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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 09:35

***

Q : …

R : On revient sur la même question. Rashi cite un certain nombre de Midrashim parmi d’autre. La quesiton du Midrash c’est que :  Vayéhi A’harei HaDevarim haEleh « Et il arriva après ces paroles... » [Gn. 22:1:  וַיְהִי, אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה, וְהָאֱלֹהִים, נִסָּה אֶת-אַבְרָהָם ]

Le sens habituel c’est « Il arriva après les événements précédents... »

Une indication du Midrash dit qu’il faut lire « Méa’horei HaDevarim HaEleh.  Et il arriva que ce qui était impliqué dans les événements précédents doit être mis en évidence dans une épreuve pour voir de quoi il s’agit vraiment.

 

Un des Midrashim dit que le Satan conteste le choix par Dieu d’Abraham en disant : « Hazaken hazeh ce vieillard tu lui a donné un fils, il a fêté à l’âge de son seuvrage et abattu des troupeaux entiers pour ses invités mais rien pour Toi ? » Et Dieu répond : « Tout cela il l’a fait pour Its’haq mais si Je lui demande Its’haq en sacrifice il Me le donnera »

 

Pour bien comprendre la cohérence de ce Midrash : où est l’épreuve ?

Où est l’épreuve ? Il faut que Abraham fasse la preuve qu’il est Tsadik !

Vous voyez que cela répond à la tentation qu’ont les Goyim lorsqu’ils parlent de cette histoire en disant que le choix d’Abraham a été gratuit. Il faut qu’Abraham le justifie en en faisant la preuve.

 

Nous savons d’autre part que le choix d’Abraham n’est pas gratuit. C’est une autre étude qui vient avec les textes précédents le nôtre. Abraham n’est pas n’importe qui ! Si la Torah nous dit de façon circonstanciée depuis Adam Harishon d’où vient Abraham c’est pour nous faire comprendre pourquoi c’est Abraham qui a été choisi.

 

L’approche des Goyim de ce récit consiste au contraire à fonder la notion de choix arbitraire de la grâce absolue de celui que Dieu choisit. Or, le récit de la Torah dément cela : il y a des raisons pour lesquelles Abraham est choisi. Et c’est pourquoi la Torah nous donne une très longue préface de la carte d’identité d’Abraham pour nous dire qui est Abraham. Cela ne signifie pas qu’Abraham ne doit pas justifier l’identité qu’il a en potentiel, d’où ces 10 épreuves dont nous avons parlé. Il faut qu’Abraham fasse la preuve qu’il est bien Abraham, mais il n’y a qu’Abraham qui peut être choisi.

 

Et donc la contestation est de dire qu’il y a une espèce d’injustice à priori. On peut élargir d’ailleurs la formule de cette constestation qui consiste à dire: pourquoi « asher ba’har banou » ? Pourquoi ce choix gratuit de ce peuple plutôt qu’un autre ?

 

On retrouve d’ailleurs cela dans un Midrash qui fait parler Ishmaël se déclarant véritable aîné et véritable fils d’Abraham, car Isaac a eu sa circoncision à 8 jours sans mérite alors que lui c’est adulte à 13 ans...

 

Ce sont les deux contestations des religions bibliques qui affirme qu’il n’y a pas de mérite à l’élection d’Israël et que le mérite selon l’esprit va à ceux qui ont par eux-même accepté la parole de Dieu alors qu’elle est imposée à Israël. Alors il faut faire cette preuve.

 

Je reviens sur ce point précis : Le Satan réclame qu’Abraham fasse la preuve qu’il est au moins capable de la piété des Goyim.

Alors semble-t’il tout s’enclenche : Abraham est tenté de faire la preuve qu’il est capable de cette piété suprême qu’on trouve chez les Goyim : le premier né est offert en sacrifice en l’honneur de la divinité.

 

On pourrait se demander, revenu à ce stade culturel, où est le mérite d’un tel sacrifice ? C’était cela le sacrifice religieux banal chez les Goyim : offrir le 1er né en sacrifice !

Vous vous rappelez ce que disent les historiens des religions à ce propos.

 

De la même manière on pourrait se demander où est le mérite de la foi d’Abraham quand Dieu lui promet d’avoir un enfant ? Avoir un enfant c’est banal ! 

Donc c’est que les choses ne sont pas si simples…

 

Abraham si j’ose dire est tenté de conduire cette épreuve selon la « Halakhah » en usage pendant ce temps-là. Lorsque Dieu demande « Lehaalot Olah » il comprend « Halakhah leMaasseh : laassot olah », mais ce n’est pas ce que Dieu a demandé.

 

Il y a un verset que je vous ai cité la dernière fois de Jérémie (3:19) qui dit :

-אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִי, וְלֹא עָלְתָה עַל-לִבִּי

asher lo tsiviti vélo âltah al libi

…Que je n’ai pas ordonné et qui ne m’est jamais venu à l’esprit

 

Vous êtes en train de sacrifier vos enfants en croyant que c’est ce que j’ai demandé à Abraham » dit Rashi. Et je ne vous ai jamais demandé cela.

Regardez bien le texte c’est ce que Malbim souligne: « Lehaalot Olah » et non pas : laassot olah !

 

L’explication que je voulais vous citer est la suivante :

Abraham est ici interpellé : es-tu capable d’être pieux au moins à la manière des Goyim ?

C’est un sujet qu’on pourrait étudier pour lui-même. Il comporte deux dimensions qui me semblent importante, au moins à signaler:

Précisément la tentation des Juifs de conduire leur culte à la manière de celui des Goyim. Je ne veux pas dire que c’est pour faire cette prueve-là qu’ils font cela comme ça, mais on pourrait le mettre en évidence.  Et deuxièmement l’interpellation des Goyim eux-mêmes qui nous accusent – rappelez-vous les historiens romains - d’être le peuple le plus athée de la terre. Il faut dire d’ailleurs que les Juifs jouent à cela.  

 

Simplement je vous citerais un comportement à la mode chez les intellectuels juifs : si être croyant c’est l’être à la manière des Goyim alors autant être athée… Vous voyez comment cela se rattache au problème…

 

C’est dire qu’il n’en reste pas moins qu’il y a une revendication des Goyim par rapport à Israël : comment se fait–il que ce peuple théophore - « porteur de Dieu » - soit un peuple athée ?

 

Il y a là une double tentation du peuple d’Israël :

-          imiter la manière des Goyim d’être devant Dieu.

-          donner aliment à cette contestation du Satan qui porte la revendication des Goyim et qui souligne l’athéisme d’Israël peuple choisi par Dieu...

 

Midrash sur le Satan :

Rabi Yohanan a dit (Sanhédrin 89b) : Après quoi est-ce arrivé que Dieu ait demandé à Abraham « prends-moi ton enfant bien-aimé et élève-le en Olah » ? Après les paroles du Satan !

 

 

Chaque fois qu’il y a un doute sur un Tsadik, le Satan est celui qui formule à voix haute ce doute-là. Pour le Midrash, le Satan ne s’occupe que des Tsadikim. C’est une surprise car chez les Goyim le Satan ne s’occupe que des Reshayim. Les Reshayim, il les a déjà, il les laisse tranquille ! Là où il y a doute, le Satan intervient. Il est l’accusateur public au tribunal céleste.

 

Q :

R : Les 9 premières épreuves sont pour éprouver Abraham pour savoir s’il est le Tsadik de la Midat Ha’Hassed. La 10ème c’est pour savoir s’il peut être le point de départ de ce peuple qui doit être Tsadik de l’unité des valeurs : « VéAmekh Koulam Tsadikim » mais « Shéma Israël Hashem Eloqeinou Hashem E’had ». Ce n’est pas que Midat Ha’Hessed ou que Midat HaDin, en résumant car il y a 13 Midot, mais le Yi’houd HaMidot.

 

Abraham doit faire la preuve qu’il est le Tsadik de la Midat Ha’Hessed. En cela il est le commencement d’Israël mais pas encore Israël.

 

Seulement, il ne peut être vraiment le Abraham d’Israël - et pas seulement le « Ibrahim » d’Ishmaël - que si étant le Tsadik de la Midat Ha’Hessed, il est capable aussi d’être Tsadik de la Midat Hadin bien que ce ne soit pas sa spécialité. Le Tsadik de la Midat HaDin doit être Its’haq.

 

On retrouve cela chez Its’haq qui va être éprouvé 9 fois pour savoir s’il est le Tsadik de la Midat HaDin, et la 10ème fois pour savoir s’il est capable d’être aussi le Tsadik de la Midat Ha’Hessed. Sinon, ils ne sont pas dirigés vers Jacob-Israël qui est l’unité des valeurs.

 

Par conséquent, cette mise à l’épreuve nous la voyons. Rashi a cité parmi les Midrashim deux d’entre eux. Parc equ’un 3ème groupe de Midrashim disent les i’hourim d’aAbraham lui-même. Les Devarim de qui ? Les Devarim d’Abraham lui-même. Les Devarim sont alors ici ceux d’Abraham lui-même. « Cette enfant que tu m’a promis c’est lui que tu me réclames ? »

 

On indexe cela au mérite des pères : ils n’ont vu que des promesses sans voir le commencement d’une réalisation. On cite pour Abraham cela. L’enfant a été promis à Abraham mais c’est l’enfant qui lui est demandé ! Il a vécu ces épreuves-là et les a surmonté.

 

Par conséquent, dire à voix haute le doute possible sur l’intégrité d’Abraham en tant que Tsadik c’est le Satan qui s’en fait le porte-parole.

 

Je continue le Midrash :

... Le Satan qui portait accusation : De tout le festin qu’Abraham a fait pour fêter son fils, il n’a pas approché de Toi ni un taureau ni un bêlier ? Dieu lui a répondu : tout cela, il ne l’a fait que pour son fils et si Je lui avait dit : « zevakhoto léfanaï sacrifie-le devant moi ! » il ne l’aurait pas empêché.

 

 Malgré le mot de Zévar qu’on a ici, je reviens au Malbim,  c’est l’épreuve d’avoir à faire la preuve qu’on est capable de ce qui est demandé mais jamais la chose en elle-même.

 

Retoruvez ici ce verset de Jérémie avec Rashi qui cite le Talmud là-bas :

-אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִי, וְלֹא עָלְתָה עַל-לִבִּי

asher lo tsiviti vélo âltah al libi

…Que je n’ai pas ordonné et qui ne m’est jamais venu à l’esprit

 

« une chose qui n’est pas venue à l’esprit ».

Ici, Jérémie a une prophétie de To’ha’hah, une admonestation contre tous ces Hébreux pieux de ce temps-là qui faisant comme les Goyim sacrifiaient leurs enfants au Molokh parce que c’était cela la piété.

 

Je reviens á ce que je disais :

Il y a une interpellation des Goyim vis-à-vis d’Israël dont le Satan se fait le porte-parole : faites la preuve que vous être capables d’être pieux comme nous !

 

Et les juifs se laissent prendre à ce piège... 

 

Quel est le contenu de cette contestation ?

Le contenu de la contestation porte sur l’athéisme supposé du peuple d’Israël.

Or, les juifs jouent à cela…

 

קוּם הַעֲלֵהוּ לִי לְעוֹלָה בָרָה

עַל הַר אֲשֶׁר כָּבוֹד לְךָ זוֹרֵחַ

lève-toi et érige-le en Olah pur

sur la montagne sur laquelle pour toi le Kavod brillera

 

אָמַר לְשָׂרָה כִּי חֲמוּדֵךְ יִצְחָק

Il a dit à Sarah ton fils Isaac  

גָּדַל וְלֹא לָמַד עֲבוֹדַת שַׁחַק

Il a grandi et il n’a pas appris l’adoration du ciel

 

L’idolâtrie : sha’haq est un certain niveau des cieux she’haqim עֲבוֹדַת שַׁחַק c’est l’adoration du ciel, c’est-à-dire l’idolâtrie).

Q : Sha’haq et Ist’haq ?

R : C’est un joli Midrash parce qu’une fois dans tout le Miqra, Its’haq est écrit avec la lettre Sin en place du Tsadik. C’est à ce propos-là.

 

אֵלֵךְ וְאוֹרֵהוּ אֲשֶׁר לוֹ אֵל חָק

J’irais lui révéler ce qui est la vérité de Dieu pour lui

(C’est-à-dire sa loi)

 

Le mot de ‘Haq ici est très peu employé en hébreu et il a le sens de l’expression arabe : le ‘Haq la vérité absolue – en hébreu le ‘Hoq.

 

אָמְרָה לְכָה אָדוֹן אֲבָל אַל תִּרְחַק

Elle a dit : Va mon maître mais ne t’éloigne pas

עָנָהּ יְהִי לִבֵּךְ בְּאֵל בּוֹטֵח

Il a répondu « Que ton coeur ait confiance en Dieu»

 

שָׁחַר וְהִשְׁכִּים לַהֲלֹךְ בַּבֹּקֶר

Il se réveilla de bon matin et se leva pour aller au matin

                      וּשְׁנֵי נְעָרָיו מִמְּתֵי הַשֶּׁקֶר

                      Et avec lui les 2 jeunes gens « mortels du mensonge »

 

מִמְּתֵי הַשֶּׁקֶר  Il faut toute une paraphrase pour traduire cela : Il font partie de ceux dont la vie s’arrêtera à la vie terrestre – on les appelle les Métim – mais qu’on traduit en général par les mortels – il faut entendre « ceux qui n’ont pas Olam haba », parce qu’ils ne sont pas les hommes du Emet mais les hommes du Sheqer – mimetei hasheqer : Ishmaël et Eliezer.

 

יוֹם הַשְּׁלִישִׁי נָגְעוּ אֶל חֵקֶר

Le 3ème  jour ils se sont heurtés – sont arrivés à – ‘Heqer – destination

וַיַּרְא דְּמוּת כָּבוֹד וְהוֹד וָיֶקֶר

Et (Abraham) vit l’apparence de la gloire et la magnifiscence de ce qui qui a du prix

עָמַד וְהִתְבּוֹנָן לְהִמָּשֵׁחַ

Il s’est tenu debout et a réfléchi pour commencer le rite (de la cérémonie de l’onction).

 

יָדְעוּ נְעָרָיו כִּי קְרָאָם לֵאמֹר       

Ont su les deux jeunes gens qu’ils les avait appellé pour leur dire

אוֹר הַרְאִיתֶם צָץ בְּרֹאשׁ הַר הַמֹּר
Vous avez été appellé à voir la lumière qui scintille au sommet du mont Moriah

וַיֹּאמְרוּ לֹא נֶחֱזֶה רַק מַהְמוֹר

Ils ont répondu nous ne voyons qu’un trou - un abîme.

 

Il faut lire Mahamor avec un Sheva-Pata’h.  Ce mot existe une fois dans le Tanakh dans le Psaume 140 verset 11. Il existe au pluriel sous la forme Mahamorot, avec Shéva-Pata’h. Traduit par l’abime.

Abraham veut savoir si Ishmaël et Eliezer sont capables de percevoir ce que lui Abraham et Its’haq sont capable de percevoir, c’est-à-dire la manifestation de la gloire de Dieu sur le Har HaMoriah. Ils ne voient que l’horizon...

 

.../...

suite du texte ici...

 

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