donné l’islam et ce que cela représente comme volonté d’hégémonie. Dans les temps contemporains, il y a l’exemple massif de l’Iran et du khomeynisme si vous voulez. Mais la mémoire juive est habituée à cela depuis toujours.
 
 
 
Q: n’est-ce pas le sable qui était promis à Abraham ?
 
R: c’est pour la descendance par Isaac : « elle sera nombreuse comme le sable de la mer et nombreuse comme les étoiles du ciel ». Mais là les termes de multiplication et fructification sont employés pour Ishmaël. Il y a sur Ishmaël la bénédiction du nombre. Et le verset que nous sommes en train d’étudier va beaucoup plus loin : la mainmise littéralement : יָדוֹ בַכֹּל   yado vakol . Sa main sur tout.
 
De quoi faut-il le plus s’étonner : de ce que le texte nous explique clairement ce qui se passe, ou de ce que les événements s’entêtent aussi clairement à rendre compte du texte ?
 
Il y a dans l’identité d’Ishmaël un postulat qui va de soi :la mainmise lui appartient, sur tout. Cela c’est encore en dehors des conflits avec Isaac et donc Israël. Ce qui m’étonne c’est la facilité avec laquelle tout en rechignant le monde entier accepte comme si cela allait de soi. Après tout c’est écrit et il faut bien que le monde l’accepte, il faut bien que cela se réalise .
 
 
 
Q : J’ai besoin d’éclaircissements à propos du verset 17:18: וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם, אֶל-הָאֱלֹהִים Vayomer Abraham El Ha-Elohim, Est-ce le même que celui vu hier soir « Vé HaElohim » ?
 
R : c’est un peu différent mais cela va dans le même sens. C’est l’ensemble du tribunal céleste.
 
 
 
Q : cela ressemblait à la bénédiction que Jacob fait pour Gad. 49 :19
 
גָּד, גְּדוּד יְגוּדֶנּוּ; וְהוּא, יָגֻד עָקֵב
 
Gad sera assailli d'ennemis, mais il les assaillira à son tour
 
R : La correspondance est formelle. Ici dans le contenu de la bénédiction il s’agit vraiment d’une mainmise sur tout. D’une prise de possession et ensuite d’une dépossession totale.
 
Je vous donne l’explication du Zohar à ce sujet.
 
Nous avons déjà appris cela que les trois patriarches ont été bénis par la même formule de Kol mais dans des indices différents : Avraham – Bakol, Its’haq – Mikol, Yaaqov – Kol. Et alors l’assurance d’Ishmaël c’est le fait qu’il s’accroche à Avraham. Yado Bakol= sa main est sur Abraham. Mais la main de Jacob sera sur lui : Vé Yad Kol Bo. Et vous voyez comment cela se développe dans l’histoire. Ce n’est pas la peine d’analyser plus. Et je crois qu’on est arrivé à la fin du verset.
 
C’est á dire que le fait qu’Ishmaël est enraciné en Abraham lui donne la possibilité de mainmise sur tout. Mais lorsque Jacob apparait c’est Jacob qui met fin à cela :
 
יָדוֹ בַכֹּל וְיַד כֹּל בּוֹ
 
Yado Bakol Vé Yad Kol Bo.
 
Jacob et pas Isaac. Il faut toujours lire ce qui est écrit, pas plus, mais pas moins.

 

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Published by Phil O'Semith - dans ENGENDREMENTS
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